Rwanda. Et si les dignitaires du régime s’adonnaient au trafic d’organes humains ?

Lac Rweru/rfi

Lac Rweru/rfi

Depuis quelques mois, des pêcheurs au Lac Rweru qui fait frontière entre le Rwanda et le Burundi dans leur partie Est, font état de plusieurs corps humains repêchés presque journellement. Ce sont surtout les pêcheurs du côté burundais qui ont osé en parler.

Les reporters de RFI qui se sont rendus sur les lieux rapportent des témoignages qui confirment que ces cadavres viennent bien du Rwanda.

Signalons que le lac Rweru recueille les eaux de l’Akagera dont les affluents sont le Nyabarongo et l’Akanyaru qui prennent leurs sources au Rwanda.

Les témoins parlent de corps souvent recroquevillés et ligotés puis emballés dans des sacs avant d’être jetés dans l’eau. Les pécheurs affirment par ailleurs avoir pris dans leurs filets de tels sacs contenant des corps humains mais lestés de pierres qui les empêchent de flotter. Ils en concluent que certainement plusieurs corps restent au fond des rivières et ne remontent pas jusqu’au Lac.

Ces découvertes macabres surviennent au moment où au Rwanda des disparitions massives de personnes sont signalées dans le pays notamment dans le district de Musanze où une liste des noms des personnes disparues vient  d’être rendue publique par la presse et dans le district de Ngororero justement bordé par la rivière Nyabarongo qui se déverse dans le Lac Rweru sous le nom de l’Akanyaru.

Au Rwanda où les autorités ont donné des consignes de ne pas parler aux journalistes selon toujours la dépêche de RFI, une rumeur enfle : avant d’être jetés à l’eau, les corps seraient d’abord dépouillés de leurs organes les plus recherchés (reins, foies, cœurs,…) pour être vendus chers à travers le monde.

La manière studieuse et professionnelle avec laquelle ces corps sont emballés dans des sacs, la façon dont les autorités gèrent cette affaire en intimant l’ordre aux habitants des abords de ce lac de ne jamais communiquer à ce sujet, tout cela peut indiquer que les services étatiques y sont pour quelque chose.

Des précédents historiques

Ce ne serait pas la première fois qu’un groupe au pouvoir ou ayant militairement conquis un territoire s’adonne à vendre les populations conquises comme esclaves ou même en vendant leurs organes au plus offrant. La traite négrière dont nous parlent les livres d’histoire n’était pas le fait des seuls européens qui voulaient de la main d’œuvre pour le Nouveau Monde. Ce sont les autorités locales qui leur vendaient contre payement leurs sujets comme toute marchandise, le plus « légalement du monde » ! Plus près de nous, au cours des événements sanglants qui ont accompagné le démembrement de la Yougoslavie, les protagonistes ont vendu les organes des populations se trouvant dans les zones conquises ou acquises par la volonté des puissances. Entre 1999 et 2001, au Kosovo alors sous administration internationale, un vaste réseau de trafic d’organes des prisonniers de guerre serbes a été découvert et dénoncé avant que l’affaire ne soit étouffée car elle risquait d’éclabousser certains « grands de ce monde ».

Un substituant au robinet congolais qui tarit ?

Le pillage du Congo en toute impunité avait habitué la clique au pouvoir au Rwanda de disposer de fonds illimités et qu’elle ne devait pas justifier, ce qui lui avait permis de s’enrichir scandaleusement et au passage berner le monde que le Rwanda a connu des miracles économiques en étalant l’opulence de l’élite venue d’Ouganda qui a squatté Kigali, alors que la population croupit dans la misère. Maintenant que le pillage de la RDC n’est plus évident, ni aussi automatique comme il y a quelques années, la clique au pouvoir qui est venue d’Ouganda, voulant à tout prix garantir ses revenues, peut recourir au commerce des organes de la population conquise. Ce serait immoral et scandaleux mais de la part des « boys » issus des faubourgs de Kampala, Bujumbura, Nairobi,… et qui se sont emparés du pays en 1994, aucune morale ne compte à leurs yeux. Ils feraient tout pour avoir de l’argent facile même en vendant les organes vitaux de certains de sa population.

Cri d’alarme, condamnation ou silence complice ?

Les jours qui viennent vont nous montrer si ce qu’on appelle la « communauté Internationale » peut entendre le cri d’alarme des Rwandais qui seraient charcutés comme des bêtes de somme  et dont les organes seraient vendus afin de remplir les poches d’une clique arrivée au pouvoir par les armes.

Nous attendons aussi de voir si ceux qui se présentent comme des défenseurs des Droits de l’Homme vont enquêter sur cette situation ou si eux aussi vont choisir de garder un silence complice face aux agissements d’un régime installé contre toute logique au Rwanda par les super-puissances qui régissent ce monde.

Jane Mugeni
17/09/2014

 

 

 

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