RD-Congo. Assassinat du gén. Kahimbi. Mme son épouse parmi les suspects?

Ce que l’on craignait est finalement arrivé. L’entourage de l’épouse du général Delphin Kahimbi et elle-même suspectés de participation dans l’assassinat du général et mis en résidence surveillée par l’auditorat militaire, a annoncé Rfi lundi 14 décembre 2020. Dès l’annonce du décès du général Delphin Kahimbi, les esprits avisés n’ont pas hésité de pointer du doigt accusateur les plus proches du défunt. Le balbutiement dans la façon d’annoncer cette mort suspecte, à savoir deux versions différentes, amenait à se poser des questions. L’enregistrement attribué à l’une de ses enfants filles que balança Rfi était en totale contradiction avec les propos de sa femme : mort par suicide à l’aide d’un pan de son drap de lit ou mort de crise cardiaque. D’où le doute.

 

Deux faits indiscutables : Delphin Kahimbi a été trouvé mort dans sa chambre à coucher, par sa femme. De deux, il a pris sa tasse de café en compagnie de sa femme et sa belle-mère ce matin-là.

 

Déroulement éventuel de la scène de l’assassinat

 

Le général Delphin Kahimbi a passé quelques coups de fil à ses collègues le vendredi matin aux alentours de 6h 30 leur donnant de ses (bonnes ) nouvelles et de son optimisme sur le déroulement de son interpellation, lui qui se disait innocent. Quelques minutes après, il a embrassé ses enfants qui devaient aller à leur école. Puis, il a rejoint son épouse et sa belle-mère à table pour partager le déjeuner. Autour de 7 heures du matin. Après le déjeuner, il regagne sa chambre à coucher pour se préparer à répondre à l’invitation du CNS. Qu’est-ce qui s‘est passé pour qu’il soit trouvé mort ?

 

Une première tentative de réponse est envisagée par notre service des enquêtes : le général Delphin Kahimbi aurait été empoisonné lors du déjeuner. Mieux, quelqu’un aurait mis un somnifère puissant dans sa tasse de café. Aussitôt ingurgité, le somnifère l’a affaibli une fois dans sa chambre jusqu’à l’endormir. Il se serait endormi, le temps que le poison agisse et que le sommeil l’emporte. Les effets de nocivité mortelle du produit lui inoculé auraient été bien dosés et calculés en terme de durée. Les meurtriers arrivent et le surprennent dans son sommeil puis l’étranglent à l’aide d’un fil. Mission accomplie, ils repartent tout bonnement.

 

Deux hypothèses sur le mode opératoire.

 

Assassiné dans sa propre maison. C’est inévitable. Par qui ? Ceci sous-entend soit qu’un corps étranger est entré chez lui à l’insu de sa femme en catimini pour lui donner la mort, soit que le meurtrier a trouvé assistance auprès de sa femme. Dans le premier cas, le meurtrier devrait être un « commando » qui tue sans faire du bruit après avoir maîtrisé sans trop de mal sa cible en sommeil. Dans le deuxième cas, il aurait obtenu la complicité interne dans la maison (jusqu’à pénétrer dans la chambre à coucher) pour exécuter son acte. Comment est-il entré dans l’enceinte de la parcelle jusqu’à se glisser dans la chambre sans se faire remarquer ? Il ne pouvait que bénéficier d’une complicité interne. Le sorcier de l’extérieur n’agit qu’avec le concours de son complice de l’intérieur, dit un adage.

 

Attitudes controversées observées à la mort du général

 

Selon nos enquêtes, l’épouse du défunt ayant constaté le corps inerte aurait appelé le chauffeur « S » qui avait conduit les enfants à l’école et invité quelques proches à venir d’urgence à la maison. Rien dans sa voix ne trahissait une quelconque émotion. Selon une source fiable, Mme Kahimbi n’aurait pas accompagné son mari à l’hôpital du cinquantenaire. Elle serait venue bien après au volant de sa voiture à la demande du médecin qui devait lui annoncer le décès clinique du général. Elle est repartie aussitôt faire son deuil. Une autre chose intrigante, elle n’a pas accompagné la dépouille de son mari à sa dernière demeure à Kinezire/Kalehe. Selon une source proche de la délégation de sa famille qui la représentait, elle aurait fait une rechute de tension juste au moment où l’on s’apprêtait à acheminer le corps à l’aéroport de Ndjili. Ce qui a donné lieu à toutes sortes d’interprétations.

 

Les personnes sous le viseur de l’auditorat militaire

 

Vous aurez comme ennemis, les membres de votre famille, dit la Bible. peut-on le confirmer? Comme annoncée par Rfi ce lundi matin, Mme Kahimbi et sa mère seraient en résidence surveillée pour raisons d’enquête. Et pour cause ? Aussitôt le général Delphin Kahimbi pulvérisé et anéanti, leur domestique aurait disparu. Sur ordre de Mme Kahimbi pour trouver refuge chez une des amies de Mme Kahimbi. Ce domestique aurait été engagé quelques mois avant le décès mystérieux du général (comme dans la plupart de temps, les épouses engagent des domestiques qu’elles mêmes connaissent). De chez l’amie de Mme Kahimbi où il était gardé, le domestique a changé de lieu pour se réfugier chez un pasteur de l’Église BIMA. Sur ordre et sous la protection discrète de Mme Kahimbi. Une source qui a requis l’anonymat a déclaré à notre service d’enquêtes que les pièces d’identité du domestique le donnaient pour un Burundais dans un Kinshasa où le métier de domestique est réservé prioritairement aux gens de Bandundu (la province de Mme Kahimbi). Tous ces faits ajoutés à tant d’autres auraient-ils poussé la justice militaire à s’intéresser de près aux agissements de Mme la veuve Kahimbi et à son entourage ? Possible. Seul l’aboutissement de l’enquête établira la vérité sur cette mystérieuse disparition d’un grand officier que la RDC a perdu. Dans l’entre-temps, tous les suspects jouissent de la présomption d’innocence. D’où le point d’interrogation.

 

Service des enquêtes de la Rédaction.

 

Source : lescoulisses.info

 

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