Rwanda. «Génocide» : Les chiffres qui fâchent…

Rwanda. 1994 – 2020. On commémore les 26 ans du «Génocide», une tragédie qui a endeuillé le  Rwanda. Un «Génocide» historique du 20ème siècle. Un «Génocide» qualifié, d’abord, par le nouveau régime du Front patriotique rwandais (FPR) de «Itsembabwoko n’itsembatsemba». Reconnu par les Nations-Unies sous la dénomination de «Génocide rwandais». Depuis le 26 janvier 2018 jusqu’à aujourd’hui, rebaptisé «Génocide des Tutsi». Un quart de siècle après cette folie meurtrière, aucun chiffre ni enquête indépendante sur l’effectif exact de toutes les victimes, Hutu, Twa et Tutsi. De plus, l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana qui a eu lieu le 06 avril 1994 et a déclenché ce fameux «Génocide» reste toujours encore aujourd’hui un secret géopolitique très protégé. Le Rwanda. Un «pays des Mille collines» devenu un «pays des Mille problèmes » mais aussi transformé en «pays des Mille secrets».

 

1994 – 2020 : 26ème anniversaire de la mémoire des victimes. Mémoire – des victimes connues et anonymes – entachée des mensonges, des manipulations politiques et judiciaires. Depuis déjà le lendemain de la prise du pouvoir par le Front patriotique rwandais (FPR).

 

Nous sommes le 19 juillet 1994. Une date politiquement historique où un régime bouscule un autre et installe ses nouvelles institutions. Une institution politico-militaire qui remplace une autre : le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND). Une dictature qui remplace une autre, mais cette fois très dure et intraitable par rapport à la précédente. Un régime politico-militaro-dictatorial qui dirige le pays avec intransigeance et le bras de fer. Un régime constitué d’une petite clique de militaires, à la tête le Général Paul Kagame.

 

Au lendemain de ce «Génocide»  à multiple dénomination, est nommé Faustin Twagiramungu, Premier Ministre du Gouvernement de transition à base élargie (GTBE) – initialement prévu à ce poste par les accords d’Arusha de 1993 –, avant de donner sa démission, en 1995. Cet homme politique rwandais, aujourd’hui naturalisé belge, nous fait part de ses déboires avec ce nouveau régime qu’il servit au bout d’un an seulement. Meurtri politiquement mais aussi combatif et représentatif au sein de l’opposition rwandaise, Faustin Twagiramungu dément carrément le chiffre de 800.000 victimes, gonflé par le Gouvernement actuel du FPR et ses fervents acolytes au sein de la Communauté internationale.

 

«Les médias occidentaux répètent pendant des mois des contrevérités qui chagrinent, des mensonges qui révoltent. Sur les plateaux de télévision et sur les ondes de radio, on entend les mêmes qui ont défilé depuis 25 ans, dire sans scrupules, qu’ils sont témoins ou experts du Rwanda. Il y a des nouveaux ‘‘témoins’’ qui vont même affirmer disposer de nouvelles révélations sur les ‘‘hutu génocidaires’’ et bien évidemment sur ‘‘le rôle «complice»’’ de la France. Depuis 25 ans, certains médias n’acceptent pas les contradictions, ils refusent qu’on parle des chiffres des morts hutu et tutsi dans la tragédie rwandaise. Certes, c’est un sujet sensible, mais on ne sait pour quelle raison tous les médias s’évertuent à répéter la même phrase: le génocide rwandais qui a emporté entre 800 000 et un million de tutsi (…)»  – et d’ajouter, avec pudeur, (…) et de ‘‘hutu modérés’’, dément Faustin Twagiramungu. Pourquoi cette «sacro-sainte» approximation, alors que les statistiques existent et qu’elles sont publiques ? ».

 

Se basant sur le recensement démographique organisé en 1991 par le Ministère du Plan et l’Office National de la Population (ONAPO), avec l’assistance technique et financière du FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la Population) et de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), où les Hutu étaient 6 467 958 (91.1%), les Tutsi 596 387 (8.4%) et les Twa 35 499 (0,5%), cet homme politique rwandais s’étonne et conteste les chiffres aujourd’hui avancés par le pouvoir en place du Front Patriotique Rwandais.

 

«Aujourd’hui on atteint le summum de l’absurdité, quand le régime FPR de Paul Kagame, précise que sur ces mémoriaux, il s’agit exclusivement des tutsi victimes du génocide commis par des hutu ! Qu’il y ait parmi ces corps des Tutsi tués, c’est indéniable. Mais, affirmer que le nombre de victimes tutsi ait atteint ce chiffre d’environ 1 700 000 est un mensonge éhonté et pitoyable», martèle Faustin Twagiramungu.

 

©Photo Réseaux Sociaux. Faustin Twagiramungu: Premier Ministre du Gouvernement de transition à base élargie (GTBE), mis en place le 19.07.1994, baptisé ”Gouvernement d’union nationale”.

Ce leader de l’opposition politique rwandaise a sur lui un verbe facile à décrire le contexte socio-géopolitique du Rwanda d’avant, pendant et après la folie meurtrière qui a endeuillé le Rwanda et dénonce acharnement un système d’«apartheid» se trouvant entre les morts, Tutsi et Hutu !

 

«Moi, j’ai combattu pour la démocratie mais, dans ma tête, c’était surtout pour l’unité du peuple rwandais. Alors, quand on commence à créer un système d’apartheid entre les morts, les Tutsi et les Hutu, et qu’on commémore uniquement pour les Tutsis, je vous dis en toute sincérité, je suis sidéré. Je suis témoin de mon histoire et personne ne peut me tromper sur ce qui s’est passé dans mon pays. En 1994, les Hutus qui étaient opposés au régime du président Habyarimana ont été tués, non seulement par les Interahamwe [NDLR : milice rwandaise du parti du président Habyarimana], mais aussi par le FPR », affirme, sans mâcher ses mots, l’ancien Premier Ministre.

 

Cependant, ce que ce leader de l’opposition politique rwandaise n’ose pas dire – pour se donner bonne conscience, je crois, et donner bonne presse à son Gouvernement – c’est que son Gouvernement, tout juste au lendemain de sa mise place, le 19 juillet 1994, a présenté aux partenaires occidentaux le chiffre de 1.000.000 de morts lors des négociations visant la demande d’appui à la reconstruction du pays détruit à 90%.

 

Ce chiffre de 1.000.000 morts estimés par le gouvernement avait été déjà avancé par des ONGs qui étaient sur place lors des massacres d’avril 1994, dont par exemple le Comité International de la Croix-Rouge International (CICR) ou encore Médecins Sans Frontières (MSF).

 

À ce moment-là, les médias internationaux, eux, préféraient présenter le chiffre allant entre 500.000 et 1.000.000 victimes. En effet, chacun – le gouvernement d’«union nationale», le CICR ou encore MSF – se permettaient de chiffrer les  «martyrs» sans même donner aucune précision sur les décès de chaque ethnie.

 

Au-delà des chiffres…

 

Entre 500.000 et 1.000.000 morts, les médias occidentaux manipulés par le Front patriotique rwandais au pouvoir et par ses fervents acolytes au sein de la Communauté internationale ont finalement imposé au monde entier de retenir le  chiffre de 800.000 morts, essentiellement d’ethnie Tutsi. La question que l’on se pose aujourd’hui après 26 ans est celle de savoir si ces chiffres ne seraient sous-estimés ou surestimés ?

 

Certes, il y a une inadéquation des chiffres par le fait même qu’il n’y a jusqu’à présent aucune enquête rigoureuse, sérieuse ou indépendante sur toutes les victimes. De plus, cette folie meurtrière a endeuillé tout le pays, sans exception aucune des familles hutu, twa et tutsi. Philippe Gaillard, chef de délégation du CICR au Rwanda, le   témoigne d’ailleurs dans un film intitulé La vendange – Les fantômes du Rwanda.

 

©Photo Réseaux Sociaux. Philippe Gaillard, Délégué de la Croix-Rouge au Rwanda, en 1994

En avril 1994 lorsque le pays s’embrasait, « Philippe Gaillard décide de rester avec une poignée d’expatriés [huit expatriés, NDRL] “pour ne pas abandonner les 120 collègues rwandais, Hutus et Tutsis” alors que toutes les institutions et organisations étrangères quittent le pays ».

 

Dans ce film-témoignage La vendange – Les fantômes du Rwanda, Philippe Gaillard, nous livre le récit brut de ce qu’il a vu avec ses propres yeux, ce qu’il a entendu avec ses propres oreilles, ce qu’il a vécu personnellement mais aussi et surtout ce qu’il a suivi de plus près à Kigali entre le 06 avril et le 06 juillet 1994, date de son départ. Philippe Gaillard fut donc l’un des rares témoins oculaires étrangers du drame rwandais.

 

Ayant vu et vécu cette tragédie du Rwanda, dans ce film-témoignage il revient sur ce que le CICR ou lui-même a pu faire pour secourir des gens. C’est ce qu’il appelle humblement une “goutte d’humanité” se souvenant encore qu’il s’est exposé. Car, dit-il, «je pense que j’ai fait les manœuvres les plus exposées» en traversant des barrières des milices Interahamwe et des barrages de l’armée patriotique rwandais (APR).

 

Témoin oculaire, «il fut [également], dans les médias du monde entier, d’avril à juillet 1994, la voix des victimes, dénonçant chaque jour un génocide à huis clos». Et sur ce, il relata comment dans un intervalle de deux semaines seulement il a été poussé à passer dans ses estimations du chiffre de 250.000 à 500.000 de morts. Il avoue même qu’une semaine après, mis sous pression et dépassé par l’horreur des événements il a atteint le summum déclarant ainsi un chiffre de 1.000.000 morts. Et, malheureusement, ce sont ces chiffres qui ont été retenus et propagés par les médias occidentaux comme un Évangile. Du décomptage rapide et émotionnel. Voilà l’origine de ces chiffres qui fâchent aujourd’hui…

 

Dans son témoignage, ce représentant du CICR au Rwanda, Philippe Gaillard,  – Film-témoignage que vous pouvez écouter et réécouter en ouvrant ce lien ci-après : https://www.youtube.com/watch?v=u60jBQ2mi7M&feature=youtu.be – confesse son impuissance devant la pression insistante des médias qui lui posaient constamment la question sur la situation qui prévalait au Rwanda et surtout le nombre des morts atteints.

 

«Je me souviens, dit-il, qu’après une semaine on a reçu un coup de téléphone de la BBC qui nous demandait en anglais : « vous estimez à combien le nombre des personnes massacrées ? ». J’ai dit : «250.000». Ils me téléphonent une semaine après, ils me disent : «La semaine passée, Monsieur Gaillard, vous avez parlé de 250.000 morts. Quelle est votre nouvelle évaluation ? Je dis : «500.000». Et une semaine après, ils m’ont téléphoné en reposant la même question et ça était la dernière fois qu’ils m’ont posé cette question car je leur ai répondu : « After half a million, sir, I just stopped to count». Après 500.000, monsieur, j’ai arrêté de compter. Et je n’étais pas faux dans mes estimations».

 

Au bout donc de deux semaines seulement, Philippe Gaillard, représentant du CICR au Rwanda, a passé du chiffre de 250.000 à 500.000 de morts. En effet, avec la pression constante et insistante de la BBC à laquelle il n’a pas pu résister, il a dû lâcher dans la troisième semaine le chiffre de 1.000.000 morts qui a été officiellement retenu et propagé comme une vérité sur l’effectif des victimes. Cela pour vous inviter à vous rendre compte du comment ce chiffre de 1.000.000 devenu aujourd’hui quasi incontestable a été fabriqué par des Organisations humanitaires ou de défense des droits de l’Homme.

©Photo Réseaux Sociaux. Rakiya Omaar, Directrice d’African Rights, une ONG basée à Londres qui se dit “défendre” les Droits de l’Homme.

Ainsi, par exemple, Alex de Waal et Rakiya Omar, co-directeurs de African Rights – une ONG pro-Front patriotique rwandais, anciens rebelles aujourd’hui au pouvoir –  parlait d’environ 750.000 morts. Alors qu’un expert des Nations unies estimait que 800.000 personnes auraient trouvé la mort entre avril et juillet (ce chiffre comprenant toutefois les personnes décédées pour d’autres raisons que le génocide), dans son livre intitulé Aucun témoin ne doit survivre : le génocide au Rwanda (Éd. KARTHALA, 1999, p.22), Alison Liebhafsky Des Forges  de l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, quant à lui, parlait d’au moins 500.000 morts.

 

Et une fois de plus, je voudrais vous inviter à constater vous-mêmes comment le gouvernement d’«union nationale» de Faustin Twagiramungu a repris et répété bêtement ce même chiffre de 1.000.000 morts fabriqué de toutes pièces sans se rendre compte des implications politiques ultérieures et surtout des conséquences proches ou lointaines de ce pseudo-évangile décidé par l’Occident.

 

Me penchant sérieusement sur cette question des chiffres tronqués ou fabriqués pour de vastes et néfastes intérêts politiques, j’ai expressément demandé à l’un des officiers des Forces armées rwandaises (Ex-FAR) ce qu’il en était d’un «rapport militaire de la situation» qui se transmettait chaque jour pour l’évaluation stratégique des combats. Sur ce, il m’a révélé que fin avril il y avait à peu près 450.000 morts dans tout le pays.

©Photo : Réseaux sociaux. Paul Kagame au controle des avancées du combat

©Photo : Réseaux sociaux. Paul Kagame, le gourou du FPR-Inkotanyi, organisation politico-militaire devenue un parti politique.

Cet officier – l’anonymat est de mise dans ce cas – m’a bien précisé qu’il s’agit bel et bien de l’estimation que l’armée faisaient et non pas un comptage des morts ni non plus un recensement sur l’effectif exact des victimes. Il m’a également fait remarquer que ce «rapport militaire de situation» concerne uniquement et strictement des zones sous contrôle des Ex-FAR et qu’il ne sait pas ce qui se passait dans les zones sous contrôle du FPR, dont notamment les préfectures de Byumba, Kibungo et Ruhengeri. Cet officier recevait un rapport journalier de la situation de tout le pays et nous pensons que ce qu’il dit est plus ou moins crédible.

 

Il est à bien noter que lorsque Philippe Gaillard, représentant du CICR au Rwanda, égrène les chiffres de 250.000, 500.000 ou de 1.000.000 morts ou encore cet officier des Ex-FAR qui nous donne l’estimation de 450.000 morts, tous deux parlent des victimes de toutes les ethnies: les familles hutu, twa et tutsi, toutes confondues. Et effectivement, il était très difficile d’être exhaustif et précis sur les chiffres vu l’ampleur de la tragédie. De plus, il n’y a aucune famille ni aucune colline du Rwanda qui n’a pas été touchée par cette folie meurtrière. Pour des lecteurs rwandais ou étrangers non informés, il faut toujours garder en tête que lors du «Génocide» – ayant pris aujourd’hui plusieurs dénominations –, les hommes, les femmes et enfants ont été massacrés dans les champs ou dans les centres de négoce, chez eux ou encore à des barrières dressées sur les routes (petits sentiers dans les campagnes et les grandes axes des routes reliant les provinces), sans que les tueurs n’établissent de liste de leurs victimes. Dans certains endroits même, des familles entières ont été anéanties, ce qui fausse très largement les estimations. C’est pour cela d’ailleurs que l’ancien Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture  de la Culture, Robert Bayigamba, avait reconnu devant la presse la difficulté d’établir un chiffre exact, estimant que le gouvernement sera en mesure de donner un chiffre plus précis «dans les années à venir» grâce aux témoignages recueillis devant les tribunaux populaires gacaca.

 

Face aux critiques acerbes – malgré les douleurs  morales et physiques des victimes –, les polémiques se sont souvent intensifiées jusqu’à inciter le Gouvernement rwandais à diligenter une enquête sur ce sujet.

 

La pseudo-enquête du Gouvernement rwandais et l’exagération des chiffres

 

La folie meurtrière qui s’est abattue sur le Rwanda – folie meurtrière à plusieurs dénomination politiques : «Génocide rwandais», «Génocide des Tutsi» et bientôt «Génocide des Hutu»  – a été souvent présentée et est encore présentée aujourd’hui comme violence inter-ethnique, entre Tutsi et Hutu. Beaucoup de médias – tant occidentaux que régionaux africains – présentent souvent les Tutsi comme étant les victimes et les Hutu comme étant les bourreaux. Une image caricaturale et très simpliste de l’horreur qu’a connue chaque famille rwandaise : Hutu, Tutsi et Twa. Malheureusement pour cette dernière on n’en parle même pas. Chose encore étonnante c’est que beaucoup de ces médias ou hommes politiques osent édicter très affirmativement des chiffres de l’un de ces deux anciens protagonistes aujourd’hui vainqueur et au pouvoir (FPR, majoritairement Tutsi) sans aucune moindre retenue ni aucune mise en question de sa propagande.

 

Pour beaucoup de ces médias occidentaux et des politiciens pro-FPR, il va de soi pour eux de dire que par le fait que l’on ne sait pas précisément combien de personnes ont été assassinées en 1994, les estimations varient entre 500 000 et un million ou pire encore de dire qu’il est accepté que le nombre de personnes tuées est approximativement de 800 000, essentiellement Tutsi. Cela est une entorse à la recherche scientifique qui doit être absolument menée indépendamment des idéologies partisanes. Continuer à répéter ces faussetés ou demi-vérités ci-haut démontrés c’est désinformer et même manipuler la nouvelle génération du monde entier soucieuse de comprendre l’histoire de l’humanité telle qu’elle s’est déroulée, avec ses pages sombres ou glorieuses. C’est vraiment une grave erreur, voire un mauvais service pour la société de demain, rwandaise, en particulier, malgré sa composition: – une société ethnique métissée hutu, twa et tutsi qui doit assumer son passé historique si douloureux ou même dramatique, soit-il.

 

Alors que le monde ait accepté aveuglement que le nombre de personnes tuées est approximativement de 800 000, le Ministre chargé des affaires sociales et de l’administration locale, Nyandwi Désiré, a diligenté en 2000 une pseudo-enquête par laquelle il sort le chiffre de 1.267 000 de personnes tuées, dont 91% de Tutsi et 9% de Hutu. Ce Ministre (aujourd’hui décédé) a publié ces chiffres farfelus par obligation et non pas par conviction. Car même si on se base sur l’opinion de certains experts qui estiment que la population du Rwanda en 1994 était de 6 à 7,5 millions de personnes; les Tutsis constituant de 10 à 15% de ce nombre, c’est-à-dire environ de 600 000, c’est vraiment très clair qu’il ait pas pu avoir un million de victimes et probablement pas 800 000 non plus.

Ministre Nyandwi Désiré (décédé ) au Parlement.

Concernant ces chiffres publiés par le Ministre chargé des affaires sociales et de l’administration locale, Nyandwi Désiré, connaissant bien la personne et son passé – son intégrité morale et comment il a échappé de justesse plusieurs fois aux embuscades des militaires du FPR, notamment en 1998 à Kivumu (Gitarama) – je crois que s’il était libre et indépendant pour publier les résultats de son recensement il aurait déclaré officiellement le contraire. Il n’aurait même pas omis l’effectif concernant la famille Twa qui n’apparait nulle part dans ce pseudo-recensement.

 

Cela étant, toujours sur cette problématique de l’effectif des victimes, en 2003 – à la veille de la commémoration du 10ème anniversaire de ce fameux «Génocide», le Gouvernement du FPR a fait un nouveau décompte des victimes, arrêtant le chiffre de 800 000 tués dont 500.000 Tutsi et 300.000 Hutu. Et c’est ce chiffre qui a été reconnu par l’ONU, devenant même le chiffre officiel des victimes de la folie meurtrière de 1994. Mais hélas, ce chiffre de 800 000 morts n’est pas non plus définitif. Car, en novembre 2005, avec la sortie du livre « Noires fureurs, blancs menteurs » du journaliste français, Pierre Péan, tout a été largement révisé.

 

Rapportant très fidèlement le témoignage de l’ancien Ministre de la Défense, Général BEM Emmanuel Habyarimana, l’auteur du livre « Noires fureurs, blancs menteurs » écrit ceci à la page 277: «Combien de Tutsis sont morts en 1994 ? Le recensement fait début 2003 a été truqué. C’est le responsable qui me l’a dit et qui m’a donné les vrais chiffres. On a compté quelque 280.000 Tutsis massacrés, et plus d’un million de Hutus tués depuis 1990 ».

 

©Photo AJRE. Général BEM Emmanuel Habyarimana

En somme, les médias occidentaux propagent, depuis 26 ans, la version des faits partisane et mensongère. Les organisations non-gouvernementales alliées du régime militaro-dictatorial du FPR au pouvoir, depuis 1994, les grandes puissances voire aussi les institutions onusiennes, tentent de nous imposer qu’il y ait eu un million ou 800.000 morts, essentiellement d’ethnie tutsi. Curieusement, les victimes des deux autres ethnies composantes de la société rwandaise (Hutu et Twa) ont été omises. Ces mêmes puissances et institutions demandent aujourd’hui qu’on revient sur la réalité conflictuelle du Rwanda et le contexte historique de fameux génocide qu’on a émotionnellement donné plusieurs dénominations. A lire: Explanation of Position on the UN General Assembly Resolution on the Rwandan Genocide:  https://usun.usmission.gov/explanation-of-position-on-the-un-general-assembly-resolution-on-the-rwandan-genocide/

 

Mais alors… combien y a-t-il eu véritablement des victimes du «Génocide rwandais»? 800 000 ou un million? Jusqu’à présent on ne connaît pas le nombre des victimes; car personne n’a jamais pu l’établir. Ceux qui utilisent l’un de ces chiffres – sans aucune moindre critique ni mention de leurs créateurs – devraient se rendre compte du grand mensonge qu’ils sont en train de propager. Une histoire d’un peuple qu’ils sont en train de souiller et verrouiller, voire même donc la vérité historique qu’ils sont en train de confisquer et falsifier.

 

Considérant toutes ces contradictions et fantaisies sur les chiffres et surtout le manque de volonté politique du régime militaro-dictatorial du FPR au pouvoir et le manque de courage de la communauté internationale et l’ONU de mettre sous pression le régime de Kigali pour déverrouiller l’espace politique au Rwanda afin qu’on puisse faire des enquêtes libres et indépendantes, l’on peut se demander si vraiment les victimes de cette folie fratricide seront un jour connues ? Et si oui, à quand alors la vérité et la justice pour toutes les victimes?  Le Rwanda. Un «pays des Mille Collines» et des mille problèmes transformé en «pays des Mille secrets» !

 

Tharcisse Semana

 

 

 

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