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Actualité des Grands Lacs – Semaine du 24 au 30 août 2013

M23En RDC, dans un contexte des messages ambigus et/ou contradictoires de la part des différents acteurs, la confusion règne sur ce qui s’est passé à la fin de la semaine dernière à Goma où de nouveaux obus sont tombés le week-end sur la capitale du Nord Kivu. Suite à ces tirs, une marche de colère de la population a eu lieu au cours de laquelle deux civils auraient été tués par des éléments du contingent uruguayen débordé, ce que conteste le porte-parole de l’armée uruguayenne. Le Représentant du Secrétaire général de N.U., en séjour à Goma, déclare « comprendre » cette colère et a réitéré son « soutien indéfectible » aux FARDC dont il a salué « l’héroïsme », tandis que le commandant de la MONUSCO affirme que les tirs d’obus attribués au M23 doivent être considérés comme des « crimes de guerre ». Selon une agence de presse, la brigade d’intervention, dont une position aurait été visée par des tirs du M23 faisant trois blessés parmi les casques bleus, se serait pour la première fois manifestée, bien qu’un porte-parole des troupes sud-africaines ait affirmé que ses effectifs n’étaient pas intervenus. Le nouveau patron de la MONUSCO a déclaré pour sa part que la brigade d’intervention n’était pas une « solution magique » : il se refuse à indiquer d’où venaient les tirs pour ne pas remettre en cause la stratégie suivie jusqu’ici par l’ONU et la MONUSCO en mettant en avant le caractère congolais du problème.

 De son côté, le M23 accuse l’armée congolaise d’avoir lancé les obus sur la population de Goma et a adressé une lettre ouverte au Secrétaire général des N.U. pour exiger une enquête indépendante. Côté congolais, le  gouvernement, qui a dépêché une délégation ministérielle à Goma, accuse le Rwanda de crimes de guerre en ayant tiré des obus sur la capitale du Nord Kivu et invite les populations à ne pas se laisser gagner par l’intoxication et à soutenir la MONUSCO.

Pour sa part, le Rwanda, qui a bloqué au Conseil de Sécurité, dont il est membre non permanent, une résolution condamnant deux dirigeants du M23 et d’autres résolutions sur la situation dans l’est de la RDC, dénonce de nouveaux bombardements sur son territoire par les FARDC. En fait, selon des informations crédibles fournies au Conseil de Sécurité, ces tirs auraient été lancés par le M23 qui a été appuyé « ces derniers jours » par des troupes venues du Rwanda.

Par ailleurs, l’émissaire spéciale de l’ONU, Mary Robinson, s’indigne de l’attaque contre des civils et des casques bleus de la MONUSCO, mais insiste, à l’instar du Département d’Etat américain et de six sénateurs américains en mission dans les Grands Lacs, sur une solution politique négociée et un respect de la lettre et l’esprit de l’accord d’Addis Abeba. L’Union européenne condamne elle aussi la reprise des combats et appelle elle aussi à une solution politique à la crise. Enfin, le Haut Commissaire adjoint aux droits de l’homme de l’ONU dénonce les viols massifs qui continuent à se produire dans l’est de la RDC.

 Au début de cette semaine, les accrochages entre FARDC et M23 ont repris après une brève pause en fin de week-end : la brigade d’intervention a signalé à ce propos qu’elle « assistait » l’armée, mais sans engager le combat avec le M23. Toutefois, au milieu de la semaine, la MONUSCO signalait que ses hélicoptères avaient mené une attaque contre des positions  du M23, tandis que l’artillerie de compagnies sud-africaines et tanzaniennes de la brigade d’intervention et celle des FARDC entraient en action avec des « pilonnages très violents ». Un casque bleu de la brigade a trouvé la mort dans cet affrontement et une Rwandaise aurait été tuée par un obus tiré du Congo, tandis que la frontière entre la RDC et le Rwanda était partiellement fermée. De nouveaux obus sont par ailleurs tombés à nouveau sur Goma sans que l’on en connaisse la provenance. Par ailleurs, le M23 continuait à bloquer à Rutshuru le trafic entre le Grand Nord et Goma, mais il décidait en fin de semaine de se retirer de la ligne de front.

 En conséquence de l’extrême tension qui règne dans la région, le festival de paix (« Amani ») qui devait avoir lieu à Kigali et Goma a été annulé et reporté à une date ultérieure, mais un concert d’hommage aux victimes des bombardements a pu avoir lieu.

 Ailleurs au Kivu, les FARDC ont affronté le week-end dernier une coalition de groupes armés dirigés par le chef milicien Yakutumba dans la région montagneuse de Rurambwe au Sud Kivu. En Province Orientale, plusieurs localités de la collectivité de Walendu-Bindi ont été prises au FPRI de Cobra Matata : elles ont été par la suite reprises par ce chef de guerre qui ne s’est toujours pas rendu. On signalera également que des hommes armés non-identifiés ont attaqué une localité dans le territoire d’Aru Par ailleurs, le conflit de frontière entre la RDC et l’Ouganda ne s’apaise pas : 300 soldats ougandais seraient entrés dans une localité du territoire de Mahagi. Enfin, au Katanga, 80 Maï-Maï se sont rendu aux FARDC à Mitwaba.

 Dans le domaine politique, le président de l’Assemblée nationale a annoncé que les concertations nationales débuteront le 4 septembre. Celles-ci font toujours l’objet de contestations : accusations contre la majorité présidentielle qui « veut tout contrôler », plaintes sur des représentations insuffisantes de la diaspora, des provinces, etc.  En définitive, plusieurs partis d’opposition dont l’UDPS, l’UNC et les formations liées au MLC ont décidé de ne pas participer aux concertations.

 Dans le domaine des relations extérieures, l’Angola, la RDC et l’Afrique du Sud ont signé un accord de coopération sur la formation des FARDC. Par ailleurs, on signalera la venue du président sud-africain à Kinshasa dans le cadre d’une enquête sur les flux financiers illicites en provenance de la RDC.

Au Rwanda, la campagne électorale a débuté : elle mettra face à face le FPR à trois autres partis dont deux sont proches du pouvoir actuel. Dans le domaine de la justice, le procès des auteurs de la tentative d’assassinat de l’ancien chef d’état-major rwandais a débuté en Afrique du Sud. Par ailleurs, le HCR tape du poing sur la table en dénonçant les disparitions et enlèvements de réfugiés rwandais en Ouganda dont beaucoup seraient des opposants. Enfin, l’escalade verbale entre les présidents tanzanien et rwandais se poursuit bien qu’ils tentent tous deux de calmer le jeu : le premier avait demandé au second de négocier avec ce qui reste du FDLR.

 EURAC

 

L’UE doit exiger du Rwanda de mettre fin à son implication dans le conflit à l’Est de la RDC

militaires du FPR

EurAc demande à l’Union Européenne d’exiger du Rwanda  de mettre fin immédiatement à son implication  dans le conflit à l’Est de la RDC

Le Réseau Européen pour l’Afrique Centrale (EurAc) et ses ONG membres ont à plusieurs reprises fustigé l’implication du Rwanda dans l’alimentation et le maintien  de l’insécurité à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), en appuyant des groupes armés. Ces dénonciations viennent encore une fois d’être corroborées par le rapport annuel du Comité des sanctions de l’ONU sur la RDC. Le groupe d’experts de l’ONU affirme que le gouvernement rwandais fournit « assistance directe à la création du M23 en facilitant le transport des armes et des troupes à travers le territoire rwandais », soutient et protège le général Bosco Ntaganda, actuellement recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre.

Non seulement le Rwanda recrute des éléments démobilisés des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) rapatriés au Rwanda, mais son soutien au M23 donne plus de temps à ces rebelles rwandais de se réorganiser alors qu’ils étaient fragilisés par les opérations de l’armée régulière (FARDC) et la mission onusienne (MONUSCO). Ces actes du Rwanda s’opposent au droit international et sont à la base de plusieurs crimes de guerre et crimes contre l’humanité  sur le territoire congolais et contribuent à la déstabilisation de  la région des Grands Lacs.

Jusque là, la communauté internationale en général et l’Union européenne en particulier ont toujours basé leurs stratégies relatives à la stabilisation de l’Est de la RDC sur un postulat volontariste selon lequel la RDC et le Rwanda veulent la paix et, en conséquence, devraient travailler ensemble pour cette fin. Le problème n’est pas  un manque de dialogue entre la RDC et le Rwanda, mais plutôt l’absence d’une volonté politique. Le groupe d’experts de l’ONU montre  l’existence d’un agenda caché de Kigali qui fait toujours retomber l’Est de la RDC dans la guerre après la signature des accords. Un tel comportement du Rwanda devrait remettre en question sa crédibilité dans ses relations avec l’UE dont, jusque là, la réaction au rapport du groupe d’experts de l’ONU reste faible.

EurAc estime que tout dialogue ou toute nouvelle action militaire conjointe entre le Rwanda et la RDC resteront improductifs du moment qu’il n’y a pas de réelle volonté politique du Rwanda qui ne peut être obtenue que par un positionnement ferme de la part de la communauté internationale en général et de l’UE en particulier. 

Pour ces raisons, EurAc demande à l’Union Européenne et à ses Etats membres de :
1.      Prendre une position forte en dénonçant l’appui du Rwanda aux rebelles du M23 et sa protection au général Bosco Ntaganda ;

2.      Exiger du gouvernement  rwandais de mettre fin immédiatement et sans condition à cet appui au M23 et à d’autres groupes armés à l’Est de la RDC ;

3.      Revoir sa stratégie sécuritaire sur l’Est de la RDC dans laquelle le Rwanda ne devrait plus être considéré comme un acteur pacifique voulant promouvoir la paix à l’Est de la RDC et user de la pression et des sanctions pour le contraindre au respect du droit international ;

4.      Prendre des sanctions contre les officiels rwandais cités dans le rapport de l’ONU dont : le ministre de la Défense, le général James Kabarebe ;  le chef d’état-major, le général Charles Kayonga ; et les généraux Jack Nziza, Emmanuel Ruvusha et Alexis Kagame ;

5.      Mettre en place des mécanismes afin de s’assurer que l’aide budgétaire et militaire octroyée au gouvernement rwandais ne soit pas utilisée pour le soutien aux groupes rebelles et à la déstabilisation de la région des Grands Lacs ;

6.      Soutenir efficacement la RDC dans la restauration de l’autorité de l’Etat à travers tout son territoire et en particulier à l’Est du pays, notamment dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité (armée, police, justice) ;

7.      S’opposer à la candidature du Rwanda pour un siège non permanent au Conseil de sécurité, siège qui risquerait d’accroitre son influence qui jusque là n’a pas été positive dans les efforts de pacification de l’Est de la RDC.

 

Pour plus d’informations contacter :

Donatella Rostagno

Secrétaire Exécutif a.i. d’EurAc

Tél :  +32 2 213 04 00

e-mail : donatella.rostagno@eurac-network.org

www.eurac-network.org

 

Rwanda : RNC et FDU, un même agenda pour le changement

Nkiko Nsengimana des FDU et Joseph Ngarambe de RCN à Bruxelles le 31-07-2011

Nkiko Nsengimana des FDU et Joseph Ngarambe de RCN à Bruxelles le 31-07-2011

C’est une marée humaine qui a investi la rue Washington au cœur du quartier d’Elsène à Bruxelles. C’est là que s’est tenu le meeting des partis politiques RNC et FDU ce 31/07/2011. L’affluence a été telle que des chaises ont dû être ajoutées dans les allées centrales et latérales ainsi que dans des coins et des recoins de la salle et même dans la mezzanine.

Le parterre des organisateurs sur le podium était lui aussi impressionnant. On pouvait y apercevoir entre autres : Dr Nkiko Nsengimana, Joseph Bukeye, Sixbert Musangamfura, Dr Emmanuel Mwiseneza et Charles Ndereyehe des FDU ; Jonathan Musonera, Joseph Ngarambe et Kazungu; Paul Rusesabagina de RNC. Dans la salle, Karagwa Gérard de PDP-Imanzi, JMV Ndagijima du volet « justice internationale » et Jean Baptiste Ryumugabe de PS-Imberakuru ont été présentés à l’assistance. La technologie moderne a permis également les interventions de Sylvain Sibomana et d’Alice Muhirwa du Comité exécutif provisoire des FDU à Kigali ; le général Kayumba Nyamwasa de RNC à partir d’Afrique du Sud et de Gerald Gahima et Dr Théogène Rudasingwa à partir de Washington.

Ouverte à 14h00, la conférence avait Joseph Bukeye comme modérateur. Il a passé la parole à Théogène Rudasingwa pour introduire les débats. Parlant par le biais de SKYPE, il a entre autres insisté sur la coopération en construction entre son parti et les FDU-Inkingi et a invité les autres forces politiques à adhérer à la plate-forme de collaboration de ces deux partis.

Le président du Comité de coordination des FDU, Nkiko Nsengimana (Suisse), est revenu sur le contenu du rapport Mapping et a souligné que leurs mouvements s’attèlent à demander qu’il ne soit pas enterré consacrant ainsi l’impunité de Paul Kagame et de ses hommes. Il a été sceptique sur le développement économique tant vanté au Rwanda car les gens sont en train de mourir de faim. Il a fustigé le HCR qui veut céder aux demandes de Kigali de mettre en exécution la clause de cessation de la qualité de réfugiés pour les rwandais. Le pays est plus que jamais instable et l’insécurité des personnes et des biens règnent en maître. Dans ces conditions, il est inconcevable, a-t-il martelé, que l’on veuille priver les réfugiés de leurs droits.

Quant à Jonathan Musonera, il a rendu un hommage appuyé à Victoire Ingabire Umuhoza qui croupit dans les geôles rwandaises. Il l’a comparé à Ndabaga, cette héroïne de la mythologie rwandaise qui a été sur le champ de bataille pour terrasser les ennemis qui attaquaient le pays. Il a rappelé son discours à Gisozi au mémorial du génocide Tutsi qui plaidait pour la reconnaissance des massacres des Hutu. Musonera annoncé le calendrier des actions à venir : il est envisagé prochainement un sit-in à Genève pour protester contre le projet de cessation de la qualité de réfugiés pour les Rwandais ; une manifestation à Paris le 12/9/2011 à l’occasion de la visite du président Paul Kagame en France ; une manifestation en Australie car Kagame envisage y faire une visite ; une manifestation à Londres au siège du Commonwealth.

Revenant sur la question des réfugiés, Michel Niyibizi (Belgique) a détaillé les raisons qui montrent que le Rwanda n’est pas un pays sûr de façon que les réfugiés peuvent rentrer en toute sécurité : au Rwanda, le FPR a le monopole politique; la presse est muselée et les journalistes assassinés ; il y a des violations constantes des droits de l’Homme ; il n’y a pas d’indépendance de la justice. Il a rappelé que le Rwanda est l’un des rares pays au monde à avoir bombardé sa population réfugiée, soit à Kibeho en 1995, soit dans les camps de l’ex-Zaïre en 1996-1998. Il a informé le public qu’une lettre signée par 34 ONG et les deux formations politiques RNC et FDU a été envoyée au Haut Commissaire du HCR pour revoir la clause de cessation qui doit prendre effet le 31/12/2011. Niyibizi a en outre annoncé qu’un congrès des réfugiés rwandais se tiendra prochainement pour débattre des questions existentielles relatives à leur situation d’exilés.

De son exil en Afrique du Sud, le général Kayumba Nyamwasa s’est appesantie sur la sécurité des personnes au Rwanda et à l’étranger. Il a rappelé l’emprisonnement arbitraire de l’ex-président Pasteur Bizimungu pour le seul crime d’avoir voulu fonder un parti politique. Il a été de même de Maître Ntaganda, de Déo Mushayidi et de Victoire Ingabire qui croupissent en prison pour avoir voulu exercer leurs droits politiques. Pour lui, les rwandais de l’extérieur ont encore la liberté de parole. Ils doivent faire tout pour dénoncer les dérives du régime de Paul Kagame. La manifestation de Chicago a montré que cela est possible car les médias ont répercuté le message des manifestants et n’ont placé aucun mot de Paul Kagame. Le mot d’ordre lancé par Nyamwasa fut de lutter contre Paul Kagame et ses services de sécurité qui envoient des tueurs à gage à l’extérieur. Il faut les dénoncer, comme il est capital de dénoncer les diplomates rwandais qui leur servent de couverture. Embrayant sur l’actualité, Kayumba Nyamwasa a fait remarquer que la visite de président Museveni au Rwanda ne doit tromper personne. La normalisation des relations entre les deux hommes est un trompe-l’œil. Il a fait le parallèle avec Habyarimana que Museveni n’a pas hésité à laisser tomber, malgré les très nombreuses visites de par et d’autre.

Une vue du public dans la salle

Chargé de l’information au sein des FDU, Emmanuel Mwiseneza, a souligné l’importance de l’utilisation de nouvelles technologies de l’information en politique. Il a rappelé que les réseaux sociaux et les forums de discussions, ont montré leur efficacité pour la destitution des dictatures. Il a informé le public que le site web officiel des FDU est www.fdu-udf.org, que les autres sites avec le sigle FDU ne sont que des usurpations.

Paul Rusesabagina est intervenu pour parler de la réconciliation qui doit être recherchée par les formations politiques et les ONG de la société civile rwandaise et que cette réconciliation passe par la vérité.

La parole a été ensuite accordée à Jean Mari Ndagijimana (France) qui a informé le public qu’il a été mis sur pied un « Collectif des victimes de masse de la région des Grands-lacs ». Cela a été motivé par le fait que tout rwandais est rescapé. Il n’y a aucun rwandais qui n’ait perdu un membre de famille depuis que le FPR a attaqué le pays en octobre 1990 jusqu’à ce jour. Le Collectif va rassembler des témoignages de ceux qui ont perdu les leur pour saisir la justice. Le premier acte d’accusation devra concerner le président rwandais Paul Kagame pour les crimes commis au Rwanda et en RDC. Il devra être déposé devant la justice française avant la venue du président rwandais en France. JMV Ndagijimana demandé au général Kayumba Nyamwasa et au Dr Théogène Rudasingwa et à leur groupe d’accepter d’être cités comme témoins sur tout ce qu’ils savent de ces crimes. Il a félicité en outre Kayumba Nyamwasa d’avoir eu le courage de demander pardon à tous les rwandais pour les crimes qui seraient imputés au FPR qu’il a servi.

Le PDP-Imanzi de Déo Mushayidi, en prison au Rwanda, était représenté par Gérard Karangwa (Pays-Bas). Il a rendu hommage aux compagnons d’infortune du président du parti.

Gérard Karangwa a démontré qu’il existe au Rwanda une ségrégation qui fait des Hutu des citoyens de seconde zone. Comme exemple, il montré que dans l’enseignement supérieur, les bourses d’études ont été coupées. Mais les enfants tutsi eux bénéficient de ces bourses via le FARG (Fonds d’aide aux rescapés du génocide). Donc la mesure n’a frappé que les enfants hutu. Cela est également vrai pour les études à l’étranger. Ce sont presque exclusivement des enfants tutsi qui les reçoivent. Dans l’armée, c’est la même chose. La prépondérance des Tutsi est écrasante. Ainsi parmi les 163 officiers promus récemment, il n’y avait que 13 hutu. Tous les services de sécurité sont 100% gérés par les Tutsi. Gérard Karangwa, qui est un ancien militaire du FPR, a rappelé qu’il a fait la guerre mais qu’il s’est rendu compte que la guerre ne résout rien. Qu’il faut des solutions négociées.

Le parti PS Imberakuri a été représenté par Jean Baptiste Ryumugabe (Belgique). Il a rendu hommage à leur leader emprisonné. Il a lui aussi fait remarquer que la politique au Rwanda est dominée par le mensonge, comme par exemple avancer qu’il n’y pas d’ethnies mais en même temps dire qu’il ya eu génocide des Tutsi. Il a souhaité que les dissensions au sein du défunt Comité de Soutien car elles affaiblissent leurs partis politiques respectifs au Rwanda.

Le secrétaire général du Comité exécutif provisoire des FDU au Rwanda, Sylvain Sibomana, a pris la parole et a rappelé que le parti est au Rwanda depuis plus des 500 jours et que sa présidente, Victoire Ingabire, est en prison depuis bientôt 390 jours. Il a fait un tour d’horizon sur les actions d’implantation du parti dans tout le pays et a montré que leurs militants continuent de subir des tracasseries voire des emprisonnements par les forces de sécurité. La trésorière du parti, Alice Muhirwa, a transmis au public les salutations de Victoire Ingabire. Muhirwa la rencontre chaque jour car c’est elle qui lui apporte à manger en prison. Elle a informé l’assistance que Victoire Ingabire est en totale isolement dans sa cellule. Elle n’a pas droit de sortir pour assister à la messe dominicale ni prendre de l’air dans le préau de la prison comme les autres détenus. A cela s’ajoute que les visites lui sont interdites depuis un certain temps. Muhirwa s’est inquiétée de la détérioration de la santé de Victoire Ingabire. Elle souffre notamment des dents. Pour consulter un médecin, les autorités de la prison ont exigé la permission du Commissaire général. Les collaborateurs de la présidente ont écrit une lettre et l’autorisation a été accordée. Mais les services de sécurité sont passés à côté pour aller dissuader le médecin qui devait consulter Victoire Ingabire. Celui-ci, pour éviter des ennuis à son cabinet et pour sa sécurité, s’est désisté. Un autre médecin est en train d’être cherché. Mais pourra-t-il lui, résister aux intimidations des services de sécurité, s’est interrogée Alice Muhirwa.

Les questions ont été nombreuses et variées mais la question lancinante a été celle des crimes reprochés au Général Kayumba Nyamwasa. Celui-ci est intervenu et a fait remarquer que depuis qu’il est en Afrique du Sud, aucun dossier ne lui a été soumis, aucun juge, aucun service ne l’a convoqué pour s’expliquer sur ces accusations. Il s’est dit prêt à répondre de ses actes devant la justice et pour ce faire, il a préparé son dossier mais sa stratégie de défense ne lui permet pas de l’exposer dans une conférence publique comme plus d’un le lui demandait. A ceux qui voudraient que Kayumba prenne l’initiative de se présenter lui-même devant la justice, il dit qu’il préfère répondre aux convocations éventuelles qui lui seraient adressées, ce qui n’est encore le cas depuis plus d’une année qu’il est en Afrique du Sud.

D’autres participants ont souhaité que RNC ait une présence au Rwanda à l’instar des FDU et de PS-Imberakuru. Ils se sont vu répondre que cela n’est pas encore à l’agenda du parti.

Le silence des partis politiques sur les pratiques quasi criminelles du régime comme par exemple la vaccination obligatoire des jeunes filles rwandais contre le cancer de l’utérus avec un vaccin contesté ou l’enregistrement audio dans lequel Dan Munyuza est dans des manœuvres de faire empoisonner Kayumba Nyamwasa, a été relevé par un participant. Joseph Ngarambe de RNC a rappelé que le vaccin contre le cancer du col utérin est contesté par des uns mais que scientifiquement, il n’y pas une étude scientifique sur laquelle on peut s’appuyer pour le dénoncer. Quand aux documents audio évoqués dans la question, il a rappelé qu’ils ont été miss en ligne par RNC.

La réunion a clos ses travaux à 19h30 mais le public voulait encore poser des questions. Il a été remarqué que durant cette conférence marathon de plus de 5h, le public est resté attentif, signe que les sujets traités rencontraient les attentes de l’assistance. La police, déployée en grand nombre, n’a pas eu à intervenir car tout s’est déroulé dans le calme.

EdA Press

 

 

Viol de femmes congolaises !: les militaires de Paul Kagame incriminés

sculpture baluba/sculpture du Mayumbe-musée du Congo

sculpture baluba/sculpture du Mayumbe-musée du Congo

Ce que je crois: Viol de femmes congolaises !

Par José Ntuba Odé Yikila, samedi 11 juin 2011
Depuis le début de la crise en RDC, plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme ont dénoncé, chiffres et preuves à l’appui, l’ampleur des viols et autres actes de violence commis sur les populations congolaises, essentiellement sur des femmes et des jeunes filles. 1.100, c’est le chiffre, officiellement connu aujourd’hui, des femmes et jeunes filles violées chaque jour dans ce pays que tout le monde considère comme une « République » et comme « Démocratique ». Des rapports, des reportages, des interviews, des témoignages, des documentaires ont été réalisés sur ce drame humain sans précédent. On parle de ces viols et autres actes barbares qui vont de la brutalité sexuelle à la mutilation des parties génitales féminines 

Les images qui attestent de ces actes innommables existent. Elles sont choquantes et insoutenables. On en parle l’espace d’un temps, puis, l’émotion suscitée sur le moment s’estompant, plus rien. Aucune suite, aucune arrestation, aucun procès pour les coupables. On attendra un autre rapport, un autre reportage, un, d’autres témoignages plus poignants encore.

Et le chiffre doublera ou triplera. Le monde entier l’accepte, mais ne supporte pas d’autres violences, condamnables bien sûr, mais de peu d’ampleur par rapport à ce qui sévit en RD Congo, et par l’Onu ou par l’Otan interposée, des interventions fusent. Nous en avons des exemples sous nos yeux : Tunisie, Egypte, Lubie, Côte-d’Ivoire, Syrie, Yémen … Rien de tel au Congo. Bizarre !

Or, s’il y a des viols et autres actes barbares, il y a non seulement des victimes, mais il y a forcément des coupables. Et c’est là que le bas blesse. On n’en désigne aucun, ou plutôt, une multitude, dans une mêlée, comme pour dire que tous participent à ces actes, y compris les congolais, et donc impossible d’incriminer tel ou tel. Drôle de façon de présenter les choses.

Chaque fois qu’une caméra passe dans le Kivu, on prend soin de nous parler de ces viols, mais, personne ne désigne véritablement le ou les responsables. Il y règne une sorte d’ « omerta » à laquelle même les victimes n’osent pas pointer du doigt leurs agresseurs.

Mais pendant ces tournages, on les voit dans les parages, fusils à l’épaule, ils rôdent, en tenue militaire. Et les victimes, déjà traumatisées, murmurent timidement « …les voilà, ils sont là-bas, en tenue militaire.. ».

Mais tenue de quelle armée? Ils vont même jusqu’à se servir dans les maisons de congolais, dans les poulaillers, dans les élevages. On dit « …ils viennent de là-bas », ils montrent d’où ils viennent. Sauf que personne n’ose dire clairement que « là-bas » où les doigts désignent, ce n’est pas le Congo !

Dans un décor de « flou artistique » volontairement implanté, on cite les Fardcs, les Maï-Maï, les « rebelles du CNDP, les FDLR, l’Armée du Seigneur » etc.…

Cette manière de présenter les choses, me semble-t-il, ajoute à la confusion et maintien captive la vérité. Il devient dès lors difficile de démêler le réel de l’arbitraire, le vrai du faux. Ainsi, l’impunité continue, le ou les responsables ne sont pas désignés. Personne n’est inquiété. Mais que se passe-t-il réellement sur le terrain ?

C’est cette question qui m’intéresse aujourd’hui et que je voudrais traiter et tenter, si faire se peut, de jeter un peu de lumière dans cette sombre affaire qui participe à la destruction de la « Force créatrice », pour reprendre une expression déjà entendue.

Des actes qui s’inscrivent dans une sorte de « plan diabolique » et dont les auteurs bénéficient d’une sorte de « blanc-seing » Depuis son accession à l’indépendance, jamais le Congo Zaïre, même dans les moments sombres de la dictature sous la deuxième république, n’a connu autant de violence. Et pourtant, ce n’est pas la première fois que le Congo se retrouve en guerre sur son territoire. Si l’on met de côté la guerre livrée par nos aînés pour conquérir notre indépendance, l’histoire du Congo, la vraie, nous montre que, de la sécession Katangaise, consécutive à la victoire du MNC de Patrice Emery LUMUMBA, menée par Moïse TSHOMBE, aux deux guerres du Shaba, jamais les militaires congolais ou Zaïrois, ne s’étaient livrés à des actes des viols d’une telle ampleur.

Et même quand on fouille plus avant, Il n’existe pas des traces qui démontrent que cette culture soit nôtre. La femme, au Congo, est appelée « maman ». Ce terme, dans la conscience de l’homme congolais, montre toute l’étendue du respect et de considération qu’il porte à la femme congolaise.

Il est tout de même troublant, que d’un seul coup, cet homme congolais, militaire soit-il, devienne bestial, barbare, meurtrier, au point de maltraiter la femme congolaise jusqu’à détruire ses capacités à procréer. Ca pose problème ! Car, bien que l’armée zaïroise se soit comportée en bourreau vis-à-vis du peuple sous la deuxième république, rarement on a entendu ni vu des actes de barbarie d’une telle ampleur sur le territoire national.

En 32 ans du pouvoir absolu de Mobutu, le pays était à peu près calme, il y régnait, malgré les conditions sociales difficiles et la peur qu’inspiraient les services de Mobutu, un calme et une communauté de vie qui, en aucune manière, ne pouvait laisser de place à une telle barbarie. On n’en a pas vu.

La confusion volontairement entretenue va jusqu’à, non seulement incriminer les Fardcs –De quelles Fardcs nous parle-t-on déjà?- mais aussi et surtout les Maï-Maï, assimilés à tort aux « Forces négatives ». C’est incompréhensible. Les « Fazs » ont bon être l’ennemi du peuple zaïrois, rien, alors rien ne démontre qu’elles aient eu un comportement de « violeurs ». Et quand on connaît l’histoire des Maï-Maï, on voit très bien qu’il y a une vraie volonté de nuire à la réputation de ces vaillants patriotes et de faire admettre que ces actes ne viennent pas d’ailleurs.

Non, les Maï-Maï ne sont ni des « miliciens », ni des « rebelles » au sens donné à tous ces groupuscules fabriqués de toutes pièces pour nuire à la RDC, ni des violeurs.

Pour ceux qui se donnent du mal à travestir l’histoire de la RDC, et qui se sont découvert une vraie passion dans ce domaine, ils sont loin du compte en pensant parvenir à rayer d’un seul trait l’histoire et le parcours de ces patriotes résistants que sont les Maï-Maï. N’eut été leur présence, il y a longtemps déjà que les visées expansionnistes de nos cupides et envieux voisins de l’est se seraient réalisées. Les Maï-Maï ne sont pas nés, comme tous ces autres groupes de malfaiteurs que je parlerai plus loin, dans la nuit du 29 octobre 1999 dans le Nord Kivu.

Les Maï-Maï ont existé avant cette date, et tout au long de son règne, Mobutu-qui se souviendra d’eux longtemps encore là où il est-, sait qu’ils l’ont combattu. Ceux qui parlent d’eux aujourd’hui en termes de « forces négatives », connaissent leur combat. C’est une réalité historique.

Ce n’est donc pas sérieux de parler d’eux en ces termes. L’objectif de l’existence même des Maï-Maï est connu, et jamais, ces vrais fils et filles du pays, ne se sont livré à des actes anti-patriotiques ni ne se sont retourné contre notre peuple. Ils sont nés, dans leur grande majorité, dans le Kivu et connaissent mieux que quiconque l’histoire de cette région qu’ils défendent depuis belle lurette. Comment et pourquoi deviendraient-ils, subitement, des violeurs de leurs propres mères, pères, filles, cousines, tantes, nièces ? Non, les Maï-Maï ne peuvent pas être assimilés aux assassins de notre peuple.

Ils ne sont pas responsables de ces viols, de cette brutalité, de cette violence. Et cette manière de faire ne se retrouve d’ailleurs pas dans nos mœurs. Le congolais a un grand respect pour la femme. N’en déplaise à certains. Ces viols doivent donc venir d’ailleurs et obéissent à une certaine volonté de nuire. Pour comprendre ce phénomène barbare, il faut retracer la trame des événements survenus dans la région depuis un certain nombre d’années. Car, le désordre qui s’observe dans la région des grands lacs et spécialement dans le Kivu congolais, n’a pas existé avant le 17 juillet 1994. Nonobstant quelques intrusions (pas très méchantes) des éleveurs rwandais en mal de pâturage (les « anyamulenges, terme qui jusque-là désignait les éleveurs de montagne et non une tribu congolaise) qui donnaient des tournis aux gendarmes zaïrois en charge de la garde des frontières à l’époque, il régnait un calme de morts.

La région était connue pour ses parcs, ses Lacs, son activité économique florissante, son paysage paradisiaque. Elle était surnommée « la suisse d’Afrique » !

Le tourisme était une activité rentable et rapportait beaucoup à l’économie de la région. Les viols et autres actes de barbarie n’existaient pas. Nos voisins rwandais, tutsis comme hutus, y vivaient dans le calme et n’avaient connu aucune brutalité de la part de zaïrois en général et de Maï-Maï en particulier. Pourtant, quelques tensions liées aux péripéties propres à la co-existence, comme on en trouve partout dans le monde, existaient.

Mais rien de grave. En aucun moment le gouvernement rwandais à l’époque ne s’était plaint d’éventuels viols de Maï-Maï ou des militaires congolais sur sa population immigrée gentiment accueillie sur le territoire zaïrois. Tout se passait bien. Puis, un jour, Juvénal HABYARIMANA, le président du Rwanda, est tué dans un attentat.

Le FPR, mouvement rebelle venu de l’Ouganda, essentiellement composé des tutsis, arrive au pouvoir, avec l’APR, sa branche armée. Et tout l’équilibre dans la région se trouva bousculée. Très vite, les hommes de KAGAME franchir les frontières du Zaïre, aux motifs qu’ils « pourchassaient leurs frères hutus responsables du génocide ».

Ils se livrèrent à des massacres à grande échelle sur le territoire congolais.

Des camps de réfugiés y furent même bombardés sur ordre de KAGAME. Il le clama sur la tribune de l’Onu à New York quelques mois auparavant « …Les camps de réfugiés installés au zaïre menacent la sécurité du Rwanda, disait-il sur la tribune de l’Onu à New York. Ils doivent être démantelés. Si rien n’est fait, il faut bien qu’un jour quelqu’un le fasse… ».

Et il passa aux actes. Au vu et au su de tous. La suite nous la connaissons, ses hommes se livrèrent à des massacres d’une ampleur et d’une violence telles, que les experts de l’Onu, dans leur rapport mapping rendu public en octobre 2010, parlent des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et de génocide sur le peuple congolais. Cette présence militaire rwandaise sur le territoire congolais fut longtemps cachée.

Des subterfuges de toutes sortes furent utilisés pour faire diversion. C’est ainsi que naquirent des mouvements terroristes qualifiés de « rébellion », avec pour objectif premier de chasser Mobutu du pouvoir, puis Laurent Désiré KABILA, cet ancien allié devenu encombrant, en vue de prendre le contrôle de la RDC. Ces mouvements terroristes se multiplieront et investiront l’est de la RDC.

Et les massacres et les violences commencèrent, puis, s’accentuèrent. Il n’y a jamais eu de rébellion au Congo. Pourtant on parle de « rébellion ». Pourquoi ?

Outre l’AFDL, ce conglomérat de bandits venus d’ailleurs et présenté à l’époque comme une force de « libération », le premier de ce groupe terroriste mis en place et qualifié de « rébellion congolaise », n’est autre que le RCD/GOMA.

A l’époque où il est mis en place, une marionnette congolaise fut portée à sa tête pour faire diversion. Les tutsis du RCD/GOMA sont tellement visibles par leur morphologie et leur dialecte que, la supercherie risquait de ne pas passer inaperçue.

Adolphe ONUSUMBA fut donc le « tintin » congolais qui fut porté au devant de la scène pour couvrir la présence des terroristes rwandais membres de ce groupe. Comme à leur habitude, ils lui font dire à la face du monde ce qu’eux pensent tout bas, lui font faire ce qu’eux voudraient que soit fait.

Il fut débarqué lors des premières manœuvres d’infiltration des institutions congolaises mises en place en Afrique du Sud, sous le code « dialogue Inter congolais » qui, par la suite, donnera naissance au cadre juridico-politique qui permit les premières infiltrations, qualifiées d’ « Accords de Sun City et de Pretoria ».

Azarias RUBERWA prit sa place, et avec stratégie, il fut porté à la vice-présidence de la République pour seconder son frère tutsi, un autre infiltré, « Joseph KABILA », de son vrai nom Hyppolite KANAMBE, dans la formule 1+4.

Tout le monde s’en souvient. Ce RCD-GOMA fut le premier mouvement terroriste d’émanation rwandaise à accomplir des actes de violence sur les congolais et les congolaises.

Puis, de Kigali, KAGAME Paul, qui est le concepteur et le stratège de tout ceci, parviendra à faire admettre et à enraciner ce mouvement terroriste dans le paysage politique congolais. Il est devenu un parti politique à part entière dans le paysage politique congolais. Incroyable !

Ruberwa AZARIAS y est tapis, il est presque oublié. Il est considéré comme un congolais et jouit d’une certaine « respectabilité » à certains endroits. Dans le milieu des « églisettes de sommeil » qui perlent le paysage spirituel congolais, il est même considéré comme un « prophète ». Bien avant son arrestation, Jean-Pierre BEMBA GOMBO, président du MLC, s’est même permis d’assister à un culte, avec sa femme –les images existent-, où Ruberwa AZARIAS officiait comme prophète ! Ce boulot d’infiltration du RCD/GOMA une fois accompli, il fallait au Rwanda un autre mouvement terroriste pour continuer à maintenir le désordre à l’est.

Laurent NKUNDA-A-BATWARE fut créé avec le CNDP comme cadre terroriste qui lui servira de fer de lance pour ses actions.

A celui-ci, on affublera le titre de « Général dissident » de l’armée congolaise. Le voici donc congolais par un tour de passe-passe. L’homme est en réalité un rwandais pur jus ! C’est lui qui va faire encore plus mal aux congolais.

Sous son commandement, les viols, les massacres (des congolais enterrés vivants, d’autres jetés vifs dans des fosses sceptiques, d’autres encore brûlés vifs…) prirent de l’ampleur. Le dépeuplement des villes et villages congolais et les colonies de peuplement se mirent en place avec une rapidité incroyable.

Tout se passe sous l’œil amusé de l’Onu, alias MONUC, devenu par la suite MONUSCO.

Laurent NKUNDA-A-BATWARE, l’homme qui fera danser le soi-disant médiateur OBASANDJO sur le territoire où ces massacres sont commis, a tellement massacré [plus de cinq millions], que son action deviendra trop visible et donc gênante.

Pour le faire oublier, il fut mis en « réserve » par KAGAME Paul, le commandant suprême. Et Bosco NTANGANDA prit sa place, avec un autre mouvement terroriste. C’est lui qui continue l’affaire. Et Jules MUTEBUSI lui apporte en douce l’appui nécessaire dont il a besoin. Le CNDP est à son tour enraciné dans le paysage politique congolais.

Il est devenu un parti politique ! Une alliance est même envisagée avec le PPRD, parti « présidentiel ». Ce que je dis ici s’observe à l’œil nu. Sauf si on ne veut pas le voir. C’est tout simplement pour ne pas faire apparaître clairement l’action du FPR-APR, donc l’action que mènent les militaires Rwandais au Congo, que les Fardcs et les Maï-Maï sont associés à cette barbarie. Et les congolais ignorants consentent ! Mais rappelez-vous d’où nous venons et qui sommes-nous ! Où avez-vous vu, depuis que vous êtes nés et grandis au Congo, un congolais zaïrois prendre une machette pour tuer d’autres congolais ?

Où avez-vous vu des militaires congolais se livrer aux viols de nos mères, nos grands-mères, nos tantes, nos sœurs, nos cousines ? Même au plus fort de la dictature Mobutiste, on n’a jamais vu des choses pareilles. Comment voulez-vous que des patriotes Maï-Maï se livrent à pareils actes aujourd’hui ?

Rappelez-vous que par la force des armes, des gens se sont proclamés de la nationalité congolaise et ont été déversés dans ce qu’ils appellent aujourd’hui « les FARDCS » lors du mixage et de brassage, et sont considérés comme des militaires congolais.

Mais dans quel pays au monde avez-vous vu des gens prendre des armes pour acquérir une nationalité ? Tout ceci devrait vous mettre la puce à l’oreille. Ne l’avez-vous pas observé peut-être, ces militaires rwandais dits « congolais rwandophones » n’obéissent qu’à leurs chefs (Laurent NKUNDA, Bosco NTANGANDA, Jules MUTEBUSI, James KABAREBE etc.…) et n’acceptent jamais une affectation sur une autre zone géographique du Congo. Ils restent tous à l’endroit où ils ont été « mixés » ou « brassés », c’est-à-dire au Kivu ! Les journalistes étrangers, les organismes internationaux de défense des droits de l’Homme, les observateurs indépendants, les contingents de casques bleu de la Monusco, tous savent ce qui se passe au Kivu en particulier et au Congo en général.

Ils savent qui viole et qui tue les congolais. Ces viols et tous ces actes de violence ne sont pas l’œuvre de congolais. Je l’ai dit au début.

Ces viols, ces massacres, ce dépeuplement, ces colonies de peuplement qui se mettent en place sous le code « retour des réfugiés », (comme si les congolais se réfugient au Rwanda quand il y a un petit souci au Congo), ne sont pas un effet du hasard. Ils obéissent à une volonté clairement affichée et longtemps clamée. Il suffit de fouiller un peu, de chercher à comprendre et on saura. Tenez : quand il accepte la mission qui lui est confiée par les anglo-saxons (USA et Grande-Bretagne) d’occuper le Congo et d’assiéger le Kivu, entre autres exigences, KAGAME Paul avait demandé à ses mentors « qu’une partie de son armée soit déversée dans l’armée congolaise ». Histoire de la casser et de la fragiliser de l’intérieur.

Ainsi, des jeunes désoeuvrés rwandais et d’autres frères tutsis du Burundi, de l’Ouganda et de la Tanzanie, recrutés de gré ou de force et formés dans des camps basés au Rwanda et en Ouganda, se retrouvent dans ce qu’on appelle aujourd’hui les « Fardcs ». Des corps étrangers habillés en tenue de ce qu’on veut montrer au monde aujourd’hui comme étant l’armée congolaise. Certains d’entre eux ne parlent même pas français.

Juste l’anglais et le Kinyarwanda. Ne venez pas leur parler le lingala ou autres langues vernaculaires du Congo. Voilà pourquoi ils ne peuvent d’ailleurs pas être affectés ailleurs. Ils seront perdus et repérés tout de suite. En réalité, le Congo, aussi paradoxale que cela puisse paraître, n’a pas d’armée. La formation de l’armée congolaise était l’un de cinq préalables des accords dits de « Sun City ».

Ces accords qui devraient être mis en application avant l’organisation des élections en RD Congo, n’ont jamais été respectés. Les tripatouilleurs ont lancé le Congo dans le processus électoral en 2006 alors que le pays est en pleine occupation et subit des incursions à volonté des armées régulières du Rwanda et de l’Ouganda. De ces incursions, le Congo, sans armée, ne peut rien faire. Ni défendre son territoire ni défendre sa population ni défendre ses innombrables et variées ressources naturelles. Ne le savez-vous pas ? Voilà un soi-disant président de la République « élu » et qui arrive au pouvoir dans un pays passoire aux frontières poreuses dans lequel les voisins viennent tuer, violer, piller et s’installer à volonté, et qui, en lieu et place de se soucier de garantir l’intégrité, l’indépendance et la souveraineté de son pays, en mettant en place une forte armée qui soit dissuasive, le voilà qui commence par établir une liste de 900 officiers et sous-officiers des ex-fazs à mettre à la retraite !

Faut-il un dessin pour comprendre ? A défaut de les mettre en retraite, puisque la manœuvre a été dénoncée en temps réel, il les tue tout simplement. Par empoisonnement et par balles.

Cette entreprise ne date pas d’aujourd’hui.

C’était déjà sa mission lorsqu’il fut Chef d’Etat major de l’Armée de terre. Lui et ses frères rwandais savent que si le Congo se dote d’une vraie armée, le pays sera du jour au lendemain pacifié et le Rwanda aura de gros soucis à se faire.

Il n’est pas difficile que vous vous autorisiez, à la lumière d’un examen approfondi de la situation, avec des questions que nous soulevons, un autre regard et une relecture des informations et de la présentation des choses qu’on vous sert.

Ces viols et ces crimes de guerre, ce crime contre l’humanité, ce génocide contre les congolais, tous ces actes, ne peuvent être que l’œuvre des barbares qui, depuis leur arrivée au pouvoir le 17 juillet 1994, font hoqueter le Congo.

Cette situation bénéficie d’une cécité collective suscitée grâce à d’efficaces relais et mécanismes mis en place depuis l’invasion du territoire congolais. Les puissants médias du monde étant associés à la défense de la cause tutsie, toute l’information sur le Congo est biaisée, manipulée, dénaturée, falsifiée.

Un jour, lorsque les congolais auront libéré leur patrie, et que l’histoire aura déchiré le voile des manipulations, elle rangera ces barbares dans la catégorie des monstres sanguinaires. Et là, ils seront clairement identifiés.

José Ntuba Odé Yikila
Le Post

 

 

 

 

 

 

 

Le leader de l'opposition ougandaise Dr Kizze Besigye à l'hôpital de Naïrobi - Kenya, le 29/04/2011/photo AP

Afrique des Grands-Lacs : des révolutions démocratiques pointent-elles à l’horizon ?

 Le leader de l'opposition ougandaise Dr Kizza Besigye à l'hôpital de Naïrobi - Kenya, le 29/04/2011 - photo AP

Le leader de l'opposition ougandaise Dr Kiizza Besigye à l'hôpital de Naïrobi - Kenya, le 29/04/2011 - photo AP

Va-t-on assister au phénomène de « Printemps arabe » dans la région des Grands Lacs?

Dans les pays arabes, les dictateurs sont en train de déguerpir sur pression de la rue. Des manifestations monstres ont forcé déjà les présidents tunisiens et égyptiens à quitter le pouvoir. Ces révolutions démocratiques se poursuivent en Syrie, au Yémen et en Libye.

En Afrique noire, et particulièrement en Afrique des Grands Lacs, le mouvement qui vient de commencer en Ouganda va-t-il venir à bout du président Museveni au pouvoir depuis 25 ans et qui vient de se faire élire pour un nouveau mandat de 5 ans ?

Le leader de l’opposition ougandaise, Dr Kiiza Besigye, a contesté ces élections et ses partisans sont descendus dans la rue. La manifestation a été réprimée sévèrement par la police. Ces manifestations ont eu lieu à Kampala mais également dans différentes autres villes de l’Ouganda comme Mbarara. Dr Kiiza Besigye, blessé, a été finalement autorisé à sortir du pays. Il a été admis dans un hôpital de Naïrobi au Kenya. Ce vent de fronde est loin de se calmer.

En RDC, les élections présidentielles sont prévues en novembre de cette année. Mais déjà, des manifestations dans différentes capitales européennes scandent « Kabila dégage ». A l’intérieur, Etienne Tshisekedi, un challenger de taille face à Joseph Kabila, cherche des alliances avec d’autres partis politiques de l’opposition dont celui de Vital Kamerhe. Celui-ci a été évincé de la fonction de président de la chambre basse de l’assemblée nationale pour avoir protesté contre la décision de la présidence de laisser les troupes rwandaises intervenir sur le territoire congolais sans consulter les parlementaires, représentants du peuple.

Les élections congolaises s’annoncent houleuses. L’opposition reproche à Joseph Kabila d’avoir procédé au changement précipité de la Constitution pour mettre les chances de son côté. Il est également dit  que certains préalables ne sont pas remplis pour des élections transparentes. Selon une certaine opposition, il aurait fallu d’abord procéder à un recensement national pour savoir quelle majorité se prononcera pour donner la vraie légitimité à celui qui serait élu. De même, il n’ ya pas de cartes d’identité indispensables pour confirmer l’état civil de toute personne ayant le droit de vote. Même si Joseph Kabila est élu, l’après-élection reste incertaine.

Au Rwanda, Paul Kagame a pris le pouvoir par les armes en  juillet 1994. Il vient d’être élu, sans opposition véritable à un second mandat de 7 ans. Après son élection, tous les opposants politiques ont été jetés en prison. Victoire Ingabire, présidente du parti FDU-Inkingi, Déo Mushayidi du parti PDP et Bernard Ntaganda du parti PS Imberakuri croupissent tous derrière les barreaux. Durant son précédent mandat, Paul Kagame a mis en prison son challenger Dr Théoneste Niyitegeka, condamné à plus de 15 ans. Pour avoir voulu fonder un parti politique, Pasteur Bizimungu, ex-président rwandais, a été mis en prison avec Charles Ntakirutinka qui reste en taule. Les tentatives de manifester contre le pouvoir pour l’inscription du parti FDU-Inkingi ont été réprimées violemment par la police. Mais déjà, sur les réseaux sociaux comme Facebook, des messages de « Kagame dégage » sont régulièrement échangés et aboutiront un jour à une concrétisation. Cela est d’autant plus probable que des remous s’observent dans la jeunesse universitaire.

Au Burundi, le président Nkurunziza a été réélu récemment. Il était seul candidat, l’opposition ayant décidé de boycotter les élections. Les anciens rebelles ont regagné le maquis avec leurs chefs. Actuellement, une sorte de guerre civile a commencé. Des assassinats mis tantôt sur le dos des rebelles d’Agathon Rwasa, tantôt sur le dos de l’armée burundaise, sont régulières. Pourtant le Burundi avait fait un pas de géant après des négociations inter-burundaises qui avaient permis de trouver une sorte de démocratie consensuelle. Cet équilibre, qui avait été difficilement mis en place, est aujourd’hui rompu et il faut donc s’attendre au pire. Une nouvelle révolution démocratique ne va pas tarder, initiée malheureusement par des mouvements rebelles en lieu et place du compromis qui avait déjà fait ses preuves.

EdA Press

Le TPIR tire à sa fin. Son bilan est mitigé

Complexe abritant le siège du TPIR à Arusha-Tanzanie

Il est prévu que le Tribunal Pénal International pour le Rwanda achève les procès à la fin de cette année en première instance et en 2013 pour les procès en appel.

Son bilan est mitigé. Ce tribunal devait relever un défi : lutter contre l’impunité dans le cadre des crimes de guerre et de génocide commis au Rwanda. C’est d’ailleurs ce qui est stipulé dans ses textes fondateurs. Sa mission était de juger les responsables des crimes contre les violations des droits de l’Homme commis au Rwanda entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994.

Alors que les deux parties en conflit étaient concernées, le TPIR n’a inculpé que des personnes venant du camp vaincu, assurant l’impunité aux vainqueurs.

Pourtant, depuis sa fondation en 1994, le TPIR a mis sur pied une section des « enquêtes spéciales » dont la mission était d’enquêter sur les crimes commis par les hommes du Front Patriotique Rwandais. De nombreux témoignages ont été recueillis et des preuves matérielles ont été rassemblées. Ils sont sous scellé. Pourquoi ne sont-ils pas exploités ? Pourquoi les inculpations des criminels du FPR n’ont jamais été concrétisées ? La réponse est donnée par Florence Hartmann, porte-parole de la Procureure Carla Del Ponte. Dans son livre Paix et Châtiment paru en 2007, elle explique « comment, sur pression des Etats-Unis, les enquêtes spéciales visant les suspects de l’Armée patriotique rwandaise (APR) ont été enterrées, entachant à jamais le bilan du TPIR » [Agence Hirondelle : 7/9/2007].

Sur ce même registre, ce tribunal a fait obstruction à ce que l’attentat contre l’avion du président Habyarimana, qui est le déclencheur du génocide rwandais, soit diligenté. Le premier Procureur du TPIR, le sud-africain Richard Goldstone (1994-1996) y était acquis. Il va partir en laissant le chantier aux enquêteurs. Parmi ceux-ci, l’avocat australien Michael Hourigan. Celui-ci avait eu des témoignages comme quoi le FPR était l’auteur de cet acte terroriste et d’autres massacres de la population civile, à grande échelle. Mais le successeur de Richard Goldstone, la canadienne Louise Arbour, écarta le rapport d’un revers de la main, prétextant que cela ne rentrait pas dans le mandat du Tribunal. Le rapport Hourigan fut mis sous embargo. Louise Arbor sera remplacée par la suissesse Carla Del Ponte qui s’est faite taper sur les doigts quand elle a voulu rouvrir le dossier. En août 2003, elle fut vite dessaisie du dossier Rwanda par le Conseil de sécurité de l’ONU, pour ne s’occuper que de l’ex-Yougoslavie.

Carla Del Ponte sera remplacée par le gambien Hassan Bubacar Jallow. Pierre Richard Prosper, procureur américain au TPIR jusqu’en 1998 et qui deviendra, en 2001, ambassadeur américain pour les crimes de guerre, a rassuré le président Kagame de son impunité. Cette promesse a été concrétisée par Hassan Bubacar Jallow. Il « a entériné la promesse des Etats-Unis aux autorités rwandaises sur l’abandon des poursuites contre les militaires tutsis par le TPIR. » [Agence Hirondelle : 7/9/2007].

EdA Press