L’éligibilité de Paul Biya en débat – Imprévisible Paul Biya

Paul Biya

Paul Biya

Paul Biya/photo journalducameroun.com

Election présidentielle. Le chef de l’Etat mène une campagne électorale sournoise.

M. Biya n’a pas encore fait de déclaration officielle sur sa candidature à l’élection présidentielle qui doit, en principe se tenir cette année. Toutefois, certains actes laissent peu de doutes sur ses intentions. Lors d’un débat médiatique, le politologue Alain Fogué affirmait que pour sa réélection, M. Biya est entré en campagne électorale en novembre 2009. En effet, dans une lettre adressée aux Camerounais à l’occasion du 27ème anniversaire de son accession au pouvoir, l’actuel chef d’Etat du Cameroun a remercié les multiples appels initiés par certains militants de son parti, le Rdpc, lesquels souhaitent le voir continuer à présider aux destinées du Cameroun. Il y a affirmé aussi vouloir « aller jusqu’au bout  dans la recherche de solutions au chômage et dans la lutte contre la corruption ». En prenant de tels engagements, Alain Fogué pense que M. Biya sollicite en contrepartie la confiance des Camerounais pour la future présidentielle.

Les actes de Paul Biya peuvent faire conclure qu’il est le candidat naturel du Rdpc au prochain scrutin présidentiel. Certains pensent cependant qu’en briguant un quatrième mandat, il viole la constitution. Une assertion que les caciques du Rdpc réfutent énergiquement.

Posters géants sur les Champs Elysées
Si certaines dispositions légales peuvent donner le droit à M. Biya d’être candidat à sa propre succession, le bilan de son mandat présidentiel l’interpelle par contre. En effet, après 29 ans passés au pouvoir, le Cameroun est toujours en proie à la corruption, au détournement de deniers publics, au chômage, à l’insécurité, au laxisme, etc. Bref l’Etat est jusqu’ici resté absent sur les problèmes quotidiens des Camerounais.

Au fil des années, l’image de Paul Biya a terni. Il est éclaboussé par certains scandales. En 2009, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd), une Ong française, le cite dans une enquête sur les biens mal acquis. Par ailleurs, le Code, une coalition d’opposants à son régime basés à l’étranger, lui demandent aussi de quitter le pouvoir et appellent le peuple camerounais à l’insurrection. Ici, celui qu’on qualifie de doublure de Machiavel  (imprévisible, prudent et attentif) activera ses réseaux de communication étrangers pour essayer de redorer son image en France et vanter son bilan en 29 ans de pouvoir. La campagne publicitaire à coups de posters géants sur les Champs Elysées participe de cette stratégie.

Né le 13 février 1933 à Mvomeka’a, Paul Biya Bi Mvondo, alors Premier ministre d’Ahmadou Ahidjo, est arrivé au pouvoir le 4 novembre 1982, deux jours après la démission surprise du premier président du Cameroun. En mars 1991, les opérations de désobéissance civile, « Villes mortes » et le vent du Nord qui souffle sur toute l’Afrique le poussent à accélérer la mise en œuvre de sa promesse de libéralisation politique. En 1992, lors des premières élections multipartites, il « gagne » face au leader du Sdf, John Fru Ndi, d’une courte avance obtenue de haute lutte. Depuis lors, Paul Biya a successivement remporté l’élection présidentielle en 1997 et en 2004. Le 11 octobre 2004, il est reconduit pour un nouveau septennat après vingt-deux ans passés à la tête du pays, face à une opposition divisée et un scrutin sujet à caution.

Cathy Yogo
Le Jour

 

 

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