Affaire Agathe Kanzinga : les réseaux pro-Kagame ont-ils pris la justice française en otage ?
Introduction
Pour rappel, Madame Agathe Kanziga Habyarimana fait l’objet d’une enquête pour « complicité de génocide » et « crimes contre l’humanité » depuis 2008 en France.
En août 2025, les magistrats avaient ordonné un non-lieu, estimant qu’il n’existait pas de charges suffisantes contre elle. Ils la voyaient non pas comme auteure du génocide, mais comme une victime de l’attentat mortel contre l’avion de son mari, Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994.
Mais ils ignoraient l’acharnement, et surtout la toute-puissance, des lobbies pro-régime de Paul Kagame entre autres contre toute personnalité liée à la famille du président assassiné en 1994, Juvénal Habyarimana.
Ces lobbies, regroupés au sein d’associations, ainsi que les agents du régime de Paul Kagame en France, qui se présentaient comme « parties civiles » dans cette affaire, avaient donc fait appel de ce non-lieu.
Mercredi 6 mai 2026, la cour d’appel de Paris a décidé d’annuler le non-lieu accordé en août 2025 à Agathe Kanziga Habyarimana, veuve du président Juvénal Habyarimana, tué dans un attentat terroriste qui a abattu son avion présidentiel le 6 avril 1994 à Kigali, et qui a déclenché le génocide rwandais.
Qui sont ces obsédés qui s’acharnent sur la veuve du président Habyarimana en France ?
Ils font partie de ceux qui ont fait appel de ce non-lieu, jurant de faire juger et condamner Madame Agathe Habyarimana devant une cour d’assises pour des crimes qu’elle ne pouvait pas commettre.
Parmi eux, on trouve certaines associations se réclamant de la défense des droits humains, comme la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), Ibuka France, la Communauté rwandaise de France (CRF), le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), etc.
Ces associations ont réussi à s’allier au régime du dictateur Paul Kagame pour défendre sa cause et l’aider à traquer la veuve du président Habyarimana dans son dernier refuge en France.
Ces agents et acteurs trop zélés du régime de Paul Kagame en France peuvent être classés en trois catégories : ceux qui sont motivés idéologiquement ; ceux qui sont motivés financièrement ; et ceux qui sont motivés dans les deux sens, donc doublement.
On y retrouve globalement des ONG et des associations qui ont dévoyé leurs idéaux et leurs objectifs pour servir la cause du régime du FPR, ainsi que des opportunistes qui ont saisi l’occasion pour devenir célèbres ou riches, comme nous le développerons dans les paragraphes suivants.
Quels arguments ont-ils fait valoir pour faire appel de ce non-lieu ?
Ils ont affirmé avoir trouvé de nouveaux éléments à verser au dossier. Après le prononcé du non-lieu en août 2025, ces agents et organisations agissant pour Paul Kagame en France ont prétendu avoir obtenu de nouveaux éléments qui chargeraient Agathe Kanziga Habyarimana et que la cour d’appel devrait examiner avant de se prononcer sur ce non-lieu. Visiblement contrariés et énervés, ils ont donc de nouveau interjeté un énième appel en évoquant des éléments que la cour n’aurait pas pris en compte.
Ils avançaient notamment les éléments suivants :
Tout d’abord, ils ont prétendu avoir trouvé d’autres preuves et témoins confirmant que l’« Akazu », »une organisation occulte chargée de planifier le génocide », aurait été mise en place par Madame Agathe Kanziga Habyarimana et ses frères.
L’accusation ne fournit aucun document précis sur le lieu ou la date de cette planification, mais prétend citer plusieurs témoins. Mais ces accusateurs trop zélés ont oublié que M. Protais Zigiranyirazo, le frère d’Agathe Kanziga Habyarimana, avait été définitivement acquitté en 2009 par le TPIR.
En effet, le procureur du TPIR a tenté de prouver par tous les moyens sa thèse selon laquelle M. Protais Zigiranyirazo et sa sœur, Agathe Kanziga, auraient créé un groupe d’intimes ou un cercle d’influence désigné par le terme « Akazu » (ou « petite hutte »), autour du président de la République, et que ce groupe aurait comploté et planifié le génocide pour conserver son influence et le pouvoir. Toutes les accusations le présentant comme le cerveau du génocide ou comme ayant planifié le génocide contre les Tutsis ont été balayées par la justice internationale.
Dans son jugement rendu en décembre 2008, le TPIR avait déjà écarté la thèse d’un complot ourdi par M. Zigiranyirazo dans le cadre de l’Akazu, l’acquittant du principal chef d’accusation, à savoir « l’entente en vue de commettre le génocide ».
Au paragraphe 395 de ce jugement, la Cour a déclaré ce qui suit : « La Chambre estime que le Procureur n’a pas établi la responsabilité pénale de l’accusé en vertu des articles 2.3 b) et 6.1 du Statut pour entente en vue de commettre le génocide. Cela étant, elle le déclare non coupable du premier chef de l’acte d’accusation. »
Pour en savoir plus sur cette affaire, il est possible de lire le jugement complet et définitif du TPIR, qui fait plus de 150 pages, et qui est toujours disponible sur le site de ce tribunal, même après sa fermeture.
L’autre élément que ces mêmes associations ont utilisé contre la veuve rwandaise du président Habyarimana est le fait de lui imputer des massacres d’enfants dans son propre orphelinat de Masaka, rattachant ainsi son nom à des actes d’une cruauté extrême. Or, plusieurs employées de l’orphelinat Sainte-Agathe ont été entendues à la demande du TPIR en 2004 et aucune d’entre elles n’a impliqué Agathe Kanziga dans des comportements discriminatoires liés à l’ethnie. Les enfants accueillis étaient traités de la même manière, quelle que soit leur origine.
De plus, Bozena Maria Buydnek, la directrice de l’orphelinat, de nationalité polonaise, a été entendue sur commission rogatoire en Pologne et a également précisé qu’Agathe Kanziga se comportait de la même manière envers les Hutus et les Tutsis. Elle a affirmé ne l’avoir jamais entendue dire du mal de quiconque et la décrit comme une personne qui vient en aide aux autres.
Enfin, ils ont évoqué le fait que Paul Kagame avait ciblé et attaqué l’ex-capitaine de gendarmerie française Paul Barril, devenu chef d’une entreprise privée spécialisée dans la sécurité, et à qui Madame Kanziga avait demandé de découvrir l’identité des auteurs de l’attentat dans lequel son époux et l’équipage français avaient péri.
Curieusement, les mêmes associations s’en sont prises à Paul Barril. Selon eux, Madame Agathe Kanziga devrait donc aussi en être inculpée et poursuivie pour « génocide, être cerveau du génocide et entente en vue de commettre le génocide », et une plainte a été déposée contre elle, comme elle l’avait été contre le capitaine Paul Barril.
En effet, en 2013, les mêmes associations, en particulier la FIDH, la LDH et Survie France, s’en étaient prises à Paul Barril en déposant une plainte contre lui pour « complicité de génocide au Rwanda ». La plainte est toujours en cours.
Dans le cas du capitaine Barril, la concomitance entre les accusations portées par le dictateur rwandais Paul Kagame et les actions intentées par ces associations est troublante et laisse penser à une entreprise concertée. Toutefois, tant que Madame Agathe Kanziga restera sous pression judiciaire, il est peu probable que l’on en connaisse l’issue.
Qui sont les instigateurs de la machine politico-judiciaire qui continue à harceler une victime innocente du régime de Paul Kagame en France ?
Ils se sont particulièrement illustrés au cours de ces 30 années de harcèlement contre l’une des victimes de cet attentat. Beaucoup d’entre eux se sont même rendus ridicules, déshonorant ainsi leurs métiers. Il y a des associations qui se réclament de la défense des droits humains, mais qui sont en réalité des obsédés et des défenseurs à outrance de la cause du dictateur Paul Kagame au Rwanda, en France, pour faire taire toute voix critique ou réclamant la vérité sur les crimes commis au Rwanda, dont l’élément déclencheur du génocide de 1994, et qui sont citées au premier paragraphe.
Il y a également certains enquêteurs du PNAT (Parquet national antiterroriste de Paris) qui, sous prétexte d’aller enquêter au Rwanda et de chercher des éléments de preuve contre les inculpés, se rendent en réalité dans ce pays pour enregistrer les accusations du parquet local, rencontrer et noter les témoins d’accusation que le régime a cherchés et à qui il a appris comment charger l’accusé en France. Ils sont ainsi devenus des doubles fonctionnaires des deux parquets (celui de Paris et de Kigali), mais surtout des touristes de luxe et prestigieux, car ils sont logés dans des hôtels cinq étoiles et tous les frais de séjour sont assurés par les impôts du contribuable.
Conséquence : lorsqu’un procès aux assises est décidé et qu’il faut donc aller chercher des témoins à charge au Rwanda, ces enquêteurs se précipitent pour recevoir cette mission. Certains d’entre eux la font durer des mois, voire des années, avant que le procès ne s’ouvre. On comprend donc pourquoi de tels enquêteurs feraient tout pour qu’aucun non-lieu ne soit prononcé, car cela signifierait pour eux un échec dans l’obtention d’un séjour touristique prestigieux et lucratif au Rwanda, afin d’y trouver ou de créer des témoins à charge. Nous n’en citerons aucun nom, mais ils se reconnaîtront.
Penchons-nous un peu sur le cas d’un « historien » !
Parmi les nouveaux accusateurs de Mme Agathe Habyarimana, on trouve un certain Vincent Duclert, que le président Emmanuel Macron a nommé président de la commission d’historiens français chargée de l’affaire rwandaise. En réalité, il s’agissait d’amadouer Paul Kagame en abondant dans ses thèses, prétendument avec des arguments scientifiques produits par des historiens.
Son rapport très politique, publié en 2021, a été versé au dossier d’instruction. Sur la base de rumeurs invérifiables venues de Kigali, Vincent Duclert affirme que les véritables cerveaux du génocide seraient, selon la DGSE, Agathe Kanziga et son frère, Protais Zigiranyirazo. Or, Protais Zigiranyirazo a été définitivement acquitté en 2009 de toutes les accusations, y compris celle d’être le cerveau du génocide ou d’entente en vue de commettre le génocide, par les TPIR. Malgré cela, Vincent Duclert salit la mémoire de Protais Zigiranyirazo.
En effet, Vincent Duclert s’oppose non seulement à une décision définitive du TPIR, mais aussi à l’inhumation de cet homme dans la ville d’Orléans, en France. Bien que ce frère d’Agathe Kanziga Habyarimana ait été reconnu non coupable et innocenté par le TPIR, Vincent Duclert estime qu’il ne mérite pas d’être inhumé près de sa famille résidant en France. Vincent Duclert n’a donc ni respect pour un homme décédé, ni considération pour sa famille.
Il y a aussi quelques journalistes, dont Laurent Larcher du journal La Croix. Constatant que tous les témoins désignés pour accuser madame Agathe Habyarimana avaient échoué, les associations dites de défense des droits de l’homme ont jeté leur dévolu sur un joker : le journaliste français du quotidien La Croix, Laurent Larcher. Il n’a jamais connu ni côtoyé la famille Habyarimana et ne sait pratiquement rien d’Agathe Kanziga, si ce n’est les mensonges et rumeurs de Kigali, qu’il relaie régulièrement dans la presse. On se demande alors comment ce témoin de dernière minute pourra apporter un témoignage direct sur les faits. Mais pourvu que le harcèlement continue.
À quoi sert le harcèlement moral et judiciaire dont est victime Madame Agathe Kanziga en France ?
Pour mieux comprendre la problématique et répondre à cette question, il suffit de constater qu’une autre affaire concernant la même personne est toujours en suspens. Il s’agit de l’attentat terroriste du 6 avril 1994. Ce qui implique qu’il n’y a toujours pas de justice pour les familles des victimes, à savoir : neuf africains, dont deux chefs d’État en exercice et leurs suites, ainsi que trois citoyens français, membres de l’équipage.
Cette affaire, qui a déclenché le génocide de 1994 au Rwanda, est curieusement évitée par les instances judiciaires, tant internationales que nationales, et surtout par la France, dans laquelle trois de ses citoyens en mission commandée ont trouvé la mort. Ceci est longuement expliqué dans le livre du Dr Charles Onana, paru le 7 avril 2026**.
En conclusion, espérons que la défense de Madame Agathe Kanziga Habyarimana usera de toutes les voies de recours légales pour contrer les agissements de ces associations et agents du régime de Kagame en France, qui s’acharnent à harceler une innocente victime depuis plus de trente ans. Même sans être condamné, trente ans de procédure constituent un calvaire pour n’importe quel inculpé, surtout dans un pays étranger et sans papiers.
Comme l’attentat du 6 avril 1994, qui a déclenché le génocide au Rwanda, constitue un crime imprescriptible, tout comme le génocide lui-même, espérons que les familles et les descendants des victimes de l’attentat terroriste du 6 avril 1994 contre l’avion présidentiel, qui a déclenché ce génocide, obtiendront justice. Ce droit leur est notamment refusé en France.
Les régimes peuvent changer avec le temps, mais les proches et les familles des victimes de crimes de génocide, comme cet attentat, auront toujours le droit de réclamer justice, car ces crimes sont imprescriptibles.
Emmanuel Neretse
**Charles Onana. Cinq enquêtes sur un attentat. L’événement déclencheur du génocide au Rwanda. Editions l’Artilleur. Paris, 2026.
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