France-Rwanda. L’affaire Ntiwiragabo en passe de devenir une “affaire d’Etat” ?

 

Confondus après leur première bourde, les relais du dictateur rwandais opérant en France changent leurs fusils d’épaules.

 

L’on se rappellera que ces derniers temps un certain Théo Englebert s’est répandu dans la presse. Il affirmait avoir ‘‘débusqué’’ un génocidaire rwandais recherché par toutes les justices du monde et qui se cachait en France. Il parlait d’Aloys Ntiwiragabo.

 

Sans tarder, il est apparu qu’Aloys Ntiwiragabo ne pouvait être qualifié de ‘‘génocidaire’’ en suivant le principe de présomption d’innocence chère à la justice française et surtout qu’il n’était recherché par aucune instance judiciaire. De plus, Aloys Ntiwiragabo n’était pas clandestin en France pour y être “déniché” par un limier du régime rwandais. Il y est enregistré régulièrement et a même publié un livre aux Editions Scribe à Bruxelles. Les articles de Théo Englebert n’avaient pour seul but que de nuire à un paisible citoyen qui cherche asile en France.

 

Malgré le tollé général qu’a soulevé cette forfaiture, le Procureur de Paris a sur le coup déclaré qu’il allait ouvrir une enquête sur Aloys Ntiwiragabo suite aux élucubrations d’un homme, qui tout compte fait, est une nouvelle recrue dans le réseau tentaculaire tissé en France par le dictateur rwandais. Les membres de ce réseau, qui  sont si puissants jusqu’à faire  trembler et chanter toutes les institution légales de la France, viennent de changer leurs fusils d’épaules dans ce dossier.

 

En effet, dans un autre article paru toujours dans Médiapart, Théo Englebert vient encore de jeter une pavée dans la marre mais cette fois-ci en s’attaquant aux instances administratives de France et à travers elles, à certains milieux ou personnalités politiques qui sont dans leur ligne de mire.

 

Le dossier de demande d’asile d’Aloys Ntiwiragabo n’a rien d’irrégulier ou d’inhabituel comme veut le faire croire Théo Englebert. Il suit son cours normal et est  traité comme ceux des étrangers arrivant sur le territoire français. Que Ntiwaragabo ait demandé, à deux reprises, un visa pour la France, sans succès, c’est tout à fait courant. Qu’il soit entré sur le territoire français avec des documents de voyage autres qu’un passeport rwandais qu’il ne pouvait pas obtenir, c’est tout à fait réaliste et courant. Qu’il soit domicilié en France à l’adresse de son épouse ayant la nationalité française c’est tout à fait normal. Mais pour faire sensation, Théo Englebert n’hésite pas à écrire des contre-vérités dans son article : il a dit qu’Aloys Ntiwiragabo est en France depuis 14 ans. C’est vérifiable, il est en France depuis fin janvier 2017. Son épouse, par contre, naturalisée française, est en France depuis 1998 et habite à la même adresse depuis 16 ans.

 

Ceci dit, toute personne de bonne foi comprendra que l’entrée et le séjour d’Aloys Ntiwiragabo en France  sont tout à fait réguliers et transparents. En tout cas ce dossier ne nécessitait pas de “forts appuis” dans certains milieux français comme voudrait le faire croire Théo Englebert.

 

Espérons que le Procureur de Paris qui, suite aux “ révélations” de Théo Englebert comme il l’a admis, a fait vite d’ouvrir une enquête pour “génocide” contre Aloys Ntiwiragabo, mettra la même diligence pour enquêter sur ces personnalités françaises qui serviraient d’appui aux Hutu et/ou opposants politiques de Paul Kagame en vue d’éclairer l’opinion sinon Théo Englebert aura frappé un grand coup en mêlant dans le dossier Ntiwiragabo une frange de  politiciens et d’officiers de la période Mitterrand.

 

Emmanuel Neretse

 

 

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