Après la démission de Victoire Ingabire, le parti FDU -Inkingi se restructure

de gauche à droite : Placide Kayumba (BE), Justin Bahunga (GB), Boniface Mbonigaba (DE), Fidèle Kabera (BE)

C’était dans l’air du temps. Après que Victoire Ingabire eut quitté le parti FDU-Inkingi, un réajustement s’imposait pour adapter les structures du parti à cette nouvelle donne. C’est dans ce cadre qu’un congrès extraordinaire du parti FDU-Inkingi s’est tenu à Bruxelles le 14 décembre 2019. Il a réuni en tout une quarantaine de personnes provenant de tous les horizons, dont la majorité d’Europe occidentale (Belgique, France, Pays-Bas, Allemagne) et qui avaient le mandat de leurs collègues pour opérer des restructurations nécessaires des textes régissant le parti.

 

Amendements des textes réglementaires et renouvellement des dirigeants du parti

 

Le Congrès a été ouvert par le président ad intérim Mr Justin Bahunga. Dans son allocution, le président ad-intérim a expliqué les circonstances qui ont motivé la tenue de ce congrès extraordinaire, notamment la démission de la présidente Mme Victoire Ingabire Umuhoza et la création de son nouveau parti. Il a tenu à remercier une fois de plus l’ex-présidente pour les sacrifices consentis et les efforts qu’elle continue à déployer pour l’ouverture de l’espace politique au Rwanda.

 

Mr Justin Bahunga s’est félicité de la maturité politique du Parti FDU INKINGI, maturité constatée entre autres, lors de la démission de l’ex-présidente du Parti. Il a par ailleurs rappelé que ce qui est important est d’avoir une structure forte plutôt que des hommes forts.

 

Les congressistes ont ensuite approuvé des amendements du règlement d’ordre intérieur et confirmé les membres du Bureau politique aux postes suivants :

– Président des FDU-Inkingi : Justin Bahunga
– Premier Vice-président : Placide Kayumba
– Secrétaire exécutif : Fidèle Kabera ;
– Trésorier : Mbonigaba Boniface.

 

Nécessité d’un dialogue inter-rwandais

 

Le secrétaire exécutif a présenté aux congressistes le rapport à mi-parcours du Comité directeur (CD). Après avoir entendu ce rapport, le Congrès s’est félicité du climat d’unité et de solidarité qui a permis la sérénité de travail dans les structures du Parti. Il demande au CD d’intensifier les contacts pour accélérer la transformation de la plateforme P5 en vue de son élargissement pour constituer une masse critique nécessaire à un changement rapide du pouvoir au Rwanda.

 

Après avoir fait le constat de l’échec d’enregistrer le parti au Rwanda et eu égard au refus persistant de dialogue par le régime du FPR, le Congrès a demandé au CD de poursuivre tous les efforts nécessaires afin de faire accepter cette logique de dialogue inter-rwandais hautement inclusif, seule voie susceptible de conduire à une paix et une stabilité durable.

 

Adhésion au processus de reconnaissance du génocide commis contre les HUTU

 

Sur base des témoignages des rescapés, et compte tenu de nombreux éléments rassemblés par différentes organisations et chercheurs en complément du rapport Mapping, qui affirment tous qu’il y a eu des tueries en masse perpétrées contre les HUTU aussi bien au Rwanda que dans les pays voisins, les FDU-Inkingi reconnaissent que ces massacres constituent des actes de génocide contre les Hutu qui ont été perpétrés par des membres de l’armée du FPR qui dirige actuellement le Rwanda.

Les congressistes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Congrès recommande fermement au Comité directeur (CD) de se concerter avec les autres forces politiques et les organisations de la société civile rwandaise pour appuyer les démarches en cours afin qu’il soit mis en place des mécanismes judiciaires ad hoc pour que les commanditaires et les responsables de ces actes de génocide répondent de leurs actes.

 

Les membres du Congrès restent convaincus qu’aucune réconciliation ne sera effective sans la reconnaissance d’actes de génocide et d’autres violations graves du droit international humanitaire commis contre toutes les composantes de la population rwandaise sur le territoire du Rwanda et sur le territoire d’États voisins. Le deuil discriminatoire pratiqué actuellement au Rwanda est une source latente de nouveaux conflits.

 

Le Congrès tient à réaffirmer sans équivoque sa reconnaissance du génocide contre les tutsi. Il dénonce fermement l’utilisation du génocide contre les tutsi comme fonds de commerce par le FPR et ses acolytes, pour museler toute voix dissidente.

 

Condamnations des massacres de réfugiés au Sud Kivu (RDC)

 

Le congrès condamne vigoureusement les massacres actuellement perpétrés par l’armée rwandaise sous l’uniforme de l’armée congolaise en RDC. Il appelle le président Congolais à ne pas continuer à se rendre complice d’une armée qui a déjà massacré des millions de Congolais et de rwandais tel qu’établi par le rapport Mapping. Il appelle également les pays de la région à donner priorité à la protection des réfugiés rescapés des tueries de l’armée de Paul Kagame et à contraindre ce dernier à négocier avec toute son opposition, comme cela se fait dans d’autres pays.

 

Le congrès condamne avec la dernière énergie la détention de 2000 réfugiés y compris des enfants, femmes et hommes âgés dans le camp de Nyamuyinyi au Sud Kivu (RDC), dans des conditions d’insalubrité, de promiscuité, d’accès difficile à l’eau, sans nourriture et soins de santé. Il rappelle au Gouvernement de la RDC de son obligation de garantir le respect de la dignité humaine et les principes du droit humanitaire envers ces réfugiés.

 

Le Congrès lance un appel au Conseil de sécurité de l’ONU, à l’Union Africaine et à l’Union Européenne de prendre les mesures qui s’imposent pour que cesse l’impunité dans la région des Grands Lacs Africains, pour que le régime du Président Kagame respecte les droits de l’homme et mette fin aux disparitions et assassinats des opposants au Rwanda et à l’étranger.

 

Les recommandation entérinées par le Congrès de Bruxelles ont été lues par Fidèle Kabera, secrétaire exécutif du parti. Un congrès ordinaire du parti est attendu en été 2020. Il statuera sur les questions éventuelles restées en suspens et procédera aux nouvelles élections des dirigeants qui se renouvellement tous les deux ans.

Gaspard Musabyimana


COMMUNIQUE-presse.Congres-extra-Ordinaire2019 final

 

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