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Rwanda. Pourquoi le général Dallaire est condamné à mentir ?

Le général Roméo Dallaire_photo wikipedia.com

Le général Roméo Dallaire_photo wikipedia.com

Vingt ans après la conquête du Rwanda par la rébellion du Front Patriotique Rwandais, les puissances et les lobbies qui l’ont soutenue et qui ont favorisé sa victoire  traînent un événement comme une épine dans le pied : l’attentat terroriste du 6 avril 1994 ayant coûté la vie au président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira ainsi que leurs suites et trois officiers français membres de l’équipage.

A défaut d’occulter cet événement considéré comme élément déclencheur du génocide, les parrains du dictateur Paul Kagame, commanditaire de cet attentat, tentent désespérément, depuis des années, à mette ce crime sur le dos des boucs émissaires bien désignés : « les extrémistes hutu ». En effet s’il était admis que l’avion fut abattu par cette nébuleuse aux contours flous, celle-ci ne pourrait  pas se défendre tout comme il ne serait pas nécessaire de mettre le doigt sur les supposés exécutants en son sein, ce qui arrangerait tout le monde.

C’est dans ce cadre qu’il faut placer la dernière sortie du général canadien Roméo Dallaire dans le huffingtonpost.ca de ce 23 mai 2014.

Le général Dallaire récidive

L’officier canadien commandait la force de l’ONU déployée au Rwanda en 1993 -1994 (MINUAR). Il a failli à sa mission car il a été partial en prenant fait et cause pour l’un des belligérants, trahissant ainsi son devoir de neutralité, tout cela pour favoriser la prise du pouvoir par le FPR de Paul Kagame.

L’action nocive du Général Dallaire au Rwanda est titanesque. Le 22 juin 1993, le Conseil de sécurité de l’ONU votait la résolution 846 instituant la Force des Nations-Unies pour le contrôle de la frontière rwando-ougandaise (MONUOR). Celle-ci était chargée de veiller à ce que le FPR n’utilise l’Ouganda comme base arrière, pour ses approvisionnements en ressources matérielles et humaines. Cette force, commandée par le Général canadien Roméo Dallaire, ferma les yeux et la frontière rwando-ougandaise fut une passoire des approvisionnements du FPR dans son attaque contre le Rwanda. Roger Booh Booh, patron du Général Roméo Dallaire au Rwanda, est affirmatif à ce sujet. Dans une interview accordée au journal belge « Le Soir » du 15 avril 2004, il déclare que l’Ouganda a continué à acheminer au Rwanda des armes destinées au FPR malgré la présence de la MONUOR à la frontière.

Dallaire sera muté à Kigali à la tête de la Force des Nations-Unies pour le Rwanda, la MINUAR. Là, il va carrément prendre partie pour le FPR. Ainsi comme le dit encore Roger Booh Booh, Dallaire a été vu plusieurs fois avec des militaires du FPR dans la salle d’état-major de la MINUAR, à l’hôtel Méridien de Kigali, en train de leur monter des cartes avec les positions des forces Armées rwandaises (FAR). Dans son livre, « Shake hands with the devil » [2004 :121], Dallaire ne cache pas qu’il fournissait des renseignements militaires sur l’armée rwandaise au chef militaire du FPR, Paul Kagame.

Un autre témoignage montrant le penchant du général Dallaire pour le FPR nous vient de Vénuste Nshimiyimana, attaché de presse de la MINUAR en 1994. Dans son livre, « Prélude du génocide rwandais » [1995 : 67], il révèle que les Nations unies ayant envisagé de muter le général Dallaire du Rwanda, en janvier 1994, celui-ci a déclaré qu’il allait demander à son successeur d’aider les jeunes combattants du FPR, si gentils, si disciplinés. Robin Philpot a raison quand il écrit dans son livre « Rwanda, crimes, mensonges et étouffement de la vérité » [2007] que Dallaire avait « une mission dans la mission ». Pour cet analyste politique, la mission officielle du général Dallaire consistait au maintien de la paix en mettant en application les accords d’Arusha. Quant à sa mission non déclarée, lui confiée par les puissances anglo-saxonnes pour des intérêts géostratégiques, elle consistait à faciliter la prise du pouvoir par le FPR. Ce que Dallaire a fait avec succès. L’ONU ira même jusqu’à retirer ses Casques bleus pour ne pas gêner l’offensive finale du FPR pour la conquête du pouvoir au Rwanda.

Vingt ans après son “exploit”, Dallaire est obligé de recourir aux mensonges pour dédouaner son ami Paul Kagame de l’attentat terroriste du 6 avril 1994 qui fut l’élément déclencheur du génocide. Mais il le fait si maladroitement que tout ce qu’il raconte à propos du Rwanda perd toute crédibilité.

Le général Dallaire, dans l’article cité, a déclaré allègrement que l’avion du président Habyarimana avait été abattu par les extrémistes hutu. Pour preuve, il parle du lieu d’où les missiles furent tirés qui selon lui était trop gardé par la Garde pr