Le nouvel ordre mondial “Made in USA” : ‘‘la soumission ou le chaos”. Une aubaine pour les dictateurs de la région des Grands Lacs

Introduction

 

Depuis 1989, l’implosion de l’URSS a créé un nouvel ordre mondial dans lequel la seule super-puissance qui dicte tout au reste du monde sont les Etats Unis d’Amérique. Ceci se comprend dans ce sens que les USA venaient de gagner la “guerre froide” sans tirer un seul coup de feu.

 

Les observateurs avertis en arrivaient à se demander si la Russie de l’alcoolique Boris Eltsine occupait encore son  siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU que détenait de droit l’URSS détruite par Mickaël Gorbatchev, tellement les résolutions fantaisistes et même anti-Russie passaient sans que la Russie ne lève le petit doigt. C’est cette situation qui a prévalu jusqu’en 2022.

Et donc pendant trois décennies, les Etats Unis et leurs alliés ou obligés, ont régné sur le monde sans aucune contestation possible. C’est cette période que nous appelons le règne de l’ordre de “la soumission ou le chaos” imposé au reste des Etats du monde.

 

La mise en pratique de ce concept par ses initiateurs : les USA

 

Pour asseoir ce concept dans le monde désormais sous leur domination, les Etats Unis ont procédé par étapes et selon les impératifs et les motivations propres à chaque pays ou région à soumettre. C’est ce que nous allons  détailler brièvement dans ce paragraphe.

 

  • Coup expérimental

 

Il y a eu d’abord le cas de la Somalie. En 1991, lorsque la succession du général Siad Barré qui dirigeait d’une main de fer ce pays, a donné lieu à une guerre civile meurtrière, les Etats Unis ont dépêché ses GI’s pour faire imposer un camp qu’ils soutenaient. Mais ce fut un fiasco et le monde entier fut ébahi de voir les soldats américains humiliés en Afrique jusqu’à être traînés dans la chaussée enchainés derrière des jeeps et pick-up des combattants somaliens.

 

La superpuissance s’est sentie humiliée et a décidé de punir le pays dans lequel les Etats Unis ont été ouvertement humiliés. Et la sentence fut sévère et fut mise en application: la Somalie doit disparaître comme Etat et être réduit en un territoire de non droit ou alors être fragmentée en plusieurs “micro-Etats’’ non viables et non reconnus.

 

C’est ainsi que depuis 1992, la Somalie des années d’indépendance se réduit en plusieurs Etats plus ou moins autonomes (Somaliland, Puntland,…) et que la Somalie reconnue internationalement, n’arrive même pas à affirmer son autorité dans Mogadiscio la capitale et que le reste du territoire et donc des populations, vivent dans le chaos.

 

  • Punition aux Etats récalcitrants: disparition , émiettement ou chaos

 

Avec ce coup d’essai réussi en Somalie, les Etats Unis vont ériger ce principe en stratégie mondiale. Sa formulation est simple et limpide. Un Etat qui ne se soumet pas mais qui compte stratégiquement (sa position géographique ou son poids économique), doit être réduit au chaos et tout faire pour que ce chaos soit permanent tant que les Etats Unis n’ont pas encore trouvé comment y installer un régime soumis. Mais entretemps, les ressources de ce pays continueront à être exploitées et même plus aisément et à bas prix par le monde occidentale

 

  • Dans l’implémentation de cette nouvelle stratégie de la super-puissance, certains coups ont complétement réussi, d’autres ont réussi à moitie et d’autres sont encore au stade de l’essai

 

* Coups réussis et cas concrets plus motivations profondes pour chaque cas

 

Il y a eu d’abord les coups motivés entre autres par la volonté de faire un glacis autour d’Israël au Moyen Orient pour qu’il y reste la seule puissance qui y règne et sans contestation possible.

C’est ainsi que des pays comme l’Irak, la Libye, le Liban n’ont de pays que de nom mais en réalité ont disparu sur la scène mondiale car il  n’y règne que le chaos, ce nouvel ordre mondial voulu par les USA depuis 1991.

D’autres situations chaotiques ont été créées au Moyen Orient. Il a suffi aux Etats Unis d’attiser la haine entre musulmans chiites et sunnites. Le champ d’expérimentation est actuellement le Yemen qui, pratiquement, a disparu comme Etat, laissant l’Arabie Saoudite Sunnite et alliée des Etats Unis faire le bras de faire avec l’Iran chiite et ennemi des mêmes Etats Unis.

 

*Balayer devant sa porte

 

D’autres motivations des Etats Unis pour semer le chaos dans certains pays répondent, selon nous, du réflexe et du principe de “balayer devant sa poste”.

C’est ainsi qu’ayant toujours à l’esprit que pendant plus de 60 ans, les USA n’ont pas pu faire disparaître le Cuba qui lui était récalcitrant, ils ont opté pour la nouvelle stratégie de “la soumission, ou le chaos” ,envers les pays incontrôlables de son espace géographique.

Le coup est tenté au Vénézuela mais celui-ci résiste. On ne sait pas encore pour combien de temps.

 

Par contre, la stratégie du chaos est entrain de réussir merveilleusement dans le premier état noir indépendant d’Amérique et sûrement du Monde au 19è Siècle, à savoir Haïti. En effet, Haïti n’est plus un Etat au sens du droit et de la politique ; il est actuellement un espace chaotique où règnent les gangs dont on se garde d’identifier clairement au grand bonheur des stratèges du Pentagone et du département d’Etat à Washington.

 

Particularité de l’implantation de cette entreprise dans la région des Grands Lacs d’Afrique

 

Là où la nouvelle stratégie pour gérer le Monde dont les Etats Unis (et subsidiairement leurs obligés européens) se sont retrouvés seuls maîtres à bord après l’effondrement de l’URSS, a très bien marché, c’est dans la région des Grands Lacs d’Afrique. Mais cela fut la résultante de certains paramètres sociologiques propres à cette région.

 

  • Conquête de l’Ouganda par le hima-tutsi Yoweri Museveni en 1986 et que les USA vont utiliser comme cheval de bataille

 

Le bilan de Museveni, après ses 38 ans au pouvoir, est dans cette géostratégie US pour la région, largement positif. Ainsi on pourrait classer ses prises en deux catégories:

 

* Ses victimes achevées ou toujours en cours: Rwanda, Burundi, Soudan

 

D’abord au Rwanda, où il a réussi (nous parlons de Museveni), sur instruction et appui de la seule Superpuissance que sont les USA et donc le Royaume Uni, à conquérir militairement le Rwanda et à d’y installer un régime dictatorial de la minorité relents féodo-monarchique tutsi dont les chefs  militaires sont issus de sa propre armée et qu’il avait détachés pour cette mission.

 

Ensuite au Burundi. Après avoir constaté qu’un régime démocratique s’y installait après des décennies de guerre entre Hutu et Tutsi, et donc que par conséquent les Hima-Tutsi comme lui ne prétendront plus avoir le droit de régner sur les Hutu et les Twa de la région, lui et son ancien subordonné Paul Kagame ont tenté le coup en 2015 mais le coup a échoué. Mais le complot n’est apparemment pas abandonné. Donc pour nos frères burundais: ‘‘A bon entendeur, Salut!’’

 

Cas particulier du Rwanda dans la mise en pratique de ce nouvel ordre mondial

 

  • Coup de génie réussi contre toute logique et toute humanité

 

Dans toutes les annales historiques de l’Humanité, c’est au Rwanda où on a assisté à une agression d’un pays voisin, et où le pays agressé fut sommé par la communauté internationale (en clair l’Occident mené par les USA), pour qu’il accepte qu’il s’agissait d’une guerre civile alors qu’il était envahi par les troupes régulières de l’armée d’un pays voisin.

Bien plus, c’est l’unique cas dans lequel la dite “communauté internationale” a créé un tribunal ad hoc (le TPIR), pour juger les vaincus et a donné le feu vert aux conquérants de pourchasser ceux qui auraient réussi à les fuir, et cela à travers le Monde.

 

  • Un outil fabriqué de toutes pièces, maniable, et qui se révèle efficace: Paul Kagame

 

Mais on ne saurait comprendre ce qui s’est passé et se passe encore au Rwanda sans connaître l’outil que cette superpuissance a usé pour y arriver, à savoir Paul Kagame.

Voici un type né avec une inaptitude physique tellement manifeste qu’il faisait honte à ses grandes sœurs alors récemment réfugiées à Bujumbura au Burundi en 1960, car elles constataient que le pauvre malingre et tellement repoussant enfant Kagame éloignait les éventuels courtisans de la noblesse burundaise qui venaient les draguer. Elles auraient un moment envisagé de l’abandonner en un endroit où il n’aurait point de possibilité d’en sortir vivant. Mais heureusement pour le petit monstre Paul Kagame, il fut envoyé en Ouganda auprès de son père le chef féodo monarchique déchu Rutagambwa qui avait rejoint ce pays quelques années auparavant.

 

Le même type se révélera intellectuellement aussi déficient et il ne put pas suivre une scolarité normale même quand un magnat belge qui venait d épouser  l’une de ses sœurs lui garantissait de payer sa scolarité dans les meilleurs collèges et lycées publics ou privés de l’Afrique de l’Est. C’est ainsi qu’il fut inscrit dans le “Ntare High Scool de Kampala” l’un, sinon le seul établissement d’enseignement secondaire le plus prestigieux de l’Ouganda de l’époque. Hélas ! le pauvre Paul Kagame n’a pas pu dépasser le cycle d’orientation soit trois ans d’enseignement secondaire. Et il déserta la classe dite “Senior Four” pour aller devenir vagabond dans les rues de Kampala préférant vendre à la sauvette des arachides grillées et des œufs à la coque, au lieu de passer son temps sur les bancs de l’école, mais sans rien piger.

 

C’est là où le retrouvera, en 1982, un certain Fred Rwigyema, un Tutsi de parents rwandais mais déjà combattant dans des guérillas qui pullulaient alors dans la région. Il le convint de quitter la rue mais plutôt de s’engager dans la rébellion d’un certain Yoweri Museveni que lui-même Rwigyema avait rejoint, et lui promit de veiller sur lui et de le parrainer dans cette nouvelle aventure guerrière malgré sa santé fragile et son médiocre niveau intellectuel.

 

Voilà comment Paul Kagame s’est retrouvé dans le “National Resistance Army” (NRA), la rébellion de Museveni qui allait s’emparer du pouvoir en Ouganda en 1986. Le frêle Kagame ayant été remarqué pour sa cruauté et son manque d’humanité, avait été affecté dans les services de Renseignements militaires pour torturer les suspects arrêtés et au besoin éliminer les civils soupçonnés d’être des sympatisants du gouvernement à combattre, surtout que le même Kagame était physiquement inapte au combat. Il s’acquittera de ce sale boulot à la satisfaction de ses chefs qu’en 1989, il avait atteint le grade de Major dans la NRA devenu désormais “armée nationale de l’Ouganda”.

Voilà le mec qu’en août 1990, donc deux mois avant l’invasion du Rwanda par l’armée à laquelle il appartenait, fut envoyé, comme “officier ougandais”, au “Commad and General Staff College” de Fort Leavenwoorth au Kansas aux Etats Unis pour y suivre une formation qui dure deux années académiques.

 

Mais mi-octobre 1990, ses camarades de promotion ayant remarqué son absence, apprendront qu’il était rappelé par son pays l’Ouganda pour prendre le commandement du Corps expéditionnaire de l’armée ougandaise, qui venait d’entreprendre la conquête militaire du Rwanda voisin.

 

Voilà l’officier Kagame qui, maintenant après trente ans de règne sur un pays lui offert par les superpuissances occidentales, est présenté comme ayant suivi de longues et brillantes études militaires dans des académies les plus prestigieuses des Etats Unis, alors qu’il y a passé en tout et pour tout moins de trois mois et qui n’avait même pas encore passé le test dit “TOEFL”(Test of Enlgish as Foreign Language)  devant déterminer son niveau d’anglais pour pouvoir suivre les cours, quand il fut rappelé par  Museveni pour aller au front du Rwanda.

 

Signes indiquant les limites et même la fin probable de la “stratégie de domination consentie, ou alors le chaos”

 

  • Conflit en Ukraine

 

Le conflit en Ukraine montre, de jour en jour, les inquiétudes et les craintes de la superpuissance occidentale qui se résume aux Etats Unis d’Amérique (l’Europe en sous-main) et à Israël.

Au delà de l’amour et la sympathie pour l’Ukraine (le peuple ukrainien n’existant pas), ces puissances redoutent l’effondrement de l’ordre mondial en vigueur depuis 1989. Ceci aurait en effet comme conséquences:

*Faire apparaître la Russie comme un contre-poids face à la superpuissance occidentale;

*Faire émerger une tierce partie dans le nouvel ordre mondial et qui serait constituée des pays émergents et plus proches idéologiquement de la Russie que des Etats Unis;

*Le rejet de la Françafrique et la banalisation de l’Europe en Afrique

*Permettre un nouveau souffle aux pays arabes qui leur permettrait de s’opposer “ ouvertement” à la toute puissance d’Israël au Moyen Orient.

 

  • Autre signe des temps: la série des Coups d’Etats dans les pays sahéliens

 

Enfin la série de Coups d’Etat dans la région du Sahel est un autre signe indiquant que le monde est à la croisée des chemins. Le dernier en date, celui opéré pacifiquement et sans effusion de sang au Niger le 26 juillet 2023 est le plus instructif. En réaction, les pays de la région sont plus que jamais divisés et le chaos risque de s’installer dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest sans même avoir besoin que les stratèges et tenants de cette “stratégie du chaos” du Pentagone n’aient besoin de l’attiser.

 

On le voit, dans les pays où règnent encore les régimes installés par Paris et qui ploient encore sous le poids des multinationales et de la Françafrique qui  sont désemparés car craignant que ce serait peut-être bientôt leur tour. C’est le cas de la Cote d’Ivoire du franco-dahoméen Alassane Ouattarra ou du  partant et rancunier Macky Sall du Sénégal, tout comme du marchand de tapis et laquais des multinationales Patrice Talon du Bénin.

 

Quant à Bola Tinubu, le Yorouba du Nigeria qui vient à peine d’arriver au pouvoir dans ce pays complexe et le plus peuplé et peut-être le plus riche d’Afrique, il risque de fragiliser l’unité du Nigeria chèrement acquise après le conflit du Biafra, en voulant mener une guerre aux Haoussa du Niger, alors que le Nord de son pays est complétement haoussa et donc que ces derniers se sentiraient visés par les actions  du Yorouba Tinubu au Sud. Tout ça pour montrer qu’il est fidèle à l’Occident et qu’en envoyant les soldats du Nigeria réinstaller au pouvoir à Niamey un pantin du même Occident renversé par la volonté du peuple, il serait lui-même immunisé pour toute poursuite ou même dénonciation de la corruption et de la gabegie qu’il compte raffermir dans ce grand et riche mais pauvre pays qu’est le Nigeria. Il a tout faux.

 

Conclusion

 

Et les rwandais dans tout ça, plus exactement les Hutu conquis à la faveur de ce nouvel ordre installé en 1990, qui sont reduits actuellement en esclaves et parias dans leur propre pays ?

 

Tout rwandais est interpellé. Mais au premier chef ceux qui ont la prétention de pouvoir servir politiquement leur nation ou ceux qui ont tout reçu pour être en mesure de le faire (études, situation économique et environnementale, relations humaines…).

 

Il faudrait surtout apprendre des leçons sur le passé récent du menu peuple rwandais pour ne plus tomber dans les mêmes erreurs ou de râter les occasions propices.

Il ne faudrait plus se maintenir dans la cécité comme celle qui frappait la IIè République jusqu’à ne plus percevoir les signes des temps et à voir où va le monde afin de déterminer quelle attitude prendre ou quelle autre abandonner selon les moments. La géopolitique n’est hélas pas statique. Il ne faudrait pas aussi s’endormir dans la naïveté qui a caractérisé les décideurs de la IIè République. En effet, ceux-ci croyaient, et de bonne foi à commencer par le premier d’entre eux, que le discours de vérité et les amitiés sincères liées avec d’autres décideurs, suffisaient à se faire apprécier ou se faire défendre par ces faux amis. Ainsi, la totale confiance accordée à la Belgique ou à l’Ouganda de Museveni depuis 1988, alors qu’eux trahissaient déjà, devrait servir de leçon à tout rwandais.

 

De la même façon, les cadres rwandais, soucieux du bien-être, de la survie et de l’honneur du menu peuple du Rwanda aujourd’hui sous le joug féodo-monarchique, devrait dépasser l’amateurisme de ceux qui s’appelaient “opposants” au MRND pendant la guerre de conquête du FPR. En effet, ceux-ci ont fait croire que l’objectif ultime était un homme à abattre à savoir Juvénal Habyarimana.  Ils étaient prêts à s’allier au diable (s’ils ne l’ont pas fait!) pourvu qu’il leur assure que Habyarimana et son régime seront démantelés. Ils ne se sont pas souciés de la suite et ont confondu un objectif tactique avec un programme politique. Leur programme politique se réduisait ainsi en un complot entre larrons et criminels pour se partager le butin. La suite on la connaît.

De grâce à éviter pour l’avenir.

 

Emmanuel Neretse

 

 

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