Rwanda 1994 : le “fax de Dallaire”, une alerte fabriquée ? Enquête sur un récit contesté
Kwibuka32 : quand Kigali ravive un document controversé
Le 7 avril 2026, à l’occasion des commémorations « Kwibuka 32 » au Rwanda, le président Paul Kagame a rappelé l’existence du fax envoyé par le général Roméo Dallaire à l’ONU. Ce document est souvent présenté comme une alerte sur la préparation d’un génocide. Selon lui, ce fax aurait constitué un signal ignoré par la communauté internationale pour stopper le génocide.
Dans cet article, nous proposons une lecture critique de ce document et de son contexte de production, en nous référant notamment à une émission diffusée sur Radio Inkingi le 8 avril 2026. L’analyse de cette émission s’inscrit dans un ensemble plus large de controverses portant sur les sources, la chaîne d’information et l’interprétation du rôle des acteurs internationaux dans la crise rwandaise de 1994.
Cet article propose de restituer de manière structurée les différents éléments de ce débat, tels qu’ils sont exposés dans cette émission et dans les ouvrages cités, en les replaçant dans le champ des controverses historiographiques.
Contexte de production du fax du 11 janvier 1994
Faustin Twagiramungu, alors dirigeant du MDR, un parti d’opposition au président Habyarimana, fut approché par un certain Abubakar Turatsinze, également connu sous le nom de Jean-Pierre Turatsinze. Ce dernier lui affirma qu’il connaissait un endroit où le MRND avait dissimulé des armes destinées à être distribuées aux Interahamwe pour tuer des Tutsis. Il insista sur l’urgence d’agir.
Prenant ces informations au sérieux, Faustin Twagiramungu conduisit Abubakar Turatsinze auprès de Roger Booh-Booh, représentant du secrétaire général de l’ONU au Rwanda, l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali. Après avoir pris connaissance de ces révélations, Roger Booh-Booh les transmit au général Dallaire afin qu’il en vérifie l’authenticité.
Le général Dallaire confia alors cette mission à Amadou Deme, capitaine sénégalais et principal agent de renseignement de la MINUAR. Ce dernier accompagna Abubakar Turatsinze sur les lieux supposés de la cache d’armes. Cependant, une fois sur place, il ne trouva aucune trace d’armement.
Ce qui surprit particulièrement Amadou Deme, ce fut la suite des événements : à son retour, avant même qu’il n’ait pu remettre son rapport au général Dallaire, il constata que ce dernier avait déjà rédigé un document affirmant que des armes avaient été découvertes. Ce document présentait également cette prétendue découverte comme une preuve que Habyarimana et le MRND préparaient un génocide.
Le général Dallaire, de nationalité canadienne, transmit ce fax à son compatriote, le général Maurice Baril, alors conseiller militaire au sein du Département des opérations de paix (DOP) des Nations unies, à New York. Plus tard, le Canada jouera également un rôle important dans le contexte international lié au Rwanda, notamment à travers le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda). Cette institution a été dirigée par la Canadienne Louise Arbour, à qui l’on reproche d’avoir refusé la publication d’un rapport d’enquête sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana et d’autres violences attribuées au FPR.
Le fax envoyé par Dallaire visait à impliquer le président Habyarimana, mais cette tentative n’a pas abouti. En effet, si les éléments avancés dans ce document avaient été confirmés, le TPIR aurait disposé d’une preuve irréfutable de la préparation du génocide par le régime de Habyarimana, ce qui ne s’est finalement pas produit.
L’informateur clé : Qui est Abubakar Turatsinze ?
Originaire de Shyorongi, Jean-Pierre Turatsinze a d’abord été chauffeur à la présidence, puis planton au sein du MRND. Selon certaines sources, il aurait été infiltré par le FPR et aurait fait partie des individus que ce mouvement avait introduits parmi les Interahamwe. Dès son arrivée au MRND, il aurait intégré les Interahamwe avec une mission confiée par les Inkotanyi, ce qui l’aurait notamment conduit à transmettre à Twagiramungu une fausse information concernant des armes. Cette information a ensuite été relayée jusqu’aux autorités de la MINUAR, puis au siège de l’ONU.
Les doutes des chercheurs : Quand historiens et auteurs remettent en cause un “document clé”
De nombreux scientifiques et écrivains se sont penchés sur ce fax et en ont proposé des analyses critiques. Leurs points de vue permettent de mieux comprendre les enjeux et les controverses qu’il suscite.
Dans son analyse critique des événements ayant précédé le génocide rwandais, le capitaine Amadou Deme avance une lecture controversée du fameux « fax du 11 janvier 1994 », envoyé par le général Roméo Dallaire au siège des Nations unies à New York. Il écrit ainsi :
« Le fameux fax du 11 janvier 1994 envoyé par le général Dallaire au siège des Nations unies à New York a été prétendument considéré comme une alerte d’un génocide imminent. La vérité est ailleurs : Dallaire n’a jamais parlé avec l’informateur Jean Pierre ; c’est le capitaine Amadou Deme qui l’a interviewé et qui est allé avec lui sur le lieu pour voir la supposée cache d’armes. Jean Pierre voulait savoir quand Dallaire prévoyait la fouille de l’endroit afin de garnir au préalable le cache pour que l’opération réussisse. »[1]
L’auteur souligne que cette version des faits émane d’un acteur directement impliqué dans le dispositif de renseignement du général Dallaire, ce qui, selon lui, renforce sa crédibilité. Il affirme que les événements relatés dans le fax ne se sont pas déroulés tels qu’ils sont présentés, tout en notant que Dallaire a néanmoins rapidement transmis ce message aux Nations unies.
Dans cette perspective critique, l’authenticité même du document est également remise en question : lors des recherches effectuées au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), l’original du fax est resté introuvable. Aucune copie n’a été retrouvée ni dans les bureaux de Kofi Annan, alors responsable des opérations de maintien de la paix, ni auprès du général Maurice Baril.
Le document actuellement diffusé et repris dans de nombreux ouvrages serait une version reconstituée, voire fabriquée, alimentant ainsi le débat sur la fiabilité des sources et des récits entourant cet épisode clé.
Dans son ouvrage « Le drame rwandais : les aveux accablants des chefs de la mission de l’ONU au Rwanda », Édouard Karemera remet également en cause certains éléments liés au célèbre fax du 11 janvier 1994. Il y souligne notamment que le général Roméo Dallaire, appelé à témoigner lors du procès de Bagosora devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), n’a pas été en mesure de produire l’original du fax qu’il affirmait avoir rédigé.
Selon ce récit, les avocats de la défense ont entrepris des démarches auprès des Nations unies pour obtenir une copie de ce document, mais leurs requêtes sont restées sans suite. Cette absence de production du fax original est présentée par l’auteur comme un élément alimentant les interrogations sur l’authenticité et la traçabilité de ce document[2].
Dans son ouvrage « Les Secrets de la justice internationale », Charles Onana propose une interprétation critique du rôle de l’informateur connu sous le nom de Jean-Pierre. À l’issue de ses recherches, il conclut que ce dernier aurait été un agent du FPR en lien avec les milices hutu, mais qu’il n’aurait jamais été membre des Forces armées rwandaises (FAR) ni de la garde présidentielle. Selon cette analyse, Jean Pierre aurait fourni des informations inexactes dans le but d’obtenir une protection et l’asile à l’étranger, demande qu’il aurait adressée au général Roméo Dallaire sans obtenir de réponse favorable[3].
Il aurait été éliminé par le FPR après l’échec du plan dans lequel il était impliqué. Cette hypothèse est corroborée par le témoignage de son épouse à Arusha, qui a déclaré qu’il s’était rendu auprès du FPR avant de disparaître sans laisser de traces.
Selon cette version, il aurait été tué, notamment par crainte qu’un éventuel témoignage devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda ne révèle des informations sensibles liées à cette affaire.
Lors de sa propre comparution à Arusha, le général Dallaire n’a pas non plus été en mesure de fournir des explications satisfaisantes concernant le fax controversé du 11 janvier 1994. Il a fini par reconnaître que les informations relatives aux caches d’armes, telles que rapportées par Jean-Pierre, n’étaient pas plausibles, ce qui renforce les doutes quant à la fiabilité de cet épisode.
Dans son ouvrage « J’ai serré la main du diable », le général Roméo Dallaire reconnaît lui-même s’être écarté des procédures établies pour la transmission d’informations sensibles. Il écrit en effet : « « Une fois Luc parti, j’ai décidé de mettre au courant Booh-Booh, le RSSSG, dès le lendemain matin, et d’envoyer au général Baril un câble soigneusement codé le plus tôt possible. En agissant ainsi, j’ai rompu totalement avec le protocole[4]. »
Ce passage témoigne d’une démarche délibérée visant à contourner les canaux officiels de communication, voire à orienter la lecture des événements en laissant entendre la préparation d’un génocide au plus haut niveau de l’État rwandais.
En effet, la procédure standard des Nations unies imposait que toute communication importante entre un commandant sur le terrain et le département des opérations de paix (DPO) transite obligatoirement par la hiérarchie civile et politique, c’est-à-dire par le représentant spécial du secrétaire général, Jacques-Roger Booh-Booh. Un commandant de mission ne pouvait entrer directement en contact avec le conseiller militaire ou d’autres services du siège des Nations unies que pour des questions strictement administratives ou logistiques. Le fait que Dallaire reconnaisse avoir dérogé à cette règle alimente les débats sur les conditions et les intentions entourant l’envoi du fameux câble.
En réalité, ces violences étaient perçues comme inévitables, notamment en raison de la présence d’agents infiltrés au sein des Interahamwe, susceptibles de les déclencher. Dans cette logique, il est avancé que ces actions auraient ensuite été exploitées pour en imputer la responsabilité au gouvernement, en soutenant qu’il en serait l’instigateur et le planificateur.
Roger Booh-Booh l’a également écrit dans son ouvrage « Le patron de Dallaire parle : les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda ». Il y critique la gestion de l’information par le général Roméo Dallaire, notamment dans l’affaire de l’informateur Jean Pierre. Il déclare :
« Dallaire a donné une valeur exagérée aux « confidences » que lui aurait faites à Jean Pierre sur un prétendu plan d’extermination des Tutsis. Il a préféré m’ignorer et transmettre directement son message sur Jean Pierre à son compatriote, le général canadien Baril, au siège de l’ONU à New York. Il faut ramener à leur juste valeur ces confidences de polichinelle de Jean Pierre que l’ancien ministre Twagiramungu a évoquées devant la commission parlementaire belge, le 30 mai 1997, à huis clos : ‘‘Jean Pierre était un chauffeur. Il a travaillé au MRND mais il est resté dans les Interahamwe. À moins qu’il n’y ait un autre Jean Pierre. Ce genre de personnes vise à obtenir des avantages qu’on leur accorde, soit pour la vente d’informations, soit pour mentir. On vante chez eux une certaine bravoure que, souvent, ils n’ont pas… Il était Tutsi… ; ces gens travaillaient avec les Interahamwe, même si elles ne prenaient pas de décisions…[5] ».
Selon l’auteur, ce passage met en évidence les réserves quant à la fiabilité de cet informateur, ainsi que les tensions au sein de la chaîne de communication de la mission des Nations unies au Rwanda.
Dans son ouvrage « Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali : les dessous du génocide rwandais », Robin Philpot avance une interprétation critique du rôle de la mission des Nations unies au Rwanda. Il affirme notamment qu’« une première analyse permet d’affirmer qu’il y avait une mission dans la mission ». La mission officielle était de maintenir la paix en appliquant les accords d’Arusha. Mais la mission non déclarée consistait à faciliter la prise du pouvoir par le Front patriotique rwandais[6]. »
Selon l’auteur, cette dualité traduirait une réalité plus complexe que celle généralement admise concernant les objectifs et les actions de la mission internationale sur le terrain.
Dans son livre « Rwanda. Contre-enquête sur le génocide », Bernard Lugan propose une lecture critique du rôle du général Roméo Dallaire et de la valeur probante du fax du 11 janvier 1994. Selon lui, l’affaire dite « Jean-Pierre » affaiblit l’idée selon laquelle le génocide des Tutsis aurait été planifié, car cet informateur serait présenté comme un agent du Front patriotique rwandais (FPR).
Il souligne également que Dallaire a contourné sa hiérarchie en ne rendant pas compte au représentant spécial de l’ONU, Jacques-Roger Booh-Booh, et en transmettant directement un message à New York, adressé au général Maurice Baril plutôt qu’au secrétaire général des Nations unies. Selon lui, cette procédure non conforme, associée à des incertitudes sur la traçabilité des archives, nourrit des doutes sur l’authenticité et l’intégrité du document.
Lugan souligne plusieurs points d’interrogation concernant ce fax : son original n’a pas été retrouvé dans les archives de la MINUAR ni dans celles de l’ONU ; aucun document ultérieur du siège des Nations unies ne reprend ses éléments ; et une commission interne dirigée en 1995 par M. Khan a conclu à l’absence de preuves indiquant une connaissance préalable de la préparation d’un génocide.
Enfin, il note que le fax a réapparu en 1995 par l’intermédiaire d’une ONG dont l’origine n’est pas clairement établie.
Sur cette base, l’auteur estime que plusieurs questions demeurent sans réponse : pourquoi Dallaire n’a-t-il pas informé sa hiérarchie directe ? Pourquoi a-t-il contourné les circuits officiels de communication ? Pourquoi le message a-t-il été adressé à un destinataire différent de celui prévu par les procédures onusiennes ? [7]
Après la prise de pouvoir du FPR, les Nations unies ont mis en place une commission chargée d’examiner les circonstances ayant conduit aux violences ; dans ce cadre, il est souvent souligné que le fax du 11 janvier 1994, pourtant considéré comme un document clé, n’a pas été retrouvé. Par ailleurs, une commission d’enquête de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dirigée par l’ancien président du Botswana, Ketumile Masire, a également examiné ces événements et est parvenue à des conclusions similaires. Dans son rapport intitulé Le génocide qu’on aurait pu stopper, elle indique ne pas avoir trouvé de preuve documentaire attestant formellement la planification d’un génocide, précisant notamment : « À notre connaissance, il n’existe aucun document, aucun procès-verbal de réunion et aucune autre preuve qui mette le doigt sur un moment précis où certains individus, dans le cadre d’un plan directeur, auraient décidé d’éliminer les Tutsi[8].»
Il convient de souligner que les personnes ayant préparé le discours de Kagame auraient dû savoir que ce fax n’était plus considéré comme déterminant. À Arusha, on a conclu qu’il s’agissait d’un document contesté. Il s’agirait plutôt d’un plan à long terme élaboré par certaines grandes puissances pour prendre le contrôle de la région, en s’appuyant notamment sur Yoweri Museveni et Paul Kagame.
Il est également fait référence à un rapport de la CIA de 1994 portant sur les accords d’Arusha. Ce document estimait que le processus de paix était voué à l’échec et anticipait l’éclatement de violences massives pouvant entraîner la mort d’environ 500 000 personnes[9]. Ces projections n’ont pas suscité d’inquiétude majeure à l’époque, dans un contexte où l’issue politique envisagée incluait l’accession de Kagame au pouvoir.
Il est clair que les Rwandais ont été sacrifiés dans un jeu d’intérêts impliquant certaines grandes puissances et des acteurs politiques régionaux, notamment Paul Kagame, qui a tiré profit de la situation. Kagame n’a pas révélé toute la vérité et a accepté de s’inscrire dans une dynamique dont d’autres se seraient détournés. Sa prospérité est étroitement liée aux conséquences des événements tragiques vécus par les Rwandais. Cette dynamique est toujours perceptible aujourd’hui, notamment à travers le conflit en République démocratique du Congo, qui est la prolongation de ces enjeux géopolitiques impliquant les grandes puissances et le leadership rwandais.
Après l’échec de la transmission et de l’exploitation du fax émis par le général Dallaire, une forme de constat judiciaire a alors été engagée afin d’évaluer la nature des violences, dans un contexte où il était juridiquement complexe de qualifier formellement les faits de génocide, faute de preuves suffisantes. La présence d’éléments mêlant des miliciens Interahamwe et des infiltrés du Front patriotique rwandais a contribué à complexifier l’analyse des responsabilités.
Le constat judiciaire[10] est un raccourci consacré par l’article 94 du Règlement de procédure pénale du TPIR, qui stipule que « la Chambre de première instance n’exige pas la preuve de ce qui est de notoriété publique, mais en dresse le constat judiciaire ». Selon la jurisprudence, « l’application de cette règle n’est pas facultative ». Ainsi, dès que les juges concluent qu’un fait est de notoriété publique, ils doivent en dresser le constat judiciaire.
Ce constat a ensuite été intégré dans le cadre des procédures judiciaires du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), notamment en appel, où le procureur a rencontré des difficultés pour expliquer de manière pleinement satisfaisante la qualification juridique des événements.
Conclusion
L’analyse des différents éléments présentés dans cet article montre que le « fax du 11 janvier 1994 » ne peut être considéré comme une preuve déterminante de la planification du génocide par le régime d’Habyarimana. Les incertitudes liées à son origine, à sa circulation, à son absence dans plusieurs archives officielles et aux controverses sur son contenu affaiblissent en effet sa valeur probante dans l’établissement d’une intention génocidaire clairement démontrée.
Ainsi, si les juridictions internationales et plusieurs commissions d’enquête ont établi la qualification de génocide au Rwanda, la question de la préparation de celui-ci reste en suspens. Cette interrogation renvoie, selon certains auteurs et acteurs du débat, à une clarification jugée incomplète des responsabilités dans la phase ayant précédé et accompagné les violences. Selon ces analyses, la reconnaissance juridique du génocide ne suffit pas à épuiser la question des acteurs impliqués dans sa planification ou dans les mécanismes ayant conduit à son déclenchement.
Dans cette même perspective, une autre question est posée : pourquoi la communauté internationale aurait-elle refusé qu’une enquête approfondie soit menée pour clarifier l’implication du Front patriotique rwandais (FPR) dans ces événements ? Certains estiment qu’une telle enquête aurait permis d’examiner de manière plus large l’ensemble des responsabilités possibles, sans exclure a priori certains acteurs.
D’autres y voient la volonté de ne pas mettre en cause des responsables susceptibles d’être traduits en justice, ce qui aurait pu modifier l’équilibre politique et judiciaire des conclusions établies à l’issue des travaux internationaux.
Enfin, il est rappelé que, selon certaines enquêtes évoquées dans ces travaux critiques, Paul Kagame aurait donné l’ordre de tirer sur l’avion présidentiel le 6 avril 1994, événement considéré sans équivoque comme l’élément déclencheur des massacres. Selon ces auteurs, l’attentat contre l’avion du président Habyarimana serait un point de départ majeur des violences, ce qui renforcerait la nécessité d’examiner l’ensemble des responsabilités liées à cet événement.
Vestine Mukanoheri
Commission Information et Communication
FDU/Inkingi
[1] Amadou Deme, Quand les vainqueurs racontent l’histoire: les victimes des Nations-Unies au Rwanda, Bruxelles, Editions Scribe, 2021, 4è page de couverture. ·
[2] Edouard Karemera, Le drame rwandais. Les aveux accablants des chefs de la Mission des Nations-Unies pour l’Assistance au Rwanda, Lille, Editions Sources du Nil, 2006, pp. 61-63
[3] Charles Onana, Les secrets de la justice internationale. Enquêtes truquées sur le génocide rwandais, Paris, Editions Duboiris, 2005, pp. 258-262
[4] Lt Général Roméo Dallaire, J’ai serré la main du diable. La faillite de l’humanité au Rwanda, Paris-Outremont, 2004, p.198
[5] Jacques Roger Booh Booh, Le patron de Dallaire parle. Révélations sur les dérives d’un général de l’ONU au Rwanda, Paris, Editions Duboiris, 2005, p.91
[6] Robin Philpot, Rwanda. Crimes, mensonges et étouffement de la vérité, Montréal, Québec, Etions Les Intouchables 2007, p.111.
[7] Bernard Lugan, Rwanda. Contre-enquête sur le génocide, Toulouse, Editions Privat, 2007, pp. 160-164.
[8] OUA, Rwanda, le génocide qu’on aurait pu stopper. Rapport des experts sur le génocide au Rwanda, Addis-Abeba, 7 juillet 2000, Chap. 7, &7.1.
[9] SOS Rwanda-Burundi, Lecture critique des comptes rendus analytiques des auditions de la Commission d’enquête pour le Rwanda du Sénat belge, Buzet (Belgique), Décembre 1997, p.11. https://archives.graduateinstitute.ch/lecture-critique-des-comptes-rendus-analytiques-des-auditions-de-la-commission-denquete-pour-le-rwanda-du-senat-belge
[10] Hirondelle News, TPIR/jurisprudence – Le « constat judiciaire » devant le TPIR (éclairage),17.04.2009. https://www.justiceinfo.net/fr/10693-170409-tpirjurisprudence-le-l-constat-judiciaire-r-devant-le-tpir-eclairage7500.html,
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