Les Rwandais seraient-ils devenus des cobayes des laboratoires américains ?

Vaccination d'une jeune au Gardasil

La Une de la presse spécialisée est dominée en ce début du mois d’août 2011 par la mise sur pied d’un labo dans une puce, une technologie peu coûteuse qui permettrait une détection précoce des maladies infectieuses dont le VIH, l’herpès et la syphilis, à moindre frais. Il s’agit d’une sorte de test sanguin portatif, de la taille d’une carte bancaire, mise au point par des chercheurs de l’université de Columbia (USA) et qui a été essayée sur des centaines de personnes au Rwanda.

Les progrès de la science sont à encourager mais la facilité avec laquelle les tests pharmaceutiques sont organisés à grande au Rwanda pose problème. Le noyau au pouvoir y trouve sans aucun doute un intérêt financier certain au détriment de la population. Il y a quelques mois, c’était le géant pharmaceutique américain Merck qui avait offert au Rwanda 2 millions de doses de Gardasil, un vaccin censé lutter contre le cancer du col utérin.

Du coup, le gouvernement a décrété que toutes les jeunes filles rwandaises dont l’âge tourne autour de 12 ans et qui sont en 6è année de l’école primaire devaient commencer à recevoir ce vaccin. Le nombre de candidates à ce vaccin excède les 100 000, un bon échantillon. Les 26 et 27 avril 2011, plusieurs adolescentes ont reçu ce vaccin. Cette campagne ne cache-t-elle pas une étude clinique qui est menée au détriment de la sante des fillettes rwandaises ?

Pour rappel, le Gardasil est un vaccin controversé. Selon certaines sources, avant sa mise en vente, le vaccin n’a pas été testé pendant un temps suffisamment long qui permettrait de déterminer ses effets secondaires. Pour occuper le marché et ainsi se prémunir contre la concurrence, la firme Merck aurait précipité sa commercialisation avant d’avoir un recul nécessaire comme il est d’usage en la matière.

Cela est d’autant vrai qu’en France, deux jeunes filles ont déposé, le 8 juillet de cette année, des demandes d’indemnisation suite aux problèmes de santé chroniques apparus après administration du Gardasil. Elles souffrent de paralysie temporaire des membres inférieurs, de vertiges, de crampes abdominales, etc.

Le Rwanda, par une fuite en avant, a lancé la deuxième phase d’injection du Gardasil depuis le 19 juillet. Certains pays, qui prennent au sérieux le danger probable du Gardasil, encouragent le dépistage précoce comme moyen de prévention de ce cancer.

Comme si cette polémique autour du Gardasil ne lui faisait ni chaud ni froid, le Rwanda a autorisé d’autres expérimentations sur sa population. D’habitude, les laboratoires qui veulent expérimenter leurs produits font appel aux volontaires. Mais, les multinationales, qui veulent aller vite et gagner beaucoup d’argent avec moins de dépenses, savent de quoi les dictateurs africains sont capables. Il suffit de les approcher, de les soudoyer au besoin, et le tour est joué. L’ordre est donné sans autre forme de procès. Et les expérimentations sont lancées.

Ghislain Mikeno
Echos d’Afrique

 

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