L’ambassadeur de Djibouti en France Ayeid Mousseid Yahya confond la communication avec la propagande.

L’ambassadeur jetterait-il par avance l’opprobre sur quiconque oserait défaire les thèses d’une abominable dictature ? La marque d’infamie posée sur le front de son contradicteur est toute prête à resservir. Faut-il vous rappeler que nous vivons en démocratie et qu’à ce titre, chacun a le droit de penser et de s’exprimer librement ?  Je n’ai pas encore compris pourquoi, mais il semble que vous ayez le réflexe spontané d’attaquer et de mépriser celui qui ne partage pas votre opinion. Encore une fois, devrais-je vous dire, vous ne pouvez pas débattre sans passer par les insultes, les accusations fallacieuses et les allégations mensongères, sous l’emprise de la colère, vous auriez avantage à gagner de la crédibilité en modifiant votre approche. Cela servirait mieux votre cause. Vous montrez la faiblesse de vos raisonnements en insultant vos contradicteurs car vous n’admettez aucune opinion opposée à la vôtre. Les injures s’adressant à la personne, ont toujours été les armes du faible et déshonorent ceux qui s’en servent.

 

Comment faire bouger les lignes ? Comment donc sortir par le haut d’un débat si mal engagé ? En évitant les énumérations, sinon les amalgames. En évitant de prêter des arrière-pensées. Que penserait-on de quelqu’un qui souhaiterait disqualifier ses détracteurs au motif qu’ils sont « blancs » ou  » judéo-chrétiens » ? Je le dis d’emblée, je ne partage pas, pour ma part, cette méfiance irraisonnée.

 

Et pour entamer un débat, il faut commencer par comprendre ce que dit l’autre et cerner les différences. C’est l’objet de ma réaction.

 

Voilà donc qu’il accuse Mlle Roukiya Mohamed Osman d’être « l’exemple type des notes émanant de certains cercles pétris de cultures néocolonialistes », « de la mauvaise foi » ou « d’attaquer gratuitement son régime dictatorial », sans la moindre preuve, sans le moindre prétexte, sans que ce soient dits quels sont ces procédés et ces termes, ni où ils figurent dans son propre texte. Chacun pourra constater que son argumentation se place sur un tout autre terrain. Mais peut-être les lecteurs étaient-ils tous, ignorants de sa mauvaise foi que vous – Ayeid Mousseid Yahya  – avez su, vous l’infatigable enquêteur, démasquer ? Comment pouvez-vous réclamer des autres le sérieux dont vous ne faites pas preuve ?

 

On l’aura compris, aucun de ces termes n’est le fruit du hasard, mais le résultat d’un choix bien compris, il s’agit d’avoir recours à une rhétorique alarmiste pour occulter les failles d’une argumentation.

 

Aucune déclaration affirmative ne peut-être lue, nulle preuve ne vient appuyer ses thèses défendues, l’emploi du conditionnel est omniprésent, sans jamais faire la preuve de sa mauvaise foi. Bref, nous sommes entrés dans une ère de suspicion.

 

La responsabilité de Mlle Roukiya Mohamed Osman se limite à ses écrits et non à ce que vous écrivez de son texte.

 

Votre façon de tordre et de trahir son texte est consternante : à quel type d’individu avons-nous donc affaire ?

 

On ne peut qu’être révolté par votre aveuglement et votre manque d’objectivité vis-à-vis de son texte.

 

Aucun scrupule dans le choix des mots, aucune honnêteté dans l’articulation de ces propos, aucune retenue dans l’énonciation d’un argumentaire aussi lourd de sens. Etes-vous seulement conscient de la portée de vos propos ? Qu’elle est effrayante et dangereuse, cette façon de verser dans l’excès et de passionner le débat avec l’intention, au fond, de l’éviter ! Croyez-vous pouvoir régler les problèmes à coups d’anathèmes, de bannissements et d’exclusions ?

 

Votre abominable dictateur avez pendant si longtemps été habitué à l’attitude paternaliste qui lui donnait le droit de penser pour les djiboutiens, mais cela ne vous permet pas d’avancer des contre-vérités ou d’induire par allusion votre lecteur en erreur. Quelle imposture intellectuelle ! Ce n’est pas une accusation, c’est un fait, et je n’ai finalement pas envie de m’attarder sur ce fait.

 

Elle n’a par ailleurs jamais parlé de “psychose volontairement entretenue par le gouvernement”. Au nom de quoi pouvez-vous, affirmer une pareille contre-vérité ? Où avez-vous pu lire cela ? Voulez-vous jouer à la victime ? Fort bien ! Sauf que les faits susmentionnés tous sont vrais. Il n’y a pas pire que celui qui ne veut pas entendre, et a fortiori comprendre…

 

Sur la base de quel écrit, se base-t-il pour affirmer cela ? Aucune a priori si ce n’est la supposition théorique de son monde imaginaire. Supposition séduisante sur le plan logique mais non vérifiée dans les faits.

 

D’une façon paradoxale, l’ambassadeur en vient insidieusement à invoquer sa propre turpide pour argumenter en faveur de l’absence des idées développées par Mlle Roukiya Mohamed Osman.

 

Qu’est-ce que c’est que ce pouvoir mortifère qui se complaît dans les assassinats des djiboutiens(nes) et, qui justifie l’inacceptable jour après jour avec une outrecuidance criminelle et qui a l’infâme arrogance de nous traiter de je sais quoi quand on ose timidement protester contre cette conduite indigne ? Qu’est-ce que c’est que cet ambassadeur hypocrite qui manie avec tant de virtuosité cette fameuse longue liste (« elle ne sera qu’un « témoin suspect » de trop dans une longue liste de figures qui se sont pliées au même exercice ») quand on veut juste lui rappeler que depuis quelques jours, il reproduit à dose homéopathique l’horrible injustice dont beaucoup de djiboutiens ont souffert ?

 

Selon les dires de ce sieur, Mlle Roukiya Mohamed Osman sera assassinée par ses clients ripoux. Ainsi, de deux choses l’une : ou bien ce zélateur veut la diaboliser, ou bien, d’une façon plus sinistre encore, a-t-il eu une sorte de lapsus freudien, trahissant par là le fait qu’il est parfaitement au courant des circonstances de sa mort probable. Chose inacceptable et condamnable !

 

Ces propos sont scandaleux ! Car il est impensable aujourd’hui qu’un ambassadeur puisse lancer un appel au meurtre et ce dernier doit être poursuivi en justice.

 

Mohamed Qayaad

 

 

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