Genève-Aéroport : un journaliste doctorant en retour de son voyage de recherche en Afrique arrêté et tabassé

Un journaliste réfugié rwandais, Tharcisse Semana, doctorant à l’Université de Lausanne, en retour de son voyage de recherche en Afrique, a été arrêté, dimanche 15 février 2026, à l’aéroport de Genève et tabassé par la police. Son titre de voyage et sa carte de presse lui ont été retirés et son matériel professionnel (appareil, dictaphones et autres) confisqués. Mise au point du déroulement de cette triste scène. Témoignage exclusif de la victime.

 

Nous sommes dimanche, 15 février 2026. Nous sommes au bord de l’Ethiopian Airlines 728 (ET728) en provenance d’Addis Abeba (Ethiopie) à destination de Manchester, en Angleterre. Celui-ci vient tout juste d’atterrir à Genève. Il est précisément 06h15 du matin, heure locale. Il fait encore nuit à l’aéroport. Dehors aussi. Il fait aussi trop froid. Toute la chaleur africaine accumulée s’évapore. Le vent souffle et le froid glaçant pénètre au plus profond des os jusqu’à la moelle… Le temps presse et les gens se stressent. La montre suisse, quant à elle, sonne, sonne, sonne… Sa résonance, si douce soit-elle, se fait retentir sans arrêt dans les Halles et corridors. Fini alors la tranquillité africaine.

 

Quand l’existence ne cède à ses droits. L’absurde.

 

L’ère de la quête de la quiétude, peut-être.  La quintessence de l’homme qui se veut, à la fois, une enquête et une quête de l’existence. L’ère de la quête et de la conquête peut alors commencer. L’existence cède ses droits, et sans raison, au pur rationalisme. La raison et le raisonnement prennent ainsi le dessus sur la sensibilité. Et, celle-ci, malgré qu’elle soit constituante de notre nature humaine, n’a plus place dans le raisonnement occidental. Eh bien, oui… « L’émotion est nègre, la raison est hellène » comme le disait Léopold Sédar Senghor (1939), dans sa théorie sur la « Négritude » opposant la raison discursive occidentale à la « raison intuitive » africaine. À l’instar de de ce célèbre et illustre icône de la philosophie africaine – panafricaniste et homme politique de renom – j’expérimente moi aussi, de mon retour, cette réalité et la fais mienne. En effet, bien que, entre moi et Senghor, un grand écart de temps et d’espace nous sépare, la réalité reste toujours la même : le nègre sent plus qu’il raisonne et l’Occidental raisonne plus qu’il sent. L’émotion et le « moi » les distinguent nettement. Du moins sur le plan ontologique. L’«Umutima» – c’est-à-dire la conscience sensible en tant que source d’énergie vitale et dynamique caractérise plus le nègre, tandis que l’homme occidental, lui, se caractérise plus davantage par le « Je pense, donc je suis » ; le fameux « Je pense, donc je suis » (Cogito, ergo sum) de Descartes. D’où, en effet, deux regards diamétralement opposés qui, quelquefois ou même le plus souvent, sont sources de tensions et d’incompréhensions mutuelles.

 

Deux mondes, deux regards…

 

Deux mondes, deux regards/visions. Sources de tensions et d’incompréhensions. Parlons-en donc maintenant et très concrètement. Je disais bien plus haut que le temps presse et les gens se stressent. Et nous sommes toujours à l’aéroport de Genève. Tout le monde, y compris moi, se presse pour sortir de l’ET728. À peine passé la porte, je me rends compte tout de suite que j’ai oublié mes livres et documents sur le siège. Je tente alors de retourner en arrière pour les récupérer mais en vain. Car la police me barre le chemin et m’intime l’ordre de lui remettre mon passeport et ticket d’avion.

 

Avec un regard implorant, je la supplie avec insistance de me laisser aller vite récupérer mes documents, mais toujours en vain. J’explore alors les limites du sentiment et de la sensibilité africaine et de « l’enfer c’est les autres » de Jean-Paul Sartre. Oui, le regard d’autrui est impitoyable pour définir notre propre identité. Mais, nous n’avons pas de choix.

 

Comme Jean-Paul Sartre l’explique, nous dépendons toujours du regard des autres pour nous connaître. Tel est une réalité ou plus ou moins un constat anthropologique. Cet Autre qui me limite et que j’interpelle vivement reste cependant insensible. C’est la nature de l’homme occidental, tire alors ma conclusion.

 

Toutefois, si générale ou hâtive, soit-elle, elle reflète, d’une manière ou d’une autre, la réalité. J’en fais un constat. Je déteste et déplore amèrement ce sentiment étrange à l’homme qu’est l’insensibilité et le manque d’écoute et d’attention à l’autre. Mais ce n’est pour autant que j’ai perdu foi en la bonté humaine. Ni non plus la foi en Dieu. Loin delà l’homme africain que je suis.

 

Toujours au bord de l’Ethiopian Airlines…

 

Face au refus récurrent de la police, le sentiment d’être autre et ailleurs s’éveille en moi avec acuité. Et effectivement. Je suis autre, un noir et ailleurs, chez les blancs. Je suis un « vaurien ». Évidemment devant ce policier insensible à mes supplications. Ce sentiment d’être loin de chez moi et loin des miens m’envahit davantage et s’intensifie fortement. Il n’est cependant pas, non seulement en moi mais aussi et surtout autour et à l’extérieur de moi. Je l’aspire et l’expire. Tout le monde le voit ou le lit sur mon visage. Ma respiration et transpiration ne font que dégager ça. Le sentiment de ne jamais être compris et considéré à part entière comme un être humain et de dignité. Certains me diraient qu’il s’agit de l’imaginaire et non du réel. Et pourtant, et pourtant…

 

En effet, si on ne le voit pas on le sent au moins. Telle  est donc mon impression. En somme, d’une part, le « Dasein » de Heidegger se déploie visiblement ; d’autre part, le dévoilement de l’être d’Emmanuel Levinas s’affirme fermement.

 

Cependant, de bon gré malgré, je dois m’efforcer à tout positiver : à temps et à contre-temps, je m’agenouille et m’efface considérablement devant ce policier devenu insensible, mais malheureusement toujours en vain. Finalement, sans effacer en moi l’image négative de cet homme insensible, je présente stoïquement mon titre de voyage et ticket d’avion, dans la foulée des autres passagers. Curieusement, cet homme insensible me met à côté et me dit d’attendre un peu. J’attends et au bout de quelques minutes il revient vers moi. D’un ton calme et posé, mais avec un regard perçant et méfiant, il me dit : « Monsieur Tharcisse, sauriez-vous informés d’un mandat d’arrêt contre vous ?». Un mandat !  Émis par qui, pourquoi et quand, demandais-je avec stupéfaction. « Il a été émis par le SEM de votre canton [Ndlr : Service de la population et des migrations du Valais] et nous n’avons pas d’autres détails », me répond-il, en insinuant qu’ils ont su que je me rends souvent à Kigali alors que mon statut de réfugié ne me le permet pas. J’encaisse… Ah bon, j’en prends bonne note, répondais-je.

 

Et ai-je ajouté : « Auriez-vous quelques précisions ou motif de ce mandat », demandais-je. Le policier douanier me dit qu’il s’agirait, selon ce qui est noté, d’une « insoumission à l’ordre de l’autorité ». Trois jours plus tard, au centre pénitentiaire de Granges, en Valais, où j’ai été transféré depuis Genève, on m’apprend, mais sans document à l’appui, qu’il s’agirait d’une facture impayée. Une facture ? Chose bizarre et étonnante ! Est-ce vraiment une facture impayée peut constituer un mandat d’arrêt ? L’« insoumission à l’ordre de l’autorité » qu’on m’a signalé à Genève ? Sans trop provoquer ni réveiller les démons qui dorment j’ai intuitivement constaté qu’il s’agit simplement d’autres choses et non d’une facture impayée dont on me parle. J’ai d’ailleurs demandé qu’on me donne ce mandat d’arrêt mais jusqu’à maintenant je ne l’ai pas eu, ce qui me laisse penser qu’il s’agit d’un mandat bidon. Mon avocat non plus. Cela étant, dans les lignes qui suivent je vais vous partager mon terrible calvaire jusqu’à ma libération provisoire.

 

Un terrible calvaire…

 

Après ce court échange – jusqu’ici courtois – le policier appela ses deux collègues. Tout juste pour se laver les mains à la manière de Pilate. Il me dit alors que ce sont eux qui vont désormais s’occuper de mon dossier (récupération de mes documents oubliés dans l’avion et rapatriement en Valais).

 

Aussitôt traversé la partie officielle – sortie de l’espace administratif – les deux policiers (un homme et une femme, je précise) m’ont conduit directement dans une pièce de leur bureau à l’intérieur de l’aéroport et m’y ont fermé. Ils commencèrent alors de me fouiller. Et jusqu’ici tout semble bien aller.

 

Après avoir vidé tous mes poches et mis mon téléphone et porte-monnaie au comptoir de leur guichet (fermé, je précise encore une fois) deux policiers (un homme et une femme) présents me réquisitionnent brutalement le titre de voyage et tout mon matériel professionnel, entre-autre téléphone et dictaphones que j’avais sur moi. Mon terrible calvaire physique et psychique ne fait alors que commencer…

 

D’un ton sévère, ils m’intiment l’ordre d’ouvrir mon téléphone et de les faire écouter mes enregistrements. Je refuse carrément. Tout de suite le ton monte. Une attitude inattendue. Dans l’entre-temps un autre policier entre. Il est immatriculé 07905 et est armé jusqu’aux dents. De plus, il a un regard mitraillant. Vraisemblablement un chef de file. Il écoute attentivement et ne dit rien. Il me fixe et je le fixe. Au bout d’un moment il se met à part et commence à téléphoner. À ce moment-là, sa collègue immatriculée 05770 me dit clairement qu’ils vont user de la force. Il est précisément 07h36. Avec sourire j’interpelle la policière et lui demande si cela vaut vraiment la peine. La policière prend mes propos pour une rigolade déplacée et me rétorque en disant qu’ils n’ont pas le temps à perdre avec moi. Je l’interloque et lui signale que je suis simplement journaliste et non pas un criminel. La protection de mes sources est un principe capital, auquel je tiens beaucoup. Je ne me laisserai lâchement dépouiller de ce droit, répliquais-je instinctivement. Le chef immatriculé 07905 entend. Il tourne son regard vers moi et me refixe de nouveau. Il s’énerve, grince les dents et hausse la tête. Les couteaux sont préparés et sont bien aiguisés, dirait-on.  Quelque chose de malsain se prépare.  Un méchant regard qu’il me lance est très significatif. Il annonce l’inimaginable ignominie ; une situation cauchemardesque que je vais vivre. Certes.

 

Sommé comme un criminel et plaqué par terre

 

Malgré tout je dois garder le sang-froid. Je révise instinctivement ce principe de la déontologie journalistique. Je reste très calme, silencieux et observateur. J’essaie de contrôler autant que possible le mouvement et les émotions de mes détracteurs. Mais…combien de temps cela durera ? Quelques peu de secondes seulement. Car le chef de bande (immatriculé 07905) ordonne à ses gangs de me sommer et me plaquer par terre. Il donne l’ordre à haute voix en comptant : Un, Deux et pour dire Trois il dit simplement : « Hop ! ». Cela pour ponctuer et encourager une action ignominieuse. Et à la seconde même, tout est fait. Je suis alors immédiatement ligoté et mis par terre. Mais, contrairement à ce que l’on peut penser je suis très serein : je ne sens ni peur ni angoisse, ni non plus tristesse. Car je ne me reproche de rien. Je détonne et scande : « Je suis journaliste et ne suis pas un criminel ». Mes détracteurs ne veulent pas rien entendre. Très serein et calme, je requestionne encore mes bourreaux : qu’ai-je fait vraiment pour être traité de la sorte ? Pas de réponse de leur part. mais moi je ne peux m’imaginer, au moins, une la plus possible : je suis journaliste. De plus noir. Est-ce cela suffirait vraiment pour justifier un tel traitement que je suis en train de subir ? Certainement pas. Après tout, refuser d’ouvrir le téléphone et de faire écouter aux flics mes reportages ne constitue aucun délit judiciaire, me réconforte-je instinctivement. Pourtant, pour mes bourreaux, eux, c’est quelque chose de très grave. C’est un péché originel, dirait-on, collé toujours au journaliste que je suis. En tout cas, il me semble que c’est pour cette raison seulement que je suis traité de la sorte ; donc violenté et sauvagement tabassé. Je dois alors assumer courageusement mon identité de journaliste ; de plus, également de ma personne noire.

 

Pris pour un criminel

 

Suite à ça, je suis menotté les bras et les pieds. Je suis, en tout cas, étiqueté ainsi. Car il n’y pas d’autres explications pour comprendre un tel traitement.

 

Plaqué au sol, menotté les bras et les pieds, les six policiers s’acharnent alors tous contre moi à la manière du vautour autour du cadavre. C’est hallucinant. Tous rués dessus de moi, tels des animaux sur une proie. Incroyable ! Et pour rappel, nous sommes à Genève. Dans la Cité de Jean Calvin, au siège des Nations Unies, où les Droits de l’Homme sont normalement censés être respectés. Curieusement, la morale calviniste contre la violence et la répression n’inspire rien mes bourreaux. L’humanisme et le pacifisme de Henri Dunant non plus. Mes bourreaux sont foncièrement restés incultes et imperméables aux valeurs humanistes et évangéliques que ces deux illustres personnalités helvétiques – Jean Calvin et Henri Dunant – prônent et prêchent. Dommage.

 

Tous ces policiers qu’est-ce qu’ils ont contre moi ? Je me pose cette question – que je trouve très fondamentale – mais n’y trouve vraiment pas de réponse. Je croyais échapper aux violences policières en Afrique et me voici encore en face d’autres en Suisse.

 

Violenté jusqu’à tomber dans l’inconscience

 

La scène qui m’entoure est d’une violence excessive. Plaqué au sol, un de mes six bourreaux me donne un coup fort – je ne sais avec quoi – sur le poignet de main gauche et droite. Leur chef (immatriculé 07905, je tiens encore à rappeler son numéro de matricule), lui, me donne un coup de bottine sur le cou. L’instinct de survie se réveille en moi et je crie très fort. Mon bourreau tient et enfonce encore davantage sa bottine jusqu’à m’étouffer complétement. Presque asphyxié, je hurle et bave comme un bébé. Immobile et tétanisé, je m’évanouis et perds complètement l’équilibre. Je ne parviens plus à bouger. J’entends tout mais mon corps n’exécute plus les ordres de mon cerveau. Paralysé par la peur d’irréparable qu’ils viennent de commettre, le chef de file (immatriculé 07905) dit à ses gangs qu’il va appeler l’ambulance pour m’amener aux urgences. Mais avant d’appeler, il les signale qu’il vient d’allumer la caméra et qu’il faut alors faire attention à tout geste à poser. Là où je me trouve au milieu de mes bourreaux même si je ne bouge plus j’entends quand-même tout ce qui se dit. Et je suis suffoqué d’entendre cela.

 

Les menaces de mort et propos xénophobes

 

Mais également les conspirations de ma mise à mort et propos xénophobes, eu égard de la personne étrangère. J’entends, par exemple, l’un s’adressant haineusement à ses collègues en ces termes : « Pourquoi ne peut-on pas lui tirer une ou deux balles dans la tête et en finir avec cette merde ? Si c’était chez lui, en Afrique, on l’aurait déjà exécuté non, s’adresse-t-il à ses collègues qui, eux, n’en disent rien et restent silencieux. En tout cas, si ça dépendait de moi, poursuit-il, je pouvais régler une fois pour toute cette affaire de ce con, soi-disant réfugié, qui profite de la Suisse et se rend tout le temps à Kigali quand et comme il veut », assène-t-il et réitère ses clichés et propos xénophobes.

 

Nous arrivons alors aux environs de 18h00 (j’estime car j’étais complètement hors de moi-même, donc déconnecté de la réalité du monde des vivants). Petit à petit je reviens à la vie… Et je me retrouve dans une cellule ailleurs, hors de l’aéroport. Je ne sais ni quand ni comment j’y suis arrivé. Je ne sais même pas si un jour je pourrai le savoir. Mais, seuls mes bourreaux, eux, le savent. Ce que je me rappelle encore très bien c’est que le chef de file de mes bourreaux après m’avoir donné un coup dur de bottine sur le cou il a dit qu’il va appeler l’ambulance pour m’amener aux urgences. Est-ce qu’il aurait renoncé de m’y amener ou pas ? Là, je ne sais vraiment pas ce qui s’est réellement passé ; j’étais tombé dans les pommes. Moitié sortie de mon inconscience, à cet endroit hors l’aéroport (j’ai appris après du médecin que c’est au commissariat de la police), j’ai demandé avec insistance qu’on m’amène à l’hôpital. On me l’a tout d’abord refusé mais me promettant de me trouver un médecin qui vient me consulter dans la cellule.

 

En effet, face à une attente qui se faisait très longue – alors que je souffre terriblement et n’arrive plus à respirer et parler – j’ai carrément refusé de manger ni boire. Inquiet de mon état de santé visiblement dégradé, le policier qui m’avait apporté le repas et l’eau à boire est allé alerter ses supérieurs. Néanmoins, ceux-ci ne l’ont pas pris au sérieux. Car, il a fallu qu’eux-mêmes le constate, dès 18h30 (j’estime encore une fois) lorsqu’ils me sortent de ma cellule pour une interrogatoire : je n’arrivais pas à tenir debout ni m’asseoir pendant une ou deux minutes. Je n’arrivais non plus à répondre aux questions qu’ils me posaient ; j’étais épuisé physiquement et effondré psychologiquement. C’est donc à ce moment-là qu’ils ont pris au sérieux ma demande. Dès 19h00 (j’estime) Docteur A. SENTICI, ancien chef de clinique des HUG, venu me consulter dans ma cellule a immédiatement ordonné qu’on amène aux urgences, aux HUG (hôpitaux universitaires de Genève), pour évaluation psychologique et somatique. Il précise bien que cette ordonnance doit être exécuté immédiatement, au plus tard dans un délai de trois heures et pas plus. Car ma situation est grave. Aux HUG,  j’y suis alors arrivé précisément 19h15. Ce bracelet l’atteste. J’y suis Patient numéro 99072552. En effet, le rapport médical affirme que j’accusai une forte trouble d’état de conscience, avec une hyperventilation[i] et une hypersalivation. Les radiographies, quant à elles, démontrent que ma clavicule droite présente deux cassures.

 

Une liberté retrouvée mais très relative…

 

Ce témoignage que vous lisez a été rédigé tout juste un jour après avoir recouvré la liberté. Et je dois vous informer et bien préciser que cette liberté retrouvée reste très relative, donc provisoire. Car le SEM qui a émis le mandant à mon encontre aurait juré que, malgré que je sois aujourd’hui sorti du pénitentiaire, cela ne va pas demeurer sans autres conséquences.

 

Mes sources sûres m’informent que, très clairement, il (SEM) est en train d’examiner ce qu’il convient d’entreprendre, s’agissant de mon titre de séjour (non renouvelé sans motif, il y a déjà une année et quatre mois), dont par exemple m’expulser carrément du Valais ou bien me remettre dans les mains de Kigali. J’ai appris également que c’est par chance que j’ai pu être transféré en Valais. Car le plan concocté était de me renvoyer discrètement vers Kigali. Et cela s’explique par le fait même qu’on m’a carrément refusé de communiquer avec qui que ce soit, ni avec les connaissances ou les amis proches, ni non plus avec mon fils.

 

Selon mes sources, en Suisse, il existerait une structure policière dénommée ‘‘Unité de Coopération policière entre le Rwanda et la Suisse’’. Cette unité compterait six policiers Suisses et six policiers Rwandais affectés aux aéroports de Genève (où j’ai été arrêté) et Zürich. À Zürich ils seraient au nombre de huit policiers rwandais et huit policiers suisses.

 

À bien noter également, en effet, que durant toute la période de ma détention (douze jours) je n’ai eu que deux jours seulement de sortie de ma cellule. Je n’avais donc aucun contact avec d’autres prisonniers, ce qui laisse penser qu’il y avait effectivement un plan bien mis en place et pour mon arrestation et mon traitement différent des autres détenus.

 

À l’heure où je vous partage ce témoignage, mon avocat s’active pour voir comment anticiper et déjouer, au bon moment et à temps, les plans mis en place par mes détracteurs. Mais…est-ce qu’il y arrivera. Avec votre indéfectible soutien de répétition ou de lettre officielle ou ouverte aux autorités du Valais ou de la Confédération, tout est possible.

 

Avec mes remerciements anticipés et mon renouvellement d’engagement et de fidélité envers vous pour la défense de la liberté de la presse, le droit d’opinion et d’expression au Rwanda et un peu partout dans le monde.

 

Votre compatriote, ami ou connaissance, journaliste Tharcisse Semana

 


[i] L’hyperventilation est une respiration anormalement rapide, profonde ou excessive, provoquant une baisse du dioxyde de carbone dans le sang (alcalose respiratoire). Souvent liée à l’anxiété ou au stress, elle entraîne des symptômes comme vertiges, fourmillements, essoufflement et oppression thoracique.

 

 

 

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