Rwanda: qui nie le génocide?

Professeur Peter Erlinder

  • Le Professeur Erlinder a déclaré publiquement, à de nombreuses reprises, qu’il ne conteste pas que des dizaines de milliers de Tutsis rwandais ont péri entre avril et juillet 1994, dans des circonstances qui cadrent avec la définition du génocide telle que l’entend la Convention sur le Génocide, mais que des dizaines de milliers de Hutus ont également été victimes en avril-juillet 1994, et plus tard.  Voir les archives publiques – recherche de l’Institut, au www.rwandadocumentsproject.net;
  • Les professeurs Stam de l’Université de Michigan et Davenport de Université Notre-Dame, deux anciens enquêteurs en chef du TPIR, ont analysé tous les rapports du gouvernement rwandais, ceux des ONG et de l’ONU et ont trouvé qu’entre avril et juillet 1994, le nombre de Hutus qui ont été tués est deux fois plus grand que le nombre de Tutsis (www.genodynamics.org);
  • Le jugement Militaire-1 au TPIR (version complète: 8 février 2009) n’a pas trouvé suffisamment de preuves pour reconnaître les anciens officiers militaires coupables d’une conspiration planifiée de longue date, destinée à commettre le génocide contre les Tutsis, ou à perpétrer d’autres crimes;
  • L’Ambassadeur des États-Unis et des documents américains de 1994, rendus publics, établissent que les causes réelles du génocide au Rwanda sont: (a) l’assassinat du président du Burundi en octobre 1993, qui a déclenché un «génocide de 150.000 Hutus burundais»; (b) l’envahissement de centaines de milliers de réfugiés hutus qui sont entrés au Rwanda; (c) le déplacement de 1 million et demi de Rwandais face à l’agression militaire du FPR au début de 1993; et (d) l’assassinat des présidents du Rwanda et Burundi par le FPR en avril 1994. L’ambassadeur américain au Rwanda avait personnellement averti Kagame en novembre 1993, que, s’il reprenait la guerre, il serait tenu responsable des massacres qui s’ensuivraient au Rwanda, comme cela avait été le cas au Burundi en 1993.  Ceci a été également confirmé par des câbles du Département d’Etat le 7 avril 1994;
  • Des documents de l’ONU montrent que le FPR était militairement dominant à partir de février 1993 et, selon des messages du général Dallaire adressés à l’ONU entre avril et juin 1994, Kagame a refusé de faire cesser la violence parce qu’il était victorieux;
  • L’ancien procureur du TPIR, Carla Del Ponte a écrit dans ses mémoires de 2009 que c’est la culpabilité du Général Kagame dans l’assassinat des présidents du Rwanda et du Burundi qui a déclenché le génocide rwandais; l’acte d’accusation de 2008, émis par le juge espagnol Merelles Abreu et le juge français Bruguière, indique la même chose.
  • L’acte d’accusation espagnol décrit également -préfecture par préfecture- les 325.000 meurtres de Hutus et Tutsis pour lesquels Kagame et le FPR sont responsables, sans compter les massacres au Rwanda et au Congo, après 1994;
  • Peu de temps après la libération de Peter Erlinder, l’ONU a publié un rapport de 600 pages, «Projet Mapping», qui documente le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre commis par le FPR de 1993 à 2003. Les rapports du conseil de sécurité de l’ONU documentent le fait que le FPR s’est emparé des ressources naturelles du Congo en 2001, 2002, 2003 et 2008 pour une valeur d’au moins 250 millions de dollars par an, causant 6 à 7 millions de morts;

En octobre 2010, le président Kagame a ordonné aux officiers du FPR de ramener le professeur Erlinder au Rwanda « mort ou vif».  Vu les centaines sinon les milliers d’assassinats et de disparitions de ses adversaires, il n’est guère douteux que, s’il le pouvait, Kagame  ajouterait le nom du Professeur à cette liste. Depuis son retour de détention, Erlinder a été sous traitement médical pour stress post-traumatique, comme en témoigne son dossier au ICTR.  Néanmoins, la Cour d’Appel a choisi d’ignorer son état de santé.  Ses médecins et ses avocats décideront de la réponse appropriée à donner, au cas où il serait convoqué pour un retour au Rwanda, comme l’en a menacé Ngoga.

International Humanitarian Law Institute (U.S.A.)
Communiqué du 5 mai, 2011

 

 

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