Un citoyen somalilandais détenu illégalement dans la sinistre prison de Gabode à Djibouti depuis le 11 juin 2014

Ce jeune homme est issu de la tribu minoritaire somali « Madhiban ». Aucune protection de l’État ne lui est offerte en Somali. Elle est souvent victime d’actes de violence et de persécution. Les droits fondamentaux des « Madhiban » sont bafoués ou violés. Ils font quotidiennement l’objet de discours haineux, ils ont un accès limité à la justice et à l »éducation, et tout emploi et toute participation politique d’importance, leur sont interdits.

 

Le gouvernement du Somaliland a remis un citoyen du Somaliland à Djibouti. Abdillahi Sheikh Abdirahmaan Ibrahim a été arrêté à Hargeisa le 11 juin 2014. Après des jours de détention, il a été transféré à Djibouti.

 

La constitution du Somaliland interdit de remettre le citoyen à un autre pays, comme indiqué à l’article 35 (2) de la constitution. « Il est inquiétant que le citoyen soit simplement transféré dans un autre pays sur la base de rien. Aucune loi n’a été appliquée en l’espèce. Le gouvernement du Somaliland est obligé de protéger ses citoyens et de respecter la constitution », a déclaré Mowlid Farah, directeur exécutif du Centre des droits de l’homme.

 

Le Somaliland devrait le renvoyer et le juger au Somaliland.

 

La procédure d’extradition n’a pas été suivie. Il n’y a pas de traité d’extradition entre le Somaliland et Djibouti. L’article 35 (3) de la constitution stipule que « la République du Somaliland peut extrader vers son pays des étrangers condamnés ou accusés s’il existe un traité entre la République du Somaliland et le pays demandant leur extradition ».

 

Abdillahi n’a pas été condamné ou accusé d’étranger, mais citoyen vivant dans son propre pays, le Somaliland. Par conséquent, le transfert d’Abdillahi a clairement violé la constitution du Somaliland et violé ses droits garantis par la Constitution. La famille d’Abdillahi n’a pas été informée au moment du transfert et elle ne savait pas où il se trouvait ni ses conditions. La famille n’était pas en mesure de lui communiquer. Le bilan de Djibouti en matière de droits de l’homme est extrêmement inquiétant et les conditions de détention sont cruelles, dégradantes et humiliantes.

 

Le gouvernement djiboutien utilise la torture qui entraîne parfois la mort à la très sinistre célèbre prison Centrale de Gabode – Mahamoud Elmi Rayaleh (jeudi 29 août 2013) et Mohamed Ahmed Edou dit « Jabha » (mercredi 2 août 2017) en sont l’illustration parfaite -, je n’exclus pas qu’ils aient été purement et simplement liquidés par les services spécialisés de Djibouti.

 

Des informations font état de détentions prolongées, de déni de procès équitable et le pouvoir judiciaire n’a jamais été indépendant. Mettre un citoyen du Somaliland sous un tel danger est totalement inacceptable, injustifiable et condamnable.

 

Les défenseurs des droits humains somalilandais appellent le gouvernement du Somaliland à renvoyer immédiatement Abdillahi Sheikh Abdirahman Ibrahim au Somaliland, et/ou demandent au gouvernement de Djibouti de le libérer sans conditions.

 

Aucun homme libre ne doit être arrêté, emprisonné, dépouillé de ses biens, maltraité en aucune manière, privé de la vie, de sa liberté que par un jugement du tribunal, en vertu de la loi du pays.

 

Mohamed Qayaad

 

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