Burundi : une nouvelle guerre civile serait-elle imminente ?

Carte du Burundi/photo AFP

Carte du Burundi/photo AFP

Carte du Burundi/photo AFP

Il ne se passe un jour sans qu’il y ait des assassinats inexpliqués au Burundi surtout dans la capitale Bujumbura et sa périphérie. Des représentants du parti au pouvoir sont tués et l’armée, dans ses interventions, élimine physiquement ce qu’elle appelle des bandits armés. Cette escalade de la violence présage-t-elle le retour du Burundi dans une nouvelle guerre civile ? Tous les ingrédients sont là.

Tout part des élections communales de mai 2010. La parti au pouvoir, le CNDD-FDD du président Pierre Nkurunziza les gagnent à 64,03, les autres partis d’opposition se partageant le reste (FNL 14,15´% ; FRODEBU 5,43% ; FRODEBU-NYakuri :1,36% ; CNDDD-Nyangoma : 1,26%). Ces partis d’opposition dénoncent des fraudes massives et exigent l’annulation du scrutin. Ils se regroupent au sein de l’ « Alliance des Démocrates pour le Changement » (ADC) et prennent la décision de boycotter la suite des élections.

Dans une fuite en avant, le parti au pouvoir fit comme si de rien n’était.  Pierre Nkurunziza se présenta seul au scrutin présidentiel en juin 2010. Il est élu avec un score stalinien des 91´%. Il en sera de même aux législatives où le CNDD obtint 81,19% des sièges, laissant les 11,06% à l’UPRONA qui a renoncé au boycott.

Le retrait de ces partis du processus électoral a désorganisé évidemment l’équilibre politique, déjà fragile, que les Accords d’Arusha avaient difficilement mis sur pied. Ils garantissent en effet à la minorité tutsi 40% des sièges à l’Assemblée nationale et préconisent une parité Hutu/Tutsi au Sénat. Une démocratie consensuelle naguère saluée par tous les acteurs politiques burundais a été donc éprouvé par ce boycott.

Le leader de FNL, Agathon Rwasa a disparu. Il vit dans la clandestinité et tous les observateurs avisés pensent que ce sont ses hommes qui attaquent les acteurs politiques du parti au pouvoir. De même, Léonard Nyangoma, président d’une des factions du CNDD, a pris le large vers une destination inconnue.

Récemment sortis du maquis, les combattants du FNL vont sans aucun doute reprendre les armes et les attaques répétées contre des civils et la répression qui s’en suit ne sont pas là pour apaiser les esprits.

Le 30/3/2011, la police a appréhendé un homme supposé être un combat du FNL. Il a été sommé d’identifier ses complices et 3 personnes, y compris le prisonnier, ont été exécutées par la police. Le 07/04/2011, en représailles, des hommes armés ont tué trois membres du parti au pouvoir.

A moins d’une semaine, une dizaine de personnes ont été assassinées dans la province de Bujumbura rural. Les forces de l’ordre burundais procèdent à des exécutions extrajudiciaires et les victimes sont considérées par la police comme des bandits armés tombés dans des affrontements avec l’armée.

La situation est en train de dégénérer. Les autorités burundaises devraient tirer des leçons des expériences passées et revenir à l’esprit d’Arusha en initiant entre autres un dialogue avec tous les acteurs politiques pour asseoir une démocratie consensuelle et inclusive.

Javan Bivyiro

 

Vous pourriez être intéressé(e)

Les Congolais seraient-ils dans une traversée du désert ?
A la Une
0 partages232 vues
A la Une
0 partages232 vues

Les Congolais seraient-ils dans une traversée du désert ?

Patrick Mbeko - 14 août 2017

[caption id="attachment_4982" align="alignleft" width="470"] Sindika Dokolo/photo https://actualite.cd[/caption] Dans l’une de ses chansons (Feu de l’amour), l’artiste JB Mpiana aborde la question du rapport du Kinois — et…

La FIDH se ravise-t-elle au sujet de Paul Kagame?
A la Une
0 partages1114 vues
A la Une
0 partages1114 vues

La FIDH se ravise-t-elle au sujet de Paul Kagame?

Charles Onana - 12 août 2017

[caption id="attachment_4966" align="alignleft" width="300"] photo ingeta.com[/caption] En plus, on n'a pas le temps de faire ce genre de chose, il faut d'abord chercher à gagner sa croûte,…

La presse locale n’en parle pas beaucoup : le feu et le sang au Kenya après les élections présidentielles
A la Une
0 partages351 vues
A la Une
0 partages351 vues

La presse locale n’en parle pas beaucoup : le feu et le sang au Kenya après les élections présidentielles

Echos d'Afrique - 12 août 2017

Soi-disant pour ne pas mettre de l'huile sur le feu la presse kenyanne reste réservée sur ce qui se passe après les élections présidentielles. La consigne est…

Les plus populaires de cette catégorie