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La France est-elle prise au piège du génocide rwandais ?

gauthier dafroza - CopieDepuis quelques années, les instances judiciaires françaises se sont laissées embarquer dans un courant politico-médiatico-judiciaire animé par le régime dictatorial de Kigali dominé par les Tutsi. Sous le prétexte de faire la chasse aux « génocidaires » hutu qui l’ont échappé après sa conquête militaire du pays en 1994, le régime tutsi du FPR s’emploie méthodiquement à faire chanter certaines puissances qui, autrement, pourraient dénoncer sa nature criminelle. Au premier rang de ces puissances qui sont devenues les «  punching-balls » du  dictateur Kagame se retrouve la France.

Le contentieux entre le régime tutsi du FPR et la France date du temps où cette rébellion tutsi dénommée Front Patriotique Rwandais, aujourd’hui devenu parti unique au pouvoir au Rwanda et qui était constituée des éléments tutsi rwandais de l’armée régulière de l’Ouganda, était engagée à envahir militairement le Rwanda pour y renverser les institutions républicaines et légitimes et installer à la place une dictature implacable dirigée par la minorité tutsi. C’était entre  1990 et 1994. La France était alors liée au gouvernement légitime du Rwanda par des accords de coopération, même en matière militaire.

Face à cette agression caractérisée dont était l’objet le Rwanda comme pays membre des Nations Unies et de l’Organisation de l’Unité Africaine, la France, agissant en tant qu’un pays respectueux de ses engagements en matière internationale, a essayé de remplir sa part du contrat en aidant le gouvernement légitime alors agressé à résister et à défendre sa population et ses acquis.

La rébellion tutsi du FPR, forte du soutien des puissances anglo-saxonnes, a dès lors pris cet engagement de la France aux côtés du Rwanda comme une tentative de Paris pour l’empêcher de conquérir le pays par les armes, la seule façon possible qu’avait cette minorité venue de l’extérieure et abhorrée par les populations locales, pour s’assurer le pouvoir au Rwanda.

Même après le retrait total de la France en 1993 au moment où la rébellion tutsi montait en puissance, renforcée par les puissances anglo-saxonnes et les pays de la région agissant sous leurs ordres, le FPR de Paul Kagamé n’a jamais digéré ce qu’il appelle un « soutien de la France au régime hutu de Juvénal Habyarimana ». Depuis lors, même plus de 22 ans après sa conquête militaire du pays, le dictateur Paul Kagame garde une dent contre la France et fait tout pour l’en punir ou l’amener à faire profil-bas lorsqu’il s’agit de parler de sa dictature dans des instances internationales.

Objectif ultime du régime de Paul Kagame : culpabiliser la France pour le « génocide rwandais »

Aussi terrible que simple à énoncer, le régime du FPR issu de la conquête militaire du Rwanda par la minorité tutsi conduite par Paul Kagame, conquête présentée à l’opinion internationale comme « une opération menée pour arrêter le génocide », entend faire endosser à la France officielle la responsabilité de ce « génocide », en l’amenant d’abord à le reconnaître, à en demander pardon et enfin à payer des réparations financières. Si cet objectif peut sembler trop ambitieux, le régime du FPR étant bien conseillé, il est quant à lui convaincu que le but sera atteint surtout que certains milieux français eux-mêmes œuvrent pour cette issue.

Manœuvres de contournement pour atteindre cet objectif

Pour amener le France à plaider coupable pour avoir commis « un génocide » au Rwanda et pour qu’elle s’engage à indemniser les victimes et à verser des réparations au régime qui prétend avoir arrêté ce génocide, le régime ne passe pas par les voix diplomatiques ou judiciaires classiques (plainte contre la France devant les juridictions internationales…), mais passe par des voies détournées mais qui, toutes, selon les analystes, pourraient aboutir au même objectif. Des organisations dites de défense des droits de l’homme opérant en France mais qui sont en fait des vitrines du parti au pouvoir au Rwanda, intentent des poursuites judicaires en France contre des personnalités françaises (des officiers de l’armée, des anciens politiciens…) et même des institutions en tant que telles (l’armée, certaines opérations militaires…) pour tenter de les faire condamner et à travers elles, la République Française. Parallèlement certains français liés au régime tutsi du FPR et surtout massivement financés par celui-ci, créent des officines qui se spécialisent à repérer des Hutus vivant en France, à aller leur trouver des fausses accusations au Rwanda auprès des « syndicats de délateurs »  mis en place par le régime, et à revenir porter plainte et exiger des procès pour « génocide ».

Le cas du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) d’Alain et Daphrosa Gauthier

Un cas illustratif de ces ramifications politico-mafieuses qui sont en train de phagocyter le système judicaire français en rapport au génocide, est celui du « Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda » (CPCR) créé et présidé par un certain Alain Gauthier.

Alain Gauthier est un français « de souche » et qui a récemment obtenu la nationalité rwandaise. Ayant épousé une femme tutsi rwandaise Daphroza, il est devenu de ce fait un proche parent par alliance du Numéro 2 du régime militaire tutsi, le général James Kabarebe le redoutable et inamovible ministre de la Défense du Rwanda et qui fut un moment « Chef d’Etat major » de l’Armée de la République Démocratique du Congo entre 1997 et 1999.


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C’est donc à ce titre et bénéficiant des moyens et des facilités que lui offrent son statut de proche parent des dignitaires du régime tutsi que son officine dite CPCR défraie la chronique judicaire en France où le couple Alain-Daphroza Gauthier, hier des retraités modestes et inconnues, sont devenus actuellement des stars médiatiques et qui font trembler les Cours d’Assises en France.

Deux procès déjà tenus 

Le couple Alain-Daphroza Gauthier vient, à moins de deux ans, de faire tenir deux procès en assises et chaque fois de faire condamner lourdement ceux qu’il accusait. En 2014, il a fait condamner Pascal Simbikangwa à 25 ans d’emprisonnement et en juillet 2016, il a fait condamner Octavien Ngenzi et Tito Barahira à la réclusion à perpétuité. On a noté, au cours de ces procès, quelques constantes révélatrices. Deux des accusés avaient été arrêtés dans un département français d’Outre Mer pour faux papiers et étaient détenus au-delà des  délais de détention préventive. Ils ont tous passé plus de cinq ans en détention pour faux papiers et sans jugement. Alain Gauthier n’est pas allé au Rwanda pour recueillir les témoignages à charge pour « génocide » qu’après avoir appris que ces Hutu risquaient d’être libérés et même indemnisés pour cette longue détention illégale. Il en est revenu avec un troisième nom qu’il a joint au dossier. En les accusant de « génocide » et en parvenant à trouver des témoins au Rwanda, Alain Gauthier a donc collaboré avec le système judiciaire de son premier pays (la France) tout en servant son deuxième pays (le Rwanda) et en évitant un scandale   qui pourrait coûter cher même en termes financiers. De là à penser que lors du jugement, le principe du « retour de l’ascenseur » peut être envisagé n’est pas du tout hors propos.

Procès en Assises

Le procès en Assises en France se caractérise par la présence d’un jury populaire qui doit se joindre aux juges professionnels lors de la délibération pour juger de la culpabilité ou non et pour déterminer la peine.

Compte tenu de la présence d’un jury populaire, les débats devant la cour d’assises sont intégralement oraux : en effet, seul le président a accès au dossier, les autres membres de la cour et du jury n’en prenant connaissance qu’au travers des interrogatoires et dépositions organisés à l’audience. Ceux qui remettent en cause le rôle des jurys populaires affirment notamment que ceux-ci peuvent être manipulés par un contexte extérieur (médias, télévisions, ou professionnels du droit).

Ceci s’est particulièrement fait remarquer lors des deux procès de Paris où il est apparu que les débats étaient plutôt destinés à faire vibrer la corde sentimentale des jurés que de présenter les faits avérés. Les vidéos choisies pour être visionnées comme les témoignages des « rescapés » racontant l’horreur ont dominé les débats et visaient à noyer la réalité des faits à juger dans ce flot d’évocations sentimentales. Bref, l’Avocat Général, et surtout les parties civiles, n’avaient qu’à s’entourer des comédiens professionnels qui savent faire le casting pour déterminer quel témoin pouvait impressionner le plus les jurés. Ils y ont réussi au delà de toute espérance. Dans ces procès éminemment politiques, les magistrats professionnels étant déjà dans la poche, les jurés ont été instrumentalisés du début à la fin.

Multiplication des condamnations pour « génocide » en France : quel sera le sort des instances ou personnalités françaises inculpées ?

Le régime de Kigali, à travers son officine tenue par Alain Gauthier en France, compte multiplier des condamnations à tout vent pour « génocide ». L’opinion française non avertie ne s’émeut pas et même n’est pas intéressée par ces manœuvres politico-judiciaires. Mais ce que cette opinion devrait savoir, c’est que sous peu, certaines personnalités françaises plus ou moins connues tomberont aussi dans l’escarcelle de Paul Kagamé en utilisant des français comme Alain Gauthier à qui il a offert un gagne-pain et la nationalité. Bien plus grave, si cette entreprise n’est pas dénoncée par les décideurs politiques et si l’appareil judiciaire ne se remet pas en cause pour cesser d’être instrumentalisé, c’est la France toute entière qui en payera le prix et plus concrètement le contribuable qui mettra la main dans sa poche lorsqu’il sera question d’indemniser le régime tutsi du Rwanda pour un génocide de 1994 voulu et commis par des Rwandais mais qui sera alors mis sous le dos de la France.

En conclusion, on ne peut que se poser des questions : la France peut-elle échapper à payer pour le « génocide des tutsi » dès lors que sa justice, soumise aux pressions politiques et corporatistes, lesquelles sont noyautées par les lobbies pro-tutsi en France-même, se laisse facilement manipuler par ce même pouvoir tutsi ?

Emmanuel Neretse

L’ONU au Rwanda : 1990-1994. Les non-dits et le paradoxe.

Les généraux Marcel Gatsinzi,  Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Les généraux Marcel Gatsinzi, Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Mandatée par les superpuissances qui l’instrumentalisent, l’Organisation des Nations Unies (ONU a une réussit dans son bilan : celle d’avoir permis la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée ougandaise en 1994. C’est la seule opération au monde que cette institution internationale a réussi, puisqu’elle lui a permis d’accorder le pouvoir à un groupe de son choix. Paradoxe : la même ONU est accusée par le régime qu’il a installé au Rwanda d’« inaction et de non assistance en personne en danger » etc… Et l’ONU encaisse sans broncher et même se livre aux séances de « mea culpa » ridicules. Plus l’ONU se  livre à l’auto-flagellation, plus le régime militaire et dictatorial installé à Kigali en juillet 1994 enfonce le clou par des manœuvres de diversion et le chantage au génocide jusqu’à demander des comptes à la même ONU qui ne serait pas intervenue pour « arrêter le génocide » en 1994 ! Pour essayer de comprendre ce jeu de dupes, il y a lieu d’analyser de plus près l’action de l’ONU au Rwanda à cette époque.

Troupes de l’ONU au Rwanda

L’attitude de l’ONU commence à être suspecte après l’invasion du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda le 01 octobre 1990.  Au lieu de condamner vigoureusement cette agression avérée d’un pays membre par un autre pays membre, consigne est donnée  à New York  pour que le conflit soit considéré comme de « type interne » et qu’il n’y a pas de menace pour la paix et la sécurité internationale, l’une des conditions classiques pour toute intervention et médiation de l’organisation. Dans cette option, l’ONU entend compter sur la diplomatie menée par une organisation régionale, à savoir  l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Comme par hasard, le Secrétaire Général de cette organisation se trouve être le tanzanien Salim Ahmed Salim très proche des militaires tutsi d’Ouganda et de Tanzanie tandis que la même OUA  est présidée cette année 1990 par Yoweri Museveni , le chef de l’Etat agresseur. L’ONU et l’OUA vont désormais opérer en toute complicité dans ce dossier. Comme la guerre continuait à faire rage et sur demande pressante du gouvernement du Rwanda, le 22 juin 1993, le Conseil de Sécurité adopta la résolution 846 qui vint confirmer l’option de l’organisation de ne s’impliquer que pour aider les agresseurs. Le Conseil n’autorisait qu’une « Mission d’observation des Nations Unies Ouganda-Rwanda » (MONUOR) composée de 80 observateurs militaires. Celle-ci ne serait déployée que le long de la frontière, du côté ougandais. En fait une façon d’exonérer l’Ouganda de toute accusation d’agression tout en continuant à berner le Rwanda. Le côté rwandais serait, quant à lui, surveillé par un Groupe d’observateurs Militaires neutres (NMOG, Neutral Military Observer Group, GOMN en français) relevant directement de l’OUA, groupe auquel le Secrétaire Général des Nations Unies adjoignit deux experts militaires chargés seulement d’apporter une aide logistique pour un déploiement plus rapide du NMOG. En fait un groupe d’espions officiels au profit des agresseurs que sont les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda désormais présentés comme une rébellion au nom de Front Patriotique Rwandais (FPR).

Jallow, le procureur du TPIR, en compagnie de Paul Kagame

Jallow, le procureur du TPIR, en compagnie de Paul Kagame

L’implication directe de l’ONU dans ce conflit devenant  incontournable avec la signature des accords d’Arusha le 3 août 1993 qui prévoyaient la mise en place d’une force militaire internationale de l’ONU, il a fallu deux bons mois avant que le Conseil de Sécurité n’autorise la mise sur pied d’une « Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda » (MINUAR) .

La mission dévolue à cette MINUAR 1 était très large et on peut considérer que les moyens mis à sa disposition pour effectuer des tâches aussi diverses que délicates étaient volontairement dérisoires. La MINUAR ne disposera au maximum que de 2548 hommes dont 1428 seront déployés dans une première phase. Le déploiement par phase ne débutera que le 2 novembre 1993. La volonté de réduire au maximum cette force et surtout de déguerpir dès que les rebelles tutsi seraient à mesure de donner l’assaut final apparait dans le point 9 de la résolution 872 du Conseil de Sécurité qui en invite le Secrétaire général à s’y préparer.

Le phénomène « Roméo Dallaire »

Le Commandement militaire de la MINUAR I fut confié à un officier  canadien qui comme il l’avouera lui-même plus tard dans son livre, ignorait tout du Rwanda mais engagé et fanatisé à outrance. Le général Roméo Dallaire avait en effet été désigné en juin 1993 pour conduire la Mission d’observation des Nations Unies Ouganda/Rwanda (MONUOR). Il arriva au Rwanda juste après la signature des Accords d’Arusha pour une mission de reconnaissance de 12 jours. Il fut spécialement encadré par les gens hostiles au président Habyarimana dont il était convaincu que c’était un dictateur dont il fallait débarrasser le Rwanda via les combattants tutsi venus d’Ouganda.[Roméo Dallaire, 2003, p.75-76 ;96 ;100]

Durant ce séjour, il côtoya les figures de proue de l’opposition radicale, de la mouvance du FPR dont il avait rencontré la direction politique et militaire par l’entremise de Yoweri Museveni . Depuis lors, il n’a plus caché son admiration pour Paul Kagame.

Lorsqu’il débarque à Kigali le 21 octobre 1993, le général Dallaire est convaincu qu’il vient en croisade contre une dictature incarnée par Habyarimana. Pour se couvrir diplomatiquement, il va imposer le concept d’ « extrémistes » pour qualifier tous ceux qui n’étaient pas d’obédience FPR. Il va aussi se caractériser par une « indiscipline militaire » incroyable pour un militaire de son rang en mission de maintien de la Paix de l’ONU. En effet il va superbement ignorer son chef politique qui est le Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU au Rwanda et va le court-circuiter jusqu’à adresser directement des rapports à New York sans l’en informer. Au Rwanda même, il s’imposa comme le seul interlocuteur politique que ce soit avec le Président de la République, les ministres les partis politiques…Bref, il était sorti de son rôle militaire. Le pauvre diplomate camerounais du nom de Jacques Roger Booh Booh, qui sur papier était son patron, était perçu par les Rwandais comme étant son chauffeur ou tout au plus son secrétaire. Le général Dallaire lui-même s’en est vanté.

Les troupes de l’ONU face à la crise : 06 avril 1994 

Rappelons qu’à la veille du déclenchement de l’assaut final des éléments tutsi de l’armée ougandaise pour s’emparer du pays dont le signal fut l’assassinat du Président Habyarimana, il y avait au Rwanda quelques 2400 casques bleus relevant de 24 nationalités différentes et dispersés dans différents endroits. Le contingent le plus important est fourni par le Bangladesh (937) et le Ghana (841). La Belgique avait 428 hommes mais son contingent constituait sur le plan logistique et politique le noyau dur de la mission. Le 7 avril 1994 dans l’après midi, Paul Kagamé déclara la reprise des opérations sur tous les fronts dont

Roméo Dallaire et Paul Kagame

celui de Kigali où il avait infiltré des milliers de combattants avec l’aide ou la complicité de la MINUAR. La réaction de la MINUAR, embrigadée par le général Dallaire, fut de ne rien entreprendre qui pourrait gêner la progression du FPR ou donner du répit aux FAR. Au contraire la MINUAR céda les positions stratégiques qu’elle occupait autour de Kigali aux combattants du FPR en leur laissant des munitions et des rations suffisantes pour y tenir à outrance en cas de nécessité. Parallèlement le général Dallaire, s’employait à distraire ce qui restait du commandement des FAR dans des réunions interminables et qui ne décidaient de rien, ou encore à suivre et même à piloter l’évolution politique comme la mise en place du gouvernement intérimaire le 09 avril 1994.

Amnésie à New York ou « secrets d’Etats » ?

N’importe quel journaliste d’investigation, pour autant qu’il veuille s’intéresser à cette accusation redondante comme quoi l’ONU aurait abandonné le Rwanda peut découvrir que la décision du retrait de la MINUAR prise par New York était  dans  la ligne de l’option retenue par l’ONU dictée par les USA, de laisser le FPR remporter une victoire militaire totale avant toute chose. Par honte ou par mépris de l’opinion, aucune instance de l’ONU n’ose évoquer l’ultimatum de Paul Kagamé de considérer toute troupe étrangère au Rwanda en avril 1994 comme « ennemi », ou tout simplement  la demande officielle que le FPR a adressée à l’ONU à New York lui demandant de ne pas intervenir car, prétendait-t-il,  il n’y avait plus aucun Tutsi à sauver. La délégation du FPR était composée de Gerald Gahima et de Claude Dusaidi, et c’était encore en avril 1994. C’est dans ce cadre qu’il faudrait comprendre la consigne donnée par Bill Clinton à son administration de ne pas utiliser le terme de génocide avant la prise complète du pouvoir par le FPR.  De même on comprendra le calvaire du Secrétaire général des Nations Unies Boutros Boutros Ghali incompris et contrarié par l’américaine Madeleine Albright qui finalement aura sa peau et le remplacera par le docile Koffi Annan qui justement était au moment de la conquête, le patron du Département de Maintien de la Paix à qui le Général Dallaire s’adressait directement de Kigali.

On comprendra aussi pourquoi la proposition de la France d’établir une « zone humanitaire sure », avec la fameuse « Opération Turquoise » fut d’abord fortement combattue par les parrains du FPR et qu’elle ne fut autorisée qu’après avoir donné  des garanties qu’elle ne devrait pas contrarier ou retarder la victoire militaire totale des éléments tutsi issus de l’armée ougandaise. Lorsque le régime de Paul Kagamé tire à boulets rouges sur la France notamment pour cette opération Turquoise, c’est comme pour  dire : «… on l’a échappé bel, si l’opération Turquoise avait été autorisée quelques semaines avant que nous, les combattants tutsi ne nous rendions militairement maîtres du Rwanda, nous serions soumis à la règle du partage du pouvoir selon les accords d’Arusha comme au Burundi. »

Pour cette appréhension, le régime du FPR en veut à mort à la France, alors que l’opération « Turquoise »  a pu sauver des milliers de tutsi qui étaient condamnés à mourir si les fiançais n’étaient pas intervenus. Incompréhensible.

Après la conquête du pays par les éléments tutsi de l’armée ougandaise,  comme planifié,  l’ONU put revenir  !

C’est en considérant la rapidité et la facilité avec lesquelles fut décidée la MINUAR II que l’on se rend compte que le retrait de la MINUAR I était de permettre au FPR de s’emparer du pouvoir sans que l’ONU ne soit officiellement témoin des crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui devaient nécessairement accompagner cette conquête. Comme par hasard, cette MINUAR II fut mise sous le Commandement d’un autre général canadien qui était justement conseiller militaire au Département de Maintien de la Paix dirigé par Koffi Annan. La MINUAR II reçut plus de moyens en hommes et en matériels que la MINUAR I alors que la guerre était finie comme venait de le déclarer le FPR le 17/7/1994. Et pour cause, cette force avait pour mission non écrite de consolider le nouveau régime. Ce faisant l’ONU venait de légitimer une conquête militaire d’un pays souverain membre de l’ONU par des éléments de l’armée d’un autre pays membre aussi de l’ONU. Un précédent historique. Enfin la MINUAR II devait permettre à la multitude d’ONG d’absorber les capitaux massivement versés sur le terrain c’est-à-dire dans un Rwanda intentionnellement détruit.

Le TPIR ou un coup de pouce politique de l’ONU au régime illégitime et impopulaire installé par la force en 1994.

Le Tribunal Pénal International pour la Rwanda fut créé dans la foulée de la conquête du pays par les éléments tutsi de l’armée ougandaise. Dans sa résolution 955 du 8 novembre 1994, le Conseil de Sécurité de UN-logo-150x150l’ONU instituait ce tribunal ayant sur papier pour mission d’enquêter et poursuivre les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis au Rwanda et dans les pays voisins entre le 01 janvier et le 31 octobre1994. Mais on se rendra compte que ce tribunal était un instrument utilisé pour faire taire à jamais les dignitaires de l’ancien régime renversé en 1994 tout en assurant l’impunité aux criminels tutsi du FPR.

Violation  de la souveraineté des Etats voisins couverte par l’ONU 

L’ONU qui dans ses missions devrait prévenir les menaces à la paix mondiale et intervenir en cas de violation se montre dans le cas du régime installé  par ses soins au Rwanda comme complice des crimes de guerre et crimes contre l’humanité du FPR. Les invasions successives des pays voisins comme la RDC ou la déstabilisation d’autres comme le Burundi ne sont jamais condamnées par l’ONU mais au contraire elles sont  occultées quand les victimes ne sont pas présentées comme des bourreaux (cas du Burundi). Même quand ses fonctionnaires ou des experts mandatés par elle incriminent le régime de Paul Kagamé dans des rapports bien fouillés et tout à fait crédibles, la même ONU choisit de mettre ces rapports sous le boisseau ou de renvoyer ces rédacteurs. Ce fut le sort du « Mapping Report » (août 2010) concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commis entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République Démocratique du Congo,.

L’ONU aide le régime tutsi du FPR à entretenir une armée surdimensionnée

L’armée de Paul Kagamé est passée de quelques centaines  de tutsi qui appartenaient à l’armée régulière ougandaise et qui se sont emparés du Rwanda en 1994 avec l’aide de l’ONU à une masse de plus de

Bill Clinton et Paul Kagame

Bill Clinton et paul Kagame

200.000 hommes (et femmes)  sans compter les éléments supplétifs (milices du parti au pouvoir dite DASSO, démobilisés employés dans des sociétés de gardiennage etc.) pour un pays d’une population d’un peu plus de 10 millions d’habitants s’étendant sur seulement 29.338 km², il faut avouer que c’est un peu trop, mais que surtout n’importe quel gouvernement du monde confronté à une telle situation aurait du mal à gérer : entretenir, nourrir et équiper une telle armée. Mais pour le cas du Rwanda butin de guerre offert aux éléments tutsi de l’armée ougandaise par la même ONU, cette organisation est là pour y subvenir. La solution a été vite trouvée. Il suffit d’engager massivement l’armée de Paul Kagame dans les missions de maintien de la paix de l’ONU partout à travers le monde. Ainsi on les retrouve  au Darfour, en Centrafrique, au Soudan du Sud, au Mali, en Côte d’Ivoire , en Haïti etc. De cette façon c’est l’ONU qui paie la solde et les équipements de la majorité de presque tous les deux cents milles soldats de Paul Kagamé qu’il ne saurait entretenir autrement avec risque des mutineries pouvant aller au renversement de son régime pourtant installé par l’ONU.

Attitude du régime tutsi face à l’ONU : un chantage politique et diplomatique permanent.

Face à cette réalité, comment alors comprendre les larmes de crocodile que verse le régime de Paul Kagame chaque fois qu’il évoque le rôle de l’ONU alors qu’il apparaît que cette organisation a permis à cette clique, non seulement  la prise du pouvoir par les armes, mais aussi elle a continué à la soutenir et à lui assurer l’impunité face à ses crimes innombrables. Pourquoi la même ONU a encaissé  sans broncher et  s’est mise même à genoux devant cette clique qu’elle a elle-même mise sur le trône du Rwanda contre toute logique ?

D’après nous, ce chantage politique et diplomatique du régime illégitime du FPR est favorisé par le fait que :

  • Dans les puissances qui dominent l’ONU, les décisions politiques sont dictées par les lobbies ayant offert le Rwanda aux tutsi : USA, GB, Belgique ;
  • Certaines de ces puissances n’ont pas de politique étrangère propre et doivent suivre la ligne de celle du grand allié américain : France, Canada, Pays Bas ,les pays scandinaves (Suède Norvège, Danemark)
  • Le deal entre la France et les Etats Unis sur leurs zones d’influence en Afrique interdit à la France de prétendre encore à une quelconque influence au Rwanda, tandis qu’il accorde aux anglo-saxons toute la latitude d’y faire ceux qu’ils veulent.
  • Enfin, c’est une preuve supplémentaire s’il en fallait, que les institutions internationales bien en vue comme l’ONU et l’UA sont en réalité dans l’étau des lobbies ayant installé la clique des tutsi venus d’Ouganda au pouvoir au Rwanda.

Emmanuel Neretse

10/5/2016

Réponse à la lettre ouverte des 43 parlementaires adressée au Ministre des Affaires étrangères

photo www.lexpress.fr

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Les signataires de la lettre ouverte à M. Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, diffusée dans le journal Le Monde du 19 Février 2016[1] veulent se rendre à Kigali où règne sans partage depuis 1994 le régime dictatorial et terroriste de M. Kagame, »afin de s’unir aux Rwandais lors de la commémoration du génocide« : une bien curieuse démarche que de marquer cette solidarité avec un pouvoir accusé des pires exactions depuis 1990, alors que la nation française est, aujourd’hui, toute entière arc-boutée dans la lutte contre le terrorisme qui l’a lourdement frappée en 2015.

Nous reconnaissons qu’un génocide en 1994 a frappé les Tutsis du Rwanda, mais aussi des centaines de milliers de Hutus comme l’atteste le rapport Gersony [2] et le témoignage des troupes Australiennes[3]. Nous ne pouvons qu’être stupéfaits par les limites de la compassion des signataires.

Par ailleurs, l’actuel régime rwandais est impliqué dans plusieurs massacres en République Démocratique du Congo. Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, dans sa lettre du 29 juin 1998[4], adressée au Conseil de sécurité, fait état des conclusions et de preuves de violation des droits de l’homme ou du droit international humanitaire, de crimes contre l’humanité et d’actes de génocide, et fait état des tueries auxquelles se sont livrées l’AFDL et ses alliés de l’Armée patriotique rwandaise. Les rapports Garreton[5] paru fin des années 90 et le rapport Mapping [6]en 2010 reprennent les termes de crimes contre l’humanité et actes de génocide en parlant des massacres perpétrés à l’est de la République démocratique du Congo par ces mêmes acteurs.

A leur tour en 2010, des rabbins Anglais ont alerté l’opinion publique sur le génocide congolais et sur le silence assourdissant de la communauté internationale[7] à propos de ces massacres.

Par la suite, en 2014, l’avocat espagnol Jordi Palou Loverdos lança l’Appel pour la vérité et la justice dans la région des Grands Lacs en soutien à la BBC 2 qui diffusa le documentaire «Rwanda’suntold story »[8]. Celui-ci déconstruit méthodiquement l’histoire qui a été officialisée par la majorité des médias occidentaux sur les tragédies qui dévastent, depuis 1990, la région des Grands Lacs : Burundi, Rwanda, RDC.

Il est donc impératif de rappeler aux signataires que le régime dictatorial de Paul Kagame collectionne aujourd’hui des dizaines de rapports sur les violations des droits de l’homme[9], les crimes contre l’humanité, voire les crimes de génocide dans la région des Grands Lacs et en particulier en République Démocratique du Congo

Force est de constater que les massacres et atteintes contre les civils au Congo documentés par les rapports cités plus haut et les résolutions de l’ONU[10], n’appellent pas, de la part des parlementaires compassionnels, le même élan de solidarité.

De plus, les signataires ne peuvent ignorer que le président rwandais Paul Kagame au pouvoir depuis 1994 avait juré de chaque fois humilier tout délégué français dans cette cérémonie tant que la France officielle n’aura pas demandé pardon pour « avoir pris part » au  génocide rwandais. C’est ainsi que Renaud Muselier, qui était Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères fut pris à parti publiquement le 7 Avril 2004 par Paul Kagame lui-même au stade de Kigali où se déroulaient les cérémonies et obligé de reprendre son avion vers Paris.

Cela fait depuis vingt ans maintenant que le génocide du peuple Congolais est passé sous silence. On parle de plus 8 millions de morts à ce jour. Aucun politique, aucun média ne veut briser cette omerta afin de stopper cette frénésie de massacres. Souvenons-nous de la guerre en ex–Yougoslavie : tout le monde pointait le régime serbe du doigt mais l’histoire nous a appris des années plus tard que les auteurs des massacres n’étaient pas que Serbes.

« Ce qu’il faut bien comprendre en l’espèce, à l’instar de certaines officines qui font du lobbying du dictateur Paul Kagame en France et opérant sur certaines couvertures comme associations de défense comme EGAM, Survie, SOS Racisme, FIDH, CPCR etc…connaissent le talon d’Achille de certains politiciens français qui n’hésitent pas à aller contre les intérêts supérieurs de la France ou à mettre en cause l’honneur des armées françaises pour se faire de la publicité ou pour quelques gains de toutes sortes promettant de tout faire en faveur du dictateur en utilisant justement le terme génocide , même s’ils doivent s’accuser eux-mêmes ou d’autres politiciens français des crimes qu’ils n’ont pas commis.[11] ». Monsieur le Ministre, accéder à la demande des 43 parlementaires, aller manifester solidarité et compassion non à toutes les victimes de la folie des hommes dans la région des Grands Lacs, mais à un régime terroriste et criminel, revient à nier les millions de morts au Congo, ainsi que des milliers de femmes, enfants, bébés… congolais violés, mutilés, enterrés vivants. Sans parler des victimes Rwandaises et Burundaises.

Lors du colloque « Rwanda, la vérité des acteurs » qui s’est tenu au Sénat le 1er Avril 2014, Philippe Reyntjens, Professeur à l’Université d’Anvers et spécialiste reconnu de la région des Grands Lacs  a déclaré : « Ceux qui nient ou minimisent le génocide des Tutsi sont appelés à juste titre négationnistes ou révisionnistes. Les mêmes qualificatifs doivent désigner ceux qui tentent de nier ou de contester les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par l’APR sur les civils au Rwanda et en RDC. Quels que soient les auteurs de ces crimes, ils doivent être traduits en justice pour éviter que cela ne se reproduise plus jamais. »

Cette démarche de ces 43 parlementaires français nie, de toute évidence, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité (voire les crimes de génocide) commis par le FPR et son armée l’APR depuis 1990 dans la région des Grands Lacs.

Accéder à cette demande, Monsieur le Ministre, serait piétiner la grandeur de la France, pays des droits de l’homme et accepter que la France fasse allégeance à un dictateur qualifié de « plus grand criminel de guerre encore en exercice » par les spécialistes de la région des Grands Lacs, et qui ne manque aucune occasion d’insulter le pays qui nous a accueilli et à qui nous devons estime et reconnaissance.

Le Collectif des Associations Congolaises

  • LIPEDC
  • INITIATIVES CONGO-ZAIRE
  • BUKAVU YETU
  • CCDP

Copie adressée à :

  • Noël Mamère, député écologiste de Gironde, membre de la commission des affaires étrangères, maire de Bègles;
  • Danielle Auroi, députée écologiste du Puy-de-Dôme, présidente de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale ;
  • Sylviane Alaux, députée PS de la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques ;
  • Brigitte Allain, députée écologiste de la Dordogne ;
  • Pouria Amirshahi, député PS de la 9e circonscription des Français établis hors de France ;
  • Huguette Bello, députée GDR de la 2e circonscription de la Réunion ;
  • Esther Benbassa, sénatrice écologiste du Val-de-Marne ;
  • Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste du Nord ;
  • Jean-Pierre Blazy, député PS de la 9ecirconscription du Val-d’Oise ;
  • Michèle Bonneton, députée écologiste de l’Isère ;
  • Marie-George Buffet, députée PCF de de la 4e circonscription de la Seine-Saint-Denis, ancienne ministre de la jeunesse et des sports ;
  • Jean-Jacques Candelier, député PCF de la 16e circonscription du Nord ;
  • Fanélie Carrey-Conte, députée PS de la 15e circonscription de Paris ;
  • Sergio Coronado, député écologiste de la 2e circonscription des Français établis hors de France ;
  • Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique ;
  • Annie David, sénatrice PCF de l’Isère ;
  • Charles De Courson, député UDI de la 5e circonscription de la Marne ;
  • Jean Desessard, sénateur écologiste de Paris ;
  • Cécile Duflot, députée écologiste de la 6e circonscription de Paris, ancienne ministre du logement et de l’égalité des territoires ;
  • William Dumas, député PS de la 5e circonscription du Gard ;
  • Hervé Féron, député PS de Meurthe-et-Moselle, maire de Tomblaine ;
  • Aurélie Filippetti, députée PS de la 1re circonscription de la Moselle, ancienne ministre de la culture et de la communication ;
  • Jacqueline Fraysse, députée GDR de la 4e circonscription des Hauts-de-Seine ;
  • Geneviève Gaillard, députée PS de la 1re circonscription des Deux-Sèvres ;
  • Jean-Marc Germain, député PS de la 12e circonscription des Hauts-de-Seine ;
  • Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne, vice-présidente de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat ;
  • Laurent Grandguillaume, député PS de la 1re circonscription de la Côte-d’Or ;
  • Meyer Habib, député UDI de la 8e circonscription des Français établis hors de France ;
  • Jean-Christophe Lagarde, député UDI de la 5e circonscription de la Seine-Saint-Denis et maire de Drancy ;
  • Jean-Jacques Lasserre, sénateur UDI des Pyrénées-Atlantiques, président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques ;
  • Pierre Laurent, sénateur de Paris, secrétaire national du Parti communiste français, président du Parti de la gauche européenne ;
  • Jean-Pierre Maggi, député RRDP de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône ;
  • Jean-Pierre Masseret, sénateur PS de la Moselle ;
  • Paul Molac, député écologiste du Morbihan ; J
  • ean-Philippe Nilor, député GDR de Martinique ;
  • Philippe Noguès, député divers gauche de la 6e circonscription du Morbihan ;
  • Marcel Rogemont, député PS de la 8e circonscription d’Ille-et-Vilaine ;
  • Barbara Romagnan, députée PS du Doubs ;
  • Jean-Louis Roumégas, député écologiste de l’Hérault ;
  • Eva Sas, députée écologiste de la 7e circonscription de l’Essonne ;
  • Gabriel Serville, député GDR de la 1re circonscription de Guyane ;
  • Cécile Untermaier, député PS de la 4e circonscription de Saône-et-Loire et
  • Jacques Valax, député PS de la 2e circonscription du Tarn.

 

[1] http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2016/02/19/nous-voulons-nous-unir-aux-rwandais-lors-de-la-commemoration-du-genocide_4868287_3212.html et http://www.egam.eu/5204-2/

[2]http://www.france-rwanda.info/article-le-rapport-gersony-et-le-genocide-hutu-56753191.html

[3]https://blogs.mediapart.fr/michel-robardey/blog/220415/rwanda-les-australiens-se-   souviennent-d-un-crime

[4]http://www.un.org/fr/sc/documents/letters/1998.shtml

[5]http://jkanya.free.fr/rapportgarrison.html

[6]https://www.hrw.org/fr/news/2010/10/01/rd-congo-questions-et-reponses-sur-le-rapport-de-mapping-des-nations-unies-sur-les

[7]http://www.theguardian.com/world/2010/apr/23/victims-of-war-in-congo

[8]https://vimeo.com/112879025

[9]https://www.hrw.org/fr/world-report/2015/country-chapters/268129

[10]  – Résolution 1304 (2000) du 16 juin 2000 / Résolution 1332 (2000) du 14 décembre 2000 / résolution 20781 (2012) du 28 nov2012

[11] – http://www.echosdafrique.com/20160222-quand-une-puissance-en-declin-devient-un-punching-ball-des-dictatures-africaines-cas-de-la-france-par-rapport-au-rwanda

Quand une puissance en déclin devient un « punching-ball » des dictatures africaines. Cas de la France par rapport au Rwanda

guheka impyisi

La sagesse rwandaise parle d’un homme imprudent qui a accepté de porter un loup sur son dos. Devinez la suite…. [montage à partir d’une photo de Mont Jali News]

Après la nomination de Monsieur Jean-Marc Ayrault comme nouveau ministre des Affaires étrangères, quelques 43 parlementaires se sont empressés de lui adresser une lettre[1] dans laquelle ils lui demandent instamment de plaider pour que la France envoie à Kigali une délégation de niveau gouvernemental dans les cérémonies de commémoration du génocide rwandais de 1994 qui auront lieu le 7 avril 2016.[2] En apparence rien de surprenant dans cette démarche si on ne savait pas que le général président rwandais Paul Kagame au pouvoir depuis 1994 avait juré de chaque fois humilier tout délégué français dans cette cérémonie tant que la France officielle n’aura pas demandé pardon pour « avoir pris part » au  génocide rwandais. C’est ainsi que Renaud Muselier qui était Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères fut expulsé publiquement par Paul Kagame lui-même du stade de Kigali où se déroulaient les cérémonies et obligé de reprendre son avion vers Paris.

A lire aussi : LA FRANCE SERAIT-ELLE PRÊTE POUR UNE NOUVELLE HUMILIATION AU RWANDA ?

 

Pour essayer de comprendre ce paradoxe des politiciens français , il faut se rappeler que certaines officines qui font le lobbying du dictateur Kagame en France et opérant sous diverses couvertures comme « associations de défense de ceci ou cela : EGAM, Survie, SOS Racisme, FIDH, CPCR etc…connaissent le talon d’Achille de certains politiciens français qui n’hésitent pas à aller contre les intérêts supérieurs de la France ou à mettre en cause l’honneur des armées françaises pour se faire de la publicité ou pour quelques gains de toutes sortes. Ces lobbies en usent et en abusent.

Pour cette année, Paul Kagame étant pour la première fois critiqué même par ses parrains américains pour avoir modifié la Constitution afin de rester président à vie chose faite en décembre 2015, ayant été pris la main dans le sac dans la déstabilisation du Burundi voisin et dénoncé par tous les observateurs objectifs, n’ayant pas encore pu enterrer définitivement l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 dont il est l’auteur et dans lequel périrent trois militaires français, acte qui déclencha les massacres interethniques qualifiés plus tard de « génocide », le dictateur rwandais a grandement besoin d’un ballon d’oxygène qui serait par exemple un « mea culpa français » prononcé à Kigali le 7 avril 2016 par un membre du Gouvernement français après s’être incliné devant ce mémorial de Gisozi devenu mythique car il abriterait les restes de plus de 300 000 tutsi tués dans la ville de Kigali alors que cette ville ne comptait que 500 000 habitants dont moins de 10% de tutsi selon le dernier recensement supervisé par le PNUD en 1992 !

Qu’à cela ne tienne, voilà qu’il dispose  « d’idiots utiles » dans la classe politique française qui promettent de tout faire pour le sortir de cette situation en utilisant justement le « génocide » même s’ils doivent s’accuser eux-mêmes ou d’autres politiciens français des crimes qu’ils n’ont pas commis.

C’est le seul sens qu’il faut donner à cette bizarre missive de 43 parlementaires adressée au Ministre des Affaires Etrangères de leur pays lui demandant d’aller s’agenouiller devant un dictateur africain qualifié de « plus grand criminel de guerre encore en exercice » par les spécialistes de la région. Ainsi vont les empires en décadence comme nous l’a appris l’Histoire !

Emmanuel Neretse
22/02/2016

 


 

[1] Monsieur le ministre,

D’avril à juillet 1994, plus de 800 000 personnes ont trouvé la mort dans le génocide des Tutsis au Rwanda. Plus de 75 % de la population tutsi a été décimée.

Chaque année, le 7 avril, les Rwandais se réunissent pour commémorer cet événement tragique. Partout dans le pays, des mémoriaux sont fleuris à la mémoire des victimes et de leurs proches. Chaque année depuis 2014, une délégation de jeunes Français et Européens, coordonnée par le Mouvement antiraciste européen (EGAM), est allée se joindre à ces cérémonies.

Ces jeunes ont pu rencontrer des rescapés du génocide, des Justes, des dirigeants d’associations étudiantes ainsi que des personnes condamnées pour leur action au moment du génocide.

Lire aussi : Génocide rwandais : pourquoi l’armée française a tardé à intervenir à Bisesero

L’accueil qui leur a été réservé nous donne la mesure de l’importance de la visite de représentants français au Rwanda. Nous avons partagé cette histoire, nous devons partager cette mémoire commune.

La France doit en effet faire preuve de la plus grande transparence comme l’a estimé le président de la République. Son implication est aujourd’hui essentielle dans la reconstruction de la mémoire collective au Rwanda. Elle a opéré le 7 avril 2015 la déclassification partielle des archives de la présidence française concernant les actions qui ont été menées au Rwanda dans l’été 1994.

Cet acte marque un premier pas symbolique pour répondre à la nécessaire exigence de vérité qui s’impose au nom du devoir mémoriel. Il en appelle néanmoins d’autres.

Nous, parlementaires de tous bords politiques, estimons que la France doit aller plus loin et souhaitons nous unir aux Rwandais lors de la commémoration du génocide qui aura lieu le 7 avril 2016. Ainsi, nous déclarons soutenir une délégation parlementaire en avril, à laquelle certain(e)s d’entre nous participeront.

Une délégation ministérielle constituerait à ce titre un appui symbolique de taille à notre démarche et enverrait ainsi un signal fort d’apaisement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda.

En espérant pouvoir compter sur votre soutien sur ce dossier essentiel, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre haute considération.

 

[2] Lettre signée par 43 parlementaires dont les noms suivent:

Noël Mamère, député écologiste de Gironde, membre de la commission des affaires étrangères, maire de Bègles ;

Danielle Auroi, députée écologiste du Puy-de-Dôme, présidente de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale ;

Sylviane Alaux, députée PS de la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques ;

Brigitte Allain, députée écologiste de la Dordogne ;

Pouria Amirshahi, député PS de la 9e circonscription des Français établis hors de France ;

Huguette Bello, députée GDR de la 2e circonscription de la Réunion ;

Esther Benbassa, sénatrice écologiste du Val-de-Marne ;

Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste du Nord ; Jean-Pierre Blazy, député PS de la 9ecirconscription du Val-d’Oise ;

Michèle Bonneton, députée écologiste de l’Isère ;

Marie-George Buffet, députée PCF de de la 4e circonscription de la Seine-Saint-Denis, ancienne ministre de la jeunesse et des sports ;

Jean-Jacques Candelier, député PCF de la 16e circonscription du Nord ;

Fanélie Carrey-Conte, députée PS de la 15e circonscription de Paris ;

Sergio Coronado, député écologiste de la 2e circonscription des Français établis hors de France ;

Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique ;

Annie David, sénatrice PCF de l’Isère ;

Charles De Courson, député UDI de la 5e circonscription de la Marne ;

Jean Desessard, sénateur écologiste de Paris ;

Cécile Duflot, députée écologiste de la 6e circonscription de Paris, ancienne ministre du logement et de l’égalité des territoires ;

William Dumas, député PS de la 5e circonscription du Gard ;

Hervé Féron, député PS de Meurthe-et-Moselle, maire de Tomblaine ;

Aurélie Filippetti, députée PS de la 1re circonscription de la Moselle, ancienne ministre de la culture et de la communication ;

Jacqueline Fraysse, députée GDR de la 4e circonscription des Hauts-de-Seine ;

Geneviève Gaillard, députée PS de la 1re circonscription des Deux-Sèvres ;

Jean-Marc Germain, député PS de la 12e circonscription des Hauts-de-Seine ;

Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l’Orne, vice-présidente de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat ;

Laurent Grandguillaume, député PS de la 1re circonscription de la Côte-d’Or ;

Meyer Habib, député UDI de la 8e circonscription des Français établis hors de France ;

Jean-Christophe Lagarde, député UDI de la 5e circonscription de la Seine-Saint-Denis et maire de Drancy ;

Jean-Jacques Lasserre, sénateur UDI des Pyrénées-Atlantiques, président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques ;

Pierre Laurent, sénateur de Paris, secrétaire national du Parti communiste français, président du Parti de la gauche européenne ;

Jean-Pierre Maggi, député RRDP de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône ;

Jean-Pierre Masseret, sénateur PS de la Moselle ;

Paul Molac, député écologiste du Morbihan ; J

ean-Philippe Nilor, député GDR de Martinique ;

Philippe Noguès, député divers gauche de la 6e circonscription du Morbihan ;

Marcel Rogemont, député PS de la 8e circonscription d’Ille-et-Vilaine ;

Barbara Romagnan, députée PS du Doubs ;

Jean-Louis Roumégas, député écologiste de l’Hérault ;

Eva Sas, députée écologiste de la 7e circonscription de l’Essonne ;

Gabriel Serville, député GDR de la 1re circonscription de Guyane ;

Cécile Untermaier, député PS de la 4e circonscription de Saône-et-Loire et

Jacques Valax, député PS de la 2e circonscription du Tarn.

 

Rwanda/génocide. En 1994, contrairement au FPR, le gouvernement rwandais et son armée ont envoyé des messages de pacification tous azimuts

génocideL’article ci-après est extrait d’un document de 69 pages intitulé : « Rwanda. Génocide controversé. Bilans contradictoires ». Il a été rédigé par  le général-major Aloys Ntiwiragabo, ancien responsable des renseignements militaires à  l’Etat-major de l’armée rwandaise.

Le gouvernement intérimaire a envoyé des émissaires auprès de certains Chefs d’Etats influents de l’OUA avec des messages les priant de ramener le FPR à la raison mais aucun n’a réagi promptement.

De tels messages ont notamment été envoyés courant avril et mai 1994 aux Chefs d’Etat Mobutu Sese Seko du Zaïre, Omar Bongo du Gabon, Eyadema du Togo, Abdou Diouf du Sénégal, Arap Moï du Kenya, Ali Hassan Mwinyi  de Tanzanie, Yoweri Kaguta Museveni de l’Ouganda, au président de la Zambie, aux responsables de l’Organisation  de  l’Unité Africaine à Addis-Abeba et  à l’ONU à New York.  […]

Messages envoyés par  le Commandement des FAR

Le 07 avril 1994, l’EMAR a  ordonné au Secteur opérationnel de la Ville de Kigali de rétablir énergiquement l’ordre et prescrit des mesures à cet effet- (RT INT/OPS /94/04099 du 07 avril 1994 de l’EMAR). […]

Le 15 ou le 16 avril 1994  le Commandement des FAR a tenu une réunion avec les responsables de la RTLM et  la Radio Rwanda et  leur a demandé «de mettre fin aux messages incendiaires  et d’émettre des programmes plutôt réconciliateurs ». Le même message fut adressé à la Radio Muhabura du FPR dans un communiqué sanctionnant la réunion. Malgré ces efforts le FPR n’a rien fait de son côté et la Radio Muhabura a poursuivi sa campagne incendiaire et de provocation.

Le 16 avril 1994, en apprenant que certains militaires seraient en train de piller les maisons au lieu de participer aux opérations, il demande de les ramener aux camps et aux positions.

Dans un communiqué de presse du 16 avril 1994 repris par l’AFP, le Commandement des FAR préconisait de « rechercher et d’arrêter les militaires égarés qui participent aux exactions diverses envers la population ».

Le 17 avril 1994, le Commandement propose au Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies les actions à mener dans le cadre de ramener la paix au Rwanda, qu’il faut notamment pouvoir  rassembler les forces de l’ordre pour arrêter les massacres et pacifier le pays, faire une campagne de sensibilisation par les médias publics et privés et entreprendre des tournées…, selon la lettre N° 0628/G3.3.3 du 17 Avril 1994 d’EMAR.

Le 18 Avril 1994, le Commandement des FAR réitérait, dans un communiqué, sa détermination de « rechercher et arrêter les militaires égarés qui participent aux exactions diverses envers la population ». […]

Le 29 du même mois, il s’adressa particulièrement au Commandant du Bn Cdo Huye dont les militaires continuaient à commettre des pillages et autres exactions envers la population pour que ce dernier prenne des mesures pour endiguer ce fléau.

Dans une lettre datée du 03 mai 1994, il renforce les mesures disciplinaires à appliquer à l’égard de ceux qui se seront rendus coupables de pillage ou d’exactions envers la population civile (meurtre, viol, rançonnement, …). Tout militaire, toute catégorie confondue, sera désarmé et les effets militaires en sa possession lui seront retirés; les Commandements opérationnels prononceront la résiliation des contrats des hommes de troupe, proposeront télégraphiquement la résiliation des contrats des Sous-Officiers sous-contrat, enverront les officiers à l’EMAR où ces derniers prendront connaissance des mesures prises à leur encontre.

Le 04 mai 1994, apprenant qu’il y aurait des massacres parmi les orphelins de Kacyiru déplacés à Butare, le Chef d’EMAR ordonna au Commandement du Secteur Butare de « tout mettre en œuvre pour faire cesser ces barbaries » (RTADM/OPS/94/05494 du 04 Mai 1994 d’EM AR). […]

Le 08 mai 1994, l’EMAR ordonnait au Commandant du Secteur Gisenyi d’entrer « personnellement en contact avec les différents groupes de religieux enfermés en divers endroits pour que ceux qui veulent être évacués à Goma puissent le faire » sous la protection de ce dernier (RT INT/OPS/94/05708 du 08 Mai 1994 d’EMAR.

Aussi pour pallier à l’absence du bataillon Police Militaire habituellement chargé du contrôle disciplinaire au sein de l’Armée Rwandaise, mais alors attaqué par le Front Patriotique Rwandais (FPR) et acculé à se défendre au Camp Kami, l’EMAR a mis sur pied un détachement sous le commandement d’un officier supérieur, Colonel Edouard Hakizimana, chargé de rechercher, arrêter et désarmer les militaires qui abandonnaient leurs positions et allaient commettre des crimes et autres exactions.

Le FPR n’a émis aucun message de pacification

La radio Muhabura du FPR n’émettait que les communiqués  incendiaires et de provocation auxquelles répliquait la Radio Télévision Libre des Mille Collines -RTLM.

Ayant réussi à provoquer les affrontements interethniques, le FPR a aussi tenté de provoquer les troubles inter-régionales, opposant le Nord et le Sud.  Par exemple le soir du 21 avril et le matin du 22 avril 1994  la Radio Muhabura a émis  un communiqué selon lequel les militaires nordistes des FAR ont décimé  le leadership militaire sudiste. Elle a cité une  liste d’une vingtaine d’officiers sudistes les plus haut gradés. Or aucun militaire des FAR n’a agressé un autre pour des fins régionales.

Le communiqué fut démenti  le même jour, le 22 avril 1994, par le Général-Major Augustin Ndindiliyimana,  alors Chef d’Etat-major de la Gendarmerie Nationale et le Colonel Laurent   Rutayisire, alors Directeur de la Sécurité Extérieure,  ressortissants respectivement de Butare et de Gikongoro, et figurant en tête de liste des prétendus officiers assassinés.

Pourtant les médias, les « Experts du Rwanda »  et les Commissions sur le drame rwandais créées par certains Etats et l’OUA n’ont jamais fait état  du rôle néfaste de la radio Muhabura. C’est pourtant la désinformation et l’intoxication de cette radio qui avaient motivé la création de la RTLM qualifiée de média de la haine !

Lire l’intégralité du document : Rwanda-Génocide controversé

François Bugingo : chute d’une icône médiatique ou neutralisation d’un escroc ?

François Bugingo /photo lapresse.ca

François Bugingo /photo lapresse.ca

Les milieux médiatiques du Canada et du monde entier sont secoués par l’affaire « François Bugingo » du nom de ce journaliste rwando-canadien qui vient d’être reconnu comme un affabulateur étant donné que tous les reportages qu’il a vendus pendant des années aux plus grands médias du Québec étaient « bidonnés ». Mais seuls les non-rwandais seraient choqués de découvrir cette supercherie de la part d’un « journaliste » dont les déclarations faisaient autorité non seulement dans les médias mais aussi dans les services de police et la justice du Canada.

Nombre d’observateurs rwandais se demandaient comment les médias canadiens étaient tombés dans le panneau jusqu’à croire aux récits abracadabrantesques de ce Tutsi du Masisi qui n’est arrivé pour la première fois au Rwanda qu’en 1995 dans le sillage de la conquête du Rwanda par le FPR, mais qui a raconté avoir couvert la guerre et le génocide depuis 1990 en décrivant des scènes avec moult détails.

Dans l’affaire Léon Mugesera, les commentaires de François Bugingo ont été d’un poids décisif qui a poussé les instances judiciaires à l’extrader au Rwanda pour un discours prononcé en 1992. Plusieurs Rwandais d’éthnie hutu qui ont eu le malheur de croiser François Bugingo ou dont il connaissait seulement les noms seront harcelés par la police et les services d’immigration du Canada car dénoncés ou accusés par une célébrité journalistique et reporter de guerre dont la parole ne pouvait être jamais mise en doute.

Les Rwandais qui suivent la presse canadienne en étaient arrivés à se demander comment de tels mensonges pouvaient gobés. Et voilà que la bulle éclate et tout le monde feint de s’indigner. Mais entretemps qui va réparer les dégâts causés par l’escroc médiatique François Bugingo et surtout indemniser ses victimes ? Pourtant d’autres journalistes canadiens n’ont pas cessé de répéter « …ça ne s’est pas passé comme ça… »[i], mais leurs voix étaient chaque fois étouffées par le vacarme de François Bugingo.

Ainsi va le monde.

Jane Mugeni
27/05/2015

A lire sur le même sujet :

François Bugingo: des reportages inventés de toutes pièces

 

[i] Allusion faite au livre de Robin Philipot, Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali, Les Intouchables, septembre 2005.

Rwanda : les statistiques du génocide, un enjeu politique ?

mémorial de Gisozi

mémorial de Gisozi

Depuis sa prise du pouvoir en juillet 1994, Paul Kagamé et sa rébellion du FPR ont imposé au monde entier des statistiques concernant le « génocide » qui ne doivent ni être discutées et encore moins contestées, sous peine d’être accusé de « négationnisme » ou encore de « divisionnisme », accusations graves qui ont valu aux opposants comme la présidente du parti FDU-Inkingi Madame Victoire Ingabire, de lourdes peines de prison. Ainsi, les Rwandais doivent d’abord accepter et chanter partout que le génocide de 1994 a fait un million de victimes parmi les Tutsi, que le seul mémorial de Gisozi abrite les restes de 250.000 Tutsi qui habitaient la capitale et qui ont péri pendant le génocide. La Communauté internationale,à travers les organes de presse les plus influents, a donné son « Imprimatur » à cette « Evangile selon Saint Kagame ». Seulement, avec le temps, certains esprits critiques osent, au risque de leur carrière et même de leur vie, revenir sur cette supercherie et montrent que ces statistiques ne peuvent pas tenir le coup face à une simple analyse objective.

Ce fut récemment le cas la chaîne de télévision BBC TWO qui a diffusé un documentaire dans lequel entre autres, les statistiques officielles sur le nombre de victimes du génocide sont contestées.

Ce fut alors le tollé : le régime de Paul Kagame accuse le réalisateur de ce documentaire et la BBC elle-même de « négationnistes », de «  minimiser le génocide », de « blesser les rescapés,… ». Bref, tous les crimes les plus graves qui existent en ce 21° siècle. Les plus modérés dans la défense du dictateur Paul Kagame et de son fond de commerce qu’est le génocide dont il a fait le fondement de son régime et d’où il tire le semblant de légitimité, parlent de cynisme et d’indécence le fait de scruter les statistiques officielles du génocide que nous a servies Paul Kagame depuis 20 ans. Pourtant rien n’est plus légitime ni intellectuellement honnête que d’analyser les chiffres rendus publics même quand ils indiquent, hélas, le nombre de morts. Il n’y a aucune indécence ni aucun cynisme à contester par exemple le chiffre donné de Tutsi qui habitaient la capitale Kigali en 1994 et qui furent victimes du génocide et dont les restes reposent au mémorial de Gisozi.

En effet, les statistiques officielles et le Rapport de l’USAID en 1990 (pour ne pas parler du dernier recensement général de la population de 1992 dont le plus tordus peuvent contester la fiabilité car opéré par un régime hutu !) estimaient la population de Kigali à 350 000 âmes. Si nous rapportons le pourcentage des Tutsi de la capitale à 20% (surestimation), leur nombre était à l’époque de 70 000 dont peut-être 50 000 ont été assassinés par les Interahamwe. En soulignant qu’il y eut des rescapés qui, aujourd’hui, témoignent et militent au sein des organisations comme Ibuka ou Avega…! Pour atteindre le chiffre de 250.000 corps qui reposent au Mémorial de Gisozi, il a fallu trouver d’autres corps ailleurs. C’est-à-dire tous les cadavres hutu et tutsi confondus. Dans ce pays, il est connu qu’il n’est pas facile de déterminer l’ethnie de chacun, sauf si on connaît sa généalogie. On s’imagine les difficultés qu’aurait eu le FPR s’il s’était mis à trier parmi les cadavres les corps des Tutsis !

Alors, d’où proviennent les corps des victimes de ce mémorial ?

D’après les informations recueillies auprès des rescapés et voisins de ce mémorial, les corps qui y reposent sont ceux des victimes tutsis et hutus tués entre avril et juillet 1994 par les Interahamwe dans la capitale de Kigali, et des hutus assassinés par le FPR après sa prise du pouvoir. Etant donné que ces corps ne suffisaient pas pour remplir les espaces prévus à cet effet, le FPR a fait transporter en camions des corps en provenance de l’ancienne préfecture de Byumba. Les statistiques prouvent qu’il y a plus de cadavres hutu que tutsi, car ces massacres ont concerné doublement les Hutus.

En effet, après avril 1994, certains Hutus ont été tués par les leurs et ensuite massacrés par le FPR  dans le cadre de son plan de  modifier le paysage démographique du Rwanda.

Dire que le nombre de Tutsi tués en 1994 est beaucoup moins inférieur à celui du million avancé par le régime et répercuté par l’ONU ne constitue en rien un délit et n’enlève rien à l’horreur et l’abomination du génocide. Le régime tutsi de Paul Kagame qui entend jouer sur les émotions soulevées par le nombre de Tutsi tués en 1994 ne doit pas entraîner le presse mondiale, les historiens, les chercheurs… dans ses thèses de propagande souvent fantaisistes car dictées par son instinct de survie et de légitimation d’un régime issu d’une conquête militaire initiée à partir de l’Ouganda et soutenue par ce pays et les puissances anglo-saxonnes qui voulaient redessiner la carte de l’Afrique centrale et orientale.

Espérons que la diffusion courageuse du documentaire par la BBC libérera quelques énergies chez ceux qui, dans les médias, connaissent la vérité mais qui, jusqu’aujourd’hui, étaient pétrifiés par les perspectives de se voir accusés par le dictateur Paul Kagame et surtout de subir des représailles venant de ses puissants soutiens qui, souvent, se trouvent être les grands patrons de presse ou les grands décideurs politiques du monde.

Emmanuel Neretse
27/10/2014

BBC « Rwanda’s Untold Story » : Le « mythe Kagame » serait-il en train de s’écrouler ?

Paul Kagame/photo rfi

Paul Kagame/photo rfi

A peine quelques jours après la diffusion par la BBC d’un documentaire titré : « Rwanda : The Untold Story », le régime de Paul Kagame , ses sponsors et ses obligés déploient leur artillerie lourde sur le terrain médiatique où leurs positions risquent de tomber une à une. Signe que le documentaire de la BBC a fait mouche !

– Il y eut d’abord la fameuse association « IBUKA » qui, forte de sa jouissance de  « non contestabilité », a appelé à une manifestation devant le siège de la BBC à Londres. Une trentaine de militants se sont donc retrouvés samedi le 10 octobre devant l’immeuble de la BBC en brandissant des pancartes chantant les louanges à Paul Kagame et accusant la BBC de « négationniste ».

– Il y eut ensuite cette lettre de protestation du 12 octobre adressée au Directeur de la BBC et signée par une trentaine de soi-disant « professeurs, chercheurs, journalistes, historiens… ». Comme nous le verrons plus loin, les signataires sont pour la plupart des complices de Paul Kagame dans les crimes qu’il a commis ou sont ses obligés car travaillant pour lui d’une façon ou d’une autre.

– Il y eut aussi la sortie de Paul Kagame le 14 octobre lors de l’installation de son cousin Bernard Makuza comme président du Sénat et donc officiellement n°2 du régime. Il a pratiquement mis le pays en état d’alerte en prétendant qu’il s’apprête à donner une leçon de comment faire la guerre à ceux qui vont l’attaquer ! Dans son discours, il voit donc en la diffusion du documentaire de la BBC une déclaration de guerre et n’a pas manqué de souligner que c’est trop tard car depuis vingt ans il aurait accumulé des moyens de guerre « invincibles » (si jamais il en existe comme il le croit!).

-Il y eut encore la sortie d’un article sur le blog pro-Kagame par un certain Alain Gauthier le 15 octobre. Cet enseignant retraité reconverti sur le tard dans le showbiz a fait fortune dans le commerce du génocide rwandais en France de sorte qu’il est actuellement une star médiatique et un « people », rien qu’en vendant le génocide rwandais en France. C’est donc de bonne guerre qu’il soit parmi les plus acharnés à défendre son gagne-pain qui s’évanouira avec la chute du régime dictatorial de Paul Kagame. Donc, il fait tout pour repousser l’échéance le plus loin possible dans le temps.

– Il y a enfin cette sortie du journaliste ougandais Andrew Mwenda dans le quotidien du FPR « The NewTimes »  de ce 15 octobre. Ce journaliste d’origine ougandaise, qui fait partie du fameux panel des conseillers étrangers de Paul Kagame et chargé spécialement de la communication en Afrique de l’Est, défend son « boss » en fustigeant la BBC et au passage dévoile la haine qu’il nourrit envers tous ceux qu’il perçoit comme hutu. Il conclut en effet son article en prétendant que même s’il s’avérait que  Paul Kagame aurait tué le hutu Habyarimana, il serait dans son droit car le président hutu était son ennemi naturel !

Des constantes

Tous ces défenseurs de la dictature de Paul Kagame qui intentent à la BBC un procès d’intention se rejoignent sur certains points essentiels. Pour eux :

1. Il faut cultiver et maintenir l’amalgame entre la critique légitime de la dictature de Paul Kagame en l’assimilant à une « négation du génocide ». Le documentaire de la BBC, qui en aucun moment ne nie le génocide,est qualifié de « négationniste » parce qu’il a osé évoquer timidement les crimes commis par le dictateur Kagame tout au long de sa conquête militaire du Rwanda. C’est sous ce prétexte que les témoignages des acteurs de premier plan dans les événements qui ont secoué le Rwanda entre 1990 et 1994, sont, selon eux, à disqualifier dès qu’ils proviennent des opposants politiques à Paul Kagame même quand ils sont des témoins oculaires des faits. Aux yeux des milieux qui portent  la dictature à bras le corps, seuls les aveux de Paul Kagame lui-même et de ses sujets, aveux qui ne viendront certainement jamais, constituent des preuves tangibles de sa culpabilité. Rien n’est plus naïf !

2. Les faits qui contredisent les thèses du régime, surtout les mythes qui fondent sa légitimité, doivent systématiquement être occultés, quitte à se contredire ou à nier ses anciennes déclarations. Ainsi, pour asseoir le « dogme » comme quoi Paul Kagame aurait arrêté le génocide, ses admirateurs oublient ou ne veulent pas réentendre qu’en avril 1994, il avait refusé l’intervention des troupes de l’ONU quand il a envoyé une délégation au Conseil de Sécurité des Nations Unies qui débattait de la question. La délégation, qui  était composée de Claude Dusaidi et de Charles Muligande, a dissuadé l’ONU d’intervenir. Mais les lobbies de Paul Kagame occultent ce fait et continuent de clamer qu’il aurait arrêté le génocide alors que lui-même s’en est défendu.

Ceux qui sont commis pour blanchir Kagame en arrivent à désinformer l’opinion, à mentir et même jusqu’à faire dire aux magistrats ce qu’ils n’ont jamais ou encore dit. L’affaire de l’attentat du 6 avril 1994 en donne une illustration caricaturale. Selon Ibuka, le groupe des professeurs chercheurs, journalistes, historiens dont on a parlé et Alain Gauthier, le juge anti-terroriste français Marc Trévidic aurait déjà innocenté Kagame et prononcé un non lieu général ! Ce qui est faux car la décision du juge n’est pas encore connue. Ces enfumeurs de l’opinion ajoutent qu’il aurait conclu que le départ des missiles qui ont abattu l’avion ont été tirés à partir du camp Kanombe qui était gardé par la Garde présidentielle. Ce qui est encore faux, car même l’expertise du « deus ex-machina d’acousticien » appelé à la rescousse et qui a fait ses simulations dans un domaine militaire du centre de la France, n’a pas parlé du camp Kanombe mais du « domaine militaire » de Kanombe, une zone plus large et non habitée. Son intervention a été sollicitée après la visite, sur le terrain au Rwanda,  des balisticiens et géomètres mais dont le rapport concluait pas dans le sens disculpant Kagame. L’expertise qu’on voudrait présenter comme décisive, ne désigne même pas de façon formelle l’endroit du départ des tirs. Il indique seulement que le domaine militaire de Kanombe est l’un des sites possibles mais parmi les six autres hypothèses, dont la colline de Masaka. Enfin, ils se gardent de dire que l’expertise acoustique contestable n’est pas le seul élément et encore le plus déterminant pour fonder la conviction du juge. Mais dans leurs manœuvres de désinformation et de faire pression, ils tentent de convaincre le monde et surtout influencer le juge qu’il en est ainsi. Il faut encore préciser que que même le camp Kanombe n’était pas sous le contrôle de la Garde présidentielle qui avait ses quartiers à Kimihurura en face de l’immeuble du Parlement où avaient été admis des milliers de combattants du FPR.

La lettre des 37 intellectuels au Directeur Général de la BBC

La lettre reprend le même credo que doivent répéter les défenseurs du dictateur Kagame en reprenant les mêmes arguments : critiquer Kagame c’est nier le génocide ; les opposants sont des génocidaires ; l’histoire du Rwanda doit se réduire aux thèses du parti au pouvoir, le FPR de Paul Kagame,…

Mais le plus frappant est le panel des signataires. La liste est constituées de ceux-là même qui ont accompagné Paul Kagame dans sa conquête du Rwanda ou qui ont participé ( ou participent encore) à la promotion de son image dans les médias. A ces inconditionnels, il faut ajouter des opportunistes devenus ses obligés et pudiquement appelés des consultants ou des « spécialistes du Rwanda » le temps de produire un article ou de publier un livre commandé et financé par le dictateur.

Un bref aperçu de cette liste permet de distinguer des catégories parmi les signataires.

On y trouve  d’abord les traumatisés, les déçus à qui on avait donné des missions qui les dépassaient mais qui aujourd’hui doivent accompagner le FPR dans sa chute. C’est le cas du général Dallaire qui a commandé les forces de la mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR) de 1993 à 1994. Cet officiel canadien a débarqué au Rwanda avec un mauvais entendement de sa mission. Il croyait venir aider le FPR de Paul Kagame à prendre le pouvoir et il s’en est employé corps et âme , mais par après, comme il ne peut se prévaloir ouvertement de cette action (avoir installer Paul Kagame au pouvoir au Rwanda),  dans sa frustration, il est obligé de défendre mordicus le dictateur pour qui il a tout fait afin qu’il accède au pouvoir alors que l’ONU lui avait «  officiellement » envoyé pour aider à la mise en place d’une solution négociée entre belligérants. Il en sera marqué à jamais. C’est dans la même catégorie qu’il faudrait classer Mme Barabara Mulvaney, qui fut procureur dans le procès phare dit « Bagosora et al. ». Et où il était prévu qu’il serait spectaculaire car les preuves de planification du génocide allaient éclater mais qui a fini en queue de poisson avec l’acquittement de tous les accusés du chef « d’entente en vue de commettre le génocide ». Elle se mord les doigts et en est aussi marquée à jamais.

On distingue ensuite des individus opportunistes qui avaient découvert qu’ils pouvaient se rendre célèbres (et riches) en renversant les rôles de la France, surprise de se faire évincer de la région  par des puissances anglo-saxonnes qui, après une longue préparation, venaient de se rendre maître de la région. Ils ont alors publiés des thèses fantaisistes mais très prisées par le régime de Paul Kagame, et par les puissances qui venaient de l’installer. Dans cette catégorie, on trouve Linda Melvern, celle-là même qui n’avait pas hésité à produire de grossiers faux documents pour accréditer la thèse que l’avion de Habyarimana avait été abattu par des éléments de sa propre armée épaulés par la France. Il y a encore l’aventurier Andrew Wallis qui a publié « Silent Accomplice: The Untold Story of France’s Role in the Rwandan Genocide »

Sur cette liste des signataires figurent aussi des Français qui ont voulu se rendre célèbres (et riches) en surfant sur la vague de la réputation des « Français contestataires contre leurs institutions » où n’importe quel quidam qui défie l’ordre établi est perçu comme un héros. Ceux-ci n’ont pas hésité à salir l’honneur des armées françaises par des mensonges et des calomnies dans le seul but de s’attirer les sympathies du nouveau régime installé au Rwanda par les puissances anglo-saxonnes et en même temps apparaître en France comme des «  mousquetaires, héros »…qui osent dénoncer la politique française en Afrique.  C’est dans cette catégorie qu’on peut ranger un Patrick de Saint Expéry ou un Jacques Morel.

Sur la liste des signataires, on y trouve aussi, hélas !, des « journalistes du ventre » comme il en est le cas dans de telles situations. Aucun pays n’a le monopole de produire des « journalistes du ventre ». Ils sont partout. Dans le cas qui nous concerne, les sénégalais Mehdi Bâ et Boubacar Boris Diop, côtoient allègrement le français Jean-François Dupaquier. Ce denier n’hésite pas à se prévaloir des spécialités selon les circonstances. Il devient « journaliste d’investigation » quand il doit déposer devant le TPIR, mais se réclame de la qualité d’historien pour pouvoir déposer des faux documents ou des documents falsifiés. Devant la Cour d’Assises de Paris, il se présente comme anthropologue pour obtenir l’occasion d’affirmer que « selon ses recherches, les jeunes hutu subiraient un rite initiatique avant d’être admis dans le monde des adultes et qui consisterait à violer des jeunes filles tutsi » ! Plus scandaleux, tu meurs !

Il y a enfin le cas des personnes sous influence qui se doivent de suivre aveuglement leurs maîtres. C’est le cas de Hélène Dumas qui vient de recevoir un doctorat de l’Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHEES) de Paris. L’un de ses maîtres n’est autre que José Kagabo, un membre éminent du FPR, professeur à l’EHSS mais aussi …Sénateur au Parlement de Kigali ! Hélène Dumas se devait donc de signer la pétition dénonçant la BBC pour faire cause commune avec  son maître.

In fine, nous conclurons en abondant dans l’idée du Dr Rudasingwa qui, dans sa lettre adressée au Directeur Général de la BBC termine en proposant que la même BBC organise un débat contradictoire sur le même thème qui opposerait les représentants du gouvernement rwandais, les personnalités de l’opposition et de la société civile, les chercheurs et spécialistes du Rwanda de tous bords. Ceci enlèverait au régime de Paul Kagame le prétexte que le documentaire n’avait  reproduit que les avis de l’opposition, donc des négationnistes, mais aussi permettrait à la BBC de réfuter, preuves à l’appui, que sa recherche de vérité ne doit pas être assimilée au négationnisme. Au cas où le FPR refuserait ce débat, qu’il se taise pour toujours et que ses sbires cessent d’intimider ceux qui, comme la BBC, cherchent à percer les secrets qui ont été à la base de l’installation, contre toute logique, de la dictature de Paul Kagame au Rwanda

Jane Mugeni
16/10/2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Attentat contre l’avion du président Habyarimana : le harcèlement de la France va-il-payer ?

Le juge Trévidic/phto RFI

Le juge Trévidic/phto RFI

Depuis que le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière s’est saisi du dossier de l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana dans lequel ont péri également des citoyens français, le Rwanda a sorti son artillerie lourde quand le juge a lancé des mandats d’arrêts internationaux contre Kagame et ses plus proches collaborateurs comme les commanditaires de cet attentat.

Paul Kagame a compris que la meilleure défense, c’est l’attaque. Sa ligne de défense : la France est impliquée dans le génocide rwandais. Il a alors ameuté ses lobbies et a littéralement harcelé la France chaque fois que l’occasion lui en était donnée. Tout ce qui avait trait à la France a été écartée de son chemin.

Enchaînements de provocations !

Il y a une semaine, une photo A La Une des journaux rwandais montrait une pelleteuse en train de démolir le Centre culturel franco rwandais à Kigali. Ce complexe moderne abritait non seulement une bibliothèque publique, une salle de cinéma, mais également une grande salle de spectacle, la seule au pays qui pouvait accueillir des concerts des artistes internationaux.

Au fil des années, Kigali a été constant dans ses réactions envers tout ce qui peut toucher  à la France.

Le 07/04/2004, le secrétaire d’Etat français Renaud Muselier, délégué pour représenter son pays, fut “chassé“ des cérémonies de commémoration du 10èanniversaire du  génocide par le discours d’une rare violence contre la France par le président Paul Kagame.

Durant les cérémonies du 07/04/2007, le président Paul Kagame revint à la charge et accusa les militaires français de l’Opération Turquoise d’avoir participé aux tueries pendant le génocide en 1994.

Le 7/4/2008, le président Paul Kagame lança des insultes au juge français J-L Bruguière en le traitant de « vagabond » ou de « prostitué ».

En août 2008, la commission Mucyo bricola, de toutes pièces et se basant sur de faux documents, un rapport qui mettait en cause 13 personnalités politiques françaises et 20 officiers français dans le génocide de 1994.

En novembre de la même année, le français fut supprimé comme langue d’enseignement au Rwanda.

Lors de la commémoration du génocide en avril 2011, Laurent Contini, ambassadeur de France au Rwanda, prononça un discours fustigeant officiellement l’action de l’armée française au Rwanda en 1994, se mettant ainsi en porte-à-faux avec la position de son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé pour qui les soldats français avaient fait leur devoir et qu’en aucun cas leur honneur ne pouvait être sali.

En mars 2012, le Rwanda chassa de son territoire une commission rogatoire française qui venait poursuivre ses enquêtes en rapport avec le génocide rwandais de 1994.

Le 4 février 2014, à la veille de la commémoration du vingtième anniversaire du génocide, les autorités rwandaises, par le biais du sénateur Jean Damascène Bizimana, mirent encore la pression sur la France en rendant public les noms des militaires qui, selon Kigali, devraient être poursuivis pour « génocide et complicité de génocide ».

Des soutiens de Paul Kagame en France !

Dans cette offensive contre la France, Paul Kagame n’a pas lésiné sur des moyens. Des sociétés de lobbying ont recruté des Français pour s’indigner du fait que leur pays a été impliqué dans lé génocide rwandais : des parlementaires, des groupes de jeunes, des artistes, … descendirent au Rwanda. A leur retour, des médias grassement payés leur tendaient des micros pour relayer le fameux slogan : « la France a été impliquée dans le génocide rwandais ». Des associations comme « Survie » ou le « Collectif des parties civiles » ont fait leur cheval de bataille. Elles n’en sont pas restées là car tout intellectuel hutu sur le territoire français est dans leur collimateur. Des centaines de dossiers sont montés de toutes pièces « pour participation au génocide ».

Vers un non-lieu ?

Pour se dédouaner, la France a cédé, souvent d’une façon rocambolesque. Qui ne se souvient pas de la mise en scène dans laquelle le major Rose Kabuye, l’une des inculpées du juge Bruguière, s’est faite arrêter en Allemagne, transférée en France, puis relâchée ?

Voulant faire taire le reproche fait à son prédécesseur qui ne s’était pas rendu sur les lieux de l’attentat, le juge Trévidic avec son équipe s’est rendu au Rwanda. Le rapport des experts balistiques et géomètres de son équipe tendait à désigner le  lieu du départ des missiles à la colline de Masaka comme l’avaient affirmé plusieurs témoins. Mais comme par magie, le juge eut alors  recours à un acousticien qui, n’étant pas allé au Rwanda, aurait fait une simulation à partir d’un champ de tir dans une base militaire au centre de la France et qui a conclu que les missiles étaient partis du camp militaire de Kanombe alors tenu par les Forces Armées Rwandaises( FAR). Il n’en fallait pas plus pour que les défenseurs de Kigali crient à la victoire et relayés par la presse à la solde de Paul Kagame très puissante en France, affirment désormais détenir « la »  preuve que Habyarimana a été tué par les siens. Ils n’hésitèrent pas à demander au juge Trévidic de prononcer immédiatement un « non-lieu » en faveur de leurs clients.

Le 8  juillet 2014, les avocats de Paul Kagame, annoncent que les juges français Marc Trévidic et Nathalie Poux ont mis fin à leur instruction dans le cadre de l’attentat contre l’avion du président rwandais Habyarimana, en 1994. Ils espèrent que le juge prononcera prochainement un non lieu.

Des questions se posent pourtant comme le soulignent des spécialistes :

1) Le juge Trévidic pourra-t-il prononcer un non-lieu alors que sont connus  le lieu du tir des missiles, les noms des deux tireurs, la marque et la couleur des véhicules utilisés pour transporter les missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement des militaires du FPR situé au centre de Kigali?

2) Le dossier contient la preuve que l’avion présidentiel rwandais a été descendu par deux missiles dont la traçabilité a été établie. Une commission rogatoire envoyée en Russie a établi que les deux missiles étaient de fabrication soviétique livrés à l’armée ougandaise qui les a rétrocédés au FPR.

3) Devant le TPIR, il a été démontré que l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles et que l’arme du crime était en revanche entre les mains du FPR.

4) Tous les anciens collaborateurs de Paul Kagme ont montré, avec force détails que c’est Kagame qui a commandité l’attentat contre l’avion du président Habyarimana : il suffit de penser aux déclarations de Jean-Pierre Mugabe, Abdul Ruzibiza, Aloys Ruyenzi, Patrick Karegeya, Dr Théogène Rudasingwa, le général Nyamwasa. L’avocat des parties civiles, Me Philippe Meilhac estime d’ailleurs qu’il y a, dans le dossier « un manque » : car le général Nyamwasa, qui se trouve réfugié en Afrique du Sud, n’a pas été auditionné alors qu’il est visé par les mandats d’arrêt du juge Bruguière. Pour les parties civiles, c’est une incompréhension.

Jane Mugeni
10/07/2014

Rwanda et Burundi : Quand des chefs rebelles se hissent au sommet de l’Etat !

Noél Twagiramungu_photo RFI

Noél Twagiramungu_photo RFI

Noél Twagiramungu vient de défendre une thèse de doctorat* à la Tufts University (Boston-USA). Elle porte sur les rebelles au pouvoir au Rwanda et au Burundi et sur le processus de l’évolution politique de ces deux pays eu égard aux violences dont ils font face depuis les années 1990.

Le Rwanda et le Burundi sont souvent considérés comme des pays jumeaux. Ils présentent des similitudes dans bon nombre de domaines : patrimoines historique et linguistique proches, normes et pratiques culturelles presque identiques, même structures sociales et politiques. De plus, ce sont deux pays enclavés, pauvres en ressources naturelles, et dépendant de l’aide internationale. Ces minuscules territoires sont tous deux des anciennes colonies belges. Ils ont acquis leur indépendance le même jour, le 01/07/1962. Depuis lors, leur évolution a été marquée par des violences qui sont, à y voir de très près, comparables : ils opposent Hutu et Tutsi, à travers des élites issues de ces deux ethnies.

Au Rwanda, le « Front patriotique rwandais » (FPR), dominé par les Tutsis, a renversé et contraint à l’exil un régime hutu vieux de trois décennies et a mis en place un système centré sur un Etat fort. Au Burundi, le « Conseil national des Forces de défense de la démocratie » (CNDD-FDD), dominé par les Hutu, a accédé au pouvoir après avoir forcé une armée et un pouvoir contrôlés par des Tutsi depuis trois décennies, à négocier un partage de pouvoir.

Dévastés par la guerre civile et la violence génocidaire, les deux pays ont beaucoup bénéficié du « nouvel agenda post-conflit » par les bailleurs de fonds internationaux. Cependant, tandis que le Burundi est resté un pays obscur au niveau international, le Rwanda a progressé pour devenir non seulement un « chouchou des bailleurs de fonds », mais aussi ce petit pays a acquis une grande voix et une visibilité remarquable sur la scène internationale. Le Rwanda est passé du génocide à une dictature centrée sur un homme fort, Paul Kagame tandis que le Burundi est passé de la guerre civile, à un modèle de partage du pouvoir consociatif, fragile avec un gouvernement divisé et ayant peu d’influence au-delà de ses frontières nationales.

Pour nombre d’observateurs, l’arrivée au pouvoir par une victoire militaire suffit pour  expliquer le monopole du pouvoir par le FPR au Rwanda tout comme le règlement négocié du conflit au Burundi peut expliquer la nature du pouvoir éclaté entre le CNDD-FDD et les autres forces politiques.

D’autres supposent que le leadership exceptionnel du FPR, incarné par son chef militaire, Paul Kagame, pourrait faire toute la différence. La logique dominante est que la différence dans les capacités de leadership offre une explication quant à la raison pour laquelle le FPR est resté un mouvement unifié alors que le CNDD-FDD a été confronté à des divisions internes. Ce point de vue semble tout aussi approprié pour expliquer pourquoi le FPR s’est avéré beaucoup plus efficace que son homologue burundais à mobiliser un appui externe, à obtenir une victoire militaire et finalement la monopolisation du pouvoir.

Twagiramungu note que nombre de chercheurs attachent une importance exagérée a la personne de Paul Kagame : un exceptionnel « leader africain » pour les uns, un « maître de la manipulation » extrêmement habile à des « opérations cosmétiques pour la consommation internationale » pour les autres. Il souligne qu’une telle vue particularisante s’avère moins convaincante cependant quand il s’agit d’expliquer pourquoi  « le caractère non démocratique de transition au Rwanda » a prévalu sous Kagame autant qu’il l’avait été sous ses prédécesseurs, notamment Kayibanda (1962-1973) et Habyarimana (1973-1974). De même, si on le compare à son homologue burundais, Pierre Nkurunziza, dont le nom est à peine connu au-delà des frontières nationales, le charisme et les exploits personnels de Kagame semblent assez pour justifier sa visibilité exceptionnelle sur la scène internationale. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi la plupart des prédécesseurs de Kagame, du Roi Mutara Rudahigwa à Kayibanda et Habyarimana ont été vus par les puissances occidentales comme « la perle de grand prix », à un moment où leurs homologues burundais du très charismatique le Prince Rwagasore à Buyoya en passant par Micombero et Bagaza ont été généralement traités avec suspicion, sinon mépris.

Toutes ces différentes considérations poussent Noél Twagiramungu à un tas de questionnements qui fondent le gros de son travail de doctorat. Ainsi, il soutient entre autres que les évolutions divergentes entre les deux pays ne sont pas simplement le résultat de facteurs singuliers tels que la guerre, le génocide, les influences extérieures ou les hommes aux commandes. Ces différences ne peuvent être mieux comprises qu’en plongeant dans l’histoire politique ancienne de ces deux pays.

L’auteur relève que l’un des monarques fondateurs du Rwanda, Ruganzu Ndori, est arrivé au pouvoir par la force dans une période de crise extrême. Il a mis sur pied deux outils politiques innovantes – une armée forte et un système de clientèle connu sous le nom d’ « ubuhake » – qui a permis à la cour royale de contrôler un territoire en pleine expansion. Par contre, le fondateur du Burundi, Ntare Rushatsi, s’est fait connaître en étendant progressivement son influence sur des réseaux complexes de détenteurs du pouvoir; les structures royales qui en ont résulté ont été basées sur une délicate toile de relations entre plusieurs princes semi-autonomes. Avec les successeurs de Ruganzu, le pouvoir a été consolidé faisant du Rwanda un royaume fortement militarisé et assez centralisé. En revanche, le Burundi a conservé ses caractéristiques d’une confédération entre les autorités régionales.

Le doctorant s’est livré à une analyse comparative en décortiquant les logiques et dynamiques de variation dans les trajectoires du FPR et du CNDD-FDD avec un accent particulier sur les négociations de paix d’Arusha pour les deux mouvements rebelles ainsi que sur leurs modèles de justice post-conflit et d’intégration militaire.

En bon universitaire, Noél Twagiramungu théorise, par des modèles éprouvés en sciences sociales, la variation dans les systèmes de “gouvernance rebelle” au Rwanda et au Burundi comme un reflet des trajectoires de longue durée–au sens Braudelien– qui limitent les choix individuels des acteurs politiques tout en s’adaptant aux changements conjoncturels et autres aléas de l’histoire. L’auteur conclut que seule une connaissance approfondie des cultures politiques telles que l’obsession centralisante au Rwanda et la fragmentation du pouvoir au Burundi peut permettre d’amorcer des changements profonds axés sur les ressorts culturels et les apports de la modernité.

Gaspard Musabyimana
17/06/2014


*TWO REBEL ROADS TO POWER. Explaining Variation in the Transition from Genocidal Violence to Rebel Governance in Contemporary Rwanda and Burundi, Faculty of The Fletcher School of Law and Diplomacy, Tufts University, April 2014.