La torture dans les prisons rwandaises est une constante. Témoignages.
Au moment où le Comité des droits de l’enfant de l’ONU examine différents rapports publiés par Human Rights Watch sur les violences faites aux enfants de la rue, dont le dernier lui a été présenté pour examen ce 27 janvier 2020, à Genève, des témoignages fusent sur les tortures en usage dans les prisons rwandaises.
Outre ces enfants de la rue qui sont ramassés et entassés dans des salles insalubres à Gikondo après avoir été battus systématiquement, des prisonniers libérés récemment donnent plus de détails sur l’ampleur de la torture dans les prisons et autres centres de détention du Rwanda.
Le 20/01/2020, le tribunal de Nyanza, au sud du Rwanda a acquitté 4 des 11 prisonniers, ex-membres du parti FDU-Inkingi dont la présidente était Victoire Ingabire avant qu’elle ne fonde son propre parti, DALFA-Umurinzi.
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Certains de ces prisonniers libérés ont pris leur courage à deux mains et ont raconté leur calvaire dans les prisons rwandaises. En nous limitant sur le sujet qui nous occupe, à savoir les tortures pratiquées dans ces prisons, Léonille Gasengayire parle du cas d’une de ses amies, qui a subi une bastonnade jusqu’à des centaines de coups, par le fait même qu’elle s’entretenait avec une opposante politique au régime du FPR. Elle parle également d’un cas d’une dame, Kaligirwa Deborah, responsable du poste de sécurité, qui appelle régulièrement dans son bureau, des prisonniers auxquels elle inflige des sévices corporels, notamment par le passage à tabac.
Dans les différentes prisons dans lesquelles il a été détenu, Théophile Ntirutwa, un autre ex-prisonnier, qui vient d’être élargi, parle d’un lieu du « Jordan » qui existe dans la prison de Mageragere dans les faubourgs de Kigali. Quand un prisonnier y est conduit, sa torture est garantie. Dans la prison de Nyanza, il existe, là-bas aussi, un lieu de torture dit : « Ku Cyokezo » (lieu où l’on grille de la viande). C’est une sorte de rigole qui charrie les excréments de la prison. La victime est poussée dans ces eux sales et battue à mort.
Un témoignage intéressant nous vient d’Abayisenga Vénant. Il parle des tortures qu’il a subies pendant ses semaines de détention préventive à Gikondo, au lieu dit : « Chez Gacinya » (allusion faite au Lieutenant-général Gacinya Rugumya, un des officiers les plus redoutables de Renseignements du Rwanda), pour lui arracher des aveux. Par ailleurs c’est ce centre dont parle Human Rights Watch dans ses différents rapports sur les violences faites aux enfants ramassées dans la rue et qui sont détenues. Abayisenga Vénant a eu une hémorragie suite aux coups subis qu’il a failli trépasser. Ci-après l’extrait de la vidéo de son interview sur umubavu TV.
Dans les prisons et autres centres de détention, les tortures sont opérées à deux niveaux : à l’intérieur de la prison où certains prisonniers, des ex-militaires, sont nantis d’un pouvoir de répression sur d’autres prisonniers. Ils peuvent les torturer à leur guise. Ils forment un groupe connu sous le nom de « Research Platoon » (RP) ; à l’extérieur de la prison, ce sont les IO (intelligence officers) qui torturent les prisonniers extraits de l’enceinte de la prison à l’aide des RP. Même certains directeurs de prisons ne s’empêchent pas de faire subir des sévices corporels aux prisonniers. nAinsi par exemple le directeur de la prison de Nyanza est surnommé « Cyokezo » (le grilleur).
Gaspard Musabyimana
01/02/2020
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