Rwanda : Harcèlement de la population et taxes illégales

Cela fait plusieurs semaines que la population se plaint des taxes lui imposées par les autorités sans aucune explication. Alors que les autorités disent à la population que ces taxes lui sont destinées, elle n’est associée ni à leur instauration ni à leur gestion. Les taxes, qu’elles soient exigibles une seule fois, qu’elles soient hebdomadaires ou mensuelles doivent respecter un cadre légal bien précis et la population doit être informée de leur destination au lieu qu’elles soient le secret des seuls receveurs et du FPR dont ils sont tous membres.

En outre les taxes doivent être fixées au regard de la capacité de la population à s’en acquitter. Ce problème de taxes vient compliquer la vie de la population déjà éprouvée par un pouvoir d’achat qui ne cesse de chuter alors que le prix de tous les biens de première nécessité ne cesse d’augmenter au point d’atteindre une augmentation de 75% en moins d’un an.

Le 25 août 2011, le maire du district de Nyarugenge, Mme Mukasonga Solange, accompagnée par le DPC SP MUTEZINTYARE Bertin ainsi que le Lt Col Rugambwa Albert, ont choqué la population en lui annonçant qu’ils vont arrêter les Témoins de Jéhovah ainsi que les policiers et les militaires qui ne s’acquittent pas d’une taxe pour la ronde nocturne. La population n’a pas été informée si un Etat d’exception était décrété pour expliquer de telles décisions.

Ces actes d’intimidation sont en opposition avec la reconnaissance de la liberté de culte, et mettent à mal la vie déjà précaire des agents chargés de la sécurité, alors même que leur salaire ne permet pas de couvrir les besoins élémentaires des personnes chargées de la sécurité quotidienne de la population.

Selon les chiffres de l’Institut des Statistiques, la ville de Kigali abriterait près d’un million d’âmes. Les sommes demandées varient de 1.000 à 5.000 FRW depuis les familles les plus pauvres à celles qui ont un peu de moyens. Le calcul montre que des sommes importantes sont récoltées chaque année mais ceux qui payent ces sommes ignorent complètement leur utilisation, puisque tout le monde sait que les gens qui participent à des rondes nocturnes ne sont pas payés.

L’imposition par la force des rondes nocturnes, s’ajoute à des perquisitions sans fin, des arrestations illégales, des emprisonnements arbitraires ; tout cela sans que les familles puissent obtenir des informations sur les lieux et les raisons de détention de leur membres.

Dans la ville de Muhanga par exemple, depuis le 04 août 2011, les gens disparaissent en masse dans ce qui est appelé «pandagari» (monte en voiture), les policiers et les militaires enlèvent des personnes qu’ils vont emprisonner à plus de 20 kms de leur lieu de résidence (le secteur de Mushishiro ou celui de Rugendabari).

Les raisons sécuritaires sont en outre utilisées comme prétexte contre ceux qui se débrouillent avec les moyens du bord; les chauffeurs des taxi-motos par exemple, leurs motos sont saisies et sont restituées contre payement d’une forte amende avant de découvrir que leurs motos ont été endommagées et sans pouvoir porter plainte contre ceux qui les ont endommagées.

De nombreuses personnes sans défenseurs continuent d’être emprisonnées dans des endroits illégaux et tenus secrets (ceux dits de «Kwa Gacinya»(Chez Gacinya), «Kwa Kabuga»(Chez Kabuga), et dans divers autres endroits) si bien que personne ne connait le sort réservé aux personnes y emprisonnées.

Bien que le gouvernement ne cesse de dire que la sécurité est totale et garantie, les actes de harcèlements, d’intimidations, de perquisitions et d’arrestations arbitraires, font penser qu’il y a quelque chose que le gouvernement cache à la population.

Nous demandons aux organes de l’Etat du FPR et ceux chargés de la sécurité, de respecter les lois et de mettre fin aux actes de harcèlement et de persécution de la population.

FDU-INKINGI
Boniface Twagirimana
Vice-Président Provisoire

 

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