Rwanda: pour soumettre et déshumaniser la communauté hutue, Paul Kagame soumet certains cadres Hutu à des séances d’humiliation publiques

Lors des commémorations du génocide qui ont lieu chaque année à partir du 07 avril, les observateurs ont chaque fois noté, souvent avec étonnement, que les personnalités hutu qui occupent des postes haut placés dans les instances du régime s’adonnent à des séances d’auto flagellation qui dépassent la décence, et qui  sont même indignes d’un homme saint d’esprit.
 

C’est ainsi que celui qui était président du Sénat jusqu’au 16 octobre 2019, donc protocolairement deuxième personnage de l’Etat après Paul Kagame, à savoir Bernard Makuza, s’est plusieurs fois livré aux séances de dénigrement et de condamnation de son propre père Monsieur Anastase Makuza mort en 1986, sous prétexte qu’il fut l’un des leaders hutu de la Révolution de 1959 qui exigeaient la démocratie et l’émancipation du peuple hutu sous la bannière du parti MDR Parmehutu. Pour Bernard Makuza, son papa Anastase Makuza,  fut un génocidaire, et lui, comme son rejeton, il se doit d’en demander pardon aux Tutsi et surtout aux maîtres du pays, et cela, publiquement.
 

Bernard Makuza vient d’être remplacé à la présidence du Sénat par Augustin Iyamuremye. Celui-ci n’est pas un inconnu sur la scène politique rwandaise puisque depuis 1992, il a occupé plusieurs postes importants comme chef des Renseignements sous Habyarimana quand le gouvernement de coalition d’alors était dominé par les partis alliés ou des appendices du FPR alors en guerre pour conquérir le pays; puis Ministre et Sénateur sous Kagame… Mais surtout il est connu pour être le gendre de feu Théodore Sindikubwabo qui fut nommé président intérimaire le 09 avril 1994 après l’assassinat de Juvénal Habyarimana.
 

Marie- Rose Mureshyankwano et Régine Sindikubwabo à Bruxelles en 2010

 

La fille de Théodore Sindikubwabo, donc l’épouse de Augustin Iyamuremye, a longtemps ( et peut-être encore) été femme d’honneur de Janet Kagame et son adjointe dans lesassociations a fondées telles  que : « Unity Club » et autres « Imbuto Foundation ».
 

Partout où elle passe, la fille de Sindikubwabo, donc madame Iyamuremye, elle commence par maudire son papa et regretter qu’elle soit née de lui avant de demander pardon pour les crimes supposés qu’aurait commis Théodore Sindikubwabo pourtant mort en exil en 1996 . Il est à parier que son mari, désormais deuxième personnage de l’Etat après Kagame, est appelé à répandre ce “mea culpa” et à le généraliser chez tous les Hutu.
 

Quelques cas illustratifs de cette supplice infligé aux Hutu qui obtiennent des postes:
 

Un certain Olivier Nduhungirehe qui est actuellement Secrétaire d’Etat au ministère des Affaires étrangères et qui se trouve être le fils de Jean Chrysostome Nduhungirehe qui fut ministre puis ambassadeur sous Habyarimana de 1973 à 1986, est obligé, lors de ces commémorations, de renier son père et même de justifier l’assassinat de son petit frère Janvier, qui fut froidement abattu devant le grillage de la propriété familiale à Kicukiro en avril 1994 par les combattants du FPR en arguant qu’il devait être abattu puisqu’il se trouvait sur une barrière( le portail d’entrée de chez les Nduhungirehe) où passait les éléments du FPR en chasse aux Interahamwe!
 

Un certain Edouard Bamporiki  qui est actuellement l’animateur en chef de la milice du parti nommée Intore et qui fut longtemps député, n’a pas échappé à la règle. Cet analphabète et “creuseur de latrines” de son état mais astucieux comme un singe, n’hésite pas, dans ses interventions publiques, de fustiger sa propre mère (encore en vie), en révélant qu’elle lui conseille de temps en temps d’être un peu  modéré dans ses louanges au régime des conquérants tutsi.
 

Les enfants de feu Colonel Aloys Nsekalije, dont Alice et Fidèle Mitsindo, parcourent le pays en maudissant l’éducation qu’ils auraient reçu de leur père (pourtant qui, avant sa mort, avait révélé qu’en réalité il était d’origine tutsi ) et en invitant  les rwandais de leur génération de demander pardon aux Tutsi et à se soumettre à leur régime personnifié par Paul Kagame.
 

Nous pouvons multiplier les exemples mais ce n’est pas le but et la quintessence du message.
 

Nous voulions simplement attirer l’attention du public, et surtout des cadres hutu, que ce traitement que le FPR inflige à ceux d’entre eux à qui il offre des postes, constitue non seulement une torture morale mais aussi une déshumanisation et une  humiliation auxquelles tout homme (femme) digne devrait s’opposer à défaut de les dénoncer ou de les combattre.
 

Emmanuel Neretse
19/10/2019

 

 

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