Les actes que Paul Kagame a posés et pose encore au Rwanda mais qui sont inadmissibles et impensables ailleurs [Série 3]

Série 3 : Des villages Potemkine en guise développement et un prince décidé à ôter la vie à ses concitoyens.

 

1. Des villages « Potemkine » dans le Rwanda de Kagame

 

L’expression « Village Potemkine » désigne un trompe-l’œil à des fins de propagande. Selon une légende historique, de luxueuses façades en carton-pâte auraient été érigées, à la demande du ministre russe Grigori Potemkine, afin de masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II en Crimée en 1787.

 

En 1994, après la conquête militaire du Rwanda et surtout après l’invasion et l’occupation de la RDC (ex-Zaïre), les éléments tutsi de l’Armée de l’Ouganda avec à leur tête Paul Kagame, vont user du même subterfuge que le ministre russe Grigori Potemkine, mais non pas pour tromper une quelconque impératrice, mais pour épater la presse et les visiteurs de Kigali.

 

Ayant pillé tous les minerais alors disponibles en RDC jusqu’à dévaliser les caves de la Banque Centrale de Kinshasa pour y extraire des lingots d’or, ces officiers conquérants des temps modernes furent trop riches jusqu’à ne savoir plus quoi faire de ces immenses richesses. Ils se sont alors mis à construire, dans Kigali et surtout dans sa périphérie, des “villages Potemkine”.

 

Pour rentabiliser ce pactole des pillages de la RDC, tous les officiers rwandais qui ont occupé la RDC, à commencer par James Kabarebe qui est allé jusqu’à être Chef d’Etat-Major général des armées de la RDC pendant près de 2 ans, se sont mis à construire des villages entiers qu’ils appellent en langage anglo-saxon des « Estates », chacun comptant plus d’une vingtaine de maisons identiques dans les quartiers de Kigali comme Kagugu, Kicukiro, Busanza, Gahanga, Kabuga, etc…

 

Ces appartements et maisons jumelées, étendues sur plusieurs hectares autour du centre de Kigali, avaient et ont encore pour but premier d’épater ceux qui découvrent cette capitale du Rwanda de Kagame qui serait l’opposé des autres capitales africaines qui sont entourées de bidonvilles insalubres. Mais ces « Estates » devaient aussi être rentabilisés pour rapporter à leurs propriétaires afin de leur assurer la supériorité économique sur le reste des rwandais, alors que la supériorité politique et ethnique, ils l’ont conquise par les armes entre 1990 et 1994.

 

Le hic est que le loyer est hors de portée d’un rwandais moyen. Ne trouvant pas de locataires, la seule façon de les rentabiliser est de forcer certains citoyens à les louer quitte à y crever de faim pourvu que les bailleurs y trouvent leur compte. Aussitôt dit, aussitôt fait. Et c’est dans ce cadre que l’on entend parler des « délogés » de Bannyahe, Kangondo, Gatsata, Kiyovu des pauvres, etc. dont les habitations furent rasées et pour toute indemnisation, on les oblige à aller louer les appartements dans lesdits « Estates » et dans lesquels ils doivent vivre souvent à l’étroit (par exemple une famille de six membres dans une seule pièce). Et en cas de refus ou d’incapacité de payer le loyer, c’est la prison assurée et la vente aux enchères des biens de la famille élargie jusqu’au troisième degré, où qu’ils se trouveraient au Rwanda.

 

2. Rétablissement, par un simple discours public, de la peine de mort, qui reste pourtant théoriquement abolie par la Constitution

 

Après sa conquête militaire du pays en 1994, les hommes de Paul Kagame se sont livrés aux exécutions extra-judiciaires auxquelles envers la population hutu et même des étrangers qu’il trouvait gênants (cas des prêtres canadiens et espagnols).Véritable homme fort du pays, Paul Kagame a aussi, en application de la Constitution en vigueur au Rwanda au moment de sa conquête qui admettait la peine de mort, appliqué cette clause une seule fois en 1995. Cette année-là, après un simulacre de procès, il a aligné une trentaine de pauvres hutu, dont l’homme politique ancien Vice-Président du parti MDR Froduald Karamira que l’Ethiopie venait de lui livrer. Dans le stade de Nyamirambo, un peloton d’exécution qui a fauchés les victimes, un à un, avec des acclamations de l’assistance triée sur le volet pour le spectacle.

 

Après la consolidation de son pouvoir, Paul Kagame fut conseillé par ses créateurs et soutiens dans la conquête du Rwanda, d’abolir la peine de mort afin de leur permettre de lui envoyer des opposants ou autres rwandais qui l’ont fui car sinon les lois locales dans ces pays interdiraient aux instances gouvernementales de ces pays d’extrader vers un pays appliquant encore la peine de mort.

 

Aussitôt dit, aussitôt fait. Paul Kagame, après avoir remercié le pantin hutu de service Pasteur Bizimungu qu’il avait placé comme figurant avec le titre de Président de la République du Rwanda, prendra officiellement la fonction en 2000. Et en 2003, il promulguera une Constitution taillée à sa mesure, mais en ayant soin d’y supprimer la peine de mort.

 

Sans tarder les pays qui piaffaient pour lui livrer des hutu réfugiés chez eux se sont précipités à les livrer à leur bourreau Paul Kagame. Parmi ces pays nous pouvons citer : les Etats Unis qui se sont précipités à livrer le Professeur Léopold Munyakazi entre autres, les Pays Bas en livrant l’Ingénieur Jean Baptiste Mugimba et le jeune Jean Claude Iyamuremye, entre autres, le Canada en livrant le Professeur Léon Mugesera, le jeune Jean Claude Seyoboka, etc., les pays scandinaves qui ont livré des dizaines de réfugiés souvent peu connus et qui continuent à les livrer.

 

C’est dans un discours public prononcé par Paul Kagame le 06/5/2014 à Nyabihu (ancienne commune de Karago, préfecture de Gisenyi) que tout est devenu clair comme quoi la peine de mort et les exécutions extra-judiciaires interdites mais qui  étaient  courantes depuis 1994, venaient d’être rétablies et “légalisées verbalement”. Il a en effet publiquement décrété que tout délinquant pris en flagrant délit (voleur ou contrevenant aux directives des autorités, etc.) devait être exécuté tout de suite au lieu de le déférer devant la justice.

 

Pour saisir la portée de ce rétablissement non constitutionnel de la peine de mort par Kagame, il y a lieu de souligner quelques aspects.

D’abord le lieu où fut décrétée cette peine de mort non prévue dans la Constitution.

Le district de Nyabihu, dans le nouveau découpage administratif du pays destiné à couper certains rwandais de tout repère historique quant à leurs origines au Rwanda, comprend les anciennes communes de Karago et de Giciye qui composaient le Bushiru, région naturelle dont était natif le président Juvénal Habyarimana assassiné le 06 avril 1994 déclenchant ainsi le cycle infernal des massacres qui allaient aboutir en juillet 1994 à la conquête militaire de tout le pays par Kagame et ses éléments de l’Armée de l’Ouganda qui avaient envahi le Rwanda le 01 octobre 1990. En décrétant publiquement la peine de mort durant sa visite dans la région de naissance du Président Habyarimana qu’il a assassiné, Paul Kagame voulait donner un message aux nostalgiques du Président Habyarimana et à tous ceux qui rêvent de réinstaurer un régime républicain et démocratique, que leur sort est réglé et qu’ils seraient tout simplement physiquement éliminés.

 

L’autre aspect à souligner est que Paul Kagame devait clarifier les ordres occultes qu’il donne à ses agents pour opérer des exécutions extra-judiciaires que des fois ils ont du mal à comprendre et surtout à expliquer. Leur donneur d’ordres qu’est Paul Kagame se devait donc de les rassurer qu’il assume leurs crimes d’Etat.

 

Sans entrer dans les détails, nous vous citons le genre d’exécutions extra-judiciaires que Kagame ordonne et les justifications farfelues et intenables qu’il donne, mais que l’opinion est sommée de gober sans broncher.

 

Dans plus de quatre incidents au cours desquels des prisonniers ont été froidement exécutés par balles tirées à bout portant, la Police a expliqué que ces prisonniers avaient tenté de s’échapper en courant plus vite que leurs geôliers armés. Et pour ne pas les laisser disparaître, les policiers avaient tiré sur eux. Ces policiers, notamment leur porte-parole qui annonce ces exécutions à la presse, ne s’embarrassent même pas en reconnaissant que ces prisonniers étaient menottés les uns les bras derrière le dos. Sous d’autres cieux, on aurait envie de demander à ces policiers de jouer à la reconstitution de la scène mais cette fois-ci en menottant un de ces policiers et à lui demandant de courir plus vite que ceux qui le poursuivent les bras non entravés par les menottes. Mais au Rwanda de Paul Kagame, ceci est accepté sans broncher d’autant plus que la Police ne fait que mettre en exécution la sentence de la peine de mort prononcée par le Juge Supreme qu’est Kagame.

 

Dans d’autres affaires dans lesquelles la Police de Kagame reconnaît avoir exécuté sans jugement des citoyens, il est régulièrement fait état des personnes vulnérables (femmes enceintes ou portant leurs bébés au dos), qui sont exécutées par balle au grand jour et sans sommations par la Police. Dans ses explications, celle-ci dit que ces personnes tentaient de franchir la frontière du pays dans des sentiers aux endroits sans frontière naturelle (rivière, lac, marais, etc.) et que ces habitants frontaliers utilisaient toujours, mais qui ne sont plus autorisés et que sur ordre du président, celui qui les emprunte est considéré comme un ennemi et traité comme tel.

 

Ailleurs encore, la Police annonce régulièrement avoir exécuté des pêcheurs dans des lacs utilisant du matériel prohibé comme des filets non réglementaires et donc que les consignes indiquent que ces pêcheurs doivent être tués sans aucune autre forme de procès.

 

La palme revient aux policiers qui, au lendemain du discours de Kagame rétablissant la peine de mort sans procès, ont exécuté au grand jour un jeune homme attrapé avec un régime de bananes dont il n’a pas réussi à justifier la provenance. Leur conclusion fut que ce régime de bananes avait été volé et que donc le voleur devait être tué par balle comme l’avait ordonné le président Kagame.

 

Aucun autre président africain ne se permettrait de commettre ou d’endosser de tels actes. Mais Paul Kagame se le permet et son peuple bâillonné reste inaudible et la “Communauté Internationale” l’y encourage.

Et voilà le type de “leader” que certains intellectuels ou plutôt “idiots utiles” francophones de l’Afrique de l’Ouest souhaiteraient qu’il vienne régner chez eux ou alors en copier le modèle pour l’imposer à leurs peuples.

 

Le prochain article parlera notamment de comment Kagame mène de opérations Commandos dans les pays étrangers : enlèvements et kidnappings, assassinats ou tentatives d’assassinat,… des opposants réels ou supposés, vivant dans les pays voisins et même plus loin.

 

A suivre donc

 

Emmanuel Neretse

 

 

 

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