Aspects, conséquences et implications de la nouvelle subdivision administrative du territoire intervenue au Rwanda de 2001 à 2006.

Historique

 

Après la Révolution populaire et sociale de 1959 qui a aboli la monarchie féodale et a instauré un régime démocratique et républicain, les nouvelles autorités intérimaires ont alors adopté une subdivision administrative du territoire rwandais qui se démarquait à la fois de celle du régime féodal mais aussi de celle installée par la tutelle belge. Ainsi, même avant l’indépendance, le Rwanda fut administrativement divisé en Préfectures et communes en remplacement des chefferies et sous-chefferies.  A l’indépendance proclamée le 01 juillet 1962, cette subdivision administrative fut légalisée par la Constitution de la République Rwandaise et subsista même après la reconquête du Rwanda par les descendants des féodo-monarchistes alors membres de l’armée régulière de l’Ouganda, conquête qu’ils ont commencée en octobre 1990 pour la parachever en juillet 1994.

 

Après leur reconquête, ces descendants des féodo-monarchiques avaient hâte d’effacer tous les symboles des républicains et démocrates tels que le Drapeau National, l’Hymne National, le Sceau de la République… mais, pour des raisons de propagande et d’adaptation afin d’asseoir leur pouvoir, ils ont dû, la mort dans l’âme, se soumettre aux symboles républicains et démocratiques : Hymne National et Drapeau de la République Rwandaise de 1962. Ainsi Paul Kagame s’est incliné, pendant 9 ans, devant ce drapeau qui avait été brandi par Joseph Gitera à Gitarama le 28 janvier 1961 et s’immobiliser en entendant résonner “Rwanda Rwacu, Rwanda Gihugu cyambyaye,,,” l’Hymne National chanté par les  Banyuramatwi le 01 juillet 1962.

 

Mais aussitôt leur régime consolidé et s’étant plus ou moins adaptés au mœurs du pays conquis qu’est le Rwanda, les nouveaux mais anciens maîtres du pays vont passer à la vitesse supérieure pour imposer leurs marques féodo-monarchiques et en même temps effacer tout ce qui pourrait rappeler la “ parenthèse républicaine et démocratique” de 1961-1994.

 

Très vite en 2001, ils ont changé quelques appellations comme test pour voir si l’opération d’envergure qu’ils envisageaient réussirait. Et en 2003, ils ont carrément mis le paquet pour enterrer la période démocratique et républicaine du Rwanda.

photo wikipedia

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Le drapeau tricolore qui avait été hissé le 01 juillet 1962 quand celui de la Belgique descendait fut remplacé par un tissu multicolore indescriptible.

 

Dans la foulée ; l’Hymne National “ Rwanda Rwacu …” fut remplacé par une chanson dont le texte est truffé de fautes volontaires ou involontaires (comme : “Rwanda nziza…”  mais “inki?”, au lieu de ‘‘Rwanda rwiza’’) pourvu qu’il porte le cachet des nouveaux féodo- monarchiques.

 

Et en apothéose, les conquérants féodo-monarchiques venus de l’armée régulière ougandaise vont imposer une subdivision administrative du Rwanda en la structurant selon des critères idéologiques et de réécriture de l’histoire.

 

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Province du Nord : comprenant une partie de l’ancienne préfecture de Byumba (le Buganza, le Mutara), l’ancienne préfecture de Ruhengeri ainsi qu’une partie de l’ancienne préfecture de Kigali rurale (Bumbogo et Buliza).

– Province du Sud : les ancienne préfectures de Gitarama, Butare et Gikongoro.

Province de l’Est : Une partie de Byumba (Mutara), l’ancienne préfecture de Kibungo et une partie de Kigali rural (le Bugesera).

Province de l’Ouest : Les anciennes préfectures de Gisenyi, Kibuye, et Cyangugu.

La région de la Capitale Kigali : l’ancienne Préfecture de la Ville de Kigali, à laquelle sont ajoutées les anciennes communes de Kanombe, de Rubungo, de Gikoro et de Gikomero (région dénommée Gasabo en allusion au  Rwanda originaire selon l’historiographie de la Dynastie Nyiginya).

 

Buts

A. Chambarder le paysage administratif du pays conquis et instaurer le leur, est dans l’ordre des choses de la part des conquérants. Mais dans la cas du Rwanda conquis par les descendants des féodo-monarchiques et membres de l’armée régulière de l’Ouganda avant 1994, d’autres impératifs et objectifs moins louables et même criminels étaient dans leur agenda.

 

Ainsi l’intention d’effacer toute appellation rappelant la République proclamée le 28 janvier 1961 est clairement exprimée. C’est une revanche sur l’Histoire qui les anime. Tous les noms des préfectures qui ont remplacé des chefferie sont désormais interdits d’être évoqués. Mais en même temps tous les noms des lieux en rapport avec la monarchie féodale tutsi d’avant 1959 sont soigneusement maintenus et même promus à grande publicité comme nous allons le montrer systématiquement dans les lignes suivantes.

1. Préfectures de Kigali (rural et Ville) : l’appellation Kigali fut maintenue car la Capitale du Rwanda s’était imposée dans les usages de la Communauté Internationale et que les conquérants comptaient en profiter pour apparaître. Par contre, toutes les autres appellations datant de la période républicaine furent bannies. Mais les appellations en rapport avec la monarchie ou la domination tutsi furent maintenues et même promues et vulgarisées, C’est le cas de “Bugesera et Gasabo”.

 

2. Préfecture de Gitarama. Le nom même de Gitarama où fut proclamée la République est interdit ; la ville du même nom a été rebaptisée Muhanga, nom qui désignait une petite colline où habitait un seigneur tutsi avant 1959. Par contre, les noms comme Shyogwe, lieu de résidence de la reine-mère Kankazi ou Ruhango lieu de naissance du monarque régnant Paul Kagame, ont été maintenus et même promus et vulgarisés dans les médias du régime.

 

3. Préfecture de Butare. L’appellation est interdite et la ville qui portait le même nom en 1962 après avoir été appelée Astrida du temps de la tutelle belge, doit maintenant porter le nom de “Huye” en référence à une féticheuse mythique tutsi qui aurait vécu au Moyen Age dans les chaines de collines dites “Ibisi bya Huye”.

 

Mais plus symbolique est la promotion de la ville et commune de Nyabisindu redevenue “Nyanza” car ancienne capitale de la monarchie féodale du Rwanda. Toute activité qui a lieu dans les anciennes préfectures de Butare et Gitarama doit  mentionner Nyanza pour réussir.

4. Préfecture de Gikongoro. Plus que les autres, cette appellation intervenue en 1961 dans le cadre de démembrer la chefferie de Nyanza est strictement interdite pour la nommer ou l’évoquer. La seule prononciation de ce vocable en dehors du “Diocèse de Gikongoro” est passible d’emprisonnement. Cependant, les lieux et endroit de Gikongoro d’où des attaques des terroristes Inyenzi ont été signalées entre 1961 et 1968, ont eu droit à être mentionnés dans la subdivision administrative. C’est le cas de Ruheru, mais Nshili n’aura pas le même privilège car il fut élevé en commune après la défaite des Inyenzi en 1968.

 

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5. Préfecture de Cyangugu. Tout comme pour les autres, cette appellation est prohibée par le régime. Ont été seules maintenues celles de Kamembe en mémoire du Mwami Yuhi Musinga qui y fut relégué après sa déposition du trône en 1931 et Bweyeye en mémoire des attaques Inyenzi de 1961-1968. Toute autre évocation du vocable “Cyangugu” en dehors du cadre du diocèse catholique du même nom est passible d’emprisonnement.

 

6. Préfecture de Kibuye. Ici aussi, seules les appellations évoquant de près ou de loin la monarchie tutsi dans des récits historiques (Bisesero, Karongi, Rutsiro…), sont permises tandis que d’autres, dont le nom de Kibuye lui-même sont prohibées.

 

7. Préfecture de Gisenyi. Le nom même de Gisenyi qui désignait la ville du même nom et qui était connu du monde entier comme sa voisine congolaise “Goma” a été rayé des cartes. Plus en profondeur, les appellations pouvant évoquer l’époque de la République sous le Président Habyarimana sont tout simplement interdites et même les prononcer constitue un crime grave: cas Karago, Giciye, Mutura… Par contre sont maintenues ou ressuscitées les appellations de l’époque monarchique: Ngororero, Gatumba, Kingogo, Nyabihu…

 

8. Préfecture de Ruhengeri. L’appellation même Ruhengeri est prohibée et à la place un nom d’une place située à l’entrée Nord-Ouest de la ville du même nom fut promu, à savoir Musanze. Les appellation comme Mukingo, Nkuli, Cyabingo, Kidaho, Cyeru, Nyamugali … datant de l’époque de la République à la création des communes sont strictement interdites de prononcer. Par contre les appellations évoquant de près ou de loin l’époque monarchique (sous-chefferies) sont promues et quelques fois avec des sous-entendus comme : Bukamba, Burera (pour Bugarura), Butaro (pour Ndorwa).

 

9. Préfecture de Byumba. C’est le cas le plus caricatural montrant la tentative du FPR de réécrire l’Histoire du Rwanda et de la région selon ses vues et son idéologie. Le nom de Byumba fut purement supprimé pour le remplacer par un autre de sa récente invention, mais qui ne colle à aucune réalité géographique, culturelle ou historique de cette région. La région fut baptisée “Gicumbi”, ce qui veut dire “Base ou endroit originaire d’où tout provient”. Ceci pour marquer que venant d’Ouganda en 1990, le FPR est parvenu à installer son Quartier Général à Byumba plus précisément à l’usine à thé de Mulindi . Et donc après la conquête militaire de tout le pays, cette région de Byumba devrait se nommer “Gicumbi” pour rappeler aux rwandais et au monde que c’est de là qu’il avait pu conquérir le Rwanda. Tout simplement réducteur et donc inacceptable !!!

 

Tout comme pour les autres préfectures les appellations des lieux évoquant la période monarchique furent maintenues et même promues, tandis que celles de la République furent interdites. Ce fut le cas de Nyagatare, Gatsibo,..qui furent promus tandis que Kibali, Mukarange, Muvumba, Cyungo etc… furent honnies.10. Préfecture de Kibungo. Le nom même de Kibungo fut rayé des registres. On trouva un nom pour le chef-lieu de cette préfecture en lui collant celle d’une colline au nom passe-partout car on le trouve partout au Rwanda: Ngoma! Mais par contre les appellations évoquant l’époque monarchique furent maintenues et même promues. C’est le cas de Rwamagana, Kayonza etc…

 

B. La nouvelle subdivision administrative permet aux conquérants d’offrir à leurs agents un guide politique et social pour les actions à mener dans chacune des provinces ainsi définies afin que leur volonté politique puisse être accomplie quels que soient les administratifs placés à la tête de ces entités. Ainsi chaque province et Kigali possède une spécificité dans son traitement en matière politique et sociale comme l’a conçu les idéologues du FPR. Nous vous en donnons les grandes lignes.

 

  1. Province de l’Est

La Province telle que délimitée doit être prise comme un “Tutsiland”. En conséquence, tout doit être fait pour y chasser les quelques rares hutu qui s’y accrocheraient tout en attirant les tutsi de tous bords ( mêmes non rwandais) pour y installer par des avantages divers.

 

  1. Province de l’Ouest

Pour les idéologues du FPR et qui donnent des directives aux administratifs, la Province de l’Ouest doit être considérée comme une FEBA (Forward Edge Battle Area) qui désigne dans en termes militaires dans la subdivision du théâtre d’opération, la “ limite avant de la zone de combat”.  Autrement dit, tout ce qui se trouve dans cette zone doit être soumis aux impératifs de combat car au-delà, c’est la zone ennemie ou le lieu de sa provenance. C’est ainsi que Gisenyi, Kibuye et Cyangugu sont soumis  en un état de guerre permanent et la population doit s’y soumettre sans broncher : tirs sans sommations sur toute personne traversant la frontière, exécutions extrajudiciaires à domicile, etc. C’est permis et encouragé par le gouvernement du FPR.

 

  1. Province du Nord

A considérer comme une province habitée par une population hostile congénitalement à toute domination. Mais pour en venir à bout, la politique du FPR a opté pour la soumettre en l’humiliant (affamer, appauvrir…) et surtout à mettre à sa tête des hutus natifs de la même région mais idiots sans foi ni loi qui se ridiculisent eux-mêmes pour prouver par l’absurde que les habitants de cette province du Nord sont bêtes et incapables de tout et donc qu’ils n’ont de salut qu’en se soumettant au FPR.

 

  1. Province du Sud

Cette province est étiquetée dans les think-tank du FPR comme étant “à surveiller!”. Etant habitée par la majorité des tutsi qui vivaient au Rwanda avant 1994 et donc ayant beaucoup de rescapés lesquels ne sont toujours pas convaincus que le FPR avait envahi le pays en 1990 ni assassiné le President Habyarimana en Avril 1994 pour les sauver…, ils sont donc particulièrement à surveiller. Tout administratif nommé dans cette province (Gouverneur, Maire…) qui ne comprend pas cet impératif se voit vite brûlé et limogé.

 

  1. Ville Kigali-Gasabo

Pour le FPR, la ville de Kigali doit être destinée aux étrangers. C’est donc dire que toute activité économique, toute infrastructure qui y est conçue doit d’abord et avant tout viser à promouvoir les intérêts étrangers surtout les multinationales. Les rwandais tutsi aisés y seront tolérés tandis que les hutu ne doivent y être que pour assurer le bien-être de ces étrangers et de ces tutsi aisés et au pouvoir du FPR. Tout devrait être fait donc pour que dans quelques décennies la ville et la région de Kigali-Gasabo soit nettoyées de toute population hutu  et tout administatif (Gouverneur, Maire,…) qui n’a pas compris cet impératif se voit limogé. La vision dite 2020 visait cet objectif, mais cela s’est révélé trop ambitieux  et ces dirigeants sont en sursis mais toujours avec le même objectif fixé : faire de Kigali une ville des étrangers et des dirigeants ou tutsi très aisés, mais surtout de la nettoyer de la racaille hutu.

 

C. Conséquences directes.

 

L’une des conséquences directes de ce chambardement du paysage administratif du pays après sa conquête est le déracinement et le manque de repères des générations des années de la République dont beaucoup vivent en exil mais qui ne savent maintenant ni indiquer ni donner un nom au lieu de leur naissance. Or, c’était l’un des buts macabres du FPR en opérant ce chambardement. Dans ces conditions, un exilé ne peut réclamer un bien immeuble ou une propriété de ses ancêtres dès lors qu’il ne peut même pas indiquer où c’est, et l’appellation du lieu. Certains ne peuvent même pas avoir leurs actes de naissance car les lieux qu’ils indiquent sont inconnus ou ignorés intentionnellement par les autorités consulaires du FPR ayant reçu ces consignes.

 

L’autre conséquence est d’ordre psychologique. Le FPR, en chambardant l’organisation administrative de la République qu’il venait de renverser, a instruit ses cadres de faire entendre aux jeunes générations hutu qu’il est honteux d’être né dans un lieu ayant l’appellation d’avant 1994. En semant la frustration et l’humiliation aux jeunes générations, le FPR entend les chosifier afin d’en faire ce qu’il veut et à tout moment sans crainte de leur sursaut de dignité.

 

D. Qualifications de cet état de fait :

 

Ce plan idéologique du FPR et qui fut mis en exécution depuis 2001 comme on l’a vu, peut être qualifié comme criminel car étant une traduction flagrante des actes constitutifs des crimes suivants :

 

– Apartheid

En décrétant que Kigali soit réservée à une certaine catégorie de la population et en posant des actes pour favoriser cet état de fait, le régime FPR s’est rendu et se rend toujours coupable du crime d’Apartheid ou discrimination.

 

– Oppression

En décrétant que telle ou telle catégorie des habitants d’une province devraient être traités de telle ou telle façon contrairement aux prescrits de la loi, cela constitue un crime d’oppression d’un état contre une partie de sa population.

 

– Génocide

En décrétant une des province du pays  “Tutsiland” d’où devraient être éliminées physiquement une autre ethnie du pays, le FPR se rend coupable de génocide tel que ce crime est défini.

 

– Haute trahison et atteinte à l’intégrité du territoire national rwandais

 

En décrétant céder la capitale Kigali aux étrangers fortunés et pour ce faire en y expulsant les populations hutu et tutsi pauvres, le régime du FPR s’est rendu coupable de Haute Trahison, car aucun centimètre carre du territoire rwandais ne devrait être cédé à l’étranger sans assentiment du peuple.

 

En conclusion

 

La présente étude vise à sensibiliser les Rwandais de tous bords politique, régional ou ethnique que le FPR a bradé le pays  et que le premier devoir de tout patriote rwandais est de restaurer la dignité, la mémoire et les droits fondamentaux du peuple rwandais.

 

C’est donc un appel aux formations politiques de l’opposition et de la Société civile pour qu’ils intègrent dans leurs objectifs prioritaires la restauration des acquis de la Révolution de 1959 et de la République proclamée le 28 janvier 1961 à Gitarama et  confirmée par le Referendum Kamarampaka du 25 septembre 1961 ceci suite au constat que le régime FPR s’est fixé pour objectif de les effacer de la mémoire  et de l’Histoire du Rwanda.

 

Emmanuel Neretse.

 

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