Burundi : Une dizaine de cadavres découverts à Muyinga

Un enfant victime de la guerre / photo Imvaho nshya 2004

Entre quatre et treize cadavres ont été découverts dans une rivière dans la province de Muyinga (est du Burundi).

Un porte-parole de la police a affirmé de son côté que deux corps seulement avaient été trouvés, d’autres cadavre évoqués étant ceux « d’animaux ».

« La population des communes de Muyinga et de Buhinyuza a annoncé avoir découvert depuis le début du mois 13 cadavres flottant sur la rivière Ruvubu », a déclaré à l’AFP Pierre Claver Mbonimpa, président de l’association pour la protection des personnes détenues et des droits humains (Aprodeh).

Certains des cadavres étaient « emballés dans des sacs, d’autres portaient des traces de mort violente ou étaient ligotés », selon les témoignages recueillis par l’organisation.

« Nous avons dépêché une équipe sur place et nos enquêteurs ont pu voir quatre cadavres de leurs yeux, (…), les gens assurent que les autres ont été emportée par la rivière qui est en crue », a-t-il poursuivi.

Les responsables administratifs des deux communes ont confirmé la découverte de quatre cadavres, alors que la station privée RPA a avancé le chiffre de 13.

En revanche un porte-parole de la police, dépêché sur place par le ministère de la Sécurité publique, a affirmé que la plupart des cadavres étaient ceux d’animaux et non pas d’humains.

« Le ministère de la sécurité publique m’a envoyé sur le terrain lorsqu’on a entendu cette information qui parlait de 13 cadavres ligotés et jetés dans la rivière Ruvubu (…), je n’ai rien trouvé », a annoncé ce porte-parole, le major Pierre Chanel Ntarabaganyi, parlant d' »une information incendiaire ».

« Sur place, j’ai contacté les responsables administratifs et policiers, la population, (…), ils ont dit avoir vu un cochon qui flottait sur la rivière, ils ont vu aussi deux chiens et un peu plus loin, ils ont fait état de deux cadavres sur la Ruvubu », a-t-il expliqué.

« Je n’ai pas poussé plus loin pour connaître les circonstances de la mort de ces deux personnes », a reconnu le major Ntarabaganyi, insistant sur le fait que « aucun témoin ne lui a parlé de 13 cadavres ».

Le président de l’Aprodeh avait déclaré que l’on n’avait « pas encore identifié » les cadavres et « les circonstances exactes de leur mort, mais plusieurs éléments (…) semblent indiquer qu’il s’agit de victimes d’exécutions extra-judiciaires ».

En 2006, l’Aprodeh avait révélé l’exécution dans un camp militaire de Muyinga d’au moins 31 membres des Forces nationales de libération (FNL), jetés ensuite dans la Ruvubu, avant la signature d’un accord de cessez-le-feu définitif avec le pouvoir burundais.

Une quinzaine de cadavres, identifiés par la suite comme des militants des FNL détenus par la police, ont été ensuite découverts dans la rivière de Rusizi (ouest) en 2010, après les violences qui ont suivi les élections.

Cette nouvelle découverte a lieu alors que des sources concordantes assurent qu’il existe de nouvelles poches de rébellion sous la direction du leader historique des FNL, Agathon Rwasa, qui opèrent essentiellement à partir des marais de la Rukoko (ouest) et de la forêt de la Kibira (centre).

La contestation du processus électoral par l’opposition suscite la crainte d’une reprise de la violence au Burundi, pays marqué par une longue guerre civile qui a fait près de 300.000 morts entre 1993 et 2006.
AFP

 

 

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