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Le contrôle des armées africaines par les Etats-Unis : le cas du Rwanda

photo http://rwandinfo.com/

Le général Kabarebe avec des soldats américains

De façon insidieuse, sans installer ou déployer des bases militaires grandioses, l’armée américaine est plus que n’importe quelle autre puissance présente en Afrique. Elle contrôle en effet presque toutes les armées nationales des pays qui, dès lors, sont tributaires des Etats-Unis en matière de défense. Le cas le plus caricatural est celui du Rwanda d’après 1994.

Legs colonial et guerre froide

Jusqu’à  la chute du mur de Berlin en1989, les armées des pays africains étaient toutes tributaires du legs colonial et de la guerre froide qui sévissait alors. Certaines d’entre elles avaient été mises sur pied en catastrophe par les puissances coloniales juste avant leur départ suite au vent des indépendances qui a soufflé au début des années 60. De telles armées avaient gardé des liens avec les anciennes puissances coloniales car organisées selon leurs normes et surtout formées et équipées par les cadres des armées de ces puissances.

D’autres pays avaient des armées issues de la lutte contre le colonisateur et qui, de ce fait, avaient bénéficié et bénéficiaient des appuis du bloc soviétique dans son affrontement avec le bloc occidental. Elles étaient organisées, formées et équipées selon les normes du bloc de l’Est.

Mais, après l’effondrement de l’URSS, les Etats-Unis devenaient la seule Superpuissance du monde et son hégémonie allait se faire sentir dans tous les secteurs d’activité. Les conséquences sur le plan stratégique et militaire furent que les Etats Unis ont élaboré une nouvelle stratégie en ce qui concerne les Etats africains. Il n’était plus nécessaire de contrer l’influence soviétique dans ces pays mais plutôt de récupérer, à vil prix, les anciens satellites de l’ex-URSS. En même temps, la désormais seule Superpuissance mondiale devait désormais superviser les actions des anciennes puissances coloniales en Afrique qui sont ses alliés (France, Grande Bretagne, Portugal,…) et ne plus les laisser le champ libre dans ce continent comme du temps de la guerre froide quand elles avaient la latitude d’intervenir comme elles l’entendaient dans leurs pré- carrés respectifs.

Mais la première mise en œuvre de cette nouvelle stratégie fut un fiasco total. Les Etats-Unis avaient décidé d’intervenir directement militairement en Somalie en 1991 pour y imposer leur ordre en y chassant les forces qu’ils jugeaient hostiles à leur idéologie et y installer celles jugées plus dociles. Les GI’s furent ignominieusement humiliés et les images de cette humiliation firent le tour du monde. Ce fait a causé un traumatisme psychique et médiatique dans l’opinion américaine que, depuis lors, il n’est plus question d’envoyer un seul GI’s directement sur le front actif en Afrique.

C’est alors qu’une nouvelle stratégie pour l’Afrique fut élaborée et adoptée. Il s’agira désormais d’user des supplétifs locaux (les armées des pays africains) pour des actions militaires sur le terrain en Afrique menées pour les intérêts et sous la supervision  des Etats-Unis.

Les premiers supplétifs des Etats Unis en Afrique après la guerre froide furent les armées de l’Ethiopie et de l’Ouganda. En Ethiopie, une rébellion issue de la minorité tigréenne et à sa tête Melès Zenawi, venaient de s’emparer du pays en 1991 après avoir défait l’armée du colonel Mengistu Hailé Mariam composée des ethnies majoritaires dans ce pays que sont les Amhariques et les Oromo. Pour s’affirmer, le tigréen Melès Zenawi avait besoin de la Superpuissance qui devait bénir toutes ses actions mais en contrepartie la Superpuissance l’utiliserait comme son supplétif dans la région. Le calcul s’est révélé juste jusqu’aujourd’hui. (AMISOM).

De même, le munyankole Yoweri Museveni qui s’était emparé du pouvoir en Ouganda en 1986 avec une rébellion composée à grande majorité de Tutsi d’origine rwandaise, devait, pour s’affirmer et, asseoir sa légitimité et avoir l’aval de la Superpuissance. Mais en contrepartie, la Superpuissance l’utilisa comme un supplétif pour mettre en pratique les plans élaborés pour la région. C’est ainsi que l’armée de Museveni sera autorisée et appuyée par la même Superpuissance pour renverser le régime démocratique au Rwanda après une guerre de près de 4 ans (1990-1994) et dans la foulée sera utilisée pour renverser le Maréchal Mobutu du Zaïre en1997. Tout cela s’est opéré sans que les soldats américains ne soient directement engagés au combat alors que les plans de manœuvres et les objectifs étaient chaque fois fixés par le Pentagone. Au passage l’armée mono ethnique tutsi du Burundi avait été associée à cette aventure dès1997sous « Buyoya II », tout ça avec la bénédiction et le soutien du Pentagone.

Création de l’AFRICOM

Pour concrétiser et donner forme à cette nouvelle stratégie, il fut créée l’AFRICOM : le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (en anglais United States Africa Command ). En 1983, les planificateurs stratégiques des États-Unis ont placé la majeure partie du continent sous la responsabilité du Commandement européen parce que la majorité des pays africains étaient d’anciennes colonies européennes ayant conservé des liens politiques et culturels avec l’Europe. Depuis le milieu des années 1990, les spécialistes régionaux du département de la Défense réclament la création d’un commandement africain. En gestation depuis plusieurs années, il fut décidé de créer un état-major spécifique pour ce continent durant l’été 2006.

photo http://mutulushakur.com/

L’AFRICOM, qui est donc un commandement unifié pour l’Afrique créé par le Département de la Défense des États-Unis en 2007, est entré en fonction en 2008. Il coordonne toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur ce continent.


Programmes et actions pour le contrôle total de ces armées africaines

  • Formation des cadres militaires africains aux USA même

Ce programme, longtemps balbutiant, va connaître un essor considérable après1990. Les Etats-Unis veilleront à ce que les officiers susceptibles d’occuper de hautes fonctions dans la hiérarchie militaire de leurs pays fassent des stages dans des académies militaires US même à titre symbolique (voyages d’études, séminaires,…), le temps de les ficher et d’étudier leur psychologie afin de les classer et les suivre dans le reste de leurs carrières.

  • Entraînement des troupes sur place

Parallèlement, les instructeurs américains entraînent les troupes africaines dans leurs pays mais de façon discrète car opérant le plus souvent en tenue civile et sous étiquette de « société privée de sécurité ». Ce faisant, le Pentagone connaît ainsi parfaitement l’état de chaque armée africaine qu’il entraîne, notamment son degré de moral et de combativité, tout comme ses points faibles.

  • Equiper en matériel les unités de ces armées

A part l’armement individuel (la fameuse AK47 Kalashnikov qui est sans concurrence si l’on considère le rapport qualité-prix), tous les équipements individuels du combattant des armées africaines  sont fournis par les Etats Unis : tenues de combat, gilets pare-balles, casques, rangers,… Les armées, qui avaient traditionnellement opté pour s ’approvisionner ailleurs (France, pays de l’Est), sont surprises et tenues de s’y conformer lorsqu’elles doivent être déployées  dans des missions de maintien de la paix justement initiées, appuyées et financées par les USA. Chaque soldat doit en effet être drillé pour se mouler dans l’équipement américain et ensuite testé par des instructeurs américains avant d’être admis dans le contingent qui doit partir en mission de l’ONU.

La conséquence est que les Américains contrôlent effectivement et assurent la supervision de la chaîne de commandement et des transmissions de ces armées. Ils connaissent qui est qui, qui fait quoi, comment et avec quoi.

  • Appuis logistiques lors des opérations dans lesquelles ces armées sont engagées.

Les unités de ces armées sont plus encore sous le contrôle américain quand elles sont déployées en mission de maintien de la paix sous la bannière de l’ONU.  Elles  sont en effet équipées par US Army avant leur départ, ravitaillées par elle tout le long de leur mission et s’assure de leur suivi en cas de relève.

Engagement des supplétifs dans les Opérations de maintien de la paix de l’ONU

Comme on l’a vu, l’engagement des armées africaines dans des missions de maintien de la paix en Afrique surtout,  constitue la pierre angulaire de la stratégie militaire des Etats-Unis pour ce continent après la débâcle de Somalie en 1992. La superpuissance ayant renoncé à déployer encore directement ses soldats sur le terrain en Afrique, elle a opté pour l’utilisation des supplétifs que sont  armées de certains régimes des pays de ce continent. Ce faisant, sans risquer de déplorer la vie d’un seul soldat américain, les Etats-Unis peuvent rester maîtres de la situation sur différents théâtres d’opérations en y déployant des troupes de certains pays dits « sûrs » qu’ils paient et équipent. De plus, chacun y trouve son compte car les régimes choisis pour servir de supplétifs y gagnent doublement : leurs militaires sont grassement payés, surtout les hauts cadres, et le régime peut se vanter « d’assurer la paix mondiale » grâce à ses soldats déployés ici et là, où le veulent les Etats-Unis.

Quelques supplétifs sont privilégiés pour ce « contrat » 

Au début, seuls quelques régimes avaient pigé et étaient au parfum de cette nouvelle stratégie américaine qui s’avérera très juteuse.

Ainsi, à la surprise générale, les anciens maquisards tutsi venus d’Ouganda qui s’étaient mués en « Armée Rwandaise » en 1994, furent déployés en force dans différents théâtres d’opérations : au Darfour, en  Côte d’Ivoire, en Guinée Bissau, même en Haïti, au Mali, en Centrafrique, au  Sud Soudan… Bref, partout où les USA voulaient avoir un œil mais sans devoir y envoyer ses propres soldats.

L’Ouganda n’était pas en reste. Ses soldats furent déployés d’abord en Somalie d’où les mêmes Etats-Unis venaient de se retirer humiliés. L’Ouganda de Museveni comme l’Ethiopie de Meles Zenawi qui ont volé au secours pour atténuer la honte des USA en a été grassement rémunéré que ce soit politiquement ou financièrement. Ces soldats furent alors systématiquement déployés en RDC, en Centrafrique, au Darfour ou au Sud Soudan et y restent jusqu’à nouvel ordre et  pour le compte des USA.

Les soldats de l’Ethiopie restent des grands supplétifs des Américains dans la Corne de l’Afrique,  que ce soit en Somalie, au Darfour, ou au Sud Soudan, ils sont le bras armé et l’œil vigilant du Pentagone dans ces régions troublées.

Seulement voilà : le pot aux roses ne tarda pas à être découvert par les autres armées des pays africains. Ces armées veulent aussi leur part du gâteau et appellent leurs gouvernements à tout faire pour qu’elles aussi soient envoyées en missions dites de « maintien de la paix de l’ONU ou de l’Union Africaine », en fait pour qu’elles aussi soient entraînées, équipées et payées par les Etats-Unis ou l’Union Européenne.  Pour occuper tout le monde, il a fallu  multiplier ces opérations quitte à créer des conflits ou en entretenir artificiellement d’autres : RDC, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Burkina, Sud Soudan, Centrafrique, et peut-être prochainement au Burundi (?),…

Ironie du sort et aussi cyniquement que cela puisse paraître, les Africains eux même souhaitent que des conflits éclatent partout en Afrique ou que ceux existants soient entretenus pour continuer à bénéficier de l’argent et de l’équipement des Etats-unis et de l’Union Européenne dans le cadre des « missions de maintien de la paix ».

Cas spécifique du Rwanda après 1994

Les généraux Kabarebe, Nyamvumba et le représentant de l’armée américaine /photo igihe.com

Dans le cas spécifique du Rwanda d’après 1994, faillait-il ou faut-il encore parler de : Armée Patriotique Rwandaise (APR) – Armée Rwandaise ou Rwanda Defense Forces (RDF), autant d’appellations que se sont affublés ou s’affublent les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda qui se sont emparés du Rwanda en 1994,  ou simplement il faudrait les appeler une carrément : « Une milice locale créée et entretenue par les Américains pour être leur bras armée dans la région »?

Face au constat ci-haut, l’armée du régime du FPR au Rwanda ne peut être qualifiée autrement. En effet, les cadres supérieurs sont formés aux USA. Les cadres subalternes sont formés sur place par les Américains. Certaines unités sont exclusivement encadrées par les USA et leur emploi relève d’eux. C’est le cas des fameuses « Special Forces ». Les équipements sont fournis par les USA pour les unités d’appui au Commandement comme les Transmission (Tr),  le Génie (Gn), l’Aviation Légère (Lt Avi). Enfin, en opérations extérieures, le transport des troupes et du matériel est assuré par US Army. Et l’appui en matériel adéquat selon le terrain est assuré par US Army.

Il ne reste donc qu’ à souhaiter que les Etats-Unis ne permettent point  au régime d’utiliser la milice supplétive de l’US Army en Afrique centrale abusivement appelée « Rwanda Defense Force » dans des actions menées par d’autres milices du parti au pouvoir le FPR (Police, DASSO, Intore…) pour réprimer la population innocente quand elle exige plus de liberté et de démocratie. La Superpuissance en serait responsable devant l’Histoire.

Emmanuel Neretse
03/02/2017

 

 

Rwanda. Les piliers immatériels du régime dictatorial de Paul Kagame

kagame clinctonLe régime du FPR qui règne sur le Rwanda depuis 1994 est issu d’une conquête militaire initiée de l’extérieur et imposé  à la population conquise.  Il n’a donc aucune légitimité sauf celle qu’il voudrait se forger et qui repose sur un fait discutable : « avoir arrêté un génocide ». Ce régime cruel et donc forcément impopulaire, est maintenu à bout de bras par tous les moyens possibles et imaginables (juridiques, militaires, diplomatiques, …), contre toute logique, par les puissances qui l’ont pensé depuis leurs bureaux de Washington, Londres ou Bruxelles, et qui ont tenté l’expérience de l’installer au Rwanda.

L’impunité dont les agresseurs ont joui et dont le régime qui en est issu continue de jouir de la part de ce qui est appelé la « communauté internationale » et le traitement de faveur dont il est l’objet, sont devenus scandaleusement historiques.

Dès le départ, l’agression dont fut victime le peuple rwandais le 01octobre1990 de la part des éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda était une  violation flagrante du droit international. L’Etat de l’Ouganda, membre des Nations Unies, venait bel et bien d’agresser le Rwanda lui aussi membre des Nations Unies en l’attaquant avec ses troupes régulières[1]. Non seulement, le Conseil de Sécurité de l’ONU censé trancher dans une telle situation dans sa mission d’assurer la paix ne voulut pas s’en saisir, et une fois saisi, considéra  le cas comme un « conflit interne ». Pourtant, cette agression foulait aux pieds même les principes de l’ONU en matière de réfugiés tels qu’ils devraient être défendu par le  HCR qui est l’une de ses agences. L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ancêtre de l’actuelle Union Africaine, avait, elle, adopté une Convention  en matière des réfugiés.

La Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, en son article 3, stipule que : « Un réfugié doit d’abstenir de tous agissements subversifs dirigés contre un état membre de l’OUA ».

L’alinéa 2 du même article 3 impose aux états signataires le devoir «  d’interdire aux réfugiés établis sur leurs territoires respectifs d’attaquer un quelconque état membre de l’OUA… ».

Mais simple coïncidence ou bon choix du moment ? En octobre1990, quand le Rwanda fut agressé par l’Ouganda, qui l’a envahi avec des éléments tutsi de son armée régulière, l’OUA était présidée par …Yoweri Museveni, le président de l’Ouganda. Tandis que le Secrétaire Général de cette organisation était un tanzanien du nom de Salim Ahmed Salim. Ce dernier était non seulement lié par alliance aux éléments tutsi de l’armée ougandaise qui venaient d’envahir le Rwanda mais aussi était un ancien collègue de Museveni à l’Université de Dar Es Salaam et étaient restés amis quand Museveni était encore au maquis et Salim Premier Ministre de Tanzanie. C’est donc avec peine que le Rwanda pouvait faire entendre sa voix au sein de l’OUA car si Salim Ahmed Salim n’omettait pas tout simplement de mettre cette question à l’ordre du jour, Museveni s’employait à convaincre ses pairs que la question était interne au Rwanda.

Après quelques mois de guerre, la victime commença à être présentée comme bourreau. Le gouvernement rwandais d’alors fut mis sous pression jusqu’à reconnaitre l’entité politique issue du Corps Expéditionnaire de l’armée de l’Ouganda comme un interlocuteur politique avec qui il devait discuter des affaires du Rwanda. Les pressions unilatérales furent si énormes que le régime Habyarimana dut  céder pour instaurer le multipartisme en plaine guerre (en fait donner libre cours aux complices des agresseurs d’opérer légalement et au grand jour à l’intérieur) ce qui équivalait à se faire harakiri. Et quand vint le moment des négociations avec les agresseurs, leur interlocuteur qui devait être le « gouvernement rwandais » n’était qu’un conglomérat de personnalités dont beaucoup étaient liées aux envahisseurs et d’autres mues par leurs intérêts égoïstes. Ce conglomérat qualifié de « gouvernement de coalition » ne pouvait non seulement pas présenter une position commune et ferme aux agresseurs,  mais encore dénonçait à ceux-ci, ceux des vrais patriotes et républicains démocrates qui tentaient de s’opposer à la conquête. Ils étaient soit politiquement neutralisés, ou alors simplement physiquement éliminés.

Les négociations dites d’Arusha furent donc biaisées et l’Accord qui  en sortit était léonin. Les assaillants du FPR raflaient presque toute la mise que ce soit politiquement ou militairement. Malgré toutes ces concessions, ces assaillants s’en moquaient comme la suite allait le révéler.

Les générauxMarcel Gatsinzi,  Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Les générauxMarcel Gatsinzi, Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

La force de l’ONU dite MINUAR (Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda) sous le commandement du général canadien  Roméo Dallaire et qui était censée aider à « implémenter » cet accord avait en fait une mission secrète à savoir aider les assaillants venus d’Ouganda à infiltrer la capitale rwandaise et à être prêts à s’emparer des positions stratégiques le moment venu pour l’assaut final.  Cet assaut final fut déclenché le 06 avril 1994 par l’attentat terroriste qui coûta la vie au Président Juvénal Habyarimana et à son homologue burundais Cyprien Ntaryamire et leurs suites quand l’avion qui les ramenait à Kigali fut abattu par deux missiles sol-air tirés par un commando de l’APR, le Corps Expéditionnaire de l’armée ougandaise qui avait envahi le Rwanda en 1990. Aussitôt après, ses éléments installés ou infiltrés dans Kigali commencèrent à se livrer aux assassinats ciblés et à occuper certaines positions stratégiques de la capitale avec l’aide de la MINUAR, tandis que d’autres unités de combat étaient envoyées en renfort depuis l’Ouganda. Le territoire  rwandais fut alors conquis systématiquement, colline par colline, jusqu’ à ce que ce Corps Expéditionnaire qui était venu d’Ouganda en octobre 1990 s’en empare entièrement. C’était en juillet 1994.

Mais cette conquête s’est effectuée au prix de milliers de morts. D’une part, le Corps Expéditionnaire venu d’Ouganda rasait sur son passage des collines entières habitées par des Hutu. D’autre part, certains Hutu dans la panique et le chaos généralisé, s’en prenaient  aux Tutsi ayant envoyé leurs enfants en Ouganda grossir les rangs des assaillants ou ayant manifesté des sympathies envers eux.

Paradoxalement, après la conquête du Rwanda par ces éléments tutsi mais de nationalité ougandaise car membres de son armée régulière, la Communauté Internationale (en fait les puissances qui ont pensé et décidé du sort du Rwanda) a mis les victimes de cette conquête sur le dos de la population conquise en l’accusant d’avoir commis « un génocide » ! Pire encore, cette même « Communauté Internationale » semble avoir avalisé la tentative des conquérants de se donner une quelconque légitimité. En effet, les conquérants venus d’Ouganda ne disent pas dans leurs discours officiels qu’ils ont conquis le Rwanda par les armes venant d’Ouganda,  mais ils disent qu’ils seraient venus pour « y arrêter le génocide » !

Face à ce constat, on peut alors se demander pourquoi  en est-on arrivé là. Pourquoi cet aveuglément de certaines puissances jusqu’à ériger le mal en vertu quand il s’agit du Rwanda et persévérer dans l’erreur contre toute logique ?

Dans les capitales des puissances qui décidaient  du sort du monde en 1990, le cas du Rwanda a été pris comme un cobaye de laboratoire avec ce postulat: peut-on faire revenir la minorité au pouvoir dont elle fut chassée 30 ans auparavant ? La réponse des analystes fut : « OUI, à condition  de la soutenir militairement et de ne pas tenir compte des ‘‘dégâts collatéraux’’ » (massacres interethniques qui accompagneraient la conquête et les représailles qui la suivraient). Le feu vert fut donc donné avec ordre de tout faire pour que la minorité soit réinstallée au pouvoir au Rwanda quels que soient les dégâts collatéraux. La mise en exécution de cette décision fut la guerre enclenchée en 1990 et son aboutissement en1994.

Le régime actuel installé au Rwanda en 1994, constitue donc un bébé-éprouvette né dans les labos des puissances occidentales. Celles-ci doivent tout faire pour qu’il ne meurt pas prématurément,  pour qu’il grandisse. Elles continuent de tout faire pour que ce régime artificiel s’affirme. Son échec, serait un échec personnel de ceux qui l’ont conçu. Insupportable tant qu’ils en auront les moyens.

Quelles en sont les piliers immatériels ?

Les médias et les ONG: Les puissances « faiseurs de rois » à travers le monde mais surtout en Afrique savent qu’aucun régime ne peut survivre s’il est la cible des grands médias internationaux et si les ONG sous leurs contrôles l’accusent systématiquement. De même, elles savent que tant qu’un régime même le plus dictatorial, le plus criminel, le plus corrompu d’Afrique, tant qu’il a les médias de son côté qui ne présentent que la belle facette de sa nature et même en exagérant et en même temps que les principaux ONG ne peuvent oser critiquer ou produire des rapports recommandant des sanctions, ce régime ne pourrait être renversé par ses éventuels opposants.

Dans le cas du régime installé au Rwanda en 1994, comment fonctionnent ces piliers (médias et ONG) ?[2]

Les grands médias du monde peuvent être rangés dans trois catégories : ceux qui sont sous le contrôle étatique, ceux qui appartiennent aux  magnats de la presse mondiale  et enfin ceux qui peuvent être qualifiés « d’indépendants ».

génocideLes médias sous contrôle étatique reçoivent tout simplement des consignes indiquant ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire concernant tel ou tel pays. En ce qui concerne le Rwanda par exemple ce n’est pas la RTBF ou France 2 qui oseront contredire les thèses officielles du régime Kagame.

Tandis que les médias sous contrôle des lobbies pro-tutsi et qui sont les plus nombreux et les plus puissants, leur ligne éditoriale est imposée en avance par les magnats de la presse à qui ils appartiennent. Ainsi par exemple RTL, France24, CNN,… pour se limiter à l’audiovisuel, ont comme ligne éditoriale, non seulement de ne jamais critiquer le régime du FPR de Kagame mais encore de faire sa promotion à toute occasion qui s’offrirait.

Enfin, les médias dits « indépendants » sont chaque fois approchés par les lobbies pro-tutsi qui leur indiquent comment se comporter face au régime de Kagame moyennant payement. Ils deviennent alors des caisses de résonnance de ces lobbies.

En ce qui concerne les ONG, il faut savoir que celles-ci sont financées par certains états souvent ceux-là même qui ont décidé de tenter l’expérience du FPR au Rwanda. C’est dans cette catégorie qu’il faut classer les agences de l’ONU et ses Commissions aux titres ronflants mais vides de sens : « Commission des Nations Unies aux Droits de l’Homme, de l’Enfant, de la Femme etc… ». Elles ne sont que des instruments des puissances qui les financent et ne dénoncent que ceux qui sont pointés du doigt par ces puissances. Quant aux autres ONG, elles sont financées par les magnats de la finance ou des célébrités politiques et médiatiques qui, souvent ont été mis en contact avec Paul Kagame par l’intermédiaire des mêmes lobbies à la base de la conquête du Rwanda (George Soros, Bill Clinton, Tony Blair…).

Conclusion et recommandations

On ne peut prétendre renverser un tel régime sans d’abord s’attaquer aux piliers qui le soutiennent. Tant que l’opposition ne sera pas à mesure de dénoncer dans les médias les crimes et autres violations des droits de l’homme du régime du FPR de Paul Kagame, et tant que ces médias ne  pourront pas en faire écho dans l’opinion, tout effort pour le renverser ou le faire infléchir sera vain car non justifié devant l’opinion. De même, tant que les Organisations de défense des droits de l’homme ne dénonceront pas les violations que commet le régime du FPR de Paul Kagame et ensuite recommander des sanctions comme elles sont promptes à le faire pour des régimes beaucoup plus démocratiques (Burundi, RDC,…), le régime continuera à agir impunément. Car, contrairement aux apparences, le régime du FPR de Paul Kagamé est très fragile car bâti sur ces deux piliers : le mensonge et la dissimulation. Ce régime ne tiendrait pas quelques mois face à une campagne médiatique de dénonciation publique de ses crimes et violations des droits de l’homme. On a vu comment une seule émission d’un seul média britannique l’a fait trembler sur ces bases. On s’imagine ce qu’il adviendrait si chaque soir toutes les télévisions du monde diffusaient des reportages dénonçant ces crimes. Ensuite, vivant essentiellement des aides extérieures dispensées sans compter et sans condition, le régime ne survivrait pas à des sanctions, même ponctuelles, de certaines puissances. On a vu comment, à la suite de menaces de sanctions pour son soutien au M23, l’atmosphère était à la panique à Kigali, ce qui l’a contraint à le lâcher.

Toute opposition devrait donc se donner pour objectif (même platonique) et s’en donner les moyens,  de tout faire pour que les crimes du régime du FPR de Paul Kagame soient dénoncés dans les médias et que les ONG demandent que des sanctions soient prises contre ce régime. Les formations de l’opposition ont suffisamment de cerveaux qui peuvent étudier comment contourner ou escalader le mur qui protège le régime du FPR de Paul Kagame contre toute critique et toute dénonciation de ces crimes. Les autres moyens de lutte seraient alors alignés dans la foulée mais pas avant, sinon ce serait « mettre la charrue avant les bœufs ».

Emmanuel Neretse


[1] Le Corps expéditionnaire qui a envahi le Rwanda le 01 octobre 1990  était commandé par des officiers de l’armée régulière de ce pays et qui occupaient encore des hauts postes de commandement dans l’armée.

  • Maj Gen Fred Rwigyema : Vice-ministre de la Défense de l’Ouganda;
  • Maj Chris Bunyenyezi : Commandant de Brigade Est en Ouganda ;
  • Maj Peter Bayingana : Chef du Service de Santé de l’armée ougandaise ;
  • Maj Paul Kagame : Directeur Adjoint des Renseignements militaires de l’Ouganda ;
  • Maj Samuel Kanyemera alias Kaka : Commandant de la Police Militaire, Kampala ;
  • Lt Colonel Adam Waswa : Chef des Services Logistiques de l’Armée, Ouganda ;
  • Maj Nduguteye alias Kalisoliso : Commandant de la marine, Ouganda ;
  • Maj Bosco Nyirigira : Commandant 310 Brigade, Soroti, Ouganda ;
  • Capitaine Kayitare : Aide de camp du Maj Gen Rwigyema ;
  • Capitaine Muhire : Officier dans la Garde Présidentielle de Museveni
  • Capitaine Ngoga : Officier dans la Garde Présidentielle de Museveni.

Avec de tels grades et rangs dans l’armée régulière de l’Ouganda, il serait farfelu de devoir faire des recherches sur l’origine de leurs parents pour déterminer s’ils étaient ou non « Ougandais » et donc exonérer l’Etat ougandais d’avoir agressé l’Etat rwandais. C’est pourtant ce à quoi se sont adonnées l’OUA et l’ONU et l’ont réussi.

[2] Les médias engagés pour le régime tutsi du Rwanda. Audio-visuel : France 24 (France), TV5 Monde (France), RFI (France), RTBF (Belgique), RDI (Canada), CNN, (USA), VOA (USA), BBC (GB), DW ((Allemagne). Presse écrite : Libération (France), Le Figaro (France), Jeune Afrique (France), The New York Times (USA) Washington Post (USA), Le Soir (Belgique), La Libre Belgique (Belgique).

Les ONG complices du régime tutsi du Rwanda : FIDH (France), Survie (France), LICRA (France), SOS Racisme (France), Amnesty International (GB), HRW (USA).  Les agences de l’ONU comme : le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDR), la Cour Pénale Internationale (CPI).

L’Ambassadeur du Rwanda à Bruxelles vient encore de « frapper » !

Olivier Nduhungirehe

Olivier Nduhungirehe

Dans le cadre de son offensive pour faire taire toute voix discordante dans des forums de discussion et sur les réseaux sociaux, le très médiatique représentant du régime de Kigali à Bruxelles Olivier Nduhungirehe, vient d’obtenir qu’un certain Zac Biampa soit bientôt banni de DHR (Democracy and Human Rights), un des forums de discussion les plus fréquentés des exilés rwandais.

Au cours du week-end de fin d’année 2016 et du nouvel an 2017, il y a eu des échanges sur le forum DHR sur le thème du phénomène de « hutu de service ». Ces échanges faisaient échos d’un article qui  venait d’être publié sur le site echosdafrique.com.

Parmi ces messages, on notera celui de l’actuel ambassadeur du Rwanda en Belgique, Olivier Nduhungirehe, dans lequel il entend répondre à l’auteur de l’article qui n’est pas membre de DHR mais en le confondant avec un autre forumiste qui lui est bien sur DHR.

Le Lundi 2 janvier 2017 17h37,
« Olivier Nduhungirehe
oliviernduhungirehe@yahoo.fr
[Democracy_Human_Rights] »
<Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr> a écrit : 

Ignace Rudahunga, 

Le problème n’est pas informatique. La preuve est en que dernièrement, après plus de 24 heures sans voir deux de mes messages apparaître sur DHR, j’ai écrit au Modérateur et mes messages ont subitement été postés!
Quand aux insultes ethnistes, c’est cette expression de « Hutu de service » avec laquelle E. N, vieux ex-FAR déchu, « hors service« , sans avenir et sans espoir, se console derrière son ordinateur. Non seulement Agnes Murebwayire n’a pas condamné cette insulte (vous pouvez à  juste titre me dire qu’elle n’en avait pas l’obligation) mais surtout elle l’a publiquement soutenue jusqu’à l’expliquer, s’adonnant à des comparaisons historiques douteuses.
Je comprends parfaitement la critique politique, même la plus dure et la plus injuste, mais j’ai horreur de ce genre d’attaques personnelles, arrogantes et ethnistes.
Que cela vienne d’E. N, c’est compréhensible. N’a-t-il pas publiquement regretté, ici sur DHR, que « cette Tutsi de Chantal Karara » soit encore « sur cette terre »? Mais qu’Agnes Murebwayire l’ai appuyé, j’en ai pris bonne note.
OJPN
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  (NDLR : En réalité c’est Zac Biampa qui, au cours des échanges avec cette dame, s’était exclamé que l’on dirait que Chantal Karara ne vivrait  point sur cette terre tellement elle semblait ignorer les réalités du terrain).

Le même forumiste  Zac Biampa a naturellement répliqué à cette mise en cause de l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe via les forumistes qui venaient d’échanger avec lui sur ce sujet :

A Murebwayire et I. Rudahunga

Il semble que le « hutu de service » ff d’ambassadeur soit survolté et comme dans un état second, il fait feu de tout bois et tire sur tout ce qui bouge. Mais au passage, il laisse évidemment des perles historiques en absurdité.
Ainsi, il est convaincu et voudrait l’en convaincre d’autres que tout hutu qui ne serait pas « de service » comme lui serait « hors service » ! Pour lui il n’y a que deux catégories de hutu : les « hutu de service » et les hutu « hors service ». Autrement dit hors de la domination tutsi point de vie ni de salut ! De même, il est convaincu que  ceux qu’il considère comme vieux (qui ont l’âge de celui qu’il voudrait faire taire et qu’il nomme dans son posting ), n’ont plus droit à la parole et surtout au débat politique. Mais le rejeton de feu J C Nduhungirehe oublie que beaucoup de ses propres maîtres approchent, ont atteint ou ont dépassé cet âge. Le disant, il risque de se tirer une balle dans les pieds. Voilà un exemple des dégâts que peuvent causer la campagne de déshumanisation entreprise par le FPR dans les têtes de certains cadres hutu faibles d’esprit et psychologiquement  vulnérables comme Olivier Nduhungirehe. C’est malheureux  et regrettable !
Zac

 

Sans tarder le Modérateur de ce forum, visiblement contacté par « Son Excellence », a aussitôt adressé une mise en demeure à Zac Biampa:

Bonjour Zac,
Pour maintenir la qualité élevée du débat,  respectons les règles du jeu notamment le respect mutuel et la tolérance de nos interlocuteurs malgré l’opposition de nos idées et positions politiques.
Évitez les termes blessants inutilement et sans aucun apport à l’évolution des idées politiques dans notre société. Gardons le privilège de la contradiction des débats sur ce forum.
Nous apprenons énormément dans la diversité.
Cet avertissement vaut mise en demeure.
Bonne compréhension
IT

Le condamné Zac Biampa ne pouvait qu’accuser réception après que le couperet soit tombé. Il l’a fait en ces termes :

On Tuesday, January 3, 2017 4:58 PM,
« Zac Biampa zac.biampa@yahoo.fr
[Democracy_Human_Rights] »
<Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr> wrote:

Dont Acte,

Maître,
Je ne dois plus intervenir dans un débat dans lequel « Son Excellence » l’Ambassadeur est mêlé et souvent en me confondant avec ses contradicteurs éventuels.. Et comme il se mêle de tout, ceci signifie que je dois désormais me taire.« Findifindi » irutwa na « So araroga« .
Bien noté.

Conclusion.

Il semble hélas, que Olivier Nduhungirehe, depuis qu’il est « ambassadeur » à Bruxelles soit en train de convaincre une certaine opinion que certains  principes de savoir vivre ne le concernaient pas  mais surtout  que ses contradicteurs n’avaient  pas le droit de répliquer à ses invectives. Ainsi quand on parle de l’assassinat de son petit frère Janvier par les combattants du FPR en 1994 et que l’on fait remarquer qu’il doit taire ce fait ou acclamer ses assassins  comme gage de son allégeance au régime de Kigali, il crie à une « attaque personnelle » qui ne devrait pas être évoquée dans un débat politique. Par contre, quand lui-même déclare que tel activiste politique de l’opposition devrait se taire car sa femme N. Mu. serai fichée par Kigali comme étant liée à « une organisation terroriste » que constituent   les FDLR, Nduhungirehe se défend de se livrer là à une attaque personnelle contre cet opposant. De même quand il évoque l’âge d’un ancien officier des FAR, âge respectable auquel dans le monde entier les officiers ne sont plus du service actif dans l’armée, pour le qualifier de « hors service » et donc prétendre que celui-ci ne devrait plus émettre aucun avis sur la marche de son pays, il se défend maladroitement de ne pas se livrer là à une attaque personnelle.

Le plus inquiétant est que visiblement sa vision erronée de la façon selon laquelle les débats politiques devraient se dérouler est gobée par certains acteurs, en témoigne la mise en garde adressée à Zac Biampa. Il faudrait  que l’opinion tranche ou alors ce serait encore l’occasion de confirmer les adages rwandais : « Urwishe ya nka, ryuracyayirimo… » ou alors « Uko zivuze niko zitambirwa ».

Jean-Charles Murego

 

 

Rwanda. 2016 : Année des « Hutu de service » !

Introduction 

musa-fazilDepuis la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda en 1994 après près de quatre ans de guerre meurtrière, les nouveaux maîtres du pays ont instauré un régime atypique dont l’étude de certaines de ses caractéristiques  n’est pas sans intérêt.

D’un côté, le groupe tutsi ayant désormais le pouvoir politique absolue au Rwanda entendait aussi dominer tous les autres secteurs essentiels de la vie nationale : défense et sécurité, système judicaire, économie, éducation … Mais d’un autre côté, cette clique venue d’Ouganda avaient besoin de bras  ne fut ce que pour faire marcher  un tant soit peu ces secteurs.  Pour concilier ses exigences mais aussi pour donner le change à l’opinion internationale que le  vainqueur tutsi a eu l’amabilité d’associer le Hutu vaincu  à la gestion du pays, certains Hutu seront associés symboliquement, mais de façon ostentatoire, au pouvoir.

Outre l’aspect médiatique et propagandiste de cette association des Hutu au pouvoir, plus grave et plus cynique est son côté politique et social. Le régime tutsi entendait en effet user de cette association de quelques Hutu au pouvoir  pour expérimenter et implémenter la politique de déshumaniser tout Hutu  par l’humiliation et  par l’auto culpabilisation et la culpabilisation collective de la communauté hutu.

Ces cobayes hutu, généralement appelés « Hutu de service », doivent rivaliser de zèle pour :

  • Adorer leurs maîtres tutsi ;
  • Dans la campagne de culpabilisation collective de la communauté hutu ;
  • Dans l’auto-flagellation.

Tout le long du règne de la clique tutsi de Paul Kagamé depuis 1994, cette campagne a toujours été entretenue sous diverses formes et dans divers occasions. Le paroxysme  a été atteint en cette année 2016 comme nous allons le voir.

Voici un florilège des cas illustratifs de la dérive des « Hutu de service » :

  • Mussa Fazil Harelimana

mussa-fazil-harerimanaCet homme fut longtemps ministre soi-disant pour le compte de son petit parti : le Parti Socialiste Islamique (PSI). Il a commencé à étonner quand, en préparation d’une des simulacres d’élections que le régime organise, il a juré que son parti ne peut jamais oser présenter un candidat contre Paul Kagame.

L’on se souviendra ensuite que c’est le même Fazil Harelimana qui a lancé pour la première fois l’idée de collecter des pétitions en vue d’un référendum devant permettre à Paul Kagamé de rester président tant qu’il voudra. Il avait alors avancé l’argument comme quoi Paul Kagame avait acquis le Statut de « Baba wa Taifa » ce qui veut dire «  Père de la Nation » en langue swahili et que donc les élections ne le concernaient pas.

Ce « Hutu de service » d’un genre particulier étant donné son appartenance religieuse, n’est plus ministre, non pas qu’il fut remplacé mais parce que son département (Sécurité Nationale ayant en charge les prisons…) a été rattaché aux autres et donc a disparu. On entendra donc sûrement encore parler de lui.


A lire aussi : 

–  RWANDA : UNE ILLUSTRATION DU PHÉNOMÈNE « HUTU DE SERVICE »
–  RWANDA : LE POSTE D’AMBASSADEUR, UNE PORTE DE SORTIE POUR LES «HUTU DE SERVICE» ?
DILEMME DES « HUTUS DE SERVICE »


 

  • Jean Philibert Nsengimana

philbert-nsengimanaCe jeune homme d’une quarantaine d’années dont plus de cinq comme ministre de Paul Kagamé semble être le plus gravement atteint par cette campagne de déshumanisation et de chosification des jeunes cadres hutus. C’est en effet une cible vulnérable et symbolique du régime tutsi. Son père Joseph Bugingo, fut Bourgemestre de la Commune Gisovu à Kibuye de1976 à 1992. Il fut caractérisé par son humanité, son souci du bien-être et du développement de ses administrés sans distinction tout au long de son mandat à la tête de cette commune rurale.

Après la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda, Joseph Bugingo, tout comme d’autres anciens bourgmestres qui n’ont pas pu fuir ou qui ont été ramenés de force fut jetés en prison. Aucun crime ne lui était reproché sauf le fait d’avoir été bourgmestre sous le régime Habyarimana.  Hélas !, il mourra en détention au moment même ou son fils Jean Philibert Nsengimana était fait « ministre ». Ce dernier reçut alors consigne de ses maîtres de condamner publiquement son défunt père et de regretter d’être né de lui.

Et au passage, il loue l’action des conquérants tutsi qui, selon lui, l’ont libéré en emprisonnant à mort son papa et en même temps en le faisant, lui J Philibert Nsengimana, « ministre ». C’est le discours qu’il tient partout où il se rend dans les coins du pays surtout quand il doit y rencontrer des jeunes. Rien de pire que cela comme humiliation et déshumanisation.

  • Evode Uwizeyimana

Il est le plus rotors mais aussi le plus farfelu de ces « Hutu de service ». Ce jeune homme avait volé au secours de la victoire des éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda qui venaient de conquérir le Rwanda en 1994.  Il y resta jusqu’à la déconvenue de son mentor d’alors Faustin Twagiramungu de 2003.

uwizeyimana-eEvode Uwizeyimana se retrouvera alors au Canada d’où il poursuivit des études de Droit. Il se rendra surtout célèbre dans ses interventions sur les grandes radios du monde comme BBC ou VOA comme consultant et commentateur en matière judiciaire. Sa dernière action en exil fut la mise sur pied d’un comité (club) du tout nouveau  parti de Faustin Twagiramungu au Canada : le  « Rwanda Dream Initiative (RDI) ».

On retrouvera ensuite sa trace à Kigali faisant allégeance à ceux qu’il appelait sur les ondes de la BBC : « des bandits armés s’étant emparés du pays » en justifiant cette volte-face par son retard à l’allumage (compréhension de la réalité). Vulnérable qu’il était, après une brouille familiale, le FPR n’a pas fait d’efforts pour le repérer et le classer dans une catégorie bien définie.

Moins de deux ans après son retour, il vient d’entrer au gouvernement comme « Secrétaire d’Etat ». L’occasion pour monter qu’il est véritablement dans la peau d’un « Hutu de service » comme souhaité par ses maîtres lui fut donnée lors de la dernière réunion dite « Dialogue national » Umushyikirano. L’Evêque de Byumba, Monseigneur Servilien Nzakamwita, a attiré l’attention de l’assistance sur la problématique de la cellule familiale rwandaise afin de trouver des voies et moyens pour maintenir sa cohésion, ce qui constitue aussi un des volets de la sécurité dans toute société. C’est alors que le bouillant et imprévisible Evode Uwizeyimana s’est levé pour asséner à Monseigneur Servilien Nzakamwita qu’il ne devrait pas parler de famille car il n’en avait pas fondé ! Il ne saurait donc rien des problèmes des couples en famille.

A cette sortie, beaucoup dans la salle ont retenu leur souffle, mais les autres y ont vu un signe des temps. Il n’est pas en effet courant qu’un membre du gouvernement fasse taire une autorité morale qui parle des problèmes touchant son domaine pour lui clouer le bec au prétexte qu’il n’a pas vécu l’expérience ou ne se trouve pas dans la peau de ceux qu’il veut défendre.  Mais les vrais tenants du pouvoir riaient sous cape car l’Evêque ne pouvait pas être publiquement confondu par un homme politique bien élevé mais cette sale besogne est toujours confiée aux « Hutu de service » de la trempe d’Evode Uwizeyimana qui de ce fait sont perçus comme sans aucune moralité.

  • Olivier Nduhungirehe

ndungirehe-oIl est le plus zélé parmi les jeunes « hutu de service » mais son excès de zèle commence à embarrasser même ses maîtres. Ce garçon né en 1976 avec une cuiller d’argent dans la bouche (son père était alors Ministre de l’Economie et des Finances de Juvénal Habyarimana  depuis 1973 et restera au gouvernement pendant plusieurs années), ne supportera pas la vie d’un exilé même doré en Belgique après la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda en 1994.

Pour avoir de  nouveau accès aux lambris du pouvoir, il fit allégeance aux nouveaux maîtres du pays et comme gage, il leur adressa des remerciements et même présenta des excuses de la famille, pour avoir assassiné son petit frère Janvier Jean Cyriaque Nduhungirehe qui fut fusillé devant le portail de la résidence familiale à Kigali en avril 1994 par les combattants du FPR.

Pour Olivier Nduhungirehe, en allant sur une barrière (en fait le portail de la propriété familiale) Janvier Nduhungirehe devenait un « Interahamwe » et donc devait être abattu par les combattants tutsi. Devant une telle déshumanisation et un tel cynisme, il fut admis parmi les tout nouveaux « Hutu de service ».

Il vient de monter en grade car nommé « Ambassadeur du Rwanda auprès du Royaume de Belgique du Grand Duché du Luxembourg et de l’Union Européenne… ». J’en oublie !

Dès sa prise de fonction, il multiplie des actes qui gênent non seulement ses hôtes et ses compatriotes en Belgique mais également ses maîtres de Kigali. Toujours pour montrer qu’il est le plus dynamique et le plus intelligeant des ambassadeurs, il multiplie des meetings politiques dans tous les coins du pays dans lequel il est accrédité non seulement sans aviser les services locaux mais surtout sans se soucier de ce que ce genre de meetings politiques du parti au pouvoir sortent de ses missions. De même, à travers les réseaux sociaux et autres canaux de communication, il échange, à longueur de journée, des noms d’oiseaux avec ceux qu’il perçoit comme des opposants au régime de Paul Kagamé et va même jusqu’à leur adresser des menaces («  les  mettre hors d’état de nuire »).

Comme si cela ne suffisait pas, le bouillant ambassadeur Olivier Nduhungirehe se croit avoir le droit de parler au nom de toutes les autres représentations diplomatiques du Rwanda en Europe. On l’a vu dernièrement quand il s’est égosillé pour expliquer ce qui s’était passé à l’ambassade du Rwanda à Paris quand un opposant au régime, l’abbé Thomas Nahimana, voulait rentrer au Rwanda pour faire enregistrer son parti. Pourtant, l’ambassadeur en titre à Paris, le tutsi Jacques Kabare qui, de ce fait, a un avis qui est plus autorisé que celui du « Hutu de service » Nduhungirehe, n’avait pas réagi.

De même, Nduhungirehe n’a pas hésité ou n’a même pas pris un petit recul pour trouver des explications au refus d’entrée au Rwanda dont furent victimes l’abbé Thomas Nahimana et son équipe. Il s’était alors fendue en explications juridico-administratives pour prétendre que le refus d’entrée était régulier et totalement justifié. Mais il n’avait pas fini d’embobiner l’opinion qu’il s’est fait taper sur les doigts par son Grand Maître Paul Kagame, lui-même qui, publiquement, a avoué ne pas comprendre le bien fondé de ce refus. Le tonitruant ambassadeur Olivier Nduhungirehe en prendra peut-être compte à sa prochaine sortie. Ce qui n’est pas acquis, le connaissant !

Conclusion

Mais pourquoi en cette année 2016, les « Hutu de service » ont-ils touché vraiment le fond dans leur humiliation et auto-criminalisation conduisant tout droit à leur déshumanisation assurée ? La réponse pourrait peut-être être trouvée dans le calendrier des événements attendus.

En effet, l’année 2017 sera marquée par les simulacres d’élections marquant l’instauration d’une nouvelle monarchie féodale au Rwanda entamée par la dynastie «  Kagame ». Les « Hutu de service » sont donc  appelés à faire avaler la pilule au peuple déjà déboussolé depuis 23 ans mais qui croyait toujours être sorti de la féodalité en1959.

Malgré tout : Bonne et Heureuse Année 2017.

Emmanuel Neretse

Rwanda. A quoi rime le débauchage politique des opposants radicaux en exil par le régime du FPR?

Albert Rukerantare prenant la parole à Kigali ce 16/12/2016 dans la rencontre du dialogue national

Albert Rukerantare prenant la parole à Kigali ce 16/12/2016 dans la rencontre du dialogue national

Depuis sa prise du pouvoir dans du sang et des larmes car au prix des milliers de morts et des millions d’exilés, le régime du FPR, toujours en quête de quelque légitimité, a adopté une stratégie politique visant à recruter quelques personnalités parmi l’opposition en exil. Il ne se passe pas d’année sans que de Kigali on n’annonce l’arrivée d’un ancien opposant hutu virulent qui vient de faire allégeance à Paul Kagame après avoir maudit publiquement ce qu’il défendait et quelques fois en demandant pardon pour des crimes qui auraient été commis par ses proches. Le rituel est immuable. Passé le moment de stupeur et le choc que produit cette nouvelle dans les milieux de l’opposition, la routine s’installe jusqu’à l’annonce d’une prochaine prise du régime du FPR. Ce phénomène est non seulement inquiétant mais aussi destructeur qu’il ne doit pas être laissé dans la routine de la vie politique.

Cet article se propose d’analyser en peu de mots ce phénomène afin que chaque fois il soit évalué à sa juste valeur et que les éventuels cibles puissent se décider en connaissance de cause.

Les personnalités- cibles sont des personnes jouissant d’une certaine notoriété dans les milieux des exilés soit par leurs actions passées, soient par leurs activités comme réfugiés soit alors les deux. Elles sont pour la plupart liées directement ou indirectement au régime de Juvénal Habyarimana. Elles peuvent à un certain moment être considérées comme vulnérables suite aux problèmes sociaux ou professionnels qu’elles connaissent.

Ce que les personnalités-cibles ne sont pas.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elles ne sont pas du tout redoutées par le FPR. Bien plus, elles sont considérées comme inutiles pour le FPR que ce soit à l’étranger mais aussi au Rwanda même. Leur chasse est uniquement motivée par la propagande politique.

Buts stratégiques du FPR

Pour sa propagande destinée à la consommation interne, le FPR a besoin de temps en temps de brandir à Kigali le trophée d’un ancien opposant hutu qui vient faire allégeance et à qui on fait dire que le régime est le meilleur du monde. Une façon pour le FPR de dire aux populations sous son joug depuis 1994 que même les leurs qui étaient parvenus à le fuir  n’on plus d’autres choix que de revenir se soumettre. C’est d’un cynisme diabolique. L’autre but est bien évidemment de ridiculiser les formations politiques de l’opposition en exil, en les présentant comme « non sérieuses et sans aucune cohérence dans leur idéologie ». Et en passant, ces opposants sont de plus en plus divisés suite à ces défections.

Les gains ou pertes de chaque partie 

Les personnalités-cibles

Gains financiers : NEANT. On  a vu plus haut que ces personnalités-cibles sont inutiles au FPR. En effet, elles ne peuvent rien réaliser au profit du FPR que ces propres agents ne peuvent réaliser. Que ce soit dans les milieux des exilés hutu et encore moins au Rwanda. Ses services assurent depuis toujours qu’ils ont des yeux jusque même dans les organes dirigeants de ces partis d’opposition et d’autres associations, qu’avant chaque réunion le FPR en connaît déjà l’ordre du jour quand il n’a pas été établi par lui…Et alors, dans ces conditions , pourquoi encore payer une personnalité qui, quand elle fait publiquement allégeance à Kagame, est ipso facto brûlée chez les opposants ? Le payer pour faire quoi ?

Gains politiques : NEANT. Les personnalités cibles ne gagnent politiquement rien en faisant allégeance au régime. Au contraire elles y perdent énormément car elles n’auront plus aucune crédibilité que ce soit au sein du FPR et encore moins dans les milieux de l’opposition. D’ailleurs s’elles ne se résolvent très vite à aller résider au Rwanda elles seront mises en quarantaine et la vie en exil leur sera difficile. L’allégeance à Paul Kagame et son régime signifie pour elles la mort politique.

Evode Uwizeyimana prenant la parole lors des assises du dialogue national à Kigali le 16-12-2016

Evode Uwizeyimana prenant la parole lors des assises du dialogue national à Kigali le 16-12-2016

Gains sociaux ou professionnels : RELATIFS. Si la personne n’est pas ou n’est plus compétitive sur le marché du travail au Rwanda, même dans le secteur public, elle n’y gagnera rien professionnellement. Elle pourrait certes obtenir un strapontin politique d’apparat mais sans garantie de ne pas être jeté en prison du jour au lendemain et qui ne vaut pas le prix de sa conscience qu’elle aura vendu.

Le régime du FPR

Chaque fois que le FPR parvient à retourner un opposant en exil, il engrange des gains politiques et médiatiques énormes. Il impressionne sa population soumise depuis 1994, il ridiculise les organisations de l’opposition, il sème la zizanie et la méfiance parmi les opposants exilés, bref il gagne sur tous les fronts. Rien d’étonnant donc qu’il consacre des moyens colossaux à cette pêche aux exilés hutu pour faire tomber dans sa nasse une personnalité qui sera présentée comme « un ancien opposant hutu radical et virulent » qui vient de se repentir !

Conclusion

Le phénomène de débauchage des opposants en exil par le FPR n’est pas aussi banal que ça. Les formations politiques de l’opposition devraient l’intégrer dans leur stratégie de résistance. Individuellement, chaque personnalité politique pouvant être ciblée par la chasse du FPR devrait avoir une réponse claire sous la main à opposer à ces sollicitions, réponse qui ne lui met pas en danger mais aussi qui  ne lui fasse perdre tout respect et toute crédibilité  dans sa communauté.

Emmanuel Neretse

 

 

Depuis 1990, le Rwanda est un laboratoire de la nouvelle forme de colonisation de l’Afrique. Quelles leçons peut-on en tirer?

Bill Clinton - Paul Kagame -Tony Blair

Bill Clinton – Paul Kagame -Tony Blair

En 1885, les puissances européennes se sont partagées  l’Afrique rendant les territoires de ce continent leurs colonies. La Grande Bretagne, la France se sont alors approprié la part du lion. Mais l’Allemagne de Bismarck fut aussi servie tout comme le Portugal et l’Espagne dont les anciens comptoirs sur le continent noir  étaient reconnus comme colonies. Les Etats unis d’Amérique qui, à l’époque,  n’étaient qu’une jeune nation et une puissance moyenne, ne prit pas part au festin.

Après la Première guerre mondiale, l’Allemagne fut dépossédée de ses colonies au profit des puissances qui venaient de la vaincre. La fin de la Deuxième guerre mondiale consacrera les Etats Unis d’Amérique comme l’une des superpuissances du monde en compétition avec l’URSS elle aussi sortie victorieuse de la guerre mais aussi curieusement n’ayant aucune colonie en Afrique.

Il s’en suivra alors une période de bras de fer politique entre les deux nouvelles superpuissances qui sera qualifiée par les historiens de « guerre froide ». Les vielles puissances européennes se rangèrent politiquement, diplomatiquement et surtout militairement derrière la nouvelle puissance américaine à qui elles demandèrent sa protection militaire à travers les alliances militaires comme l’OTAN.  C’est durant cette période que le  courant indépendantiste traversera les anciennes colonies européennes.

Autour de l’année 1960, la majorité de ces colonies ont acquis l’indépendance et sont devenues des Etats souverains. Paradoxalement, ces nouveaux Etats qui se prévalaient de s’être libérés de la colonisation des puissances européennes,  se devaient de se ranger dans l’un des deux blocs : le bloc pro-occidental ou le bloc  pro- soviétique.

Cette période de « guerre froide » va durer jusqu’ en 1989 à la dislocation de l’empire soviétique. Les Etats unis se retrouvèrent donc comme la seule Superpuissance qui, désormais, allait régenter le monde selon sa volonté.

En ce qui concerne l’Afrique, pour dicter sa loi dans ce qui était jadis considéré comme des pré-carrés européens, le Superpuissance va user d’une stratégie au cynisme sans égard dans le but de rendre certains pays plus des territoires contrôlés par des multinationales et des lobbies financiers américains que des Etats souverains. Cette stratégie consiste à : détruire les structures étatiques classiques léguées par la colonisation ; jouer sur les rivalités ancestrales pour confier le pouvoir militaires et politiques à un groupe marginal qui ne peut l’acquérir démocratiquement ; assurer l’impunité totale aux membres de ce groupe qui, alors, agiront dans ce pays conquis comme des fonctionnaires détachés par les multinationales américaines chargés de rentabiliser l’espace conquis et faire fructifier les capitaux investis, que comme des dirigeants d’un Etat souverain soucieux du bien-être de la population. Cette nouvelle colonisation de l’Afrique par la Superpuissance est illustrée par le cas du Rwanda conquis en 1994. Cet article montre comment le Rwanda fut sacrifié pour devenir un laboratoire de cette stratégie de la Superpuissance en ce qui concerne l’Afrique et quelles en sont les conséquences pour les peuples.

Principes du droit international à briser

Pour détruire la République Rwandaise née du territoire du Ruanda qui était sous tutelle belge et qui  avait obtenu son indépendance le 01 juillet 1962 et en faire un territoire aux mains des multinationales, rien ne fut épargné dans la violation du droit international. Les troupes de l’armée de l’Ouganda voisin ont envahi le Rwanda le 01 octobre 1990. Au lieu de condamner cette agression injuste et contraire à la Charte de l’ONU, celle-ci fut présentée comme une « guerre civile » au prétexte que les soldats ougandais engagés dans cette conquête avaient des origines rwandaises car ils étaient tutsis ! En effet, tout sera fait pour que la minorité tutsi soit installée au pouvoir au Rwanda même au prix  d’une guerre meurtrière qui dura  près de quatre ans et ayant fait des milliers de morts  dans les efforts de ses superpuissances de soumettre la composante majoritaire du peuple rwandais à la minorité et de chasser ses dirigeants légitimes pour les remplacer par une clique tutsi venue d’Ouganda.

Démystification des principes politiques généralement admises

Dès qu’elle fut installée à la tête du Rwanda en 1994, la clique tutsi venue d’Ouganda bénéficiera de la part de la presse et de la diplomatie du monde contrôlées par la Superpuissance, d’un traitement de faveur qui frise l’indécence. Les principes démocratiques et moraux tant chantés par ces puissances sont purement et simplement foulés au pied quand il s’agit de parler du territoire des multinationales qu’est le Rwanda et dont le CEO est Paul Kagame. Ainsi, dans ce Rwanda, le principe même de la majorité qui devait prévaloir notamment à travers les élections et autres consultations est tout simplement honni.

De même les principes de la « méritocratie » ou de la popularité qui devraient servir d’indicateurs pour se hisser au sommet de l’Etat sont battus en brèche et c’est leurs contraires qui sont érigés en modèles. Ainsi, c’est un  individu semi-illettré et physiquement inapte que la propagande occidentale impose aux Rwandais en le présentant comme un « leader de la conquête militaire de 1990-1994 », alors qu’en réalité, depuis le maquis ougandais,  il a subi les événements comme n’importe quel enfant-soldat engagé dans une guerre dont il ignore les tenants et les aboutissants. Paul Kagamé, qui était inconnu des Rwandais et qui n’a mis les pieds à Kigali la capitale du Rwanda pour la première fois que pour en devenir le CEO délégué par les multinationales, est depuis lors présenté comme étant « populaire », « adoré par les Rwandais » etc…alors que la majorité de ces Rwandais porte un deuil de leurs proches à cause de lui.

Jouer sur la cécité et le manque de vision et d’idéaux politiques des africains

Cette nouvelle  forme de colonisation de l’Afrique est tellement sournoise qu’elle séduit certains politiciens africains à qui les médias et la propagande occidentales présentent le cas du Rwanda comme « un véritable miracle » et un modèle à suivre. Certains crédules sont d’ailleurs prêts à précipiter leurs pays et donc leurs peuples dans cet abîme sans fond  croyant  suivre l’exemple de Paul Kagame, alors que ce dernier ne fut qu’un pion ! Les Guinéens (Conakry), les Congolais (Brazzaville), les Sénégalais…devraient tenir leurs dirigeants à l’œil avant qu’il ne soit trop tard car à trop vouloir suivre l’exemple de Paul Kagame dans la vente du Rwanda aux multinationales, ils regretteront leur démocratie, leur indépendance mais surtout leur dignité. Ironie de l’histoire : le nouveau maître du monde (le bloc anglo-saxon) ne fait que mimer la . En effet, c’est la France qui, dans son pré-carré africain, faisait et défaisait les régimes. Que ce soit en Côte d’Ivoire pour punir l’insolent Laurent Gbagbo ou en Centrafrique pour le casting dans le choix des tombeurs de François Bozizé ou au Burkina pour remercier en douce  l’ami Blaise Compaoré  devenu autiste, c’est Paris qui prenait l’initiative et balisait la suite des événements.

Modus operandi

Pourtant aucune personne avisée ne devrait tomber dans ce piège car le mode opératoire est toujours le même. Le régime installé à l’image de celui de Paul Kagamé au Rwanda possède tout d’un mirage : il est entouré de fausses informations fabriquées et diffusées par les puissants médias ; les statistiques sont truquées et les institutions internationales contrôlées ou financées par la superpuissance ne peuvent oser démentir ; la culte de la personnalité est poussée à l’extrême pour divertir l’opinion interne. Pensez que les fils de Paul Kagamé sont présentés dans les médias d’état comme des stars du football, du volley-ball, du Basketball car tous titulaires dans l’équipe  nationale pour chaque discipline. Même chez les Kim sud-coréens, le ridicule n’a jamais été poussé aussi loin.  Au même moment, la population croupit dans la misère, la famine décime les populations spoliées de leurs terres pour laisser place aux projets farfelus et inadaptés des multinationales. Mais aucun média occidental n’osera dénoncer cet état de chose ni même simplement le signaler.

Une bombe à retardement?

La nouvelle forme de colonisation à l’image du Rwanda confié au CEO Paul Kagame constitue une bombe à retardement pour non seulement le peuple rwandais qui n’a plus de pays mais également pour toute la région. Partout où des régimes fantoches ont été installés, que ce soit en Amérique latine ou en Indochine,  ils ont fini par être incontrôlables et finalement lâchés par leur parrain dans un chaos généralisé ou sans état d’âme, la superpuissance s’adaptant à la Realpolitik.

Le Rwanda, comme un cas caricatural de cette nouvelle forme de colonisation, est tombé dans cet abîme voici plus de deux décennies. Le peuple rwandais prendra beaucoup de temps à s’en sortir. Et même, après une longue et laborieuse période de transition, qui sera nécessaire d’abord pour rétablir la souveraineté nationale et pour convaincre la clique tutsi regroupé dans l’organisation semi-terroriste du FPR, de se convaincre que la situation qu’aura vécu la population rwandaise sous sa ferrure avait été décidée fin des années 80 par les Anglo-saxons, sans demander l’avis des Tutsi et sans tenir compte  des intérêts des Rwandais. Le FPR aura-t-il le courage d’en demander pardon ?

Emmanuel Neretse
25/07/2016

 

La France est-elle prise au piège du génocide rwandais ?

gauthier dafroza - CopieDepuis quelques années, les instances judiciaires françaises se sont laissées embarquer dans un courant politico-médiatico-judiciaire animé par le régime dictatorial de Kigali dominé par les Tutsi. Sous le prétexte de faire la chasse aux « génocidaires » hutu qui l’ont échappé après sa conquête militaire du pays en 1994, le régime tutsi du FPR s’emploie méthodiquement à faire chanter certaines puissances qui, autrement, pourraient dénoncer sa nature criminelle. Au premier rang de ces puissances qui sont devenues les «  punching-balls » du  dictateur Kagame se retrouve la France.

Le contentieux entre le régime tutsi du FPR et la France date du temps où cette rébellion tutsi dénommée Front Patriotique Rwandais, aujourd’hui devenu parti unique au pouvoir au Rwanda et qui était constituée des éléments tutsi rwandais de l’armée régulière de l’Ouganda, était engagée à envahir militairement le Rwanda pour y renverser les institutions républicaines et légitimes et installer à la place une dictature implacable dirigée par la minorité tutsi. C’était entre  1990 et 1994. La France était alors liée au gouvernement légitime du Rwanda par des accords de coopération, même en matière militaire.

Face à cette agression caractérisée dont était l’objet le Rwanda comme pays membre des Nations Unies et de l’Organisation de l’Unité Africaine, la France, agissant en tant qu’un pays respectueux de ses engagements en matière internationale, a essayé de remplir sa part du contrat en aidant le gouvernement légitime alors agressé à résister et à défendre sa population et ses acquis.

La rébellion tutsi du FPR, forte du soutien des puissances anglo-saxonnes, a dès lors pris cet engagement de la France aux côtés du Rwanda comme une tentative de Paris pour l’empêcher de conquérir le pays par les armes, la seule façon possible qu’avait cette minorité venue de l’extérieure et abhorrée par les populations locales, pour s’assurer le pouvoir au Rwanda.

Même après le retrait total de la France en 1993 au moment où la rébellion tutsi montait en puissance, renforcée par les puissances anglo-saxonnes et les pays de la région agissant sous leurs ordres, le FPR de Paul Kagamé n’a jamais digéré ce qu’il appelle un « soutien de la France au régime hutu de Juvénal Habyarimana ». Depuis lors, même plus de 22 ans après sa conquête militaire du pays, le dictateur Paul Kagame garde une dent contre la France et fait tout pour l’en punir ou l’amener à faire profil-bas lorsqu’il s’agit de parler de sa dictature dans des instances internationales.

Objectif ultime du régime de Paul Kagame : culpabiliser la France pour le « génocide rwandais »

Aussi terrible que simple à énoncer, le régime du FPR issu de la conquête militaire du Rwanda par la minorité tutsi conduite par Paul Kagame, conquête présentée à l’opinion internationale comme « une opération menée pour arrêter le génocide », entend faire endosser à la France officielle la responsabilité de ce « génocide », en l’amenant d’abord à le reconnaître, à en demander pardon et enfin à payer des réparations financières. Si cet objectif peut sembler trop ambitieux, le régime du FPR étant bien conseillé, il est quant à lui convaincu que le but sera atteint surtout que certains milieux français eux-mêmes œuvrent pour cette issue.

Manœuvres de contournement pour atteindre cet objectif

Pour amener le France à plaider coupable pour avoir commis « un génocide » au Rwanda et pour qu’elle s’engage à indemniser les victimes et à verser des réparations au régime qui prétend avoir arrêté ce génocide, le régime ne passe pas par les voix diplomatiques ou judiciaires classiques (plainte contre la France devant les juridictions internationales…), mais passe par des voies détournées mais qui, toutes, selon les analystes, pourraient aboutir au même objectif. Des organisations dites de défense des droits de l’homme opérant en France mais qui sont en fait des vitrines du parti au pouvoir au Rwanda, intentent des poursuites judicaires en France contre des personnalités françaises (des officiers de l’armée, des anciens politiciens…) et même des institutions en tant que telles (l’armée, certaines opérations militaires…) pour tenter de les faire condamner et à travers elles, la République Française. Parallèlement certains français liés au régime tutsi du FPR et surtout massivement financés par celui-ci, créent des officines qui se spécialisent à repérer des Hutus vivant en France, à aller leur trouver des fausses accusations au Rwanda auprès des « syndicats de délateurs »  mis en place par le régime, et à revenir porter plainte et exiger des procès pour « génocide ».

Le cas du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) d’Alain et Daphrosa Gauthier

Un cas illustratif de ces ramifications politico-mafieuses qui sont en train de phagocyter le système judicaire français en rapport au génocide, est celui du « Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda » (CPCR) créé et présidé par un certain Alain Gauthier.

Alain Gauthier est un français « de souche » et qui a récemment obtenu la nationalité rwandaise. Ayant épousé une femme tutsi rwandaise Daphroza, il est devenu de ce fait un proche parent par alliance du Numéro 2 du régime militaire tutsi, le général James Kabarebe le redoutable et inamovible ministre de la Défense du Rwanda et qui fut un moment « Chef d’Etat major » de l’Armée de la République Démocratique du Congo entre 1997 et 1999.


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C’est donc à ce titre et bénéficiant des moyens et des facilités que lui offrent son statut de proche parent des dignitaires du régime tutsi que son officine dite CPCR défraie la chronique judicaire en France où le couple Alain-Daphroza Gauthier, hier des retraités modestes et inconnues, sont devenus actuellement des stars médiatiques et qui font trembler les Cours d’Assises en France.

Deux procès déjà tenus 

Le couple Alain-Daphroza Gauthier vient, à moins de deux ans, de faire tenir deux procès en assises et chaque fois de faire condamner lourdement ceux qu’il accusait. En 2014, il a fait condamner Pascal Simbikangwa à 25 ans d’emprisonnement et en juillet 2016, il a fait condamner Octavien Ngenzi et Tito Barahira à la réclusion à perpétuité. On a noté, au cours de ces procès, quelques constantes révélatrices. Deux des accusés avaient été arrêtés dans un département français d’Outre Mer pour faux papiers et étaient détenus au-delà des  délais de détention préventive. Ils ont tous passé plus de cinq ans en détention pour faux papiers et sans jugement. Alain Gauthier n’est pas allé au Rwanda pour recueillir les témoignages à charge pour « génocide » qu’après avoir appris que ces Hutu risquaient d’être libérés et même indemnisés pour cette longue détention illégale. Il en est revenu avec un troisième nom qu’il a joint au dossier. En les accusant de « génocide » et en parvenant à trouver des témoins au Rwanda, Alain Gauthier a donc collaboré avec le système judiciaire de son premier pays (la France) tout en servant son deuxième pays (le Rwanda) et en évitant un scandale   qui pourrait coûter cher même en termes financiers. De là à penser que lors du jugement, le principe du « retour de l’ascenseur » peut être envisagé n’est pas du tout hors propos.

Procès en Assises

Le procès en Assises en France se caractérise par la présence d’un jury populaire qui doit se joindre aux juges professionnels lors de la délibération pour juger de la culpabilité ou non et pour déterminer la peine.

Compte tenu de la présence d’un jury populaire, les débats devant la cour d’assises sont intégralement oraux : en effet, seul le président a accès au dossier, les autres membres de la cour et du jury n’en prenant connaissance qu’au travers des interrogatoires et dépositions organisés à l’audience. Ceux qui remettent en cause le rôle des jurys populaires affirment notamment que ceux-ci peuvent être manipulés par un contexte extérieur (médias, télévisions, ou professionnels du droit).

Ceci s’est particulièrement fait remarquer lors des deux procès de Paris où il est apparu que les débats étaient plutôt destinés à faire vibrer la corde sentimentale des jurés que de présenter les faits avérés. Les vidéos choisies pour être visionnées comme les témoignages des « rescapés » racontant l’horreur ont dominé les débats et visaient à noyer la réalité des faits à juger dans ce flot d’évocations sentimentales. Bref, l’Avocat Général, et surtout les parties civiles, n’avaient qu’à s’entourer des comédiens professionnels qui savent faire le casting pour déterminer quel témoin pouvait impressionner le plus les jurés. Ils y ont réussi au delà de toute espérance. Dans ces procès éminemment politiques, les magistrats professionnels étant déjà dans la poche, les jurés ont été instrumentalisés du début à la fin.

Multiplication des condamnations pour « génocide » en France : quel sera le sort des instances ou personnalités françaises inculpées ?

Le régime de Kigali, à travers son officine tenue par Alain Gauthier en France, compte multiplier des condamnations à tout vent pour « génocide ». L’opinion française non avertie ne s’émeut pas et même n’est pas intéressée par ces manœuvres politico-judiciaires. Mais ce que cette opinion devrait savoir, c’est que sous peu, certaines personnalités françaises plus ou moins connues tomberont aussi dans l’escarcelle de Paul Kagamé en utilisant des français comme Alain Gauthier à qui il a offert un gagne-pain et la nationalité. Bien plus grave, si cette entreprise n’est pas dénoncée par les décideurs politiques et si l’appareil judiciaire ne se remet pas en cause pour cesser d’être instrumentalisé, c’est la France toute entière qui en payera le prix et plus concrètement le contribuable qui mettra la main dans sa poche lorsqu’il sera question d’indemniser le régime tutsi du Rwanda pour un génocide de 1994 voulu et commis par des Rwandais mais qui sera alors mis sous le dos de la France.

En conclusion, on ne peut que se poser des questions : la France peut-elle échapper à payer pour le « génocide des tutsi » dès lors que sa justice, soumise aux pressions politiques et corporatistes, lesquelles sont noyautées par les lobbies pro-tutsi en France-même, se laisse facilement manipuler par ce même pouvoir tutsi ?

Emmanuel Neretse

L’ONU au Rwanda : 1990-1994. Les non-dits et le paradoxe.

Les généraux Marcel Gatsinzi,  Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Les généraux Marcel Gatsinzi, Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Mandatée par les superpuissances qui l’instrumentalisent, l’Organisation des Nations Unies (ONU a une réussit dans son bilan : celle d’avoir permis la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée ougandaise en 1994. C’est la seule opération au monde que cette institution internationale a réussi, puisqu’elle lui a permis d’accorder le pouvoir à un groupe de son choix. Paradoxe : la même ONU est accusée par le régime qu’il a installé au Rwanda d’« inaction et de non assistance en personne en danger » etc… Et l’ONU encaisse sans broncher et même se livre aux séances de « mea culpa » ridicules. Plus l’ONU se  livre à l’auto-flagellation, plus le régime militaire et dictatorial installé à Kigali en juillet 1994 enfonce le clou par des manœuvres de diversion et le chantage au génocide jusqu’à demander des comptes à la même ONU qui ne serait pas intervenue pour « arrêter le génocide » en 1994 ! Pour essayer de comprendre ce jeu de dupes, il y a lieu d’analyser de plus près l’action de l’ONU au Rwanda à cette époque.

Troupes de l’ONU au Rwanda

L’attitude de l’ONU commence à être suspecte après l’invasion du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda le 01 octobre 1990.  Au lieu de condamner vigoureusement cette agression avérée d’un pays membre par un autre pays membre, consigne est donnée  à New York  pour que le conflit soit considéré comme de « type interne » et qu’il n’y a pas de menace pour la paix et la sécurité internationale, l’une des conditions classiques pour toute intervention et médiation de l’organisation. Dans cette option, l’ONU entend compter sur la diplomatie menée par une organisation régionale, à savoir  l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Comme par hasard, le Secrétaire Général de cette organisation se trouve être le tanzanien Salim Ahmed Salim très proche des militaires tutsi d’Ouganda et de Tanzanie tandis que la même OUA  est présidée cette année 1990 par Yoweri Museveni , le chef de l’Etat agresseur. L’ONU et l’OUA vont désormais opérer en toute complicité dans ce dossier. Comme la guerre continuait à faire rage et sur demande pressante du gouvernement du Rwanda, le 22 juin 1993, le Conseil de Sécurité adopta la résolution 846 qui vint confirmer l’option de l’organisation de ne s’impliquer que pour aider les agresseurs. Le Conseil n’autorisait qu’une « Mission d’observation des Nations Unies Ouganda-Rwanda » (MONUOR) composée de 80 observateurs militaires. Celle-ci ne serait déployée que le long de la frontière, du côté ougandais. En fait une façon d’exonérer l’Ouganda de toute accusation d’agression tout en continuant à berner le Rwanda. Le côté rwandais serait, quant à lui, surveillé par un Groupe d’observateurs Militaires neutres (NMOG, Neutral Military Observer Group, GOMN en français) relevant directement de l’OUA, groupe auquel le Secrétaire Général des Nations Unies adjoignit deux experts militaires chargés seulement d’apporter une aide logistique pour un déploiement plus rapide du NMOG. En fait un groupe d’espions officiels au profit des agresseurs que sont les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda désormais présentés comme une rébellion au nom de Front Patriotique Rwandais (FPR).

Jallow, le procureur du TPIR, en compagnie de Paul Kagame

Jallow, le procureur du TPIR, en compagnie de Paul Kagame

L’implication directe de l’ONU dans ce conflit devenant  incontournable avec la signature des accords d’Arusha le 3 août 1993 qui prévoyaient la mise en place d’une force militaire internationale de l’ONU, il a fallu deux bons mois avant que le Conseil de Sécurité n’autorise la mise sur pied d’une « Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda » (MINUAR) .

La mission dévolue à cette MINUAR 1 était très large et on peut considérer que les moyens mis à sa disposition pour effectuer des tâches aussi diverses que délicates étaient volontairement dérisoires. La MINUAR ne disposera au maximum que de 2548 hommes dont 1428 seront déployés dans une première phase. Le déploiement par phase ne débutera que le 2 novembre 1993. La volonté de réduire au maximum cette force et surtout de déguerpir dès que les rebelles tutsi seraient à mesure de donner l’assaut final apparait dans le point 9 de la résolution 872 du Conseil de Sécurité qui en invite le Secrétaire général à s’y préparer.

Le phénomène « Roméo Dallaire »

Le Commandement militaire de la MINUAR I fut confié à un officier  canadien qui comme il l’avouera lui-même plus tard dans son livre, ignorait tout du Rwanda mais engagé et fanatisé à outrance. Le général Roméo Dallaire avait en effet été désigné en juin 1993 pour conduire la Mission d’observation des Nations Unies Ouganda/Rwanda (MONUOR). Il arriva au Rwanda juste après la signature des Accords d’Arusha pour une mission de reconnaissance de 12 jours. Il fut spécialement encadré par les gens hostiles au président Habyarimana dont il était convaincu que c’était un dictateur dont il fallait débarrasser le Rwanda via les combattants tutsi venus d’Ouganda.[Roméo Dallaire, 2003, p.75-76 ;96 ;100]

Durant ce séjour, il côtoya les figures de proue de l’opposition radicale, de la mouvance du FPR dont il avait rencontré la direction politique et militaire par l’entremise de Yoweri Museveni . Depuis lors, il n’a plus caché son admiration pour Paul Kagame.

Lorsqu’il débarque à Kigali le 21 octobre 1993, le général Dallaire est convaincu qu’il vient en croisade contre une dictature incarnée par Habyarimana. Pour se couvrir diplomatiquement, il va imposer le concept d’ « extrémistes » pour qualifier tous ceux qui n’étaient pas d’obédience FPR. Il va aussi se caractériser par une « indiscipline militaire » incroyable pour un militaire de son rang en mission de maintien de la Paix de l’ONU. En effet il va superbement ignorer son chef politique qui est le Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU au Rwanda et va le court-circuiter jusqu’à adresser directement des rapports à New York sans l’en informer. Au Rwanda même, il s’imposa comme le seul interlocuteur politique que ce soit avec le Président de la République, les ministres les partis politiques…Bref, il était sorti de son rôle militaire. Le pauvre diplomate camerounais du nom de Jacques Roger Booh Booh, qui sur papier était son patron, était perçu par les Rwandais comme étant son chauffeur ou tout au plus son secrétaire. Le général Dallaire lui-même s’en est vanté.

Les troupes de l’ONU face à la crise : 06 avril 1994 

Rappelons qu’à la veille du déclenchement de l’assaut final des éléments tutsi de l’armée ougandaise pour s’emparer du pays dont le signal fut l’assassinat du Président Habyarimana, il y avait au Rwanda quelques 2400 casques bleus relevant de 24 nationalités différentes et dispersés dans différents endroits. Le contingent le plus important est fourni par le Bangladesh (937) et le Ghana (841). La Belgique avait 428 hommes mais son contingent constituait sur le plan logistique et politique le noyau dur de la mission. Le 7 avril 1994 dans l’après midi, Paul Kagamé déclara la reprise des opérations sur tous les fronts dont

Roméo Dallaire et Paul Kagame

celui de Kigali où il avait infiltré des milliers de combattants avec l’aide ou la complicité de la MINUAR. La réaction de la MINUAR, embrigadée par le général Dallaire, fut de ne rien entreprendre qui pourrait gêner la progression du FPR ou donner du répit aux FAR. Au contraire la MINUAR céda les positions stratégiques qu’elle occupait autour de Kigali aux combattants du FPR en leur laissant des munitions et des rations suffisantes pour y tenir à outrance en cas de nécessité. Parallèlement le général Dallaire, s’employait à distraire ce qui restait du commandement des FAR dans des réunions interminables et qui ne décidaient de rien, ou encore à suivre et même à piloter l’évolution politique comme la mise en place du gouvernement intérimaire le 09 avril 1994.

Amnésie à New York ou « secrets d’Etats » ?

N’importe quel journaliste d’investigation, pour autant qu’il veuille s’intéresser à cette accusation redondante comme quoi l’ONU aurait abandonné le Rwanda peut découvrir que la décision du retrait de la MINUAR prise par New York était  dans  la ligne de l’option retenue par l’ONU dictée par les USA, de laisser le FPR remporter une victoire militaire totale avant toute chose. Par honte ou par mépris de l’opinion, aucune instance de l’ONU n’ose évoquer l’ultimatum de Paul Kagamé de considérer toute troupe étrangère au Rwanda en avril 1994 comme « ennemi », ou tout simplement  la demande officielle que le FPR a adressée à l’ONU à New York lui demandant de ne pas intervenir car, prétendait-t-il,  il n’y avait plus aucun Tutsi à sauver. La délégation du FPR était composée de Gerald Gahima et de Claude Dusaidi, et c’était encore en avril 1994. C’est dans ce cadre qu’il faudrait comprendre la consigne donnée par Bill Clinton à son administration de ne pas utiliser le terme de génocide avant la prise complète du pouvoir par le FPR.  De même on comprendra le calvaire du Secrétaire général des Nations Unies Boutros Boutros Ghali incompris et contrarié par l’américaine Madeleine Albright qui finalement aura sa peau et le remplacera par le docile Koffi Annan qui justement était au moment de la conquête, le patron du Département de Maintien de la Paix à qui le Général Dallaire s’adressait directement de Kigali.

On comprendra aussi pourquoi la proposition de la France d’établir une « zone humanitaire sure », avec la fameuse « Opération Turquoise » fut d’abord fortement combattue par les parrains du FPR et qu’elle ne fut autorisée qu’après avoir donné  des garanties qu’elle ne devrait pas contrarier ou retarder la victoire militaire totale des éléments tutsi issus de l’armée ougandaise. Lorsque le régime de Paul Kagamé tire à boulets rouges sur la France notamment pour cette opération Turquoise, c’est comme pour  dire : «… on l’a échappé bel, si l’opération Turquoise avait été autorisée quelques semaines avant que nous, les combattants tutsi ne nous rendions militairement maîtres du Rwanda, nous serions soumis à la règle du partage du pouvoir selon les accords d’Arusha comme au Burundi. »

Pour cette appréhension, le régime du FPR en veut à mort à la France, alors que l’opération « Turquoise »  a pu sauver des milliers de tutsi qui étaient condamnés à mourir si les fiançais n’étaient pas intervenus. Incompréhensible.

Après la conquête du pays par les éléments tutsi de l’armée ougandaise,  comme planifié,  l’ONU put revenir  !

C’est en considérant la rapidité et la facilité avec lesquelles fut décidée la MINUAR II que l’on se rend compte que le retrait de la MINUAR I était de permettre au FPR de s’emparer du pouvoir sans que l’ONU ne soit officiellement témoin des crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui devaient nécessairement accompagner cette conquête. Comme par hasard, cette MINUAR II fut mise sous le Commandement d’un autre général canadien qui était justement conseiller militaire au Département de Maintien de la Paix dirigé par Koffi Annan. La MINUAR II reçut plus de moyens en hommes et en matériels que la MINUAR I alors que la guerre était finie comme venait de le déclarer le FPR le 17/7/1994. Et pour cause, cette force avait pour mission non écrite de consolider le nouveau régime. Ce faisant l’ONU venait de légitimer une conquête militaire d’un pays souverain membre de l’ONU par des éléments de l’armée d’un autre pays membre aussi de l’ONU. Un précédent historique. Enfin la MINUAR II devait permettre à la multitude d’ONG d’absorber les capitaux massivement versés sur le terrain c’est-à-dire dans un Rwanda intentionnellement détruit.

Le TPIR ou un coup de pouce politique de l’ONU au régime illégitime et impopulaire installé par la force en 1994.

Le Tribunal Pénal International pour la Rwanda fut créé dans la foulée de la conquête du pays par les éléments tutsi de l’armée ougandaise. Dans sa résolution 955 du 8 novembre 1994, le Conseil de Sécurité de UN-logo-150x150l’ONU instituait ce tribunal ayant sur papier pour mission d’enquêter et poursuivre les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis au Rwanda et dans les pays voisins entre le 01 janvier et le 31 octobre1994. Mais on se rendra compte que ce tribunal était un instrument utilisé pour faire taire à jamais les dignitaires de l’ancien régime renversé en 1994 tout en assurant l’impunité aux criminels tutsi du FPR.

Violation  de la souveraineté des Etats voisins couverte par l’ONU 

L’ONU qui dans ses missions devrait prévenir les menaces à la paix mondiale et intervenir en cas de violation se montre dans le cas du régime installé  par ses soins au Rwanda comme complice des crimes de guerre et crimes contre l’humanité du FPR. Les invasions successives des pays voisins comme la RDC ou la déstabilisation d’autres comme le Burundi ne sont jamais condamnées par l’ONU mais au contraire elles sont  occultées quand les victimes ne sont pas présentées comme des bourreaux (cas du Burundi). Même quand ses fonctionnaires ou des experts mandatés par elle incriminent le régime de Paul Kagamé dans des rapports bien fouillés et tout à fait crédibles, la même ONU choisit de mettre ces rapports sous le boisseau ou de renvoyer ces rédacteurs. Ce fut le sort du « Mapping Report » (août 2010) concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commis entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République Démocratique du Congo,.

L’ONU aide le régime tutsi du FPR à entretenir une armée surdimensionnée

L’armée de Paul Kagamé est passée de quelques centaines  de tutsi qui appartenaient à l’armée régulière ougandaise et qui se sont emparés du Rwanda en 1994 avec l’aide de l’ONU à une masse de plus de

Bill Clinton et Paul Kagame

Bill Clinton et paul Kagame

200.000 hommes (et femmes)  sans compter les éléments supplétifs (milices du parti au pouvoir dite DASSO, démobilisés employés dans des sociétés de gardiennage etc.) pour un pays d’une population d’un peu plus de 10 millions d’habitants s’étendant sur seulement 29.338 km², il faut avouer que c’est un peu trop, mais que surtout n’importe quel gouvernement du monde confronté à une telle situation aurait du mal à gérer : entretenir, nourrir et équiper une telle armée. Mais pour le cas du Rwanda butin de guerre offert aux éléments tutsi de l’armée ougandaise par la même ONU, cette organisation est là pour y subvenir. La solution a été vite trouvée. Il suffit d’engager massivement l’armée de Paul Kagame dans les missions de maintien de la paix de l’ONU partout à travers le monde. Ainsi on les retrouve  au Darfour, en Centrafrique, au Soudan du Sud, au Mali, en Côte d’Ivoire , en Haïti etc. De cette façon c’est l’ONU qui paie la solde et les équipements de la majorité de presque tous les deux cents milles soldats de Paul Kagamé qu’il ne saurait entretenir autrement avec risque des mutineries pouvant aller au renversement de son régime pourtant installé par l’ONU.

Attitude du régime tutsi face à l’ONU : un chantage politique et diplomatique permanent.

Face à cette réalité, comment alors comprendre les larmes de crocodile que verse le régime de Paul Kagame chaque fois qu’il évoque le rôle de l’ONU alors qu’il apparaît que cette organisation a permis à cette clique, non seulement  la prise du pouvoir par les armes, mais aussi elle a continué à la soutenir et à lui assurer l’impunité face à ses crimes innombrables. Pourquoi la même ONU a encaissé  sans broncher et  s’est mise même à genoux devant cette clique qu’elle a elle-même mise sur le trône du Rwanda contre toute logique ?

D’après nous, ce chantage politique et diplomatique du régime illégitime du FPR est favorisé par le fait que :

  • Dans les puissances qui dominent l’ONU, les décisions politiques sont dictées par les lobbies ayant offert le Rwanda aux tutsi : USA, GB, Belgique ;
  • Certaines de ces puissances n’ont pas de politique étrangère propre et doivent suivre la ligne de celle du grand allié américain : France, Canada, Pays Bas ,les pays scandinaves (Suède Norvège, Danemark)
  • Le deal entre la France et les Etats Unis sur leurs zones d’influence en Afrique interdit à la France de prétendre encore à une quelconque influence au Rwanda, tandis qu’il accorde aux anglo-saxons toute la latitude d’y faire ceux qu’ils veulent.
  • Enfin, c’est une preuve supplémentaire s’il en fallait, que les institutions internationales bien en vue comme l’ONU et l’UA sont en réalité dans l’étau des lobbies ayant installé la clique des tutsi venus d’Ouganda au pouvoir au Rwanda.

Emmanuel Neretse

10/5/2016

Rwanda : comment un (malheureux) accident de l’Histoire peut aveugler le monde.

KagameDu garçon de rue ayant raté sa scolarité dans Kampala et Nairobi, en passant par le maquis dans un Ouganda chaotique de l’après Idi Amin , un certain Paul Kagame est devenu à moins d’un quart de siècle l’un des hommes les plus riches et les plus redoutés d’Afrique. Ce phénomène faussement médiatisé en arrive à subjuguer plus d’un observateur de telle manière que certains dirigeants africains, certes les plus naïfs, en arrivent à le singer ou à commanditer son expertise. Comment en est-on arrivé là ?

Concours de circonstances

Issu de la famille régnante, Paul Kagame avait deux ans quand la monarchie féodale tutsi fut renversée par la Révolution populaire de 1959. Il suivit ses parents en exil dans les pays voisins principalement en Ouganda et au Burundi. N’étant pas fils de roi, si la dynastie tutsi-nyiginya avait continué à régner sur le Rwanda, Paul Kagame ne serait jamais devenu roi comme il l’est de fait actuellement. Premier coup de hasard.

Ayant raté sa scolarité, la chute du maréchal Idi Amin Dada d’Ouganda et le chaos qui s’en suivit trouvèrent le jeune Kagame dans les rues de Kampala comme vendeur à la sauvette des œufs à la coque et d’arachides grillés. Il aurait pu finir ainsi, si un certain Yoweri Museveni n’avait pas fondé une rébellion armée mais qui manquait de bras jusqu’à faire appel aux réfugiés tutsi qui erraient dans les villes ou qui étaient entassés dans des camps du HCR. Paul Kagame s’engagea donc dans la NRA (National Resistance Army), la rébellion de Yoweri Museveni lui-même issu de l’une ethnie hima apparentée aux Tutsi.

Après quelques années de guerre, Museveni s’emparait de Kampala en janvier 1986 devenant ainsi le président de l’Ouganda et dont les principaux officiers de sa nouvelle armée étaient des Tutsi rwandais  parmi eux un certain Paul Kagame. Deuxième coup de hasard.

Le mercenaire rwandais se distinguera dans l’armée ougandaise, notamment dans les renseignements militaires dont il fut le patron, par un cynisme et une rare  méchanceté qu’il reçut le sobriquet de « Ponce Pilate ». Peu de temps après l’arrivée au pouvoir de Yoweri Museveni en Ouganda, survint la chute du mur de Berlin suivie de l’effondrement de l’URSS ; ce qui signifiait la fin de la « guerre froide ». Désormais le monde allait être dominé et remodelé par la seule superpuissance qui sortait victorieuse  de cette guerre froide, à savoir les Etats Unis d’Amérique et leurs alliés traditionnels occidentaux. Pour remodeler à leur guise l’Afrique centrale et orientale, les Etats Unis vont s’appuyer sur les nouveaux dirigeants souvent arrivés au pouvoir par les armes et au premier rang l’Ougandais Yoweri Museveni toujours flanqué de « ses » officiers tutsi.

Pouvoir aux Tutsi à tout prix (dégâts collatéraux à assumer)

C’est dans ce contexte que Yoweri Museveni lancera la composante tutsi de son armée à la conquête du Rwanda le 01 octobre 1990. Paul Kagame, qui avait alors le grade de Major, avait été envoyé trois mois auparavant comme un officier ougandais en formation aux Etats Unis dans le fameux «  Command and General Staf  College » de Kansas (USA). Il fut précipitamment rappelé pour prendre le commandement des troupes ougandaises d’invasion qui se présentaient désormais comme « des rebelles rwandais »et dont le commandant en chef désigné par Museveni, le général Fred Rwigyema, venait d’être tué au combat dès le deuxième jour de l’invasion. Encore une fois par un curieux hasard, celui que ses anciens collègues dans l’armée ougandaise qualifiaient de « intellectually and physically unfit » (intellectuellement et physiquement inapte) se retrouvait à la tête d’une armée qui allait à moins d’une décennie, changer la physionomie de toute la région sur ordre et avec l’appui de la superpuissance.

En cet automne 1990, personne n’aurait parié un kopeck que ces descendants d’anciens féodaux monarchistes dont beaucoup ne connaissaient du Rwanda que de nom et surtout étaient à la fois honnis et redoutés par la majorité de la population,  se rendraient quand-même maîtres de ce pays à peine moins de quatre ans après le début de leur aventure. Mais s’était sans compter avec les commanditaires de cette guerre qui, certes, jugeaient que les pertes en vies humaines seraient énormes, mais que la victoire militaire en valait la peine et que ces « dégâts collatéraux » seraient à assumer.

En effet, après un assaut final particulièrement violent qui dura trois mois, Paul Kagame, qui tuait tout sur son passage, entra dans Kigali le 04 juillet 1994 à la tête des combattants tutsi, en enjambant des milliers de cadavres avant d’étendre l’opération sur le reste du territoire national. Ainsi donc, l’ancien garçon de rue de Kampala devenait, à seulement 37ans, le maître de ce Rwanda qu’il avait quitté à deux ans et qu’il venait de conquérir militairement au prix des milliers de morts et des millions de déplacés et réfugiés. Il n’en avait  cure : ce qui comptait pour lui était de s’installer au trône laissé par ses aïeuls en 1959.

Gestion d’une situation inimaginable

Pour s’imposer à une population qui l’a vu à l’œuvre (en tuant) durant les années de conquête, Paul Kagame n’y ira pas par quatre chemins : une répression aveugle et systématique devient la consigne donnée à son armée. Il est d’autant plus à l’aise dans cette entreprise macabre que ses mentors qui, par ailleurs, suivent ses pas et contrôlent la presse mondiale, lui ont assuré non seulement l’impunité mais aussi l’omerta sur ses crimes. Sa nouvelle conquête sera aussi un champ d’expérimentation des capitaux versés aux ONG pour installer un régime fantoche, comme cela pourrait désormais se rééditer ailleurs. Tous ceux qui voulaient étudier comment remettre en marche un pays volontairement détruit sont venus se pencher sur le laboratoire qu’est le Rwanda tenu par le laborantin Paul Kagame. Les dollars pleuvaient à profusion. Pour le faire paraître comme incontournable,  il sera à plusieurs reprises, utilisé par ces puissances comme supplétif pour réaliser leurs objectifs stratégiques  dans la région. Il fut à l’œuvre en RDC depuis 1996 comme il l’est actuellement au Burundi voisin.

Légitimation par le cynisme

Pour faire passer cette énormité dans l’opinion interne et dans l’opinion internationale, une trouvaille  vint à la rescousse : « le génocide ». Commence-t-on à évoquer les dégâts de la guerre de conquête, que l’on est sommé de se taire pour cause de génocide. Les crimes de guerre et crimes contre l’humanité ne peuvent pas être évoqués surtout s’ils ont été commis par l’armée de Paul Kagame, toujours au nom du « génocide ».

L’exploitation honteuse des victimes de la guerre de conquête est devenue un fond de commerce du régime Kagame. Du véritable nombre de morts aux expositions des restes dans des mémoriaux, en passant par les données du recensement général de la population, tout est trafiqué pour accréditer les thèses et les théories du régime de Kagame. Ainsi, le nombre de Tutsi du Rwanda était généralement estimé à environ 12 % de la population totale, soit environ 840 000 personnes. Si « un million » de Tutsi avaient été assassinés durant les terribles trois mois de 1994, cela signifierait que 14,3% de la population rwandaise aient été exterminés et qu’aucun Tutsi n’aurait survécu. Or, une bonne partie de la communauté tutsi a survécu. Cette froide démonstration mathématique prouve donc que nombre de non-Tutsi furent également victimes des massacres.  Autre incohérence : le mémorial de Gisozi à Kigali est censé abriter les restes de plus de 250.000 victimes tutsi qui habitaient la ville. Or, à l’époque la capitale rwandaise était peuplée par un peu plus de 500.000 habitants, dont environ 15 % de Tutsi, soit environ 75.000 âmes. Sachant qu’il y eut beaucoup de rescapés qui témoignent chaque année, l’on se demande d’où sont venus ces autres restes pour atteindre le nombre de 250.000 à Gisozi.

Paul Kagame a fait du « génocide » un outil politique et judiciaire pour faire taire toute opposition. Dans ce cadre, il a fait voter des lois controversées comme celle  sur l’idéologie du génocide ou sur le négationnisme. Enfin, pour assurer ses arrières et stigmatiser à jamais les Hutu, il a décrété que le « génocide des Tutsi »était un péché originel commis par les Hutu : du père au fils jusqu’à des centaines de générations. C’est pourquoi, chaque jeune hutu doit faire « mea culpa » pour ce que ses parents ou arrière grands-parents auraient commis s’il veut vivre tranquille dans le Rwanda de Kagamé.

Le modèle séduit certains leaders africains non clairvoyants ou sous influence :

Aussi paradoxal que cela peut paraître, ce modèle connaît des émules, comme pour confirmer l’adage rwandais qui dit que : « Ntamurozi wabuze umukarabya » [même la personne la plus abhorrée a toujours au moins un admirateur].

Le plus admiratif semble être le président guinéen Alpha Condé.  Il n’a pas hésité à déclarer que son pays avait besoin d’un leadership comme celui de Kagame, froissant au passage ses compatriotes de l’opposition qui n’avaient pas besoin de cette humiliation uniquement pour flatter un des grands criminels d’Afrique sinon du monde encore au pouvoir. Il est vrai que Kagame lui avait été recommandé par un certain…Tony Blair comme il l’a avoué. Est-ce que le président guinéen n’a vraiment pas de moyens pour savoir que Tony Blair est le Conseiller officiel de Paul Kagamé depuis des années ?

Le congolais Denis Sassou Nguessou n’est pas en reste. Depuis que celle qui représentait les réfugiés rwandais à Brazzaville et qui avait ses entrées au palais présidentiel, Madame Séraphine Mukantabana est rentrée à Kigali pour devenir ministre, le président congolais multiplie les gestes pour se faire bien voir de Kagame. Quand Kagame doit visiter le Congo, il est reçu non pas à Brazzaville mais dans le village natal du congolais comme pour marquer le caractère « familial » de leurs relations. D’autres développements sont prévisibles car le flirt continue.

L e gabonais Ali Bongo ne tarit pas d’éloge à Paul Kagame jusqu’à s’extasier face à sa « trouvaille » qu’il qualifie de « coup de génie » à savoir : remplacer le français par l’anglais comme langue d’enseignement au Rwanda. Il ne sait certainement pas que la décision de Kagamé est à classer dans la catégorie des « génocides culturels » car ayant rendu subitement plus de deux générations de Rwandais des « incultes et illettrés» dans leur pays car ne connaissant pas l’anglais alors qu’ils étaient jusque là considérés comme « intellectuels » ou instruits. Tout ce gâchis pour décomplexer l’ancien garçon de rue de Kampala qui n’a pas les aptitudes pour pratiquer la langue de Molière. Même son anglais est approximatif et de la rue. Espérons que pendant son règne, le fils d’Omar Bongo ne soumettra pas les Gabonais à ce « génocide culturel » made in Rwanda de Paul Kagamé.

En conclusion

Paul Kagame est le produit du hasard, du concours de circonstances et reste une créature et un outil des puissances qui dominent le monde. Les Rwandais, sur les têtes desquels le ciel est tombé (ishyano ryagwiriye) avec l’avènement de Paul Kagamé, ne doivent pas prendre ce fait comme une fatalité. Tout effort pour sortir de ce cauchemar est à encourager car quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours à poindre.

Emmanuel Neretse

 

 

Réponse à la lettre ouverte des 43 parlementaires adressée au Ministre des Affaires étrangères

photo www.lexpress.fr

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Les signataires de la lettre ouverte à M. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, diffusée dans le journal Le Monde du 19 Février 2016[1] veulent se rendre à Kigali où règne sans partage depuis 1994 le régime dictatorial et terroriste de M. Kagame, »afin de s’unir aux Rwandais lors de la commémoration du génocide« : une bien curieuse démarche que de marquer cette solidarité avec un pouvoir accusé des pires exactions depuis 1990, alors que la nation française est, aujourd’hui, toute entière arc-boutée dans la lutte contre le terrorisme qui l’a lourdement frappée en 2015.

Nous reconnaissons qu’un génocide en 1994 a frappé les Tutsis du Rwanda, mais aussi des centaines de milliers de Hutus comme l’atteste le rapport Gersony [2] et le témoignage des troupes Australiennes[3]. Nous ne pouvons qu’être stupéfaits par les limites de la compassion des signataires.

Par ailleurs, l’actuel régime rwandais est impliqué dans plusieurs massacres en République Démocratique du Congo. Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, dans sa lettre du 29 juin 1998[4], adressée au Conseil de sécurité, fait état des conclusions et de preuves de violation des droits de l’homme ou du droit international humanitaire, de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide, et fait état des tueries auxquelles se sont livrées l’AFDL et ses alliés de l’Armée patriotique rwandaise. Les rapports Garreton[5] paru fin des années 90 et le rapport Mapping [6]en 2010 reprennent les termes de crimes contre l’humanité et actes de génocide en parlant des massacres perpétrés à l’est de la République démocratique du Congo par ces mêmes acteurs.

A leur tour en 2010, des rabbins Anglais ont alerté l’opinion publique sur le génocide congolais et sur le silence assourdissant de la communauté internationale[7] à propos de ces massacres.

Par la suite, en 2014, l’avocat espagnol Jordi Palou Loverdos lança l’Appel pour la vérité et la justice dans la région des Grands Lacs en soutien à la BBC 2 qui diffusa le documentaire «Rwanda’suntold story »[8]. Celui-ci déconstruit méthodiquement l’histoire qui a été officialisée par la majorité des médias occidentaux sur les tragédies qui dévastent, depuis 1990, la région des Grands Lacs : Burundi, Rwanda, RDC.

Il est donc impératif de rappeler aux signataires que le régime dictatorial de Paul Kagame collectionne aujourd’hui des dizaines de rapports sur les violations des droits de l’homme[9], les crimes contre l’humanité, voire les crimes de génocide dans la région des Grands Lacs et en particulier en République Démocratique du Congo

Force est de constater que les massacres et atteintes contre les civils au Congo documentés par les rapports cités plus haut et les résolutions de l’ONU[10], n’appellent pas, de la part des parlementaires compassionnels, le même élan de solidarité.

De plus, les signataires ne peuvent ignorer que le président rwandais Paul Kagame au pouvoir depuis 1994 avait juré de chaque fois humilier tout délégué français dans cette cérémonie tant que la France officielle n’aura pas demandé pardon pour « avoir pris part » au  génocide rwandais. C’est ainsi que Renaud Muselier, qui était Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères fut pris à parti publiquement le 7 Avril 2004 par Paul Kagame lui-même au stade de Kigali où se déroulaient les cérémonies et obligé de reprendre son avion vers Paris.

Cela fait depuis vingt ans maintenant que le génocide du peuple Congolais est passé sous silence. On parle de plus 8 millions de morts à ce jour. Aucun politique, aucun média ne veut briser cette omerta afin de stopper cette frénésie de massacres. Souvenons-nous de la guerre en ex–Yougoslavie : tout le monde pointait le régime serbe du doigt mais l’histoire nous a appris des années plus tard que les auteurs des massacres n’étaient pas que Serbes.

« Ce qu’il faut bien comprendre en l’espèce, à l’instar de certaines officines qui font du lobbying du dictateur Paul Kagame en France et opérant sur certaines couvertures comme associations de défense comme EGAM, Survie, SOS Racisme, FIDH, CPCR etc…connaissent le talon d’Achille de certains politiciens français qui n’hésitent pas à aller contre les intérêts supérieurs de la France ou à mettre en cause l’honneur des armées françaises pour se faire de la publicité ou pour quelques gains de toutes sortes promettant de tout faire en faveur du dictateur en utilisant justement le terme génocide , même s’ils doivent s’accuser eux-mêmes ou d’autres politiciens français des crimes qu’ils n’ont pas commis.[11] ». Monsieur le Ministre, accéder à la demande des 43 parlementaires, aller manifester solidarité et compassion non à toutes les victimes de la folie des hommes dans la région des Grands Lacs, mais à un régime terroriste et criminel, revient à nier les millions de morts au Congo, ainsi que des milliers de femmes, enfants, bébés… congolais violés, mutilés, enterrés vivants. Sans parler des victimes Rwandaises et Burundaises.

Lors du colloque « Rwanda, la vérité des acteurs » qui s’est tenu au Sénat le 1er Avril 2014, Philippe Reyntjens, Professeur à l’Université d’Anvers et spécialiste reconnu de la région des Grands Lacs  a déclaré : « Ceux qui nient ou minimisent le génocide des Tutsi sont appelés à juste titre négationnistes ou révisionnistes. Les mêmes qualificatifs doivent désigner ceux qui tentent de nier ou de contester les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par l’APR sur les civils au Rwanda et en RDC. Quels que soient les auteurs de ces crimes, ils doivent être traduits en justice pour éviter que cela ne se reproduise plus jamais. »

Cette démarche de ces 43 parlementaires français nie, de toute évidence, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité (voire les crimes de génocide) commis par le FPR et son armée l’APR depuis 1990 dans la région des Grands Lacs.

Accéder à cette demande, Monsieur le Ministre, serait piétiner la grandeur de la France, pays des droits de l’homme et accepter que la France fasse allégeance à un dictateur qualifié de « plus grand criminel de guerre encore en exercice » par les spécialistes de la région des Grands Lacs, et qui ne manque aucune occasion d’insulter le pays qui nous a accueilli et à qui nous devons estime et reconnaissance.

Le Collectif des Associations Congolaises

  • LIPEDC
  • INITIATIVES CONGO-ZAIRE
  • BUKAVU YETU
  • CCDP

Copie adressée à :

  • Noël Mamère, député écologiste de Gironde, membre de la commission des affaires étrangères, maire de Bègles;
  • Danielle Auroi, députée écologiste du Puy-de-Dôme, présidente de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale ;
  • Sylviane Alaux, députée PS de la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques ;
  • Brigitte Allain, députée écologiste de la Dordogne ;
  • Pouria Amirshahi, député PS de la 9e circonscription des Français établis hors de France ;
  • Huguette Bello, députée GDR de la 2e circonscription de la Réunion ;
  • Esther Benbassa, sénatrice écologiste du Val-de-Marne ;
  • Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste du Nord ;
  • Jean-Pierre Blazy, député PS de la 9ecirconscription du Val-d’Oise ;
  • Michèle Bonneton, députée écologiste de l’Isère ;
  • Marie-George Buffet, députée PCF de de la 4e circonscription de la Seine-Saint-Denis, ancienne ministre de la jeunesse et des sports ;
  • Jean-Jacques Candelier, député PCF de la 16e circonscription du Nord ;
  • Fanélie Carrey-Conte, députée PS de la 15e circonscription de Paris ;
  • Sergio Coronado, député écologiste de la 2e circonscription des Français établis hors de France ;
  • Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique ;
  • Annie David, sénatrice PCF de l’Isère ;
  • Charles De Courson, député UDI de la 5e circonscription de la Marne ;
  • Jean Desessard, sénateur écologiste de Paris ;
  • Cécile Duflot, députée écologiste de la 6e circonscription de Paris, ancienne ministre du logement et de l’égalité des territoires ;
  • William Dumas, député PS de la 5e circonscription du Gard ;
  • Hervé Féron, député PS de Meurthe-et-Moselle, maire de Tomblaine ;
  • Aurélie Filippetti, députée PS de la 1re circonscription de la Moselle, ancienne ministre de la culture et de la communication ;
  • Jacqueline Fraysse, députée GDR de la 4e circonscription des Hauts-de-Seine ;
  • Geneviève Gaillard, députée PS de la 1re circonscription des Deux-Sèvres ;
  • Jean-Marc Germain, député PS de la 12e circonscription des Hauts-de-Seine ;
  • Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne, vice-présidente de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat ;
  • Laurent Grandguillaume, député PS de la 1re circonscription de la Côte-d’Or ;
  • Meyer Habib, député UDI de la 8e circonscription des Français établis hors de France ;
  • Jean-Christophe Lagarde, député UDI de la 5e circonscription de la Seine-Saint-Denis et maire de Drancy ;
  • Jean-Jacques Lasserre, sénateur UDI des Pyrénées-Atlantiques, président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques ;
  • Pierre Laurent, sénateur de Paris, secrétaire national du Parti communiste français, président du Parti de la gauche européenne ;
  • Jean-Pierre Maggi, député RRDP de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône ;
  • Jean-Pierre Masseret, sénateur PS de la Moselle ;
  • Paul Molac, député écologiste du Morbihan ; J
  • ean-Philippe Nilor, député GDR de Martinique ;
  • Philippe Noguès, député divers gauche de la 6e circonscription du Morbihan ;
  • Marcel Rogemont, député PS de la 8e circonscription d’Ille-et-Vilaine ;
  • Barbara Romagnan, députée PS du Doubs ;
  • Jean-Louis Roumégas, député écologiste de l’Hérault ;
  • Eva Sas, députée écologiste de la 7e circonscription de l’Essonne ;
  • Gabriel Serville, député GDR de la 1re circonscription de Guyane ;
  • Cécile Untermaier, député PS de la 4e circonscription de Saône-et-Loire et
  • Jacques Valax, député PS de la 2e circonscription du Tarn.

 

[1] http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/19/nous-voulons-nous-unir-aux-rwandais-lors-de-la-commemoration-du-genocide_4868287_3212.html et http://www.egam.eu/5204-2/

[2]http://www.france-rwanda.info/article-le-rapport-gersony-et-le-genocide-hutu-56753191.html

[3]https://blogs.mediapart.fr/michel-robardey/blog/220415/rwanda-les-australiens-se-   souviennent-d-un-crime

[4]http://www.un.org/fr/sc/documents/letters/1998.shtml

[5]http://jkanya.free.fr/rapportgarrison.html

[6]https://www.hrw.org/fr/news/2010/10/01/rd-congo-questions-et-reponses-sur-le-rapport-de-mapping-des-nations-unies-sur-les

[7]http://www.theguardian.com/world/2010/apr/23/victims-of-war-in-congo

[8]https://vimeo.com/112879025

[9]https://www.hrw.org/fr/world-report/2015/country-chapters/268129

[10]  – Résolution 1304 (2000) du 16 juin 2000 / Résolution 1332 (2000) du 14 décembre 2000 / résolution 20781 (2012) du 28 nov2012

[11] – http://www.echosdafrique.com/20160222-quand-une-puissance-en-declin-devient-un-punching-ball-des-dictatures-africaines-cas-de-la-france-par-rapport-au-rwanda