Djibouti : un Etat tortionnaire par excellence.

Un état peut durer longtemps avec l’infidélité, mais durera point avec l’injustice. Ce combat, l’état dictatorial djiboutien l’a perdu depuis longtemps et il le sait d’où son acharnement à utiliser la répression, la violence politique et la torture pour faire peur. Mais ceux d’en face n’ont pas peur et n’auront jamais peur, car ils ont la meilleure des armes, celle capable de faire face à toute épreuve, je veux nommer par là : la foi et la spiritualité.

 

Tout au long de la répression, la torture fut utilisée sans retenue. Il n’y eut aucune protestation puisque cela permettait de sauvegarder les intérêts occidentaux. Point de protestation de Trump, Macron, Johnson, Merkel et tant d’autres « humanistes ».

 

Il ne s’agit pas de faits isolés, d’accidents tragiques, de « bavures » comme on dira plus tard, dont il suffit de connaître les responsables pour qu’ils soient châtiés, mais d’un système préparé, planifié, voulu et étudié, qu’on étendra et qu’on perfectionnera. Torture-t-on aujourd’hui dans les commissariats djiboutiens ? Oui, indiscutablement. Certainement pas partout, ni tout le temps. Mais il ne s’agit pas non plus d’exception ou de bavures. Certains hommes, certains services font – au nom de la sacro-sainte efficacité policière – un stupide, un funeste excès de zèle.

 

Hommes attachés, électrocutés, brûlés par des mégots de cigarette, aspergés d’eau, rossés de coups. Que de traitements inhumains infligés à ces victimes, dont le seul crime est de s’être attiré la colère d’un système tortionnaire par excellence. La torture donc, existe. L’accusé, sauf à en mourir, revenait de ce traitement à l’état de loque sanglante, disposé le plus souvent à dire n’importe quoi, plutôt que de connaître une nouvelle expérience.

 

J’ai vu hélas, ces cicatrices inimitables, ces cicatrices que nul homme n’aura l’idée saugrenue d’inventer ou de s’infliger. Ces cicatrices de la honte de notre civilisation qui se gargarise trop aisément de qualificatifs pompeux.

 

D’aucuns ont été arrêtés sur un simple soupçon, d’autres sans réelle raison : les « détentions arbitraires » sont normalisées (comme les « tortures de basse intensité ») dans la très si belle dictature djiboutienne. Des femmes, des hommes, voire des enfants, peuvent être arrêtés sans preuve ni jugement et détenus pendant des jours (lesquels sont renouvelables indéfiniment) ! Des individus croupissent en prison depuis des années et des mois (80 % des militants de l’opposition ont déjà fait l’expérience de l’incarcération), alors que rien ne justifie leur arrestation ni le traitement dégradant infligé par l’administration djiboutienne. Celle-ci perpétue les pratiques des colons français avec, en sus, le déni de reconnaissance de l’humanité des djiboutiens. Belle dictature amie en vérité.

 

Je me suis toujours demandé comment ces tortionnaires pouvaient-ils accomplir leurs sales besognes avec toute quiétude sans regrets, ni remords ou scrupules ? Comment pouvaient-ils aimer leurs enfants, une fois rentrés chez eux, le soir ? Interpellé et plein d’interrogations, je demeurais. J’en demeure encore et toujours.

 

Sous l’égide de la France et sans rien perdre de sa bonne conscience, elle laisse persécuter par les milices de la police politique les derniers militants de l’alternance politique qui avaient la candide illusion de pouvoir manifester pacifiquement.

 

Mohamed Qayaad

 

 

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