Le décès de Zigiranyirazo Protais. Examen critique du plan de génocide en rapport avec la famille du président Habyarimana

Qui est Zigiranyirazo Protais ?

 

Zigiranyirazo Protais est né en 1938 dans la commune de Giciye dans la préfecture de Gisenyi au Rwanda. Il nous quitta le 4 Aout 2025. Son père Gervais Magera était très connu dans sa région. Magera appartenait au clan des Abagesera b’Abahenda. Il fut secrétaire du s/chef Kamangu de la s/chefferie de Birembo avant de devenir homme d’affaires.  Magera était un Hutu dignitaire qui avait des vaches, des champs, et d’autres marques de richesse de ce temps-là. Magera est le père d’Agathe Kanziga, la veuve du Président Habyarimana Juvénal. Zigiranyirazo Protais est le frère direct de Kanziga Agathe et il est le demi-frère de Rwabukumba Séraphin et d’Elie Sagatwa.

 

Zigiranyirazo a fait ses études primaires à Rambura et secondaires au Collège Saint Esprit à Bujumbura. Et puis il a continué et à l’Ecole de Moniteurs de Buhambe à Byumba où il a obtenu le diplôme d’enseignant. Après avoir terminé ses études dans la section Normale Pédagogique, Zigiranyirazo Protais a enseigné avant d’occuper différents postes en politique et dans l’administration publique

 

En 1969 Zigiranyirazo Protais a été élu député à l’Assemblée Nationale. Il est resté député jusqu’au coup d’Etat en 1973. En 1973 Zigiranyirazo Protais est nommé Préfet de la Préfecture de Kibuye et puis muté vers la Préfecture de Ruhengeri l’année suivante en 1974. Il resta le préfet de cette Préfecture de Ruhengeri jusqu’en 1989 quand il quitta le pays pour des raisons d’études au Canada. Il revint au Rwanda en 1993 et n’a exercé aucune activité connue jusqu’à son départ en exil en juillet 1994.

 

Zigiranyirazo était marié et père de plusieurs enfants et petits-enfants. Il était chrétien catholique pratiquant qui avait une dévotion mariale légendaire. Quand il était jeune, il aimait jouer au football. Il a fort soutenu l’équipe Mukungwa lorsqu’il était préfet de Ruhengeri.

 

Zigiranyirazo Protais s’est réfugié en Belgique où il a été appréhendé en juillet 2001 pour être transféré à la Prison d’Arusha.

 

Controverses sur la personnalité de Zigiranyirazo Protais

 

Zigiranyirazo Protais était un homme soigné, sage, qui parle peu et très intelligent. Il était perspicace et doué de capacités d’organisation. cela est dû probablement aux méthodes classiques de méthodologie spéciale qu’il a apprise à l’école pédagogique.

 

Il avait une très bonne mémoire et une observation très perçante. En un mot, il avait des talents à envier soit au niveau de l’organisation, de la conception et de la discipline.

 

La personnalité de Zigiranyirazo Protais est controversée. Quelques esprits souvent nourries de sentiment de haine et de jalousie n’ont pas cessé d’attribuer à Zigiranyirazo Protais quelque faits importants qui sont par ailleurs non fondés et non vérifiés. Il s’agit entre autres de :

 

Assassinat des politiciens de la 1ère république. Zigiranyirazo avait été cité sans preuve aucune dans l’assassinat des politiciens de Nduga qui étaient emprisonnés à Ruhengeri et Gisenyi sur l’ordre de onze officiers « camarades » qui ont renversé le pouvoir de Kayibanda en 1973. Mais il n’a jamais été prouvé devant la justice qu’il a été impliqué dans ce crime. Le fait d’être le beau-frère du Président Habyarimana lui a attiré beaucoup de spéculations de la part ses détracteurs. D’ailleurs d’après le procès retentissant qui a été rendu en rapport avec ces assassinats, procès qui a eu lieu en 1985, Protais Zigiranyirazo n’a pas été évoqué parmi les inculpés. L’auteur de ce crime a été identifié comme étant le colonel Lizinde Théoneste avec ses autres co-auteurs qui ont été jugés coupables, condamnés et incarcérés.

 

Implication dans l’assassinat de Diane Fossey. Cette dame était une Américaine qui faisait des recherches sur des gorilles de montagne localisés dans le parc national des Virunga. On l’a retrouvée morte vers la fin du mois de décembre 1985. Des tribunaux rwandais ont examiné le fonds de l’affaire et ont conclu que c’est un Américain qui effectuait aussi des recherches au même titre que Diane Fossey qui était l’auteur de ce crime. On n’a pas pu mettre la main sur ce monsieur car il se serait éclipsé avant son emprisonnement. Certaines langues disent qu’il aurait été exfiltré par les services de l’ambassade des USA à Kigali.

 

Zigiranyirazo Protais n’y était donc pour rien. D’ailleurs une autre nouvelle source d’information concernant cet assassinat de Diane Fossey vient de sortir. Il s’agit d’une émission de Jean Paul Ntagara sur la radio Ikamba qui a été radiodiffusée le 20 août 2025. D’après cette radio périphérique, Diane Fossey a été assassinée par des agents secrets des pays « impérialistes ».

 

Ces pays envisageaient de soutenir le FPR pour qu’il attaque le Rwanda en passant par des volcans et ils craignaient que Diane Fossey ne s’en prenne et s’y oppose parce que des milliers de soldats massés dans les volcans porteraient préjudice sur des gorilles qu’elle protégeait. Après avoir conquis le Rwanda par le biais du FPR, ces « impérialistes » avaient aussi un plan de lancer des attaques au Zaïre (République Démocratique du Congo) pour pouvoir piller des minerais de ce pays. Il a été décidé de se débarrasser de ce témoin gênant qu’est Diane Fossey d’autant plus que ces « impérialistes » voulaient utiliser les volcans comme voie d’acheminer les pierres précieuses vers le Rwanda et ailleurs.

 

Il apparait donc que dans cette affaire Protais Zigiranyirazo n’était en fait qu’un souffre-douleur qui porte sur ses épaules les rumeurs de mauvais  gout colportées par ses adversaires.

 

Le chef de l’Akazu. Des adhérents des partis d’opposition dans les années 1991 attribuaient à monsieur Zigiranyirazo Protais d’être le chef du groupe « l’Akazu » qui dirigeait le pays en parallèle du pouvoir légalement établi. Cette accusation était un des points saillants sur lesquels des témoins du Procureur et de la défense du TPIR se sont investis. Zigiranyirazo Protais n’a pas été condamné sur cette accusation car les juges au niveau de cette institution judiciaire ont compris via les témoins coriaces de la défense, la signification de l’akazu et qui a inventé ce concept. Ce n’était autre que l’opposition au régime du Président Habyarimana.

 

Zigiranyirazo Protais devant le TPIR accusé sur base de constat judiciaire.

 

Qu’est-ce que c’est un constat judiciaire ? En droit, un constat judiciaire est un acte établi par un juge (ou un magistrat délégué) qui a pour but de constater officiellement une situation de fait sans pour autant porter de jugement de valeur ni trancher un litige. Il faut préciser que le constat se limite à l’observation matérielle. En aucun cas, le constat judiciaire ne comporte ni interprétation, ni qualification juridique.

 

Devant le TPIR le constat judiciaire a été établi premièrement dans l’affaire Procureur contre Karemera Edouard et al. Ce constat judiciaire visait de reconnaître que le génocide contre les Tutsi a été commis au Rwanda pendant une période de guerre non internationale entre le 6 avril et le 17 juillet 1994. Ce constat judiciaire est devenu un outil dont le Procureur s’est servi pour montrer en puissance et bâtir de grossières accusations. Ce constat judiciaire a offert un plateau d’or aux faits qui sont considérés comme clairs et distincts de façon que le Procureur n’a pas besoin de les prouver. Ces faits sont pris comme s’ils ont acquis l’autorité de la chose jugée et la défense ne peut plus s’y opposer.

 

Ainsi ce constat judiciaire supposait que le génocide contre les Tutsi était de notariée publique et que le Procureur n’avait pas besoin d’en apporter des preuves. Cette supposition a fait succomber le Procureur dans un travail de fourmi auquel il ne s’attendait pas parce qu’il devrait prouver tout au moins l’existence du plan de génocide et son auteur contre chaque accusé.

 

Zigiranyirazo Protais était accusé de crimes de génocide, crimes d’extermination, et crimes contre l’humanité en vertu de l’article 2 et article 3 de la Convention de Genève sur le crime de génocide. Ces accusations étaient basées sur le Constat Judiciaire selon lequel les juges ont décidé qu’il y a des faits incontestables qui sont opposables à la défense.

 

Dans le procès de Zigiranyirazo le constat judiciaire a indiqué des faits suivants comme faits adjudiqués : entre le 6 Avril et le 17 juillet 1994 des Tutsi ont été l’objet de chasse et ont été systématiquement tués sur base de leur appartenance à l’ethnie Tutsi dans un pays qui était habité par des Hutu, des Tutsi et des Twa.

 

Il est clair que ce constat judiciaire a soulagé le Procureur mais n’a pas enlevé son devoir de démontrer que par exemple le plan de génocide est attribué à Zigiranyirazo Protais et non à Barayagwiza Jean Bosco. C’est ici que le Procureur va perdre les pédales en se fourvoyant dans les spéculations pour atterrir l’impensable.

 

Dans les médias et à plusieurs occasions, le plan de génocide a été fortement attribué à la famille du Président Habyarimana Juvénal. Des opposants colportaient des propos mettant en cause Zigiranyirazo Protais qui était considéré comme le chef d’un petit groupe » Akazu » qui dirigeait le pays par une main subtile jusqu’à dominer le pouvoir légalement établi. Au niveau du TPIR, on croyait avec beaucoup de conviction que le procès porté contre Zigiranyirazo Protais permettrait sans difficultés d’établir la culpabilité de la famille du Président Habyarimana Juvénal dans le génocide.

 

C’est ainsi qu’à travers divers procès devant le TPIR le terme Akazu revint de temps en temps et quand il était évoqué, la famille du Président Habyarimana était mise en cause. Des témoins experts du Procureur déclaraient sans beaucoup de probité que la famille du Président Habyarimana était à la tête de ceux qui ont organisé et planifie le génocide. Mais ces témoins experts, dans l’ordre dispersé, ne s’accordaient pas sur la façon concrète, rectiligne et claire de ce plan de génocide. Quand la question devenait plus lourde à supporter des témoins du procureur en concert avec le Gouvernement de Kigali tendaient à attribuer le plan de génocide à Agathe Kanzaga et Bagosora Théoneste en déclarant avec un ton hautement élevé qu’ils sont auteurs de l’attentat contre l’avion qui transportait Président Habyarimana en vue de prendre le pouvoir.

 

Les témoins de Procureur : Alison Desforges, André Guichaoua, et Filip Reyntjens divergeaient sur le début de la préparation du génocide.  Desforges affirma que ce plan date de 1993 avec des massacres de Bagogwe et qu’il a connu plusieurs étapes de revue et d’exécution par la suite. Filip Reyntjens place le contexte dans les massacres de Bugesera de 1992 mais sa tendance est de reculer jusque dans les évènements de 1991 dans la région de Bigogwe. La narrative du plan de génocide par ces trois principaux témoins experts du Procureur a confondu et déçu le public qui attendait d’eux un verdict certifié par des hommes qui ont fait des recherches sur le plan horrible de l’extermination des tutsi.

 

Cette déception du public découle de la déduction que le TPIR a tirée de différentes dépositions des témoins et lui a donnée le nom de constat judiciaire comme si d’autres moyens de preuve étaient épuisés. Ce constat judiciaire comme je l’ai expliqué en haut est un laisser faire du tribunal qui clairement se sentait fatigué et agacé d’entendre différentes narratives hétérogènes de plusieurs témoins sur le plan de génocide. Donc le constat judiciaire est bâti sur des témoignages fabriqués par un génie dans les affaires de transformer la vérité en mensonge. Pourquoi ? L’observation du juriste Filip Reyntjens éclaire notre analyse. Filip Reyntjens, témoin expert du Procureur en plusieurs procès du Procureur vira vers la défense et affirma le 25/09/2007 dans le procès Butare dans la défense de Joseph Kanyabashi, ancien Bourgmestre de la commune Ngoma, qu’au Rwanda il y avait des faux témoins qu’on préparait à cette fin. Il affirma que le système rwandais était totalitaire et qu’il exerça le contrôle très serré sur ce que des témoins devraient dire avant leur départ pour faire des dépositions à Arusha. Filip Reyntjens affirma que son collègue Guichaoua André était de même avis sur ce point. Ce juriste belge précisa   que ces syndicats de délateurs fabriquaient des faux témoignages sur base desquels beaucoup d’accusés ont été par la suite condamnés. Des procès légendaires « gacaca » ont été conduits dans cet esprit en vue d’obtenir la condamnation des personnes qui se trouvaient en étranger. Beaucoup de témoins qui ont déposé dans les procès « gacaca » ont été emmenés par le Procureur du TPIR pour répéter et adapter ces accusations.

 

Ces témoignages donc fabriqués de toute pièce constituent la pierre  angulaire sur laquelle est assise la décision du constat judiciaire : faux témoignages issus de syndicats de délateurs. Le plan de génocide est acceptable devant un tribunal mais il doit être soutenu par des preuves dans chaque procès pour persuader des juges que l’Accusé devant eux a organisé et planifié un dessein d’exterminer en partie ou en totalité un groupe de personnes en raison de leur appartenance ethnique, politique, régionale, et d’autres stéréotypes.

 

Le procès de Zigiranyirazo Protais ne révèle rien du plan de génocide contre les Tutsi. Dans cette affaire le Procureur faisait croire qu’il apporterait la preuve des réunions faites avant avril 1994 entre Zigiranyirazo Protais et Jean Bosco Barayagwiza de CDR et d’autres autorités considérées comme membres influents de Hutu Power pour soutenir sa thèse du plan de génocide. Il n’a pas pu apporter cette preuve et les juges en ont fait mention dans le jugement. Si cette preuve était fournie l’accusation concernant l’entente en vue de commettre le génocide serait approuvée.

 

Pour soutenir le plan de génocide dans ce procès de Zigiranyirazo Protais, le Procureur s’est basé sur la déposition de témoin expert Alison Desforges. Desforges dans le procès de Zigiranyirazo Protais a affirmé que Zigiranyirazo était membre de l’Akazu qui était un groupe criminel visant à s’enrichir au détriment des Rwandais et à commettre des éliminations physiques contre des personnes qui étaient contre le régime de Habyarimana. Pour Desforges, ce groupe a planifié le génocide et Zigiranyirazo était le chef influent de ce groupe. Cette accusation consiste précisément en planification du génocide et entente en vue de commettre le génocide.

 

Beaucoup de témoins coriaces de la défense ont été appelés, on peut citer Jean Marie Vianney Nkezabera et Anastase Munyandekwe, tous les deux anciens membres influents du MDR. Ils ont témoigné publiquement et ont affirmé que le groupe Akazu était imaginaire. Ils ont précisé que le MDR a utilisé ce terme Akazu et l’a propagé en vue de diaboliser le pouvoir de Habyarimana Juvénal. Dans ce procès, Musabyimana Gaspard qui a fait des recherches sur ce terme « Akazu » a corroboré les témoignages de Nkezabera et de Munyandekwe qui étaient uniformes et consistants.

 

Le témoin expert de la défense le professeur français Bernard Lugan affirma devant le tribunal dans le procès de Zigiranyirazo que le pouvoir de Habyarimana Juvénal n’a pas planifié le génocide.

 

La défense de Zigiranyirazo Protais était dirigée par Maître John Philpot, un avocat canadien très respecté et très compétent. Philpot a présenté sa preuve et a fait un mémoire qui résumait l’affaire en démontrant que la planification du génocide et l’entente en vue de commettre le génocide n’ont pas eu lieu. Dans son mémoire, la défense rejeta la preuve du Procureur relative à l’Akazu et affirma que la preuve du plan de génocide n’a pas été établie au-delà de tout doute raisonnable.

 

Finalement, Zigiranyirazo a été acquitté de toutes les charges en 2009. Il faut bien noter que si l’une des accusations de planification du génocide ou de l’entente en vue de commettre le génocide était retenue, Zigiranyirazo se trouverait sous les verrous.

 

Le plan de génocide dans les narratives

 

Faisons une analyse logique. Si la famille du Président Habyarimana Juvénal avait planifié le génocide comment se fait-il que le Procureur du TPIR qui avait des moyens faramineux à sa disposition n’a pas pu démontrer preuves à l’appui le crime commis pour obtenir la condamnation de Zigiranyirazo ? Le Procureur du TPIR avait deux bureaux à Kigali et à Arusha qui étaient investis de logistiques et personnel extrêmement robustes, il avait un budget extraordinaire et colossal qui pouvait lui permettre d’accéder à toute sorte de preuve si elle existait contre Zigiranyirazo Protais et sa famille. Logiquement parlant, le Procureur a bien fait son travail mais comme il ne pouvait pas faire l’impossible, il n’a pas pu trouver une preuve qui n’existait pas contre Zigiranyirazo, il a présenté une preuve telle qu’il l’a obtenue du terrain et il l’a présentée devant la cour. Cette preuve a été mise en doute et rejetée en vue d’acquitter l’accuse Zigiranyirazo Protais.

 

Si la famille du Président Habyarimana Juvénal avait préparé le génocide Dr Séraphin Bararengana (son petit frère) ne serait pas libre, Rwabukumba Séraphin (son beau-frère) ne serait pas non plus libre. Si la famille de Habyarimana Juvénal aurait été impliquée dans la planification du génocide contre des Tutsi, Zigiranyirazo Protais que des rumeurs publiques en différentes presses écrites et orales mettaient en cause comme le chef de l’administration parallèle de celle qui était en place ne pouvait pas être acquitté par le TPIR de toutes les charges. Dieu a sauvé la famille du Président Habyarimana Juvénal par le biais d’acquittement de Zigiranyirazo Protais parce que si le plan de génocide lui était imputé tous ces frères, sa sœur, ses beaux-frères, ses neveux, et ses nièces seraient conséquemment arrêtés et emmenés devant des tribunaux.

 

L’attentat contre l’avion transportant le Président Habyarimana Juvénal et son homologue Burundais Cyprien Ntaryamira est un des indices que ce crime de génocide a été commis par ceux qui voulaient provoquer une situation chaotique en vue de causer des massacres de la population rwandaise et de prendre le pouvoir au Rwanda. Qui pouvait profiter de ce crime odieux ou de cette situation chaotique ?  Faisons une revue de littérature rapide sur ce point.

 

Bernard Lugan, un expert Français, qui a comparu a plusieurs reprises dans les procès d’Arusha comme témoin expert de la défense, dans son ouvrage publie en 2014, affirme sans contours que ce crime horrible de l’assassinat du Président Habyarimana Juvénal et tous ceux qui étaient avec lui est imputé au FPR qui devient donc le catalyseur des tueries généralisées.

 

Strizek, de nationalité allemande, témoin expert dans plusieurs procès de TPIR du côté de la défense qualifie Habyarimana Juvénal de protecteur des Tutsi, il dit que son pouvoir n’a pas planifie le génocide contre les Tutsi qu’il protégeait. Il pointe du doigt le FPR.

 

Abdul Ruzibiza qui était Lieutenant dans l’armée du FPR avait fait de mêmes révélations incendiaires dans son ouvrage publié en France quelques mois avant sa mort en exil en Norvège impliquant le FPR dans plusieurs cas. Il était le mieux indiqué pour défendre ses supérieurs hiérarchiques mais il les a sérieusement chargés.

 

La journaliste Canadienne Judi Rever ne mâche pas ses mots en affirmant que c’est le FPR qui a tout mis en planification. Son ouvrage « In praise of blood » de 2018 détaille de nombreux crimes commis par des soldats du FPR sans équivoque.

 

Les deux journalistes Francais Pierre Péan et Charles Onana affirment comme Judi Rever que le FPR est le responsable du plan de génocide. Ces deux journalistes d’investigation ont mené des enquêtes sur l’attentat contre l’avion présidentiel et sur des massacres qui en ont suivi.

Devant le Senat Belge,  le Général Canadien Romeo Dallaire qui était le chef de la MINUAR, Colonel Luc Marchal qui conduisait des Casques Bleus Belges, et Twagiramungu Faustin qui appartenait au parti flamboyant d’opposition MDR ont témoigné sous serment en niant avoir entendu parler du plan de génocide quand ils étaient au Rwanda.

 

Le FPR a toujours nié des faits et s’est voilé la face pour avancer sans sourciller que c’est la famille de Habyarimana et le groupe Akazu qui sont auteurs de ce crime alors que c’est lui le criminel. A côté de ce que nous venons de relater ci-haut, il faut aussi actuellement même lui opposer le verdict qui vient de tomber indiquant le non-lieu dans l’affaire d’Agathe Kanziga en France

 

Conclusion

 

Cette revue saugrenue de littératures nous démontre qu’il y a un besoin urgent et prioritaire de faire des enquêtes indépendantes et objectives en vue d’identifier des auteurs de ceux qui ont tiré sur l’avion présidentiel en vue de les traduire en justice.  Ces enquêtes et poursuites seraient d’une grande envergue car elles permettront de porter la lumière sur cette zone d’ombre qui est la vraie cause du génocide au Rwanda.

 

Terminons cette analyse en résumant comme suit : le Procureur du TPIR n’a pas pu présenter la preuve qui est au-delà de tout doute raisonnable pour imputer le plan de génocide à Zigiranyirazo Protais. Cet acquittement de Zigiranyirazo Protais et le non-lieu prononcé pour madame Kanziga donnent de très bons éléments pour comprendre que toute la famille du Président Habyarimana Juvénal n’est pas l’auteure de ces crimes. Les Juges d’instruction ont plutôt déclaré que Madame Agathe Kanziga est victime de l’attentat terroriste qui a emporté la vie de son mari et toux ceux qui étaient avec lui dans l’avion.

 

Si nous mettons ensemble la décision du tribunal des Juges d’instruction de Paris et le jugement d’acquittement de Zigiranyirazo Protais par le TPIR on arrive à une conclusion claire que la famille de Habyarimana Juvénal n’a pas planifie le génocide. Des syndicats de délateurs appartenant à FPR n’ont cessé de chanter à vive voix que cette veuve était membre influente de l’Akazu et que cela suffit de la crucifier. Encore une fois il faut rappeler que la preuve basée sur l’existence de l’Akazu pour soutenir le plan de génocide a été rejetée devant le TPIR dans le procès de Zigiranyirazo Protais.

 

L’acquittement de Zigiranyirazo Protais est un verdict d’un tribunal qui a la primauté sur d’autres tribunaux et qui a rendu une décision ayant obtenue l’autorité de la chose jugée.

 

 

Que l’âme de Zigiranyirazo Protais repose en paix

 

Athanase Dushimirimana

23/08/2025

 

 

 

 

 

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