Actualités des Grands Lacs – Semaine du 5 au 12 août 2011

Une facette du commerce africain

En RDC, l’événement de la semaine a été le vote en un temps record de l’annexe de la loi électorale par l’Assemblée nationale, annexe qui détermine le nombre de sièges pour chaque circonscription électorale, le président de la CENI ayant menacé de reporter les législative si cette loi n’était votée d’ici le 10 août. Du côté des partis politiques, on continue à évoquer une candidature unique de l’opposition. L’UDPS et son leader historique, Etienne Tshisekedi, constituent une des inconnues du scrutin présidentiel : ce dernier, qui se voit déjà le grand vainqueur, a tenu à Kinshasa un meeting suivi par des milliers de personnes. Par ailleurs, le parti qui connaît des divisions internes, a refusé de signer le code de bonne conduite de la CENI arguant du fait que certains de ses militants sont toujours emprisonnés. Les autres principales formations (PPRD, MLC, UNC) n’ont pas non plus accepté de souscrire au code de bonne conduite de la Haute autorité des médias.

Dans le domaine de la sécurité, la région de Fizi au Sud Kivu reste un haut lieu de tension. Deux véhicules ont été attaqués près de Fizi-centre. Des Maï-Maï Yakutumba ont attaqué des villages situés à une centaine de km de l’agglomération. Ces mêmes Maï-Maï ont enlevé l’administrateur assistant du territoire : ils ont aussi volé, en coopération avec des membres du FNL et du FDLR, des milliers de vaches aux éleveurs banyamulenge. En territoire de Mwenga, les FDLR, toujours très actifs, ont libéré des personnes qu’ils avaient enlevées dans les forêts. On trouvera aussi dans cette livraison une étude sur les difficultés d’intégration des FRF et des contradictions au sein des Banyamulenge qui combattant dans ce groupe armé. Par ailleurs, une table ronde sur la résolution des conflits fonciers s’est tenue en territoire de Kalehe.

Au Nord Kivu, on notera aussi l’insécurité entretenue par les combattants ADF-NALU et les Maï-Maï en territoire de Beni. Enfin au Nord Katanga, des hommes armés font régner l’insécurité au nord de Kalemie.

Dans le domaine de la justice et des droits humains, l’ex-chef des rebelles Enyele et son père ont été condamnés à la peine capitale, ce qui autorise le ministre de la Justice que ce jugement confirme la détermination du gouvernement à lutter contre l’impunité, tandis que des combattants du FDLR, dont un commandant, ont comparu devant un tribunal militaire à Bukavu. Toutefois, Amnesty International dénonce la poursuite de l’impunité par les FARDC et les groupes armés et demande une stratégie en matière de justice de la part des autorités. Enfin, on notera que les magistrats militaires et civils de Beni menacent d’un arrêt de travail du fait que leur sécurité ne serait pas garantie.

Dans le domaine économique et financier, l’expert des N.U. sur la dette et les droits de l’homme invite le gouvernement à lancer un audit sur la dette de la RDC pour augmenter la transparence dans la gestion des ressources publiques. À ce propos, la Ligue contre la corruption dénonce la maigreur de ces ressources qui serait liée, selon elle, aux détournements. On signalera également un conflit entre le gouvernement central et les autorités katangaises à propos de l’exportation de mitrailles que les secondes ont voulu interdire, sauf pour ce qui regarde la SNCC. Enfin, la question des minerais de conflit continue à faire l’objet de rapports et d’interviews.

Au Burundi, des échanges de coups de feu sont intervenus à Bujumbura entre des policiers et des combattants présumés appartenir au FNL, tandis que des affrontements ont eu lieu dans l’ouest du Burundi : les opposants regroupés au sein de l’ADC ont à cette occasion demandé à l’ex-médiateur sud-africain, Jacob Zuma, de persuader le président burundais d’entamer des négociations avec eux, ce qu’il a refusé lors de son passage à Bujumbura. Par ailleurs, un comité de protection des journalistes basé à New York dénonce le harcèlement dont ces derniers continuent à être l’objet.

En Ouganda, un tribunal a acquitté le principal opposant au président Museveni accusé d’incitation à la violence lors des manifestations contre la « vie chère ». Les manifestations ont encore eu lieu cette semaine et la police a dispersé des milliers de supporters de l’opposant.

Au Rwanda, il reste 54 cas à traiter devant les tribunaux gacaca dont la clôture est prévue en fin 2011 et dont le bilan est jugé mitigé par Human Rights Watch.

Kris Berwouts
EurAc

 

Vous pourriez être intéressé(e)

Les partis au pouvoir, protecteurs et opposants des présidents africains
A la Une
0 partages39 vues
A la Une
0 partages39 vues

Les partis au pouvoir, protecteurs et opposants des présidents africains

Carole Kouassi - 20 février 2018

Les présidents africains sont-ils inoxydables comme s'en est convaincue l'imagerie populaire ? Les développements de ces derniers mois prouvent que derrière la toute-puissance présumée de certains chefs…

GÉNOCIDE DES TUTSI : HOLD UP DÉCISIONNEL À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU!
A la Une
0 partages70 vues
A la Une
0 partages70 vues

GÉNOCIDE DES TUTSI : HOLD UP DÉCISIONNEL À L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU!

Echos d'Afrique - 18 février 2018

L’ONU a décidé de faire du 07 avril une « Journée internationale de réflexion sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 », sans qu’aucun consensus ne se…

Rwanda. Impunité et traitement spécial pour le régime du FPR de Paul Kagame
A la Une
0 partages2522 vues
A la Une
0 partages2522 vues

Rwanda. Impunité et traitement spécial pour le régime du FPR de Paul Kagame

Emmanuel Neretse - 13 février 2018

La « communauté internationale » s’autoculpabilise, non pas pour avoir abandonné les Tutsi, mais bien pour avoir permis qu’une catastrophe annoncée s’abatte sur le pays et le peuple rwandais.…

Les plus populaires de cette catégorie