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Rwanda. Les piliers immatériels du régime dictatorial de Paul Kagame

kagame clinctonLe régime du FPR qui règne sur le Rwanda depuis 1994 est issu d’une conquête militaire initiée de l’extérieur et imposé  à la population conquise.  Il n’a donc aucune légitimité sauf celle qu’il voudrait se forger et qui repose sur un fait discutable : « avoir arrêté un génocide ». Ce régime cruel et donc forcément impopulaire, est maintenu à bout de bras par tous les moyens possibles et imaginables (juridiques, militaires, diplomatiques, …), contre toute logique, par les puissances qui l’ont pensé depuis leurs bureaux de Washington, Londres ou Bruxelles, et qui ont tenté l’expérience de l’installer au Rwanda.

L’impunité dont les agresseurs ont joui et dont le régime qui en est issu continue de jouir de la part de ce qui est appelé la « communauté internationale » et le traitement de faveur dont il est l’objet, sont devenus scandaleusement historiques.

Dès le départ, l’agression dont fut victime le peuple rwandais le 01octobre1990 de la part des éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda était une  violation flagrante du droit international. L’Etat de l’Ouganda, membre des Nations Unies, venait bel et bien d’agresser le Rwanda lui aussi membre des Nations Unies en l’attaquant avec ses troupes régulières[1]. Non seulement, le Conseil de Sécurité de l’ONU censé trancher dans une telle situation dans sa mission d’assurer la paix ne voulut pas s’en saisir, et une fois saisi, considéra  le cas comme un « conflit interne ». Pourtant, cette agression foulait aux pieds même les principes de l’ONU en matière de réfugiés tels qu’ils devraient être défendu par le  HCR qui est l’une de ses agences. L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ancêtre de l’actuelle Union Africaine, avait, elle, adopté une Convention  en matière des réfugiés.

La Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, en son article 3, stipule que : « Un réfugié doit d’abstenir de tous agissements subversifs dirigés contre un état membre de l’OUA ».

L’alinéa 2 du même article 3 impose aux états signataires le devoir «  d’interdire aux réfugiés établis sur leurs territoires respectifs d’attaquer un quelconque état membre de l’OUA… ».

Mais simple coïncidence ou bon choix du moment ? En octobre1990, quand le Rwanda fut agressé par l’Ouganda, qui l’a envahi avec des éléments tutsi de son armée régulière, l’OUA était présidée par …Yoweri Museveni, le président de l’Ouganda. Tandis que le Secrétaire Général de cette organisation était un tanzanien du nom de Salim Ahmed Salim. Ce dernier était non seulement lié par alliance aux éléments tutsi de l’armée ougandaise qui venaient d’envahir le Rwanda mais aussi était un ancien collègue de Museveni à l’Université de Dar Es Salaam et étaient restés amis quand Museveni était encore au maquis et Salim Premier Ministre de Tanzanie. C’est donc avec peine que le Rwanda pouvait faire entendre sa voix au sein de l’OUA car si Salim Ahmed Salim n’omettait pas tout simplement de mettre cette question à l’ordre du jour, Museveni s’employait à convaincre ses pairs que la question était interne au Rwanda.

Après quelques mois de guerre, la victime commença à être présentée comme bourreau. Le gouvernement rwandais d’alors fut mis sous pression jusqu’à reconnaitre l’entité politique issue du Corps Expéditionnaire de l’armée de l’Ouganda comme un interlocuteur politique avec qui il devait discuter des affaires du Rwanda. Les pressions unilatérales furent si énormes que le régime Habyarimana dut  céder pour instaurer le multipartisme en plaine guerre (en fait donner libre cours aux complices des agresseurs d’opérer légalement et au grand jour à l’intérieur) ce qui équivalait à se faire harakiri. Et quand vint le moment des négociations avec les agresseurs, leur interlocuteur qui devait être le « gouvernement rwandais » n’était qu’un conglomérat de personnalités dont beaucoup étaient liées aux envahisseurs et d’autres mues par leurs intérêts égoïstes. Ce conglomérat qualifié de « gouvernement de coalition » ne pouvait non seulement pas présenter une position commune et ferme aux agresseurs,  mais encore dénonçait à ceux-ci, ceux des vrais patriotes et républicains démocrates qui tentaient de s’opposer à la conquête. Ils étaient soit politiquement neutralisés, ou alors simplement physiquement éliminés.

Les négociations dites d’Arusha furent donc biaisées et l’Accord qui  en sortit était léonin. Les assaillants du FPR raflaient presque toute la mise que ce soit politiquement ou militairement. Malgré toutes ces concessions, ces assaillants s’en moquaient comme la suite allait le révéler.

Les générauxMarcel Gatsinzi,  Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Les générauxMarcel Gatsinzi, Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

La force de l’ONU dite MINUAR (Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda) sous le commandement du général canadien  Roméo Dallaire et qui était censée aider à « implémenter » cet accord avait en fait une mission secrète à savoir aider les assaillants venus d’Ouganda à infiltrer la capitale rwandaise et à être prêts à s’emparer des positions stratégiques le moment venu pour l’assaut final.  Cet assaut final fut déclenché le 06 avril 1994 par l’attentat terroriste qui coûta la vie au Président Juvénal Habyarimana et à son homologue burundais Cyprien Ntaryamire et leurs suites quand l’avion qui les ramenait à Kigali fut abattu par deux missiles sol-air tirés par un commando de l’APR, le Corps Expéditionnaire de l’armée ougandaise qui avait envahi le Rwanda en 1990. Aussitôt après, ses éléments installés ou infiltrés dans Kigali commencèrent à se livrer aux assassinats ciblés et à occuper certaines positions stratégiques de la capitale avec l’aide de la MINUAR, tandis que d’autres unités de combat étaient envoyées en renfort depuis l’Ouganda. Le territoire  rwandais fut alors conquis systématiquement, colline par colline, jusqu’ à ce que ce Corps Expéditionnaire qui était venu d’Ouganda en octobre 1990 s’en empare entièrement. C’était en juillet 1994.

Mais cette conquête s’est effectuée au prix de milliers de morts. D’une part, le Corps Expéditionnaire venu d’Ouganda rasait sur son passage des collines entières habitées par des Hutu. D’autre part, certains Hutu dans la panique et le chaos généralisé, s’en prenaient  aux Tutsi ayant envoyé leurs enfants en Ouganda grossir les rangs des assaillants ou ayant manifesté des sympathies envers eux.

Paradoxalement, après la conquête du Rwanda par ces éléments tutsi mais de nationalité ougandaise car membres de son armée régulière, la Communauté Internationale (en fait les puissances qui ont pensé et décidé du sort du Rwanda) a mis les victimes de cette conquête sur le dos de la population conquise en l’accusant d’avoir commis « un génocide » ! Pire encore, cette même « Communauté Internationale » semble avoir avalisé la tentative des conquérants de se donner une quelconque légitimité. En effet, les conquérants venus d’Ouganda ne disent pas dans leurs discours officiels qu’ils ont conquis le Rwanda par les armes venant d’Ouganda,  mais ils disent qu’ils seraient venus pour « y arrêter le génocide » !

Face à ce constat, on peut alors se demander pourquoi  en est-on arrivé là. Pourquoi cet aveuglément de certaines puissances jusqu’à ériger le mal en vertu quand il s’agit du Rwanda et persévérer dans l’erreur contre toute logique ?

Dans les capitales des puissances qui décidaient  du sort du monde en 1990, le cas du Rwanda a été pris comme un cobaye de laboratoire avec ce postulat: peut-on faire revenir la minorité au pouvoir dont elle fut chassée 30 ans auparavant ? La réponse des analystes fut : « OUI, à condition  de la soutenir militairement et de ne pas tenir compte des ‘‘dégâts collatéraux’’ » (massacres interethniques qui accompagneraient la conquête et les représailles qui la suivraient). Le feu vert fut donc donné avec ordre de tout faire pour que la minorité soit réinstallée au pouvoir au Rwanda quels que soient les dégâts collatéraux. La mise en exécution de cette décision fut la guerre enclenchée en 1990 et son aboutissement en1994.

Le régime actuel installé au Rwanda en 1994, constitue donc un bébé-éprouvette né dans les labos des puissances occidentales. Celles-ci doivent tout faire pour qu’il ne meurt pas prématurément,  pour qu’il grandisse. Elles continuent de tout faire pour que ce régime artificiel s’affirme. Son échec, serait un échec personnel de ceux qui l’ont conçu. Insupportable tant qu’ils en auront les moyens.

Quelles en sont les piliers immatériels ?

Les médias et les ONG: Les puissances « faiseurs de rois » à travers le monde mais surtout en Afrique savent qu’aucun régime ne peut survivre s’il est la cible des grands médias internationaux et si les ONG sous leurs contrôles l’accusent systématiquement. De même, elles savent que tant qu’un régime même le plus dictatorial, le plus criminel, le plus corrompu d’Afrique, tant qu’il a les médias de son côté qui ne présentent que la belle facette de sa nature et même en exagérant et en même temps que les principaux ONG ne peuvent oser critiquer ou produire des rapports recommandant des sanctions, ce régime ne pourrait être renversé par ses éventuels opposants.

Dans le cas du régime installé au Rwanda en 1994, comment fonctionnent ces piliers (médias et ONG) ?[2]

Les grands médias du monde peuvent être rangés dans trois catégories : ceux qui sont sous le contrôle étatique, ceux qui appartiennent aux  magnats de la presse mondiale  et enfin ceux qui peuvent être qualifiés « d’indépendants ».

génocideLes médias sous contrôle étatique reçoivent tout simplement des consignes indiquant ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire concernant tel ou tel pays. En ce qui concerne le Rwanda par exemple ce n’est pas la RTBF ou France 2 qui oseront contredire les thèses officielles du régime Kagame.

Tandis que les médias sous contrôle des lobbies pro-tutsi et qui sont les plus nombreux et les plus puissants, leur ligne éditoriale est imposée en avance par les magnats de la presse à qui ils appartiennent. Ainsi par exemple RTL, France24, CNN,… pour se limiter à l’audiovisuel, ont comme ligne éditoriale, non seulement de ne jamais critiquer le régime du FPR de Kagame mais encore de faire sa promotion à toute occasion qui s’offrirait.

Enfin, les médias dits « indépendants » sont chaque fois approchés par les lobbies pro-tutsi qui leur indiquent comment se comporter face au régime de Kagame moyennant payement. Ils deviennent alors des caisses de résonnance de ces lobbies.

En ce qui concerne les ONG, il faut savoir que celles-ci sont financées par certains états souvent ceux-là même qui ont décidé de tenter l’expérience du FPR au Rwanda. C’est dans cette catégorie qu’il faut classer les agences de l’ONU et ses Commissions aux titres ronflants mais vides de sens : « Commission des Nations Unies aux Droits de l’Homme, de l’Enfant, de la Femme etc… ». Elles ne sont que des instruments des puissances qui les financent et ne dénoncent que ceux qui sont pointés du doigt par ces puissances. Quant aux autres ONG, elles sont financées par les magnats de la finance ou des célébrités politiques et médiatiques qui, souvent ont été mis en contact avec Paul Kagame par l’intermédiaire des mêmes lobbies à la base de la conquête du Rwanda (George Soros, Bill Clinton, Tony Blair…).

Conclusion et recommandations

On ne peut prétendre renverser un tel régime sans d’abord s’attaquer aux piliers qui le soutiennent. Tant que l’opposition ne sera pas à mesure de dénoncer dans les médias les crimes et autres violations des droits de l’homme du régime du FPR de Paul Kagame, et tant que ces médias ne  pourront pas en faire écho dans l’opinion, tout effort pour le renverser ou le faire infléchir sera vain car non justifié devant l’opinion. De même, tant que les Organisations de défense des droits de l’homme ne dénonceront pas les violations que commet le régime du FPR de Paul Kagame et ensuite recommander des sanctions comme elles sont promptes à le faire pour des régimes beaucoup plus démocratiques (Burundi, RDC,…), le régime continuera à agir impunément. Car, contrairement aux apparences, le régime du FPR de Paul Kagamé est très fragile car bâti sur ces deux piliers : le mensonge et la dissimulation. Ce régime ne tiendrait pas quelques mois face à une campagne médiatique de dénonciation publique de ses crimes et violations des droits de l’homme. On a vu comment une seule émission d’un seul média britannique l’a fait trembler sur ces bases. On s’imagine ce qu’il adviendrait si chaque soir toutes les télévisions du monde diffusaient des reportages dénonçant ces crimes. Ensuite, vivant essentiellement des aides extérieures dispensées sans compter et sans condition, le régime ne survivrait pas à des sanctions, même ponctuelles, de certaines puissances. On a vu comment, à la suite de menaces de sanctions pour son soutien au M23, l’atmosphère était à la panique à Kigali, ce qui l’a contraint à le lâcher.

Toute opposition devrait donc se donner pour objectif (même platonique) et s’en donner les moyens,  de tout faire pour que les crimes du régime du FPR de Paul Kagame soient dénoncés dans les médias et que les ONG demandent que des sanctions soient prises contre ce régime. Les formations de l’opposition ont suffisamment de cerveaux qui peuvent étudier comment contourner ou escalader le mur qui protège le régime du FPR de Paul Kagame contre toute critique et toute dénonciation de ces crimes. Les autres moyens de lutte seraient alors alignés dans la foulée mais pas avant, sinon ce serait « mettre la charrue avant les bœufs ».

Emmanuel Neretse


[1] Le Corps expéditionnaire qui a envahi le Rwanda le 01 octobre 1990  était commandé par des officiers de l’armée régulière de ce pays et qui occupaient encore des hauts postes de commandement dans l’armée.

  • Maj Gen Fred Rwigyema : Vice-ministre de la Défense de l’Ouganda;
  • Maj Chris Bunyenyezi : Commandant de Brigade Est en Ouganda ;
  • Maj Peter Bayingana : Chef du Service de Santé de l’armée ougandaise ;
  • Maj Paul Kagame : Directeur Adjoint des Renseignements militaires de l’Ouganda ;
  • Maj Samuel Kanyemera alias Kaka : Commandant de la Police Militaire, Kampala ;
  • Lt Colonel Adam Waswa : Chef des Services Logistiques de l’Armée, Ouganda ;
  • Maj Nduguteye alias Kalisoliso : Commandant de la marine, Ouganda ;
  • Maj Bosco Nyirigira : Commandant 310 Brigade, Soroti, Ouganda ;
  • Capitaine Kayitare : Aide de camp du Maj Gen Rwigyema ;
  • Capitaine Muhire : Officier dans la Garde Présidentielle de Museveni
  • Capitaine Ngoga : Officier dans la Garde Présidentielle de Museveni.

Avec de tels grades et rangs dans l’armée régulière de l’Ouganda, il serait farfelu de devoir faire des recherches sur l’origine de leurs parents pour déterminer s’ils étaient ou non « Ougandais » et donc exonérer l’Etat ougandais d’avoir agressé l’Etat rwandais. C’est pourtant ce à quoi se sont adonnées l’OUA et l’ONU et l’ont réussi.

[2] Les médias engagés pour le régime tutsi du Rwanda. Audio-visuel : France 24 (France), TV5 Monde (France), RFI (France), RTBF (Belgique), RDI (Canada), CNN, (USA), VOA (USA), BBC (GB), DW ((Allemagne). Presse écrite : Libération (France), Le Figaro (France), Jeune Afrique (France), The New York Times (USA) Washington Post (USA), Le Soir (Belgique), La Libre Belgique (Belgique).

Les ONG complices du régime tutsi du Rwanda : FIDH (France), Survie (France), LICRA (France), SOS Racisme (France), Amnesty International (GB), HRW (USA).  Les agences de l’ONU comme : le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDR), la Cour Pénale Internationale (CPI).

L’ONU au Rwanda : 1990-1994. Les non-dits et le paradoxe.

Les généraux Marcel Gatsinzi,  Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Les généraux Marcel Gatsinzi, Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Mandatée par les superpuissances qui l’instrumentalisent, l’Organisation des Nations Unies (ONU a une réussit dans son bilan : celle d’avoir permis la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée ougandaise en 1994. C’est la seule opération au monde que cette institution internationale a réussi, puisqu’elle lui a permis d’accorder le pouvoir à un groupe de son choix. Paradoxe : la même ONU est accusée par le régime qu’il a installé au Rwanda d’« inaction et de non assistance en personne en danger » etc… Et l’ONU encaisse sans broncher et même se livre aux séances de « mea culpa » ridicules. Plus l’ONU se  livre à l’auto-flagellation, plus le régime militaire et dictatorial installé à Kigali en juillet 1994 enfonce le clou par des manœuvres de diversion et le chantage au génocide jusqu’à demander des comptes à la même ONU qui ne serait pas intervenue pour « arrêter le génocide » en 1994 ! Pour essayer de comprendre ce jeu de dupes, il y a lieu d’analyser de plus près l’action de l’ONU au Rwanda à cette époque.

Troupes de l’ONU au Rwanda

L’attitude de l’ONU commence à être suspecte après l’invasion du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda le 01 octobre 1990.  Au lieu de condamner vigoureusement cette agression avérée d’un pays membre par un autre pays membre, consigne est donnée  à New York  pour que le conflit soit considéré comme de « type interne » et qu’il n’y a pas de menace pour la paix et la sécurité internationale, l’une des conditions classiques pour toute intervention et médiation de l’organisation. Dans cette option, l’ONU entend compter sur la diplomatie menée par une organisation régionale, à savoir  l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Comme par hasard, le Secrétaire Général de cette organisation se trouve être le tanzanien Salim Ahmed Salim très proche des militaires tutsi d’Ouganda et de Tanzanie tandis que la même OUA  est présidée cette année 1990 par Yoweri Museveni , le chef de l’Etat agresseur. L’ONU et l’OUA vont désormais opérer en toute complicité dans ce dossier. Comme la guerre continuait à faire rage et sur demande pressante du gouvernement du Rwanda, le 22 juin 1993, le Conseil de Sécurité adopta la résolution 846 qui vint confirmer l’option de l’organisation de ne s’impliquer que pour aider les agresseurs. Le Conseil n’autorisait qu’une « Mission d’observation des Nations Unies Ouganda-Rwanda » (MONUOR) composée de 80 observateurs militaires. Celle-ci ne serait déployée que le long de la frontière, du côté ougandais. En fait une façon d’exonérer l’Ouganda de toute accusation d’agression tout en continuant à berner le Rwanda. Le côté rwandais serait, quant à lui, surveillé par un Groupe d’observateurs Militaires neutres (NMOG, Neutral Military Observer Group, GOMN en français) relevant directement de l’OUA, groupe auquel le Secrétaire Général des Nations Unies adjoignit deux experts militaires chargés seulement d’apporter une aide logistique pour un déploiement plus rapide du NMOG. En fait un groupe d’espions officiels au profit des agresseurs que sont les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda désormais présentés comme une rébellion au nom de Front Patriotique Rwandais (FPR).

Jallow, le procureur du TPIR, en compagnie de Paul Kagame

Jallow, le procureur du TPIR, en compagnie de Paul Kagame

L’implication directe de l’ONU dans ce conflit devenant  incontournable avec la signature des accords d’Arusha le 3 août 1993 qui prévoyaient la mise en place d’une force militaire internationale de l’ONU, il a fallu deux bons mois avant que le Conseil de Sécurité n’autorise la mise sur pied d’une « Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda » (MINUAR) .

La mission dévolue à cette MINUAR 1 était très large et on peut considérer que les moyens mis à sa disposition pour effectuer des tâches aussi diverses que délicates étaient volontairement dérisoires. La MINUAR ne disposera au maximum que de 2548 hommes dont 1428 seront déployés dans une première phase. Le déploiement par phase ne débutera que le 2 novembre 1993. La volonté de réduire au maximum cette force et surtout de déguerpir dès que les rebelles tutsi seraient à mesure de donner l’assaut final apparait dans le point 9 de la résolution 872 du Conseil de Sécurité qui en invite le Secrétaire général à s’y préparer.

Le phénomène « Roméo Dallaire »

Le Commandement militaire de la MINUAR I fut confié à un officier  canadien qui comme il l’avouera lui-même plus tard dans son livre, ignorait tout du Rwanda mais engagé et fanatisé à outrance. Le général Roméo Dallaire avait en effet été désigné en juin 1993 pour conduire la Mission d’observation des Nations Unies Ouganda/Rwanda (MONUOR). Il arriva au Rwanda juste après la signature des Accords d’Arusha pour une mission de reconnaissance de 12 jours. Il fut spécialement encadré par les gens hostiles au président Habyarimana dont il était convaincu que c’était un dictateur dont il fallait débarrasser le Rwanda via les combattants tutsi venus d’Ouganda.[Roméo Dallaire, 2003, p.75-76 ;96 ;100]

Durant ce séjour, il côtoya les figures de proue de l’opposition radicale, de la mouvance du FPR dont il avait rencontré la direction politique et militaire par l’entremise de Yoweri Museveni . Depuis lors, il n’a plus caché son admiration pour Paul Kagame.

Lorsqu’il débarque à Kigali le 21 octobre 1993, le général Dallaire est convaincu qu’il vient en croisade contre une dictature incarnée par Habyarimana. Pour se couvrir diplomatiquement, il va imposer le concept d’ « extrémistes » pour qualifier tous ceux qui n’étaient pas d’obédience FPR. Il va aussi se caractériser par une « indiscipline militaire » incroyable pour un militaire de son rang en mission de maintien de la Paix de l’ONU. En effet il va superbement ignorer son chef politique qui est le Représentant Spécial du Secrétaire général de l’ONU au Rwanda et va le court-circuiter jusqu’à adresser directement des rapports à New York sans l’en informer. Au Rwanda même, il s’imposa comme le seul interlocuteur politique que ce soit avec le Président de la République, les ministres les partis politiques…Bref, il était sorti de son rôle militaire. Le pauvre diplomate camerounais du nom de Jacques Roger Booh Booh, qui sur papier était son patron, était perçu par les Rwandais comme étant son chauffeur ou tout au plus son secrétaire. Le général Dallaire lui-même s’en est vanté.

Les troupes de l’ONU face à la crise : 06 avril 1994 

Rappelons qu’à la veille du déclenchement de l’assaut final des éléments tutsi de l’armée ougandaise pour s’emparer du pays dont le signal fut l’assassinat du Président Habyarimana, il y avait au Rwanda quelques 2400 casques bleus relevant de 24 nationalités différentes et dispersés dans différents endroits. Le contingent le plus important est fourni par le Bangladesh (937) et le Ghana (841). La Belgique avait 428 hommes mais son contingent constituait sur le plan logistique et politique le noyau dur de la mission. Le 7 avril 1994 dans l’après midi, Paul Kagamé déclara la reprise des opérations sur tous les fronts dont

Roméo Dallaire et Paul Kagame

celui de Kigali où il avait infiltré des milliers de combattants avec l’aide ou la complicité de la MINUAR. La réaction de la MINUAR, embrigadée par le général Dallaire, fut de ne rien entreprendre qui pourrait gêner la progression du FPR ou donner du répit aux FAR. Au contraire la MINUAR céda les positions stratégiques qu’elle occupait autour de Kigali aux combattants du FPR en leur laissant des munitions et des rations suffisantes pour y tenir à outrance en cas de nécessité. Parallèlement le général Dallaire, s’employait à distraire ce qui restait du commandement des FAR dans des réunions interminables et qui ne décidaient de rien, ou encore à suivre et même à piloter l’évolution politique comme la mise en place du gouvernement intérimaire le 09 avril 1994.

Amnésie à New York ou « secrets d’Etats » ?

N’importe quel journaliste d’investigation, pour autant qu’il veuille s’intéresser à cette accusation redondante comme quoi l’ONU aurait abandonné le Rwanda peut découvrir que la décision du retrait de la MINUAR prise par New York était  dans  la ligne de l’option retenue par l’ONU dictée par les USA, de laisser le FPR remporter une victoire militaire totale avant toute chose. Par honte ou par mépris de l’opinion, aucune instance de l’ONU n’ose évoquer l’ultimatum de Paul Kagamé de considérer toute troupe étrangère au Rwanda en avril 1994 comme « ennemi », ou tout simplement  la demande officielle que le FPR a adressée à l’ONU à New York lui demandant de ne pas intervenir car, prétendait-t-il,  il n’y avait plus aucun Tutsi à sauver. La délégation du FPR était composée de Gerald Gahima et de Claude Dusaidi, et c’était encore en avril 1994. C’est dans ce cadre qu’il faudrait comprendre la consigne donnée par Bill Clinton à son administration de ne pas utiliser le terme de génocide avant la prise complète du pouvoir par le FPR.  De même on comprendra le calvaire du Secrétaire général des Nations Unies Boutros Boutros Ghali incompris et contrarié par l’américaine Madeleine Albright qui finalement aura sa peau et le remplacera par le docile Koffi Annan qui justement était au moment de la conquête, le patron du Département de Maintien de la Paix à qui le Général Dallaire s’adressait directement de Kigali.

On comprendra aussi pourquoi la proposition de la France d’établir une « zone humanitaire sure », avec la fameuse « Opération Turquoise » fut d’abord fortement combattue par les parrains du FPR et qu’elle ne fut autorisée qu’après avoir donné  des garanties qu’elle ne devrait pas contrarier ou retarder la victoire militaire totale des éléments tutsi issus de l’armée ougandaise. Lorsque le régime de Paul Kagamé tire à boulets rouges sur la France notamment pour cette opération Turquoise, c’est comme pour  dire : «… on l’a échappé bel, si l’opération Turquoise avait été autorisée quelques semaines avant que nous, les combattants tutsi ne nous rendions militairement maîtres du Rwanda, nous serions soumis à la règle du partage du pouvoir selon les accords d’Arusha comme au Burundi. »

Pour cette appréhension, le régime du FPR en veut à mort à la France, alors que l’opération « Turquoise »  a pu sauver des milliers de tutsi qui étaient condamnés à mourir si les fiançais n’étaient pas intervenus. Incompréhensible.

Après la conquête du pays par les éléments tutsi de l’armée ougandaise,  comme planifié,  l’ONU put revenir  !

C’est en considérant la rapidité et la facilité avec lesquelles fut décidée la MINUAR II que l’on se rend compte que le retrait de la MINUAR I était de permettre au FPR de s’emparer du pouvoir sans que l’ONU ne soit officiellement témoin des crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui devaient nécessairement accompagner cette conquête. Comme par hasard, cette MINUAR II fut mise sous le Commandement d’un autre général canadien qui était justement conseiller militaire au Département de Maintien de la Paix dirigé par Koffi Annan. La MINUAR II reçut plus de moyens en hommes et en matériels que la MINUAR I alors que la guerre était finie comme venait de le déclarer le FPR le 17/7/1994. Et pour cause, cette force avait pour mission non écrite de consolider le nouveau régime. Ce faisant l’ONU venait de légitimer une conquête militaire d’un pays souverain membre de l’ONU par des éléments de l’armée d’un autre pays membre aussi de l’ONU. Un précédent historique. Enfin la MINUAR II devait permettre à la multitude d’ONG d’absorber les capitaux massivement versés sur le terrain c’est-à-dire dans un Rwanda intentionnellement détruit.

Le TPIR ou un coup de pouce politique de l’ONU au régime illégitime et impopulaire installé par la force en 1994.

Le Tribunal Pénal International pour la Rwanda fut créé dans la foulée de la conquête du pays par les éléments tutsi de l’armée ougandaise. Dans sa résolution 955 du 8 novembre 1994, le Conseil de Sécurité de UN-logo-150x150l’ONU instituait ce tribunal ayant sur papier pour mission d’enquêter et poursuivre les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis au Rwanda et dans les pays voisins entre le 01 janvier et le 31 octobre1994. Mais on se rendra compte que ce tribunal était un instrument utilisé pour faire taire à jamais les dignitaires de l’ancien régime renversé en 1994 tout en assurant l’impunité aux criminels tutsi du FPR.

Violation  de la souveraineté des Etats voisins couverte par l’ONU 

L’ONU qui dans ses missions devrait prévenir les menaces à la paix mondiale et intervenir en cas de violation se montre dans le cas du régime installé  par ses soins au Rwanda comme complice des crimes de guerre et crimes contre l’humanité du FPR. Les invasions successives des pays voisins comme la RDC ou la déstabilisation d’autres comme le Burundi ne sont jamais condamnées par l’ONU mais au contraire elles sont  occultées quand les victimes ne sont pas présentées comme des bourreaux (cas du Burundi). Même quand ses fonctionnaires ou des experts mandatés par elle incriminent le régime de Paul Kagamé dans des rapports bien fouillés et tout à fait crédibles, la même ONU choisit de mettre ces rapports sous le boisseau ou de renvoyer ces rédacteurs. Ce fut le sort du « Mapping Report » (août 2010) concernant les violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire commis entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la République Démocratique du Congo,.

L’ONU aide le régime tutsi du FPR à entretenir une armée surdimensionnée

L’armée de Paul Kagamé est passée de quelques centaines  de tutsi qui appartenaient à l’armée régulière ougandaise et qui se sont emparés du Rwanda en 1994 avec l’aide de l’ONU à une masse de plus de

Bill Clinton et Paul Kagame

Bill Clinton et paul Kagame

200.000 hommes (et femmes)  sans compter les éléments supplétifs (milices du parti au pouvoir dite DASSO, démobilisés employés dans des sociétés de gardiennage etc.) pour un pays d’une population d’un peu plus de 10 millions d’habitants s’étendant sur seulement 29.338 km², il faut avouer que c’est un peu trop, mais que surtout n’importe quel gouvernement du monde confronté à une telle situation aurait du mal à gérer : entretenir, nourrir et équiper une telle armée. Mais pour le cas du Rwanda butin de guerre offert aux éléments tutsi de l’armée ougandaise par la même ONU, cette organisation est là pour y subvenir. La solution a été vite trouvée. Il suffit d’engager massivement l’armée de Paul Kagame dans les missions de maintien de la paix de l’ONU partout à travers le monde. Ainsi on les retrouve  au Darfour, en Centrafrique, au Soudan du Sud, au Mali, en Côte d’Ivoire , en Haïti etc. De cette façon c’est l’ONU qui paie la solde et les équipements de la majorité de presque tous les deux cents milles soldats de Paul Kagamé qu’il ne saurait entretenir autrement avec risque des mutineries pouvant aller au renversement de son régime pourtant installé par l’ONU.

Attitude du régime tutsi face à l’ONU : un chantage politique et diplomatique permanent.

Face à cette réalité, comment alors comprendre les larmes de crocodile que verse le régime de Paul Kagame chaque fois qu’il évoque le rôle de l’ONU alors qu’il apparaît que cette organisation a permis à cette clique, non seulement  la prise du pouvoir par les armes, mais aussi elle a continué à la soutenir et à lui assurer l’impunité face à ses crimes innombrables. Pourquoi la même ONU a encaissé  sans broncher et  s’est mise même à genoux devant cette clique qu’elle a elle-même mise sur le trône du Rwanda contre toute logique ?

D’après nous, ce chantage politique et diplomatique du régime illégitime du FPR est favorisé par le fait que :

  • Dans les puissances qui dominent l’ONU, les décisions politiques sont dictées par les lobbies ayant offert le Rwanda aux tutsi : USA, GB, Belgique ;
  • Certaines de ces puissances n’ont pas de politique étrangère propre et doivent suivre la ligne de celle du grand allié américain : France, Canada, Pays Bas ,les pays scandinaves (Suède Norvège, Danemark)
  • Le deal entre la France et les Etats Unis sur leurs zones d’influence en Afrique interdit à la France de prétendre encore à une quelconque influence au Rwanda, tandis qu’il accorde aux anglo-saxons toute la latitude d’y faire ceux qu’ils veulent.
  • Enfin, c’est une preuve supplémentaire s’il en fallait, que les institutions internationales bien en vue comme l’ONU et l’UA sont en réalité dans l’étau des lobbies ayant installé la clique des tutsi venus d’Ouganda au pouvoir au Rwanda.

Emmanuel Neretse

10/5/2016

Rwanda : Autopsie des soutiens aveugles à Paul Kagame en Occident

Depuis la première diffusion du documentaire « Rwanda’s Untold Story » produite par la chaîne britannique BBC Two le 01 octobre 2014, des réactions ont fusé de partout. Mises à part celles épidermiques et disproportionnées du régime dictatorial de Paul Kagame, on aura noté celles provenant de divers milieux occidentaux qui, contre toute logique, s’emploient à défendre l’un des grands criminels encore en exercice dans le monde. La promptitude avec laquelle ces milieux ont défendu l’image du dictateur Kagame et son régime et en même temps en pourfendant la BBC, plus précisément sa journaliste Jane Corbin, n’a d’égard que leur mépris pour l’opinion internationale en général et les Rwandais en particulier.

bbcL’analyse de ces réactions contre-nature tendant à condamner la BBC tout en encensant le dictateur Kagame montre que les personnes (physiques ou morales) qui s’adonnent à cette bassesse peuvent être classées dans des catégories que nous allons définir ci-après.

La nébuleuse médiatico-politique qui était chargée d’accompagner la conquête du Rwanda par le FPR et par après d’asseoir son pouvoir

La lettre ouverte adressée le 10 octobre 2014 à la direction de la BBC par 38 personnalités qui se sont qualifiées de «  professeurs, scientifiques, chercheurs, journalistes et historiens » donne une image claire de cette nébuleuse. C’est ainsi qu’on y retrouve des personnes comme Linda Melvern, une auteure britannique qui a consacré sa carrière à légitimer la conquête militaire du Rwanda par le FPR et en diabolisant les Hutu, allant jusqu’à présenter devant le TPIR de faux documents dans ses tentatives de faire endosser l’attentat du 6 avril 1994 aux ex-FAR. Dans ce sens, elle côtoie l’autre signataire de la lettre, Barbara Murvaney qui, au TPIR à Arusha, comme magistrat au bureau du Procureur, était chargée d’accabler, par tous les moyens, même les plus déloyaux,  les inculpés hutu tout en veillant à ce que les criminels du FPR de Paul Kagame ne soient pas incriminés.

Sans surprise, on trouve parmi les signataires le nom du général canadien Roméo Dallaire. Celui-ci, sous couvert de commander une « force neutre » des Nations Unies, la « MINUAR », s’est révélé en réalité être venu au Rwanda avec pour mission de faciliter la prise du pouvoir par la rébellion tutsi venue d’Ouganda. Sa mission ayant été bien accomplie en juillet 1994, il ne peut, même 20 ans après, se trahir ou trahir ceux qui lui avaient confié une telle mission.

Parmi les 38 signataires figurent naturellement des personnalités qui, dès le début de la  conquête du Rwanda par le FPR, étaient chargées de fustiger l’action de la France au Rwanda alors liée au Rwanda par des accords de défense et de coopération militaire pour qu’elle renonce à ses engagements signés avec le gouvernement légitime de Juvénal Habyarimana. Ceci fut atteint avec le retrait des derniers militaires français qui  assuraient la formation de certaines unités des FAR après la grande offensive du FPR de février 1993. Après le renversement du régime, les mêmes milieux se devaient  de culpabiliser la France et ses armées dans le but de les  dissuader de révéler les crimes des nouveaux maîtres du Rwanda et de la région. On ne pouvait trouver mieux dans cette catégorie que les français Patrick Saint Exupéry ou Jacques Morel dont les noms se retrouvent parmi ceux des 38 signataires.

Les journalistes contractuels

La fameuse lettre est aussi l’œuvre d’une deuxième catégorie que nous avons identifiée comme étant des journalistes contractuels. Il s’agit des hommes de presse généralement connus sur la scène africaine mais qui, de notoriété publique, sont très durs dans les négociations des « contrats de communication » mais ont l’avantage de ne pas être regardants sur la moralité du requérant pourvu qu’il paie. C’est le cas de François Soudan de « Jeune Afrique » et de JF Dupaquier, pigiste chez « Africarabia ».

Les personnes « socialement » intéressées

En plus des indications que nous fournit la fameuse lettre des 38, la vague de dénonciation du documentaire de la BBC nous révèle une autre catégorie de défenseurs à outrance en Occident du régime dictatorial de Paul Kagame. Il s’agit de personnes (physiques ou morales) qui sont liées au régime par des relations sociales souvent par les mariages et qui croient que leurs sorts sont à jamais liés à celui du régime dictatorial qui règne sur le Rwanda depuis 1994. C’est dans cette rubrique qu’il faudrait inscrire les noms d’un certain Alain Gauthier ou d’une association comme « Survie ».

Les aventuriers

En fin, comme partout dans le monde, l’Occident n’échappe pas au phénomène des aventuriers et des pêcheurs en eau trouble. Ils sont toujours à l’affût et sont prêts à sauter sur n’importe quelle occasion dès le moment où ils sentent que tel camp a le vent en poupe quitte à se renier si les choses changent. On retrouve ce genre de personnes parmi ceux qui sont aux avant postes pour défendre le régime Kagame et condamner le documentaire de la BBC. L’exemple typique est l’obscur et inconnu « écrivain journaliste » Philippe Brewaeys. Depuis cette affaire, il est aux anges à Kigali où il est mis à contribution pour nier les évidences relatées dans « Rwanda’s Untold Story »!

En conclusion

Le documentaire de la BBC « Rwanda’s Untold Story » est dérangeant à plus d’un titre. Outre qu’il ose pour la première fois mettre en cause les thèses fantaisistes mais « officielles » des événements du Rwanda entre 1990 et 1994, il met à nu certains comportements des Occidentaux qui se moquent des Africains soit pour s’enrichir ou se faire une renommée, soit pour servir les intérêts de leurs hiérarchies. Le dindon de la farce reste toujours l’Africain en général et dans le cas précis le Rwandais. A méditer.

Emmanuel Neretse
09/11/2014

Rwanda. Pourquoi le général Dallaire est condamné à mentir ?

Le général Roméo Dallaire_photo wikipedia.com

Le général Roméo Dallaire_photo wikipedia.com

Vingt ans après la conquête du Rwanda par la rébellion du Front Patriotique Rwandais, les puissances et les lobbies qui l’ont soutenue et qui ont favorisé sa victoire  traînent un événement comme une épine dans le pied : l’attentat terroriste du 6 avril 1994 ayant coûté la vie au président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira ainsi que leurs suites et trois officiers français membres de l’équipage.

A défaut d’occulter cet événement considéré comme élément déclencheur du génocide, les parrains du dictateur Paul Kagame, commanditaire de cet attentat, tentent désespérément, depuis des années, à mette ce crime sur le dos des boucs émissaires bien désignés : « les extrémistes hutu ». En effet s’il était admis que l’avion fut abattu par cette nébuleuse aux contours flous, celle-ci ne pourrait  pas se défendre tout comme il ne serait pas nécessaire de mettre le doigt sur les supposés exécutants en son sein, ce qui arrangerait tout le monde.

C’est dans ce cadre qu’il faut placer la dernière sortie du général canadien Roméo Dallaire dans le huffingtonpost.ca de ce 23 mai 2014.

Le général Dallaire récidive

L’officier canadien commandait la force de l’ONU déployée au Rwanda en 1993 -1994 (MINUAR). Il a failli à sa mission car il a été partial en prenant fait et cause pour l’un des belligérants, trahissant ainsi son devoir de neutralité, tout cela pour favoriser la prise du pouvoir par le FPR de Paul Kagame.

L’action nocive du Général Dallaire au Rwanda est titanesque. Le 22 juin 1993, le Conseil de sécurité de l’ONU votait la résolution 846 instituant la Force des Nations-Unies pour le contrôle de la frontière rwando-ougandaise (MONUOR). Celle-ci était chargée de veiller à ce que le FPR n’utilise l’Ouganda comme base arrière, pour ses approvisionnements en ressources matérielles et humaines. Cette force, commandée par le Général canadien Roméo Dallaire, ferma les yeux et la frontière rwando-ougandaise fut une passoire des approvisionnements du FPR dans son attaque contre le Rwanda. Roger Booh Booh, patron du Général Roméo Dallaire au Rwanda, est affirmatif à ce sujet. Dans une interview accordée au journal belge « Le Soir » du 15 avril 2004, il déclare que l’Ouganda a continué à acheminer au Rwanda des armes destinées au FPR malgré la présence de la MONUOR à la frontière.

Dallaire sera muté à Kigali à la tête de la Force des Nations-Unies pour le Rwanda, la MINUAR. Là, il va carrément prendre partie pour le FPR. Ainsi comme le dit encore Roger Booh Booh, Dallaire a été vu plusieurs fois avec des militaires du FPR dans la salle d’état-major de la MINUAR, à l’hôtel Méridien de Kigali, en train de leur monter des cartes avec les positions des forces Armées rwandaises (FAR). Dans son livre, « Shake hands with the devil » [2004 :121], Dallaire ne cache pas qu’il fournissait des renseignements militaires sur l’armée rwandaise au chef militaire du FPR, Paul Kagame.

Un autre témoignage montrant le penchant du général Dallaire pour le FPR nous vient de Vénuste Nshimiyimana, attaché de presse de la MINUAR en 1994. Dans son livre, « Prélude du génocide rwandais » [1995 : 67], il révèle que les Nations unies ayant envisagé de muter le général Dallaire du Rwanda, en janvier 1994, celui-ci a déclaré qu’il allait demander à son successeur d’aider les jeunes combattants du FPR, si gentils, si disciplinés. Robin Philpot a raison quand il écrit dans son livre « Rwanda, crimes, mensonges et étouffement de la vérité » [2007] que Dallaire avait « une mission dans la mission ». Pour cet analyste politique, la mission officielle du général Dallaire consistait au maintien de la paix en mettant en application les accords d’Arusha. Quant à sa mission non déclarée, lui confiée par les puissances anglo-saxonnes pour des intérêts géostratégiques, elle consistait à faciliter la prise du pouvoir par le FPR. Ce que Dallaire a fait avec succès. L’ONU ira même jusqu’à retirer ses Casques bleus pour ne pas gêner l’offensive finale du FPR pour la conquête du pouvoir au Rwanda.

Vingt ans après son “exploit”, Dallaire est obligé de recourir aux mensonges pour dédouaner son ami Paul Kagame de l’attentat terroriste du 6 avril 1994 qui fut l’élément déclencheur du génocide. Mais il le fait si maladroitement que tout ce qu’il raconte à propos du Rwanda perd toute crédibilité.

Le général Dallaire, dans l’article cité, a déclaré allègrement que l’avion du président Habyarimana avait été abattu par les extrémistes hutu. Pour preuve, il parle du lieu d’où les missiles furent tirés qui selon lui était trop gardé par la Garde pr