En Afrique du Sud, l’ANC célèbre 30 ans d’abolition de l’Apartheid. Au Rwanda, le FPR fête ses 30 ans de prise de pouvoir par la force. Décryptage d’un développement en trompe-l’œil

Rappel historique et d’actualité

 

En cette année 2024, en Afrique du Sud, le parti ANC de Nelson Mandela célèbre ses 30 ans d’accès au pouvoir après l’abolition du régime de l’Apartheid dans ce pays. En même temps, au Rwanda le parti-Etat au pouvoir, le FPR de Paul Kagame célèbre ses 30 ans de règne après le renversement par les armes du régime démocratique et républicain que connaissait ce pays depuis son indépendance en 1962.

 

Le parallélisme ne s’arrête pas seulement à cet aspect historique mais va jusqu’à l’actualité. En effet, avant 1994, l’Afrique du Sud était considérée comme le pays le plus développé non seulement d’Afrique mais aussi parmi les plus développés du monde.

 

Aujourd’hui le Rwanda est considéré, par des laudateurs payés souvent à prix d’or, comme le pays le plus “développé de la région des Grands Lacs” et même de toute l’Afrique!

 

Cependant en considérant les critères d’évaluation pour arriver à cette conclusion, on remarque au passage que l’Afrique du Sud d’avant 1994 et le Rwanda d’après 1994 ont bénéficié et continuent de bénéficier, en ce qui concerne le Rwanda, de l’erreur monumentale consistant à tirer des conclusions générales à partir des observations particulières ayant visé un échantillon non représentatif de l’ensemble de la société.

 

Critères d’évaluation

 

En Afrique du Sud d’avant 1994, les critères d’évaluation pour juger du développement de ce pays se basaient uniquement sur celles concernant la minorité blanche, Apartheid obligeait.

 

C’est ainsi que l’Afrique du Sud, sous l’Apartheid, était considérée comme la première économie du continent, un pays doté d’infrastructures de communication et de transport à l’égal des pays développés, un secteur financier moderne et prospère, une large indépendance énergétique, une industrie diversifiée, des capacités techniques de haut niveau et la première armée africaine et qui même maîtrisait la technologie de l’arme nucléaire.

 

En détails, puisque l’on ne considérait que la communauté blanche seulement, on pouvait affirmer avec raison que le système de santé et d’enseignement étaient les plus développés d’Afrique, voire du monde ainsi que le bien-être social, l’habitat, etc., que le citoyen, blanc, d’Afrique du Sud, était le plus heureux d’Afrique, etc.

 

Mais, par contre, si on pouvait mettre dans la même balance les plus de 50 millions de Sud Africains non-blancs et vivant dans la misère à l’époque, cette évaluation n’aurait plus de sens.

 

Le Rwanda d’après 1994

 

De même, au Rwanda d’après 1994, les rapports et autres études socio-économiques déclarent au monde que ce minuscule pays enclavé et sans ressources naturelles serait, en moins de 30 ans, le “plus développé de la région et même du continent”! En effet, ses infrastructures routières et hôtelières seraient les meilleures d’Afrique, tout comme son système d’enseignement dans lequel il a banni la langue française ou encore son système de santé qui permet aux plus grands laboratoires et chercheurs du monde de venir faire des expériences in vivo au Rwanda.

 

Mais, tout comme en Afrique du Sud d’avant 1994, on n’ose pas révéler à l’opinion publique que ce constat et ces rapports ne concernent qu’une minorité d’une clique majoritairement tutsi qui n’atteint même pas 10 % de la population du Rwanda (Hutu-Tutsi-Twa confondus), qui, elle, vit dans la misère.

 

Ces évaluateurs n’osent pas exposer le naufrage d’un pays dans lequel plus de 50 exécutions extrajudiciaires sont commises  quotidiennement, dans lequel le chômage touche environ 70% des personnes actives principalement des jeunes, dans lequel le revenu de la tranche la plus démunie de la population, majoritairement Hutu, est inférieur de près de 80% à celui de la clique, majoritairement Tutsi au pouvoir depuis 1994, et dans lequel plus de deux tiers des habitants ne survivent que grâce aux aides sociales des ONG internationales[1].

 

Voila pourquoi nous osons affirmer que le point commun entre l’Afrique du Sud d’avant 1994 et le Rwanda d’après 1994 est le système politique appelé Apartheid. Cet Apartheid fut proclamé et assumé en Afrique du Sud depuis le début du XXè siècle. Mais au Rwanda, il est en place depuis 1994, appliqué de manière déguisée et sournoise, mais réelle.

 

Par contre, le Rwanda d’après 1994 n’a rien de commun avec l’Afrique du Sud d’après 1994. En se limitant sur le seul aspect de la gouvernance et de la démocratie, l’Afrique du Sud a connu durant ces 30 dernières années une alternance au sommet de l’Etat où 4 Chefs d’Etats s’y sont succédés: Nelson Mandela, Thabo Mbeki, Jacob Zuma et Cyril Ramaphoza.

 

Pendant la même période, le Rwanda n’a connu et ne connaît qu’un seul Chef d’état à sa tête: le général Paul Kagame venu d’Ouganda!

 

Caractéristiques de l’Apartheid du régime en place au Rwanda

 

La Ville de Kigali

 

L’un des trophées mensongers que le régime d’Apartheid de Paul Kagame brandit pour dire qu’il aurait réussi et même fait mieux que le régime démocratique qu’il a renversé en 1994 est l’image de la ville de Kigali. Comme le régime d’Apartheid d’Afrique du Sud brandissait les images des villes comme Johannesburg, Pretoria, Le Cap, etc.

 

Kigali est la capitale du Rwanda depuis l’abolition de la monarchie féodale en 1961. A l’indépendance en 1962, la capitale Kigali n’était qu’un village dont le centre, le plateau de Nyarugenge, siège des institutions avec seulement un km de route asphaltée, était entourée des quartiers populaires. Ce sont les régimes démocratiques républicains qui, dans moins de 25 ans, l’ont développée en infrastructures modernes comme l’asphaltage de toutes les voies et la construction d’autres grandes routes reliant la capitale aux neuf autres préfectures du pays. L’aéroport international Grégoire Kayibanda de Kanombe est une réalisation du régime républicain d’avant 1994 tout comme le Village Urugwiro, actuel siège de la présidence de Kagame ou le stade Amahoro de Remera.

 

Mais après sa conque militaire, Paul Kagame à travers son parti-Etat le FPR, a transformé Kigali qui était une capitale de l’Etat rwandais, en un “Village Potemkine” destiné à faire miroiter aux yeux des étrangers surtout occidentaux pour qu’ils vantent sa soi-disante réussite économique. Et pour cela, il n’a pas hésité et n’hésite toujours jamais à commettre des énormités humanitaires ou judiciaires.

 

C’est ainsi qu’il a rasé tous les quartiers et bidonvilles entourant Kigali pour y chasser ses habitants et cela sans autre relogement et encore moins d’indemnisations. Même les habitants des collines entourant le centre de Kigali qui vivaient sur les terres de leurs ancêtres, en furent chassés sans raison et sans leur montrer ailleurs où aller.

 

Cette opération de déguerpissement des autochtones rwandais de Kigali terminée, Paul Kagame va en apothéose déclarer Kigali, une ville interdite aux pauvres. Quand on sait que toute la richesse du Rwanda doit être dans les mains de la clique entourant Kagame, et que tout signe de richesse doit être l’indication de celui qui appartient dans la catégorie des vainqueurs, on comprend que le Kigali actuel que d’aucuns qualifient de “Village Potemkine” [2], est devenu plus un signe de l’Apartheid qu’une capitale d’un Etat.

 

Système d’enseignement

 

Le système d’enseignement du régime d’Apartheid de Paul Kagame est le plus cynique du monde. En 2009, le dictateur a subitement déclaré que tous les enseignants du primaire et du secondaire devaient donner leurs cours ou leçons en anglais. Du coup, tous les enseignants qui  avaient été formes en français étaient déclarés “analphabètes” donc inaptes à l’enseignement. Ceux qui se sont accrochés en apprenant express l’anglais et en enseignant dans cette langue, ont réduit le système en une aliénation des enfants rwandais. En effet, dans les établissements d’enseignement primaire, les élèves terminent ce cycle sans savoir lire ni  écrire après 6 ans à l’école.

 

Mais, ce sort, le régime d’Apartheid de Paul Kagame le réserve aux seuls enfants issus de la basse classe de la société rwandaise formée de plus de 85% de Hutu. Au même moment, les enfants de la clique des Tutsi au pouvoir autour de Paul Kagame fréquentent les écoles dites “privées” où ils sont enseignés aux normes des systèmes occidentaux et même leurs enseignants, du primaire au secondaire, sont soit venus des pays occidentaux, soit ayant des diplômes reconnus par l’Occident.

 

Conséquences: rares sont les enfants issus du milieu modeste et encore moins étant Hutu, ne peuvent espérer accéder à l’enseignement supérieur aux normes internationalement reconnus, ni obtenir un emploi correspondant à sa qualification au Rwanda.

 

Bien-être social: habitat, système de santé

 

Au moment où le miroir déformant qu’est la ville de Kigali fait croire au monde que l’habitat au Rwanda est développé et décent à tout point de vue, on ne dit pas que dans le milieu rural où vivent plus de 80% de la population, 70 % parmi eux n’ont point d’accès ni à l’eau ni à l’électricité dans leurs demeures aux murs en bois moisis ou en briques adobes et couvertes de plaques de tôles ondulées rouillées et trouées.

 

De même, les chantres du régime d’Apartheid de Paul Kagame ne cessent de vanter son programme de couverture sanitaire universelle notamment les fameuses mutuelles. Mais ils ne disent jamais, et pourtant ils le savent, que pour la majorité de la population, ce système se limite à la cotisation obligatoire qui lui est exigée, mais qu’en cas de maladie pour obtenir des soins appropriés et dans des établissements appropriés, il faut, soit être de la classe dirigeante ou alors millionnaire, ce qui ne concerne que la même clique.

 

Pouvoir d’achat et écart entre riches et pauvres

 

Actuellement le Rwanda compte le plus grand nombre de personnalités très riches de la région et même d’Afrique sinon du monde. Ainsi Paul Kagame et certains de son entourage sont parmi le Top 50 des nouveaux milliardaires d’Afrique selon le dernier classement de Forbes 2024. Son holding personnel, la société commerciale Cristal Ventures, est aussi le plus grand propriétaire des biens immobiliers du Rwanda et de la région.

 

Au Rwanda ce holding est même propriétaire des biens de l’Etat rwandais car c’est à lui qu’appartient les aéroport de Kigali et celui en construction au Bugesera tout comme la compagnie de navigation aérienne rwandais.

 

Cette Cristal Ventures est une propriété de Kagame, qui loue ses avions au gouvernement pour les déplacements de Paul Kagame comme chef d’Etat mais qui exige paiement comme fournisseur de services à l’Etat rwandais. Avec ce commerce, l’on comprend comment Kagame est d’un coup passé d’un ancien enfant soldat dans les rébellions en Ouganda et, à moins de 2 décennies, à l’homme le plus riche d’Afrique.

 

Mais personne parmi les instances louant le dictateur Kagame n’ose révéler qu’au Rwanda, même si on prend en compte toute sa population et pas seulement la clique au pouvoir, le revenu par tête d’habitant pour survivre est de moins d’un demi dollar par jour.

 

Même les profanes en économie et finances peuvent constater que l’écart entre les riches et les pauvres au Rwanda est l’un des plus grands du monde. Mais en faisant ce constat, peu d’entre eux décèlent que c’est le fait du pouvoir en place qui a pour programme en matière socio-économique de ne jamais laisser clore au Rwanda une classe moyenne. Les riches doivent devenir plus riches et les pauvres devenir encore plus pauvres. Mais surtout éviter l’émergence d’une classe intermédiaire constituée ni de riches ni de pauvres, mais auto-suffisants. C’est l’une des caractéristiques d’un régime appliquant l’Apartheid. En effet, une classe moyenne serait très dangereuse pour un régime bannissant la démocratie et brandissant des avantages matériels à ceux qui se soumettraient à lui.

 

Or, quelqu’un qui n’a pas besoin de se soumettre à une politique pour vivre et prospérer dans son pays car auto-suffisant (la classe moyenne), ne pourrait être impressionné par ce chantage. D’où la détermination du régime d’Apartheid au Rwanda du FPR Kagame de ne jamais permettre l’éclosion d’une catégorie de citoyens qui seraient auto-suffisants en dehors du cercle restreint de la clique au pouvoir. Même ceux qui auraient été riches auparavant mais non de la clique ou qui s’y opposent, doivent être appauvris.

 

Système de défense et de sécurité: composition, effectifs, budget d’équipement, engagement.

 

Le régime d’Apartheid de Paul Kagame au Rwanda s’est doté d’une armée pléthorique, monoethnique et dont la gestion et le commandement échappent aux instances politico-administratives classiques (gouvernement, parlement, …) du pays.

 

Actuellement en 2024 les effectifs de l’armée de Paul Kagame du Rwanda sont estimés à près de 130.000 hommes. Sur base des déclarations du régime de Paul Kagame faisant état du nombre de divisions, de brigades autonomes, d’unités d’appui administratif et logistique, d’unités d’appui feu (artillerie de campagne, artillerie anti-aérienne), d’unités d’appui travaux (génie de combat, génie de construction), d’unités des forces spéciales, etc. Même en appliquant les normes minimalistes, on peut en arriver au chiffre de près de 130.000.

 

Pour comprendre l’incongruité du régime d’Apartheid de Paul Kagame au Rwanda, il faut souligner le fait qu’avec un effectif d’environ 130.000 hommes, l’armée de Paul Kagame au Rwanda est supérieure en effectifs que toute l’armée de terre de la France qui ne compte que 120.000 hommes. On ne comprend donc pas comment Paul Kagame peut se doter et entretenir une armée comme celle de la France, une puissance nucléaire et 25 fois plus étendue que le Rwanda en ne considérant que le territoire métropolitain sans compter son vaste empire d’outre-mer (Caraïbes, Guyane, Océan Indien, Polynésie, Nouvelle Calédonie…) où elle doit aussi déployer des soldats pour y défendre ses intérêts.

 

Armée monoethnique

 

Les plus hauts gradés de cette armée pléthorique de Kagame sont tous exclusivement d’ethnie Tutsi pourtant qui constitue moins de 10% de la population. Ils sont une centaine de généraux d’active, un demi-millier de colonels. Comment dans de telles conditions une telle armée peut-elle se présenter comme “nationale” et la population se reconnaître à travers elle?

 

Cette armée de plus de 130.000 hommes échappe aux instances du pays qui pourtant sous d’autres cieux sont censées la maintenir et l’entretenir dans l’accomplissement de son devoir à la nation. Mais dans le Rwanda sous le régime d’Apartheid installé par Paul Kagame en 1994, son armée échappe à tout contrôle étatique.

Ainsi ni les membres du gouvernement, ni les députés ou sénateurs du soi-disant parlement ne peuvent jamais être tenus au courant du budget annuel attribué à l’armée  et encore moins des missions et le budget des contingents désignés par Kagame pour leur déploiement hors du Rwanda.

 

Et plus sidérant, cette armée n’est pas gérée administrativement pas des règlements militaires connus (publiés au journal officiel) qui, sous d’autres cieux, par arrêtés présidentiels, ministériels ou lois déterminent les conditions d’admission, de promotion, de démission, de mise à la retraite etc. Tout cela est laissée à la discrétion du dictateur Paul Kagame. Ainsi Kagame peut mettre à la retraite un général  de 45 ans pour limite d’âge et au même moment maintenir en fonction un colonel de 65 ans. Dans une armée de l’Apartheid, c’est d’usage.

 

Géopolitique et diplomatie

 

Dans les domaines de la géopolitique et de la diplomatie, le régime en place au Rwanda depuis 1994 agit exactement comme celui de l’Apartheid en Afrique du Sud avant 1994.

 

Ainsi, le régime d’Apartheid de Paul Kagame agit en diplomatie selon des principes simples mais immoraux. Il s’engage chaque fois à servir les intérêts des puissances hégémoniques du monde qui lui assure l’impunité même quand ces intérêts vont à l’encontre de ceux du peuple rwandais sur lequel il règne. Et ceci est compréhensible dans la mesure où ce régime d’occupation ne doit se soucier ni des intérêts ni du bien-être des populations conquises. Tout comme en Afrique du Sud sous l’Apartheid, les Boers ne devaient pas se préoccuper du bien-être et du sort des populations noires ou indiennes et même métisses.

 

Le régime d’Apartheid instauré au Rwanda en 1994 et incarné par le dictateur Paul Kagame use et abuse de ce principe dans sa politique étrangère. En effet Paul Kagame n’hésite pas à se brouiller avec les pays voisins dès lors qu’il apprend ou est instruit de la volonté des puissances qu’il sert de déstabiliser tel pays voisin ou de renverser le régime en place dans un tel autre pays voisin. Cas de la RDC et du Burundi.

 

Dans cet exercice, Paul Kagame ne se soucie guerre des conséquences de sa politique étrangère sur la population rwandaise. Il n’en a cure que les populations frontalières avec les pays cibles soient séparées de leurs proches vivant de l’autre côté de la frontière, ou même meurent de faim car elles vivaient des échanges transfrontaliers. Il se dit que de toute façon ces désagréments ne touchent pas sa clique au pouvoir qui n’a rien à voir avec les populations conquises. Et c’est cela l’Apartheid dans sa pire forme.

 

Perspectives d’avenir

 

Après ce constat amer mais éclatant montrant que le régime installé au Rwanda depuis 1994 est une copie conforme de celui qui fut banni en Afrique du Sud en cette même année, il est en toute logique légitime de se poser la question de comment sera l’avenir du Rwanda de l’Apartheid imposé par Paul Kagame et sa clique et comment influer sur cet avenir.

 

A souligner que le régime d’Apartheid en Afrique du Sud bénéficiait de la situation géopolitique du monde marquée alors par la “guerre froide” entre le monde occidental autour des Etats Unies contre l’Union Soviétique.

 

Le monde capitaliste, à savoir l’Occident derrière les Etats Unis, considérait que le régime d’Apartheid était à soutenir car il constituait un barrage contre le communisme incarné par l’Union Soviétique qui pouvait se déverser sur l’Afrique surtout australe. Mais quand le capitalisme est sortie vainqueur de la guerre froide en battant sans combat l’URSS jusqu’à sa disparition, il n’était plus nécessaire de continuer à soutenir l’Apartheid sous prétexte de contrer le communisme en Afrique. Comme seuls maitres du monde, les Etats Unis pouvaient donc laisser les peuples de couleurs d’Afrique du Sud jouir de leurs droits politiques car sous contrôle et sans risque pour la suprématie occidentale. C’est ce qui s’est passé en 1994, le monde étant devenu unipolaire depuis l’effondrement de l’URSS, la Russie devenant un des insignifiants pays du Tiers Monde.

 

Mais actuellement, 30 ans après, le monde devient multipolaire et d’autres puissances émergent pour faire contre-poids à l’Occident. L’heure est donc au questionnement pour l’Occident. Pour avoir permis et encouragé l’instauration de l’Apartheid dans un minuscule pays comme le Rwanda, d’expérimenter leurs théories racistes sur la majorité de son peuple et ensuite exploiter les richesses des pays voisins du Rwanda de Paul Kagame rendu intouchable et jouissant de l’impunité pour ces crimes contre l’Humanité, est-ce que ceci est-il encore nécessaire à l’Occident ou constitue-t-il un barrage pour la pénétration dans la région de l’influence des puissances non occidentales devenues elles aussi capitalistes ?

 

Quand les analystes et autres bureaux d’études de cet Occident concluront par exemple qu’il n’est plus nécessaire ni bénéfique de maintenir un régime d’Apartheid avec Kagame au Rwanda pour accéder aux richesses de la RDC et du Burundi, alors l’Apartheid incarné par Paul Kagame pourra être banni au Rwanda comme celle des Boers d’Afrique du Sud sous Frederik de Klerk en 1994.

 

Mais pour accélérer ce processus, toutes les forces vives, politiques ou de la société civile des pays souffrant de l’Apartheid en cours au Rwanda devraient à chaque occasion hâter et encourager ces décideurs occidentaux à opter pour l’abolition de cet Apartheid et en leur montrant qu’il y va de leurs intérêts par les temps qui courent.

 

Cette analyse rentre dans cette logique: rassurer et sensibiliser les décideurs occidentaux que l’Apartheid instauré au Rwanda depuis 1994 ne leur servirait plus à rien en ce monde redevenu multipolaire.

 

Emmanuel Neretse

 


[1] Sur la monopolisation du pouvoir par les cadres Tutsi, voir l’excellent article de Filip Reyntjens : « From ethnic amnesia to ethnocracy: 80% of Rwanda’s top officials are Tutsi » (Africa Argments, November 24, 2021. https://africanarguments.org/2021/11/from-ethnic-amnesia-to-ethnocracy-80-of-rwanda-top-officials-are-tutsi/)

[2]L’expression « village Potemkine » remonte au Prince Grigory Aleksandrovich Potemkine, ministre russe qui, pour masquer la pauvreté des villages lors de la visite de l’impératrice Catherine II la Grande en Crimée en 1787, aurait fait ériger des villages entiers faits de façades en carton-pâte. L’expression « village Potemkine » désigne un trompe-l’œil à des fins de propagande.

 

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