France-Rwanda. Affaire Ntiwiragabo ou diversion d’un français agent du dictateur Paul Kagame

Il y a quelques jours un certain Théo Englebert s’est répandu dans la presse en clamant avoir “débusqué un Rwandais recherché qui se cachait en France”. Il indiquait que cette personne s’appelait Aloys Ntiwiragabo. Quand on sait qu’Aloys Ntiwiragabo vit régulièrement en France et sous sa véritable identité, qu’il ne s’est jamais caché et que même il publie en son nom… on est abasourdi par cette supercherie et légèreté de la part d’un journaliste qui se prévaut de ce nom.

 

Mais quand on sait, selon certaines informations, que Théo Englebert serait un agent du dictateur Paul Kagame en France, qu’il émargerait du budget de l’ambassade du Rwanda à Paris et que donc, si cela s’avérait vrai, il exercerait de fait un emploi non déclaré, on comprend sa hargne pour salir et jeter en pâture tout opposant réel ou supposé à son boss Kagame et en même temps détourner l’attention du Parquet National Financier qui pourrait l’inculper pour fraude fiscale.

 

D’une pierre, le sieur Théo Englebert fait deux coups : il trouve un argument pour exiger à son employeur clandestin Paul Kagame une augmentation en arguant avoir beaucoup bossé pour retrouver Ntiwiragabo et en même temps personne ne se posera de question sur son soudain intérêt sur tout ce qui concerne les ressortissants rwandais vivant en France en se drapant derrière la chasse, à la mode, aux soi-disant “génocidaires”, alors qu’il est un vulgaire agent rémunéré par une « puissance étrangère » sur le territoire français, ce qui constitue un double crime : espionnage et fraude fiscale.

 

Après la sortie de son brûlot sur Mediapart, l’espion et fraudeur fiscal présumé Théo Englebert fut agréablement surpris de l’écho de ses mensonges et dénonciations calomnieuses dans l’opinion française et surtout dans les instances judiciaires.

 

Moins de 48 heures après la sortie de Théo Englebert sur Aloys Ntiwiragabo, le procureur de Paris, sans attendre un quelconque droit de réponse de la part de Ntiwiragabo (ce qui vient d’être fait) ou alors une plainte pour diffamation et dénonciation calomnieuse, a déclaré que suite à ces allégations parues dans Mediapart, il ouvrait immédiatement une enquête préliminaire contre Aloys Ntiwiragabo.

 

Plus étonnant encore, le même procureur réaffirmait que Ntiwiragabo était connu en France où il vit de façon régulière et qu’il n’est recherché par aucune justice tant nationale qu’internationale et que les différentes enquêtes diligentées sur lui n’ont abouti à rien. On se demande alors comment ce procureur a pu être impressionné par les révélations de Théo Englebert sur Aloys Ntiwiragabo lesquelles ne contiennent rien de nouveau pour leur accorder un crédit plus grand que celui des procureurs du TPIR, des tribunaux rwandais…qui n’ont pu rien prouver contre Aloys Ntiwiragabo.

 

Chasse aux Rwandais de Rouen

 

Dopé par cet accueil sidérant de ses mensonges et élucubrations par la presse et les instances judiciaires de France, l’espion de Kagame et fraudeur fiscal “présumé” Théo Englebert croit alors son heure venue pour enfin devenir riche (primes en millions du dictateur Kagame) et célèbre (star médiatique suite à son entreprise de délation). Il publie alors un long article dans lequel il passe au crible la vie et la personnalité de chaque ressortissant rwandais domicilié à Rouen, ville dénommée pour la circonstance : ‘‘capitale des Génocidaires en Europe’’.

 

Les crimes qu’il colle à chaque Rwandais inventorié sont aussi divers que surprenants. Ceux-ci vont de celui d’avoir appartenu au parti unique MRND, avoir été un officier dans l’armée rwandaise d’avant 1994, appartenir au parti FDU-Inkingi dont Madame Victoire Ingabire fut présidente, se déclarer ouvertement opposé au parti-Etat le FPR de Paul Kagame, avoir occupé un poste important sous le régime de Habyarimana (1973-1974), avoir séjourné dans les camps des réfugiés hutu de l’Est de la RDC en 1994 (ex-Zaïre) avant de trouver asile en France après plusieurs années, ou tout simplement être d’origine ethnique hutu ou alors avoir des liens familiaux avec Aloys Ntiwiragabo. Ainsi Théo Englebert retombe sur ces pattes et se dit : “Puisque le Parquet a ouvert une enquête préliminaire sur Ntiwiragabo, il devrait également en faire de même pour chaque membre de sa famille que je citerai.”

 

Espérons que ces citoyens français à part entière de Rouen, même s’ils ont le tare d’être des Français “d’origine hutu rwandais”, défendront en groupe ou individuellement le droit que leur donne le fait d’être Français ou tout simplement d’être des habitants de France. Il est regrettable que des individus comme Théo Englebert, qui se croient supérieurs aux autres Français, car “Français de souche”, se permettent de calomnier et de jeter en pâture impunément d’autres Français. Ce même type d’individus n’hésitent pas à trahir impunément leur pays, la France, en devenant des agents rémunérés par une puissance étrangère pour exercer des activités illégales sur le sol français.

 

Emmanuel Neretse

 

 

 

 

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