RDC. Missile contre un avion Sukhoï-25 FARDC. Ceci rappelle le 6 avril 1994 à Kigali
Mardi 24 janvier 2023, tel un jeu de Nintendo, vers 17 heures, la population de la ville congolaise de Goma a assisté en présentielle à un spectacle digne de jeux vidéo. Un avion de chasse Sukhoï-25 des Forces armées de la RDC (FARDC) a été pris pour cible en plein vol par des deux tirs des missiles de la Rwanda Defence Force (RDF) et filmé vraisemblablement depuis la ville voisine de Gisenyi. A voir la promptitude avec laquelle la personne a filmé la scène, on ne peut que conclure à un Rwandais qui savait que l’avion serait abattu.
Un autre indice, ce sont les applaudissements qui ont accompagné la trajectoire des tirs, heureusement esquivés par un pilote professionnel. La personne qui a filmé a raté l’image explosive qu’elle voulait saisir au moment de l’abattage de l’avion. Les autres images qui ont suivi étaient prises sur le sol congolais. Au-delà de tout ce qu’on peut dire et de toute analyse possible sur ce fait qui n’est pas anodin, il faut mettre dans la stratégie du régime FPR de Kigali cette obsession à vouloir éliminer par la violence brutale toute personne qui s’oppose à son plan machiavélique.
Tirer des missiles sur un avion au moment où il amorce l’atterrissage, c’est vouloir chercher plus de dégâts humains et matériels. Plus de cercueils dans la ville de Goma. Ceci rappelle le tristement célèbre événement qui se produisit le 6 avril 1994 à Kigali lorsque le Falcon 50 du président Juvénal Habyarimana amorçait la descente pour atterrir à l’aéroport Grégoire Kayibanda. Cet événement préparé dans le labo de la destruction massive qui a conduit au génocide rwandais est le prolongement de la cohorte de misère qui s’abat sur l’est de la RDC depuis trois décennies.
Les investigations sur ce crime ont été biaisées, bâclées et mises au réfrigérateur dès l’arrivée au pouvoir en France de deux jeunes présidents, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron. Kigali ne s’avoue toujours pas vaincu. Chassez le naturel, il revient au galop. Naturellement, la visite du pape François fait trop de soucis au pouvoir de Kigali.
Depuis ce mardi 24 janvier 2023, la Force régionale essentiellement kényane doit revoir ses plans stratégiques. La guerre n’est pas une soirée dansante où on vient se trémousser au rythme du ndombolo. Ou on vient combattre ou on vient en spectateur. Comme il n’y a pas de place pour les spectateurs en armes, on retourne dans son pays. Qui dit mieux !
Mathias Ikem
Source : lescoulissesrdc
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