Rwanda : quand un président se vante publiquement d’avoir été mercenaire!

P. Kagame prononçant un discours à Unity Club le 27/10/2017 à Kigali (photo Youtube)

 

 

 

 

 

Le général Paul Kagame qui règne sur le Rwanda après l’avoir militairement conquis en 1994 et qui a été mercenaire en Ouganda de 1981 à 1990 entend faire payer la facture au peuple rwandais qui ne l’y avait point envoyé ou demandé pour qu’il aille guerroyer en Ouganda.

 

Dans une allocution prononcée le 27 octobre 2017 devant les plus marquants de ses courtisans et leurs familles regroupés dans une coterie baptisée abusivement «Unity Club», il a martelé qu’ayant fait la guerre pendant plus de cinq ans en Ouganda et près de quatre ans au Rwanda où il a conquis le pouvoir d’Etat, il ne pouvait pas accepter qu’on lui demande de partager ce pouvoir avec quiconque ou d’écouter leurs revendications politiques car lui, il a risqué sa vie pendant plus de 9 ans et que c’est par les armes qu’il est au pouvoir et non pas par des paroles ou des discours soi-disant démocratiques.

 

Nous avons dit au début que Paul Kagame avait été mercenaire en Ouganda. Mais pour le comprendre, voyons ce que c’est « un mercenaire ». Tous les dictionnaires définissent le mercenaire comme suit : « Un mercenaire est un combattant de métier qui est recruté moyennant finance par un État, une entreprise, un mouvement politique ou toute autre organisation légale ou non, en dehors du système statutaire de recrutement militaire d’un pays ».

 

Paul Kagame répond donc parfaitement à cette définition quant à ses états de service dans les armées de l’Ouganda pendant la période qu’il évoque.

 

Que dit le Droit de la guerre ?

 

« Définition et traitement des mercenaires:
167 États ont ratifié le premier protocole additionnel (8 juin 1977) de la Convention de Genève de 1949. Ce traité fournit dans son article 47 la définition d’un mercenaire la plus acceptée sur le plan international:

 

«  Article 47 – Mercenaires
Un mercenaire n’a pas droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre.
Le terme « mercenaire » s’entend de toute personne :
a) qui est spécialement recrutée dans le pays ou à l’étranger pour combattre dans un conflit armé ;
b) qui en fait prend une part directe aux hostilités ;
c) qui prend part aux hostilités essentiellement en vue d’obtenir un avantage personnel et à laquelle est effectivement promise, par une Partie au conflit ou en son nom, une rémunération matérielle nettement supérieure à celle qui est promise ou payée à des combattants ayant un rang et une fonction analogues dans les forces armées de cette Partie ;
d) […]
e) qui n’est pas membre des forces armées d’une Partie au conflit ; et
f) qui n’a pas été envoyée par un État autre qu’une Partie au conflit en mission officielle en tant que membre des forces armées dudit État.

 

Si, après un procès régulier, le soldat capturé est jugé coupable d’être un mercenaire, il peut s’attendre à être traité comme un simple criminel et peut aussi faire face à la peine de mort. Comme les mercenaires ne sont pas considérés comme des prisonniers de guerre, ils ne peuvent espérer le rapatriement à la fin de la guerre. L’exemple le plus connu s’est déroulé le 28 juin 1976 lorsqu’à la fin du procès de Luanda la cour a condamné des mercenaires britanniques et américains à des peines de prison allant de 16 à 30 ans et à la peine de mort par un peloton d’exécution le 10 juin 1976″(wikipedia.org).

 

Voici donc le sort qui attendait (ou attend encore) le mercenaire Paul Kagame. Mais au lieu de faire profil bas et éviter d’évoquer cette page sombre de sa biographie, il s’en vante et même en fait une justification de sa dictature et de ses atrocités envers le peuple rwandais conquis, qui n’avait rien à voir avec ses coups de kalachnikov, d’akandoya ou d’agafuni, dans les villages ougandais où on l’avait surnommé « Pilato » allusion à Ponce Pilate qui ordonna l’exécution et le crucifiement de Jésus de Nazareth.

 

Il est donc scandaleux, mais surtout révoltant, que celui qui est considéré comme Chef d’Etat et en occupe le fauteuil ose publiquement se réclamer du crime de « mercenariat » internationalement punissable et en plus qui voudrait en faire payer le prix au peuple qu’il a conquis et sur qui il voudrait régner à vie sans partage.

 

Que les Rwandais démocrates qui n’acceptent pas la main mise dictatoriale de ce guerrier impénitent qu’est Paul Kagame sur leur pays, ne soient pas impressionnés par ses états de service en Ouganda quand ils sont évoqués, mais au contraire qu’ils soient raffermis dans leur conviction que ce criminel ne devrait pas rester à la tête du Rwanda et fassent tout pour le faire dégager.

 

Jean-Charles Murego
03/1/2017

 

 

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