Les lobbies pro-Kagame continuent d’induire certaines autorités des Pays Bas en erreur.

Après la prise du pouvoir par les armes au Rwanda par le général Paul Kagame en 1994, plusieurs ressortissants rwandais fuyant la répression et/ou la dictature ont trouvé asile dans des pays occidentaux dont les Pays Bas. Ils se sont intégrés et beaucoup ont obtenu la nationalité de ce pays et ont donc pu exercer leurs droits politiques, ce qui leur était et reste impossible au Rwanda. Certains se sont engagés et milités  dans des organisations de défense des droits de l’homme et ont donc dénoncé  les multiples violations des droits humains dont se rend coupable le régime rwandais de Paul Kagame. D’autres ont même osé fonder des partis politiques ou ont adhéré à ceux qui se sont déclarés opposants au parti-état, à savoir  le FPR de Paul Kagame. Ils se sont alors attirés les foudres du dictateur et ont été déclarés terroristes et ennemis du Rwanda.

 

C’est le cas notamment de Madame Victoire Ingabire Umuhoza. Cette dame était arrivée bien avant 1994 aux Pays Bas pour des études à la fin desquelles elle n’a pas pu regagner son pays entretemps conquis par les combattants tutsi issus de l’armée régulière de l’Ouganda et commandée par Paul Kagame alors Major et Chef des Renseignements militaires de l’Ouganda. Elle fut rejointe par les quelques rescapés de sa famille qui avaient fui par la RDC ex-Zaïre pour échapper aux troupes de Paul Kagame.

 

Face à la détresse du peuple rwandais, elle s’engagea dans une action politique au sein des partis d’opposition jusqu’à devenir Présidente de l’un des plus importants : « Les Forces Démocratiques Unies, FDU-Inkingi ». C’est en tant que leader de ce parti qu’elle décida de rentrer au Rwanda pour se présenter comme candidate de son parti à la présidence dans l’élection qui était prévue pour août 2010. Mal lui en pris, car aussitôt arrivée au Rwanda, elle fut jetée en prison et accusée de crimes aussi imaginaires que abominables. Dans une mascarade de procès dans laquelle les instances policières néerlandaises ont malheureusement et scandaleusement participés, elle fut condamnées à 15 ans de réclusion et enfermée dans la tristement célèbre prison centrale de Kigali dite 1930, en référence à son année de construction. Face au tollé général que soulève ce cas, le dictateur Paul Kagame, pour faire taire des critiques et continuer à bénéficier de de l’immunité dont il jouit depuis sa conquête du pays, il vient de libérer Victoire Ingabire après HUIT ans d’enfermement. Il n’a d’ailleurs pas tardé à la menacer de retourner sous les verrous au moindre écart de langage. A une autre occasion, ce dernier, le général Paul Kagame, n’a pas manqué de souligner, comme pour se défendre de ceux qui avançaient qu’il avait injustement emprisonné Victoire Ingabire, que ce sont les services néerlandais qui lui ont fourni des preuves fabriquées pour la faire condamner.

 

Présent du côté de Paris le 11 novembre pour participer au Forum sur la paix, le dictateur rwandais, Paul Kagame,  a accepté de répondre à quelques journalistes. Au cours de son entretien, il a entre autres  parlé des opposantes au pouvoir en place, Victoire Ingabire et Diane Rwigara.

 

Concernant la première, selon lui, « la justice néerlandaise a fourni des preuves très claires à la justice rwandaise concernant l’appartenance d’Ingabire à des mouvances extrémistes. »

 

En réalité en guise de « preuves très claires… », il s’agissait des récépissés de Western Union à travers lesquels Victoire Ingabire avait envoyé quelques centaines d’euros à une famille de réfugiés rwandais dans la détresse à l’Est de la RD-Congo pour qu’elle puisse au moins s’acheter des médicaments. Voilà ce que les services néerlandais ont pris comme une preuve de financement,  par cette opposante,  des mouvements terroristes pour déstabiliser le Rwanda et la région en demandant à Kagame de l’en condamner. Elle écopa donc de 15 ans. Et dire que les autorités néerlandaises peuvent croire pouvoir convaincre leur opinion que l’on peut déstabiliser un pays,  même africain, avec seulement une centaine d’euros, il n’y avait qu’un pas qu’elles ont franchi et que le dictateur rwandais a exploité.

 

D’autres cas victimes des agents zélés de Paul Kagane au Pays Bas

 

Sans être exhaustif, on peut seulement citer les cas de Madame feu Yvonne Basebya qui fut trainée devant les tribunaux et incarcérée plusieurs années sur simplement des accusations non fondées de ses anciens voisins qui voulaient s’emparer de sa propriété. Il y aussi le cas de Jean Baptiste Mugimba qui a été livré à Kagame sur simple accusation d’avoir été Secrétaire d’un parti, pourtant à l’époque agréé : la CDR . Il a suffi au syndicat de délateurs opérant sous la couverture des associations comme « Ibuka » de relayer les affabulations des ces faux-témoins aux services néerlandais via les puissants lobbies pro-Kagame infiltrés jusque très haut dans les instances de ce pays pour qu’il soit embarqué vers  Kigali où il subit la torture morale et publique en guise de procès avant sa condamnation annoncée de prison à perpétuité en isolement.

 

Beaucoup d’autres subissent des harcèlements et même la nationalité néerlandaise leur est retirée surtout s’ils se sont montrés actifs dans l’opposition contre le régime du parti-état le FPR de Paul Kagame et qu’il ne le cachent pas.

 

Cas récent de Faustin Ngarambe

 

Faustin Ngarambe est un ressortissant rwandais ayant acquis la nationalité néerlandaise en 2006. Depuis, à coté de ses activités professionnelles, il est actif dans les associations de défense des droits de l’homme surtout celles en rapport avec les réfugiés rwandais disséminés dans la région des Grands Lacs. Les agents du régime dictatorial l’ayant repéré et non contents de ses actions humanitaires et de ses convictions politiques, ils n’ont pas cherché loin pour le déstabiliser.

 

 

Natif de la commune Mukingo dans l’ancienne préfecture de Ruhengeri, ils ont instruits les syndicats des délateurs de l’accuser aux services hollandais d’avoir pris part aux actes violents qui ont eu lieu dans cette commune après le 06 avril 1994. Il se fait que celui qui était à l’époque bourgmestre de cette commune Monsieur Juvénal Kajelijeli a été inculpé , jugé et condamné par le TPIR d’Arusha en 2005, et qu’il purge sa peine au Bénin. Les menteurs professionnels que l’on a souvent entendu à l’œuvre au TPIR ou dans les procès intentés en Occident allèguent que Faustin Ngarambe aurait fait la chasse aux Tutsi dans sa commune de Mukingo dés le 07 avril en dressant notamment des listes et en les désignant en compagnie du Bourgmestre Kajelijeli. Or, c’est archifaux car pratiquement impossible, Faustin Ngarambe qui le 6 avril vaquait à son emploi à Kigali s’est terré chez lui à Kicukiro dès l’annonce de l’attentat contre l’avion présidentiel. Il n’a jamais mis les pieds dans sa commune d’origine de Mukingo au mois d’avril et après. N’étant pas doué du don d’ubiquité, on se demande comment Faustin Ngarame pouvait se trouver à Kigali et à Ruhengeri au même instant.

 

Et puis, Juvénal Kajelijeli, qui fut arrêté par le TPIR en 1998 au Bénin, a été aussitôt transféré à Arusha en Tanzanie siège du TPIR. Après un procès qui a duré sept ans, il fut définitivement condamné en 2005 à 45 ans d’emprisonnement. Or, que ce soit dans le jugement en première instance ou l’arrêt de la Cour d’Appel qui totalisent près de 400 pages, comme on peut les lire dans les liens suivants [Lien1, Lien2] le nom de Faustin Ngarambe ne fut mentionné aucune fois ni par le Procureur ni par les nombreux faux témoins venus du Rwanda et qui devaient charger le Bourgmestre Kajelijeli. Force est de se demander alors comment 25 ans après les faits et 13 ans après ce procès-fleuve, les agents du régime découvrent qu’un citoyen hollandais en l’occurrence Faustin Ngarambe, aurait été complice du bourgmestre de Mukingo en 1994 mais qu’il n’avait pas été identifié pendant toutes ces procédures.

 

Il paraît que la procédure pour le déchoir de la nationalité hollandaise est engagée sur base des ces accusations fallacieuses. Faustin Ngarambe est visiblement victime de son militantisme dans les associations de défense des droits de l’homme qui dénoncent entre autres les crimes et les violations des droits de l’Homme par le régime rwandais de Paul Kagame.

 

Nous osons espérer que cette fois-ci, pour le cas de Faustin Ngarambe, les instances habilites des Pays Bas  seront clairvoyantes et ne tomberont plus dans le piège qui leur est tendu à savoir servir de « bâton pour frapper et sanctionner » les opposants et les militants de défense des droits de l’homme qui osent dénoncer le régime dictatorial qui règne sur le Rwanda depuis 1994.

 

Emmanuel Neretse

 

 

 

 

 

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