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Rwanda : un décret présidentiel consacre l’octroi d’un salaire de misère aux enseignants

photo www.bnep.org

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Depuis la prise du pouvoir par les rebelles du Front patriotique Rwandais (FPR) en provenance de l’Ouganda, l’enseignement a été l’un des secteurs de la vie nationale qui a subi le plus de chambardements par des réformes intempestives.

La plus catastrophique de ces « réformes » fut l’imposition brusque de l’anglais comme langue d’enseignement. Dans un pays jusque là francophone, dont les enseignants ne parlent pas anglais, on ne s’y prendrait pas mieux pour faire reculer le niveau d’enseignement en quelques mois. Les conséquences de cette mesure brutale, absurde et injuste se font sentir sur tous les plans.

Le régime a en outre introduit ce qu’il appelle « le contrat de performance ». Dans le domaine de l’enseignement, l’évaluation des objectifs se base sur le taux de réussite réalisé par un enseignant. Pour mettre toutes les chances de son côté, il n’hésite pas à pousser les élèves à tricher lors des examens pour pouvoir atteindre le taux de réussite auquel il s’est engagé dans le contrat signé avec le district. La fraude est ainsi tolérée dans les examens. Il est évident que la qualité de l’enseignement en subit un coup car les enseignants privilégient le gonflement des chiffres de réussite à exhiber et donc évitent ainsi leur renvoi.

A côté de cela, le régime du FPR a installé un enseignement à deux vitesses. Alors que les enfants des pauvres se contentent des enseignants « analphabètes »car ne pouvant pas dispenser leurs leçons en anglais comme cela a été décrété, ils passent des journées à languir, muets comme des carpes, devant des enfants tout autant désabusés.

Dans l’entre-temps, les enfants des dignitaires, eux, fréquentent des écoles privées, bien équipés avec des enseignants bien formés, en français comme en anglais. Cette politique machiavélique du FPR fait qu’au Rwanda, il y a d’un côté des citoyens mal formés et donc incompétents, complexés et pauvres et d’un autre côté des élites, des descendants de ceux qui ont conquis le pays en 1994, bien formés dans les meilleures universités du monde et qui sont ou seront donc riches, compétents et naturellement des leaders bien désignés. Ces manœuvres mises en place par les stratèges du FPR pour une baisse drastique du niveau d’enseignement au Rwanda vise donc la monopolisation du pouvoir. C’est une politique délibérée qui est en train de créer une caste qui sera « naturellement » appelée à garder, sans partage et pour des siècles, le pouvoir politique et économique du pays.

Le pouvoir du FPR vient d’empirer la situation. Alors que les salaires des dignitaires du régime sont régulièrement augmentés jusqu’à atteindre des proportions scandaleuses dans un pays sous-développé dont 40% de son budget ordinaire provient des aides étrangères, l’enseignant, lui, reçoit un salaire de misère. A l’école primaire, ce salaire oscille autour de 40 € par mois, une somme dérisoire car elle n’équivaut même pas le prix d’un loyer d’une petite bicoque dans les milieux urbains.

Au lieu de remédier à cette situation, un arrêté présidentiel datant du 18 juin 2014, vient d’en rajouter une couche. Il  accorde à ces dirigeants un salaire de base qui se situe entre trois millions(3.000.000) et six millions de francs rwandais (6.000.000 frw) par mois plus des frais de logement de cinq cents mille francs rwandais (500.000), des centaines de milliers de frais de communication, de déplacement, etc. Un ministre reçoit, dès son entrée en fonction, la coquette somme de cinq millions de francs rwandais pour l’achat des équipements de son domicile ! L’arrêté prévoit en outre une augmentation de 10% du salaire de chaque dirigeant tous les trois ans. Par contre, le salaire de l’enseignant reste à la traîne. Un enseignant A2 a un salaire net de 44.032 francs rwandais, comprenant 3.327 frw de frais de transport et 5.324 frw de frais de logement. Dans cette catégorie de ceux qui ont le diplôme A2, les écarts salariaux sont énormes et injustifiés pour des gens qui sont tous sous le même statut de la Fonction publique. Ainsi un secrétaire exécutif de Cellule A2 a 120.000 frw par mois, un agent de la Santé A2 reçoit un salaire net de 156.815 frw par mois, un agent de la Justice A2 a 232.000 frw par mois, etc.

Ces inégalités sont encore plus criantes quant on se penche sur les différentes rubriques composant le salaire de l’enseignant : dans les 44.032 frw que reçoit un enseignant A2, il y a  une indemnité de logement de 5.324 frw et une indemnité de transport de 3.327 frw. Or actuellement au Rwanda, avec 5.324 frw, il est quasi impossible de trouver un logement décent avec eau et électricité. La prime de logement accordée à un ministre est 100 fois supérieure à celle que reçoit un enseignant.

Il en est de même pour l’indemnité de transport de l’enseignant qui s’élève de 3.327 frw par mois, ce qui équivaut à 119 frw par jour, soit 59,5 frw pour l’aller et 59,5 frw pour le retour. Or la législation en la matière a fixé le coût du parcours de base à 200 frw.

Les salaires de certains hauts dignitaires de l’Etat plus des indemnités diverses, ont des salaires oscillant autour de 12.000.000 frw, soit près de 300 fois le salaire de l’enseignant.

Le traitement réservé à l’enseignant ne peut que le démotiver et c’est la jeunesse rwandaise qui en subit les conséquences. Le FPR continue donc sur sa lancée de maintenir les enfants des couches pauvres de la population dans l’ignorance la plus abjecte et de les écarter ainsi de la gestion future de leur pays.

Ghislain Mikeno
21/08/2014

Rwanda : développement humain en recul

amazi_pintern-ff7e2-15-5-2014S’il y a des domaines dans lesquels le Rwanda a réussi, c’est celui de la propagande. Il paye des sommes colossales aux agences de communication pour soigner son image et faire de la publicité outrancière à ses actions qui sont pourtant souvent sans aucune valeur ajouté pour la population.

Alors que l'on parle de l'introduction des  ordinateurs dans l'enseignement, dans certaines écoles primaires, les élèves n'ont même pas des ardoises. Leurs parents taillent des morceaux bois sur lesquels les enfants écrivent avec du kaolin.

Alors que l’on parle de l’introduction des ordinateurs dans l’enseignement, dans certaines écoles primaires, les élèves n’ont même pas des ardoises. Leurs parents taillent des morceaux bois sur lesquels les enfants écrivent avec du kaolin.

Un exemple pris parmi tant d’autres est celui du développement économique. Dans la presse, le taux de croissance imbaho_z_ibiti-2c9a7-46ca2_gakenkeaffichée pour 2014 est 7% ou même 8% ! D’où peut-elle surgir ? Le Rwanda n’a ni ressources minières, ni industrie de transformation. Les exportations sont faites à une petite échelle.

Il est légitime de se demander quels paramètres sont pris en compte pour dire que le Rwanda a fait des progrès énormes depuis l’installation du régime du Front patriotique Rwandais il y a 20 ans. Des slogans qui cachent mal les échecs dans bon nombre de domaines fusent : la Vision 2020, le programme de « A Laptop per Child » (un ordinateur portable par enfant), les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), etc.

La réalité est que la population rwandaise, dans sa grande majorité, vit dans une misère noire. Seule une clique qui gravite autour du pouvoir baigne dans l’opulence. le Rwanda est ainsi l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Le système de santé est d’une défaillance telle que  les statistiques sur la mortalité infantile sont dans le rouge, etc.

Pour illustrer notre propos, prenons deux exemples : celui de l’habitat et de la fourniture en eau potable.

Il a suffi d’éplucher et de lire entre les lignes la presse rwandaise proche du régime (car c’est elle à qui les services de sécurité permettent de se rendre sur le terrain) pour se rendre compte que le développement dont on vante tant n’est qu’un trompe l’œil.

Preuve par l’image dans l’habitat

Un des immeubles du master plan de Kigali

Un des immeubles du master plan de Kigali

L’habitat du citoyen rwandais moyen est une hutte ou même moins que ça. Pour que le Rwanda se projette en « Singapour

Après la destruction de sa maison, elle s'est construite une maison de fortune dans des sheetings

Après la destruction de sa maison, elle s’est construite une maison de fortune dans des sheetings

africain », il a procédé à la démolition de ces huttes à travers tout le pays.

Une femme suppliant les démolisseurs d'épargner sa maison

Une femme suppliant les démolisseurs d’épargner sa maison

Les dernières informations qui ont filtrées dans la presse état

de 115000 huttes détruites.

 

 

 

 

 

 

L’approvisionnement en eau potable laisse à désirer

Muhima : faute d'accès à l'eau potable, recueil des eaux usées des canalisations urbaines/photo igihe.com, 29-01-2012

Muhima : faute d’accès à l’eau potable, recueil des eaux usées des canalisations urbaines/photo igihe.com, 29-01-2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la capitale, peu de personnes sont incapables de se brancher sur le réseau public d’approvisionnement en eau potable. Elles se contentent de l’eau des égouts.

Nduba, usage de l'eau sale faute de mieux/photo igihe.com

Nduba, usage de l’eau sale faute de mieux/photo igihe.com

 

 

 

 

 

 

 

 

Nyagatare, Est du pays: usage de l'eau des fanges/photo imvaho nshya

Nyagatare, Est du pays: usage de l’eau des fanges/photo imvaho nshya

Mageragere (Kigali) : recueil des eaux de pluie/photo igihe.com

Dans les campagnes, la population se contente des fois des eaux des fanges ou de récolter celles des eaux boueuses des flaques après la pluie.

A Muhima, un des quartiers de la capitale Kigali, la population se contente de l'eau des égoûts/photo igihe.com, 29-01-2012

A Muhima, un des quartiers de la capitale Kigali, la population se contente de l’eau des égoûts/photo igihe.com, 29-01-2012

Au Rwanda, la vérité c’est qu’il ya un développement à deux vitesses : ceux qui tout et ceux n’ont rien du tout. C’est cette première catégorie qui est tenue en compte quand on parle du développement spectaculaire du Rwanda, discours ressassé par des cabinets de communication grassement payés.

Ghislain Mikeno
21/07/2014

 

 

 

Le cantonnement des FDRL : Colette Braeckman commise à vendre les thèses du régime de Kigali ?

Colette Braeckman

Colette Braeckman

On ne présente plus Colette Braeckman dans la région des Grands Lacs. En effet, cette journaliste du quotidien belge « Le Soir » s’est rendue célèbre depuis une vingtaine d’années en publiant des ouvrages plus ou moins téléphonés et présentés comme résultant des recherches sérieuses, de telle sorte qu’elle est actuellement affublée du qualificatif de « spécialiste de la Région des Grands Lacs » comme tant d’autres qui ont proliféré depuis l’invasion et la conquête du Rwanda par des éléments de l’armée ougandaise.

Ayant accompagné les conquérants qui s’étaient organisés en un mouvement politico-militaire dénommé « Front Patriotique Rwandais : FPR » dès le 01 octobre1990 jusqu’en juillet 1994, c’est d’autorité que Colette Braeckman peut toujours parler du FPR devenu parti-Etat au Rwanda et auquel elle est particulièrement attachée.

Déjà pendant la phase de consolidation du pouvoir du FPR, quand les conquérants s’adonnaient aux massacres de masse (Kibeho avril 1995 : 8000 morts parmi les déplacés pour la plupart des femmes, des vieillards et des enfants), Colette Braeckman se distinguait par un silence assourdissant ou alors louait la bravoure de l’Armée Patriotique Rwandaise pour son efficacité dans le « maintien de l’ordre ». Par contre, quand la population tentait de résister à cette armée d’occupation qui tuait, pillait et violait sur son passage (soulèvements au Nord et à l’Ouest entre 1998 et 2000), Colette Braeckman criait « au feu » et agitait le spectre du «  génocide » pour justifier la répression aveugle et brutale de l’Armée patriotique rwandaise. On ne s’attardera pas sur les attaques et les massacres des réfugiés dans les camps de l’ex-Zaire (1996) que Colette Braeckman a magistralement justifiés, ni à la chasse des Hutu dans les forêts du Zaïre (1996-1997) et qui s’est soldée par plus de deux millions de morts selon le Mapping Report de l’ONU de 2010 et qu’encore Madame Braeckman présente comme « une opération humanitaire ».

Aujourd’hui en 2014, il est question de la réeddition des combattants qui avaient pris les armes pour défendre physiquement et politiquement les réfugiés hutu qui se faisaient massacrer par les troupes de Paul Kagame qui ont occupé la RDC depuis 1997. Ces réfugiés hutu étant aux yeux de Kagame des objectifs militaires, en l’an 2000, leurs enfants s’étaient organisés en un mouvement politico-militaire dénommé « Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda : FDLR ». Aujourd’hui, ils ont décidé de déposer les armes et réclamer leurs droits politiques de manière pacifique. C’est donc dans ce cadre que depuis le 30 mai 2014, ces ex-combattants continuent de déposer leurs armes devant la MONUSCO, le Gouvernement congolais et la SADC. Initialement regoupés dans des localités du Nord et du Sud Kivu, le Gouvernement congolais s’est engagé à ce que ceux d’entre eux qui auront des motifs de craindre de rentrer au Rwanda seront relocalisés loin de la frontière avec le Rwanda à un millier de kilomètres environ où ils seront cantonnés en attendant un éventuel pays d’acceuil.

C’est apparemment cette perspective de résolution définitive et pacifique de la question des FDLR qui a fait sortir Colette Braeckman de ses gonds. Dans un billet publié dans le journal Le Soir du 23 juin 2014 la journaliste n’évite aucune énormité pour discréditer les FDLR et tenter de torpiller le processus de leur cantonnement.

Anachronisme

Madame Braeckman prétend que les FDLR sont sorties du Rwanda en juillet 1994 pour s’installer à l’Est de la RDC. Quand on sait que ce mouvement politico-militaire a été fondé en mai 2000, on se demande sur quoi se base la journaliste pour faire remonter cette organisation à 1994. En effet, avant l’année 2000, on ne trouve aucun texte, aucune déclaration ni même une trace dans la presse faisant état de l’existence des FDLR.

Contradictions

Lorsqu’en octobre 1990, les éléments de l’Armée régulière de l’Ouganda ont envahi le Rwanda, Colette Braeckman fut parmi les premiers journalistes qui ont fustigé ceux parmi les Rwandais qui estimaient que ces assaillants n’étaient autres que des hordes de monarchistes qui s’étaient donnés le nom de guerre d’« INYENZI » et qui ont mené des attaques incessantes sur la jeune République Rwandaise de 1961 à 1968. Colette Braeckman expliquait alors que même si ces combattants de 1990 qui se sont donnés le nom de FPR-Inkotanyi étaient des descendants biologiques des Inyenzi, ils n’avaient rien de commun sur le plan idéologique que ce soit sur leurs objectifs et leurs méthodes. Et voilà que 20 ans après, la même Braeckman défend avec la même hargne sinon davantage, que les FDLR nées en 2000 sont bel et bien les mêmes FAR (Forces Armées Rwandaises) et les Interahamwe de 1994 sans autre argument ou preuve que de dire : «  ils sont tous hutu et sont parents, donc ce sont eux ».

Globalisation et accusations sans fondement   

Madame Braeckman accuse les FDLR d’avoir massacré les Tutsi en 1994. Nous avons souligné cet anachronisme à laquelle elle veut s’attacher mordicus. Elle peut se permettre d’accuser les FDLR des crimes commis avant même leur naissance qu’elle est sûre de ne pas être contredite par ces mêmes FDLR réduites au silence et qu’elle calomnie et encore moins être traduite en justice pour cette infraction. Elle est en position de force. Mais elle devait au moins se souvenir de cette citation de Racine : « A vaincre sans périr, on triomphe sans gloire ». De même, la journaliste belge croit savoir que les FDLR ont commis des crimes en RDC : meurtres, viols, vols, pillages, … Evidemment quand il s’agit des Hutu des FDLR, elle ne prend pas de précaution par rapport au principe que l’infraction pénale est individuelle ; et il lui suffit de décréter que les crimes commis à l’Est de la RDC sont l’oeuvre des Hutu donc des FDLR sans préciser qui a commis quoi, où et quand.

C. Braeckman méprise les Congolais car trop naïfs à ses yeux

En versant des larmes de crocodile sur les souffrances que des populations de l’Est de la RDC endurent depuis 1996, elle en conclut que cette fois-ci, ces mêmes populations devraient s’opposer au cantonnement des FDLR partout en RCD sous prétexte que ce sont ces FDLR qui les auraient fait souffrir. La journaliste se trahit dans son mépris envers les Congolais. En effet, les populations de l’Est de la RDC savent très bien que c’est l’armée de Paul Kagame qui a mis à feu et à sang les deux Kivu depuis 1996. Que ce sont les milices fondées par le même FPR de Kagame qui écument les 2 Kivu, le dernier en date étant le M23 défait en 2013 mais qui pourrait renaître sous une autre forme ; que ce sont les Forces Spéciales de Paul Kagame qui commettent des atrocités envers la population presque sous les caméras des médias ameutés par Kigali lesquels médias auront été payés pour attribuer ces atrocités aux FDLR (Jeune Afrique, …). Les populations congolaises de l’Est de la RDC savent aussi que dans certaines localités, elles n’ont eu la vie sauve que grâce aux FDLR et aux bonnes relations tissées avec les réfugiés rwandais en général. Colette Braeckman croit toujours que les Congolais vont gober ce qu’elle a écrit car les croyant toujours naïfs comme du temps de « Tintin au Congo ».

Méthode de détection de l’idéologie du génocide

Lorsque Madame Braeckman décrète que les FDLR véhiculent l’idéologie du génocide, on s’attendrait à ce qu’enfin il soit révélé comment on décèle ce virus chez un individu ou dans un groupe donné. On s’attendrait à lire un extrait du manifeste des FDLR ou d’un discours de ses dirigeants dans lequel la journaliste montre bien qu’il s’agit de la preuve de l’idéologie du génocide qui habiterait les FDLR. Rien de tout cela. Tout comme le régime de Kagame, Colette Braeckman part du fait que les FDLR sont opposées à la politique menée depuis 1994 par le parti au pouvoir FPR et réclament un système démocratique dans lequel les libertés individuelles sont garanties et où tous les citoyens sont égaux devant la loi sans considérer leurs appartenances ethniques ou leurs pays d’origines (venus d’Ouganda versus venus du Burundi ou du Zaïre, … et tous versus autochtones …comme c’est le cas actuellement). C’est donc cette méthode que Braeckman nous propose de déceler chez quelqu’un « l’idéologie du génocide » : voir s’il réclame la démocratie au Rwanda et sutrout s’il est opposé à Paul Kagame et à son parti FPR. On aurait préféré mieux de la part de notre « spécialiste de l’Afrique »

Haine des Hutu ou défense maladroite des Tutsi.

Les FDLR, en déposant les armes, se sont inscrits dans une dynamique de paix et se sont constitués réfugiés dans le sens des Conventions de Genève relatives au HCR. Dans son billet du 23 juin 2014, Madame Braeckman leur dénie ce droit et recommande carrément qu’ils soient livrés au régime qu’ils ont fui. En affirmant qu’un réfugié hutu ayant fui le régime dictatorial du FPR ne doit pas obtenir la protection du HCR, Madame Braeckman croit accabler les Hutu, mais ne perçoit pas que du même coup, elle dessert les Tutsi qui sont alors de plus en plus perçus par les autres peuples de la région comme des super-hommes à qui tout est permis et  qui ne doivent pas être politiquement contredits. Cette frustration des autres communautés est de nature à générer une haine ou tout au moins une méfiance envers les Tutsi. Est-ce là le but recherché par Colette Brackman ?

En guise de conclusion, un constat se dégage :

– Le processus engagé pour que les FDLR abandonnent la lutte armée et consacrent leurs efforts dans la lutte politique par des voies pacifiques inquiète Kigali ;

– Ce régime s’agite dans tous les sens pour maintenir l’épouvantail que constitue les FDLR , qui menaceraient sa sécurité et donc lui serviraient de prétexte pour continuer à semer le chaos à l’Est de la RDC, un chaos propice aux pillages organisés ;

– Les inquiétudes du régime sont si sérieuses que Paul Kagame doit faire appel à ses anciens fidèles porte-voix comme Colette Braeckman pour reprendre du service afin d’essayer de faire enrayer ce processus qui, s’il aboutissait, le contraindrait à parler des FDLR en termes politiques ;

– Enfin, le cas Colette Braeckman est le prototype même d’un journalisme militant qui, généralement, est chaque fois mis à profit dans les remodelages géo-politiques du monde tels que les conçoivent les super-puissances et les mettent en oeuvre le moment venu. La « presse » alors se doit d’accompagner ces décisions en diffusant les thèses officielles.

Ainsi va le monde!

Ghislain Mikeno
27/06/2014

Rwanda : la gabegie comme modèle de gouvernance ?

Pollution atmosphérique par l'incinérateur obsolète de l'hôpital Roi Fayçal à Kigali. Photo oag.gov.rw

Pollution atmosphérique par l’incinérateur obsolète de l’hôpital Roi Fayçal à Kigali/oag.gov.rw

Dans leur dernier ouvrage, « Rwanda. Vingt de pouvoir du FPR. Quel bilan ? » (Editions Scribe, 2014) les écrivains rwandais Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse avaient démontré que les « extraordinaires performances économiques » prêtées au régime rwandais n’étaient qu’un des leitmotiv de la propagande mensongère que le régime installé en 1994 a érigé en mode de gouvernement et qui est relayé par les médias à sa solde.
Malgré les moyens gigantesques alloués à la propagande pour vendre l’image idyllique d’un des régimes les plus dictatoriaux et les plus corrompus et corrupteurs de la région, malgré le silence imposé aux acteurs internes, l’incendie est tellement gigantesque que quelques fumeroles s’échappent du sarcophage qui enserre le Rwanda depuis 1994.C’est dans ce cadre qu’il faut lire le récent rapport de l’Auditeur Général qui vient d’être présenté devant le Parlement et qui a examiné les comptes des administrations et des établissements publics pour la période de juin 2013 à avril 2014.

Tout en restant prudent et dans les limites du tolérable, l’Auditeur Général Monsieur Obadiah Biraro, qui a le privilège d’appartenir au petit cercle qui détient le pouvoir au Rwanda, pointe du doigt la gabegie qui sévit dans certains établissements et administrations publics. Ainsi, il indique qu’en moins d’une année, plus d’un milliard et demi de francs rwandais se sont volatilisés. Certains établissements décrochent la palme d’or de la mauvaise gestion, comme EWSA (Rwanda Energy Water and Sanitation Limited), la société d’électricité et du gaz (Electrogaz), la société des Transports en commun (ONATRACOM), les anciens établissements d’enseignement supérieur KIST et UNR, etc.

Certains programmes, qui avaient été annoncés à grand renfort de publicité il y a quatre ans, n’ont tout simplement pas vu le jour alors qu’ils avaient été entièrement financés. C’est le cas du programme dit « Oracle » destiné à fournir des ordinateurs, qui avait coûté 1,1 million USD (648.958.517 Frw) en 2010 mais qui, jusqu’à ce jour, n’est toujours pas opérationnel. De même, aucun des sept barrages hydroélectriques qui étaient programmés et qui ont coûté la bagatelle de 27 millions de dollars US n’a encore été construit. Le plus curieux est que ces établissements mal gérés et devenus des gouffres financiers pour le trésor public et les aides internationales qui continuent d’être versées à profusion, sont gérés par les caciques du régime qui, de ce fait, sont intouchables ou inamovibles sauf quand ils permutent entre eux.

Dans ces conditions, les auditeurs généraux successifs auront bon de produire des rapports, rien ne changera car c’est la nature même d’un régime mafieux composé d’une clique venue d’Ouganda qui considère le pays conquis comme un coffre à vider.

La cerise sur le gâteau est fournie dans un chapitre relatif au secteur de l’éducation. Il apparaît que le fameux programme tant vanté et qui avait reçu le nom pompeux de « A Laptop per Child » (un ordinateur portable par enfant) n’a été qu’un leurre médiatique. Sur  2,334 écoles qui devaient être servis, seules 407 ont pu recevoir ces fameux ordinateurs portables. D’autres sont restés dans leurs emballages d’origine pendant 4 ans, quand ils ne disparaissaient pas. Le rapport révèle outre que les ordinateurs livrés ont atterri  dans des établissements qui ne disposaient même pas d’électricité et quelques années après, quand ces établissements furent branchés sur le secteur, les logiciels de ces ordinateurs étaient déjà obsolètes.

De même, des manuels scolaires furent commandés en quantité industrielle et à leur livraison, ils ne correspondaient pas du tout aux cursus des établissements auxquels ils étaient destinés. Entretemps, les caciques du cercle restreint du pouvoir qui avaient obtenus ces marchés s’étaient mis plein les poches en toute impunité.

Les chantres du régime en place à Kigali, par intérêt ou par illusion, découvriront petit à petit la vraie nature du FPR qui règne sur le Rwanda depuis 1994. Les premiers à le constater auront été les journalistes venus couvrir l’assemblée générale annuelle de la Banque Africaine de Développement (BAD) qui s’est tenue à Kigali du 19 au 25 mai 2014. Ils ont en effet été amenés manu militari à une soixantaine de kilomètres de Kigali pour loger dans une gîte appartenant à un membre influent du pouvoir qui exigeait lui aussi avoir sa part sur les retombées de la réunion de la BAD.

De même, le jeune député et très naïf Edouard Bamporiki qui a cru bon de demander que les « mauvais gestionnaires » soient sanctionnés, ne sait pas à quoi il s’attaque. Sauf que son souhait sera accueilli par un mépris poli de la part du cercle restreint du régime. Après tout, n’est-ce pas le même jeune hutu Bamporiki qui a été mandaté pour sensibiliser d’autres enfants hutu de demander pardon aux Tutsi pour les crimes qu’auraient commis leurs ancêtres dans ce diabolique programme baptisé « Ndi Umunyarwanda » ?

Ghislain Mikeno
31/05/2014

Rwanda. Pourquoi le général Dallaire est condamné à mentir ?

Le général Roméo Dallaire_photo wikipedia.com

Le général Roméo Dallaire_photo wikipedia.com

Vingt ans après la conquête du Rwanda par la rébellion du Front Patriotique Rwandais, les puissances et les lobbies qui l’ont soutenue et qui ont favorisé sa victoire  traînent un événement comme une épine dans le pied : l’attentat terroriste du 6 avril 1994 ayant coûté la vie au président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira ainsi que leurs suites et trois officiers français membres de l’équipage.

A défaut d’occulter cet événement considéré comme élément déclencheur du génocide, les parrains du dictateur Paul Kagame, commanditaire de cet attentat, tentent désespérément, depuis des années, à mette ce crime sur le dos des boucs émissaires bien désignés : « les extrémistes hutu ». En effet s’il était admis que l’avion fut abattu par cette nébuleuse aux contours flous, celle-ci ne pourrait  pas se défendre tout comme il ne serait pas nécessaire de mettre le doigt sur les supposés exécutants en son sein, ce qui arrangerait tout le monde.

C’est dans ce cadre qu’il faut placer la dernière sortie du général canadien Roméo Dallaire dans le huffingtonpost.ca de ce 23 mai 2014.

Le général Dallaire récidive

L’officier canadien commandait la force de l’ONU déployée au Rwanda en 1993 -1994 (MINUAR). Il a failli à sa mission car il a été partial en prenant fait et cause pour l’un des belligérants, trahissant ainsi son devoir de neutralité, tout cela pour favoriser la prise du pouvoir par le FPR de Paul Kagame.

L’action nocive du Général Dallaire au Rwanda est titanesque. Le 22 juin 1993, le Conseil de sécurité de l’ONU votait la résolution 846 instituant la Force des Nations-Unies pour le contrôle de la frontière rwando-ougandaise (MONUOR). Celle-ci était chargée de veiller à ce que le FPR n’utilise l’Ouganda comme base arrière, pour ses approvisionnements en ressources matérielles et humaines. Cette force, commandée par le Général canadien Roméo Dallaire, ferma les yeux et la frontière rwando-ougandaise fut une passoire des approvisionnements du FPR dans son attaque contre le Rwanda. Roger Booh Booh, patron du Général Roméo Dallaire au Rwanda, est affirmatif à ce sujet. Dans une interview accordée au journal belge « Le Soir » du 15 avril 2004, il déclare que l’Ouganda a continué à acheminer au Rwanda des armes destinées au FPR malgré la présence de la MONUOR à la frontière.

Dallaire sera muté à Kigali à la tête de la Force des Nations-Unies pour le Rwanda, la MINUAR. Là, il va carrément prendre partie pour le FPR. Ainsi comme le dit encore Roger Booh Booh, Dallaire a été vu plusieurs fois avec des militaires du FPR dans la salle d’état-major de la MINUAR, à l’hôtel Méridien de Kigali, en train de leur monter des cartes avec les positions des forces Armées rwandaises (FAR). Dans son livre, « Shake hands with the devil » [2004 :121], Dallaire ne cache pas qu’il fournissait des renseignements militaires sur l’armée rwandaise au chef militaire du FPR, Paul Kagame.

Un autre témoignage montrant le penchant du général Dallaire pour le FPR nous vient de Vénuste Nshimiyimana, attaché de presse de la MINUAR en 1994. Dans son livre, « Prélude du génocide rwandais » [1995 : 67], il révèle que les Nations unies ayant envisagé de muter le général Dallaire du Rwanda, en janvier 1994, celui-ci a déclaré qu’il allait demander à son successeur d’aider les jeunes combattants du FPR, si gentils, si disciplinés. Robin Philpot a raison quand il écrit dans son livre « Rwanda, crimes, mensonges et étouffement de la vérité » [2007] que Dallaire avait « une mission dans la mission ». Pour cet analyste politique, la mission officielle du général Dallaire consistait au maintien de la paix en mettant en application les accords d’Arusha. Quant à sa mission non déclarée, lui confiée par les puissances anglo-saxonnes pour des intérêts géostratégiques, elle consistait à faciliter la prise du pouvoir par le FPR. Ce que Dallaire a fait avec succès. L’ONU ira même jusqu’à retirer ses Casques bleus pour ne pas gêner l’offensive finale du FPR pour la conquête du pouvoir au Rwanda.

Vingt ans après son “exploit”, Dallaire est obligé de recourir aux mensonges pour dédouaner son ami Paul Kagame de l’attentat terroriste du 6 avril 1994 qui fut l’élément déclencheur du génocide. Mais il le fait si maladroitement que tout ce qu’il raconte à propos du Rwanda perd toute crédibilité.

Le général Dallaire, dans l’article cité, a déclaré allègrement que l’avion du président Habyarimana avait été abattu par les extrémistes hutu. Pour preuve, il parle du lieu d’où les missiles furent tirés qui selon lui était trop gardé par la Garde pr

Rwanda : Léon Mugesera insulté d’utiliser un langage canin par le procureur Alain Mukuralinda

Alain Mukuralinda_igihe.com

Alain Mukuralinda_igihe.com

Dans une requête du 11/05/2014, l’avocat de Léon Mugesera demande au juge président du siège de une “rectification du comportement irrévérencieux et choquant des procureurs de l’accusation”, notamment tel que cela est apparu pendant l’audience du jeudi 08 mai 2014.

Selon la requête, les procureurs ont, au cours de l’audience, manifesté “une attitude et un langage vexatoires et intimidateurs quasiment menaçants, abusifs et dédaigneux, irrespectueux” envers Léon Mugesera. Le plus zélé en l’affaire fut le procureur national Alain Mukuralinda, qui pourtant traîne des casseroles en Belgique. N’eût été le FPR qui l’a récuperé et parachuté procureur au Rwanda, il était en grande difficulté. Ce qui explique probablement cet excès de zèle car il doit se dédouaner envers ses bienfaiteurs.

Il faut souligner que cette audience chaotique faisait suite à ce que Léon Mugesera protestait contre “la restriction du temps et des questions du contre-interrogatoire, restriction lui imposée” et qu’il a qualifiée de « camisole de force judiciaire ».

Par cette camisole de force judiciaire, “le Dr Léon Mugesera venait ainsi de perdre sa juridiction du contre-interrogatoire et, de ce fait, le droit de se défendre” qui lui est pourtant garanti par la Constitution de la République du Rwanda et par le  Pacte  international  relatif  aux  droits  civils  et politiques enchâssé dans la Constitution du Rwanda, ainsi que par les garanties que le Rwanda a données au Canada en date du 18 février 2009 pour des « Garanties de procès équitable ».

“La restriction des questions du contre-interrogatoire correspond à la notion de « camisole de force judiciaire », tandis que la restriction du temps du contre-interrogatoire correspond à la notion de « bâillon judiciaire », ce qui, dans les deux cas, viole le droit du Dr Léon Mugesera à un procès équitable” .

Pour l’avocat de Mugesera, “ledit comportement attitudinal et langagier irrespectueux et outrageant , le Procureur national Alain Mukuralinda, qui pourtant connaît bien  la langue française, a, avec sa toute-puissance, martelé que le Dr Léon Mugesera venait d’enfreindre les règles de la bienséance, en utilisant un langage canin (imvugo y’imbwa) intolérable au décorum d’une audience devant la Haute Cour (HCCI)”.

“Pour le PN Alain Mukuralinda, « camisole de force judiciaire » signifie, a-t-il martelé , cette chose qu’on met sur le museau d’un chien pour l’empêcher d’ouvrir sa gueule et de mordre”.

“Toutes les tentatives (intervention et objection) du Dr Léon Mugesera d’expliquer à la Cour (HCCI) que le PN Alain Mukuralinda venait de commettre une erreur grave de fait en prenant « camisole de force judiciaire » pour « muselière » ont été vaines, le Président du siège barrant la parole au Dr Léon Mugesera en indiquant que la Cour avait tout compris et n’avait pas besoin d’explications”.

“Dans le feu de l’action, un plaideur peut se tromper, retirer ses propos et s’excuser. Non, le PN Alain Mukuralinda n’a pas retiré ses propos et ne s’est pas du tout excusé”.

“Tout comme, auparavant, le Procureur général du Rwanda a gravement, en pleine audience devant la Cour (HCCI), injurié le Dr Léon Mugesera et son fils aîné par une déformation délibérée du nom de celui-ci. Le Procureur général du Rwanda, qui connaît les noms des enfants du Dr Léon Mugesera, n’a pas retiré ses propos et ne s’est pas du tout excusé non plus. Un tel comportement vexatoire, intimidateur, manifestement et délibérément irrespectueux ne rencontre-t-il pas les critères d’un délit d’audience ? Un tel comportement ne porte-t-il pas gravement atteinte au droit à la présomption d’innocence du Dr Léon Mugesera que les procureurs de l’accusation peuvent impunément offenser en audience devant la Cour (HCCI) ?”

Pour s’expliquer, Léon Mugesera a fait une requête orale à la Cour (HCCl), ce que lui permet la Constitution du Rwanda, “mais le Président du siège a refusé d’entendre cette requête orale, indiquant qu’il fallait au Dr Léon Mugesera de présenter cette requête par écrit”.

Il est clair qu’avec une telle justice, Léon Mugesera est déjà condamné avant la fin du procès.

Ghislain Mikeno
12/05/2014

En attaché, ci-dessous,  la requête_Mugesera (fichier PDF)

Requête_ Mugesera

Rwanda- ONU : l’incohérence du «machin» conduit à son instrumentation. Le cas de la MINUSMA

kazura_TNT_03La MINUSMA est cette force des Nations-Unies qui doit être déployée (en partie déjà déployée) au Mali pour maintenir la paix dans ce pays sahélien après l’opération militaire menée par la France depuis janvier 2013 pour chasser les islamistes qui s’étaient emparés de la partie nord de ce pays et qui étaient en mesure de conquérir tout le pays.

La mise en place de cette force onusienne concoctée par les diplomates newyorkais continue de réserver des surprises aux observateurs. La première surprise fut la nomination de l’ancien président burundais (auteur de deux coups d’Etat réussis en moins de deux décennies), le Major Pierre Buyoya comme le Chef Suprême de cette MINUSMA. Le plus consternant fut l’annonce de celui qui a été désigné comme Commandant Militaire de cette force à savoir le général rwando-burundais Jean Bosco Kazura.

Qui est Jean Bosco Kazura ?

Jean Bosco Kazura est né au Burundi au début des années 60 où ses parents, des anciens féodaux monarchistes tutsi, s’étaient repliés en 1959 lors de la Révolution populaire qui a mis fin à la monarchie féodale et instauré la République rwandaise. Il a grandi dans ce pays où il était intégré et même avait des droits auxquels ne pouvaient même pas rêver la majorité de Burundais de souche d’origine hutu. C’est ainsi qu’il fut même admis dans le très fermé ISCAM (Institut Supérieur des Cadres Militaires), le vivier de l’élite militaire tutsi. A l’époque, le Commandant en Chef de l’armée burundaise et Chef de l’Etat était un certain…Pierre Buyoya. Kazura a mis pour la première fois le pied au Rwanda après la conquête du pays par le FPR la rébellion tutsi en 1994. Il a alors gravi tous les échelons de la hiérarchie militaire, avec au passage quelques scandales retentissants notamment la faillite de la Fédération Rwandaise de Football (FERWAFA) dont il était un tout puissant président. Plus grave encore, on murmure dans les milieux sécuritaires qu’il serait impliqué dans la tentative d’assassinat du général Kayumba-Nyamwasa en Afrique du Sud. L’on se souviendra qu’au retour d’Afrique du Sud où il était allé pour assister à la coupe du monde de Football, il avait été mis aux arrêts « officiellement » pour avoir quitté le pays sans autorisation. Mais certaines sources indiquent qu’en réalité il aurait été sanctionné pour avoir raté la mission à savoir tuer Kayumba-Nyamwasa alors qu’il en avait reçu tout le nécessaire notamment des milliers de dollars. Voici le général que l’ONU a choisi pour ramener la paix au Mali !

Un « clan burundais » à Bamako ?

On l’a vu, l’ONU avait déjà choisi le burundais Pierre Buyoya pour être le chef de la MINUSMA. Il va s’entourer de fonctionnaires et d’officiers tutsi burundais surtout dans son Etat-major particulier dont il a la latitude de composer. Comme si cela ne suffisait pas, Buyoya vient de réussir l’exploit de faire nommer un officier burundais (aujourd’hui rwandais) qui fut son subordonné au Burundi, cette fois-ci comme encore son subordonné au Mali. Le général Kazura va lui aussi débarquer à Bamako avec son Etat-major particulier composé de militaires tutsi triés sur le volet et lui et son patron Pierre Buyoya n’auront qu’à faire la pluie et le bon temps au Sahel aussi après avoir soumis la région des Grands Lacs depuis plus de 20 ans !

Un pied de nez à la France mais surtout au Tchad

La récupération du succès de la France au Mali par Paul Kagame qui parvient à imposer son officier pour commander les troupes qui se sont vaillamment battus dans une opération dont il était pourtant hostile et dans laquelle il n’a engagé ni n’engagera aucun soldat illustre comment la naïveté des puissances comme la France, tiraillée par les lobbies au service des intérêts anglo-saxons peut tourner au ridicule. Le pauvre Tchad qui fournit le gros des effectifs de la MINUSMA et dont les soldats se font tuer dans le désert n’a même pas le droit de commander ses propres hommes car on préfère confier cette « délicate tâche », celle de commander aux seuls hommes prédestinés à commander et qui naissent « le bâton de commandement dans la main ». Ce mythe d’un tutsi « naturellement chef » encré dans l’entendement des arcanes de l’ONU est en train d’être imposé à tous les pays en commençant par la France qui ne peut pas lever le petit doigt même quand son action doit être tournée au ridicule. Ce n’est donc pas le Tchad ni encore moins le Niger qui feraient le poids devant les tout puissants lobbies pro-tutsi qui dominent l’ONU.

Le « machin » comme le Général de Gaulle appelait l’ONU vient encore une fois de mériter ce qualificatif. Il avait montré son vrai visage quand en 1993 il envoya un général canadien qui venait à peine de localiser le Rwanda sur une carte, avec pour consigne d’aider les « bons, les gentils » (la rébellion du FPR) à chasser les « mauvais , les méchants » (le gouvernement légitime). La suite, on la connaît. Le « machin » s’est encore ridiculisé en désignant un général rwandais (déjà) pour commander une force des Nations-Unies au Darfour, alors que cet officier était recherché par la justice internationale pour des crime de guerre et crimes contre l’humanité. Le « machin » vient de récidiver en installant un « Akazu » burundais à Bamako et en donnant le commandement à un officier rwando-burundais dont le gouvernement et le président n’approuvent pas l’intervention française pourtant à la base de la MINUSMA. Vous avez dit «incohérences de l’ONU » ? Nous n’avons pas encore rien vu.

Ghislain Mikeno

12/06/2013


Rwanda : A. Rugira, un ambassadeur itinérant ou quelqu’un qui s’ennuie à Kinshasa?

Amandin Rugira-photo igihe.com

Nommé ambassadeur du Rwanda en République Démocratique du Congo (RDC) en 2009, Amandin Rugira a aussitôt regagné son poste à Kinshasa. Cependant ses activités diplomatiques semblent se dérouler plus en Europe notamment en Belgique et en France qu’en RDC. Cette situation insolite peut s’exprimer par la personnalité de l’intéressé lui-même mais aussi par les pratiques du régime de Paul Kagame qui sont souvent éloignées des canaux diplomatiques classiques.

Qui est Amandin Rugira ?

Son seul nom porte à confusion. En effet, une des grandes personnalités qui ont joué un rôle dans la révolution de 1959 et qui fut plus tard parmi les responsables politiques de la 1ère° République comme Député et Vice-président de l’Assemblée nationale, s’appelait Amandin Rugira. Il est décédé au milieu des années 80 quand notre nouveau Amandin Rugira était encore sur les bancs de l’école. Les deux n’ont aucun lien familial ni régional. Le vieux Amandin était de Butare tandis que le jeune Rugira est de Cyangugu. Amandin Rugira Jr fait partie des jeunes cadres qui se sont précipités dans les bras des leaders de l’opposition à Habyarimana en 1991 dès l’instauration du multipartisme en adhérant au principal parti d’opposition qu’était le MDR, faction Faustin Twagiramungu. Cependant lorsque ce dernier aura maille à composer avec Paul Kagame et qu’il jettera l’éponge en 1995, Amandin Rugira se retrouvera parmi ceux qui choisiront de conserver leur « pain quotidien » que de se sacrifier aux idéaux politiques. Il va, comme le tombeur de Faustin Twagiramungu, P.C. Rwigema, offrir ses services au FPR qui le nommera à des postes symboliques mais juteux. Il sera plus tard nommé « Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Rwanda en République Démocratique du Congo »

Amandin Rugira partout sauf à Kinshasa !

Depuis son installation comme ambassadeur du Rwanda en RCD, A. Rugira est plus visible dans les capitales européennes qu’africaines. Sans parler des séjours qu’il effectue à titre privé ayant de la famille en Europe comme toute autorité rwandaise qui se respecte, A. Rugira est, ces derniers mois, de toutes les missions officielles du gouvernement rwandais en Europe.

– On l’a vu à Bruxelles lors de l’opération qui visait à recruter des personnalités proches de la famille de feu le président Juvénal Habyarimana et qui était pilotée par un certain Eugène Nahimana .
– Il faisait partie de la « Mission Inyumba » en octobre 2010 qui préparait la visite de Kagame en Belgique mais qui aussi lançait le programme dit « come and see » destiné à amener des jeunes cadres au Rwanda. Cette année, il a également un agenda semblable dans un programme dit « Inararibonye » (les expérimentés). Lui et Inyumba ont réuni, dans un restaurant huppé de Bruxelles, les « vieux »du régime Habyarimana dont deux ambassadeurs, un médecin ancien ministre, un ancien directeur de banque,…
– Lors de la présentation du nouvel ambassadeur du Rwanda en Belgique M. Robert Masozera, A. Rugira était parmi les officiels à côté du chargé d’affaires Faustin Musare qui l’a présenté au public.
– En France, A. Rugira a physiquement contacté des gens à Orléans et a tenu, en compagnie de la ministre Inyumba des meetings à Rouen en préparation de la visite de Paul Kagame en France du 11 au 13 septembre 2011.
– En Belgique, il sillonne actuellement toutes les villes où vivent des rwandais en les invitant d’aller acclamer Kagame à Paris.

Escroc ou diplomate ?

Visiblement l’ambassadeur Amandin Rugira est plus un « ambassadeur itinérant » qu’un plénipotentiaire envoyé à Kinshasa. Il a, de toute évidence, convaincu ses chefs qu’il est plus utile en partageant son temps entre Paris et Bruxelles qu’en restant à Kinshasa. Il aurait probablement convaincu Kagame et ses conseillers qu’il est bien introduit dans les milieux des opposants en Belgique et en France et qu’il serait chaque fois indispensable quand il est question de les approcher. Pourtant rien n’est plus faux : Amandin Rugira n’a aucune emprise sur les exilés opposés à Kagame. Au contraire il est qualifié d’opportuniste et de malhonnête dans ces milieux. En témoigne un de ses SMS envoyé à partir de la France. Il dit à un de ses contacts en Belgique : « Je vais donner ton numéro de téléphone au minister, elle va t’appeler. Tu vas lui dire que tu as déjà recruté 20 personnes pour Paris ». Pourtant, le recruteur en question n’avait contacté personne, mais Rugira devait montrer au « minister » qu’il travaille. Pour avoir endormi ses chefs donc, cela permet à Rugira de venir entretenir ces innombrables « connaissances » en France et en Belgique et en même temps échapper à l’atmosphère étouffante de Kinshasa, tout cela « aux frais de la princesse ». Ainsi va le Rwanda.

Ghislain Mikeno
Echos d’Afrique


Les Rwandais seraient-ils devenus des cobayes des laboratoires américains ?

Vaccination d'une jeune au Gardasil

La Une de la presse spécialisée est dominée en ce début du mois d’août 2011 par la mise sur pied d’un labo dans une puce, une technologie peu coûteuse qui permettrait une détection précoce des maladies infectieuses dont le VIH, l’herpès et la syphilis, à moindre frais. Il s’agit d’une sorte de test sanguin portatif, de la taille d’une carte bancaire, mise au point par des chercheurs de l’université de Columbia (USA) et qui a été essayée sur des centaines de personnes au Rwanda.

Les progrès de la science sont à encourager mais la facilité avec laquelle les tests pharmaceutiques sont organisés à grande au Rwanda pose problème. Le noyau au pouvoir y trouve sans aucun doute un intérêt financier certain au détriment de la population. Il y a quelques mois, c’était le géant pharmaceutique américain Merck qui avait offert au Rwanda 2 millions de doses de Gardasil, un vaccin censé lutter contre le cancer du col utérin.

Du coup, le gouvernement a décrété que toutes les jeunes filles rwandaises dont l’âge tourne autour de 12 ans et qui sont en 6è année de l’école primaire devaient commencer à recevoir ce vaccin. Le nombre de candidates à ce vaccin excède les 100 000, un bon échantillon. Les 26 et 27 avril 2011, plusieurs adolescentes ont reçu ce vaccin. Cette campagne ne cache-t-elle pas une étude clinique qui est menée au détriment de la sante des fillettes rwandaises ?

Pour rappel, le Gardasil est un vaccin controversé. Selon certaines sources, avant sa mise en vente, le vaccin n’a pas été testé pendant un temps suffisamment long qui permettrait de déterminer ses effets secondaires. Pour occuper le marché et ainsi se prémunir contre la concurrence, la firme Merck aurait précipité sa commercialisation avant d’avoir un recul nécessaire comme il est d’usage en la matière.

Cela est d’autant vrai qu’en France, deux jeunes filles ont déposé, le 8 juillet de cette année, des demandes d’indemnisation suite aux problèmes de santé chroniques apparus après administration du Gardasil. Elles souffrent de paralysie temporaire des membres inférieurs, de vertiges, de crampes abdominales, etc.

Le Rwanda, par une fuite en avant, a lancé la deuxième phase d’injection du Gardasil depuis le 19 juillet. Certains pays, qui prennent au sérieux le danger probable du Gardasil, encouragent le dépistage précoce comme moyen de prévention de ce cancer.

Comme si cette polémique autour du Gardasil ne lui faisait ni chaud ni froid, le Rwanda a autorisé d’autres expérimentations sur sa population. D’habitude, les laboratoires qui veulent expérimenter leurs produits font appel aux volontaires. Mais, les multinationales, qui veulent aller vite et gagner beaucoup d’argent avec moins de dépenses, savent de quoi les dictateurs africains sont capables. Il suffit de les approcher, de les soudoyer au besoin, et le tour est joué. L’ordre est donné sans autre forme de procès. Et les expérimentations sont lancées.

Ghislain Mikeno
Echos d’Afrique

Rwanda : Kagame chamboule ses services de sécurité

Le président Paul Kagame/photo Umuseso

Quelques jours après l’émoi soulevé par les révélations sur les plans concoctés par les responsables des services secrets rwandais pour assassiner les opposants vivant en exil, l’homme fort de Kigali vient de changer les hommes à la tête de ses services des renseignements civil et militaire.

Certains de ces responsables peuvent être considérés comme en disgrâce ou sanctionnés. C’est le cas du colonel Dr Emmanuel Ndahiro jusque là chef du « National Security Service »(NSS) qui surtout en tant que médecin personnel de Kagame supervisait de fait tous les services secrets. Avec son adjoint le Lt colonel Gatete Karuranga, ils ont été remis à la disposition du ministère de la Défense sans autre précision sur leurs attributions. Ces deux barbouses paient certainement pour avoir échoué à assassiner dans leur exil sud-africain les officiers qui ont fui Kagame à savoir le général Kayumba Nyamwasa et le colonel Patrick Karegeya.

A la tête du NSS est nommé le général-major Emmanuel Karenzi Karake qui jusque la dirigeait l’Académie militaire de Nyakinama mais surtout qui sortait de prison après des mois de détention. Sa nomination à ce poste n’est pas nécessairement une promotion. Au contraire, c’est pour lui une voie de garage surtout qu’il sera surveillé par le redoutable colonel Dan Munyuza qui désormais s’occupera de la sécurité extérieure dans ce NSS. L’on se souviendra d’ailleurs que même le « hutu de service » Marcel Gatsinzi a occupé symboliquement ce poste et que le général Kayumba Nyamwasa est passé par là avant de quitter définitivement les fonctions militaires.

Un autre poids lourd qui peut se considéré comme « limogé » est le colonel Tom Byaruhanga. Jusque là commandant de la Garde présidentielle, il est muté au ministère pour diriger un tout nouveau service bidon spécialement créé pour lui et appelé « lutte anti-terroriste ». Il paie sûrement de ses relations familiales avec des personnalités qui se sont éloignées de la galaxie Kagame comme l’homme d’affaires et ancien secrétaire particulier de Kagame David Himbara aujourdh’ui réfugié en Afrique du Sud, Mesdames Mart Baine limogée à la tête de la juteuse « Rwanda Revenue Autority » et Rosemary Museminali éphémère ministre des Affaires étrangères.

Comme étoiles montantes, on peut citer le général de Brigade Richard Rutatina et le capitaine Patrick Karuretwa. Le premier était le conseiller du président en matière de sécurité. Il devient désormais le chef des renseignements militaires (J2), la tristement célèbre DMI. Il est remplacé au poste de conseiller du président par le capitaine Karuretwa qui jusque là s’occupait de la « sécurité » de la fille de Kagame prénommée Ange. Les affaires restent donc en famille.

Il est clair que la tentative d’assassinat du général Kayumba Nyamwasa et ses répercutions, les avertissements du MI5 anglais aux exilés rwandais de Londres quant à leur sécurité, les fuites révélant les conversations téléphoniques des officiers de Kagame chargés d’éliminer des opposants…, tout cela l’aurait influencé dans le chambardement de ses services secrets. La question est de savoir quel effet cela peut produire. Peut-on confectionner un habit neuf avec des vieux tissus ?

Ghislain Mikeno
EdA Press