Invasion rwando-ougandaise. Enfin la MONUSCO jette l’éponge et demande à la RDC de se prendre en charge
« Le M23 se comporte sur terrain comme une armée très organisée avec des équipements dont même la MONUSCO ne dispose pas. » Cela fait rire certains Congolais.
Pour une fois, la Mission des Nations-Unies pour la stabilité de la RDC (MONUSCO) a enfin dit la vérité sur le plan de la déstabilisation et la balkanisation de la RDC concocté depuis des lustres par les grandes puissances occidentales. La MOUNSCO est incapable d’affronter la puissance de feu du Rwanda sur équipé à travers le M23. Il n’y a pas de honte à le reconnaître.
Deux concours de circonstance pour en arriver là, la guerre en Ukraine et les élections en RDC à tenir en 2023. Le tout sur fond du Code minier non revisité. La guerre en Ukraine a cet avantage de redistribuer les cartes et aura besoin de moyens en ressources minières pour la course à l’armement. Alors, instrumentalisant le Rwanda et l’Ouganda, les grandes puissances ont ressuscité le M23 sans cahier de charge et ont, pour briser l’élan patriotique qui se dessinait dans la population, brandi la fibre ethnique sur fond de messages de haine contre une minorité ethnique. Et le jeu est joué. Le dynamisme observé au sein de la population s’est refroidi.
Depuis Joseph Kabila, les États-Unis, Israël et la Grande Bretagne ont toujours considéré que le CNDP puis le M23 constituaient une alternative au pouvoir à Kinshasa. Les grandes puissances utilisent, à des périodes de grande échéance, le lobby tutsi du M23 sous le parrainage de Paul Kagame et Yoweri Kaguta Museveni, pour faire chanter Kinshasa. Avant-hier Laurent-Désiré Kabila, hier Joseph Kabila, aujourd’hui Félix-Antoine Tshisekedi. Malheureusement au prix des vies humaines.
Depuis Mobutu, les enjeux de la guerre de l’est trouvent leur explication dans une folie de la reconfiguration de la région des Grands Lacs par les États-Unis et ses alliés. La France de jeunes présidents (Sarkozy puis Macron), ne tenant pas à rester en dehors du jeu, s’y est invitée tête baissée, en se culpabilisant. Son attitude en créant un flou artistique sur le dossier « Embargo sur les armes » récemment au Conseil de sécurité des Nations-Unies en dit long. Elle sacrifie le plus grand pays francophone du monde dans cette guerre de (re) positionnement.
Personne ne peut dire à la face du monde d’où le Rwanda tire son équipement militaire sophistiqué sinon des super puissances. La MONUSCO se retrouve ridicule car pendant une vingtaine d’années, manipulant à sa guise certains Congolais, elle a pompé des rapports fantaisistes sur la RDC sans s’occuper de vrais enjeux de l’insécurité en RDC. Elle a participé à la destruction d’une nation à travers des rapports complaisants sanctionnant des officiers FARDC pour affaiblir davantage la RDC. Elle a interféré négativement sur la nomination des officiers FARDC. Elle a islamisé une partie de l’Est de la RDC avec la construction de certaines mosquées qui n’échappent totalement au contrôle de la Communauté islamique du Congo (COMICO). Quelle attitude prend un sage après avoir constaté son incapacité depuis 20 ans à aider à ramener la paix en RDC ?
Mais jeter la pierre uniquement à la MONUSCO serait fuir les responsabilités. Le nombre de groupes armés locaux à l’est de la RDC, au relents ethnico-communautaires assis sur des carrières minières dont Kigali et Kampala sont des courtiers des super puissances et cette économie de guerre qui construit l’est du Congo en échange des vies humaines fauchées et des populations déplacées sont aussi une interpellation pour des compatriotes qui ont trahi le Congo prenant pied dans une économie du sang.
Chers compatriotes, ne laissons pas nos voisins nous voler notre espérance.
Nicaise Kibel’Bel Oka
Source : Lescoulissesrdc
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