Visite du président P. Kagame en France : la mobilisation bat son plein

Le sénateur Munyabagisha et Faustin Musare de l'ambassade du Rwanda à Bruxelles

Le président Paul Kagame va fouler le sol français le 11 septembre 2011. Ses partisans dans toute l’Europe ont été mobilisés pour l’accueillir. Avec l’aide des ambassades rwandaises dans l’union européenne, des cars ont été loués pour des laudateurs qui iront acclamer en nombre l’homme fort de Kigali.

L’opposition rwandaise à l’étranger (FDU et RNC) et la société civile en exil ne sont pas en reste. Elles attendent Paul Kagame de pied ferme par une méga-manifestation contre sa venue en France. Des pancartes, des banderoles, des calicots ont été déjà apprêtés, une pétition en ligne contre la visite est en ligne ; même les réseaux sociaux (Facebook) s’y sont invités. Tous ces outils véhiculent un seul message : Paul Kagame a du sang sur les mains, le sang de Rwandais, de Français mais également de Congolais ; voire de Burundais. Et de ce fait, il est impensable que la France lui déroule le tapis.

De mémoire de président, on n’a jamais vu une visite qui provoque autant de polémique et de controverse.

En France les militaires de l’ex-Opération Turquoise estiment l’honneur de l’armée française bafouée, par un criminel de surcroît. Alain Juppé, chef de la diplomatie française est dans l’embarras. Il a juré de ne jamais serrer la main à Paul Kagame. Prendra-t-il des vacances forcées pour ne pas rencontrer cet hôte encombrant ? Le juge d’instruction du tribunal aux armées, qui avait convoqué les trois femmes rwandaises qui disent avoir été violées par les militaires français en 1994, a repoussé les audiences pour des raisons de santé. Leur déposition ne se fera qu’après que l’ouragan Kagame ait fini de souffler sur la France.

A Kigali, le président rwandais suit la situation au jour le jour. Il a envoyé, depuis des semaines, des hommes et des femmes de confiance sillonner l’Europe, tâter le pouls des opposants et au besoin, les dissuader de manifester. L’infatigable Aloysie Inyumba a été à Rouen (France). Elle a été accueillie par des manifestants hostiles. L’ambassadeur Jacques Kabale, de Paris, est en contact avec les Intore (milices du pouvoir) éparpillés sur tout le territoire français. Des cars sont déjà en stand by pour les embarquer vers la capitale française pour le 11/09/2011. A Bruxelles, le sénateur Munyabagisha s’active. Il a sillonné la Belgique de Mons à Namur en passant par Charleroi, Gand et Anvers. Il a même été voir le sit-in hebdomadaire devant l’ambassade du Rwanda à Woluwe lequel exige que le pouvoir de Kigali libère de prison les opposants politiques dont Victoire Ingabire. Le champagne n’a pas été en reste. Il a coulé à flots dans une des boutiques rwandaises à Bruxelles. Un autre envoyé de Kigali est Jean Damascène Ntawukuriryayo. Vice-président du Parlement et ex-candidat à la présidence de la République en 2010, cette haute personnalité allie l’utile à l’agréable. Parallèlement à la recherche des candidats pour aller acclamer Paul Kagame à Paris, il fait un tour dans sa famille qui réside en Belgique (comme réfugiés ?) depuis des années.

Comme il se voit donc, les deux camps, les pro et les anti-Kagame, son en train de fourbir leurs armes pour un duel qui se dénouera entre le 11 et le 13 septembre 2011 à Paris.

Jane Mugeni

 

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