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Le contrôle des armées africaines par les Etats-Unis : le cas du Rwanda

photo http://rwandinfo.com/

Le général Kabarebe avec des soldats américains

De façon insidieuse, sans installer ou déployer des bases militaires grandioses, l’armée américaine est plus que n’importe quelle autre puissance présente en Afrique. Elle contrôle en effet presque toutes les armées nationales des pays qui, dès lors, sont tributaires des Etats-Unis en matière de défense. Le cas le plus caricatural est celui du Rwanda d’après 1994.

Legs colonial et guerre froide

Jusqu’à  la chute du mur de Berlin en1989, les armées des pays africains étaient toutes tributaires du legs colonial et de la guerre froide qui sévissait alors. Certaines d’entre elles avaient été mises sur pied en catastrophe par les puissances coloniales juste avant leur départ suite au vent des indépendances qui a soufflé au début des années 60. De telles armées avaient gardé des liens avec les anciennes puissances coloniales car organisées selon leurs normes et surtout formées et équipées par les cadres des armées de ces puissances.

D’autres pays avaient des armées issues de la lutte contre le colonisateur et qui, de ce fait, avaient bénéficié et bénéficiaient des appuis du bloc soviétique dans son affrontement avec le bloc occidental. Elles étaient organisées, formées et équipées selon les normes du bloc de l’Est.

Mais, après l’effondrement de l’URSS, les Etats-Unis devenaient la seule Superpuissance du monde et son hégémonie allait se faire sentir dans tous les secteurs d’activité. Les conséquences sur le plan stratégique et militaire furent que les Etats Unis ont élaboré une nouvelle stratégie en ce qui concerne les Etats africains. Il n’était plus nécessaire de contrer l’influence soviétique dans ces pays mais plutôt de récupérer, à vil prix, les anciens satellites de l’ex-URSS. En même temps, la désormais seule Superpuissance mondiale devait désormais superviser les actions des anciennes puissances coloniales en Afrique qui sont ses alliés (France, Grande Bretagne, Portugal,…) et ne plus les laisser le champ libre dans ce continent comme du temps de la guerre froide quand elles avaient la latitude d’intervenir comme elles l’entendaient dans leurs pré- carrés respectifs.

Mais la première mise en œuvre de cette nouvelle stratégie fut un fiasco total. Les Etats-Unis avaient décidé d’intervenir directement militairement en Somalie en 1991 pour y imposer leur ordre en y chassant les forces qu’ils jugeaient hostiles à leur idéologie et y installer celles jugées plus dociles. Les GI’s furent ignominieusement humiliés et les images de cette humiliation firent le tour du monde. Ce fait a causé un traumatisme psychique et médiatique dans l’opinion américaine que, depuis lors, il n’est plus question d’envoyer un seul GI’s directement sur le front actif en Afrique.

C’est alors qu’une nouvelle stratégie pour l’Afrique fut élaborée et adoptée. Il s’agira désormais d’user des supplétifs locaux (les armées des pays africains) pour des actions militaires sur le terrain en Afrique menées pour les intérêts et sous la supervision  des Etats-Unis.

Les premiers supplétifs des Etats Unis en Afrique après la guerre froide furent les armées de l’Ethiopie et de l’Ouganda. En Ethiopie, une rébellion issue de la minorité tigréenne et à sa tête Melès Zenawi, venaient de s’emparer du pays en 1991 après avoir défait l’armée du colonel Mengistu Hailé Mariam composée des ethnies majoritaires dans ce pays que sont les Amhariques et les Oromo. Pour s’affirmer, le tigréen Melès Zenawi avait besoin de la Superpuissance qui devait bénir toutes ses actions mais en contrepartie la Superpuissance l’utiliserait comme son supplétif dans la région. Le calcul s’est révélé juste jusqu’aujourd’hui. (AMISOM).

De même, le munyankole Yoweri Museveni qui s’était emparé du pouvoir en Ouganda en 1986 avec une rébellion composée à grande majorité de Tutsi d’origine rwandaise, devait, pour s’affirmer et, asseoir sa légitimité et avoir l’aval de la Superpuissance. Mais en contrepartie, la Superpuissance l’utilisa comme un supplétif pour mettre en pratique les plans élaborés pour la région. C’est ainsi que l’armée de Museveni sera autorisée et appuyée par la même Superpuissance pour renverser le régime démocratique au Rwanda après une guerre de près de 4 ans (1990-1994) et dans la foulée sera utilisée pour renverser le Maréchal Mobutu du Zaïre en1997. Tout cela s’est opéré sans que les soldats américains ne soient directement engagés au combat alors que les plans de manœuvres et les objectifs étaient chaque fois fixés par le Pentagone. Au passage l’armée mono ethnique tutsi du Burundi avait été associée à cette aventure dès1997sous « Buyoya II », tout ça avec la bénédiction et le soutien du Pentagone.

Création de l’AFRICOM

Pour concrétiser et donner forme à cette nouvelle stratégie, il fut créée l’AFRICOM : le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (en anglais United States Africa Command ). En 1983, les planificateurs stratégiques des États-Unis ont placé la majeure partie du continent sous la responsabilité du Commandement européen parce que la majorité des pays africains étaient d’anciennes colonies européennes ayant conservé des liens politiques et culturels avec l’Europe. Depuis le milieu des années 1990, les spécialistes régionaux du département de la Défense réclament la création d’un commandement africain. En gestation depuis plusieurs années, il fut décidé de créer un état-major spécifique pour ce continent durant l’été 2006.

photo http://mutulushakur.com/

L’AFRICOM, qui est donc un commandement unifié pour l’Afrique créé par le Département de la Défense des États-Unis en 2007, est entré en fonction en 2008. Il coordonne toutes les activités militaires et sécuritaires des États-Unis sur ce continent.


Programmes et actions pour le contrôle total de ces armées africaines

  • Formation des cadres militaires africains aux USA même

Ce programme, longtemps balbutiant, va connaître un essor considérable après1990. Les Etats-Unis veilleront à ce que les officiers susceptibles d’occuper de hautes fonctions dans la hiérarchie militaire de leurs pays fassent des stages dans des académies militaires US même à titre symbolique (voyages d’études, séminaires,…), le temps de les ficher et d’étudier leur psychologie afin de les classer et les suivre dans le reste de leurs carrières.

  • Entraînement des troupes sur place

Parallèlement, les instructeurs américains entraînent les troupes africaines dans leurs pays mais de façon discrète car opérant le plus souvent en tenue civile et sous étiquette de « société privée de sécurité ». Ce faisant, le Pentagone connaît ainsi parfaitement l’état de chaque armée africaine qu’il entraîne, notamment son degré de moral et de combativité, tout comme ses points faibles.

  • Equiper en matériel les unités de ces armées

A part l’armement individuel (la fameuse AK47 Kalashnikov qui est sans concurrence si l’on considère le rapport qualité-prix), tous les équipements individuels du combattant des armées africaines  sont fournis par les Etats Unis : tenues de combat, gilets pare-balles, casques, rangers,… Les armées, qui avaient traditionnellement opté pour s ’approvisionner ailleurs (France, pays de l’Est), sont surprises et tenues de s’y conformer lorsqu’elles doivent être déployées  dans des missions de maintien de la paix justement initiées, appuyées et financées par les USA. Chaque soldat doit en effet être drillé pour se mouler dans l’équipement américain et ensuite testé par des instructeurs américains avant d’être admis dans le contingent qui doit partir en mission de l’ONU.

La conséquence est que les Américains contrôlent effectivement et assurent la supervision de la chaîne de commandement et des transmissions de ces armées. Ils connaissent qui est qui, qui fait quoi, comment et avec quoi.

  • Appuis logistiques lors des opérations dans lesquelles ces armées sont engagées.

Les unités de ces armées sont plus encore sous le contrôle américain quand elles sont déployées en mission de maintien de la paix sous la bannière de l’ONU.  Elles  sont en effet équipées par US Army avant leur départ, ravitaillées par elle tout le long de leur mission et s’assure de leur suivi en cas de relève.

Engagement des supplétifs dans les Opérations de maintien de la paix de l’ONU

Comme on l’a vu, l’engagement des armées africaines dans des missions de maintien de la paix en Afrique surtout,  constitue la pierre angulaire de la stratégie militaire des Etats-Unis pour ce continent après la débâcle de Somalie en 1992. La superpuissance ayant renoncé à déployer encore directement ses soldats sur le terrain en Afrique, elle a opté pour l’utilisation des supplétifs que sont  armées de certains régimes des pays de ce continent. Ce faisant, sans risquer de déplorer la vie d’un seul soldat américain, les Etats-Unis peuvent rester maîtres de la situation sur différents théâtres d’opérations en y déployant des troupes de certains pays dits « sûrs » qu’ils paient et équipent. De plus, chacun y trouve son compte car les régimes choisis pour servir de supplétifs y gagnent doublement : leurs militaires sont grassement payés, surtout les hauts cadres, et le régime peut se vanter « d’assurer la paix mondiale » grâce à ses soldats déployés ici et là, où le veulent les Etats-Unis.

Quelques supplétifs sont privilégiés pour ce « contrat » 

Au début, seuls quelques régimes avaient pigé et étaient au parfum de cette nouvelle stratégie américaine qui s’avérera très juteuse.

Ainsi, à la surprise générale, les anciens maquisards tutsi venus d’Ouganda qui s’étaient mués en « Armée Rwandaise » en 1994, furent déployés en force dans différents théâtres d’opérations : au Darfour, en  Côte d’Ivoire, en Guinée Bissau, même en Haïti, au Mali, en Centrafrique, au  Sud Soudan… Bref, partout où les USA voulaient avoir un œil mais sans devoir y envoyer ses propres soldats.

L’Ouganda n’était pas en reste. Ses soldats furent déployés d’abord en Somalie d’où les mêmes Etats-Unis venaient de se retirer humiliés. L’Ouganda de Museveni comme l’Ethiopie de Meles Zenawi qui ont volé au secours pour atténuer la honte des USA en a été grassement rémunéré que ce soit politiquement ou financièrement. Ces soldats furent alors systématiquement déployés en RDC, en Centrafrique, au Darfour ou au Sud Soudan et y restent jusqu’à nouvel ordre et  pour le compte des USA.

Les soldats de l’Ethiopie restent des grands supplétifs des Américains dans la Corne de l’Afrique,  que ce soit en Somalie, au Darfour, ou au Sud Soudan, ils sont le bras armé et l’œil vigilant du Pentagone dans ces régions troublées.

Seulement voilà : le pot aux roses ne tarda pas à être découvert par les autres armées des pays africains. Ces armées veulent aussi leur part du gâteau et appellent leurs gouvernements à tout faire pour qu’elles aussi soient envoyées en missions dites de « maintien de la paix de l’ONU ou de l’Union Africaine », en fait pour qu’elles aussi soient entraînées, équipées et payées par les Etats-Unis ou l’Union Européenne.  Pour occuper tout le monde, il a fallu  multiplier ces opérations quitte à créer des conflits ou en entretenir artificiellement d’autres : RDC, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Burkina, Sud Soudan, Centrafrique, et peut-être prochainement au Burundi (?),…

Ironie du sort et aussi cyniquement que cela puisse paraître, les Africains eux même souhaitent que des conflits éclatent partout en Afrique ou que ceux existants soient entretenus pour continuer à bénéficier de l’argent et de l’équipement des Etats-unis et de l’Union Européenne dans le cadre des « missions de maintien de la paix ».

Cas spécifique du Rwanda après 1994

Les généraux Kabarebe, Nyamvumba et le représentant de l’armée américaine /photo igihe.com

Dans le cas spécifique du Rwanda d’après 1994, faillait-il ou faut-il encore parler de : Armée Patriotique Rwandaise (APR) – Armée Rwandaise ou Rwanda Defense Forces (RDF), autant d’appellations que se sont affublés ou s’affublent les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda qui se sont emparés du Rwanda en 1994,  ou simplement il faudrait les appeler une carrément : « Une milice locale créée et entretenue par les Américains pour être leur bras armée dans la région »?

Face au constat ci-haut, l’armée du régime du FPR au Rwanda ne peut être qualifiée autrement. En effet, les cadres supérieurs sont formés aux USA. Les cadres subalternes sont formés sur place par les Américains. Certaines unités sont exclusivement encadrées par les USA et leur emploi relève d’eux. C’est le cas des fameuses « Special Forces ». Les équipements sont fournis par les USA pour les unités d’appui au Commandement comme les Transmission (Tr),  le Génie (Gn), l’Aviation Légère (Lt Avi). Enfin, en opérations extérieures, le transport des troupes et du matériel est assuré par US Army. Et l’appui en matériel adéquat selon le terrain est assuré par US Army.

Il ne reste donc qu’ à souhaiter que les Etats-Unis ne permettent point  au régime d’utiliser la milice supplétive de l’US Army en Afrique centrale abusivement appelée « Rwanda Defense Force » dans des actions menées par d’autres milices du parti au pouvoir le FPR (Police, DASSO, Intore…) pour réprimer la population innocente quand elle exige plus de liberté et de démocratie. La Superpuissance en serait responsable devant l’Histoire.

Emmanuel Neretse
03/02/2017

 

 

Rwanda. Les piliers immatériels du régime dictatorial de Paul Kagame

kagame clinctonLe régime du FPR qui règne sur le Rwanda depuis 1994 est issu d’une conquête militaire initiée de l’extérieur et imposé  à la population conquise.  Il n’a donc aucune légitimité sauf celle qu’il voudrait se forger et qui repose sur un fait discutable : « avoir arrêté un génocide ». Ce régime cruel et donc forcément impopulaire, est maintenu à bout de bras par tous les moyens possibles et imaginables (juridiques, militaires, diplomatiques, …), contre toute logique, par les puissances qui l’ont pensé depuis leurs bureaux de Washington, Londres ou Bruxelles, et qui ont tenté l’expérience de l’installer au Rwanda.

L’impunité dont les agresseurs ont joui et dont le régime qui en est issu continue de jouir de la part de ce qui est appelé la « communauté internationale » et le traitement de faveur dont il est l’objet, sont devenus scandaleusement historiques.

Dès le départ, l’agression dont fut victime le peuple rwandais le 01octobre1990 de la part des éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda était une  violation flagrante du droit international. L’Etat de l’Ouganda, membre des Nations Unies, venait bel et bien d’agresser le Rwanda lui aussi membre des Nations Unies en l’attaquant avec ses troupes régulières[1]. Non seulement, le Conseil de Sécurité de l’ONU censé trancher dans une telle situation dans sa mission d’assurer la paix ne voulut pas s’en saisir, et une fois saisi, considéra  le cas comme un « conflit interne ». Pourtant, cette agression foulait aux pieds même les principes de l’ONU en matière de réfugiés tels qu’ils devraient être défendu par le  HCR qui est l’une de ses agences. L’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ancêtre de l’actuelle Union Africaine, avait, elle, adopté une Convention  en matière des réfugiés.

La Convention de l’OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, en son article 3, stipule que : « Un réfugié doit d’abstenir de tous agissements subversifs dirigés contre un état membre de l’OUA ».

L’alinéa 2 du même article 3 impose aux états signataires le devoir «  d’interdire aux réfugiés établis sur leurs territoires respectifs d’attaquer un quelconque état membre de l’OUA… ».

Mais simple coïncidence ou bon choix du moment ? En octobre1990, quand le Rwanda fut agressé par l’Ouganda, qui l’a envahi avec des éléments tutsi de son armée régulière, l’OUA était présidée par …Yoweri Museveni, le président de l’Ouganda. Tandis que le Secrétaire Général de cette organisation était un tanzanien du nom de Salim Ahmed Salim. Ce dernier était non seulement lié par alliance aux éléments tutsi de l’armée ougandaise qui venaient d’envahir le Rwanda mais aussi était un ancien collègue de Museveni à l’Université de Dar Es Salaam et étaient restés amis quand Museveni était encore au maquis et Salim Premier Ministre de Tanzanie. C’est donc avec peine que le Rwanda pouvait faire entendre sa voix au sein de l’OUA car si Salim Ahmed Salim n’omettait pas tout simplement de mettre cette question à l’ordre du jour, Museveni s’employait à convaincre ses pairs que la question était interne au Rwanda.

Après quelques mois de guerre, la victime commença à être présentée comme bourreau. Le gouvernement rwandais d’alors fut mis sous pression jusqu’à reconnaitre l’entité politique issue du Corps Expéditionnaire de l’armée de l’Ouganda comme un interlocuteur politique avec qui il devait discuter des affaires du Rwanda. Les pressions unilatérales furent si énormes que le régime Habyarimana dut  céder pour instaurer le multipartisme en plaine guerre (en fait donner libre cours aux complices des agresseurs d’opérer légalement et au grand jour à l’intérieur) ce qui équivalait à se faire harakiri. Et quand vint le moment des négociations avec les agresseurs, leur interlocuteur qui devait être le « gouvernement rwandais » n’était qu’un conglomérat de personnalités dont beaucoup étaient liées aux envahisseurs et d’autres mues par leurs intérêts égoïstes. Ce conglomérat qualifié de « gouvernement de coalition » ne pouvait non seulement pas présenter une position commune et ferme aux agresseurs,  mais encore dénonçait à ceux-ci, ceux des vrais patriotes et républicains démocrates qui tentaient de s’opposer à la conquête. Ils étaient soit politiquement neutralisés, ou alors simplement physiquement éliminés.

Les négociations dites d’Arusha furent donc biaisées et l’Accord qui  en sortit était léonin. Les assaillants du FPR raflaient presque toute la mise que ce soit politiquement ou militairement. Malgré toutes ces concessions, ces assaillants s’en moquaient comme la suite allait le révéler.

Les générauxMarcel Gatsinzi,  Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

Les générauxMarcel Gatsinzi, Roméo Dallaire, et Frank Mugambage

La force de l’ONU dite MINUAR (Mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda) sous le commandement du général canadien  Roméo Dallaire et qui était censée aider à « implémenter » cet accord avait en fait une mission secrète à savoir aider les assaillants venus d’Ouganda à infiltrer la capitale rwandaise et à être prêts à s’emparer des positions stratégiques le moment venu pour l’assaut final.  Cet assaut final fut déclenché le 06 avril 1994 par l’attentat terroriste qui coûta la vie au Président Juvénal Habyarimana et à son homologue burundais Cyprien Ntaryamire et leurs suites quand l’avion qui les ramenait à Kigali fut abattu par deux missiles sol-air tirés par un commando de l’APR, le Corps Expéditionnaire de l’armée ougandaise qui avait envahi le Rwanda en 1990. Aussitôt après, ses éléments installés ou infiltrés dans Kigali commencèrent à se livrer aux assassinats ciblés et à occuper certaines positions stratégiques de la capitale avec l’aide de la MINUAR, tandis que d’autres unités de combat étaient envoyées en renfort depuis l’Ouganda. Le territoire  rwandais fut alors conquis systématiquement, colline par colline, jusqu’ à ce que ce Corps Expéditionnaire qui était venu d’Ouganda en octobre 1990 s’en empare entièrement. C’était en juillet 1994.

Mais cette conquête s’est effectuée au prix de milliers de morts. D’une part, le Corps Expéditionnaire venu d’Ouganda rasait sur son passage des collines entières habitées par des Hutu. D’autre part, certains Hutu dans la panique et le chaos généralisé, s’en prenaient  aux Tutsi ayant envoyé leurs enfants en Ouganda grossir les rangs des assaillants ou ayant manifesté des sympathies envers eux.

Paradoxalement, après la conquête du Rwanda par ces éléments tutsi mais de nationalité ougandaise car membres de son armée régulière, la Communauté Internationale (en fait les puissances qui ont pensé et décidé du sort du Rwanda) a mis les victimes de cette conquête sur le dos de la population conquise en l’accusant d’avoir commis « un génocide » ! Pire encore, cette même « Communauté Internationale » semble avoir avalisé la tentative des conquérants de se donner une quelconque légitimité. En effet, les conquérants venus d’Ouganda ne disent pas dans leurs discours officiels qu’ils ont conquis le Rwanda par les armes venant d’Ouganda,  mais ils disent qu’ils seraient venus pour « y arrêter le génocide » !

Face à ce constat, on peut alors se demander pourquoi  en est-on arrivé là. Pourquoi cet aveuglément de certaines puissances jusqu’à ériger le mal en vertu quand il s’agit du Rwanda et persévérer dans l’erreur contre toute logique ?

Dans les capitales des puissances qui décidaient  du sort du monde en 1990, le cas du Rwanda a été pris comme un cobaye de laboratoire avec ce postulat: peut-on faire revenir la minorité au pouvoir dont elle fut chassée 30 ans auparavant ? La réponse des analystes fut : « OUI, à condition  de la soutenir militairement et de ne pas tenir compte des ‘‘dégâts collatéraux’’ » (massacres interethniques qui accompagneraient la conquête et les représailles qui la suivraient). Le feu vert fut donc donné avec ordre de tout faire pour que la minorité soit réinstallée au pouvoir au Rwanda quels que soient les dégâts collatéraux. La mise en exécution de cette décision fut la guerre enclenchée en 1990 et son aboutissement en1994.

Le régime actuel installé au Rwanda en 1994, constitue donc un bébé-éprouvette né dans les labos des puissances occidentales. Celles-ci doivent tout faire pour qu’il ne meurt pas prématurément,  pour qu’il grandisse. Elles continuent de tout faire pour que ce régime artificiel s’affirme. Son échec, serait un échec personnel de ceux qui l’ont conçu. Insupportable tant qu’ils en auront les moyens.

Quelles en sont les piliers immatériels ?

Les médias et les ONG: Les puissances « faiseurs de rois » à travers le monde mais surtout en Afrique savent qu’aucun régime ne peut survivre s’il est la cible des grands médias internationaux et si les ONG sous leurs contrôles l’accusent systématiquement. De même, elles savent que tant qu’un régime même le plus dictatorial, le plus criminel, le plus corrompu d’Afrique, tant qu’il a les médias de son côté qui ne présentent que la belle facette de sa nature et même en exagérant et en même temps que les principaux ONG ne peuvent oser critiquer ou produire des rapports recommandant des sanctions, ce régime ne pourrait être renversé par ses éventuels opposants.

Dans le cas du régime installé au Rwanda en 1994, comment fonctionnent ces piliers (médias et ONG) ?[2]

Les grands médias du monde peuvent être rangés dans trois catégories : ceux qui sont sous le contrôle étatique, ceux qui appartiennent aux  magnats de la presse mondiale  et enfin ceux qui peuvent être qualifiés « d’indépendants ».

génocideLes médias sous contrôle étatique reçoivent tout simplement des consignes indiquant ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire concernant tel ou tel pays. En ce qui concerne le Rwanda par exemple ce n’est pas la RTBF ou France 2 qui oseront contredire les thèses officielles du régime Kagame.

Tandis que les médias sous contrôle des lobbies pro-tutsi et qui sont les plus nombreux et les plus puissants, leur ligne éditoriale est imposée en avance par les magnats de la presse à qui ils appartiennent. Ainsi par exemple RTL, France24, CNN,… pour se limiter à l’audiovisuel, ont comme ligne éditoriale, non seulement de ne jamais critiquer le régime du FPR de Kagame mais encore de faire sa promotion à toute occasion qui s’offrirait.

Enfin, les médias dits « indépendants » sont chaque fois approchés par les lobbies pro-tutsi qui leur indiquent comment se comporter face au régime de Kagame moyennant payement. Ils deviennent alors des caisses de résonnance de ces lobbies.

En ce qui concerne les ONG, il faut savoir que celles-ci sont financées par certains états souvent ceux-là même qui ont décidé de tenter l’expérience du FPR au Rwanda. C’est dans cette catégorie qu’il faut classer les agences de l’ONU et ses Commissions aux titres ronflants mais vides de sens : « Commission des Nations Unies aux Droits de l’Homme, de l’Enfant, de la Femme etc… ». Elles ne sont que des instruments des puissances qui les financent et ne dénoncent que ceux qui sont pointés du doigt par ces puissances. Quant aux autres ONG, elles sont financées par les magnats de la finance ou des célébrités politiques et médiatiques qui, souvent ont été mis en contact avec Paul Kagame par l’intermédiaire des mêmes lobbies à la base de la conquête du Rwanda (George Soros, Bill Clinton, Tony Blair…).

Conclusion et recommandations

On ne peut prétendre renverser un tel régime sans d’abord s’attaquer aux piliers qui le soutiennent. Tant que l’opposition ne sera pas à mesure de dénoncer dans les médias les crimes et autres violations des droits de l’homme du régime du FPR de Paul Kagame, et tant que ces médias ne  pourront pas en faire écho dans l’opinion, tout effort pour le renverser ou le faire infléchir sera vain car non justifié devant l’opinion. De même, tant que les Organisations de défense des droits de l’homme ne dénonceront pas les violations que commet le régime du FPR de Paul Kagame et ensuite recommander des sanctions comme elles sont promptes à le faire pour des régimes beaucoup plus démocratiques (Burundi, RDC,…), le régime continuera à agir impunément. Car, contrairement aux apparences, le régime du FPR de Paul Kagamé est très fragile car bâti sur ces deux piliers : le mensonge et la dissimulation. Ce régime ne tiendrait pas quelques mois face à une campagne médiatique de dénonciation publique de ses crimes et violations des droits de l’homme. On a vu comment une seule émission d’un seul média britannique l’a fait trembler sur ces bases. On s’imagine ce qu’il adviendrait si chaque soir toutes les télévisions du monde diffusaient des reportages dénonçant ces crimes. Ensuite, vivant essentiellement des aides extérieures dispensées sans compter et sans condition, le régime ne survivrait pas à des sanctions, même ponctuelles, de certaines puissances. On a vu comment, à la suite de menaces de sanctions pour son soutien au M23, l’atmosphère était à la panique à Kigali, ce qui l’a contraint à le lâcher.

Toute opposition devrait donc se donner pour objectif (même platonique) et s’en donner les moyens,  de tout faire pour que les crimes du régime du FPR de Paul Kagame soient dénoncés dans les médias et que les ONG demandent que des sanctions soient prises contre ce régime. Les formations de l’opposition ont suffisamment de cerveaux qui peuvent étudier comment contourner ou escalader le mur qui protège le régime du FPR de Paul Kagame contre toute critique et toute dénonciation de ces crimes. Les autres moyens de lutte seraient alors alignés dans la foulée mais pas avant, sinon ce serait « mettre la charrue avant les bœufs ».

Emmanuel Neretse


[1] Le Corps expéditionnaire qui a envahi le Rwanda le 01 octobre 1990  était commandé par des officiers de l’armée régulière de ce pays et qui occupaient encore des hauts postes de commandement dans l’armée.

  • Maj Gen Fred Rwigyema : Vice-ministre de la Défense de l’Ouganda;
  • Maj Chris Bunyenyezi : Commandant de Brigade Est en Ouganda ;
  • Maj Peter Bayingana : Chef du Service de Santé de l’armée ougandaise ;
  • Maj Paul Kagame : Directeur Adjoint des Renseignements militaires de l’Ouganda ;
  • Maj Samuel Kanyemera alias Kaka : Commandant de la Police Militaire, Kampala ;
  • Lt Colonel Adam Waswa : Chef des Services Logistiques de l’Armée, Ouganda ;
  • Maj Nduguteye alias Kalisoliso : Commandant de la marine, Ouganda ;
  • Maj Bosco Nyirigira : Commandant 310 Brigade, Soroti, Ouganda ;
  • Capitaine Kayitare : Aide de camp du Maj Gen Rwigyema ;
  • Capitaine Muhire : Officier dans la Garde Présidentielle de Museveni
  • Capitaine Ngoga : Officier dans la Garde Présidentielle de Museveni.

Avec de tels grades et rangs dans l’armée régulière de l’Ouganda, il serait farfelu de devoir faire des recherches sur l’origine de leurs parents pour déterminer s’ils étaient ou non « Ougandais » et donc exonérer l’Etat ougandais d’avoir agressé l’Etat rwandais. C’est pourtant ce à quoi se sont adonnées l’OUA et l’ONU et l’ont réussi.

[2] Les médias engagés pour le régime tutsi du Rwanda. Audio-visuel : France 24 (France), TV5 Monde (France), RFI (France), RTBF (Belgique), RDI (Canada), CNN, (USA), VOA (USA), BBC (GB), DW ((Allemagne). Presse écrite : Libération (France), Le Figaro (France), Jeune Afrique (France), The New York Times (USA) Washington Post (USA), Le Soir (Belgique), La Libre Belgique (Belgique).

Les ONG complices du régime tutsi du Rwanda : FIDH (France), Survie (France), LICRA (France), SOS Racisme (France), Amnesty International (GB), HRW (USA).  Les agences de l’ONU comme : le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDR), la Cour Pénale Internationale (CPI).

Rwanda. 2016 : Année des « Hutu de service » !

Introduction 

musa-fazilDepuis la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda en 1994 après près de quatre ans de guerre meurtrière, les nouveaux maîtres du pays ont instauré un régime atypique dont l’étude de certaines de ses caractéristiques  n’est pas sans intérêt.

D’un côté, le groupe tutsi ayant désormais le pouvoir politique absolue au Rwanda entendait aussi dominer tous les autres secteurs essentiels de la vie nationale : défense et sécurité, système judicaire, économie, éducation … Mais d’un autre côté, cette clique venue d’Ouganda avaient besoin de bras  ne fut ce que pour faire marcher  un tant soit peu ces secteurs.  Pour concilier ses exigences mais aussi pour donner le change à l’opinion internationale que le  vainqueur tutsi a eu l’amabilité d’associer le Hutu vaincu  à la gestion du pays, certains Hutu seront associés symboliquement, mais de façon ostentatoire, au pouvoir.

Outre l’aspect médiatique et propagandiste de cette association des Hutu au pouvoir, plus grave et plus cynique est son côté politique et social. Le régime tutsi entendait en effet user de cette association de quelques Hutu au pouvoir  pour expérimenter et implémenter la politique de déshumaniser tout Hutu  par l’humiliation et  par l’auto culpabilisation et la culpabilisation collective de la communauté hutu.

Ces cobayes hutu, généralement appelés « Hutu de service », doivent rivaliser de zèle pour :

  • Adorer leurs maîtres tutsi ;
  • Dans la campagne de culpabilisation collective de la communauté hutu ;
  • Dans l’auto-flagellation.

Tout le long du règne de la clique tutsi de Paul Kagamé depuis 1994, cette campagne a toujours été entretenue sous diverses formes et dans divers occasions. Le paroxysme  a été atteint en cette année 2016 comme nous allons le voir.

Voici un florilège des cas illustratifs de la dérive des « Hutu de service » :

  • Mussa Fazil Harelimana

mussa-fazil-harerimanaCet homme fut longtemps ministre soi-disant pour le compte de son petit parti : le Parti Socialiste Islamique (PSI). Il a commencé à étonner quand, en préparation d’une des simulacres d’élections que le régime organise, il a juré que son parti ne peut jamais oser présenter un candidat contre Paul Kagame.

L’on se souviendra ensuite que c’est le même Fazil Harelimana qui a lancé pour la première fois l’idée de collecter des pétitions en vue d’un référendum devant permettre à Paul Kagamé de rester président tant qu’il voudra. Il avait alors avancé l’argument comme quoi Paul Kagame avait acquis le Statut de « Baba wa Taifa » ce qui veut dire «  Père de la Nation » en langue swahili et que donc les élections ne le concernaient pas.

Ce « Hutu de service » d’un genre particulier étant donné son appartenance religieuse, n’est plus ministre, non pas qu’il fut remplacé mais parce que son département (Sécurité Nationale ayant en charge les prisons…) a été rattaché aux autres et donc a disparu. On entendra donc sûrement encore parler de lui.


A lire aussi : 

–  RWANDA : UNE ILLUSTRATION DU PHÉNOMÈNE « HUTU DE SERVICE »
–  RWANDA : LE POSTE D’AMBASSADEUR, UNE PORTE DE SORTIE POUR LES «HUTU DE SERVICE» ?
DILEMME DES « HUTUS DE SERVICE »


 

  • Jean Philibert Nsengimana

philbert-nsengimanaCe jeune homme d’une quarantaine d’années dont plus de cinq comme ministre de Paul Kagamé semble être le plus gravement atteint par cette campagne de déshumanisation et de chosification des jeunes cadres hutus. C’est en effet une cible vulnérable et symbolique du régime tutsi. Son père Joseph Bugingo, fut Bourgemestre de la Commune Gisovu à Kibuye de1976 à 1992. Il fut caractérisé par son humanité, son souci du bien-être et du développement de ses administrés sans distinction tout au long de son mandat à la tête de cette commune rurale.

Après la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda, Joseph Bugingo, tout comme d’autres anciens bourgmestres qui n’ont pas pu fuir ou qui ont été ramenés de force fut jetés en prison. Aucun crime ne lui était reproché sauf le fait d’avoir été bourgmestre sous le régime Habyarimana.  Hélas !, il mourra en détention au moment même ou son fils Jean Philibert Nsengimana était fait « ministre ». Ce dernier reçut alors consigne de ses maîtres de condamner publiquement son défunt père et de regretter d’être né de lui.

Et au passage, il loue l’action des conquérants tutsi qui, selon lui, l’ont libéré en emprisonnant à mort son papa et en même temps en le faisant, lui J Philibert Nsengimana, « ministre ». C’est le discours qu’il tient partout où il se rend dans les coins du pays surtout quand il doit y rencontrer des jeunes. Rien de pire que cela comme humiliation et déshumanisation.

  • Evode Uwizeyimana

Il est le plus rotors mais aussi le plus farfelu de ces « Hutu de service ». Ce jeune homme avait volé au secours de la victoire des éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda qui venaient de conquérir le Rwanda en 1994.  Il y resta jusqu’à la déconvenue de son mentor d’alors Faustin Twagiramungu de 2003.

uwizeyimana-eEvode Uwizeyimana se retrouvera alors au Canada d’où il poursuivit des études de Droit. Il se rendra surtout célèbre dans ses interventions sur les grandes radios du monde comme BBC ou VOA comme consultant et commentateur en matière judiciaire. Sa dernière action en exil fut la mise sur pied d’un comité (club) du tout nouveau  parti de Faustin Twagiramungu au Canada : le  « Rwanda Dream Initiative (RDI) ».

On retrouvera ensuite sa trace à Kigali faisant allégeance à ceux qu’il appelait sur les ondes de la BBC : « des bandits armés s’étant emparés du pays » en justifiant cette volte-face par son retard à l’allumage (compréhension de la réalité). Vulnérable qu’il était, après une brouille familiale, le FPR n’a pas fait d’efforts pour le repérer et le classer dans une catégorie bien définie.

Moins de deux ans après son retour, il vient d’entrer au gouvernement comme « Secrétaire d’Etat ». L’occasion pour monter qu’il est véritablement dans la peau d’un « Hutu de service » comme souhaité par ses maîtres lui fut donnée lors de la dernière réunion dite « Dialogue national » Umushyikirano. L’Evêque de Byumba, Monseigneur Servilien Nzakamwita, a attiré l’attention de l’assistance sur la problématique de la cellule familiale rwandaise afin de trouver des voies et moyens pour maintenir sa cohésion, ce qui constitue aussi un des volets de la sécurité dans toute société. C’est alors que le bouillant et imprévisible Evode Uwizeyimana s’est levé pour asséner à Monseigneur Servilien Nzakamwita qu’il ne devrait pas parler de famille car il n’en avait pas fondé ! Il ne saurait donc rien des problèmes des couples en famille.

A cette sortie, beaucoup dans la salle ont retenu leur souffle, mais les autres y ont vu un signe des temps. Il n’est pas en effet courant qu’un membre du gouvernement fasse taire une autorité morale qui parle des problèmes touchant son domaine pour lui clouer le bec au prétexte qu’il n’a pas vécu l’expérience ou ne se trouve pas dans la peau de ceux qu’il veut défendre.  Mais les vrais tenants du pouvoir riaient sous cape car l’Evêque ne pouvait pas être publiquement confondu par un homme politique bien élevé mais cette sale besogne est toujours confiée aux « Hutu de service » de la trempe d’Evode Uwizeyimana qui de ce fait sont perçus comme sans aucune moralité.

  • Olivier Nduhungirehe

ndungirehe-oIl est le plus zélé parmi les jeunes « hutu de service » mais son excès de zèle commence à embarrasser même ses maîtres. Ce garçon né en 1976 avec une cuiller d’argent dans la bouche (son père était alors Ministre de l’Economie et des Finances de Juvénal Habyarimana  depuis 1973 et restera au gouvernement pendant plusieurs années), ne supportera pas la vie d’un exilé même doré en Belgique après la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda en 1994.

Pour avoir de  nouveau accès aux lambris du pouvoir, il fit allégeance aux nouveaux maîtres du pays et comme gage, il leur adressa des remerciements et même présenta des excuses de la famille, pour avoir assassiné son petit frère Janvier Jean Cyriaque Nduhungirehe qui fut fusillé devant le portail de la résidence familiale à Kigali en avril 1994 par les combattants du FPR.

Pour Olivier Nduhungirehe, en allant sur une barrière (en fait le portail de la propriété familiale) Janvier Nduhungirehe devenait un « Interahamwe » et donc devait être abattu par les combattants tutsi. Devant une telle déshumanisation et un tel cynisme, il fut admis parmi les tout nouveaux « Hutu de service ».

Il vient de monter en grade car nommé « Ambassadeur du Rwanda auprès du Royaume de Belgique du Grand Duché du Luxembourg et de l’Union Européenne… ». J’en oublie !

Dès sa prise de fonction, il multiplie des actes qui gênent non seulement ses hôtes et ses compatriotes en Belgique mais également ses maîtres de Kigali. Toujours pour montrer qu’il est le plus dynamique et le plus intelligeant des ambassadeurs, il multiplie des meetings politiques dans tous les coins du pays dans lequel il est accrédité non seulement sans aviser les services locaux mais surtout sans se soucier de ce que ce genre de meetings politiques du parti au pouvoir sortent de ses missions. De même, à travers les réseaux sociaux et autres canaux de communication, il échange, à longueur de journée, des noms d’oiseaux avec ceux qu’il perçoit comme des opposants au régime de Paul Kagamé et va même jusqu’à leur adresser des menaces («  les  mettre hors d’état de nuire »).

Comme si cela ne suffisait pas, le bouillant ambassadeur Olivier Nduhungirehe se croit avoir le droit de parler au nom de toutes les autres représentations diplomatiques du Rwanda en Europe. On l’a vu dernièrement quand il s’est égosillé pour expliquer ce qui s’était passé à l’ambassade du Rwanda à Paris quand un opposant au régime, l’abbé Thomas Nahimana, voulait rentrer au Rwanda pour faire enregistrer son parti. Pourtant, l’ambassadeur en titre à Paris, le tutsi Jacques Kabare qui, de ce fait, a un avis qui est plus autorisé que celui du « Hutu de service » Nduhungirehe, n’avait pas réagi.

De même, Nduhungirehe n’a pas hésité ou n’a même pas pris un petit recul pour trouver des explications au refus d’entrée au Rwanda dont furent victimes l’abbé Thomas Nahimana et son équipe. Il s’était alors fendue en explications juridico-administratives pour prétendre que le refus d’entrée était régulier et totalement justifié. Mais il n’avait pas fini d’embobiner l’opinion qu’il s’est fait taper sur les doigts par son Grand Maître Paul Kagame, lui-même qui, publiquement, a avoué ne pas comprendre le bien fondé de ce refus. Le tonitruant ambassadeur Olivier Nduhungirehe en prendra peut-être compte à sa prochaine sortie. Ce qui n’est pas acquis, le connaissant !

Conclusion

Mais pourquoi en cette année 2016, les « Hutu de service » ont-ils touché vraiment le fond dans leur humiliation et auto-criminalisation conduisant tout droit à leur déshumanisation assurée ? La réponse pourrait peut-être être trouvée dans le calendrier des événements attendus.

En effet, l’année 2017 sera marquée par les simulacres d’élections marquant l’instauration d’une nouvelle monarchie féodale au Rwanda entamée par la dynastie «  Kagame ». Les « Hutu de service » sont donc  appelés à faire avaler la pilule au peuple déjà déboussolé depuis 23 ans mais qui croyait toujours être sorti de la féodalité en1959.

Malgré tout : Bonne et Heureuse Année 2017.

Emmanuel Neretse

Rwanda. A quoi rime le débauchage politique des opposants radicaux en exil par le régime du FPR?

Albert Rukerantare prenant la parole à Kigali ce 16/12/2016 dans la rencontre du dialogue national

Albert Rukerantare prenant la parole à Kigali ce 16/12/2016 dans la rencontre du dialogue national

Depuis sa prise du pouvoir dans du sang et des larmes car au prix des milliers de morts et des millions d’exilés, le régime du FPR, toujours en quête de quelque légitimité, a adopté une stratégie politique visant à recruter quelques personnalités parmi l’opposition en exil. Il ne se passe pas d’année sans que de Kigali on n’annonce l’arrivée d’un ancien opposant hutu virulent qui vient de faire allégeance à Paul Kagame après avoir maudit publiquement ce qu’il défendait et quelques fois en demandant pardon pour des crimes qui auraient été commis par ses proches. Le rituel est immuable. Passé le moment de stupeur et le choc que produit cette nouvelle dans les milieux de l’opposition, la routine s’installe jusqu’à l’annonce d’une prochaine prise du régime du FPR. Ce phénomène est non seulement inquiétant mais aussi destructeur qu’il ne doit pas être laissé dans la routine de la vie politique.

Cet article se propose d’analyser en peu de mots ce phénomène afin que chaque fois il soit évalué à sa juste valeur et que les éventuels cibles puissent se décider en connaissance de cause.

Les personnalités- cibles sont des personnes jouissant d’une certaine notoriété dans les milieux des exilés soit par leurs actions passées, soient par leurs activités comme réfugiés soit alors les deux. Elles sont pour la plupart liées directement ou indirectement au régime de Juvénal Habyarimana. Elles peuvent à un certain moment être considérées comme vulnérables suite aux problèmes sociaux ou professionnels qu’elles connaissent.

Ce que les personnalités-cibles ne sont pas.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, elles ne sont pas du tout redoutées par le FPR. Bien plus, elles sont considérées comme inutiles pour le FPR que ce soit à l’étranger mais aussi au Rwanda même. Leur chasse est uniquement motivée par la propagande politique.

Buts stratégiques du FPR

Pour sa propagande destinée à la consommation interne, le FPR a besoin de temps en temps de brandir à Kigali le trophée d’un ancien opposant hutu qui vient faire allégeance et à qui on fait dire que le régime est le meilleur du monde. Une façon pour le FPR de dire aux populations sous son joug depuis 1994 que même les leurs qui étaient parvenus à le fuir  n’on plus d’autres choix que de revenir se soumettre. C’est d’un cynisme diabolique. L’autre but est bien évidemment de ridiculiser les formations politiques de l’opposition en exil, en les présentant comme « non sérieuses et sans aucune cohérence dans leur idéologie ». Et en passant, ces opposants sont de plus en plus divisés suite à ces défections.

Les gains ou pertes de chaque partie 

Les personnalités-cibles

Gains financiers : NEANT. On  a vu plus haut que ces personnalités-cibles sont inutiles au FPR. En effet, elles ne peuvent rien réaliser au profit du FPR que ces propres agents ne peuvent réaliser. Que ce soit dans les milieux des exilés hutu et encore moins au Rwanda. Ses services assurent depuis toujours qu’ils ont des yeux jusque même dans les organes dirigeants de ces partis d’opposition et d’autres associations, qu’avant chaque réunion le FPR en connaît déjà l’ordre du jour quand il n’a pas été établi par lui…Et alors, dans ces conditions , pourquoi encore payer une personnalité qui, quand elle fait publiquement allégeance à Kagame, est ipso facto brûlée chez les opposants ? Le payer pour faire quoi ?

Gains politiques : NEANT. Les personnalités cibles ne gagnent politiquement rien en faisant allégeance au régime. Au contraire elles y perdent énormément car elles n’auront plus aucune crédibilité que ce soit au sein du FPR et encore moins dans les milieux de l’opposition. D’ailleurs s’elles ne se résolvent très vite à aller résider au Rwanda elles seront mises en quarantaine et la vie en exil leur sera difficile. L’allégeance à Paul Kagame et son régime signifie pour elles la mort politique.

Evode Uwizeyimana prenant la parole lors des assises du dialogue national à Kigali le 16-12-2016

Evode Uwizeyimana prenant la parole lors des assises du dialogue national à Kigali le 16-12-2016

Gains sociaux ou professionnels : RELATIFS. Si la personne n’est pas ou n’est plus compétitive sur le marché du travail au Rwanda, même dans le secteur public, elle n’y gagnera rien professionnellement. Elle pourrait certes obtenir un strapontin politique d’apparat mais sans garantie de ne pas être jeté en prison du jour au lendemain et qui ne vaut pas le prix de sa conscience qu’elle aura vendu.

Le régime du FPR

Chaque fois que le FPR parvient à retourner un opposant en exil, il engrange des gains politiques et médiatiques énormes. Il impressionne sa population soumise depuis 1994, il ridiculise les organisations de l’opposition, il sème la zizanie et la méfiance parmi les opposants exilés, bref il gagne sur tous les fronts. Rien d’étonnant donc qu’il consacre des moyens colossaux à cette pêche aux exilés hutu pour faire tomber dans sa nasse une personnalité qui sera présentée comme « un ancien opposant hutu radical et virulent » qui vient de se repentir !

Conclusion

Le phénomène de débauchage des opposants en exil par le FPR n’est pas aussi banal que ça. Les formations politiques de l’opposition devraient l’intégrer dans leur stratégie de résistance. Individuellement, chaque personnalité politique pouvant être ciblée par la chasse du FPR devrait avoir une réponse claire sous la main à opposer à ces sollicitions, réponse qui ne lui met pas en danger mais aussi qui  ne lui fasse perdre tout respect et toute crédibilité  dans sa communauté.

Emmanuel Neretse

 

 

Compromission ou déchéance morale des intellectuels africains ? Le cas du Rwanda

 ndungirehe-o« Et d’ailleurs, pourquoi diable la limitation de mandats présidentiels ne concernerait-elle que les seuls pays africains ? Pourquoi, lorsque la Chancelière allemande Angela Merkel se présente pour un quatrième mandat, personne ne bronche ? » (Amb.O Nduhungirehe, DHR, 08/12/2016)

Olivier Nduhungirehe est actuellement ambassadeur du Rwanda en Belgique  et au près de l’Union Européenne.

Voilà où peut conduire des ambitions politiques de certains « intellectuels » : vers leur abrutissement total et à la déchéance morale.

Voici un jeune homme que l’on voulait nous présenter comme un « diplomate dynamique et brillant »  ayant reçu une solide formation « à la belge » dès l’école maternelle (Ecole belge de Kigali, Université Catholique de Louvain) et qu’en tant que juriste de formation son avis sur les aspects juridiques serait des plus avisés.  Que nenni : il n’hésite pas à justifier les errements de son dictateur de président Paul Kagame qui visiblement l’a lavé le cerveau en essayant de semer la confusion dans  l’opinion publique sur les notions de « régime parlementaire » dans une démocratie comme en Allemagne et de « régime présidentiel »  dans une dictature comme celle du général Kagame du Rwanda.

Même  si l’enfant de ministre qu’est Olivier Nduhungirehe pouvait brosser certains cours à la Facultés de droit de l’UCL notamment celui facultatif de « Sciences politiques » comme il apparaît, il devrait quand-même maintenant qu’il est « Ambassadeur » dans la même Belgique où il a étudié  se garder d’étaler les conséquences des cours qu’il a séchés car il était de toute façon sûr d’avoir son diplôme.

Tout citoyen allemand sait qu’il ne vote jamais pour telle ou telle personne au poste de Chancelier ou Chancelière. Il vote pour un parti et c’est le parti (ou la coalition) qui a la majorité au parlement qui désigne le Chancelier. Si Angela Merkel peut exercer autant de mandats c’est à condition que son parti la désigne et que celui-ci puisse réunir la majorité au parlement (Bundestag). Par contre, si même un mois après sa réélection, elle ne disposerait plus de majorité au Bundestag, elle tomberait immédiatement. Ce qui est inconcevable dans un régime présidentiel où le chef de l’exécutif est élu directement par le peuple et doit terminer son mandat même sans majorité. Tout citoyen européen moyen pour peu qu’il s’intéresse aux affaires politiques de ce continent comprend parfaitement cet état de chose et ne serait confondre le régime allemand au régime français et encore moins à certains régimes africains.

Mais le rwando-belge Olivier Nduhungirehe, le plus « intelligent et le plus au fait des affaires européennes des diplomates rwandais » ose se déshonorer en justifiant les manœuvres du dictateur Paul Kagamé  pour se maintenir indéfiniment au pouvoir par l’exemple allemand en citant Angela Merkel qui briguerait autant de mandat qu’elle souhaiterait.  Quelle honte ! Comment expliquer cette dérive ou plutôt cette déchéance morale et intellectuelle ?

C’est ici qu’il faut souligner la nocivité du régime qui s’est abattu sur le Rwanda en 1994 . Non seulement il a physiquement tué plusieurs intellectuels hutu, mais surtout il s’est employé et s’emploie encore à tuer « moralement » des cadres hutu qui, même après la fin du cauchemar  FPR,  ne seront que des « zombies » comme le jeune Olivier Nduhungirehe ou des « loques humaines » comme les Pasteur Bizimungu ou Augustin Iyamuremeye .

Mais la nocivité du FPR ne s’arrête pas là. C’est en effet à ces « zombies et loques humaines » qu’il charge de déboussoler et de semer la confusion parmi les autres jeunes rwandais qui ont soif de connaitre la vérité sur leur pays. En Europe et en Belgique en particulier ils  ne tombent que dans les mains des dévoyés comme Olivier Nduhungirehe qui a reçu tous les moyens ad hoc pour les égarer.

Rien ne devrait être épargné pour mettre en garde les cibles potentielles du FPR qui sont dans le collimateur des intellectuels dévoyés comme Olivier Nduhungirehe et qui ne reculent devant rien pour contenter leurs maîtres.

Emmanuel Neretse

 

L’Afrique a commencé à être recolonisée sous une nouvelle forme depuis 1990

afrique-carteLa nouvelle forme de colonisation de l’Afrique initiée après la chute du mur de Berlin est désormais d’usage courant. Cas illustratifs du Rwanda et de la République Démocratique du Congo.

Avec la fin de la guerre froide symbolisée par la chute du mur de Berlin en 1989  et la désintégration de l’ancienne URSS qui s’en est suivie, le camp occidental mené par les Etats-Unis d’Amérique eut le contrôle total sur les affaires du monde. Il lui fut donc logiquement loisible d’ initier une nouvelle forme de colonisation en Afrique d’autant plus que ce pays ce pays l’Oncle Sam n’avait pas été convié à Berlin en 1885 quand l’Europe se partageait l’Afrique. L’ancienne colonie britannique d’outre atlantique n’était pas encore une puissance jouissant des mêmes prérogatives que les grands pays européens qu’étaient alors la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne de Bismarck et dans une moindre mesure l’Espagne et le Portugal. Mais la Première Guerre Mondiale allait se terminer en révélant les Etats-Unis comme une puissance montante dont aura besoin l’Europe vieillissante. La fin de la Deuxième Guerre mondiale allait non seulement affermir les Etats-Unis comme une Grande Puissance mais surtout comme une puissance désormais protectrice de l’Europe Occidentale et donc seule Maître de la stratégie militaire et de la politique étrangère de ces vieux pays. C’est donc en toute logique que les mêmes Etats-Unis d’Amérique puissent exiger que l’Afrique dont ils étaient absents au XIXè siècle puisse être recolonisée selon une nouvelle forme inventée par les mêmes Américains.

Principe

Comme toujours, les Américains sont pragmatiques et leurs formulations simples. Il s’agira de faire contrôler les états africains par les Multinationales occidentales sous conditions suivantes :

Les pouvoirs politiques locaux sont confiés aux supplétifs, eux-mêmes remplissant certaines conditions et ayant des caractéristiques suivantes :

– Sans assises populaires
– Souvent des personnalités complexées et coupables de crime graves
– Ayant en permanence besoin des puissances occidentales pour survivre médiatiquement et jouir de l’impunité

Première expérience réussie : Rwanda 1990-1994

Ayant besoin d’une tête de pont pour conquérir le Zaire (actuellement la République Démocratique du Congo), la Superpuissance a choisi un petit territoire situé à l’Est de ce grand pays regorgent de richesses naturelles pour en faire un centre opérationnel permanent pour contrôler le Zaïre-Congo et toute la région. Pour trouver les supplétifs locaux, ils n’ont pas cherché loin. Le gros des rebelles ougandais qui venait de s’emparer du pouvoir à Kampala en 1986 était constitué de Tutsi originaires du Rwanda et qui seraient ravis de reconquérir par les armes le pays de leurs ancêtres. Ce fut un jeu d’enfants pour la toute superpuissance qui les y a amenés en moins de quatre ans. En juillet 1994, les descendants des féodaux monarchistes tutsi qui avaient été déchus de leurs prérogatives royales et qui ont préféré fuir le pays, se rendaient de nouveau maîtres du Rwanda sous la houlette d’un certain Paul Kagame . Celui-ci était non seulement un officier de l’armée ougandaise formé aux Etats-Unis, mais surtout un membre de la dynastie tutsi qui avait régné sur le Rwanda jusqu’en 1959. Son père Rutagambwa était en effet un apparenté du roi Mutara Rudahigwa mort en juillet 1959. Juillet1959-juillet 1994 : la boucle était donc bouclée.

Depuis lors, Paul Kagame règne en dictateur absolu sur le Rwanda sans que la presse occidentale ou les ONG qui se disent de défense des Droits de l’Homme osent dénoncer ses crimes .Tout ce monde est simplement tenu en respect par la Superpuissance qui, pour ce faire, instruit ses pays satellites de faire gaffe à ne pas dénoncer la nature dictatoriale du régime de Paul Kagame et surtout pas ses crimes. Et ils s’exécutent.

Le grand laboratoire que constitue la RDC :

Après l’installation du tutsi Paul Kagame sur le trône rwandais et ayant ainsi un bras armée dans la région sous couvert d’un pseudo-Etat souverain qu’est le Rwanda, la Superpuissance pouvait alors procéder facilement au renversement du Maréchal Mobutu en utilisant le même Kagame. C’est ainsi qu’en mai 1997, un certain Laurent Désiré Kabila fut installé dans le fauteuil présidentiel à Kinshasa avec comme Chef d’Etat major de l’Armée un certain James Kabarebe auparavant aide de camp de Paul Kagame pendant la conquête du Rwanda et plus tard Ministre de la défense de ce pays.

Laurent Désiré Kabila avait été installé au pouvoir à Kinshasa à titre de figurant espère-t-on. Mais après un laps de temps (1997-2001), ceux qui l’avaient amené le jugèrent « incontrôlable » et il fut éliminé en janvier 2001.

Il fut remplacé par son fils Joseph Kabila jugé plus malléable d’autant plus qu’il était non seulement trop jeune, inculte et qu’il n’avait pas mis le pied au Congo que trois ans auparavant sans le connaître et sans parler aucune des langues vernaculaires de ce large pays. Le règne de Joseph Kabila, jugé compatible avec la nouvelle donne durera de 2001 à 2016

Son bail touchant à sa fin, il est question de trouver, parmi les cadres politiques congolais assoiffés de pouvoir, ceux qui joueraient le jeu des nouveaux colons que sont les multinationales : les camps de Moïse Katumbi et EtienneTshisekedi sont en bonne position.

En récompense des services rendus, Paul Kagame continuera et aura même de meilleures occasions d’occuper et de piller les deux Kivu. En encourageant et en laissant le chaos s’installer dans les deux Kivu après le mandat de Joseph Kabila, plus précisément dès décembre 2016, les multinationales offriront ainsi l’Est de la RDC aux Tutsi de Paul Kagame sur un plateau d’or.  Voilà où l’on en est à la veille du Jour « J » , quand la guerre généralisée va se déclencher en RDC principalement à Kinshasa pour y chasser Joseph Kabila et au Nord et Sud  Kivu pour y faire intervenir «  officiellement » les troupes tutsi de Paul Kagame qui ne feront pas que piller l’Est de la RDC mais aussi auront à cette occasion un créneau pour intervenir au Burundi pour y installer un régime « à la rwandaise » comme c’est le rêve de la Superpuissance et de ses satellites d’Europe occidentale.

Face à cette tragédie, les Multinationales se frottent les mains car leurs concessions et leurs personnels sont gardés par des milices privées grassement payées et surtout par les 20.000 hommes de la MONUSCO qui ne font que servir d’indicateurs aux « Special Forces » de Paul Kagamé qui opèrent impunément en RDC, au lieu de protéger la population civile.

Emmanuel Neretse
04/11/2016

Géopolitique  de l’Afrique des Grands Lacs.  Etapes dans la réalisation du « modèle rwandais » 

modele-rwandais-imageIntroduction

Comme nous l’indiquions dans un article précédent (Echos d’Afrique du 08/08/2016) :

« Nous appelons « modèle rwandais », un régime qui serait installé dans un autre quelconque  pays du monde et qui aurait les caractéristiques du régime installé au Rwanda depuis 1994. ».  

Nous avions alors indiqué les principales caractéristiques du « modèle rwandais  à savoir :

  • Un régime dictatorial d’après les normes généralement reconnues en science  politique ;
  • Un régime qui ne peut être critiqué ni dans la presse ni dans les institutions internationales, mais au contraire qui ravit ses thuriféraires en les rémunérant grassement ;
  • Un régime pour lequel même les institutions internationales sont promptes à mentir ou à falsifier les statistiques quand il faut le défendre. »

Dans l’étude de la Géopolitique dans la région des Grands Lacs en Afrique, il est intéressant de se pencher sur les étapes qui ont abouti à imposer un régime clanique et dictatorial dans un des pays les plus surpeuplés et les plus pauvres du monde, dictature qui risque de passer dans l’Histoire comme le « modèle rwandais » car elle est en passe d’être implantée dans toute la région des Grands Lacs.

Le présent article a pour but de faire découvrir les étapes de la conquête du Rwanda, d’abord pour y essayer un « modèle rwandais », ce qui fut atteint  en 1994,  et par la suite, tenter  d’y instaurer une nouvelle dynastie tutsi qui étendra son influence dans toute la région dans un avenir plus au moins proche.

Etapes

[1]  1986-1988 : Prise de conscience que la reconquête du Rwanda par le armes, par les Tutsi, était désormais possible.

Après près de 27 ans d’exil dans les pays voisins et plusieurs tentatives infructueuses de reconquérir par les armes le pouvoir au Rwanda, les féodo-monarchiques peuvent se consoler. En ce début de 1986, leurs descendants nés ou en ayant grandi en Ouganda viennent de prendre le pouvoir dans ce pays à la faveur d’une rébellion  dirigée par Yoweri Kaguta Museveni, un ougandais de la tribu hima affiliée aux Tutsi, et dans laquelle ils s’étaient engagés en masse. Désormais, quasi maîtres de l’Ouganda dans l’armée dans laquelle ils étaient dominants (vice-ministre de la Défense, chef des  Renseignements militaires, chef des Services logistiques, chef du Service médical, plusieurs commandants des grandes unités…), les ex-réfugiés tutsi rwandais ( car  entretemps  naturalisés ougandais ), même les plus sceptiques, prirent alors conscience que s’ils sont parvenus à conquérir l’Ouganda, s’emparer militairement du modeste Rwanda de leurs ancêtres n’était qu’un jeu d’enfant. Il suffit d’être déterminé et de s’en donner les moyens.

[2]  1988-1990 : Cette période fut mise à profit pour l’élaboration des plans stratégiques en vue de la reconquête. C’est à cette époque que l’organisation dénommée « Rwandese Welfare Foundation » (RRWF), qui se présentait comme culturelle et qui regroupait les réfugiés rwandais en Ouganda, se transforma en une organisation politico-militaire, le Front Patriotique Rwandais (FPR). La lutte armée, comme moyen de conquête du pouvoir au Rwanda, fut adoptée lors du congrès des réfugiés rwandais tenu  à Washington aux USA du 17 au 20 août 1988. Le FPR deviendra ainsi une structure politique accompagnatrice de la conquête militaire et entreprendra des recrutements.

[3]  1990-1992 : Le caractère international de la guerre déclenchée le 01 octobre 1990  étant évident, les Tutsi et leurs souteneurs vont très vite s’atteler à légitimer cette  guerre d’agression.  Fort de la complicité des grandes puissances  occidentales, et constatant la naïveté du régime de Juvénal Habyarimana qui croyait en la bonne foi de ses anciens alliés français et belges alors qu’ils se moquaient de lui, l’Ouganda de Yoweri Museveni s’employa à faire occuper par les éléments tutsi de son armée, une portion du territoire rwandais . Cet objectif fut atteint dès juin 1992. Ainsi, les éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda pouvaient désormais être reconnus  comme une alternative au régime démocratique hutu en place depuis 1961. Ce qui fut vite acquis, ouvrant ainsi la voie aux négociations.

[4]  1992-1993 : Parallèlement à l’occupation d’une portion du territoire rwandais, le FPR occupa aussi le terrain politique en manipulant les opposants internes pour en faire ses alliés objectifs notamment par la signature d’un pacte à Bruxelles en juin 1992 par l’entremise des puissances occidentales.  Ces opposants à Habyarimana se retrouveront  comme des « dindons de la farce »après la conquête militaire du Rwanda par le FPR en 1994 comme nous allons l’indiquer plus loin.

[5]  1994 : L’assaut final pour la prise du pouvoir par les armes au Rwanda par la minorité tutsi fut déclenché le 06 avril 1994. Ce jour-là, un commando du FPR parvint à abattre l’avion dans lequel se trouvait le président Juvénal Habyarimana qui revenait d’un sommet régional tenu en Tanzanie. Il fut tué avec toute sa suite tout comme le président du Burundi Cyprien Ntaryamira qui voyageait avec lui. Le lendemain, Paul Kagame, qui commandait l’armée tutsi du FPR, ordonna une offensive générale sur tout le front  à savoir le long de la frontière avec l’Ouganda, sa base arrière, et dans Kigali où il disposait des milliers de combattants acheminés par la force des Nations Unies « la MINUAR » commandée par un général canadien au nom de Roméo Dallaire, Kagame refusera tout cessez-le-feu et même exigera le départ des troupes des Nations Unies qui ne seront plus appelées qu’après juillet 1994 quand il aura conquis tout le pays. Il va alors prétendre avoir « arrêté un génocide », ce qui constituera par la suite la seule source de légitimité de son pouvoir et de jouir de l’impunité totale pour ses crimes de guerre et contre l’humanité commis au Rwanda-même et dans les pays voisins.

[6]  1994-1995 : Début des désillusions des « dindons de la farce »

Les Hutu, qui ont aveuglément accompagné les Tutsi venus d’Ouganda dans leur conquête mais  sont, aujourd’hui, soit morts assassinés par leurs anciens alliés tutsi ou se retrouvent en exil ou en prison ou bien alors ils rasent les murs au Rwanda comme « Hutu de service » car considérés comme des « génocidaires » de père en fils. En effet, ils étaient nombreux à avoir œuvré à ce que le FPR gagne du terrain tant politique que militaire, à avoir même trahi les institutions du pays au profit d’un ennemi qui l’attaquait de l’extérieur et à avoir démoralisé les forces armées qui, pourtant les défendaient ainsi que leurs biens. Tout cela dans l’espoir d’être associé au régime qui allait remplacer celui de Habyarimana. Cette catégorie était si confiante et fière de son jeu politique qu’elle était adoubée par la Communauté internationale à travers la presse des mêmes puissances qui avaient décidé d’offrir le Rwanda aux Tutsi et qualifiaient ces opposants de  « Hutu modérés », d’opposants « démocrates ». Ils étaient encouragés, par divers moyens, à accompagner (les yeux fermés) les conquérants tutsi qui, eux,  avaient leur  agenda caché.

Effectivement après la conquête en juillet 1994, ces « Hutu modérés » seront associés à un soi-disant « Gouvernement d’Union Nationale » et occupèrent même des postes apparents au plus haut niveau (président de la République, Premier ministre, Vice-Premier ministre, etc.) mais dont les  vrais patrons étaient des Tutsi venus d’Ouganda (Vice-président avec  son propre Cabinet doublant celui qui était  présenté comme effectif). Ces Tutsi  les utilisaient pour se donner le temps de s’adapter à leur nouveau pays conquis et surtout pour la consommation externe pour faire prévaloir que ces Hutu avaient été récompensés pour leur appui à la conquête.

Une année après leur aventure, les « Hutu modérés » commencèrent à se rendre à l’évidence qu’ils s’étaient trompés mais il était trop tard  pour eux mêmes et malheureusement pour tout le peuple. Ils furent alors éliminés un à un. Ceux qui n’étaient pas assassinés étaient jetés en prison ou trouvaient la mort dans des conditions mystérieuses.  Les rares plus chanceux parvinrent à s’exiler et depuis plus de 20 ans, ils broient du noir.


 

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A l’époque (1991-1994), ces Hutu étaient très courtisés et médiatisés par la presse occidentale qui les présentait comme « des vrais patriotes, le salut du Rwanda après Habyarimana, les garants de l’unité et de la sécurité des Rwandais  etc… ». Hélas, aujourd’hui, la même presse ne parle plus de ces politiciens hutu dits « modérés » des années 1991-1994 et quand elle en parle, c’est pour évoquer leur naïveté et pour vanter l’habileté politique des Tutsi qui les ont utilisés. En effet, qui entend encore parler des personnalités comme Pasteur Bizimungu, Seth Sendashonga, , Dismas Nsengiyaremye, Théoneste Lizinde ou encore Anastase Gasana ?

[7]  1995-1998 : Le FPR commence à honorer sa part du contrat avec les superpuissances. En effet, la soldatesque tutsi de Kagame est mise en avant pour  conquérir le Zaïre pour le compte des Superpuissances occidentales qui, désormais, dominent le monde. Ce sera l’occasion de jauger le degré de l’impunité dont jouira désormais le régime tutsi au Rwanda et dans la région: les massacres dont furent victimes les réfugiés hutu en RDC, que d’aucuns qualifieront de « génocide » seront tout simplement occultés et même les quelques rapports qui en parlent seront aussitôt mis sous le boisseau.

[8]  1996-2000 : Toujours pour honorer sa part du contrat, le FPR contribue à rendre l’Est de la RDC un territoire qui échappe au pouvoir central à défaut de faire sécession mais exploité par les multinationales. Désormais, depuis 1996, le Rwanda est devenu le principal pays de la région exportateur de minerais jadis introuvables sur son territoire comme le coltan, l’or, le diamant,…

[9]  2000-2003 : Paul Kagame est jugé assez mûr et assez sûr pour apparaître au grand jour comme le « délégué », le « bras armé »  des superpuissances dans la région. Il est appelé alors  à mettre fin à la longue période dite de transition instaurée au Rwanda depuis sa conquête militaire du Rwanda en 1994 et d’organiser un semblant d’élections pour légitimer sa prise du pouvoir par les urnes.

[10]  2003-2010 : Consolidation du « modèle rwandais »tant sur le plan interne que régional. Désormais présenté comme un président élu à presque 100% des voix par les Rwandais, Kagame va être présenté comme un modèle en Afrique  et ce modèle est mis à l’essai pour son imposition dans les Etats voisins. Une fausse image d’un Rwanda en plein « boom économique » grâce à un « homme providentiel » qu’est Paul Kagame est véhiculée par les plus grands médias du monde qui n’hésitent même pas à manipuler les statistiques ou à occulter les rapports les plus réalistes.

[11]  2010-2017 : Préparation de l’opinion à la fondation d’une nouvelle dynastie « tutsi-ega ». Kagame étant un tutsi du clan « bega », son clan fonderait une nouvelle dynastie qui remplacerait celle de « tutsi-nyiginya » qui a régné sur le Rwanda jusqu’en 1959.  Les Rwandais sont amenés à crier haut et fort que personne d’autre n’est capable de régner sur le Rwanda sauf Paul Kagame ou celui qu’il désignerait. Des millions de pétitions sont signées parfois par des analphabètes, et acheminées au Parlement avec une forte médiatisation internationale   pour prouver que les Rwandais souhaitent que Kagame soit leur « président à vie ». Il s’en suivra un amendement de la Constitution, suivi d’un référendum pour l’adopter et tout fut joué avant fin 2016.

Pour la suite, après 2017, mais en tout cas avant 2034, Kagame se proclamera « roi du Rwanda » sous le nom de règne de Kagame Ier  ou alors il aura déjà installé son fils Ivan Cyomoro au trône. Il en a eu le feu vert de la part de ses créateurs.

Ce rapide passage en revue des étapes de la conquête du pouvoir au Rwanda par un groupe de Tutsi venus d’Ouganda montre que tout est piloté de l’extérieur. Autrement dit, que le peuple rwandais subit les événements conçus et pilotés par les puissances étrangères, ayant comme bras armé Paul Kagame et sa clique.

Perspectives d’avenir

2017 : L’année marquera de toute évidence le début du règne de Kagame Ier, dont le royaume devrait englober à terme l’actuel Rwanda, le Burundi,  les deux Kivu, l’Ouest de la Tanzanie et l’Ouest si pas l’entièreté de l’Ouganda. Cela pourrait prendre du temps pour faire prendre forme à ce royaume ou cet empire. Mais les Tutsi et leurs commanditaires sont connus pour être très patients. Il suffira de semer le chaos partout autour du Rwanda de Paul Kagamé (Burundi, Est de la RDC, Tanzanie et pourquoi pas en Ouganda), ce qui rendrait aux yeux du monde ce royaume moyenâgeux de Paul Kagame   comme le seul « havre de paix et de postérité » dans la région mais surtout ferait occulter le contentieux causé par la conquête et le servage de la majorité du peuple rwandais ( Hutu, Twa  et Tutsi de l’intérieur) par une bande de Tutsi armés venus d’Ouganda en 1994. Un peu comme ce que l’on observe ailleurs. Depuis le démembrement de l’Irak, le chaos provoqué en Libye, la disparition de l’Etat au Yemen, la campagne en cours visant la disparition de la Syrie en tant qu’Etat…il ne reste au Moyen Orient qu’un seul Etat sans problème car stable, organisé et prospère : c’est l’Etat d’Israël. Qui ose encore parler, dans les instances internationales, du conflit israélo-palestinien ? Qui peut encore oser proposer une solution définitive à ce conflit ? Personne, car ce n’est plus prioritaire ni d’actualité compte tenu de la situation dans la région. C’est ce rôle que l’on veut  faire jouer le Rwanda de Paul Kagame dans la région des Grands Lacs.

Le peuple rwandais, mais aussi les autres peuples de la région des Grands Lacs, devraient se préparer à affronter ce que les maîtres du monde leur préparent avec Paul Kagame comme bras armé dans un avenir proche et tirer des leçons du chaos et de la désolation semés au Moyen Orient et au Maghreb qui profitent aux mêmes maîtres du monde parrains de Paul Kagame  et à leurs supplétifs locaux au mépris des peuples concernés.

Emmanuel Neretse
22/09/2016

Autopsie du « modèle rwandais » que les superpuissances entendent étendre à toute l’Afrique

Paul Kagame et Pierre Nkurunziza

Paul Kagame et Pierre Nkurunziza

Nous appelons « modèle rwandais », un régime qui serait installé dans un autre quelconque  pays du monde et qui aurait les caractéristiques du régime installé au Rwanda depuis 1994. L’installation d’un tel régime doit se faire sous certaines conditions qui, pour le cas du Rwanda, furent toutes remplies en 1994. Une fois installé, ce que nous appelons  « péri-modèle politique rwandais », dans ce sens qu’il faut intégrer tous ses contours, se caractérise par certains aspects qui, dans des modèles classiques, étaient considérés comme négatifs voire carrément immoraux, mais qui, pour la pérennisation du « péri-modèle rwandais », doivent être promus en idéaux politiques à favoriser.

Les conditions pour l’installation d’un « péri-modèle rwandais » dans un pays donné

Ces conditions sont aussi cyniques dans leur conception que brutales dans leur réalisation :

  • Le « modèle rwandais » doit être installé dans un pays après sa totale destruction. Celle-ci peut être délibérément provoquée ou encouragée dès qu’elle apparaît à l’horizon ;
  • Le modèle doit trouver un acte fondateur fort sur lequel s’appuyer pour trouver une certaine légitimité mais surtout pour jouir de l’impunité. Cet acte  peut être inventé de toutes pièces et imposé à l’opinion ou alors en s’employant à travestir les faits historiques en leur collant des qualificatifs  allant dans ce sens par exemple en qualifiant les massacres interethniques de « génocide ».
  • Confier la gestion locale du modèle à un petit groupe marginal et sans aucune assise populaire qui, de ce fait, se retrouve dans un pays donné avec un pouvoir dont il ne pouvait même pas rêver et qui restera toujours redevable et dépendant des puissances qui l’ont créé et promu.

Les principaux caractéristiques du «modèle rwandais »

  • Un régime dictatorial d’après les normes généralement reconnues en science  politique ;
  • Un régime qui ne peut être critiqué ni dans la presse ni dans les institutions internationales, mais au contraire qui ravit se thuriféraires en les rémunérant grassement ;
  • Un régime pour lequel même les institutions internationales sont promptes à mentir ou à falsifier les statistiques quand il faut le défendre ;

Ce modèle est donc d’abord caractérisé par l’illégitimité politique des détenteurs du pouvoir. Il s’agit généralement d’une clique d’aventuriers ou d’un groupe social marginal sur l’échiquier politique du pays concerné, mais dans tous les cas, un groupe qui ne pourrait jamais  prétendre à l’accaparement du pouvoir dans ce pays par des voies démocratiques n’eut été sa  promotion par les superpuissances . 

Ensuite, le « péri-modèle rwandais » est caractérisé par une militarisation à outrance du pays où il est instauré. En fait, le groupe marginal choisi par les superpuissances doit se considérer et , avec raison, comme «  une armée possédant un pays » que comme « un pays possédant une armée » comme le veut la théorie politique classique. Si au sein de ce groupe (forcément minoritaire et à volonté) toutes le nombre de personnes aptes à porter les armes s’avéreraient insuffisant pour quadrier et  soumettre le pays, le recours aux mercenaires serait de  mise avec l’aide et l’expertise des superpuissances.

La gouvernance dans un pays où ce « modèle rwandais » a été installé est assurée par un « Gouvernement Mondial » agissant sous la couverture d’un gouvernement visible formé par la clique promue par les superpuissances. Ce « Gouvernement Mondial », un concept toujours en essai mais qui espère prendre de l’envol grâce au cas du Rwanda, est composé d’anciens leaders politiques, de grands managers de l’industrie et de la finance mondiale, des magnats de la presse internationale… mais qui, tous, sont animés de ce même projet : celui de diriger le monde en se passant des peuples et surtout des principes classiques de la politique et de la diplomatie qui ont prévalu au XX° siècle.

Ainsi les valeurs comme la démocratie, les droits de l’homme, la liberté de parole, l’indépendance de la justice, la justice sociale…sont rejetées et remplacées dans ce pays devenu une entreprise commerciale appartenant aux actionnaires , par le profit, agrandir le fossé entre possédants qui doivent gagner chaque jour davantage  et les démunis qui doivent continuer à être exploités. Des mécanismes mis en place pour faire taire toute critique au modèle, le culte de la personnalité envers l’Administrateur Délégué désigné par les grands actionnaires (les multinationales des grandes puissances) de cette entreprise et qui s’appelle ailleurs, pour la forme, «  Chef d’Etat ».

Implémentation du « modèle rwandais » au Rwanda-même puis dans toute la région

Pour le Rwanda, pays martyr qui devait servir de laboratoire pour le « modèle  rwandais », il fut difficile de remplir certaines conditions comme évoqué ci-haut. Il a fallu près de quatre ans pour que le Rwanda soit complètement détruit afin d’y installer ce modèle.

Depuis le 01 octobre 1990, l’armée régulière ougandaise lâcha ses éléments d’origine tutsi sur le Rwanda. Ceux-ci se révéleront efficaces pour hâter la mise en place de ce modèle. Ces soldats tutsis commandés à l’époque par le Chef des Renseignements Militaires de l’Armée ougandaise, un certain… Paul Kagamé  vont se montrer particulièrement  inhumains. Ils tuaient tout sur leur passage dès le franchissement de la frontière entre l’Ouganda et le Rwanda. Lorsqu’en 1993, ils parvinrent à occuper une petite partie de la préfecture de Byumba frontalière  avec l’Ouganda, le monde fut stupéfait de constater que près d’un million de paysans hutu avaient été chassés de leurs terres et venus s’entasser dans les faubourgs de Kigali. Ceux qui n’avaient pas eu la chance de fuir avaient tout simplement été exterminés par  les soldats tutsi de l’armée régulière ougandaise commandés par Paul Kagamé. Celui-ci  avait pour se  mission, reçue des superpuissances, d’instaurer au Rwanda un modèle qui devait être répandu sur toute l’Afrique.

Tony Blair, Paul Kagame, Rick Warren

Tony Blair, Rick Warren, Paul Kagame

Pour remplir la condition qui devrait permettre à la clique marginale, cruelle et surtout honnie du peuple rwandais de se faire prévaloir d’une certaine  légitimité et surtout de jouir d’une impunité juridique pour ses crimes, il a fallu que les commanditaires de Paul Kagamé lui fasse commettre l’irréparable à savoir l’assassinat du président hutu Juvénal Habyarimana pour provoquer la colère des Hutu,  ce qui serait alors qualifié de « génocide contre les Tutsi ». Le 6 avril 1994, Paul Kagame a non seulement pas abattu le président hutu rwandais Juvénal Habyarimana, mais il aussi tué le président hutu burundais Cyprien Ntaryamira. Ainsi il venait de se débarrasser de trois président hutu en moins de six mois d’intervalle mais au final, il venait d’obtenir son « génocide ». Il lança une offensive sur tous les fronts, bénéficiant des renseignements militaires des USA (photo aériennes, communications captées…) et appuyés cette fois-ci ouvertement par les troupes des pays voisins comme la Tanzanie , le Burundi, l’Ethiopie, …et s’empara du pays en juillet 1994 en clamant qu’il venait « d’arrêter un génocide » ! Depuis, le monde ne jure que par cette supercherie et l’ancien garçon de rue de Kampala qui avait rejoint le maquis de Museveni en 1983 pour échapper aux rafles de la police qui visaient les vagabonds est actuellement présenté au monde comme un « visionnaire, un homme exceptionnel, d’une intelligence supérieure à la normale etc… » , alors qu’il n’a été créé et n’est là que pour implémenter un modèle de gouvernance conçu par les superpuissances et dont il ignore les tenants et les aboutissants.

Le régime rwandais actuel remplit parfaitement les conditions sine qua non du « péri-régime rwandais » tel que conçu pas les superpuissances. La clique tutsi venue d’Ouganda a d’abord militarisé tout le pays. Tout tutsi en âge de porter les armes est militaire ou l’a été. C’est une évidence. Mais comme cette clique ultra-minoritaire qui a accaparé tous les rouages du pouvoir ne peut pas  occuper tous les  postes, elle recourt aux étrangers  plutôt que de risquer de donner des postes stratégiques aux Hutu non sûrs. A ce sujet, ce sont les USA et la Grande Bretagne qui proposent les cadres à nommer souvent ayant une double ou triple nationalité dont la dernière qu’ils défendraient à outrance est la rwandaise. Pour les cadres subalternes dans les services de sécurité, un « Munyamulenge » congolais, un Somalien, un Ougandais munyankole, un Burundais tutsi, un Tanzanien muha…,tous ceux-là passent avant un Rwandais perçu comme « Hutu » ou « Twa », car selon les initiateurs de ce « modèle rwandais », ces étrangers seraient plus sûrs car, croient-ils, plus proches de la clique tutsi venue d’Ouganda que du reste de  la population rwandaise! Et curieusement Paul Kagame semble y croire ou est obligé de le croire.

Pour les superpuissances,  le « modèle rwandais » laborieusement mis en place à partir de 1994 sur un territoire appelé « Rwanda » qui, pour elles n’est qu’un « cluster » ou pôle de compétitivité de 26 338 km², le gouvernement mondialiste qui le dirige est officiellement appelé : « Presidential Advisery Council » (PAC ). Celui-ci constitue en fait le Conseil d’Administration (CA) de cette entreprise commerciale qu’est devenu le Rwanda. Ce CA comprend des personnalités politiques aussi controversées que Tony Blair ou Bernard Kouchner, des magnats de l’industrie et de la finance comme Warren Buffet, Kaia Miller  ou Sorros, des nouveaux milliardaires générés par les nouvelles technologies comme Bill Gate ou Michael Fairbank, des administrateurs des fondations louches destinées à couvrir des opérations mafieuses à travers le monde comme la «  Fondation Clinton », des chercheurs et théoriciens de la nouvelle économie mondialisée comme Michael Porter ou encore des gourous télévangélistes devenus milliardaires et stars médiatiques comme Joe Ritchie. Ils ont imposé Paul Kagamé comme Chef Executive Officer (CEO) ou Administrateur Délégué de cette entreprise commerciale appelée Rwanda. Ceux qui sont présentés comme des ministres d’un gouvernement d’un Etat rwandais  souverain ne sont que des « collaborateurs » du chef de l’entreprise  commerciale. Voilà pourquoi ce qui fait office de « gouvernement rwandais » n’est jamais critiqué pour ses violations des Droits de l’homme, son verrouillage de l’espace démocratique pour empêcher toute revendication démocratique de se faire entendre, son mépris et l’asservissement de la population. Ces préoccupations et exigences ne sont pas sur la feuille de route de ceux qui ont reçu pour mission de transformer ce qui était un pays souverain en un espace économique ( cluster) à occuper par une entreprise commerciale mondialisée à qui il ne faut surtout pas parler des exigences morales en termes politiques.

Le « malheur » du Burundi

Le Rwanda et le Burundi  sont souvent appelés des « jumeaux de l’Afrique centrale ». En effet, ces deux petits pays partagent presque tout : une même langue appelée kinyarwanda ou kirundi selon que l’on se trouve au nord ou au sud de l’Akanyaru , rivière faisant frontière ; une même composition ethnique de la population et dans les mêmes proportions ( 85% de Hutu, 14 % de Tutsi et 1 % de Twa) avant qu’au Rwanda il ne soit entrepris un rééquilibrage depuis 1994 par le seul levier possible : réduire la majorité par élimination physique. « Vider un fut rempli à l’aide d’une capsule de bouteille » comme l’avait promis Paul Kagame après  1994 ; un même passé colonial d’abord comme colonie allemande avant de passer à la tutelle belge après la défaite de l’Allemagne en 1918 ; une domination des monarchies féodales tutsies favorisées et encouragées par le pouvoir de tutelle pour maintenir la majorité hutu en servitude ; le recouvrement à la même date, le 01 juillet 1962, de l’indépendance.

Mais toute similitude s’arrête là. A l’indépendance, le Rwanda devint une République démocratique dans laquelle la majorité hutu tenue jusque là en servitude par la féodalité tutsi accéda au pouvoir . Tandis qu’au Burundi, le pays devint souverain sous un régime monarchique tutsi. La monarchie tutsi fut renversée le 28 novembre 1966 par des jeunes officiers tutsi encore plus extrémistes que leurs congénères  féodaux. Pour se prémunir de la contagion rwandaise, à savoir une probable prise du pouvoir par la majorité hutu, des pogroms récurrents eurent lieu au Burundi dans lesquelles des milliers de hutu périrent .Ce fut le cas en 1965, 1968, 1972 qui, cette année là, prirent l’allure d’un génocide car pas moins de 300.000 hutus « instruits » furent massacrés par l’armée tutsi.

Louis Michel et Paul Kagame

Louis Michel et Paul Kagame

En 1993, contre toute attente, un président hutu  du nom de Melchior Ndadaye fut élu démocratiquement. Ce qui fut considéré dans les milieux tutsi comme une provocation et une humiliation. Et à peine trois mois après son investiture, soit le 22 octobre 1993, il fut sorti de son palais, humilié au mess des officier et massacré par des soldats tutsi dans l’enceinte de l’Etat major de l’armée, une armée qui ,  il faut le rappeler,  était mono ethnique tutsi. Il s’en suivra des massacres à travers tout le pays et surtout dans la capitale Bujumbura. Les jeunes hutu principalement des étudiants hutus de l’université du Burundi qui étaient visés par ces massacres prirent alors le maquis et déclenchèrent une guerre civile qui allait durer 10 ans. Finalement un accord de paix fut signé garantissant notamment l’entrée des Hutu dans les services de sécurité (armée et police) dans une proportion de 50%, ce qui jusqu’ici était inimaginable. Les rebelles furent alors intégrés dans l’armée régulière.

Après une période de transition, en 2005, le leader de la rébellion hutu Pierre Nkurunziza fut élu par l’Assemblée comme président de la République, un autre fait inimaginable quelques années auparavant. En 2010, il sera pour la première fois élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Entretemps, au Rwanda voisin, une clique de Tutsi venue d’Ouganda s’était emparée du pouvoir en juillet 1994. Il s’avérera plus tard que cette clique conduite par Paul Kagamé n’était qu’un instrument des puissances qui avaient décidé d’essayer en Afrique un modèle de domination des peuples basé non sur des considérations politiques ou sur des principes du droit international, mais basée seulement sur des principes de l’économie mondialisée, qui considèrent des États classiques comme des « pôles économiques » et des principes démocratiques comme des entraves au profit. En bref le « modèle rwandais ».

Le régime démocratique burundais issu des négociations pour mettre fin à la guerre civile déclenchée en 1995 et légitimé par les élections successives selon la Constitution adoptée après la période de transition, constitue un contre-modèle au « modèle rwandais » que les superpuissances entendent étendre à toute la région. En toute logique, pour ces superpuissances, il faudrait d’abord renverser le contre-modèle burundais  pour espérer installer le « modèle rwandais ».

Et pour faciliter les choses, il se fait qu’au Burundi, certaines personnalités (Hutu comme Tutsi) se présentent en face du monde occidental comme des politiciens mais sans aucune assise populaire et donc n’ayant aucune chance n’accéder au pouvoir démocratiquement. Ces personnalités ayant gouté au pouvoir  pendant la transition ne rêvent que de faire régner au Burundi une période perpétuelle de transition qui les associerait au pouvoir sans élections. Depuis 2010, personnalités  refusent d’aller aux élections et mais exigent un régime de transition…mais vers quoi ?Les superpuissances qui doivent implémenter le « modèle rwandais » dans la région  les ont remarquées et les utilisent  à bon escients.

Ceci explique l’acharnement des tenants du « modèle rwandais » contre le contre-modèle burundais auquel nous assistons depuis 2015. Tenez :

  • L’Union Européenne, dont on sait que sa position sur le Burundi est dictée par l’eurodéputé et ancien commissaire au développement Louis Michel, est en première ligne pour le renversement du régime démocratique burundais. Le puissant lobby de Louis Michel a vite fait de faire suspendre les aides de l’Union Européenne destinées au Burundi en les réorientant vers des officines qui financent les opposants radicaux repliés à Bruxelles sous le sigle de CNARED en attente d’aller prendre le pouvoir à Bujumbura.
  • L’Union Africaine (UA) a été instrumentalisée par l’Union Européenne qui lui fournit 3/4 de son budget de fonctionnement pour s’impliquer dans le renversement du régime démocratique burundais et y installer un « modèle rwandais ». C’est ainsi que la Commission de l’UA sur proposition du Commissaire à la paix et à la sécurité de cette organisation, bien connu comme un agent occidental, avait, en décembre 2015, décidé en catimini d’envoyer une force de 5000 hommes au Burundi. N’eut été la vigilance des Chefs d’Etats africains, le Burundi serait, depuis décembre 2015, occupé par une force décidée par l’UE et couverte par l’UA ayant pour mission de renverser les institutions démocratiques de ce pays en vue de l’installation d’un « modèle rwandais » dans ce pays.
  • L’Organisation des Nations Unies (ONU) s’est soudainement souciée de paix et de sécurité dans ce pays après une indifférence de plus de 30 ans. En effet on peut se demander comment l’ONU qui, depuis l’indépendance du Burundi en 1962, s’est toujours désintéressée de la situation au Burundi,  soit depuis quelques années aussi  fébrile au sujet de la situation dans ce pays. Mais force est de reconnaître que cet intérêt soudain pour le Burundi n’est pas motivé par un soucis de la paix et de la sécurité des Burundais. En effet depuis 1962, date de son indépendance, le Burundi a été le théâtre des massacres ethniques menés par l’armée tutsi en 1965, 1968 , 1972 , 1988, et 1993. Mais durant cette longue période de la domination tutsi  caractérisée par des massacres quelquefois génocidaires (1972 et 1993),  le
    J Kabila, Ban Ki Moon, Paul Kagame

    J Kabila, Ban Ki Moon, Paul Kagame

    Conseil de Sécurité n’a pris que DEUX résolutions en rapport à la situation au Burundi. Paradoxalement après l’avènement d’un régime démocratique en 2005, le même Conseil de Sécurité vient de prendre pas moins de  SEIZE résolutions. Et pour la seule période de 2015 à 2016, le même Conseil de Sécurité vient de prendre TROIS résolutions  toutes stigmatisant le régime démocratique qualifié de « hutu ».

  • La presse internationale étant un acteur majeur dans l’installation du « modèle rwandais » au Burundi, n’a pas failli à sa mission. Ainsi RFI n’a pas cherché loin. Tous les opposants radicaux repliés en Europe ou au Rwanda pour peu qu’ils savent parler devant u micro pour pourfendre le régime, sont présentés par RFI comme « ses correspondants » ou «  des spécialistes du Burundi ». RFI pousse le bouchon plus loin jusqu’à saper le travail des médiateur et facilitateur dans le dialogue burundais en publiant les points de vue des opposants radicaux comme les seules valables au grand dam des Chefs d’Etats qui pilotent cette initiative. Exemple : RFI a titré que le second round des pourparlers d’Arusha (12-13 août 2016) était un échec avant le communiqué final du facilitateur. D’autres médias français comme France 24 n’hésitent pas à lancer des énormités dès lors qu’il s’agit de charger à tort le régime démocratique du Burundi que l’on voudrait remplacer par un « modèle rwandais » : diffusion de faux documents, donner la parole aux criminels recherchés par la justice de leur pays comme Pacifique Nininahazwe ou Gratien Rukindikiza etc…
  • Tandis qu’en Belgique où vit la majorité de ceux qui devraient aider à l’installation au Burundi du « modèle rwandais », ce sont les « futurs maîtres du Burundi » ( ils sont présentés comme tels dans les chancelleries occidentales) lorsque ce pays sera réduit au « modèle rwandais »  ainsi que les marionnettes qui leur serviront de caution populaire, qui ont droit à la parole.

Le dilemme des Africains  face au « modèle rwandais » 

Les Africains, surtout les leaders politiques ou les aspirants, sont happés par l’attirance au « modèle rwandais » qu’exercent sur eux ceux là même qui ont conçu et décidé d’implémenter ce modèle. Tous les médias, toutes les institutions financières (contrôlées par les mêmes milieux) quitte à trafiquer les statistiques, vantent le « modèle rwandais ». Il est donc tentant pour plusieurs de ces dirigeants africains de

Bernard Kouchner et paul Kagame

Bernard Kouchner et paul Kagame

souhaiter que ce modèle s’applique chez-eux.  Ce qu’ils devraient savoir, c’est qu’à l’état actuel des choses, ils n’ont pas de choix ou s’ils en ont, il est cornélien. En effet, les superpuissances ont conclu qu’à l’état actuel, les pays n’ont d’autres choix qu’entre : le « Chaos » ou «  le « modèle rwandais ». Selon elles, les Africains ne devraient plus vivre sous des régimes démocratiques stables. Il doit donc être créée une situation politique chaotique comme c’est le cas au Proche Orient et au Maghreb, ce qui arrange formidablement les multinationales qui ne doivent plus passer par des gouvernements forts pour exploiter les pays. Ou alors  vivre sous un « modèle rwandais » quand l’institution étatique est remplacée par une institution commerciale qui s’accapare de tous les attributs d’un Etat sans en être un. Les Africains n’ont donc d’autres choix qu’entre « les Etats  soumis au chaos politique » ou des Etats réduits à des espaces économiques (cluster) gérés par les multinationales (modèle rwandais).

Pièges tendus et manipulation des leaders politiques africains :

Les pièges tendus aux dirigeants africains sont nombreux et sont disséminés sur tous leurs parcours. La presse internationale contrôlée par les inventeurs du « modèle rwandais » ne cesse de faire miroiter les « bienfaits » de ce modèle. Ceux du pré carré français qui souhaiteraient prendre un peu de liberté tomberont par  « la realpolitik » qui veut que la France est partie prenante de cette instrumentalisation de l’Afrique  (chaos ou modèle rwandais) que les superpuissances (dont la France) qui sont appelées à implémenter ces modèles sont en parfaite harmonie.  Seul le calendrier, la géographie  et le rythme des événements pour la provocation du chaos ou l’installation d’un «  modèle rwandais » dans tel ou tel pays, peuvent sembler contradictoires par rapport à ces puissances mais ce n’est qu’en apparence.

L’intérêt pour ces superpuissances de promouvoir en Afrique le « modèle rwandais » est évident. En transformant des anciens Etats souverains en « zones économiques » (cluster) contrôlées par leurs multinationales, ces superpuissances cassent le mythe des Etats souverains étant en principe  sur le même pied d’égalité qu’elles sur le plan du droit international. Les acteurs locaux qui, dans le système classique, sont considérés comme des « chefs d’Etats » et traités comme tels, deviennent des « Administrateurs délégués » qui gèrent leurs espaces économiques, comme Paul Kagame est le CEO de « Rwanda Inc. ». De ce fait, ces superpuissances s’affranchissent des contraintes morales comme le respect des Droits de l’homme, la démocratie, la justice équitable… car ces principes ne sont pas exigibles à une entreprise commerciale qu’est devenu un Etat soumis au « modèle rwandais ».

Quand et comment en finir avec «  le modèle rwandais » ?

On ne peut imaginer une probable fin ou échec du « modèle rwandais » sans d’abord bien analyser son essence, autrement dit son « ADN ». Pour peu qu’on s’ y adonne on s’aperçoit que sa fin est inscrite dans ses gênes.

  1. L’injustice sociale, les inégalités criantes, promues en principes moraux, l’arrogance de la clique au pouvoir, en fait des fonctionnaires des multinationales qui ont acheté le Rwanda,.. tout cela ne peut conduire qu’à une explosion sociale.
  2. La frustration de plusieurs intellectuels qui continueront d’assister à une chosification de la société en l’écartant de la chose politique peut leur faire prendre conscience que le Rwanda mérite mieux queKagame réfugiés d’être vendu aux capitalistes sauvages du monde ;
  3. La clique, à qui a été donnée la mission de rendre le Rwanda un « cluster » aux mains des entreprises des superpuissances, a aussi reçu des missions qui peuvent devenir impossibles à accomplir, ce qui occasionnerait son rejet. La mission d’exporter le « modèle rwandais »  dans la région peut être une mission impossible au CEO Paul Kagamé, même avec l’assurance de ses créateurs. L’effet « boomerang » de ses tentatives d’exporter le modèle à l’étranger serait catastrophiques que même ses créateurs le renieraient et le lâcheraient illico. Alors tous les frustrés et les laisser-pour compte (Rwandais ou autres Africains) prendraient leur revanche.

Donc, dans tous les cas de figure, l’éradication du « modèle rwandais » se fera dans la violence. C’est donc avec intérêt que l’on devrait suivre  la première tentative d’exportation du « modèle rwandais ». Ceci est en cours pour le Burundi et le Général Paul Kagamé en a reçu toutes la latitude de la part des superpuissances qui l’ont créé et mandaté. Reste à voir comment le « Général Impondérable » va lui aussi réadapter ses propres plans.

Emmanuel Neretse
08/08/2016

Depuis 1990, le Rwanda est un laboratoire de la nouvelle forme de colonisation de l’Afrique. Quelles leçons peut-on en tirer?

Bill Clinton - Paul Kagame -Tony Blair

Bill Clinton – Paul Kagame -Tony Blair

En 1885, les puissances européennes se sont partagées  l’Afrique rendant les territoires de ce continent leurs colonies. La Grande Bretagne, la France se sont alors approprié la part du lion. Mais l’Allemagne de Bismarck fut aussi servie tout comme le Portugal et l’Espagne dont les anciens comptoirs sur le continent noir  étaient reconnus comme colonies. Les Etats unis d’Amérique qui, à l’époque,  n’étaient qu’une jeune nation et une puissance moyenne, ne prit pas part au festin.

Après la Première guerre mondiale, l’Allemagne fut dépossédée de ses colonies au profit des puissances qui venaient de la vaincre. La fin de la Deuxième guerre mondiale consacrera les Etats Unis d’Amérique comme l’une des superpuissances du monde en compétition avec l’URSS elle aussi sortie victorieuse de la guerre mais aussi curieusement n’ayant aucune colonie en Afrique.

Il s’en suivra alors une période de bras de fer politique entre les deux nouvelles superpuissances qui sera qualifiée par les historiens de « guerre froide ». Les vielles puissances européennes se rangèrent politiquement, diplomatiquement et surtout militairement derrière la nouvelle puissance américaine à qui elles demandèrent sa protection militaire à travers les alliances militaires comme l’OTAN.  C’est durant cette période que le  courant indépendantiste traversera les anciennes colonies européennes.

Autour de l’année 1960, la majorité de ces colonies ont acquis l’indépendance et sont devenues des Etats souverains. Paradoxalement, ces nouveaux Etats qui se prévalaient de s’être libérés de la colonisation des puissances européennes,  se devaient de se ranger dans l’un des deux blocs : le bloc pro-occidental ou le bloc  pro- soviétique.

Cette période de « guerre froide » va durer jusqu’ en 1989 à la dislocation de l’empire soviétique. Les Etats unis se retrouvèrent donc comme la seule Superpuissance qui, désormais, allait régenter le monde selon sa volonté.

En ce qui concerne l’Afrique, pour dicter sa loi dans ce qui était jadis considéré comme des pré-carrés européens, le Superpuissance va user d’une stratégie au cynisme sans égard dans le but de rendre certains pays plus des territoires contrôlés par des multinationales et des lobbies financiers américains que des Etats souverains. Cette stratégie consiste à : détruire les structures étatiques classiques léguées par la colonisation ; jouer sur les rivalités ancestrales pour confier le pouvoir militaires et politiques à un groupe marginal qui ne peut l’acquérir démocratiquement ; assurer l’impunité totale aux membres de ce groupe qui, alors, agiront dans ce pays conquis comme des fonctionnaires détachés par les multinationales américaines chargés de rentabiliser l’espace conquis et faire fructifier les capitaux investis, que comme des dirigeants d’un Etat souverain soucieux du bien-être de la population. Cette nouvelle colonisation de l’Afrique par la Superpuissance est illustrée par le cas du Rwanda conquis en 1994. Cet article montre comment le Rwanda fut sacrifié pour devenir un laboratoire de cette stratégie de la Superpuissance en ce qui concerne l’Afrique et quelles en sont les conséquences pour les peuples.

Principes du droit international à briser

Pour détruire la République Rwandaise née du territoire du Ruanda qui était sous tutelle belge et qui  avait obtenu son indépendance le 01 juillet 1962 et en faire un territoire aux mains des multinationales, rien ne fut épargné dans la violation du droit international. Les troupes de l’armée de l’Ouganda voisin ont envahi le Rwanda le 01 octobre 1990. Au lieu de condamner cette agression injuste et contraire à la Charte de l’ONU, celle-ci fut présentée comme une « guerre civile » au prétexte que les soldats ougandais engagés dans cette conquête avaient des origines rwandaises car ils étaient tutsis ! En effet, tout sera fait pour que la minorité tutsi soit installée au pouvoir au Rwanda même au prix  d’une guerre meurtrière qui dura  près de quatre ans et ayant fait des milliers de morts  dans les efforts de ses superpuissances de soumettre la composante majoritaire du peuple rwandais à la minorité et de chasser ses dirigeants légitimes pour les remplacer par une clique tutsi venue d’Ouganda.

Démystification des principes politiques généralement admises

Dès qu’elle fut installée à la tête du Rwanda en 1994, la clique tutsi venue d’Ouganda bénéficiera de la part de la presse et de la diplomatie du monde contrôlées par la Superpuissance, d’un traitement de faveur qui frise l’indécence. Les principes démocratiques et moraux tant chantés par ces puissances sont purement et simplement foulés au pied quand il s’agit de parler du territoire des multinationales qu’est le Rwanda et dont le CEO est Paul Kagame. Ainsi, dans ce Rwanda, le principe même de la majorité qui devait prévaloir notamment à travers les élections et autres consultations est tout simplement honni.

De même les principes de la « méritocratie » ou de la popularité qui devraient servir d’indicateurs pour se hisser au sommet de l’Etat sont battus en brèche et c’est leurs contraires qui sont érigés en modèles. Ainsi, c’est un  individu semi-illettré et physiquement inapte que la propagande occidentale impose aux Rwandais en le présentant comme un « leader de la conquête militaire de 1990-1994 », alors qu’en réalité, depuis le maquis ougandais,  il a subi les événements comme n’importe quel enfant-soldat engagé dans une guerre dont il ignore les tenants et les aboutissants. Paul Kagamé, qui était inconnu des Rwandais et qui n’a mis les pieds à Kigali la capitale du Rwanda pour la première fois que pour en devenir le CEO délégué par les multinationales, est depuis lors présenté comme étant « populaire », « adoré par les Rwandais » etc…alors que la majorité de ces Rwandais porte un deuil de leurs proches à cause de lui.

Jouer sur la cécité et le manque de vision et d’idéaux politiques des africains

Cette nouvelle  forme de colonisation de l’Afrique est tellement sournoise qu’elle séduit certains politiciens africains à qui les médias et la propagande occidentales présentent le cas du Rwanda comme « un véritable miracle » et un modèle à suivre. Certains crédules sont d’ailleurs prêts à précipiter leurs pays et donc leurs peuples dans cet abîme sans fond  croyant  suivre l’exemple de Paul Kagame, alors que ce dernier ne fut qu’un pion ! Les Guinéens (Conakry), les Congolais (Brazzaville), les Sénégalais…devraient tenir leurs dirigeants à l’œil avant qu’il ne soit trop tard car à trop vouloir suivre l’exemple de Paul Kagame dans la vente du Rwanda aux multinationales, ils regretteront leur démocratie, leur indépendance mais surtout leur dignité. Ironie de l’histoire : le nouveau maître du monde (le bloc anglo-saxon) ne fait que mimer la . En effet, c’est la France qui, dans son pré-carré africain, faisait et défaisait les régimes. Que ce soit en Côte d’Ivoire pour punir l’insolent Laurent Gbagbo ou en Centrafrique pour le casting dans le choix des tombeurs de François Bozizé ou au Burkina pour remercier en douce  l’ami Blaise Compaoré  devenu autiste, c’est Paris qui prenait l’initiative et balisait la suite des événements.

Modus operandi

Pourtant aucune personne avisée ne devrait tomber dans ce piège car le mode opératoire est toujours le même. Le régime installé à l’image de celui de Paul Kagamé au Rwanda possède tout d’un mirage : il est entouré de fausses informations fabriquées et diffusées par les puissants médias ; les statistiques sont truquées et les institutions internationales contrôlées ou financées par la superpuissance ne peuvent oser démentir ; la culte de la personnalité est poussée à l’extrême pour divertir l’opinion interne. Pensez que les fils de Paul Kagamé sont présentés dans les médias d’état comme des stars du football, du volley-ball, du Basketball car tous titulaires dans l’équipe  nationale pour chaque discipline. Même chez les Kim sud-coréens, le ridicule n’a jamais été poussé aussi loin.  Au même moment, la population croupit dans la misère, la famine décime les populations spoliées de leurs terres pour laisser place aux projets farfelus et inadaptés des multinationales. Mais aucun média occidental n’osera dénoncer cet état de chose ni même simplement le signaler.

Une bombe à retardement?

La nouvelle forme de colonisation à l’image du Rwanda confié au CEO Paul Kagame constitue une bombe à retardement pour non seulement le peuple rwandais qui n’a plus de pays mais également pour toute la région. Partout où des régimes fantoches ont été installés, que ce soit en Amérique latine ou en Indochine,  ils ont fini par être incontrôlables et finalement lâchés par leur parrain dans un chaos généralisé ou sans état d’âme, la superpuissance s’adaptant à la Realpolitik.

Le Rwanda, comme un cas caricatural de cette nouvelle forme de colonisation, est tombé dans cet abîme voici plus de deux décennies. Le peuple rwandais prendra beaucoup de temps à s’en sortir. Et même, après une longue et laborieuse période de transition, qui sera nécessaire d’abord pour rétablir la souveraineté nationale et pour convaincre la clique tutsi regroupé dans l’organisation semi-terroriste du FPR, de se convaincre que la situation qu’aura vécu la population rwandaise sous sa ferrure avait été décidée fin des années 80 par les Anglo-saxons, sans demander l’avis des Tutsi et sans tenir compte  des intérêts des Rwandais. Le FPR aura-t-il le courage d’en demander pardon ?

Emmanuel Neretse
25/07/2016

 

La France est-elle prise au piège du génocide rwandais ?

gauthier dafroza - CopieDepuis quelques années, les instances judiciaires françaises se sont laissées embarquer dans un courant politico-médiatico-judiciaire animé par le régime dictatorial de Kigali dominé par les Tutsi. Sous le prétexte de faire la chasse aux « génocidaires » hutu qui l’ont échappé après sa conquête militaire du pays en 1994, le régime tutsi du FPR s’emploie méthodiquement à faire chanter certaines puissances qui, autrement, pourraient dénoncer sa nature criminelle. Au premier rang de ces puissances qui sont devenues les «  punching-balls » du  dictateur Kagame se retrouve la France.

Le contentieux entre le régime tutsi du FPR et la France date du temps où cette rébellion tutsi dénommée Front Patriotique Rwandais, aujourd’hui devenu parti unique au pouvoir au Rwanda et qui était constituée des éléments tutsi rwandais de l’armée régulière de l’Ouganda, était engagée à envahir militairement le Rwanda pour y renverser les institutions républicaines et légitimes et installer à la place une dictature implacable dirigée par la minorité tutsi. C’était entre  1990 et 1994. La France était alors liée au gouvernement légitime du Rwanda par des accords de coopération, même en matière militaire.

Face à cette agression caractérisée dont était l’objet le Rwanda comme pays membre des Nations Unies et de l’Organisation de l’Unité Africaine, la France, agissant en tant qu’un pays respectueux de ses engagements en matière internationale, a essayé de remplir sa part du contrat en aidant le gouvernement légitime alors agressé à résister et à défendre sa population et ses acquis.

La rébellion tutsi du FPR, forte du soutien des puissances anglo-saxonnes, a dès lors pris cet engagement de la France aux côtés du Rwanda comme une tentative de Paris pour l’empêcher de conquérir le pays par les armes, la seule façon possible qu’avait cette minorité venue de l’extérieure et abhorrée par les populations locales, pour s’assurer le pouvoir au Rwanda.

Même après le retrait total de la France en 1993 au moment où la rébellion tutsi montait en puissance, renforcée par les puissances anglo-saxonnes et les pays de la région agissant sous leurs ordres, le FPR de Paul Kagamé n’a jamais digéré ce qu’il appelle un « soutien de la France au régime hutu de Juvénal Habyarimana ». Depuis lors, même plus de 22 ans après sa conquête militaire du pays, le dictateur Paul Kagame garde une dent contre la France et fait tout pour l’en punir ou l’amener à faire profil-bas lorsqu’il s’agit de parler de sa dictature dans des instances internationales.

Objectif ultime du régime de Paul Kagame : culpabiliser la France pour le « génocide rwandais »

Aussi terrible que simple à énoncer, le régime du FPR issu de la conquête militaire du Rwanda par la minorité tutsi conduite par Paul Kagame, conquête présentée à l’opinion internationale comme « une opération menée pour arrêter le génocide », entend faire endosser à la France officielle la responsabilité de ce « génocide », en l’amenant d’abord à le reconnaître, à en demander pardon et enfin à payer des réparations financières. Si cet objectif peut sembler trop ambitieux, le régime du FPR étant bien conseillé, il est quant à lui convaincu que le but sera atteint surtout que certains milieux français eux-mêmes œuvrent pour cette issue.

Manœuvres de contournement pour atteindre cet objectif

Pour amener le France à plaider coupable pour avoir commis « un génocide » au Rwanda et pour qu’elle s’engage à indemniser les victimes et à verser des réparations au régime qui prétend avoir arrêté ce génocide, le régime ne passe pas par les voix diplomatiques ou judiciaires classiques (plainte contre la France devant les juridictions internationales…), mais passe par des voies détournées mais qui, toutes, selon les analystes, pourraient aboutir au même objectif. Des organisations dites de défense des droits de l’homme opérant en France mais qui sont en fait des vitrines du parti au pouvoir au Rwanda, intentent des poursuites judicaires en France contre des personnalités françaises (des officiers de l’armée, des anciens politiciens…) et même des institutions en tant que telles (l’armée, certaines opérations militaires…) pour tenter de les faire condamner et à travers elles, la République Française. Parallèlement certains français liés au régime tutsi du FPR et surtout massivement financés par celui-ci, créent des officines qui se spécialisent à repérer des Hutus vivant en France, à aller leur trouver des fausses accusations au Rwanda auprès des « syndicats de délateurs »  mis en place par le régime, et à revenir porter plainte et exiger des procès pour « génocide ».

Le cas du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) d’Alain et Daphrosa Gauthier

Un cas illustratif de ces ramifications politico-mafieuses qui sont en train de phagocyter le système judicaire français en rapport au génocide, est celui du « Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda » (CPCR) créé et présidé par un certain Alain Gauthier.

Alain Gauthier est un français « de souche » et qui a récemment obtenu la nationalité rwandaise. Ayant épousé une femme tutsi rwandaise Daphroza, il est devenu de ce fait un proche parent par alliance du Numéro 2 du régime militaire tutsi, le général James Kabarebe le redoutable et inamovible ministre de la Défense du Rwanda et qui fut un moment « Chef d’Etat major » de l’Armée de la République Démocratique du Congo entre 1997 et 1999.


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C’est donc à ce titre et bénéficiant des moyens et des facilités que lui offrent son statut de proche parent des dignitaires du régime tutsi que son officine dite CPCR défraie la chronique judicaire en France où le couple Alain-Daphroza Gauthier, hier des retraités modestes et inconnues, sont devenus actuellement des stars médiatiques et qui font trembler les Cours d’Assises en France.

Deux procès déjà tenus 

Le couple Alain-Daphroza Gauthier vient, à moins de deux ans, de faire tenir deux procès en assises et chaque fois de faire condamner lourdement ceux qu’il accusait. En 2014, il a fait condamner Pascal Simbikangwa à 25 ans d’emprisonnement et en juillet 2016, il a fait condamner Octavien Ngenzi et Tito Barahira à la réclusion à perpétuité. On a noté, au cours de ces procès, quelques constantes révélatrices. Deux des accusés avaient été arrêtés dans un département français d’Outre Mer pour faux papiers et étaient détenus au-delà des  délais de détention préventive. Ils ont tous passé plus de cinq ans en détention pour faux papiers et sans jugement. Alain Gauthier n’est pas allé au Rwanda pour recueillir les témoignages à charge pour « génocide » qu’après avoir appris que ces Hutu risquaient d’être libérés et même indemnisés pour cette longue détention illégale. Il en est revenu avec un troisième nom qu’il a joint au dossier. En les accusant de « génocide » et en parvenant à trouver des témoins au Rwanda, Alain Gauthier a donc collaboré avec le système judiciaire de son premier pays (la France) tout en servant son deuxième pays (le Rwanda) et en évitant un scandale   qui pourrait coûter cher même en termes financiers. De là à penser que lors du jugement, le principe du « retour de l’ascenseur » peut être envisagé n’est pas du tout hors propos.

Procès en Assises

Le procès en Assises en France se caractérise par la présence d’un jury populaire qui doit se joindre aux juges professionnels lors de la délibération pour juger de la culpabilité ou non et pour déterminer la peine.

Compte tenu de la présence d’un jury populaire, les débats devant la cour d’assises sont intégralement oraux : en effet, seul le président a accès au dossier, les autres membres de la cour et du jury n’en prenant connaissance qu’au travers des interrogatoires et dépositions organisés à l’audience. Ceux qui remettent en cause le rôle des jurys populaires affirment notamment que ceux-ci peuvent être manipulés par un contexte extérieur (médias, télévisions, ou professionnels du droit).

Ceci s’est particulièrement fait remarquer lors des deux procès de Paris où il est apparu que les débats étaient plutôt destinés à faire vibrer la corde sentimentale des jurés que de présenter les faits avérés. Les vidéos choisies pour être visionnées comme les témoignages des « rescapés » racontant l’horreur ont dominé les débats et visaient à noyer la réalité des faits à juger dans ce flot d’évocations sentimentales. Bref, l’Avocat Général, et surtout les parties civiles, n’avaient qu’à s’entourer des comédiens professionnels qui savent faire le casting pour déterminer quel témoin pouvait impressionner le plus les jurés. Ils y ont réussi au delà de toute espérance. Dans ces procès éminemment politiques, les magistrats professionnels étant déjà dans la poche, les jurés ont été instrumentalisés du début à la fin.

Multiplication des condamnations pour « génocide » en France : quel sera le sort des instances ou personnalités françaises inculpées ?

Le régime de Kigali, à travers son officine tenue par Alain Gauthier en France, compte multiplier des condamnations à tout vent pour « génocide ». L’opinion française non avertie ne s’émeut pas et même n’est pas intéressée par ces manœuvres politico-judiciaires. Mais ce que cette opinion devrait savoir, c’est que sous peu, certaines personnalités françaises plus ou moins connues tomberont aussi dans l’escarcelle de Paul Kagamé en utilisant des français comme Alain Gauthier à qui il a offert un gagne-pain et la nationalité. Bien plus grave, si cette entreprise n’est pas dénoncée par les décideurs politiques et si l’appareil judiciaire ne se remet pas en cause pour cesser d’être instrumentalisé, c’est la France toute entière qui en payera le prix et plus concrètement le contribuable qui mettra la main dans sa poche lorsqu’il sera question d’indemniser le régime tutsi du Rwanda pour un génocide de 1994 voulu et commis par des Rwandais mais qui sera alors mis sous le dos de la France.

En conclusion, on ne peut que se poser des questions : la France peut-elle échapper à payer pour le « génocide des tutsi » dès lors que sa justice, soumise aux pressions politiques et corporatistes, lesquelles sont noyautées par les lobbies pro-tutsi en France-même, se laisse facilement manipuler par ce même pouvoir tutsi ?

Emmanuel Neretse