Racisme et apartheid au Rwanda: l’histoire est-elle en train de se répéter ?

Est-ce que deux discours identiques prononcés à 66 ans d’intervalle peuvent-ils provoquer les mêmes effets. Sinon pourquoi?

 

Contexte.

 

En date du 30 août 2023, une présentatrice vedette de la télévision rwandaise, sur X- space, a animé une émission dans laquelle une participante tutsi traite les Hutu de « chiens ayant servi les Tutsi comme esclaves depuis 400 ans » .

Après la diffusion de cette émission, plusieurs commentaires d’indignation ont été émis. Sur les réseaux sociaux, cette indignation était intense et proportionnelle à la hargne et au mépris du régime de Paul Kagame au Rwanda qui, non seulement considère  une grande partie de rwandais comme des citoyens de seconde zone mais qui, maintenant déclare solennellement, via ses trolls, que les Hutu, soit 85 % de la population rwandaise, sont “des chiens ou des bêtes de somme qui n’ont aucune place parmi les humains”!

 

Plusieurs organisations politiques ou de la société civile furent nombreuses à exprimer leur indignation et ont condamné fermement ce genre de discours qui hélas !, semble être inspirés et recommandés par le régime FPR qui règne sur le Rwanda depuis 30 ans.

Ce fut le cas de la plateforme des partis Amahoro PC, FDU-Inkingi, PSI et RNC le 05 septembre 2023,

 

Quant à nous, nous allons aborder ce scandale par le côté historique car il réveille, dans la mémoire collective des dignes rwandais, les événements des années qui ont précédé l’abolition du régime féodo-monarchique au Rwanda, mais  qui, malheureusement, s’y est réinstallé après une parenthèse d’à peine 33 ans (1961-1994).

 

Similitude mot par mot avec  un écrit publié en 1957

 

Rappel historique

 

En 1957, après l’approbation par la puissance de tutelle du Ruanda-Urundi à savoir la Belgique, de permettre l’éclosion des associations sans but lucratif ou  politiques dans ses colonies, au Rwanda, les quelques rares hutu qui avaient été formés aux petits et pour certains au Grand Séminaire, les seuls établissements qui leurs étaient accessibles car destinés à former des prêtres catholiques et non des Chefs, ont créé des associations  à travers lesquelles ils faisaient passer leurs idées et visions de la société rwandaise de l’époque.

 

C’est dans ce cadre qu’une dizaine d’entre eux ont  publié un mémorandum intitule: ”Note sur l’aspect social du problème raciale indigène. Il fut signé le 24 mars 1957.”

 

Ce document, qui passera dans l’Histoire comme le “Manifeste des Hutu”, ne revendiquait autre chose comme on peut le lire, qu’un peu de justice sociale pour une partie des sujets du roi jusque là marginalisés.

Les signataires étaient  Maximilien NIYONZIMA, Godefroid SENTAMA, Grégoire KAYIBANDA, Silvestre MUNYAMBONERA, Claver NDAHAYO, Joseph SIBOMANA, Isidore NZEYIMANA, Joseph HABYARIMANA, Calliope MULINDAHABI.

 

Accompagné d’une lettre de transmission, le document a été aussi officiellement adressé au Gouverneur du Rwanda-Urundi pour qu’il veuille bien tenir compte de l’urgence des problèmes qui y étaient exposés, ainsi que de la volonté constructive qui l’inspirait. Une copie fut envoyée au Conseil Supérieur du pays (C.S.P) afin que celui-ci puisse en débattre.

 

Comme le dit bien l’abbé et docteur en Histoire; Fortunatus Rudakemwa : « À son arrivée au Rwanda en septembre 1957, la Commission de visite des Nations Unies reçut à la fois la Mise au Point et son antidote, le Manifeste des Bahutu. Les auteurs de ce document remportaient ainsi un premier succès inattendu : le problème hutu-tutsi entrait à l’ordre du jour au niveau international. Il était désormais impossible de l’ignorer ou de l’escamoter. Les leaders hutu devenaient des interlocuteurs incontournables au même titre que les autres institutions existantes : monarchie, pouvoir de tutelle, Eglise. Leur popularité croissait chaque jour ».( RUDAKEMWA F., L’évangélisation du Rwanda 1900-1959, L’Harmattan, Paris, 2005, p. 306).

 

Mais il ne faut pas perdre de vue que la  »Note » répondait à la  »Mise au point » qui émanait de certains membres du conseil supérieur du pays (CSP). Donné en septembre 1956 à la commission de visite de l’ONU, le document ne sera publié que le 1 octobre 1956 dans le « Courrier d’Afrique ».  Les 17 et 18 mai 1958 sortiront deux lettres des hauts dignitaires à la Cour royale ( »Amabaruwa 2 y ‘Abagaragu bakuru b’i Bwami”). Leurs auteurs voulaient inciter les membres du CSP à opposer une fin de non-recevoir aux revendications contenues dans la  »Note ».

 

Ces lettres, signées par une dizaine de dignitaires Tutsi, déclaraient sans détour ceci:

  • Les Hutu sont et ont toujours été nos serviteurs;
  • Pour conquérir tout le Rwanda actuel, nous les Tutsi sommes venus et avons tué leurs roitelets et soumis leurs sujets,
  • Nous les Tutsi n’avons donc aucune relation de parenté avec les Hutu;
  • Ils ne peuvent donc en aucun cas être considérés comme nos “frères”, car nos relations se limitent à celles d’un esclave avec son maître;
  • C’est pourquoi les Hutu ne peuvent pas revendiquer le partage du pouvoir ou de l’avoir au Rwanda avec nous leurs maîtres

 

Conséquences

 

Les leaders Hutu qui, au départ n’étaient pas du tout anti-monarchistes et qui même prêchaient à leurs adhérents de respecter l’autorité du Roi, sont presque tous devenus républicains et ont alors souhaité l’abolition de la monarchie féodale au Rwanda. Même le parti de Grégoire Kayibanda, le PARMEHUTU (Parti et Mouvement pour l’Émancipation Hutu), à partir de cette époque, s’est adjoint le qualificatif de “Républicain” devenant ainsi le MDR Parmehutu: “Mouvement Démocratique Républicain”. Même l’Aprosoma du sulfureux Joseph Habyarimana Gitera n’était pas anti-monarchiste. Mais devant le mépris et l’arrogance des Tutsi, il n’avait pas hésité à dire que lui aussi pouvait être le “Roi des Hutu.”

 

L’autre conséquence et combien la plus importante et marquante de ce mépris des “Bagaragu bakuru” envers les hutu et leur rejet d’avoir les mêmes droits au Rwanda sous prétexte que les Hutu auraient toujours été les serfs des seigneurs Tutsi pendant des siècles sans qu’ils aient aucun lien, fut la Révolution sociale et populaire qui a éclaté le 06 Novembre 1959.

 

  • Révolution de novembre 1959

 

L’autorité de tutelle belge avait réussi à convaincre le roi Mutara Rudahigwa d’associer quelques Hutu dans l’administration territoriale. C’est ainsi qu’un des rares, sinon le premier Hutu, avait été nommé “ Sous-Chef de Ndiza”. C’était Dominique Mbonyumutwa fraîchement diplômé comme “moniteur’’ ou enseignant du primaire. Et voilà qu’un dimanche du 06 novembre 1959, en se rendant à la messe dominicale à Byimana (Gitarama), il fut agressé et tabassé par des jeunes Tutsi excités et il n’eut la vie sauve que grâce à sa stature physique qui lui permit d’esquiver des coups fatals et de se sauver. La nouvelle se répandit comme une trainée de poudre et tout le pays fut embrasé tellement la population Hutu en avait assez de la domination Tutsi. Cette agression  marqua le début de la Revolution historique de 1959.

 

  • Abolition de la monarchie féodale Tutsi approuvée par l’ONU

 

Face à cette évolution, l’autorité de tutelle belge a mis en place les autorités provisoires : Préfets  en lieu et place des Chefs de territoires, des Bourgmestres en lieu et place des Sous-Chefs, etc. Le 28 janvier 1961, ces nouvelles autorités du Rwanda sous tutelle belge et donc de l’ONU, se sont réunies à Gitarama au centre du pays et ont décidé, à l’unanimité, que la monarchie féodale était désormais abolie au Rwanda et que le pays devait devenir une République Démocratique. Le tambour emblème KALINGA de la dynastie Tutsi fut aboli et un drapeau national aux couleurs Vert-Jaune-Rouge fut brandi. Un gouvernement et même une Assemblée nationale furent nommés ou  votés dans la foulée.

 

Face aux protestations du parti monarchiste UNAR, l’ONU à travers l’autorité de tutelle tout en ne reconnaissant pas officiellement les décisions du Congrès de Gitarama du 28 janvier 1961, exigea à toutes les parties prenantes d’adhérer au processus d’un Référendum par lequel le peuple devrait dire notamment s’il voudrait encore  ou non la monarchie. Ce référendum fut fixé au 25 Septembre 1961.

 

Au jour J, les tenants de la République remportèrent à une majorité écrasante. Ce fut le “ KAMARAMPAKA” (qui tranche les débats). Et voilà pourquoi le Rwanda même aujourd’hui, redevenu une monarchie féodale de fait, les  féodaux persistent à l’appeler “République”. L’ONU a avalisé le Kamarampaka du 25 septembre 1961, instaurant la République au Rwanda.

 

Un pavé dans la marre de la cour royale de Kagame

 

Comme dit au début, on entend, depuis quelques jours, des discours aussi radicaux que ceux des “Bagaragu bakuru b’i Bwami” qui ont provoque la Révolution sociale et populaire de 1959.

 

Concernant ces nouvelles déclarations des notables de la cour royale de Kagame, comme nous le soulignons en introduction de cet article ; nous avons  pris connaissance des récents propos tenus sur la plateforme X-space, où une rwandaise, en exprimant son soutien inconditionnel au président Kagame, a fait usage d’un langage incendiaire, profondément ancré dans les chapitres les plus sombres de notre histoire, pour désigner une partie de notre peuple. La personne qui y tient de tels propos sous l’appellation de Marie  est bien identifiée comme étant Marie Grâce Umurerwa Ntihinyura, vivant actuellement au Canada et a été identifiée comme  très proche de la 1ère dame Jeannette Kagame. Ceci explique pourquoi aucun organe du gouvernement, y compris le ministère soi-disant de  l’Unité nationale, n’a condamné de tels propos. Bien plus, la plateforme X-space est animée par une journaliste de la Radio télévision nationale, Rwanda Broadcasting Agency (RBA), Ingabire Egidie Bibio.

 

De telles déclarations publiques  mettent le régime dictatorial du FPR de Kagame face à ses contradictions avec ses slogans brandis dès sa conquête militaire : réconciliation, unité nationale, non existence des ethnies Hutu et Tutsi au Rwanda, etc.

 

Mais, ces déclarations mettent aussi en embarras les “chiens” hutu dont il s’entoure le président Paul Kagame pour des besoins de propagande et de diversion. En langage plus châtié, nous les appelons les “Hutu de service”. Ce sont principalement les hutu qui sont de temps en temps et au gré de l’humeur du moment de Kagame, se relaient dans des postes destinés aux Hutu nominativement, pour les besoins de propagande politique, mais en termes de responsabilité, qui sont encadrés par les tutsi: C’est le cas du poste de Premier ministre, du président du Sénat, de ministre de la Défense, de ministre des Catastrophes naturelles et de directeurs des Prisons.

 

Maintenant que l’entourage de Kagame proclame sur les médias d’Etat que “tous les Hutu sont des chiens ayant servi d’esclaves aux Tutsi pendant plus de 400 ans  pour qui  les belges avaient commis l’erreur de les élever au rang des seigneurs Tutsi avant l’indépendance’’, ces “Hutu de service” doivent chaque fois serrer les fesses quand ils sont assis devant leurs maîtres de Paul Kagame jusqu’à leurs chauffeurs de service Tutsi en passant par leurs adjoints au service qu’il leur colle pour les surveiller , eux “les chiens”, même pas de garde mais des “imisega” comme les qualifie l’entourage tutsi de Kagame.

 

C’est la situation que vivent en ce moment les “chiens Hutu“ comme: Edouard Ngirente, Francois-Xavier Kalinda, Juvénal Malizamunda, Albert Murasira et Evariste Murenzi ; même si ces deux derniers clament qu’ils sont en réalité des Tutsi car Bagogwe, l’un de Kingogo (Ngororero), l’autre du Bushiru (Nyabihu).

 

Mais sans totalement convaincre leurs maîtres car ils considèrent qu’en admettant que comme Tutsi ils étaient des officiers des FAR, cela contredirait leur slogan de propagande mensonger comme quoi les Tutsi n’étaient pas admis dans les FAR. Pourtant, dans la seule catégorie des officiers dont l’effectif ne dépassait pas 300 personnes en 1990, les officiers Tutsi représentaient plus de 20 % des effectifs dans l’armée et la gendarmerie comme l’affirme d’ailleurs l’ancien ministre de la Défense de 1992 à 1993, James Gasana., (James Gasana, Du Parti-Etat a l’Etat Garnison, Paris, L’Harmattan 2002 , p.33).

 

La probabilité pour que cette bourde monumentale des descendants des “Bagaragu bakuru”  produise les mêmes effets que celle de 1958  commise par leurs ancêtres est presque au niveau Zéro.

 

 

  • Facteurs favorables

 

Parmi les rares facteurs favorables, il y a lieu de mentionner que la population rwandaise est fatiguée et est au bord de la crise.

On peut aussi faire remarquer que la guerre d’agression et de conquête que Kagame mène à nouveau contre la RDC dont il veut amputer de l’Est de ce pays a ouvert les yeux aux plus sceptiques concernant la nocivité du dictateur Kagame, une créature de l’Occident.

 

  • Facteurs défavorables

 

Les puissances qui ont réussi au Rwanda en 1990-1994 un coup inédit dans l’Histoire moderne, sont encore actives et veillent à ce que leur coup ne puisse échouer et donc devenir une illustration des coups hasardeux et ratés de ces puissances. Ce coup consiste à avoir amené un officier militaire d’une armée d’un pays dix fois plus étendu et plus peuplé que le Rwanda et l’installer dans ce pays comme “ monarque” au prétexte que cet officier de l’Ouganda aurait des ancêtres d’origine rwandaise et qui étaient de la dynastie régnante.

 

Ceci explique pourquoi l’Occident, en tête les Etats Unis et la Grande Bretagne, font tout pour que le régime qu’ils ont installé au Rwanda en 1994  paraisse avoir tout réussi: économiquement, politiquement avec les slogans de “réconciliation”, même quand la situation économique et politico-sociale est pire que celle des années 1960. Pour ce faire les médias et les ONG de ces puissances sont mises à contribution de façon que les organisations financières comme la FMI ou la Banque Mondiale,  sans parler de l’OMS, n’hésitent pas à publier des statistiques  fantaisistes pourvu qu’elles présentent le régime  dictatorial et illégitime installé au Rwanda par  ces puissances en 1994 comme une “réussite”.

 

Autre facteur défavorable : même si les régimes changent dans ces puissances et que de nouveaux décideurs ouvriraient les yeux en découvrant la vraie nature du régime FPR installé au Rwanda en 1994 sous Paul Kagame, ce dernier a encore des défenseurs acharnés dans ces puissances. Soit ils sont des anciens dirigeants politiques qui ont encore de l’influence dans leurs pays, soit ils ont construit des réseaux mafieux à qui ils ont demandé de défendre en tout temps et à outrance le dictateur Paul Kagame au Rwanda. Soit alors ils sont des prédateurs sans foi ni loi à qui Kagame vend des vies de rwandais sans parler de leur céder les pans du territoire du pays qu’il a conquis. Dans cette catégorie on peut citer Bill Clinton, Tony Blair, ou alors les fameux membres du PAC. Très peu des 13 millions d’habitants du Rwanda sur ce mouchoir de poche de 26.338 Km2, savent ou peuvent se rendre compte que le Rwanda, en tant qu’Etat, n’en possède plus que moins de la moitié, car l’autre a déjà été vendue aux prédateurs et aux multinationales pour au minimum 50 ans.

 

“A quelque  chose malheur est bon”

 

A première vue, cette expression peut sembler cynique. Mais ce n’est pas pour rien qu’elle fut adoptée par la sagesse populaire. En effet, sa manifestation est chaque jour constatable dans le Monde. En ce qui concerne le Rwanda, cette sortie des insultes d’un proche du dictateur Kagame peut constituer une occasion de rassembler Hutu et Tutsi humains et démocrates.

 

En effet, tout Hutu ou Tutsi qui ne croit pas à la supériorité d’une ethnie à une autre se sent scandalisé par la sortie du régime Kagame. Et ils sont nombreux à être convaincus que les Tutsi ne sont pas naturellement supérieurs aux Hutu ou du contraire. Dans ce sens la bourde de l’entourage de Kagame affirmant que les Hutu (85% quand-même de la population) seraient des “chiens serviteurs des maîtres naturels Tutsi”, deviendrait un catalyseur pour que tout Hutu, Tutsi ou Twa soit convaincu que la survie de la Nation rwandaise passera par l’abolition de la dictature de Paul Kagame et son FPR.

 

Enfin, cette bourde pourrait faire éclater le scandale dans la figure des puissances créatrices et soutenant le dictateur Kagame et son régime du FPR inégalé et inégalable en matière de cruauté et d’inhumanité, qui, à bas mot, vient de faire, en 29 ans, 6.000.000 de victimes dans la région des Grands. Même si comparaison n’est pas raison, il rivalise avec Hitler.

 

Emmanuel Neretse

 

 

 

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