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Actualités des Grands lacs – Semaine du 10 au 16 septembre 2011

Mbusa Nyamwinshi, Paul Kagame et Emmanuel Ndahiro au milieu

En RDC, les nouvelles de la semaine concernent au premier titre l’enregistrement des candidats aux élections présidentielles et législatives qui s’est poursuivi au delà de l’échéance prévue du 11 janvier et qui a donné lieu à des fortunes diverses au Katanga, à Kindu, à Kisangani et à Mbuji-Mayi : selon le vice-président de la CENI, seulement 2.000 candidats à la députation se ont inscrits pour beaucoup en dernière minute (contre 10.000 en 2006), alors que son président évoque quant à lui le bon déroulement des opérations.

On notera aussi qu’une ONG qui suit le processus électoral a demandé à la CENI, qui vient de réceptionner un premier lot de matériel électoral en provenance de plusieurs pays, d’exclure de la députation les candidats qui n’auraient pas démissionné de leurs fonctions, au gouvernement, dans les forces de l’ordre, dans la magistrature, etc.

Du côté des candidats à la présidence, onze personnalités au total (contre 33 en 2006), dont plusieurs indépendants et un député du MLC, un riche homme d’affaires et ancien candidat au gouvernorat de Kinshasa, qui a été immédiatement exclu de son parti, ont été validées par la CENI et certains, dont l’ancien ministre de la décentralisation, Mbusa Nyamwisi, qui est passé à l’opposition, ont tenu des conférences de presse pour présenter leur programme.

Quant au président Kabila, que des câbles Wikileaks révèlent comme un personnalité indécise et sous influence de son principal conseiller, il s’est inscrit en grande pompe comme candidat indépendant et a présenté positivement son bilan : il a également procédé à un léger remaniement du gouvernement dans lequel les observateurs notent l’entrée de l’ancien patron de l’ANR et la disparition du poste de ministre de la décentralisation.

Parmi les autres nouvelles politiques, on signalera que les corps des militants de l’UDPS morts la semaine dernière au cours de la manifestation à Kinshasa auraient été retirés de la morgue par des hommes  en uniforme.

Dans le domaine de la sécurité, les FDLR ont pris en otage une cinquantaine de personnes en territoire de Shabunda au Sud Kivu où l’on observe la naissance de nouveaux groupes armés dirigés par des déserteurs de la police et/ou de l’armée, particulièrement dans le territoire d’Uvira.

À Bukavu, des rumeurs ont circulé sur un soulèvement des FARDC : le commandant de l’opération Amani Leo a demandé à la population de conserver son calme.

Au Nord Kivu, la société civile évoque une fois encore l’insécurité liée à des attaques de FDLR et de Maï-Maï et à des coupeurs de route sur l’axe Butembo-Kanyabayonga. Elle dénonce aussi la présence de l’ancien chef Maï-Maï Zabuloni qui est à la tête d’une police parallèle à quelques km. de Masisi.

De son côté, OCHA annonce la suspension des opérations humanitaires sur certains axes des territoires de Lubero et de Walikale.

Toujours pour ce qui regarde le Kivu, on signalera la visite à Bukavu du commandant en chef de la MONUSCO dans le cadre de la préparation d’un plan pour la protection des civils en période électorale.

Enfin, à Lubumbashi, il apparaît que les tirs entendu la semaine dernière dans un camp militaire de Lubumbashi seraient liés à la spectaculaire évasion des 900 détenus de la prison de la Kasapa dans le contexte de la libération du chef Maï-Maï « Gédéon » dont la tête est mise à prix.

Dans le domaine de la justice, trois militaires sont poursuivis pour le meurtre de civils en territoire de Dungu. Par ailleurs, les magistrats de Kinshasa ont entamé un mouvement de grève : ils se plaignent de promesses non tenues en matière salariale et contestent de ce point de vue la discours-bilan du président de la République. Enfin, le secrétaire général exécutif des FDLR a comparu à la CPI pour la première audience de confirmation des charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité pesant à son encontre.

Dans le domaine économique, l’ONG européenne EURAC dénonce le bradage des concessions minières en faveur d’acteurs privés avec lesquels sont passées des transactions opaques et à des prix très inférieurs au prix du marché.

Au Burundi, le conseil des Sages (Bashingantahe) a plaidé pour un processus de réconciliation et contre la poursuite des tueries dans le pays.

En Ouganda, la justice a reconnu coupables les deux auteurs présumés dans l’attentat des islamistes Shebab de Somalie de l’an dernier, mais abandonné les poursuites contre cinq suspects : les deux auteurs de l’attentat, qui ont reconnu leurs responsabilités, ont été condamnés respectivement à des peines de 25 et 56 ans de prison.

En ce qui concerne le Rwanda, la visite du président Kagame en France fait couler beaucoup d’encre. Un certain nombre de personnalités refusent de le recevoir, tandis que des ONG internationales regrettent que l’on développe un tapis rouge devant un dirigeant dont le régime est marqué par de nombreuses atteintes aux droits humains.

Dans le domaine de la justice, le procès contre l’opposante Victoire Ingabire se poursuit : l’intéressée est accusée d’avoir levé une armée en RDC, ce que dément le porte-parole du gouvernement.

Enfin, lors de son passage à Paris, la ministre des Affaires Etrangères a évoqué la question d’une possible extradition (sauf en RDC où la peine de mort est toujours en vigueur en théorie) du chef rebelle Laurent Nkunda actuellement en liberté surveillée au Rwanda.

Kris Berwouts
EurAC

Actualités des Grands-Lacs/Semaine du 13 au 19-08-2011

Joseph Kabila, président de la RDC

En RDC, l’annexe de la loi électorale a été votée à son tour par le Sénat et a été promulguée par le Chef de l’Etat, alors que l’ASADHO réclame le nettoyage du fichier électoral que le président de la CENI a annoncé le lancement du dépôt des candidatures pour les élections présidentielles et législatives et que des agents de la commission électorale n’ont pas été payés pour leurs prestations. Par ailleurs, la plausibilité d’un candidat unique de l’opposition face au président Kabila paraît bien s’éloigner.

L’opposant J.P. Bemba, toujours emprisonné à La Haye, a demandé l’autorisation de se rendre brièvement à Kinshasa pour y déposer sa candidature, tandis que le président du RCD, Azarias Ruberwa, s’est déclaré candidat à la présidence, son parti étant favorable à une candidature unique de l’opposition, que le parti de Lambert Mende, le CCU, apporte sans surprise son soutien à la candidature de J. Kabila, que le PPRD organise ce week-end son congrès et que le président du Sénat a officialisé son nouveau parti, l’Union des forces pour le changement (UFC).

De son côté, Vital Kamerhe s’est rendu à Matadi où il a justifié sa décision de quitter la majorité présidentielle et a « demandé pardon au peuple congolais » dans ce contexte. Un porte-parole de son parti, l’UNC qui est l’ancien directeur d’une radio très populaire au Kivu, a reçu plusieurs menaces de mort. On signalera aussi que l’ancien groupe armée de l’Ituri, le FNI, devenu parti politique, est écartelé entre partisans à l’UNC et partisans à la majorité présidentielle.

Parmi les autres nouvelles politiques, le président Kabila a appelé l’Assemblée nationale et le gouvernement à réduire leurs dépenses : l’opposition fait valoir de son côté que le budget de la présidence connaît un déficit de plus de 400 %.

Dans le domaine de l’armée et de la sécurité, alors que les combattants du FDLR multiplient leurs attaques au Sud Kivu où ils ont attaqué cette semaine un marché en territoire de Shabunda, la tension est vive à Masisi au Nord Kivu où la nomination d’un ancien Maï-Maï comme commandant de la police suscite l’émoi, tandis que dans le sud du territoire de Lubero, les activités agricoles ont repris progressivement.

Par ailleurs, une mission conjointe MONUSCO-gouvernement provincial sur le riche site minier de Bisye a pu constater que ce site est toujours occupé militairement par des éléments Maï-Maï Cheka dont le chef a enlevé un commissaire de police des mines, tandis que la MONUSCO fait savoir que la sécurisation du processus électoral dans les Kivu est du ressort de la police nationale et des FARDC. Au Kasaï Oriental, des affrontements fonciers ont eu lieu dans le territoire de Kabinda. Enfin, à Kinshasa, l’armée est accusée par deux ONG d’une vingtaine d’enlèvements dans la commune de Limete.

Dans le domaine de la justice, un millier de nouveaux magistrats ont été nommés et seront prochainement affectés à leurs nouveaux postes après avoir suivi une formation. On signalera aussi que la RDC s’apprête, avec le soutien des Etats-Unis, à créer un tribunal spécial mixte pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis au Congo.

À La Haye, l’ancien secrétaire général des FDLR a comparu devant la CPI, mais l’audience de confirmation des charges a été reportée.

Par ailleurs, on signalera la condamnation à vingt ans de prison d’un Maï-Maï accusé d’avoir attaqué la résidence du gouverneur du Maniema en avril dernier et la condamnation à perpétuité de huit militaires opérant dans le polygone de la MIBA au Kasaï Oriental.

Dans le domaine économique, un rapport intérimaire sur le crash de l’avion Hewa Bora à Kisangani est très critique à l’égard des causes de l’accident imputées à une erreur de pilotage, à la présence de contrôleurs aériens sans licence et à une surcharge de l’appareil, ce que conteste la compagnie aérienne. On signalera aussi que l’absence prolongée de pluies affecte gravement les capacités d’Inga I et Inga 2. Enfin, le ministre des Mines a démenti la vente par la société minière d’Etat SODIMICO de sa participation à deux de ses mines pour une valeur dérisoire comme le révèle la presse spécialisée.

En Ouganda, la police a dispersé les supporters du principal opposant eu président Museveni qui avaient organisé une nouvelle manifestation à Kampala pour rendre hommage aux victimes des manifestations du mois d’avril.

Au Rwanda, le président Kagame se rendra pour la première fois en visite officielle en France, ce qui suscite la colère de certains milieux militaires français, tandis que des gendarmes français se trouvent à Kigali pour enquêter sur des Rwandais vivant en France et suspectés de génocide. Par ailleurs, la police a saisi 7,5 tonnes de cassitérite de contrebande.

Kris Berwouts
EurAc

Actualités des Grands Lacs – Semaine du 5 au 12 août 2011

Une facette du commerce africain

En RDC, l’événement de la semaine a été le vote en un temps record de l’annexe de la loi électorale par l’Assemblée nationale, annexe qui détermine le nombre de sièges pour chaque circonscription électorale, le président de la CENI ayant menacé de reporter les législative si cette loi n’était votée d’ici le 10 août. Du côté des partis politiques, on continue à évoquer une candidature unique de l’opposition. L’UDPS et son leader historique, Etienne Tshisekedi, constituent une des inconnues du scrutin présidentiel : ce dernier, qui se voit déjà le grand vainqueur, a tenu à Kinshasa un meeting suivi par des milliers de personnes. Par ailleurs, le parti qui connaît des divisions internes, a refusé de signer le code de bonne conduite de la CENI arguant du fait que certains de ses militants sont toujours emprisonnés. Les autres principales formations (PPRD, MLC, UNC) n’ont pas non plus accepté de souscrire au code de bonne conduite de la Haute autorité des médias.

Dans le domaine de la sécurité, la région de Fizi au Sud Kivu reste un haut lieu de tension. Deux véhicules ont été attaqués près de Fizi-centre. Des Maï-Maï Yakutumba ont attaqué des villages situés à une centaine de km de l’agglomération. Ces mêmes Maï-Maï ont enlevé l’administrateur assistant du territoire : ils ont aussi volé, en coopération avec des membres du FNL et du FDLR, des milliers de vaches aux éleveurs banyamulenge. En territoire de Mwenga, les FDLR, toujours très actifs, ont libéré des personnes qu’ils avaient enlevées dans les forêts. On trouvera aussi dans cette livraison une étude sur les difficultés d’intégration des FRF et des contradictions au sein des Banyamulenge qui combattant dans ce groupe armé. Par ailleurs, une table ronde sur la résolution des conflits fonciers s’est tenue en territoire de Kalehe.

Au Nord Kivu, on notera aussi l’insécurité entretenue par les combattants ADF-NALU et les Maï-Maï en territoire de Beni. Enfin au Nord Katanga, des hommes armés font régner l’insécurité au nord de Kalemie.

Dans le domaine de la justice et des droits humains, l’ex-chef des rebelles Enyele et son père ont été condamnés à la peine capitale, ce qui autorise le ministre de la Justice que ce jugement confirme la détermination du gouvernement à lutter contre l’impunité, tandis que des combattants du FDLR, dont un commandant, ont comparu devant un tribunal militaire à Bukavu. Toutefois, Amnesty International dénonce la poursuite de l’impunité par les FARDC et les groupes armés et demande une stratégie en matière de justice de la part des autorités. Enfin, on notera que les magistrats militaires et civils de Beni menacent d’un arrêt de travail du fait que leur sécurité ne serait pas garantie.

Dans le domaine économique et financier, l’expert des N.U. sur la dette et les droits de l’homme invite le gouvernement à lancer un audit sur la dette de la RDC pour augmenter la transparence dans la gestion des ressources publiques. À ce propos, la Ligue contre la corruption dénonce la maigreur de ces ressources qui serait liée, selon elle, aux détournements. On signalera également un conflit entre le gouvernement central et les autorités katangaises à propos de l’exportation de mitrailles que les secondes ont voulu interdire, sauf pour ce qui regarde la SNCC. Enfin, la question des minerais de conflit continue à faire l’objet de rapports et d’interviews.

Au Burundi, des échanges de coups de feu sont intervenus à Bujumbura entre des policiers et des combattants présumés appartenir au FNL, tandis que des affrontements ont eu lieu dans l’ouest du Burundi : les opposants regroupés au sein de l’ADC ont à cette occasion demandé à l’ex-médiateur sud-africain, Jacob Zuma, de persuader le président burundais d’entamer des négociations avec eux, ce qu’il a refusé lors de son passage à Bujumbura. Par ailleurs, un comité de protection des journalistes basé à New York dénonce le harcèlement dont ces derniers continuent à être l’objet.

En Ouganda, un tribunal a acquitté le principal opposant au président Museveni accusé d’incitation à la violence lors des manifestations contre la « vie chère ». Les manifestations ont encore eu lieu cette semaine et la police a dispersé des milliers de supporters de l’opposant.

Au Rwanda, il reste 54 cas à traiter devant les tribunaux gacaca dont la clôture est prévue en fin 2011 et dont le bilan est jugé mitigé par Human Rights Watch.

Kris Berwouts
EurAc

Actualités des Grands lacs-Semaine du 9 au 15 juillet 2011

Joseph Kabila, président de la RDC

En RDC, l’enrôlement des électeurs se termine avec difficulté et dans un climat de contestation. Une ONG spécialisée dans l’observation des élections, dénonce les obstacles et les contraintes dans le processus, tandis que la Voix des sans Voix déplore tout recours à la violence d’où qu’elle vienne. Par ailleurs, l’UDPS a organisé un nouveau sit-in devant la CENI pour protester contre la mort d’un de ses militants lors de la précédente manifestation. Au Kasaï Oriental, le gouverneur a décidé de déférer à la justice les organisateurs de la plate-forme de soutien à Etienne Tshisekedi et tente d’apaiser, avec l’appui du président du RCD/N, Roger Lumbala, la tension politique qui est très forte à Mbuji-Mayi. Au Nord Kivu, où la société civile demande une prolongation du processus jusqu’au 30 juillet, l’enrôlement s’est clôturé sans enthousiasme. Au Bandundu, l’enrôlement a dépassé les 100 %, mais les députés plaident aussi pour une prolongation. En Equateur, le processus a été clôturé sans la présence de nombreux témoins des partis politiques. Le président de la CENI, qui a une nouvelle fois plaidé pour un dialogue entre toutes les parties prenantes et a reçu une délégation de partis d’opposition et a répondu aux critiques de l’UDPS, a déclaré clôturées les dernières opérations d’enrôlement dans 7 provinces et a prolongé de quelques jours en Equateur, au Sud Kivu, au Nord Kivu et à Kinshasa : selon la CENI, plus de 30 millions d’électeurs sont inscrits, un chiffre qui serait conforme aux prévisions.

Du côté de l’opposition, un forum s’est clôturé à Kinshasa : il a donné lieu à des « échanges d’idées », mais à aucune décision sur une candidature unique. Au MLC, l’ex-secrétaire général exclu du parti a créé une plate-forme et pourrait annoncer sa candidature à l’élection présidentielle. Par ailleurs, un ancien cadre de l’UDPS a annoncé la création d’une nouveau parti dissident.

Dans le domaine de la sécurité, le Conseil de Sécurité a adopté une résolution qui élargit le concept de crimes de guerre aux attaques contre les écoles et les hôpitaux et qui pourrait s’appliquer aux bandes armées sévissant en RDC. Sur le terrain, le colonel déserteur, qui s’est rendu la semaine dernière, ne serait pas impliqué dans les viols commis dans la région de Fizi selon le commandant de l’opération Amani : une enquête a été cependant décidée. Au Nord Kivu, les bandes ougandaises de l’ADF-NALU sont impliquées dans des vols, des extorsions et des menaces de mort à l’est de Beni, tandis qu’une ONG dénonce l’impunité pour des lynchages populaires en territoire de Lubero et de Rutshuru. Au Maniema, des affrontements ont eu lieu entre les FDLR et les FARDC en territoire de Kabambare. Au Katanga, un camp militaire de la garde républicaine a été attaqué par des hommes armés près de Lubumbashi, tandis qu’un comptoir d’achat de maïs a été attaqué et pillé à Kanyama. Enfin, au Kasaï Oriental, les FARDC sont accusés d’arrestations arbitraires par des creuseurs de diamant en territoire de Lusambo.

Dans le domaine de la justice et des droits de l’homme, le procès Bemba a été suspendu jusqu’au 22 août pour raison de vacances judiciaires. Par ailleurs, le directeur d’une chaîne de radio-télévision proteste contre la suspension de ses émissions.

Dans le domaine économique, l’Inde et la RDC ont signé un accord de financement pour la construction d’une centrale hydroélectrique à Katende au Kasaï Oriental. Par ailleurs, la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement des pays des Grands Lacs recommandent que les taxes sur l’or soient réduites de 300 %. On signalera aussi que l’inflation en RDC continue de croître. Dans le domaine minier, la Gécamines aurait cédé d’une manière peu transparente certains de ses meilleurs actifs  à des groupes étrangers. Dans le domaine des transports, le crash de l’avion d’Hewa Bora à Kisangani la semaine passée donne lieu à de nombreuses réactions parmi lesquelles une décision de suspension de la licence d’exploitation, l’arrestation de deux contrôleurs aériens et à la recherche des responsabilités par le ministère de la Justice.

Dans le domaine social, les professeurs de l’Université de Kinshasa ont levé la menace de grève suite à la réaction positive du gouvernement sur l’octroi d’une prime académique. Au ministère de la Fonction publique, les fonctionnaires ont organisé un sit-in pour protester contre l’irrégularité dans le versement de leur salaire.

Dans le domaine de la coopération, un nouvel accord de trois ans a été conclu entre la RDC et la Belgique francophone : il porte sur une trentaine de projets relatifs à l’éducation et de la culture.

Au Burundi, une attaque d’hommes armés a eu lieu dans la province de Muyinga tandis que 16 membres présumés de FNL ont été appréhendés

En Ouganda, le premier procès pour crimes de guerre contre un ancien commandant de la LRA a débuté cette semaine. Par ailleurs, Human Rights Watch dénoncent les conditions déplorables de détention dans les prisons ougandaises.

Au Rwanda, une nouvelle attaque à la grenade a eu lieu dans le sud-ouest du pays, près de la frontière avec la RDC. On signalera aussi que le président Kagame a remanié ses services de sécurité.

Enfin, dans le domaine régional, la BEI et l’UE vont s’impliquer dans le montage financier relatif à la construction de la centrale hydroélectrique de la Ruzizi qui desservira la RDC, le Rwanda et la Burundi.

Kris Berwouts
EurAc

Le leader de l'opposition ougandaise Dr Kizze Besigye à l'hôpital de Naïrobi - Kenya, le 29/04/2011/photo AP

Afrique des Grands-Lacs : des révolutions démocratiques pointent-elles à l’horizon ?

 Le leader de l'opposition ougandaise Dr Kizza Besigye à l'hôpital de Naïrobi - Kenya, le 29/04/2011 - photo AP

Le leader de l'opposition ougandaise Dr Kiizza Besigye à l'hôpital de Naïrobi - Kenya, le 29/04/2011 - photo AP

Va-t-on assister au phénomène de « Printemps arabe » dans la région des Grands Lacs?

Dans les pays arabes, les dictateurs sont en train de déguerpir sur pression de la rue. Des manifestations monstres ont forcé déjà les présidents tunisiens et égyptiens à quitter le pouvoir. Ces révolutions démocratiques se poursuivent en Syrie, au Yémen et en Libye.

En Afrique noire, et particulièrement en Afrique des Grands Lacs, le mouvement qui vient de commencer en Ouganda va-t-il venir à bout du président Museveni au pouvoir depuis 25 ans et qui vient de se faire élire pour un nouveau mandat de 5 ans ?

Le leader de l’opposition ougandaise, Dr Kiiza Besigye, a contesté ces élections et ses partisans sont descendus dans la rue. La manifestation a été réprimée sévèrement par la police. Ces manifestations ont eu lieu à Kampala mais également dans différentes autres villes de l’Ouganda comme Mbarara. Dr Kiiza Besigye, blessé, a été finalement autorisé à sortir du pays. Il a été admis dans un hôpital de Naïrobi au Kenya. Ce vent de fronde est loin de se calmer.

En RDC, les élections présidentielles sont prévues en novembre de cette année. Mais déjà, des manifestations dans différentes capitales européennes scandent « Kabila dégage ». A l’intérieur, Etienne Tshisekedi, un challenger de taille face à Joseph Kabila, cherche des alliances avec d’autres partis politiques de l’opposition dont celui de Vital Kamerhe. Celui-ci a été évincé de la fonction de président de la chambre basse de l’assemblée nationale pour avoir protesté contre la décision de la présidence de laisser les troupes rwandaises intervenir sur le territoire congolais sans consulter les parlementaires, représentants du peuple.

Les élections congolaises s’annoncent houleuses. L’opposition reproche à Joseph Kabila d’avoir procédé au changement précipité de la Constitution pour mettre les chances de son côté. Il est également dit  que certains préalables ne sont pas remplis pour des élections transparentes. Selon une certaine opposition, il aurait fallu d’abord procéder à un recensement national pour savoir quelle majorité se prononcera pour donner la vraie légitimité à celui qui serait élu. De même, il n’ ya pas de cartes d’identité indispensables pour confirmer l’état civil de toute personne ayant le droit de vote. Même si Joseph Kabila est élu, l’après-élection reste incertaine.

Au Rwanda, Paul Kagame a pris le pouvoir par les armes en  juillet 1994. Il vient d’être élu, sans opposition véritable à un second mandat de 7 ans. Après son élection, tous les opposants politiques ont été jetés en prison. Victoire Ingabire, présidente du parti FDU-Inkingi, Déo Mushayidi du parti PDP et Bernard Ntaganda du parti PS Imberakuri croupissent tous derrière les barreaux. Durant son précédent mandat, Paul Kagame a mis en prison son challenger Dr Théoneste Niyitegeka, condamné à plus de 15 ans. Pour avoir voulu fonder un parti politique, Pasteur Bizimungu, ex-président rwandais, a été mis en prison avec Charles Ntakirutinka qui reste en taule. Les tentatives de manifester contre le pouvoir pour l’inscription du parti FDU-Inkingi ont été réprimées violemment par la police. Mais déjà, sur les réseaux sociaux comme Facebook, des messages de « Kagame dégage » sont régulièrement échangés et aboutiront un jour à une concrétisation. Cela est d’autant plus probable que des remous s’observent dans la jeunesse universitaire.

Au Burundi, le président Nkurunziza a été réélu récemment. Il était seul candidat, l’opposition ayant décidé de boycotter les élections. Les anciens rebelles ont regagné le maquis avec leurs chefs. Actuellement, une sorte de guerre civile a commencé. Des assassinats mis tantôt sur le dos des rebelles d’Agathon Rwasa, tantôt sur le dos de l’armée burundaise, sont régulières. Pourtant le Burundi avait fait un pas de géant après des négociations inter-burundaises qui avaient permis de trouver une sorte de démocratie consensuelle. Cet équilibre, qui avait été difficilement mis en place, est aujourd’hui rompu et il faut donc s’attendre au pire. Une nouvelle révolution démocratique ne va pas tarder, initiée malheureusement par des mouvements rebelles en lieu et place du compromis qui avait déjà fait ses preuves.

EdA Press

Geoffrey Akena, ou le récit d’une tragédie acholi

Hervé Cheuzeville/photo facebook

Hervé Cheuzeville/photo facebook

En janvier 1997, je me trouvais à Kitgum, une petite ville du nord de l’Ouganda, pour le compte du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies. Les rebelles de la Lord’s Resistance Army, ou Armée de Résistance du Seigneur, venaient de lancer, depuis leur bases du Sud Soudan, une offensive sans précédent contre la population de cette région. Je dis bien contre la population. Car s’il arrivait aux rebelles de Joseph Kony de tendre des embuscades à l’armée gouvernementale ougandaise, ou d’attaquer des détachements de cette dernière, la principale victime de cette guérilla absurde était toujours la population civile. Comble de paradoxe, Joseph Kony et l’essentiel de ses troupes sont issus du peuple acholi, la principale ethnie du nord de l’Ouganda, et la majorité des victimes civiles de la LRA étaient également des Acholi. En d’autres termes, Joseph Kony s’acharnait, depuis des années, à martyriser son propre peuple, pour des raisons défiant l’entendement. J’ai eu l’occasion, dans une précédente chronique, de décrire l’itinéraire sanglant de Joseph Kony, qui se poursuit malheureusement jusqu’aujourd’hui, au Sud Soudan, en République Démocratique du Congo et même en République Centrafricaine.

En ce mois de janvier 1997, les rebelles semblaient s’être surpassés dans l’horreur: plus de 400 paysans massacrés à l’arme blanche en l’espace de deux ou trois jours, dans les campagnes environnant Lokung et Palabek, des localités situées non loin de la frontière sud soudanaise. Ces massacres provoquèrent un exode massif de milliers de familles fuyant les zones rurales pour trouver une sécurité relative dans des camps improvisés à Lokung et à Palabek, à proximité des cantonnements de l’armée, mais aussi en ville même, à Kitgum. Je fus le témoin de l’arrivée de ces hordes de sans abris, qui déferlaient sur cette ville, où ils commencèrent par s’installer dans la principale école primaire. Les salles de classe étaient devenues des dortoirs où des dizaines de familles dormaient à même le sol, et la cour de récréation avait été transformée en cuisine à ciel ouvert. En ville, on trouvait des réfugiés partout. Nombre d’entre eux passaient la nuit sur les trottoirs, à l’abri des vérandas des boutiques des rues commerciales. Ces gens avaient tout perdu, mis à part quelques nattes et autres ustensiles de cuisines, qu’ils avaient eu le temps d’emporter dans leur fuite.

Je tentais, en collaboration avec les autorités locales, de coordonner l’aide alimentaire d’urgence à tous ces déplacés. Tâche rendue ardue par le fait que la nourriture arrivait de Kampala, la capitale, dans des convois routiers qui devaient emprunter des routes rendues peu sure par la rébellion. Et la nourriture était loin d’être le seul besoin de ces gens: il leur fallait aussi des bâches en plastic pour s’abriter, du combustible pour faire cuire les aliments distribués, des vêtements, des jerrycans pour l’eau, etc. De plus, il fallait au plus vite aménager un véritable camp, avec des points d’eau et des sanitaires. Tâche énorme à effectuer en l’espace de quelques jours seulement.

Les deux hôpitaux de Kitgum furent rapidement submergés de blessés. La majorité d’entre eux souffraient de blessures à l’arme blanche, mais il y avait aussi des cas de blessures par balle, ainsi que des victimes de mines antipersonnel. En effet, les rebelles faisaient de plus en plus usage de ces armes terribles, à des fins que je n’hésite pas à qualifier de terroristes: les mines étaient éparpillées à proximité de points d’eau, dans les champs, sur les chemins menant aux écoles, et même à l’entrée des habitations. Les victimes de telles pratiques ne pouvaient être que civiles. Le but des rebelles était donc, clairement, de terroriser la population. C’est l’armée soudanaise du dictateur de Khartoum, Omar Hassan el-Béchir, qui fournissait les mines et les autres types d’armement aux rebelles de Kony.

Jour après jour, j’entendais de la bouche des déplacés et des blessés les récits d’atrocités toutes plus horribles les unes que les autres. Un matin, mon ami le Dr Eugenio Cocozza vint me voir. Il travaillait à l’hôpital gouvernemental pour le compte d’AVSI, une organisation non gouvernementale italienne. Eugenio me sembla épuisé. Il me raconta comment on l’avait appelé au milieu de la nuit pour tenter de sauver un jeune garçon, qui avait marché sur une mine antipersonnel et que l’on venait d’amener à l’hôpital. J’accompagnai Eugenio, et je découvris alors Geoffrey Akena, un garçon de douze ans. Il venait de se réveiller sur un lit d’hôpital métallique, au milieu d’une salle pleine de blessés, et il gémissait de douleur. De plus, il était sous le choc d’avoir découvert qu’il n’avait plus de jambes. Ses deux moignons étaient enveloppés d’épais bandages sanglants. Voici le récit de ce qui s’était produit, tel que l’on devait me le raconter par la suite. Geoffrey était originaire d’un petit village proche d’Acholi Bur, une localité située à 17 kilomètres au sud de Kitgum. Les guérilleros de la LRA y avaient fait une incursion quelques jours auparavant, pillant et emportant tout ce qui pouvait être emporté, en particulier les maigres stocks de millet des paysans (le millet est la nourriture de base des Acholi). Les villageois avaient pris la fuite dès que l’approche des rebelles avait été signalée, et ils avaient dû passer une nuit en brousse, dormant à la belle étoile, pendant que les hommes de Kony pillaient leur village. Après le départ des guérilleros, les habitants regagnèrent leurs huttes dévastées. A son retour, Geoffrey appris que son père, un ancien soldat, avait été tué par les rebelles, et que son corps se trouvait sur le chemin menant à Acholi Bur. Le garçon s’y précipita et c’est au moment où il découvrit le cadavre de son père qu’il marcha sur une mine: les hommes de la LRA avaient atteint le comble de l’horreur en plaçant des mines antipersonnel autour de celui qu’ils avaient assassiné, certains qu’en agissant ainsi les proches de leur victime ne manqueraient pas de sauter sur leurs mines. Leur but était toujours le même: terroriser la population. Les jambes de Geoffrey furent déchiquetées par l’explosion, et il saignait abondamment. Beaucoup de temps fut perdu pour l’amener à Acholi Bur, puis pour trouver dans cette bourgade un véhicule qui pourrait l’amener à l’hôpital de Kitgum. C’est ainsi que, pour sauver la vie du garçon, Eugenio n’eut d’autre solution que de l’amputer des deux jambes, à mi-cuisses. Geoffrey se retrouvait handicapé à vie et orphelin, car son père était mort et il ne connaissait pas sa mère. Seule une vielle grand-mère, restée au village s’intéressait à lui.

Profondément marqué par cette tragédie, j’en parlais lors de mon séjour en Corse, deux mois plus tard. En particulier, je la racontai lors d’une soirée au village de Pieve, dans le Nebbiu. Quelques habitants voulurent ensuite aider Geoffrey, et un peu d’argent fut récolté. Deux jours avant Noël 1997, TF1 diffusa un reportage sur Geoffrey, et sur la solidarité manifestée par les gens de Pieve. L’argent récolté dans le Nebbiu ainsi qu’une aide reçue d’un Lions Club de Bastia permirent à Geoffrey et à d’autres enfants victimes de mines antipersonnel de retourner à l’école, après de longs séjours à l’hôpital. Il furent aussi équipés de prothèses au centre orthopédique mis en place par AVSI à Gulu, la principale ville du nord de l’Ouganda. Mais réapprendre à marcher avec des prothèses, lorsque l’on a perdu ses deux jambes, n’est pas chose aisée, et Geoffrey et ses camarades d’infortune passaient beaucoup de temps en fauteuils roulants. Certains de ces fauteuils d’occasion, je les ramenais de Corse avec moi: ils m’avaient été offerts par des familles de l’île. En 1998, je quittais le PAM pour prendre la responsabilité du centre orthopédique d’AVSI. Je partageais au quotidien la vie de ces victimes de mines, enfants et adultes, durant leur rééducation. Cette fonction me permit d’assurer le suivi de Geoffrey et de trois autres enfants victimes de mines, deux garçons et une fille. Tous étaient amputés des deux jambes. L’un d’eux, George, n’avait plus que son bras gauche. Geoffrey était très peu allé à l’école avant son « accident ». En février 1998, nous l’inscrivîmes à l’école primaire Angelo Negri, à Gulu, en qualité d’interne. Les trois autres enfants s’y trouvaient déjà. Malgré les difficultés de la vie quotidienne, Geoffrey, Charles, Concy et George faisaient de rapides progrès. Une ou deux fois par an, Geoffrey recevait la visite de sa grand-mère: cette vielle femme bravait l’insécurité et les problèmes de transport pour parcourir les cent kilomètres qui la séparaient de Gulu. Je me souviens encore avec émotion de cette vieille femme arrivant pieds nus et voutée, accrochée à son bâton, qui se mettait presque à courir dès qu’elle apercevait Geoffrey sur son fauteuil roulant, dans la cour de récréation. Chaque fois, elle lui apportait un pot de pâte de sésame, qu’elle avait confectionné au village. Les frais de scolarité de ces quatre enfants continuaient à être payés grâce à l’argent récolté dans le Nebbiu et à celui qu’un ami belge, missionnaire au Japon, m’envoyait régulièrement. Pendant des années, de l’argent fut ainsi offert par des Chrétiens japonais au père Michel Christiaens, pour les enfants victimes de mines en Ouganda. En 1999, nous créâmes une association, lors d’une réunion tenue à San Gavinu di Tenda, en présence de mon ami le docteur Eugenio Cocozza, venu spécialement de Milan pour l’occasion.

Malheureusement, au fil des ans, la solidarité et l’enthousiasme des premiers jours s’étiolèrent. Les réunions de l’association corse cessèrent d’avoir lieu. Pour ma part, étant en Afrique, il m’était difficile d’assurer la mobilisation en Corse, hormis lors de mes congés annuels. En l’an 2000, mes fonctions à Gulu prirent fin et je dus aller travailler au Sud Soudan. En octobre 2002, Geoffrey m‘appris le décès de sa grand-mère. En 2003, je consacrai un chapitre aux enfants victimes de mines antipersonnel dans mon premier livre, « Kadogo, Enfants des Guerres d’Afrique Centrale », paru cette année-là aux éditions l’Harmattan. Je ne les voyais malheureusement plus que lors de trop brefs passages en Ouganda. Ils purent cependant tous finir leurs études primaires. Geoffrey obtint son certificat d’études en décembre 2004. Il fit ensuite une formation en coupe et couture, dans un centre de formation professionnelle de Gulu. Les trois autres poursuivirent des études secondaires. Au fil des ans, je voyais les enfants victimes de mines de moins en moins souvent, mon travail m’ayant amené en République Démocratique du Congo, puis au Malawi, encore plus loin de l’Ouganda. J’appris un jour que Geoffrey avait regagné Acholi Bur, une fois sa formation terminée. Que devenait-il? Avait-il pu mettre à profit ses talents de couturiers?

Au début de cette année 2009, alors que je me trouvais encore au Malawi, je reçus un courriel de Charles, l’un des camarades de Geoffrey, lui aussi amputé des deux jambes. Il venait d’apprendre la mort de Geoffrey, emporté par une crise de paludisme. Faute d’argent, Geoffrey n’avait pu se rendre à Kitgum, à seulement 17 kilomètres de son village, pour s’y faire soigner. Le décès de Geoffrey s’était produit en juillet 2008, mais Charles, qui vit à Gulu, ne l’apprit que cinq mois plus tard. Geoffrey avait 23 ans au moment de sa mort. Cette nouvelle m’affecta beaucoup. Je m’en suis voulu, me disant que si j’étais resté en Ouganda, Geoffrey aurait peut-être pu me prévenir qu’il était malade. J’aurais sans doute pu lui permettre de se faire soigner. Avec de l’argent et pris à temps, le paludisme se soigne très bien. Je me disais aussi que si l’effort de solidarité s’était poursuivi en Corse, Geoffrey aurait pu avoir un autre destin.

Mes lecteurs m’en voudront certainement de leur avoir gâché la journée avec une histoire aussi triste. Ils me diront que chaque jour apporte son lot de tragédies, en Corse comme ailleurs, et qu’il n’était peut-être pas nécessaire de raconter l’histoire de Geoffrey. J’ai cependant tenu à la raconter, car Geoffrey, pour moi, n’était pas un simple nom dans un article de journal. Geoffrey était un garçon courageux et attachant, que j’ai connu et aimé, et qui aurait mérité de vivre plus longtemps, entouré d’affection. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Il est mort seul, croyant être oublié de tous.

Puisses-tu reposer en paix, Geoffrey.
© Hervé Cheuzeville
(14.09.09)