Rwanda/Olivier Nduhungirehe, victime collatérale du ‘‘génocide rwandais’’ ?

Monsieur Olivier Nduhungirehe fait actuellement office d’ « ambassadeur du Rwanda » en Belgique. Ce jeune hutu fils d’un ancien ministre de Juvénal Habyarimana est dans un tel état de confusion mentale qu’il ne sait plus ce qu’il doit dire ou écrire et où et à quelle occasion il devrait le faire. Ce juriste de formation qui s’est improvisé politicien du ventre et nommé diplomate par calculs politiciens, est devenu polémiste malgré lui. Il est actuellement dans un état de confusion mentale inquiétant.
 

Confronté aux écrits (livres, articles de presse…) de son compatriote Emmanuel Neretse qui dénoncent la nature dictatoriale du régime qu’il sert, il se sent dans l’obligation d’y réagir même à tort et à travers. En plus les écrits d’Emmanuel Neretse dénoncent l’instrumentalisation par le régime du FPR des « hutu de service » comme Olivier Nduhungirehe pour stigmatiser et déshumaniser à jamais tout hutu. Ce qui  met cet obligé des seigneurs tutsi qu’il sert hors de lui.  Enervé et confus faute d’arguments à opposer aux écrits d’Emmanuel Neretse, Olivier Nduhungirehe vient d’opter pour le recours à « l’argument massue » du régime du FPR :  inculper toute voix discordante d’un crime imaginaire.
 
C’est ainsi qu’Olivier Nduhungirehe vient « d’inculper » Emmanuel Neretse du crime d’assassinat d’un certain Boniface Ngulinzira qu’il aurait commis à Kicukiro en avril 1994. Rappelons que c’est à Kicukiro-même que  fut exécuté Janvier Nduhungirehe le petit frère d’Olivier en avril 1994 devant le domicile familial, par les combattants tutsi du FPR. Non seulement Olivier Nduhungirehe est obligé de justifier cet assassinat ignoble mais aussi à en remercier les auteurs qui sont devenus entre-temps ses maîtres au prétexte que Janvier devait mourir car il était allé faire la ronde comme tous les habitants du quartier et que donc il pouvait empêcher les combattants tutsi du FPR de s’infiltrer dans Kicukiro.

 

Contre Emmanuel Neretse, Olivier Nduhungirehe a recouru aux dépositions que le Major BEM Neretse a fait devant les enquêteurs du TPIR en 1998 et 1999. Ces dépositions ont été à la base des témoignages que le même Emmanuel Neretse a fait devant le TPIR dans les procès dits : Militaires I et Militaires II. Il avait en effet témoigné à décharge pour le Major Aloys Ntabakuze, Général Kabiligi Gratien et Major François-Xavier Nzuwonemeye.

 

Dans ces dépositions Emmanuel Neretse détaille ses activités ainsi que celles de l’unité qu’il commandait en avril 1994 et après.  Il souligne surtout qu’il est arrivé dans Kigali le 10 avril 1994 avec son bataillon venant du secteur Ruhengeri où il était cantonné depuis des mois. Les combats s’étant intensifiés dans Kigali dès le 07 avril dans l’après midi, l’Etat Major de l’Armée avait alors décidé d’appeler son bataillon en renfort. Le Major BEM Neretse explique qu’à son arrivée à Kigali pendant la journée du 10 avril 1994, il a reçu différentes missions à confier à ces sous-unités à savoir des compagnies.

Pour mieux comprendre la suite des explications, quelques notions de techniques militaires s’imposent.

  • Pour une mission offensive.

. Zone de rassemblement : zone dans laquelle une unité se regroupe après avoir reçu l’ordre et dans laquelle elle met la main aux derniers préparatifs pour la mission.

. Position d’attaque : la dernière zone dans laquelle l’unité se retrouve avant la marche vers la conquête de l’objectif. Tous les préparatifs sont en théories terminés.

  • Pour une mission défensive :

. Position occupée : quand l’unité se trouve physiquement sur  l’objectif à défendre mais sans encore assurer sa sécurité contre les tirs ennemis ou contrôler les axes possibles de l’ennemi ;

. Position assurée : quand l’unité est sur l’objectif et peut s’y défendre mais sans avoir encore fini les travaux de campagnes.

. Position défendue : quand l’unité est tout à fait en position de défendre l’objectif selon la volonté et les moyens accordés par l’échelon supérieur. Le passage d’une phase à une autre (de position occupée à position défendue) peut prendre jusqu’à 48 heures.

Défense en surface d’une installation : assurer la défense d’une installation en dehors de celle-ci en assurant des patrouilles de reconnaissance.

Défense ferme : assurer la défense d’une installation (un immeuble…) en restant dans ses enceintes pour y interdire tout accès.
 
Ceci dit, revenons à la trouvaille d’Olivier Nduhungirehe censée faire taire définitivement Emmanuel Neretse. Dans ces dépositions devant les enquêteurs du TPIR, le Major BEM Emmanuel Neretse réaffirme qu’il est arrivé à Kigali avec son unité le 10 avril 1994. Il a reçu entre autres une mission « défensive » à confier à l’une de ses compagnies. La défense ferme des installations de la Station terrienne de Nyanza-Kicukiro. La défense en surface de cette installation étant assurée par des éléments d’une autre unité (Bn LAA). Pratiquement la position (Station) fut déclarée  militairement « position défendue » le 13 avril 1994). Non seulement les événements de l’ETO Kicukiro, de Sonatubes, ou de Nyanza-dépotoir… ne se produisaient pas dans la zone de responsabilité des éléments du bataillon de Emmanuel Neretse, mais certains furent antérieurs à leur installation dans la Station le 12 avril 1994. Les éléments du bataillon commandé par Emmanuel Neretse ne devaient donc pas quitter la position sans ordre et encore moins aller recueillir des renseignements à l’extérieur de leur objectif de défense. Et c’est ce qui s’est passé puisque cette compagnie n’a quitté la position que le 22 mai 1994 et sur ordre après la chute du camp Kanombe.
 
En peu de mots, le commandant de la compagnie  du 1 Bn Muvumba qui était en défense ferme de la Station Terrienne Kicukiro-Nyanza ne pouvait pas être au courant des événements survenus à l’ETO et a fortiori en rendre compte au commandant de bataillon. Dans ses rapports de situation (SITREP), il indiquait que sur son objectif, il n’y avait rien à signaler (RAS), ce qui était totalement vrai. Le commandant de bataillon  qui avait son PC (poste de commandement) principal au camp Kigali et par ailleurs qui  commandait directement un des détachements  de son bataillon  engagé ailleurs n’avait d’autre source de renseignement opérationnel (et non la rumeur) en ce qui concerne Kicukiro-Nyanza que le commandant de la compagnie qui y était déployée. Ce n’est donc qu’après la guerre qu’il a appris de la presse, des témoignages … de possibles massacres qui se seraient commis à l’ETO et aux alentours. Et puis, lui-même Olivier Nduhundirehe, peut-il dire quand exactement  il a  été au courant de ces massacres ? Sa réponse  à cette question constitue-t-il un élément suffisant pour l’inculper ou non de l’assassinat de Boniface Ngulinzira ?
 
Ces mêmes explications claires ont été données et comprises et par les enquêteurs du TPIR, et par les procureurs du TPIR dans différents procès et par les juges qui ont siégé dans les affaires dans lesquelles Emmanuel Neretse a témoigné. Et voilà que le fameux « tout connaître hutu de service » Olivier Nduhungirehe découvre subitement dans ces dépositions des indices conduisant à l’inculpation de Emmanuel Neretse dans l’assassinat de Boniface Ngulinzira survenu à  Kicukiro le 12 avril 1994 !
 
En conclusion, pour accorder une quelconque crédibilité à ce que raconte Olivier Nduhungirehe, il faudrait d’abord savoir que prendre dans le panier que constitue la personnalité d’Olivier Nduhungirehe :

  • Est-ce un ambassadeur plus polémiste que diplomate ?
  • Un juriste en pleine confusion mentale qui se croit tout permis et qui se positionne à la fois comme procureur, juge, instance politique, partie civile… dans une même affaire ?
  • Un psychopathe traumatisé par son état de « hutu de service » par le traitement y afférent de la part de ses maîtres ?
  • Ou alors le tout à la fois.

Les lecteurs trancheront.

Emmanuel Neretse

 

 

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