Des accusations en miroir, une méthode qui a toujours réussi au général Paul Kagame

Avalanche “d’accusations en miroir” en accompagnement de l’agression de la RDC par Paul Kagame avec son M23. Manœuvres de récupération de la visite du Pape François en RDC.

 

Introduction

 

Le FPR de Kagame, même après 30 ans au pouvoir dans un Rwanda conquis militairement,  renoue avec la méthode d’“accusation en miroir” pour conquérir un nouveau pays. Et d’après lui, une occasion en or lui a été offerte à l’occasion de la visite du Pape François dans un pays qu’il est en train de conquérir militairement.

 

Sachant que tous les médias du monde couvriraient ce voyage du Pape et que les chancelleries des grandes puissances passeraient à la loupe toute déclaration qui sera faite en rapport avec la situation en RDC agressée mais visitée par le Pape, Paul Kagame entendait faire résonner sa voix s’il le fallait encore, en brandissant ses accusations en miroir qui lui ont fait gagner des guerres et lui font conquérir des pays cent fois plus étendus et plus peuplés que son Rwanda squatté en 1994, comme la RDC actuellement.

 

Rappelons que l’« accusation en miroir » est cette méthode de propagande qui consiste à accuser son adversaire des crimes qu’on s’apprête à commettre ou déjà commis contre lui.

 

Antécédents

 

Durant sa guerre de conquête du 01 octobre 1990 au 17 juillet 1994, le FPR s’est distingué dans le maniement de cet outil de propagande et cela lui a toujours réussi car l’opinion qui était de bonne foi tombait chaque fois dans le panneau. C’est ainsi que les assassinats des cadres du MRND dans ce qui était alors la zone démilitarisée en 1993 (Kirambo, Nkumba, Mutura, …) furent présentés par le même FPR comme étant l’œuvre du MRND qui éliminait ses propres militants.

 

De même les leaders politiques de l’opposition mais qui refusaient de pactiser avec le FPR (Félicien Gatabazi, Emmanuel Gapyisi) furent, d’après le FPR, assassinés par le président Habyarimana. Alors que ce sont les tueurs de Paul Kagame qui les suivaient au sortir des réunions de discorde avec eux tenues à l’hôtel Méridien et qui les ont abattus devant les yeux des membres de leurs familles qui les attendaient aux portails de leurs résidences respectives.

 

Dans sa nouvelle aventure en RDC depuis début 2022

 

Nous allons passer en revue certaines de ces accusations en miroir récentes du FPR de Paul Kagame, ensuite montrer leurs reflets une fois redressées derrière le miroir déformant du FPR.

 

Les accusations contre la RDC et les réfugiés hutu et leurs reflets dans le miroir déformant du FPR depuis fin 2021:

 

Sur le plan des opérations militaires sur le terrain

 

Crier à une attaque sur Kinigi venant de la RDC

 

Au début de l’année 2022, Kagame a clamé qu’une attaque venant de la RDC et menée par les FDLR appuyées par l’artillerie des FARDC à travers le parc des Virunga avait eu lieu dans la localité de Kinigi attenante au parc et faisant frontière avec la RDC. Ce qui n’a jamais eu lieu à part que les obus de mortier furent tirés sur Kinigi par le FPR lui-même et qu’une dizaine de paysans furent arrêtés et exécutés. Suivra alors une rafle des hommes valides hutu de l’endroit pour les forcer à transporter, sur leurs dos, des caisses de munitions et de rations de combats pour les acheminer à travers le parc jusqu’à Jomba et Bubanagana et ses environs sur le territoire de la RDC.

 

En fait, cette accusation en miroir préparait l’opinion à l’attaque que le même Kagame s’apprétait à lancer sur la RDC sous couvert d’un mouvement qu’il allait ressusciter, à savoir, le M23. Ce qui fut fait quelques semaines après le lancement de cette accusation en miroir.

 

Déclarer que des milliers de congolais se réfugient au Rwanda après la prise de Bunagana et surtout du  territoire de Rutshuru par le M23

 

Cette accusation en miroir du FPR de Kagame était et est encore destinée à couvrir et occulter les crimes que ce même Kagame avec son M23 commet en RDC en produisant des millions de réfugiés congolais internes qu’il chasse de leurs biens tout en fournissant des armes aux Tutsi congolais réfugiés au Rwanda depuis des décennies pour qu’ils aillent tuer ou chasser des congolais non Tutsi du Nord Kivu ; opération en cours depuis la prise de Bunagana en juin 2022.

 

Les FARDC, en coalition avec les FDLR massacreraient les Tutsi du Nord Kivu appelés, abusivement et sournoisement, les “rwandophones”

 

Le reflet dans le miroir de cette accusation montre que c’est plutôt les troupes tutsi, envoyées par Kagame, qui massacrent les “rwandophones” du Nord Kivu, pour seul crime de n’être pas Tutsi. Sinon on pourrait se demander enfin, qui entre le Rwanda et la RDC est contre les communautés “rwandophones” de l’Est de la RDC?

 

Concrètement, qui, entre le Rwanda qui a envoyé ses troupes tutsi en M23 tuer et chasser de leurs biens les “rwandophones” bantous des territoires de Rutshuru, Nyiragongo, Masisi, etc. où ils sont majoritaires et qui vivent actuellement entassés par milliers dans des camps de déplacés; et le gouvernement de la RDC et ses FARDC qui essaient tant bien que mal d’assurer la sécurité de ces milliers de déplacés “rwandophones” et qui œuvrent pour qu’ils puissent rentrer le plus vite possible dans leurs biens desquels ils ont été chassés par les troupes de Kagame du M23 (quand bien même tutsi), entre ces deux entités (le Rwanda et la RDC), qui est le plus contre les “rwandophones” de la RDC?

 

Sur le plan diplomatique et des efforts pour mettre fin à ce conflit

 

La RDC en général refuserait d’entrer dans les processus de paix et donc n’appliquerait pas les résolutions consignées dans la feuille de route de Luanda

 

Depuis l’échec dans la mise en pratique des décisions du mini-sommet de Luanda de novembre dernier, et de l’impasse des initiatives de Nairobi (I, II et III), Paul Kagame lance son accusation en miroir sur ce sujet. Et ceci d’autant plus facilement qu’elle est colportée par les grands médias acquis à sa cause ou qui sont à sa solde dont Jeune Afrique avec un François Soudan, Africarabia, etc. Il clame en effet que c’est le président de la RDC, Félix Tshisekedi, qui ne voudrait pas entrer dans ces processus de paix.

 

Quand on pense que la RDC s’est impliquée de bonne foi dans ces processus, jusqu’à accepter sur son territoire des troupes sous le couvert de l’EAC mais visiblement acquises aux thèses de Kagame et donc complices sur le terrain de son M23, on ne peut qu’être révolté. Certains de ces officiers sont même des vrais commandants des troupes dites du M23 qui conquièrent au jour le jour des localités au Nord Kivu avec une facilité déconcertante. Imaginez-vous que la RDC avait admis des officiers rwandais envoyés par Kagame pour faire partie de l’Etat-major des cette force! Et l’on s’étonne quand les éléments combattants de Kagame sous M23 sont plus renseignés des mouvements et des positions des FARDC que les unités amies des FARDC elles-mêmes. On ne peut donc pas que s’étonner outre mesure de cette maladroite accusation en miroir du dictateur rwandais.

 

En fait, c’est Paul Kagame lui-même qui voudrait faire comprendre à qui le voudrait, qu’il n’entend pas entrer dans ces processus de paix régionaux. Et il l’a montré. C’est cela l’“accusation en miroir”!

 

La RDC recourrait aux mercenaires étrangers notamment du groupe russe Wagner

 

Paul Kagame lance cette accusation en miroir depuis que ses conseillers et créateurs occidentaux lui ont dit qu’après, il bénéficierait d’un même élan de solidarité et de soutien pour tout ce qu’il demanderait comme le Zelensky de l’Ukraine, et que la RDC serait vilipendée et châtiée pour avoir eu recours aux russes de Wagner pour s’opposer à la conquête de son pays par les Tutsi de Kagame.

 

Seulement, en lançant cette accusation en miroir, dans son obstination à vouloir diaboliser la RDC et son président à l’image de la Russie et Poutine, Paul Kagame finit par embarrasser même ses plus grands soutiens et protecteurs de ce monde. En effet, en accusant la RDC d’engager des “mercenaires” pour combattre le M23, Kagame inclut parmi ces “mercenaires” des techniciens venus assurer la maintenance du matériel militaire acheté chez-eux comme le prévoient les contrats dûment signés avec les fournisseurs de ces matériels dont certains sont achetés en Occident. De plus, Paul Kagame inclut parmi ces mercenaires des coopérants militaires envoyés en RDC par leurs pays pour entraîner ou former les cadres ou les unités des FARDC. Et ceux-ci sont français, belges, américains, de l’Union Européenne,…, alors qu’il n’y a aucun russe et encore moins de Wagner dans cette catégorie.

 

Dans son obscurantisme, Paul Kagame croit que l’opinion publique ne sait pas qu’il a envoyé ses troupes en Centrafrique pour collaborer avec ceux du groupe Wagner pour protéger et combattre pour Touadéra, et que la “communauté internationale” sanctionne Wagner mais récompense et félicite Kagame! Il en est de même au Mozambique ou au Mali.

 

Enfin voici quelques accusations en miroir pour entrer en guerre ouverte et directe avec la RDC cette fois-ci sans continuer à se cacher  derrière un  M23.

 

Les avions de la RDC violeraient l’espace aérien du Rwanda d’où provocation et donc “casus belli”

 

Cette accusation en miroir fut lancée après un acte terroriste et provocateur du FPR en tirant sur un avion congolais dans son approche d’atterrissage à l’aéroport de Goma le 24 janvier 2023 et présenté comme un cas “de légitime défense”.

 

L’accusation avait pour but de préparer l’opinion à sa fuite en avant dans l’invasion ouverte de la RDC déjà en cours. En effet, au même moment, des militaires rwandais venus fraîchement appuyer les combattants du M23 notamment près de Kitchanga, dans le territoire de Masisi, avaient lancé une offensive en vue d’étendre la zone qu’ils contrôlent mais surtout couper la seule voie de communication qui relie encore la partie Nord au reste de la province du Nord Kivu. Et au final, asphyxier la ville de Goma.

 

Les réfugiés Tutsi congolais au Rwanda depuis 1998 manifesteraient leur intention de rentrer en RDC de gré ou de force

 

C’est une accusation en miroir tellement “retors’’ que même les fins analystes peuvent passer à côté et ne pas percevoir la supercherie. En effet depuis décembre 2022, l’armée et les autres services d’oppression et de répression  de la population ( la police, les milices du parti FPR : Intore, DASSO, Abakorerabushake, Mutwarasibo, …) sont mobilisés pour encadrer les quatre camps des réfugiés tutsi congolais installés à l’Ouest, au Sud et à l’Est du Rwanda, certains depuis 1999. Les refugies vivants dans ces camps sont mis en alerte maximum et sur préavis Zéro, car à tout moment ces services peuvent surgir et leur indiquer quelle action accomplir tout de suite.

 

Ainsi dans le camp de Kigeme, ce sont les populations habitant les collines environnantes de ce camp qui furent très étonnées, surprises au réveil en découvrant environs 10 réfugiés tutsi congolais bien alignés et brandissant des pancartes imprimées à la machine et en gros caractères et qui fustigeaient le gouvernement de la RDC et son président à qui ils demandaient, à travers cette “manifestation spontanée”, de cesser de massacrer leurs parents tutsi restés en RDC.

 

L’on se souvient que deux ans auparavant, ces mêmes réfugiés avait voulu attirer l’attention du HCR et des autorités rwandaises qu’ils risquaient de mourir de faim car leur ration alimentaire était insuffisante et même quelque fois coupée. L’armée était alors intervenue à balles réelles pour les disperser et en a tué une vingtaine. On ne peut que s’étonner de comment cette fois-ci ils sont autorisés à lancer des revendications hautement politiques alors qu’ils sont massacrés quand ils revendiquent seulement le droit de manger à leur faim.

 

Ce n’est pas tout. En ce janvier 2023, des bus de la police ont débarqué dans ces camps et ont embarqué plusieurs de ces réfugiés congolais qui ne savaient pas où on les emmenait. Finalement ils se sont vus à Kigali où ils furent successivement escortés jusqu’au portail de chaque ambassade occidentale à Kigali et là, quelques réfugiés triés sur le volet et bien briefés allaient remettre un mémorandum à l’ambassade et dont le texte disait que ces puissances ne devraient pas dénoncer la conquête de la RDC par Kagame sous couvert du M23, mais qu’au contraire elles devraient condamner la RDC et son armée FARDC.

 

Toutes ces manœuvres sont destinées à fournir à Kagame un prétexte pour envahir davantage la RDC en déclarant qu’il ne peut pas continuer à contenir ces réfugiés  congolais qui souhaitent rentrer chez eux de gré ou de force. Tout ce qu’il peut faire, selon sa logique, c’est de leur fournir les moyens (les armes) afin qu’ils aillent exercer leurs droits chez-eux.

 

Le « nec plus ultra »[1]. Abattre sa carte Joker sur la table : il faut aller “arrêter un génocide contre les tutsi” qui se commettrait en RDC

 

Enfin. Paul Kagame vient d’abattre sa carte imparable et devant laquelle toute critique doit se taire et toute contradiction non permise et même condamnée. Dire qu’il est en pleine opération pour arrêter un genocide qui serait en train de se commettre contre les Tutsi n’importe où dans le  monde.

 

Souvenez-vous : le 06 avril 1994, le même Paul Kagame abat un avion civil (un Falcon 50) avec à bord deux chefs d’Etats hutu en exercice, par des missiles Sol-Air et il justifie son acte en qualifiant l’aéronef comme étant un “objectif de guerre” dès lors qu’il transportait a bord des officiers militaires même en civil et désarmés! («Iyo ndege yarimo iki? Iyo ntabarasa nibo bari kuzandasa, … » dixit Kagame juste après son crime terroriste ). Avant de se rétracter sur conseil de ses créateurs pour ne pas dévaloriser  son “génocide” qui devait être la source de sa légitimité, et qu’il venait de déclencher. On connaît la suite,… (magouilles des Sarkozy, Macron ou Trévidic avec ses expertises acoustiques effectuées dans un Kanombe du Centre de la France par les “acousticiens” venus de Londres). Mais l’affaire n’est pas complétement et définitivement enterrée. Loin de là, elle est très documentée ; même si actuellement occultée. Mais en géopolitique, les occasions peuvent attendre même un demi-siècle et plus, pour paraître propices à l’éclatement de certaines vérités qui étaient maintenues sous le boisseau.

 

Ayant ainsi donné le signal pour monter à l’assaut du pouvoir à Kigali, cet assaut sera qualifié par la “communauté internationale” de “course pour arrêter le génocide” !

 

Il s’en suivra l’intervention massives et ouverte des troupes nilo-hamites de toute l’Afrique de l’Est (Ethiopiens du TPLF tigréen au pouvoir à Addis Abeba, Somaliens, Erythréens, armée hima-tutsi du Burundi de Buyoya, …) s’ajoutant à la NRA de Museveni déjà engagée depuis 1990. Presque simultanément, un embargo strict sur les armes fut imposé aux FAR tandis que le gouvernement intérimaire installé après la décapitation du pays par Kagame et Dallaire, était non reconnu avant d’être déclaré “illégitime et honni” et ses membres qualifiés de “criminels”.

 

Dans la campagne en cours pour justifier et même acclamer et appuyer sa conquête de la RDC sous le prétexte d’aller “y arrêter un génocide”, Paul Kagame, déjà rompu à cette manœuvre et toujours bien conseillé par ses lobbyistes, ne néglige aucun détail.

 

Préparer l’opinion

 

Pour préparer l’opinion à gober et à accompagner son aventure meurtrière, Kagame est servi en cela par les médias acquis à sa cause depuis 1990 et qui reprennent du service à cet effet. A l’exemple du journal belge “Le Soir” qui dès le début de cette année 2023 ne cesse de se poser sournoisement la question de savoir si “les Tutsi ne seraient pas menacés de génocide en RDC ” sachant très bien que cela n’est nullement le cas et ne le sera jamais.

 

Saisir les occasions

 

La première occasion saisie est la journée internationale de l’Holocauste célébrée chaque année le 27 janvier. Cette journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, correspond à la date de la libération par les troupes soviétiques du camp d’Auschwitz. En choisissant cette occasion, Paul Kagame entend rappeler et insister pour que la même chose s’est passée au Rwanda et qu’à ce titre il doit bénéficier aussi d’un traitement spécial dans les médias et par la communauté internationale. Ce fut donc la date choisie par Kagame pour ordonner à son corps expéditionnaire au Nord Kivu, de sortir un communiqué disant que désormais, il y est pour arrêter le “génocide contre les Tutsi”.

 

C’est plutôt réussi!

 

La deuxième occasion que Kagame a saisi pour multiplier ses accusations en miroir et ainsi mettre ses propres crimes sur le dos de la RDC est la visite du Pape François à Kinshasa du  31 janvier au 03 février 2023.

 

Sachant que le Vatican ne peut oser adresser la moindre remarque et encore moins une critique directe au régime tutsi actuel au Rwanda[2], Paul Kagame entendait profiter de cet état de chose pour annihiler les quelques doléances que le président de la RDC adresserait au Pape au sujet de l’invasion de son pays par le même Kagame. Il attendait donc cette occasion pour diffuser son tintamarre d’accusations en miroir, convaincu que personne et surtout pas, le Pape n’oserait le tempérer et encore moins le contredire.

Visiblement ça n’a pas bien réussi![3]

 

Quelles suites?

 

En assistant à ce spectacle tragi-cynique dans lequel Paul Kagame répand, non seulement la mort mais aussi des accusations en miroir contre ses victimes, l’on peut se poser la question de savoir quelles vont être les suites.

 

Pour notre part nous voyons deux scénarios possibles:

D’abord celui qui suivrait celui de 1994 au Rwanda que nous qualifierons en parlant de la RDC de “à la rwandaise”, et celui que nous qualifierons de “traitement spécial”.

 

Scénario à la rwandaise de 1994

 

Ce scénario est le plus insensé et dramatique mais est celui souhaité et appelé de ses vœux par Paul Kagame.

 

A un signal convenu, Paul Kagme lancerait ses troupes en masse en RDC en criant aller  arrêter le génocide comme au Rwanda après le 06 avril 1994. Alors, tous ses alliés traditionnels et naturels (l’armée d’Ouganda, les somaliens, les ethiopiens, …) lui enverraient ouvertement des corps expéditionnaires pour l’épauler dans cette nouvelle aventure comme au Rwanda de 1994. Et ses récentes colonies en Afrique centrale, de l’Ouest et australe (Centrafrique, Congo-Brazzaville, Bénin, Niger, Mozambique, …) voleraient alors au secours de la victoire de leur idole et Seigneur Kagame en mentant à leurs peuples qu’ils sont allés  “arrêter le génocide contre les tutsi en RDC”, opération qui mériterait le Prix Nobel !

 

Entretemps, l’ONU retirerait sa force, la MONUSCO, de la RDC pour ne pas gêner Kagame mais surtout pour ne pas être témoins directs de ses tueries et du génocide qu’il commet contre les communautés bantoues. Concomitamment, l’ONU décréterait un embargo strict et total des armes contre la RDC et ses dirigeants civils et militaires déclarés “parias” et interdits de tout contact diplomatique ou d’affaires dans le monde entier. Et dans quelques mois, pas seulement l’Est de la RDC (Nord/Sud-Kivu, Ituri) seraient aux mains de Paul Kagame, mais celui-ci installerait un régime fantoche à sa solde à Kinshasa. Il serait alors loué à travers l’Afrique et le monde entier pour avoir réussi à “arrêter un autre génocide” à moins de trois décennies.

 

Traitement spécial

 

L’autre scénario possible serait que la “communauté internationale”, surtout les créateurs et protecteurs de Paul Kagame, puissent le convaincre de ne pas être trop gourmand et surtout de ne pas copier-coller à la RDC le scénario de 1994 du Rwanda. Ils lui assureraient alors des appuis militaires, diplomatiques et médiatiques lui permettant de maintenir l’Est de la RDC en état d’insécurité permanente et pour longtemps. Situation tout aussi favorable aux pillages que l’annexion formelle. Et en échange, il renoncerait à l’annexer ouvertement sous prétexte d’ “arrêter un génocide qui s’y commettrait contre les tutsi” car ce subterfuge risquerait de ne pas prendre contrairement au Rwanda de 1994.

 

Mais les deux scénarios dépendent du rapport de forces militaires sur le terrain. Ce n’est pas au rapport de forces que l’on construit des théories géopolitiques et diplomatiques pour justifier la réalité sur le terrain des combats. Si les FARDC continuaient à peiner pour monter en puissance afin de libérer au moins quelques positions symboliques et vitales conquises par les combattants de Kagame (un chef-lieu de territoire comme la ville de Rutshuru, le nœud routier de Kichanga pour le ravitaillement de Goma ou encore Bunagana pour mettre à nu l’Ouganda dans sa duplicité et désenclaver le Bwisha et le Bwito, …), Kagame pourrait toujours justifier ses conquêtes par une théorie fantaisiste qu’il voudrait dont celle “d’ arrêter un génocide contre ses tutsi, …”. Aux Congolais d’y réfléchir.

 

En conclusion

 

Il faut reconnaître que le FPR en fait trop en matière « d’accusation en miroir ». Se rend-t-il compte que l’opinion en est lassée et que désormais elle ne se satisfait plus de ses mensonges grossiers comme du temps de sa guerre de conquête du Rwanda entre 1990 et 1994 ?

 

Mais comme toute dictature, le régime du FPR est tellement narcissique qu’il croit pouvoir tromper indéfiniment le monde entier. Surtout quand il se sait être soutenu par les puissances visibles et occultes qui dominent le monde. Mais Paul Kagame devrait se souvenir que même le maréchal Mobutu a été, le moment venu, lâché par ces mêmes puissances et au profit de lui-même Kagame alors qu’il n’avait pas et n’aura jamais le panache d’un Mobutu, ni ne les sert ou ne les a servis plus que lui.

 

Aux Congolais de scruter les signes des temps et de s’entendre sur l’essentiel pour leur survie et celle de la nation. Sinon les querelles intestines et les calculs opportunistes et politiciens de certains les laisseront dépités plus que les Hutu du Rwanda qui, depuis 1994, après en avoir été victimes et rendus apatrides, sont en plus les parias dans le monde. En partie à cause du manque de discernement de certains de leurs politiciens entre 1991 et 1994 en pleine conquête de leur pays par le même Paul Kagame et qui se sont “trompés’’ sur sa vraie nature en s’alliant à lui dans sa conquête . Ce qu’ils regretteront jusqu’à leur dernier souffle.

 

Puissent les Congolais conjurer chez eux ce triste sort des pauvres politiciens Hutu rwandais de 1990-1994 qui ont vendu leur pays et son peuple et au passage, leurs âmes!

 

Emmanuel Neretse

 


[1] Ce qu’il y a de mieux

[2] L’on se rappellera en effet qu’en juin 1994, Paul Kagame avait décapité l’Eglise catholique du Rwanda en mettant TROIS de ses Évêques et une dizaine ecclésiastiques devant un Peloton d’exécution sans jugement et les abattait à bout portant. Non seulement le Vatican n’a pas protesté, mais au contraire il refuse jusqu’à ce jour d’offrir des sépultures à ces Évêques dignes de leur rang et selon les prescrits du Droit Canon à savoir dans leurs cathédrales. Ils ont été jetés dans une fosse commune dans laquelle s’entassent leurs cendres. Toute cette humiliation pour ne pas mécontenter Paul Kagame.  Et comble d’ironie, le Vatican a créé “Cardinal”, donc possible Pape,  le premier et le seul au Rwanda,  un ancien combattant du FPR de Paul Kagame qui était venu en éclaireur en 1987 après la création du FPR et avant l’invasion et qui fut ordonné prêtre ( rwandais et pas ougandais et encore moins “ missionnaire”, alors qu’il avait été envoye par son Diocèse de Kabale  d’Ouganda dans le cadre des échanges interdiocésains de Grands Séminaristes) par le Pape Jean Paul II alors en visite au Rwanda en septembre 1990, 15 jours avant l’invasion du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée ougandaise le 01 octobre 1990. Un autre “ mystère de la foi” inexplicable rationnellement.

 

 

 

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