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	<title>Echos d&#039;Afrique</title>
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		<title>L’Occident à la reconquête de l’Afrique</title>
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		<pubDate>Sat, 04 May 2013 10:47:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mohamed Hassan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les guerres occidentales en Afrique se multiplient. En 2008, les USA créaient Africom, un centre de commandement unique pour toutes leurs opérations militaires en Afrique. Depuis, il y a eu la Côte d&#8217;Ivoire, la Libye, le Mali&#8230; Sans compter la Somalie et le Congo, théâtres de violentes guerres indirectes depuis des années. Spécialiste de l&#8217;Afrique et auteur chez Investig&#8217;Action de « La stratégie du chaos », Mohamed Hassan nous explique les raisons de ces agressions à répétition. Menées par un [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/05/ressources_afrique-2c676.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3513" alt="ressources_afrique-2c676" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/05/ressources_afrique-2c676.jpg" width="250" height="250" /></a>Les guerres occidentales en Afrique se multiplient. En 2008, les USA créaient Africom, un centre de commandement unique pour toutes leurs opérations militaires en Afrique. Depuis, il y a eu la Côte d&rsquo;Ivoire, la Libye, le Mali&#8230; Sans compter la Somalie et le Congo, théâtres de violentes guerres indirectes depuis des années. Spécialiste de l&rsquo;Afrique et auteur chez Investig&rsquo;Action de « La stratégie du chaos », Mohamed Hassan nous explique les raisons de ces agressions à répétition. Menées par un Occident en pleine crise, elles ont pour toile de fond la lutte contre la Chine et le contrôle des matières premières. Premier volet d&rsquo;une série de trois articles sur « Les causes et conséquences de la guerre au Mali » (IGA).</strong></p>
<p><strong>Ce qui a précédé : crise et guerre</strong></p>
<p>Depuis les années 70, le capitalisme est en crise. La réaction des dirigeants mondiaux du capitalisme dans les années 80 a consisté en une politique ultralibérale et une offensive idéologique acharnée contre le communisme. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, cette politique a été formulée dans les fameux programmes d’adaptation structurelle (PAS) qui ont fortement affaibli les États et ont balayé tout ce qui restait encore des infrastructures et des services sociaux. Dans le monde capitaliste, toutes les règles ont été supprimées, surtout — et de la façon la plus radicale — dans le monde bancaire. La législation du travail, la sécurité sociale et les droits syndicaux ont été également remis en question.</p>
<p>En 1990, quand le socialisme s’est effondré en Union soviétique, l’euphorie s’est emparée de l’Occident : on a parlé de la fin de l’histoire et de la victoire définitive du capitalisme. Le sigle de quatre lettres, TINA (pour There is no alternative — il n’y a pas d’alternative), a été très en vogue. Mais, au milieu des années 90, cette euphorie s’est quelque peu tempérée et le capitalisme en crise s’est mis en quête d’une nouvelle image d’ennemi. À cette fin, la théorie du « choc des civilisations », de la guerre entre civilisations, de Samuel Huntington, s’est avérée utile. Et, déjà à l’époque, l’islam a été défini comme l’ennemi.</p>
<p>Sur le plan stratégique, il y a eu le livre influent de l’Américain d’origine polonaise, Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier avec, comme sous-titre, American Primacy and ItsGeostrategic Imperatives (littéralement : « L’hégémonie américaine et ses impératifs stratégiques » ; c’est devenu « L’Amérique et le reste du monde », dans la version française). Pour Brzezinski, les États-Unis devaient s’appuyer sur l’Union européenne et les grands pays est-européens comme la Pologne et l’Ukraine afin de pouvoir contrôler la totalité de l’Eurasie, la plus vaste étendue de terre émergée du monde, que composent à la fois l’Europe et le continent asiatique.</p>
<p>À la fin de la présidence de Clinton est venu le projet PNAC (Project for a New AmericanCentury — Projet pour un nouveau siècle américain), par lequel les néoconservateurs préconisaient le remodelage du Grand Moyen-Orient. Cela allait être la politique du président américain suivant, George Bush Jr. Conséquence : la première décennie de ce siècle fut ébranlée par les guerres en Irak et en Afghanistan.</p>
<h4>Une grossière erreur de calcul</h4>
<p>Aussi violente et impressionnante qu’ait été la guerre en Irak lorsqu’elle débuta voici dix ans, on ne peut que constater aujourd’hui que les États-Unis ont perdu cette guerre. Après dix ans d’occupation américaine, le contrôle politique du pays est aux mains d’un gouvernement qui écoute davantage le pays voisin, l’Iran — l’ennemi de toujours de Washington — que ses maîtres américains mêmes. Si, par l’occupation de l’Irak, l’intention des États-Unis était de contrôler la production de pétrole à l’échelle mondiale, cela aussi a été un échec : une partie importante du pétrole irakien part actuellement en Chine. Et les hausses du prix de l’or noir ont également enrichi des pays producteurs de pétrole qui ne sont pas en très bons termes avec les États-Unis : l’Algérie, le Venezuela, la Libye, la Russie. Ces pays ont pu de la sorte se constituer d’importantes réserves monétaires, ce qui a accru leurs possibilités de suivre un cours indépendant.</p>
<p>En ce qui concerne la Russie, dans les années 90 Washington a soutenu les islamistes radicaux en Tchétchénie dans le but d’affaiblir plus encore le pays. Au cours d’une lutte sanglante, la capitale tchétchène Grozny a été réduite en ruines et on a déploré, en outre, le drame des otages à l’école de Beslan (1). Mais la Russie a tenu bon et, sous Poutine, est redevenue un pays absolument autonome et indépendant bénéficiant également d’une forte croissance économique.</p>
<p>Mais c’est surtout en Chine que les États-Unis se sont trompés. Leur intention, c’était de voir la poursuite de l’application du libre marché mener enfin à l’effondrement du système d’État socialiste, comme cela avait été le cas plus tôt en Union soviétique. Mais cela n’a pas eu lieu et l’économie chinoise a continué à croître. La Chine a dépassé, l’un après l’autre, les grands pays capitalistes et est devenue aujourd’hui la deuxième économie au monde, après les États-Unis, ainsi que la plus grande puissance commerciale. Si cette évolution se poursuit, ce n’est plus qu’une question de temps avant que la Chine ne dépasse aussi les États-Unis. Dans le sillage de la Chine, on trouve, par ailleurs, nombre de grands pays du tiers monde, comme l’Inde et le Brésil, tandis que quelques grands pays africains se sont mués eux aussi en pays émergents : l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigeria. Ensemble, les principaux pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) constituent ce qu’on appelle les BRICS.</p>
<p>À mesure que se développait cette évolution, on était de plus en plus désespéré, en Occident, par ce « printemps chinois » pro-occidental qui se faisait attendre et l’idée faisait alors son chemin d’approcher ouvertement la Chine en tant qu’adversaire stratégique, dans une deuxième « guerre froide » et une politique d’encerclement, d’endiguement et de confrontation. Quand, en novembre 2011, le président américain Obama effectua un vaste périple en Asie, il déclara que les États-Unis étaient et restaient une « puissance pacifique », faisant allusion à l’océan Pacifique qui sépare les États-Unis et l’Asie. « L’Asie est désormais la priorité numéro un des États-Unis », ajoutait-il. Ce n’est pas un hasard si le premier voyage à l’étranger d’Obama après les élections présidentielles de 2012 n’a pas eu pour destination l’Europe ou l’Amérique latine, mais bien la Birmanie, un pays clé dans la politique d’encerclement de la Chine.</p>
<h4></h4>
<h4>L’importance stratégique croissante de l’Afrique</h4>
<p>C’est dans ce nouveau cadre politique que l’Africom a été fondé en 2008. Il s’agit d’une importante réforme stratégique des centres de commandement suprême de l’armée américaine. L’Africom réunit désormais toutes les opérations de l’armée américaine en Afrique sous un commandement unique (dont le quartier général se trouve à Stuttgart), alors qu’auparavant elles dépendaient de trois commandements différents. Il ne s’agit pas d’une opération de chirurgie esthétique : cette réforme reflète la grande importance stratégique du continent africain dans la politique américaine de confrontation avec la Chine.</p>
<p>Les progrès rapides de la technologie font que de plus en plus de matières premières sont nécessaires pour l’industrie des pays capitalistes, mais aussi pour celle de la Chine et des autres économies émergentes. Dans le sous-sol africain se trouvent d’importantes réserves encore intactes de pétrole, de gaz et de métaux ordinaires ou rares. On estime que le continent possède 40 % des matières premières minérales du monde ce qui lui confère une grande importance stratégique.</p>
<p>La croissance spectaculaire de la Chine et des autres économies émergentes requiert en effet d’énormes quantités de matières premières. En outre, les BRICS ont grandement besoin de possibilités d’exportation et, pour eux aussi, l’Afrique constitue un marché d’écoulement très prometteur. Si les États-Unis veulent mettre un terme à l’ascension de la Chine (la politique de l’ « endiguement »), l’Afrique constitue un élément clé pour la décennie à venir. En attendant, depuis quelques années, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Afrique. Les États-Unis viennent ensuite et tous deux ont dépassé les anciennes métropoles coloniales qu’étaient la France et la Grande-Bretagne.</p>
<p>Conquérir le contrôle de l’Afrique devient donc urgent pour Washington, et cela ne peut se faire uniquement par la concurrence des acteurs économiques au sein d’un marché « libre ». Pour le bloc impérialiste, il s’agit tout autant d’une question militaire. D’où le rôle décisif joué par les armées des États-Unis et des pays européens depuis 2011 dans les guerres en Côte d’Ivoire, en Libye et aujourd’hui au Mali. Ce qui surprend ici, c’est que les États-Unis se profilent de façon peut-être plus discrète, aux yeux de l’extérieur, tandis qu’en même temps, par leur Africom et leur énorme réseau politique et diplomatique, ils tiennent malgré tout fermement les rênes en main.</p>
<p>Cette intervention directe des armées des États membres de l’Otan dans les guerres africaines, avec un rôle clé pour Africom, ne fera que s’accroître au cours des années à venir. Par ailleurs, Africom est également impliqué dans un nombre spectaculairement croissant de programmes de collaboration militaire avec des armées africaines, sous la forme de formation et d’exercices en commun. Le but est de prendre pied au sein de ces armées et de faire mener le plus possible les guerres qui auront lieu en Afrique par des armées africaines — mais, naturellement, toujours en fonction des intérêts des États-Unis.</p>
<p>Cette stratégie, Washington l’applique depuis des années déjà dans deux pays qui sont très importants sur le plan géostratégique : la Somalie et la République démocratique du Congo. Les armées, respectivement, de l’Éthiopie, de l’Ouganda et du Rwanda se chargent sur place du boulot. Aujourd’hui, les États-Unis passent à la vitesse supérieure dans le travail préparatoire de ce genre d’interventions. En 2012, une brigade de l’armée américaine a reçu la mission de mener des activités dans pas moins de 35 pays africains, un nombre record.</p>
<p>Cette tentative de soumettre militairement l’Afrique afin de contrôler l’influence économique de la Chine et des autres économies émergentes s’effectue sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Et c’est ainsi que nous en arrivons au mouvement intégriste islamique et à ce que les médias ont appelé le « Printemps arabe ».</p>
<p><em>Extrait de « Causes et conséquences de la guerre au Mali », article paru dans <a href="http://www.marx.be/fr/content/%C3%A9tudes-marxistes-no-101">Études marxistes</a>, n°101. La suite bientôt disponible sur <a href="http://www.michelcollon.info/L-Occident-a-la-reconquete-de-l.html">michelcollon.info</a>.</em></p>
<p><strong>Notes</strong></p>
<p>(1) Voir <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_d%27otages_de_Beslan">Wikipedia</a>.</p>
<p>Mohamed Hassan est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique. Il est l’auteur, avec David Pestieau, de L’Irak face à l’occupation (EPO, 2004) et, avec Grégoire Lalieu et Michel Collon, de <a href="http://www.michelcollon.info/spip.php?page=produit&amp;ref=chaos&amp;id_rubrique_thelia=">La stratégie du chaos</a>, Investig’Action/Couleur Livres, 2012.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>RDC : Pour que la Brigade d&#8217;intervention ne soit pas une tentative vaine&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Apr 2013 10:39:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Mobert N'Senga</dc:creator>
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		<description><![CDATA[RDC : Pour que la Brigade d&#8217;intervention ne soit pas une tentative vaine, ou la paix une conquête éphémère&#160;&#187;. Lettre ouverte de la jeunesse congolaise à M. Ban Ki Moon, Secrétaire Général de l&#8217;ONU Depuis le 15 août de l&#8217;année dernière, ces jeunes de Goma, au Nord-Kivu, la province la plus meurtrie par les guerres et les violences, avaient écrit et manifesté pour demander le renforcement du mandat de la MONUSCO. Le 11 septembre, devant le Secrétaire-adjoint de l&#8217;ONU Hervé [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://actudukivu.blogspot.be/2012/09/ils-etaient-une-cinquantaine-de-jeunes.html"><img class="alignleft size-full wp-image-3500" alt="JEUNES Goma" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/04/JEUNES-Goma1.jpg" width="250" height="250" /></a>RDC : Pour que la Brigade d&rsquo;intervention ne soit pas une tentative vaine, ou la paix une conquête éphémère&nbsp;&raquo;. Lettre ouverte de la jeunesse congolaise à M. Ban Ki Moon, Secrétaire Général de l&rsquo;ONU</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><i>Depuis le 15 août de l&rsquo;année dernière, ces jeunes de Goma, au Nord-Kivu, la province la plus meurtrie par les guerres et les violences, avaient écrit et manifesté pour demander le renforcement du mandat de la MONUSCO. Le 11 septembre, devant le Secrétaire-adjoint de l&rsquo;ONU Hervé Ladsous, de passage à Goma, ils avaient écrit sur leur calicot : &laquo;&nbsp;la meilleure manière de nous protéger, nous civils congolais, c&rsquo;est de nous protéger. La MONUSCO doit y oeuvrer ou s&rsquo;en aller&nbsp;&raquo;. </i></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><i>Le Conseil de sécurité leur a finalement donné raison en votant, jeudi le 28 mars dernier, la résolution 2098 (2013) qui crée une Brigade d&rsquo;intervention doté du mandat de &laquo;&nbsp;neutraliser les groupes armés&nbsp;&raquo; dans l&rsquo;Est de la RDC, et proroge le mandat de la MONUSCO jusqu&rsquo;au 31 mars 2014. </i></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><i>Pourtant ils demeurent préoccupés. D&rsquo;où cette lettre ouverte et leur manifestation devant le Quartier Général de la MONUSCO, ce mercredi 3 avril 2013. </i></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><b><i><span style="text-decoration: underline;">POUR QUE LA BRIGADE D’INTERVENTION NE SOIT PAS UNE AUTRE INITIATIVE VAINE,</span></i></b></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><b><i><span style="text-decoration: underline;">OU LA PAIX UNE CONQUETE EPHEMERE</span></i></b></p>
<p align="center"><b>Lettre ouverte à Monsieur Ban Ki Moon,  Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies</b></p>
<p align="center"><b><span style="text-decoration: underline;">New-York, Etats-Unis d’Amérique.</span></b></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Monsieur le Secrétaire Général,</p>
<p>C’est avec un grand soulagement que nous avons accueilli la nouvelle de la création, par la résolution 2098 du Conseil de sécurité de l’ONU, sur votre recommandation, d’une Brigade d’intervention au sein de la MONUSCO, avec un mandat explicite de « neutraliser tous les groupes armés » actifs dans l’Est de notre pays. C’est depuis le début de l’année dernière, et l’apparition du sinistre M23 que nous avions écrit et manifesté pour demander la transformation du mandat de la MONUSCO afin qu’elle devienne véritablement une force d’imposition de la paix, au lieu de prétendre « maintenir » une paix inexistante.</p>
<p>La création de la Brigade d’intervention nous redonne espoir en l’avènement de la paix dans notre pays et spécialement dans la province du Nord-Kivu, après deux décennies de guerres cycliques et de violences inouïes. Nous nous réjouissons aussi de ce que le Conseil de sécurité ait tenu à rappeler la responsabilité première du gouvernement congolais à assurer la paix et la sécurité du pays, et à défendre son indépendance et sa souveraineté.</p>
<p>Monsieur le Secrétaire Général,</p>
<p>Notre réjouissance est malgré tout emprunte de prudence et d’inquiétude, au regard de certains éléments qui risquent de compromettre, soit la réalisation effective et rapide de la mission d’imposition de la paix assignée à la Brigade d’intervention, soit la pérennité de la paix qu’elle aura pu imposer.</p>
<p>C’est sur ces éléments que nous souhaiterions attirer votre attention, et à travers vous, celle de l’ensemble de la communauté internationale et des autorités congolaises. Notre unique leitmotiv, c’est que nous avons subi les guerres et les violences répétitives dans notre propre chair, et que nous ne voulons ni de trêve, ni de demi-solutions : nous voulons d’une paix véritable, solide et durable pour enfin nous développer et nous épanouir.</p>
<p>Une telle paix ne peut s’accommoder ni de nouvelles primes à des criminels impénitents de quelque bord qu’ils soient ; ni de l’impunité ou des arrangements occultes. Une telle paix ne peut pas non plus s’accommoder d’un voile pudique sur les problèmes réels de gouvernance, d’atteintes à la constitution et à la démocratie, d’injustices sociales, de corruption, de légèreté et d’incompétence que nos dirigeants actuels entretiennent délibérément.</p>
<p>Monsieur le Secrétaire Général,</p>
<p>La République Démocratique du Congo a tout le potentiel pour devenir une grande nation, démocratique, paisible et prospère, et le moment est propice pour tourner définitivement la longue page des guerres répétitives, des violences, et des atteintes à la démocratie. En dépit de leurs lacunes, la résolution 2098 et l’accord-cadre d’Addis-Abeba offrent une chance réelle d’évolution positive dans cette direction.</p>
<p>Si, au-delà des textes et des déclarations d’intention, la communauté internationale est réellement résolue à contribuer à l’avènement d’une paix véritable et durable, gage du développement de la RD Congo et de l’épanouissement de son peuple – ce dont la sous-région, l’Afrique et le monde ne manqueront pas de tirer meilleur bénéfice qu’actuellement –, nous l’exhortons, à travers vous, à :</p>
<p>1.        <i><span style="text-decoration: underline;">Mettre à la disposition de la Brigade d’intervention</span></i>, non seulement des moyens financiers et matériels suffisants et adéquats (notamment les drones et les hélicoptères), mais aussi leurs troupes aguerries et possédant avec la RDC plus d’affinités. L’une des raisons de l’échec de la MONUSCO durant la décennie de sa présence nous semble être le manque de motivation suffisante de la part des pays pourvoyeurs de l’essentiel des troupes. Outres les Etats de l’Afrique australe qui ont déjà proposé leurs troupes à la Brigade d’intervention, les pays occidentaux comme <i><span style="text-decoration: underline;">les Etats-Unis d’Amérique, la France, la Belgique, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Norvège, la Suède et le Canada</span></i> devraient eux aussi mettre à contribution leurs armées plus expérimentées, mieux entraînées et mieux équipées pour plus d’efficacité de la Brigade d’intervention. C’est une question de cohérence et de responsabilité et cohérence de leur engagement politique et diplomatique en RDC et en Afrique des Grands-Lacs.</p>
<p>2.       <i><span style="text-decoration: underline;">S’assurer que la Brigade d’intervention est déployée dans les meilleurs délais, et qu’elle accomplit sa mission le plus rapidement possible </span></i>: les trente jours annoncés pour l’opérationnalisation de cette Brigade ne devraient pas être dépassés, au risque de permettre aux groupes armés visés d’élaborer des stratégies pour se soustraire à la traque sans disparaître vraiment. Par ailleurs, les dix ans de la MONUSCO, c’est déjà trop. Nous apprécions que dans ce contexte particulier, la communauté internationale nous aide établir les bases d’une paix durable et d’une stabilité certaine, mais cela ne peut en aucun cas justifier une présence et une assistance permanentes. Les actions de la communauté internationale ne seront légitimes que pour autant qu’elles visent à nous aider à prendre nos responsabilités, à nous conduire souverainement en tant que Nation, à atteindre notre résilience.</p>
<p>3.       <i><span style="text-decoration: underline;">Ne pas s’écarter de la résolution 2098 qui vise tous les groupes armés locaux et étrangers </span></i>: la communauté internationale ne doit pas tomber dans les mêmes errements que ceux de notre gouvernement qui a trop souvent tendance à considérer certains groupes armés comme « plus importants », ou « plus tolérables », ou « plus fréquentables » que d’autres. Tous les groupes armés, y compris le M23, doivent être neutralisés sans condition ni différenciation comme stipulé dans la résolution 2098 (2013). La communauté internationale doit peser de tout son poids pour qu’aucune mesure autre que le désarmement volontaire et sans condition ne soit plus accordée à aucun groupe armé, quel qu’il soit : ni intégration au sein de l’armée nationale, ni accords occultes, ni amnistie collective, ni mutation en groupements politiques des groupes armés comme par le passé.</p>
<p>4.      <i><span style="text-decoration: underline;">Maintenir la pression sur les autorités congolaises </span></i>pour que les réformes que toute la population attend, et qui sont le véritable gage de la cohésion nationale et de la paix durable, soient effectivement entreprises : réforme du secteur de sécurité ; mise en œuvre accélérée de la décentralisation ; réformes électorales ; réforme de la justice et jugement de tous les crimes commis en RDC ces vingt dernières années ; mise en place de toutes les institutions prévues dans la constitution du 18 février 2006 ; réformes électorales et tenue en cette année 2013 des élections provinciales, sénatoriales et locales ; engagement concret dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance économique ; réformes économiques et sociales ; etc. Pour ce faire, nous attendons de la communauté internationale qu’elle encourage et soutienne ces réformes. Dans cette optique, pourquoi ne pas réduire les autres effectifs quasi inutiles de la MONUSCO ainsi que leur budget, et engager ces moyens dans le soutien aux réformes prioritaires comme celle du secteur de sécurité ? Nous pensons qu’il est important d’encourager le gouvernement congolais à adopter et rendre public, dans les meilleurs délais, <i><span style="text-decoration: underline;">une feuille de route pour la mise en œuvre de toutes ces réformes</span></i>, avec un chronogramme clair.</p>
<p>Monsieur le Secrétaire Général,</p>
<p>La résolution 2098 est un pas important de la communauté internationale dans l’accompagnement de notre pays vers le recouvrement de la paix et de la stabilité, mais beaucoup reste encore à faire. A commencer par la réalisation effective et rapide de tous les points énumérés dans cette résolution. Nous osons espérer que la mutation opérée dans la façon dont la communauté internationale perçoit la crise dans notre pays permettra une amélioration concrète de la situation. Notre souci est de nous défaire des chaînes qui empêchent depuis tant de décennies notre Nation de prendre son envol. Nous avons besoin, non pas d’une tutelle permanente, mais d’un soutien sincère des autres Nations du monde, pour réaliser ce rêve commun à notre génération.</p>
<p>Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de notre considération hautement distinguée.</p>
<p style="text-align: center;"> <i>Fait le 3 avril 2013, à Goma (province du Nord-Kivu).</i></p>
<p style="text-align: left;" align="center"><span style="text-decoration: underline;">Pour La LUCHA, les signataires :</span></p>
<p style="text-align: left;"><i>1. Fred Bauma Winga                           6.Micheline Mwendike Kamate,</i></p>
<p style="text-align: left;"><i>2. Jean-Mobert N. N’senga                   7.Luc Nkulula-wa-Mwamba</i></p>
<p style="text-align: left;"><i>3.Chantal Faida Mulenga-Byuma       8.Fidèle Niyirema</i></p>
<p style="text-align: left;"><i>4.François Lukaya N’yombo                 9.Claudia Chuma</i></p>
<p style="text-align: left;"><i>5.Serge Kambale Sivyavuwa    </i></p>
<p><i>                                                               </i></p>
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		<title>Bosco Ntaganda : enfin son tour!</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Mar 2013 19:23:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Cheuzeville</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bosco Ntaganda]]></category>
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		<category><![CDATA[M23]]></category>
		<category><![CDATA[nord-kivu]]></category>
		<category><![CDATA[Thomas Lubanga]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est aujourd’hui que Bosco Ntaganda a fait sa première apparition devant la Cour Pénale Internationale, après avoir été transféré à La Haye depuis l’ambassade des États-Unis à Kigali. Bosco Ntaganda. Un nom qui ne dit peut être rien à à la plupart des gens. Un nom qui, pourtant, me hante depuis 2001, lorsque je l’entendis pour la première fois, prononcé par la bouche d’un enfant soldat congolais en cours de démobilisation. Un nom qui, depuis, fait encore frémir des millions [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="yui_3_7_2_1_1364411184785_2188">
<div id="attachment_3487" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/03/ntaganda_HRW.jpg"><img class="size-full wp-image-3487" alt="Bosco Ntaganda/photo HRW" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/03/ntaganda_HRW.jpg" width="250" height="250" /></a><p class="wp-caption-text">Bosco Ntaganda/photo HRW</p></div>
<p style="text-align: justify;">C’est aujourd’hui que Bosco Ntaganda a fait sa première apparition devant la Cour Pénale Internationale, après avoir été transféré à La Haye depuis l’ambassade des États-Unis à Kigali.</p>
</div>
<div id="yui_3_7_2_1_1364411184785_2086">
<div id="yui_3_7_2_1_1364411184785_2085" style="text-align: justify;">Bosco Ntaganda. Un nom qui ne dit peut être rien à à la plupart des gens. Un nom qui, pourtant, me hante depuis 2001, lorsque je l’entendis pour la première fois, prononcé par la bouche d’un enfant soldat congolais en cours de démobilisation. Un nom qui, depuis, fait encore frémir des millions d’habitants de la partie orientale du Congo/Zaïre.</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div id="yui_3_7_2_1_1364411184785_2195" style="text-align: justify;">Bosco Ntaganda, c’est tout simplement, le mal incarné. C&rsquo;est un tueur froid, méthodique, dont le seul but dans la vie est l’enrichissement personnel. Non, ce n’est pas un « rebelle congolais » comme l’ont trop souvent répété les grands médias. C’est un mercenaire rwandais, né au Rwanda,  qui a commencé sa sinistre carrière en servant au sein de l’Armée Patriotique Rwandaise, lors de la guerre du Rwanda (1990-94) qui permit à Paul Kagame, ancien militaire ougandais, de devenir l’homme fort du Rwanda. Probablement sur instruction de ce dernier, Bosco Ntaganda fut envoyé au Zaïre où il participa à toutes les guerres fomentées par le dictateur rwandais : invasion de 1996-1997, seconde invasion et occupation de la moitié orientale du pays en 1998, guerre à forte connotation tribale de l’Ituri au début des années 2000, rébellions et mutineries successives au Nord-Kivu jusqu’à ces derniers jours. Dans tous ces conflits, Bosco Ntaganda s’est tristement illustré, méritant largement le surnom sous lequel il était connu : le Terminator.</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div id="yui_3_7_2_1_1364411184785_2196" style="text-align: justify;">C’est donc en 2001 que j’en entendis parler en tout premier. Je participais, à l’époque, à la démobilisation de 165 enfants soldats de l’Ituri, qu’un groupe armé de leur région avait recrutés et envoyés en Ouganda pour leur y faire subir une formation militaire. Je crois avoir été le premier non Congolais à avoir dénoncé les crimes du Terminator, dans mon premier livre, paru en 2003<a title="" href="http://fr-mg42.mail.yahoo.com/neo/#_ftn1" target="_blank" rel="nofollow" name="_ftnref1">[1]</a>. Bosco Ntaganda était à l’époque le « chef d’état-major » de Thomas Lubanga, le patron de l’ « Union des Patriotes Congolais », une milice essentiellement hema, issue du « Rassemblement Congolais pour la Démocratie – Kisangani ». Ce rassemblement était lui-même une faction dissidente proche des Ougandais du RCD pro rwandais. Je n’en voudrais pas à ceux de mes lecteurs qui trouveraient mon explication un peu confuse. Qu’ils sachent simplement que j’ai dû beaucoup simplifier, tant la situation à l’Est du Congo/Zaïre était à l’époque obscurément nébuleuse. Il y avait une multitude de petits chefs « rebelles » propulsés sur le devant de la scène politico-militaire, tantôt par les stratèges ougandais, tantôt par ceux du Rwanda, parfois par les deux. Tous étaient manipulés, souvent montés les uns contre les autres, sur fond d’occupation militaire étrangère, de lutte pour le contrôle des richesses naturelles, de rivalités politiques et d’exacerbation d’anciennes querelles tribales. L’Est de la République Démocratique du Congo était devenu un « Far-East » sans foi ni loi, où la vie ne comptait plus, où les enfants étaient transformés en tueurs, où le viol était devenu une « arme de guerre », où seuls comptaient, pour les petits seigneurs de la guerre, l’enrichissement rapide et le pouvoir.</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">Dans mon livre « Kadogo », j’ai raconté comment Bosco Ntaganda avait utilisé « ses » enfants soldats pour monter une embuscade en pleine ville de Bunia, afin de liquider un chef milicien rival, le « commandant » Claude Kiza, lui-même protégé par d’autres enfants soldats. Le véhicule 4&#215;4 de Claude Kiza fut mitraillé, les jeunes gardes du corps de ce dernier abattus, et leur chef criblé de balles. Lorsque les tirs cessèrent, Bosco Ntaganda s’avança calmement vers son rival allongé sur la chaussée, sortit son pistolet et lui donna le coup de grâce. Puis, il se baissa et fouilla les poches du cadavre pour en sortir quelques milliers de dollars qu’il empocha aussitôt. Cet épisode sanglant résume parfaitement la personnalité du « Terminator ».</div>
<div style="text-align: justify;">Depuis, Bosco Ntaganda a poursuivi son épouvantable carrière, malgré deux mandats d’arrêt émis par la CPI. Il fut un temps protégé par les autorités de Kinshasa, qui l’avaient intégré, lui et ses hommes, au sein des Forces Armées de la République Démocratique du Congo. Cet arrangement lui permit de poursuivre ses lucratives activités au Nord-Kivu, tout en se pavanant à Goma en uniforme de général, au nez et à la barbe des casques bleus de l’ONU qui auraient pourtant dû l’appréhender. Avec une énième « mutinerie », en 2012, et la création d’une nouvelle fausse rébellion cette fois nommée « M23 » mais toujours organisée et soutenue depuis Kigali, Bosco Ntaganda se lança dans une nouvelle aventure meurtrière, sans se rendre compte qu’il commençait à devenir encombrant, même pour ses alliés et parrains. Craignant pour sa vie, il finit sans doute par se dire que le confort relatif d’une cellule hollandaise devait valoir mieux qu’une tombe anonyme dans la grande forêt congolaise. Il faut croire aussi que le général-président Kagame, se sentant de plus en plus isolé internationalement, ait préféré se débarrasser d’un pion devenu beaucoup trop compromettant.</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">Quelles que soient les raisons qui ont pu motiver la venue du « Terminator » à La Haye, je ne peux que me réjouir qu’il soit enfin sous les verrous. Mon seul regret, comme pour Thomas Lubanga, c&rsquo;est que ses puissants protecteurs et parrains ne partagent pas encore avec lui le banc des accusés de la CPI.</div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div>Hervé Cheuzeville, 26 mars 2013</div>
<div>(Auteur de trois livres: &laquo;&nbsp;Kadogo, Enfants des guerres d&rsquo;Afrique centrale&nbsp;&raquo;, l&rsquo;Harmattan, 2003; &laquo;&nbsp;Chroniques africaines de guerres et d&rsquo;espérance&nbsp;&raquo;, Editions Persée, 2006; &laquo;&nbsp;Chroniques d&rsquo;un ailleurs pas si lointain &#8211; Réflexions d&rsquo;un humanitaire engagé&nbsp;&raquo;, Editions Persée, 2010)</div>
<div></div>
<div id="yui_3_7_2_1_1364411184785_2202">(<a href="http://cheuzeville.net/" target="_blank" rel="nofollow">http://cheuzeville.net</a>)<br clear="all" /></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div id="yiv383510372ftn1">
<div id="yui_3_7_2_1_1364411184785_2201"><a title="" href="http://fr-mg42.mail.yahoo.com/neo/#_ftnref1" target="_blank" rel="nofollow" name="_ftn1">[1]</a> Kadogo, Enfants des Guerres d’Afrique Centrale, Editions l’Harmattan</div>
</div>
</div>
</div>
<div id="yui_3_7_2_1_1364411184785_2200"></div>
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		<title>La Haye : Le &#171;&#160;Terminator&#160;&#187; plaide (déjà) non coupable !</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 18:02:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Mobert N'Senga</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Bosco Ntaganda]]></category>
		<category><![CDATA[CPI]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;audience de première comparution dans l&#8217;affaire l&#8217;affaire Procureur contre Bosco Ntaganda à la Cour internationale pénale a s&#8217;est tenue à La Haye aux Pays-Bas ce mardi 26 mars 2013 comme prévu. Bosco Ntaganda est apparu en costume sombre et chemise bleue foncée, les traits tirés comme à son ordinaire, mais osant rarement lever les yeux. L&#8217;audience de ce mardi était destinée à identifier Bosco Ntaganda, à s&#8217;assurer qu&#8217;il a été informé des crimes portés contre lui, et à l&#8217;informer de ses [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/03/ntaganda-2.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3479" alt="Bosco Ntaganda-Terminator" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/03/ntaganda-2.jpg" width="250" height="250" /></a>L&rsquo;audience de première comparution dans l&rsquo;affaire l&rsquo;affaire <i>Procureur </i>contre <i>Bosco Ntaganda</i> à la Cour internationale pénale a s&rsquo;est tenue à La Haye aux Pays-Bas ce mardi 26 mars 2013 comme prévu. Bosco Ntaganda est apparu en costume sombre et chemise bleue foncée, les traits tirés comme à son ordinaire, mais osant rarement lever les yeux.</p>
<p>L&rsquo;audience de ce mardi était destinée à identifier Bosco Ntaganda, à s&rsquo;assurer qu&rsquo;il a été informé des crimes portés contre lui, et à l&rsquo;informer de ses droits. A la question de savoir s&rsquo;il avait été informé des crimes mis à sa charge, Bosco Ntaganda a répondu affirmativement : &laquo;&nbsp;j&rsquo;en ai été informé mais je plaide non coupable parce que&#8230;&nbsp;&raquo;, avant d&rsquo;être interrompu par la présidente de la Chambre, la bulgare Ekaterina Trendafilova. Celle-ci lui a expliqué que le moment n&rsquo;était pas encore venu de parler de son innocence ou de sa culpabilité, et que moment venu il aurait tout le temps pour s&rsquo;exprimer en détail à ce sujet.</p>
<p><b>Le Général &laquo;&nbsp;congolais&nbsp;&raquo; ne plaidera pas en Lingala, ni en Français, mais bien en Kinyarwanda !</b></p>
<p>Appelé à décliner son identité, Bosco Ntaganda a dit qu&rsquo;il ne portait que ces deux noms, attribués par ses parents. Il a indiqué être né au Rwanda, mais avoir grandi au Congo avant de conclure : je suis Congolais.</p>
<p>Quant à la langue dans laquelle Bosco Ntaganda souhaite s&rsquo;exprimer au cours des audiences, il a choisi le Kinyarwanda. &laquo;&nbsp;Choisi&nbsp;&raquo;, dis-je ? C&rsquo;est probablement la seule langue qu&rsquo;il maîtrise vraiment. Le Kinyarwanda est une langue assez répandue dans l&rsquo;Est de la RDC, mais elle n&rsquo;est ni l&rsquo;une des quatre langues nationales, ni la langue de l&rsquo;armée (qui est le Lingala), encore moins la langue officielle (qui est le Français). Un &laquo;&nbsp;profane&nbsp;&raquo; du Congo s&rsquo;expliquera difficilement comment un homme aussi inculte &#8211; Dieu sait s&rsquo;il sait lire et écrire, même en Kinyarwanda &#8211; comment donc un tel homme peut atteindre le rang des officiers généraux dans l&rsquo;armée d&rsquo;un Etat digne de ce nom. C&rsquo;est qu&rsquo;en RDC, ce n&rsquo;est pas un cas rare, bien au contraire : ne deviennent pas officiers supérieurs et généraux (que) ceux qui ont fréquenté des académies militaires ou effectué une carrière classique, mais ceux qui ont su démontrer leur degré de brutalité. Ca peut être au sein des groupes armés et des rébellions, mais il peut aussi s&rsquo;agir des soldats de rang de l&rsquo;armée nationale qui aspirent à la promotion à des grades supérieurs.</p>
<p>Ce que la Cour reproche à Bosco Ntaganda comme crimes a donc plutôt constitué son tremplin et fait sa renommée. L&rsquo;armée congolaise n&rsquo;est-elle pas pleine de petits ou grands Terminator parvenus à de hautes charges après des parcours terribles dans les milices et les rébellions ! Après tout&#8230;qui est-ce qui attribue les grades aux officiers ? A-t-il eu besoin d&rsquo;avoir un titre académique pour parvenir à la tête de l&rsquo;Etat, où des professeurs d&rsquo;universités se tiennent à ses pieds ?</p>
<p>Ntaganda n&rsquo;est pas un militaire formé dans une académie; c&rsquo;est un soldat formé dans la brousse depuis son jeune âge et qui a fait le tour de pratiquement toutes les rébellions de la région : d&rsquo;abord l&rsquo;armée patriotique rwandaise, ensuite l&rsquo;alliance des forces démocratiques de Laurent-Désiré Kabila, l&rsquo;Union des patriotes congolais de Thomas Lubanga (en Ituri, où il est présumé avoir commis les crimes pour lesquels il est actuellement poursuivi), le Congrès national pour la défense du peuple de Laurent Nkunda, et enfin le Mouvement du 23 mars. Partout, il s&rsquo;est avéré être un seigneur redoutable, intrépide et indomptable.</p>
<p><b>La suite de l&rsquo;affaire&#8230;</b></p>
<p>La Cour internationale pénale a indiqué que dans cette affaire, les audiences de confirmation de charges (où Bosco Ntaganda pourra enfin clamer longuement son innocence) débuteront le 23 septembre 2013. Elles serviront, pour la Chambre préliminaire, à déterminer s&rsquo;il y a des raisons sérieuses de croire que le suspect Bosco Ntaganda a commis les crimes qui lui sont reprochés, afin de l&rsquo;envoyer éventuellement en Chambre de première instance pour instruction et jugement.</p>
<p>Les victimes Ituriennes de ses crimes devront donc s&rsquo;armer de davantage de patience (sept ans d&rsquo;attente ne suffisent pas). Celles du Kivu, quant à elles, garderont les yeux rivés au Bureau du procureur qui serait (encore) entrain de mener ses enquêtes. Comme si les faits commis dans le Kivu étaient enfuis plus loin que le coltan ! C&rsquo;est cela, la parodie de justice qu&rsquo;offre si chèrement la &laquo;&nbsp;communauté internationale&nbsp;&raquo; aux populations de l&rsquo;Est de la RDC&#8230; Qui les plaindra ? Ce n&rsquo;est tout de même pas leur gouvernement, cet autre&#8230;bourreau.</p>
<p>Jean-Mobert N&rsquo;senga<br />
26/03/2013</p>
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		<title>Bosco Ntaganda à la disposition de la Cour pénale internationale : indifférence et méfiance de la population dans l’Est de la RD Congo</title>
		<link>http://www.echosdafrique.com/20130325-3471</link>
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		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 11:37:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Mobert N'Senga</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Bosco Ntaganda]]></category>
		<category><![CDATA[Kivu]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Kagame]]></category>
		<category><![CDATA[rdc]]></category>
		<category><![CDATA[Sultan Makenga]]></category>

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		<description><![CDATA[La reddition, lundi le 18 mars 2013 à l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Kigali, de celui que l’on surnomme le « Terminator » a surpris plus d’une personne, autant qu’elle a suscité des réactions tous azimuts de réjouissance et de soulagement de part le monde. Les Nations-Unies, les Etats, les organisations de défense des droits de l’Homme, la Cour pénale internationale, …tout le monde a salué une « bonne nouvelle » pour les victimes de ses crimes, un « pas vers la fin de l’impunité », [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/03/ntaganda.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-3472" alt="Bosco Ntaganda" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2013/03/ntaganda.jpg" width="250" height="250" /></a>La reddition, lundi le 18 mars 2013 à l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Kigali, de celui que l’on surnomme le « Terminator » a surpris plus d’une personne, autant qu’elle a suscité des réactions tous azimuts de réjouissance et de soulagement de part le monde. Les Nations-Unies, les Etats, les organisations de défense des droits de l’Homme, la Cour pénale internationale, …tout le monde a salué une « bonne nouvelle » pour les victimes de ses crimes, un « pas vers la fin de l’impunité », une « victoire de la justice », un « message fort envers ceux qui commettent des crimes dans cette région », et que sais-je encore. Même le gouvernement Congolais, responsable en grande partie de la grossière impunité dont Bosco Ntaganda a bénéficiée a joint sans remords sa voix au concert de réjouissances pour la circonstance.</p>
<p>Mais la mise à la disposition de la Cour pénale internationale du Général Bosco Ntaganda représente-t-elle réellement un évènement qu’il faille célébrer autant pour les populations meurtries de l’Est de la République Démocratique du Congo qui aspirent effectivement à la restauration de la paix et de la stabilité dans leur contrée ? Ou alors, s’il est vrai que l’impunité des criminels notoires est l’un des principales articulations du cycle des guerres et des violences dans l’Est du Congo, en quoi la reddition et le transfert de Bosco Ntaganda procèdent-ils d’une dynamique de mettre effectivement fin à l’impunité ? La réponse à ces interrogations – parmi tant d’autres – explique le sentiment d’indifférence et de méfiance qui anime la majorité de la population de l’Est de la RD Congo face un développement dont, logiquement, elle était censée être la première à se réjouir.</p>
<p><b>La turpitude et l’impuissance du gouvernement congolais </b></p>
<p>Mettre fin à l’impunité, cela suppose une volonté manifeste de la part des autorités intéressées, et la mise en œuvre effective de leurs pouvoirs pour rechercher, arrêter, juger et condamner les auteurs de crimes commis. En l’occurrence, les autorités congolaises savaient que Bosco Ntaganda avait commis des crimes odieux en Ituri – en tout cas qu’il en était soupçonné par la Cour pénale internationale, qui avait lancé un mandat d’arrêt contre lui en 2006. Mais plutôt que de le rechercher, de l’arrêter et de le transférer à La Haye (faute de pouvoir le juger elles-mêmes), elles ont trouvé plus commode de transiger avec lui…au nom de la paix !</p>
<p>Bosco Ntaganda, a été publiquement défendu et protégé par le président Joseph Kabila, soi-disant garant de la justice et des lois. Promu au grade de Général au sein de l’armée nationale (en dépit de sa nationalité rwandaise d’après les <a href="http://www.icc-cpi.int/iccdocs/doc/doc1462826.pdf" target="_blank">documents officiels de la Cour pénale internationale</a>), « Terminator » a été chargé de diriger les « opérations Amani » censées pacifier son abattoir de région. Quelle ironie ! Quel mépris pour la paix et la justice, et pour ses innombrables victimes congolaises ! Le comble, c’est que ni le Parlement, ni le pouvoir judiciaire n’ont eu, en tant qu’institutions, le courage de dénoncer cette situation.</p>
<p>Même ainsi, Bosco Ntaganda et ses acolytes ont continué de commettre des crimes de sang et des crimes économiques au Nord-Kivu, voire au-delà : meurtres, enlèvements, viols, tortures, pillages, mafias diverses … Ils sont restés déployés dans l’Est du Congo envers et contre tout, entretenant une armée, et parfois une administration parallèles, et gérant des réseaux d’exploitation et de commerce illicites des minerais. Les autorités congolaises étaient conscientes de cela, et la société civile congolaise comme différentes organisations de défense des droits de l’Homme n’ont jamais eu de cesse à documenter ces crimes et à exiger que Bosco Ntaganda fût arrêté. Mais Bosco Ntaganda a continué de vivre et de circuler paisiblement à Goma, aux yeux de tous.</p>
<p>Au début de l’année 2012, la pression était devenue de plus en plus grande sur les autorités congolaises, et spécialement sur le président Joseph Kabila, pour que Bosco Ntaganda soit arrêté et jugé. Là encore, tout en feignant vouloir l’arrêter, les autorités congolaises semblent avoir tout fait pour lui permettre de s’enfuir. Le M23 est né : les autorités congolaises l’ont vu prendre de l’importance et s’affirmer comme rébellion, sans nullement sembler être pressé ou sérieusement préoccupés d’en finir. En l’espace d’une année, de nombreux autres crimes ont été commis sous ce nouveau label sur lequel planait l’ombre de Bosco Ntaganda, ou indirectement par ses effets (naissance de nouveaux groupes armés, et résurgence d’anciens partout dans le Kivu).</p>
<p>Ainsi donc, jusqu’à sa reddition – libre ou téléguidée, peu importe – Bosco Ntaganda aura maîtrisé les autorités congolaises, plutôt que le contraire. Il a nargué tout le monde (sauf peut-être ses parrains rwandais). Les autorités congolaises n’ont absolument rien fait pour qu’il soit arrêté et traduit devant la justice. Lorsqu’elles l’avaient à leur disposition, elles n’avaient aucune intention de l’arrêter ; et lorsqu’il leur est venu un semblant d’intention de l’arrêter, elles l’ont laissé s’enfuir avec la certitude de ne pas pouvoir le rattraper (puisqu’elles ne peuvent même pas affronter la rébellion qu’il a créée).</p>
<p>Dans ces conditions je trouve absurde, voire insultant, que les gens osent voir dans la remise de Bosco Ntaganda à la Cour pénale internationale, via Kigali et l’ambassade américaine, un quelconque signe de la fin de l’impunité des crimes internationaux en RDC. Là où l’Etat ne peut pas ou ne veut pas arrêter les criminels (à commencer par ceux qu’il côtoie), il n’y a franchement aucun espoir de justice. <b><span style="text-decoration: underline;">Vue du Congo, la remise de Bosco Ntaganda est purement et simplement un accident</span></b>, un fait inattendu et non-souhaitable qui n’a rien à faire avec une volonté (et une capacité) de mettre fin à l’impunité de la part des autorités congolaises. On ne peut pas prétendre aller dans le sens de mettre fin à l’impunité quand on attend des criminels qu’ils décident eux-mêmes, au moment et dans les conditions qu’ils veulent, d’accepter ou non de se mettre à la disposition de la justice.</p>
<p><b>Tant d’autres « Terminator » au Congo : on attendra qu’ils se rendent…</b></p>
<p>Bosco Ntaganda était certes une épine dans l’Est de la RDC, et a dû jouer un rôle important dans les guerres et les violences qui s’y sont produites ces dix dernières années. Mais de là à penser que son extirpation suffit à marquer la fin de l’impunité, ou que c’est « un tournent majeur » dans la recherche de la paix et de la stabilité dans cette région, il y a un pas que seuls les naïfs sont peuvent se permettre de franchir. En tout cas, les populations de l’Est de la RDC ne se fait aucune illusion : l’absence de Ntaganda ne va rien changer à leur situation, pas même à celle de ses victimes directes, plus spécialement.</p>
<p>L’une des raisons de ce scepticisme – j’allais dire ce réalisme –, c’est le fait qu’il y a bien plus de « Terminator » dans l’Est de la RDC qu’on ne le dit. Pas qu’on ne le sait pas, mais parce que ce n’est pas politiquement « opportun », ou urgent, ou tout simplement parce que les médias et la communauté internationale préfèrent regarder ailleurs. Depuis 1993 jusqu’à ce jour, ce sont des millions de congolais qui ont été tués dans différentes guerres et violences successives. Mais la justice nationale est trop limitée, il n’y a pas eu de tribunal international spécial pour le Congo comme certains le souhaiteraient, et la Cour pénale internationale titube encore sur ses pas.</p>
<p>Laurent Nkunda, Jules Mutebutsi, Sultani Makenga, Séraphin Mirindi, Innocent Kaina, Baudouin Ngaruye sont-ils moins « Terminator » que leur frère d’armes et maître Bosco Ntaganda ? Qu’en est-ils de ceux qui sont cités, par exemple, dans le rapport Mapping des Nations-Unies sorti en 2010 mais resté lettre-morte jusqu’à ce jour ? (En particulier l’armée rwandaise, avec à sa tête le président Paul Kagame et les officiers supérieurs comme James Kabarebe, Faustin Kayumba, Charles Kayonga, Jack Nziza, et d’autres). C’est sans citer les commandants des forces démocratiques pour la libération du Rwanda, les innombrables chefs rebelles Mayi-Mayi, les officiers de l’armée congolaise, etc.</p>
<p>Tous ces sinistres criminels, se rendront-ils jamais, eux aussi, pour que les populations de l’Est de la RDC espèrent enfin obtenir la justice ? Ce n’est pas pensable. Il faut bien qu’il y ait un Etat (dont ils ne font pas partie) qui soit à mesure de les soumettre, et non pas à couvrir de galons leurs lamentables épaules.</p>
<p><b>La justice internationale et ses aberrations</b></p>
<p>D’emblée, il est évident qu’aucun châtiment ne peut réparer ce que Bosco Ntaganda et ses acolytes ont commis comme crimes dans l’Est de la RD Congo. Mais au-delà de cela, combien d’années durera son procès ? De combien d’avocats bénéficiera-t-il, dans quel luxe relatif vivra-t-il, et combien de millions de dollars engloutira ce procès, pendant que ses victimes continueront de vivoter dans le dénuement, l’insécurité et la misère ? Le Bureau du procureur ne commettra-t-il pas de ces bourdes qui aboutiront à son acquittement ou à sa condamnation à une peine dérisoire ? Quelle sera la place des victimes dans ce procès ? Seront-elles dédommagées un tant soit peu ? Connaîtront-elles jamais toute la vérité sur les faits, sur les leurs disparus, sur les éventuels commanditaires de ces guerres et ces violences atroces dont Bosco Ntaganda ne pourrait être que l’un des exécutants ?</p>
<p>Ce sont autant de questions que les populations de l’Est de la RDC se posent légitimement. Elles ont l’expérience pas très reluisante des précédents procès des Congolais Thomas Lubanga, Matthieu Ngudjolo et Germain Katanga. Mais on leur a dit aussi que Bosco ne serait poursuivi « dans un premier temps » que pour les crimes commis entre 2002 et 2003 en Ituri. Au Nord-Kivu, on peut encore attendre. Mais combien de temps ? Et pour quel résultat ? Autant d’interrogations et de doutes qui ne laissent que trop peu de place à l’espoir d’une véritable justice, aux antipodes de l’impunité et à la croisée de la paix.</p>
<p><b>Justice, l’autre nom de la paix </b></p>
<p>Les autorités congolaises se sont jusqu’ici comportées en prédateurs, autant que les milliers de criminels qui versent sans vergogne le sang des Congolais innocents. Elles choisissent des raccourcis (intégration des miliciens, promotion des seigneurs de guerre, accords compromettants avec certains groupes et Etats, bradage de la justice au nom d’une paix qui s’avère toujours imparfaite et éphémère, etc.).</p>
<p>La paix a un prix. Ce n’est pas la lâcheté, la facilité, la compromission, l’entente avec des criminels. C’est au contraire oser la justice, faire des réformes pour déraciner les causes profondes des conflits au nombre desquelles se trouve l’impunité. Ce courage manque cruellement aux autorités congolaises, qui, hélas, s’obstinent à ne rien apprendre des expériences du passé et répètent bêtement les mêmes erreurs.</p>
<p>Avec la reddition de Bosco Ntaganda, on a au moins deux gagnants : le Rwanda, qui essaie de démentir, non sans succès, les appréhensions de la communauté internationale sur son rôle dans la déstabilisation de la RDC en se faisant mine d’être partie de la solution plutôt que du problème. En l’occurrence, que Bosco Ntaganda se soit rendu au Rwanda ; que le Rwanda ne se soit pas opposé à son transfert à la CPI, quoique n’étant pas signataire du statut de Rome, ce ne sont pas des faits anodins. Si Bosco Ntaganda avait une mission à accomplir pour le Rwanda, il l’a accomplie. Il peut donc passer le témoin. Et Dieu sait si, avant sa remise à l’ambassade américaine, Bosco Ntaganda n’a pas été conditionné pour ce qu’il devra dire ou ne pas dire à La Haye !</p>
<p>L’autre gagnant s’appelle Sultani Makenga, l’autre « Terminator » de l’Est de la RDC, contre qui il n’existe pas (encore) de mandat d’arrêt international. Il est désormais sans véritable challenger à la tête du M23. Ce n’est pas pour rien qu’aussitôt Bosco Ntaganda mis hors-jeu, le médiateur ougandais a annoncé la reconnaissance de la délégation de l’aile Makenga à Kampala, et que la reprise des pourparlers a été annoncée pour cette semaine. Un accord avec le camp Makenga n’est plus donc qu’une question de jours. Un accord qui devrait consacrer de nouveau l’intégration des éléments du M23 (à Kinshasa on ne parle plus de « l’agression »), à l’attribution de grades, à l’insertion à des postes politiques, à l’amnistie, etc. Presqu’exactement comme il y a quatre ans, à la faveur de l’accord du 23 mars 2009. Le gouvernement congolais semble résolu à signer un tel accord. Son rapprochement avec Sultani Makenga est évident. Qui parlera de justice pour les crimes commis pas Sultani Makenga et ses troupes ? Qui rappellera que Makenga et Laurent Nkunda, la <i>personna non grata </i>d’il y a quelques années, sont comme un seul homme ? Aura-t-on supprimé les raisons à la base de la naissance du M23 et arrêté les « causes profondes » du cycle de guerres et de violences ? Absolument non.</p>
<p>En somme, la reddition de Bosco Ntaganda va servir de prétexte à ménager d’autres criminels à signer la paix pour encore un mois, un an, en attendant le prochain couaque et la résurgence d’une autre rébellion. La solution aux crises sécuritaires persistantes en RDC est encore très loin de portée. Et tant que les Congolais auront un Joseph Kabila comme président, des parlementaires cupides, une armée d’affairistes et d’amateurs, une population naïve et attentiste, on peut oublier tout changement significatif.</p>
<p>Jean-Mobert N’Senga<br />
23/03/2013</p>
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		<title>De Tombouctou à Alep: au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux ?</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Aug 2012 08:54:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Cheuzeville</dc:creator>
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		<description><![CDATA[À Aguelhok, une localité du nord du Mali, un couple non marié vient d’être lapidé, devant plusieurs centaines de personnes contraintes d’assister à la scène. Ce couple avait deux enfants, le plus jeune âgé de six mois seulement. « Allah akbar ! », Dieu est grand, scandent les individus qui commettent cette ignominie. Dieu est sans aucun doute grand, mais Il est aussi et avant tout miséricordieux, selon les préceptes fondamentaux de l’Islam : chacune des 114 sourates du Coran ne commencent-elles [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3461" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://www.echosdafrique.com/20120816-de-tombouctou-a-alep-au-nom-dallah-le-tout-misericordieux-le-tres-misericordieux/tombouctou" rel="attachment wp-att-3461"><img class="size-full wp-image-3461" title="Tombouctou" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2012/08/Tombouctou.jpg" alt="" width="250" height="250" /></a><p class="wp-caption-text">Tombouctou</p></div>
<p>À Aguelhok, une localité du nord du Mali, un couple non marié vient d’être lapidé, devant plusieurs centaines de personnes contraintes d’assister à la scène. Ce couple avait deux enfants, le plus jeune âgé de six mois seulement. « <em>Allah akbar !</em> », Dieu est grand, scandent les individus qui commettent cette ignominie. Dieu est sans aucun doute grand, mais Il est aussi et avant tout miséricordieux, selon les préceptes fondamentaux de l’Islam : chacune des 114 sourates du Coran ne commencent-elles pas par cette phrase : « <em>Au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux </em>» ? Or, s’Il est miséricordieux, ne peut-Il pas pardonner à Ses créatures ? Si, aux yeux de bigots à l’esprit étroit, le fait de vivre en couple sans être marié constitue un péché, le fait même de croire en un Dieu miséricordieux devrait empêcher de telles absurdités criminelles, aussi odieuses qu’imbéciles.</p>
<p>Depuis quelques mois, le Mali du nord a été pris en otage par des groupes armés se revendiquant d’un Islam qui n’a rien à voir avec celui qui est pratiqué par les habitants de cette région depuis des siècles. L’Islam sahélien a permis l’éclosion de grandes civilisations, comme en témoignent les mosquées et les mausolées de Tombouctou, ville fondée par les Touareg au XIe siècle. Ces vestiges d’un lointain passé ont fait rêver des générations de voyageurs et d’explorateurs, comme René Caillié<a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftn1">[1]</a>, aujourd’hui malheureusement oublié. Or, les soudards barbus qui ont assassiné cet homme et cette femme à coups de pierres sont les mêmes qui ont profané les monuments qui firent la gloire de Tombouctou. Ces soi-disant musulmans n’ont pas hésité à détruire les tombeaux de saints musulmans, vieux de plusieurs siècles, qui étaient autant de témoignages d’un passé prestigieux. Ils ont même osé s’attaquer à la Grande Mosquée de la ville. Dans leur inculture crasse, ils justifient leurs actes sacrilèges en affirmant que la vénération de mausolées est une forme d’idolâtrie, contraire à l’Islam. Il convenait donc de détruire cet héritage architectural, partie intégrante du patrimoine mondial.</p>
<p>Pendant que de tels forfaits sont commis dans le nord du Mali, la « communauté internationale » a les yeux tournés vers la Syrie. Or, en Syrie comme au Mali, les mêmes drapeaux noirs du djihad sont brandis. En Syrie comme au Mali, des militants barbus et fanatiques, souvent venus d’autres pays, sont à l’œuvre pour imposer leur conception obscurantiste de l’Islam. Certes, tous les révoltés syriens ne sont pas des djihadistes fanatisés. Mais ces derniers sont bien là, ils ont de l’argent, ils sont bien armés, et ils bénéficient même du soutien de certains pays, au premier rang desquels figure l’Arabie Saoudite. Au Mali, ce sont des indépendantistes touareg laïcs qui ont déclenché la rébellion. Leurs revendications semblaient légitimes. Ils se plaignaient d’être des citoyens maliens de seconde zone, d’être marginalisés. Ils estimaient leur culture et leur langue menacées. Ils finirent par proclamer l’indépendance de leur région, en profitant du désordre causé à Bamako par des militaires putschistes. Mais, en l’espace de quelques mois, les hommes du MNLA<a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftn2">[2]</a> ont été chassés des principales villes du nord par les groupes armés des fondamentalistes musulmans, soutenus par AQMI<a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftn3">[3]</a>. Les gens d’Ansar Eddine ou du MUJAO<a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftn4">[4]</a> n’ont que faire de l’indépendance de l’Azawad ou de la défense de la culture touareg. Leur objectif dépasse largement les limites du Mali du Nord : ils rêvent d’étendre le djihad et leur conception d’un Islam extrémiste et intolérant à tout le Sahel, voire à toute l’Afrique, et de porter des coups à l’Europe toute proche. Les chefs de l’insurrection touareg ont donc naïvement ouvert les portes de leur contrée aux pires ennemis de leur culture ancestrale. Ce sont ceux-ci qui aujourd’hui s’acharnent à démolir leur héritage architectural le plus sacré. Toujours eux qui, ayant commencé par fouetter, lapident à présent les personnes dont le mode de vie n’est pas en accord avec leur vision étriquée de la morale.</p>
<p>Les leaders du monde occidental se sont résolument engagés à chasser le président Bachar el-Assad du pouvoir. Les grands médias étasuniens et européens ont eux aussi pris parti pour l’opposition armée syrienne, dans une couverture très partisane du conflit en cours. Loin de moi l’idée de vouloir défendre le régime en place à Damas. Cependant, je crains pour le peuple syrien, au cas où la rébellion l’emporterait. Ce peuple syrien est composite. La Syrie compte de nombreux citoyens résolument modernes, laïques et démocrates, qui rêvent d’une société ouverte et tolérante, d’un régime démocratique. Ce peuple syrien est loin d’être homogène. Les minorités, tant nationales que religieuses, sont très nombreuses. Quel sera le sort de ces Syriens laïques, de ces Kurdes, de ces Chrétiens, de ces Druzes et de ces Alaouites si, par malheur, la composante djihadiste de la rébellion parvenait à s’imposer, comme ce fut le cas au Mali du Nord ?</p>
<p>Au Mali, il conviendrait de favoriser une forme d’union nationale, qui intégrerait aussi le MNLA, afin d’établir dans le pays un régime démocratique respectueux des minorités. Les grandes puissances, l’Algérie<a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftn5">[5]</a>, la CEDEAO<a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftn6">[6]</a>, l’Union Africaine devraient aider le nouveau régime malien à chasser les groupes armés qui contrôlent le nord du pays.</p>
<p>En Syrie, les diplomaties occidentale, russe et arabe devraient mener des efforts concertés afin de favoriser l’ouverture de négociations entre les autorités en place et l’opposition démocrate, en vue de l’instauration d’un gouvernement de transition. Ce dernier aurait pour tâche de jeter les bases d’un nouveau régime démocratique et inclusif, respectueux des droits des minorités nationales et religieuses.</p>
<p>Si on laisse s’installer durablement un « Sahelistan<a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftn7">[7]</a> » au nord du Mali et dans le Sahara, si les djihadistes parviennent à prendre le pouvoir à Damas, je crains fort que toutes les conditions soient réunies pour une conflagration majeure, aux portes mêmes de l’Europe.</p>
<p>Hervé Cheuzeville, 1<sup>er</sup> août 2012</p>
<p>(Auteur de trois livres: “<em>Kadogo, Enfants des guerres d’Afrique centrale</em>“, l’Harmattan, 2003; “<em>Chroniques africaines de guerres et d’espérance</em>“, Editions Persée, 2006; “<em>Chroniques d’un ailleurs pas si lointain – Réflexions d’un humanitaire engagé</em>“, Editions Persée, 2010)</p>
<div></div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftnref1">[1]</a> René Caillié (1799-1838), voyageur français, premier Européen à être allé à Tombouctou, déguisé en Arabe (en 1828), auteur de « Journal d’un voyage à Tombouctou et à Djenné dans l’Afrique Centrale ».</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftnref2">[2]</a> Mouvement National de Libération de l’Azawad</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftnref3">[3]</a> Al Qaïda au Maghreb Islamique</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftnref4">[4]</a> Mouvement pour l’Unicité et le  Jihad en Afrique de l’Ouest</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftnref5">[5]</a> N’oublions pas qu’AQMI est une émanation du GIA (Groupe Islamique Armé) algérien et que l’immense Sahara algérien jouxte le Sahara malien désormais contrôlé par AQMI et ses alliés d’Ansar Dine et du MOUDJAO.</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftnref6">[6]</a> Communauté Economique des Etats d’Afrique Occidentale</p>
</div>
<div>
<p><a title="" href="http://cheuzeville.net/?p=785#_ftnref7">[7]</a> Pour reprendre l’expression de Laurent Fabius, ministre français des Affaires Etrangères.</p>
</div>
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		<item>
		<title>L&#8217;UE doit exiger du Rwanda  de mettre fin à son implication  dans le conflit à l’Est de la RDC</title>
		<link>http://www.echosdafrique.com/20120710-lue-doit-exiger-du-rwanda-de-mettre-fin-immediatement-a-son-implication-dans-le-conflit-a-lest-de-la-rdc</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Jul 2012 15:56:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>EdA Press</dc:creator>
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		<category><![CDATA[armée rwandaise]]></category>
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		<description><![CDATA[EurAc demande à l’Union Européenne d’exiger du Rwanda  de mettre fin immédiatement à son implication  dans le conflit à l’Est de la RDC Le Réseau Européen pour l’Afrique Centrale (EurAc) et ses ONG membres ont à plusieurs reprises fustigé l’implication du Rwanda dans l’alimentation et le maintien  de l’insécurité à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), en appuyant des groupes armés. Ces dénonciations viennent encore une fois d’être corroborées par le rapport annuel du Comité des sanctions de l’ONU [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3455" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://www.echosdafrique.com/20120710-lue-doit-exiger-du-rwanda-de-mettre-fin-immediatement-a-son-implication-dans-le-conflit-a-lest-de-la-rdc/militaires-fpr2-2" rel="attachment wp-att-3455"><img class="size-full wp-image-3455" title="militaires fpr2" alt="" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2012/07/militaires-fpr21.jpg" width="250" height="148" /></a><p class="wp-caption-text">militaires du FPR</p></div>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong><em><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-large;">EurAc demande à l’Union Européenne d’exiger du Rwanda  de mettre fin immédiatement à son implication  dans le conflit à l’Est de la RDC</span></em></strong></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">Le Réseau Européen pour l’Afrique Centrale (EurAc) et ses ONG membres ont à plusieurs reprises fustigé l’implication du Rwanda dans l’alimentation et le maintien  de l’insécurité à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), en appuyant des groupes armés. Ces dénonciations viennent encore une fois d’être corroborées par le </span><span style="color: black;">rapport annuel du Comité des sanctions de l’ONU sur la RDC. Le groupe d’experts de l’ONU affirme que le gouvernement rwandais fournit <em>« assistance directe à la création du M23 en facilitant le transport des armes et des troupes à travers le territoire rwandais »,</em> soutient et protège le général Bosco Ntaganda, actuellement recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre.</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">Non seulement le Rwanda recrute des éléments démobilisés des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR) rapatriés au Rwanda, mais son soutien au M23 donne plus de temps à ces rebelles rwandais de se réorganiser alors qu’ils étaient fragilisés par les opérations de l’armée régulière (FARDC) et la mission onusienne (MONUSCO). Ces actes du Rwanda s’opposent au droit international et sont à la base de plusieurs crimes de guerre et crimes contre l’humanité  sur le territoire congolais et contribuent à la déstabilisation de  la région des Grands Lacs.</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">Jusque là, la communauté internationale en général et l’Union européenne en particulier ont toujours basé leurs stratégies relatives à la stabilisation de l’Est de la RDC sur un postulat volontariste selon lequel la RDC et le Rwanda veulent la paix et, en conséquence, devraient travailler ensemble pour cette fin. Le problème n’est pas  un manque de dialogue entre la RDC et le Rwanda, mais plutôt l’absence d’une volonté politique. Le groupe d’experts de l’ONU montre  l’existence d’un agenda caché de Kigali qui fait toujours retomber l’Est de la RDC dans la guerre après la signature des accords. Un tel comportement du Rwanda devrait remettre en question sa crédibilité dans ses relations avec l’UE dont, jusque là, la réaction au rapport du groupe d’experts de l’ONU reste faible.</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">EurAc estime que tout dialogue ou toute nouvelle action militaire conjointe entre le Rwanda et la RDC resteront improductifs du moment qu’il n’y a pas de réelle volonté politique du Rwanda qui ne peut être obtenue que par un positionnement ferme de la part de la communauté internationale en général et de l’UE en particulier. </span></p>
<p><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">Pour ces raisons, EurAc demande à l’Union Européenne et à ses Etats membres de :</span><br />
<span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">1.<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: xx-small;">      </span></span>Prendre une <strong><span style="color: black;">position</span></strong><strong><span style="color: navy; font-family: Arial; font-size: small;"> </span></strong><strong><span style="color: black;">forte en dénonçant</span></strong><span style="color: black;"> l’appui du Rwanda</span><span style="color: navy; font-family: Arial; font-size: small;"> </span><span style="color: black;">aux rebelles du M23 </span><span style="color: black;">et sa protection au général Bosco Ntaganda ;</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">2.<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: xx-small;">      </span></span><span style="color: black;">Exiger du gouvernement  rwandais <strong>de mettre fin immédiatement</strong> et sans condition à cet appui au M23 et à d’autres groupes armés à l’Est de la RDC ;</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">3.<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: xx-small;">      </span></span><span style="color: black;">Revoir sa <strong>stratégie sécuritaire sur l’Est de la RDC </strong>dans laquelle le Rwanda ne devrait plus être considéré comme un acteur pacifique voulant promouvoir la<strong> </strong>paix à l’Est de la RDC et user de la pression et des sanctions pour le contraindre au respect du droit international ;</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">4.<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: xx-small;">      </span></span><strong><span style="color: black;">Prendre</span></strong><span style="color: black;"> <strong>des sanctions</strong> contre les officiels rwandais cités dans le rapport de l’ONU dont : le ministre de la Défense, le général James Kabarebe ; </span><span style="color: black;"> le chef d&rsquo;état-major, le général Charles Kayonga ; et les généraux Jack Nziza, Emmanuel Ruvusha et Alexis Kagame ;</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">5.<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: xx-small;">      </span></span><span style="color: black;">Mettre en place des mécanismes afin de s’assurer que <strong>l’aide budgétaire et militaire</strong> octroyée au gouvernement rwandais ne soit pas utilisée pour le soutien aux groupes rebelles et à la déstabilisation de la région des Grands Lacs ;</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">6.<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: xx-small;">      </span></span><span style="color: black;">Soutenir efficacement la RDC dans la restauration de l’autorité de l’Etat à travers tout son territoire et en particulier à l’Est du pays, notamment dans le cadre de <strong>la</strong> <strong>réforme du secteur de la sécurité </strong>(armée, police, justice) ;</span></p>
<p><span style="color: black; font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;">7.<span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: xx-small;">      </span></span>S’opposer à la <strong>candidature du Rwanda</strong> pour un <em><em><span style="font-family: 'Times New Roman';">siège</span></em></em> non permanent <strong>au </strong><em><strong><em><span style="font-family: 'Times New Roman';">Conseil de sécurité</span></em></strong></em><em><em><span style="font-family: 'Times New Roman';">, siège qui risquerait d’accroitre son influence qui jusque là n’a pas été positive dans les efforts de pacification de l’Est de la RDC.</span></em></em></p>
<p id="yui_3_2_0_1_1341929122255216"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: medium;"> </span></p>
<p align="center"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">Pour plus d’informations contacter :</span></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">Donatella Rostagno</span></strong><strong></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">Secrétaire Exécutif a.i. d’EurAc</span></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">Tél :  <img alt="" src="chrome-extension://lifbcibllhkdhoafpjfnlhfpfgnpldfl/numbers_button_skype_logo.png" />+32 2 213 04 00</span></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">e-mail : <a href="mailto:donatella.rostagno@eurac-network.org" target="_blank" rel="nofollow">donatella.rostagno@eurac-network.org</a></span></strong></p>
<p align="center"><strong><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;"><a href="http://www.eurac-network.org/" target="_blank" rel="nofollow">www.eurac-network.org</a></span></strong></p>
<p><span style="font-family: Arial; font-size: small;"> </span></p>
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		<title>RDC/Goma : Chasse à l&#8217;homme des Rwandais à la &#171;&#160;morphologie tutsi&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jul 2012 07:23:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Mobert N'Senga</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Goma a vécu dans la terreur ce lundi 9 juillet. Et pour cause, des jeunes gens en colère ont pris d&#8217;assaut les quartiers généraux de la Huitième région militaire (le siège du commandement militaire du Nord-Kivu), réclamant qu&#8217;on leur donne des armes pour qu&#8217;ils aillent s&#8217;occuper du M23 si les FARDC en sont incapables. Mais ce n&#8217;est pas tout. Ces jeunes se sont attaqués aux ressortissants rwandais et à ceux et celles qui peuvent en avoir l&#8217;air, dans les rues, [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3439" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://www.echosdafrique.com/20120710-rdcgoma-chasse-a-lhomme-des-rwandais-a-la-morphologie-tutsi/onana_tutsi" rel="attachment wp-att-3439"><img class="size-full wp-image-3439" title="Onana_Tutsi" alt="" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2012/07/Onana_Tutsi.jpg" width="250" height="352" /></a><p class="wp-caption-text">Livre de Charles Onana</p></div>
<p>Goma a vécu dans la terreur ce lundi 9 juillet. Et pour cause, des jeunes gens en colère ont pris d&rsquo;assaut les quartiers généraux de la Huitième région militaire (le siège du commandement militaire du Nord-Kivu), réclamant qu&rsquo;on leur donne des armes pour qu&rsquo;ils aillent s&rsquo;occuper du M23 si les FARDC en sont incapables.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;est pas tout. Ces jeunes se sont attaqués aux ressortissants rwandais et à ceux et celles qui peuvent en avoir l&rsquo;air, dans les rues, mais aussi au sein des universités et autres écoles de la ville. Pour ce qui ne le saurez pas, de nombreux rwandais traversent chaque jour la frontière pour suivre les cours à Goma où les études coûtent relativement moins cher, et où &#8211; c&rsquo;est peut-être aussi important &#8211; les cours sont (encore) dispensés en Français. D&rsquo;autres y viennent simplement pour affaires, pour y travailler, pour des courses, ou simplement en promenade.</p>
<p>Les révoltés de Goma sont pour la plupart des jeunes motards, badauds et autres incontrôlables. Ils en veulent aux rwandais, en particulier ceux de &laquo;&nbsp;morphologie Tutsi&nbsp;&raquo; au prétexte que &laquo;&nbsp;leur pays agresse encore une fois la RDC&nbsp;&raquo;. C&rsquo;est après que ces derniers jours les rebelles du M23 aient fait une progression spectaculaire dans le territoire de Rutshuru dont la limite australe est située à seulement quelque 30 kilomètres au nord de la capitale provinciale Goma.</p>
<p>Après la prise vendredi de la cité de Bunagana à la frontière congolo-ougandaise ainsi que de la localité de Jomba, les hommes fidèles à Sultano Makenga (ou à Bosco Ntaganda, je n&rsquo;en sais plus rien) ont pris samedi et dimanche le contrôle de Rutshuru (le chef-lieu du territoire de ce nom), de la cité de Kiwanja (la plus importante agglomération de ce territoire), ainsi que de nombreux autres villages environnants, dont Rumangabo, om se trouve une importante base militaire.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Les FARDC ont pris le large, butins au dos</span></strong></p>
<p>Hormis Bunagana, Jomba et Rubare où les troupes gouvernementales ont tenté de résister à la déferlante du M23, partout ailleurs il n&rsquo;y a pas eu de combats, ou presque. Les FARDC ont déserté leurs positions avant l&rsquo;arrivée des rebelles. Ce qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas oublié dans leur fuite c&rsquo;est de dépouiller la population de ses biens. Des témoignages concordants font état de pillages à Kiwanja et dans les autres villages le long de la route vers Goma.</p>
<p>Aussi le M23 ne se prive-t-il pas de surfer sur cet élément (quoique répréhensible, cette méconduite de quelques militaires FARDC n&rsquo;était ni généralisé, ni systématique) pour se faire passer pour une troupe de sauveurs. Déjà ce soir on pouvait entendre sur certains médias des journalistes raconter que dans les contrées conquises la population &laquo;&nbsp;se dit soulagée de ce départ des FARDC et réjouie de l&rsquo;arrivée des hommes du M23&Prime;. La guerre des nerfs est engagée, et les FARDC ont tout à y perdre, comme sur les autres fronts d&rsquo;ailleurs&#8230;</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Chasse aux rwandais ou manipulation ? </span></strong></p>
<p>Pendant ce temps, et comme si l&rsquo;opprobre des FARDC sur le front militaire ne suffisait pas, à Goma c&rsquo;est un autre front qui s&rsquo;est ouvert ce lundi contre les ressortissants rwandais vrais ou vraisemblables.</p>
<p>Pour certains, cette chasse ouverte aux &laquo;&nbsp;rwandais&nbsp;&raquo; est le signe d&rsquo;une exaspération de la population de Goma qui, non seulement est déçue de son armée, mais aussi anxieuse à l&rsquo;idée que Goma pourrait être la prochaine cible des mutins.</p>
<p>Pour d&rsquo;autres, dont le gouverneur de province Julien Paluku, ces jeunes gens &laquo;&nbsp;ont été payés&nbsp;&raquo; pour s&rsquo;attaquer aux Tutsi et aux ressortissants rwandais afin de donner à ces derniers (dont les troupes seraient déjà infiltrées dans la ville) une fausse raison d&rsquo;attaquer la ville de Goma.</p>
<p>Qui dit vrai ? Je vous laisse deviner, si c&rsquo;est possible.</p>
<p>Quoi qu&rsquo;il en soit cette chasse à l&rsquo;homme est une insulte à l&rsquo;humanité et un sale jeu qui ne peut qu&rsquo;aggraver une situation déjà assez délétère. La xénophobie a apporté à la RDC et à cette région malheur, larmes, et guerres. Et on croit s&rsquo;en servir pour calmer une situation ou gagner une guerre? Franchement, c&rsquo;est du délire&#8230;</p>
<p>Si ceux qui font ces actes croient aimer le Congo et le servir, ils se trompent sur toute la ligne. Cela ne peut être que contre productif. Par exemple, ça donne une raison au Rwanda de brandir (encore) son drapeau de victime, et de tourner la situation en sa faveur alors même que l&rsquo;opinion internationale lui en voulait de soutenir (d&rsquo;après le rapport des experts onusiens) la rébellion du M23. Ce dernier pourrait aussi s&rsquo;empresser de prendre la ville pour &laquo;&nbsp;sécuriser la communauté Tutsi&nbsp;&raquo; menacée. Quoi de plus légitime !</p>
<p>J&rsquo;espère vivement que ça ne va pas se répéter. Les autorités ont tout intérêt à s&rsquo;en assurer. Je ne veux pas être prophète sur ce coup-ci ! Quant à la version du gouverneur (qui me semble avoir pris quelques leçons accélérées auprès d&rsquo;un certain Lambert MENDE), je doute qu&rsquo;elle soit sérieuse, car à voir la manière dont Rutshuru a été pris en si peu de temps et sans grand péril, l&rsquo;on peut se demander si le M23 a besoin de se donner un faux prétexte afin d&rsquo;attaquer Goma. Prions seulement qu&rsquo;il ne le veuille jamais, car en dehors de ça je ne vois pas de bouclier qui lui fasse peur. L&rsquo;on peut chanter à longueur des journées et dans toutes les langues que le soutien du Rwanda est la seule explication à cet exploit, cela ne change rien. Ils pourraient avancer inexorablement.</p>
<p>Dans un communiqué publié ce lundi, et dont j&rsquo;ai vu une copie, le M23 a annoncé qu&rsquo;il avait décidé de se retirer de toutes les localités qu&rsquo;il avait conquises ces derniers jours, et de les laisser sous le contrôle de la &laquo;&nbsp;Police nationale congolaise&nbsp;&raquo; et de la Monusco. En s&rsquo;adressant aux médias nationaux et internationaux à Bunagana ce même lundi, le leader (officiel) du M23, le colonel Sultani Makenga, a indiqué que cette décision avait été prise parce que le M23 n&rsquo;a pas l&rsquo;ambition d&rsquo;occuper le terrain, mais veut simplement convaincre le gouvernement à engager des pourparlers avec lui. Pour Makenga, la PNC et la Monusco sont qualifiées pour assurer la protection des civils et de leurs biens; ses militaires resteront dans leurs quarties de Runyoni et Mbuzi.</p>
<p>Il n&rsquo; a pourtant pas manqué d&rsquo;avertir les FARDC que toute tentative de reprendre le contrôle de ces localités donnerait lieu à une réaction &laquo;&nbsp;rapide et énergique du M23&Prime;, allant jusqu&rsquo;à menacer de poursuivre alors les FARDC aussi loin qu&rsquo;il le pourra. Ce qui ne trompe pas les analystes avertis sur le jeu de ce Mouvement.</p>
<p>Le territoire de Rutshuru est depuis 2009 sous le contrôle d&rsquo;éléments de police issus du CNDP. Or, il est désormais évident que le CNDP et le M23 ne sont qu&rsquo;un. Déjà, le communiqué de presse susévoqué porte sur son entête l&rsquo;emblème et le nom du CNDP à gauche, et ceux du M23 à droite, quoiqu&rsquo;il n&rsquo;est signé que par Sultani Makenga.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Les FARDC sont-elles à mesure de se ressaisir ? </span></strong></p>
<p>Rien n&rsquo;est moins sûr. Lorsque, au début de cette insurrection, l&rsquo;on a vu des bataillons entiers être déployés depuis Kindu, Ituri, Kisangani et ailleurs avec comme objectif affiché d&rsquo; &laquo;&nbsp;écraser les mutins&nbsp;&raquo;, peu de gens étaient prêts à parier que l&rsquo;on parlerait encore du M23 deux mois plus tard. Pourtant on n&rsquo;a jamais parlé de lui autant qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;on ne compte plus le nombre de militaires congolais qui ont fui vers l&rsquo;Ouganda, et qui y ont été humiliés. Le M23 semble être plus fort que jamais. Il a dit avoir fait d&rsquo;importantes prises d&rsquo;armes (ainsi même si un pays étrangers lui en rajoutait d&rsquo;autres personne ne se doutera de rien). Côté FARDC, l&rsquo;organisation, l&rsquo;entretien, la nourriture, la paie, et surtout la discipline se font toujours attendre. Résultat: on a des troupes démoralisées, démotivées, démobilisées. Ce n&rsquo;est vraiment pas l&rsquo;état idéal pour affronter un ennemi aussi redoutable qu&rsquo;imprévisible&#8230;</p>
<p>Le gouvernement lui se perd dans des conférences et des diplomaties sans fin. Tel un malade qui, au lieu de prendre sa pilule, court dans tous les sens chercher des exorcistes. Dieu sait si le ciel (ou l&rsquo;enfer) l&rsquo;entendra. Mais espérons ! Déjà que nous ne vivons plus que d&rsquo;espérer&#8230;</p>
<p>Envoyé par jean-mobert dans <a href="http://congo-revolution.blogspot.com/2012/07/goma-comme-les-esprits-se-surchauffent.html" target="_blank">Le blog de Jean-Mobert N&rsquo;Senga !</a> le 10/07/2012 01:47:00 AM</p>
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		<title>RDC : Le festin des vautours</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jun 2012 14:56:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicaise Kibel'Bel Oka</dc:creator>
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		<category><![CDATA[balkanisation RDC]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Le festin des vautours. Mémoires d’un Ambassadeur congolais&#160;&#187; de Jean-B. Murairi Mitima aux Editions Sources du Nil. Histoire sociopolitique du Congo – Kinshasa depuis la naissance de Jean-B Murairi Mitima jusqu’à nos jours. Ce livre de 542 pages pourrait ainsi s’intituler sans gêner personne. L’Ambassadeur Murairi Mitima revisite derrière le faux masque de son histoire personnelle le passé et le présent du Congo – Kinshasa, dans ses trahisons et dans ses contradictions mais surtout dans la responsabilité et la culpabilité de son élite [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.echosdafrique.com/20120618-3430/festin-des-vautours" rel="attachment wp-att-3433"><img class="alignleft size-full wp-image-3433" title="festin des vautours" alt="" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2012/06/festin-des-vautours.jpg" width="250" height="250" /></a>&laquo;&nbsp;Le festin des vautours. Mémoires d’un Ambassadeur congolais&nbsp;&raquo; de Jean-B. Murairi Mitima aux <a title="Opens external link in new window" href="http://www.editions-sources-du-nil.fr/" target="_top">Editions Sources du Nil</a>.</strong></p>
<p>Histoire sociopolitique du Congo – Kinshasa depuis la naissance de Jean-B Murairi Mitima jusqu’à nos jours. Ce livre de 542 pages pourrait ainsi s’intituler sans gêner personne.</p>
<p>L’Ambassadeur Murairi Mitima revisite derrière le faux masque de son histoire personnelle le passé et le présent du Congo – Kinshasa, dans ses trahisons et dans ses contradictions mais surtout dans la responsabilité et la culpabilité de son élite dans le gaspillage et la déchéance de ce beau et riche pays : « <em>la classe politique et les intellectuels seraient gravement coupables s’ils ne plaçaient pas ses intérêts au-dessus de tout autre</em> » (page 469).</p>
<p>C’est eux les vautours, les charognards qui ont et continuent de festoyer autour d’une dépouille. Construit sur une simple mais riche histoire du parcours d’un individu, produit des collines du Kivu (territoire de Masisi) dans le royaume confédéral de Bahunde, le livre de Murairi Mitima embrasse tout sur son passage dans les moindres détails notamment « l’assaut de la colline inspirée » (pp. 139-183) mettant en exergue la vocation africaine et internationale de Lovanium actuellement université de Kinshasa qui gît dans un délabrement physique et intellectuel débridé.</p>
<p>De la politique à la diplomatie, l’auteur relate ce passage obligé avec beaucoup de dégoût par rapport à la nostalgie du départ : <em>« nos recrutements ressemblèrent à un enrôlement dans une armée. Et les décideurs faisaient rarement cas des avis émis par l’administration et même par les conseillers. C’était des réquisitions</em> » pp. 247-248.</p>
<p>Autour du président <strong>Mobutu</strong>, les vautours se régalaient du cadavre puant du Congo assommé par « l’opération zaïrianisation – étatisation (…) tellement désastreuse » p. 253 et qui sonna le glas de la dégringolade infernale du pays. Enfin vint la diplomatie qui est non seulement une école (p.283) mais également un monde des coups bas. L’image de marque d’un grand pays qui rayonnait finit par être ternie par une diplomatie parallèle encouragée et entretenue depuis la Centrale. Des honneurs à la honte, les diplomates congolais terminaient leur carrière en devenant des SDF (sans domicile fixe), refusant de mourir, survivant sans électricité ni gaz. Au demeurant et au-delà de la corruption et de la gabegie, l’auteur signale deux tares qui minent les politiques congolais : « <em>la vantardise et l’auto satisfaction devant d’insignifiants et ridicules résultats face à l’immense fossé qui nous sépare du minimum exigé pour assurer l’honneur politique et le bien-être social de nos compatriotes</em> » page 474.</p>
<p>L’Ambassadeur Murairi Mitima aborde enfin l’avenir du Congo – Kinshasa « locomotive de l’Afrique ou disparaîtra ».</p>
<p>Après le survol de la <strong>RDCongo</strong> depuis les collines verdoyantes du Masisi jusqu’au grand voyage à travers les continents, au nom de la république comme Ambassadeur du Grand Zaïre en déclin, l’auteur fait un atterrissage (pas en douceur) comme une sorte de chirurgie sur son pays.</p>
<p>Il rappelle un vieux principe « l’avidité des autres pays tant il est vrai que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » (p. 470) et réveille le peuple congolais de son sommeil « nul autre qu’eux ne peut protéger et valoriser ces trésors que le Créateur leur a donnés » (p. 470).</p>
<p>Jean-B. Murairi Mitima se pose une triple question sur la lamentable déconfiture actuelle de son pays se demandant « que peut-on encore espérer ? »</p>
<p>Il énumère les scandales du Congo, de la géologie au tourisme en passant par la surabondance de l’eau douce, l’énergie, les ressources humaines passant ainsi au peigne fin tout le système de l’enseignement congolais.</p>
<p>Il dénonce avec pincement au cœur la calamité et la honte du Congolais devant les autres peuples : « <em>la caricature du Congolais réduit à la mendicité tout en étant assis sur la montagne de son or et de son diamant, constitue (…) l’achèvement du comportement erratique de la classe politique et d’une pseudo – élite qui ont trahi et détruit le pays</em> » (p. 477). Et il le démontre avec des graphiques dans une étude comparative.</p>
<p>Les indices de la faim, de la pauvreté, de la corruption montrent que ce pays est réellement ruiné en termes d’énergies humaines et de mobilisation des ressources.</p>
<p>Au-delà de diagnostics mal faits, l’auteur met le doigt dans la plaie en prenant l’exemple du gouverneur de la Banque centrale du Congo, J-C Masangu qui propose deux priorités de développement : agriculture et infrastructures : « <em>Hélas, il semble éviter de dénoncer la vraie cause de l’échec de la production : l’insécurité généralisée due à l’absence effective de l’Etat. Et donc, le facteur principal de la relance devra être la nécessaire sécurisation des producteurs et des habitants en général. Ainsi par exemple, une bonne route à l’est, sans la sécurité, serait une arme à double tranchant. (…) Les simples mesures techniques ne suffisent pas</em> » pp. 447-98.</p>
<p>A tout seigneur, tout honneur. L’ambassadeur Murairi Mitima rappelle l’impératif de l’efficacité des missions diplomatiques et consulaires. Les nôtres, depuis les années 1985/1990, ne répondent plus aux exigences et aux conditions de rentabilité : « On devait passer la soixante autres au crible pour en voir la viabilité et l’extrême nécessité » (p. 506) tout en gardant les ambassades de la catégorie A, soit une dizaine, et leur accorder des moyens très appropriés et leur exiger un rendement maximal.</p>
<p>De la CEPGL (Communauté Economique des Pays des Grands Lacs), l’auteur croit dur comme fer que c’est <strong>une organisation nuisible pour le Congo – Kinshasa.</strong></p>
<p>La <strong>CEPGL </strong>est plus dangereuse et reste un marché de dupe pour la RDC. « La CEPGL<em> ne sert que de couverture à Kigali pour lui permettre de poursuivre sournoisement son plan d’annexion du Kivu, laquelle, on le sait, entraînera la balkanisation du Congo</em> » p. 508.</p>
<p>L’auteur dénonce des coopérations nous imposées et le diktat que le Congo subit à cause de la faiblesse de ses dirigeants : le concept « Grands Lacs » ne sert qu’à isoler le <strong>Kivu </strong>par rapport à l’ensemble national. Il y a une grave erreur de voir le Kivu et même le Congo sous l’optique des Grands Lacs. Le Congo – Kinshasa et le Kivu sont d’abord membres de l’Afrique centrale. Aux décideurs et intellectuels du pays d’y penser » p. 508</p>
<p>A travers ces 542 pages, J-B Murairi Mitima passe en revue les faits qui ont conduit à la chute d’un géant et en appelle à la conscience du peuple congolais pour que cesse le festin des vautours afin que le Congo assume son rôle de locomotive de l’Afrique. Ce livre, écrit sous le voile de l’autobiographie, est un vrai pamphlet qui donne à penser dans un style de « charité missionnaire » qui relève et révèle le degré de trahison et de destruction de ce beau et grand pays par ses élites. Il faut le lire, le savourer pour en prendre conscience.</p>
<p><strong>Nicaise Kibel’Bel Oka</strong></p>
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		<title>RDC: la mutinerie à l&#8217;est, une initiative rwandaise ?</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jun 2012 22:32:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Echos d'Afrique</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Bruno Minas/ Source : http://www.rfi.fr/afrique Selon plusieurs enquêtes menées actuellement par les autorités congolaises et par les Nations unies, la mutinerie en cours d’une partie de l’armée nationale, qui a déjà causé de nombreux drames humains et des déplacements massifs de population, serait activement soutenue, notamment en hommes, depuis le Rwanda. Voici les premiers éléments de ces enquêtes que RFI a pu rassembler. À ce jour, au moins cinquante et un combattants de nationalité rwandaise se sont rendus aux autorités en [...]]]></description>
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<div id="attachment_3425" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://www.echosdafrique.com/20120606-rdc-la-mutinerie-a-lest-une-initiative-rwandaise/mutinerie_kivu" rel="attachment wp-att-3425"><img class="size-full wp-image-3425" title="mutinerie_Kivu" src="http://www.echosdafrique.com/wp-content/uploads/2012/06/mutinerie_Kivu.jpg" alt="" width="250" height="187" /></a><p class="wp-caption-text">L&#39;armée congolaise patrouille à Jomba, dans le Nord-Kivu, le 19 mai 2012. AFP PHOTO/PHIL MOORE</p></div>
<p>Par <a href="http://www.rfi.fr/auteur/bruno-minas">Bruno Minas</a>/ Source : <a href="http://www.rfi.fr/afrique">http://www.rfi.fr/afrique</a></div>
<p>Selon plusieurs enquêtes menées actuellement par les autorités congolaises et par les Nations unies, la mutinerie en cours d’une partie de l’armée nationale, qui a déjà causé de nombreux drames humains et des déplacements massifs de population, serait activement soutenue, notamment en hommes, depuis le Rwanda. Voici les premiers éléments de ces enquêtes que RFI a pu rassembler.</p>
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<p>À ce jour, au moins cinquante et un combattants de nationalité rwandaise se sont rendus aux autorités en RDC. Vingt-quatre sont hébergés dans le camp de la force de paix des Nations unies, la Monusco, à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu ; treize autres sont entre les mains de l’armée régulière (FARDC), et enfin quatorze qui étaient arrivés à la Monusco le 17 mai dernier ont disparu, probablement reconduits en toute discrétion au Rwanda.</p>
<p>Lundi 28 mai 2012, la fuite d’un rapport confidentiel de la Monusco faisait état des premiers onze jeunes Rwandais, dont un mineur, qui avaient déserté le mouvement rebelle M23, composé à priori de déserteurs congolais. L’armée FARDC a lancé une vaste offensive contre le M23 dans les collines autour de la ville frontalière de Runyioni.</p>
<p>Mardi 29 mai, le Rwanda a vivement démenti avoir envoyé des hommes sur le sol congolais. Le lendemain, la Monusco a prudemment déclaré que « <em>les autorités rwandaises ne pouvaient pas être mises en cause</em> ». Le gouvernement congolais a lui aussi adopté un profil bas, évitant toute surenchère à l’égard de son voisin. « <em>Ce sont des individus qui se déclarent Rwandais, mais nous n’en avons pas la preuve</em> », affirmait samedi le ministre porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.</p>
<p><strong>Des témoignages accablants pour le Rwanda</strong></p>
<p>Les onze premiers à s’être rendus à la Monusco ont été interrogés les 29 et 30 mai derniers par des officiers congolais et rwandais à l’intérieur du camp de l’ONU à Goma, en présence de témoins membres de la force des Nations unies.</p>
<p>La RDC et le Rwanda entretiennent depuis 2009 une commission conjointe qui vient d’être réactivée, mais elle pourrait faire long feu au vu des réponses à ces interrogatoires, accablants pour le Rwanda. Les résultats de ces auditions ne laissent en effet plus de doute sur le caractère systématique du recrutement et de l’envoi de ressortissants rwandais vers la RDC, où ils combattent l’armée régulière aux côtés des mutins.</p>
<p>Ces Rwandais ne sont pas des soldats professionnels. Ils sont jeunes, à peine vingt ans, de milieu rural défavorisé, recrutés pour la plupart dans les collines de Mudende, à quelques kilomètres de la frontière congolaise.</p>
<p>Plusieurs témoignages de ces jeunes Rwandais ramènent à un personnage : un bouvier - un gardien de vaches - qui joue le rôle d’agent recruteur dans la région de Mudende. Il approche les jeunes désoeuvrés des villages et leur dit « <em>qu’il y a de l’embauche dans l’armée rwandaise</em> ». Quand il rassemble suffisamment de volontaires, il organise lui-même le transport par autobus, et les recrues sont rassemblées à Kinigi, à l’entrée d’un parc naturel célèbre pour ses gorilles.</p>
<p>Leurs effets personnels, cartes d’identité, téléphones portables et argent liquide rwandais sont confisqués. De là, privés de toute identification, ils partent en colonnes à pied vers la forêt de Runyioni, subissant au passage une formation militaire sommaire ; et ils se retrouvent en territoire congolais.</p>
<p><strong>De nombreuses désertions</strong></p>
<p>Runyioni est la place forte des mutins du M23. Ils y tiennent deux collines frontalières du Rwanda que les FARDC s’efforcent de reprendre depuis plusieurs semaines. C’est la plupart du temps en fuyant les bombardements que les jeunes recrues se sont rendues à la Monusco ou aux FARDC. Beaucoup auraient réussi à rejoindre leurs villages, d’autres seraient encore en train d’errer dans cette région forestière.</p>
<p>L’un des rescapés de cette fuite a raconté avoir croisé au moins une soixantaine de jeunes en train de fuir. « <em>Arrivés à Runyioni, nous avons vu des militaires blessés</em> », a-t-il dit aux enquêteurs. « <em>Nous avions peur, nous étions démoralisés, nous n’avions à manger que quelques pommes de terre</em> ». « <em>Au début, on nous employait à chercher de l’eau et du bois, à porter des caisses de munitions, et installer les bâches des bivouacs, mais quand les bombardements ont commencé, il fallait que l’on aille sous le feu récupérer les blessés dans les trous de fusiliers</em> ».</p>
<p>« <em>On m’a envoyé chercher des bambous pour confectionner des brancards</em> », déclare l’un d’eux, «<em> j’en ai profité pour m’échapper en longeant une rivière </em>». Après deux jours de marche, certains de ces jeunes en fuite ne savaient plus s’ils se trouvaient au Congo ou au Rwanda quand ils sont arrivés à proximité d’un camp de la Monusco à Rugari (RDC).</p>
<p>Interrogés par les enquêteurs congolais et onusiens sur les raisons de cette guerre, ces jeunes recrues ne savent pas grand-chose. « <em>On nous a dit qu’il fallait que l’on défende ceux qui parlent notre langue, que le gouvernement congolais combattait la langue rwandaise, et que nous devions nous battre pour la protéger</em> ».</p>
<p><strong>« Une agression préméditée »</strong></p>
<p>Tous ont entendu dire que leur « grand chef » était le général Bosco Ntaganda, et qu’il leur rendrait visite à la fin de leur formation, mais ils déclarent ne l’avoir jamais vu. Bosco Ntaganda, recherché pour crimes de guerre par la CPI, a longtemps été protégé par les autorités congolaises, avant de prendre le maquis.</p>
<p>Le nom d’un autre chef du M23 présent à Runyioni est souvent cité : le Major Rukara. Mais « <em>aucun major Rukara ne figure dans les registres de l’armée congolaise</em> », affirme une source militaire, ajoutant qu’il s’agit probablement d’un officier venu « <em>d’un pays voisin</em> ».</p>
<p>Un autre élément trouble les enquêteurs congolais et onusiens : les premières défections des proches de Bosco Ntaganda au sein des FARDC datent du 9 avril dernier. Or, plusieurs des recrues rwandaises déclarent avoir été acheminés sur le territoire congolais dès le mois de février. « <em>C’est la preuve d’un plan minutieusement préparé de longue date, une infiltration pour une agression préméditée</em> », dit un responsable qui tient à garder l’anonymat.</p>
<p>Plus troublant encore : les FARDC affirment détenir, à Goma, neuf anciens miliciens des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) qui auraient rejoint le M23, après avoir été désarmés et rapatriés au Rwanda par la Monusco. Ce groupe rebelle a été constitué à l’origine par d’anciens militaires des Forces armées rwandaises, accusés d’avoir perpétré le génocide de 1994, avant de fuir vers le Congo lors de l’arrivée au pouvoir du président Kagamé. Les FDLR – théoriquement en lutte contre le régime de Kigali – mènent cependant leurs actions meurtrières uniquement sur le territoire congolais. Ce mouvement est en principe le pire ennemi du Rwanda.</p>
<p><strong>L&rsquo;ingérence rwandaise, un secret de polichinelle</strong></p>
<p>Le gouvernement congolais sera-t-il amené à hausser le ton vis-à-vis de son voisin ? « <em>C’est très difficile</em> », avoue un conseiller ministériel. « <em>Pour cela, il faudrait que nous soyons bien épaulés par la communauté internationale</em> ». « <em>Le régime rwandais bénéficie de beaucoup de soutien, bien plus que nous </em>», ajoute-t-il.</p>
<p>La Monusco prendra-t-elle une initiative pour stopper cette ingérence qui met en péril la paix qu’elle essaie difficilement de préserver depuis plus de dix ans ? L’opinion congolaise en doute. Depuis 1994, l’ingérence rwandaise à l’est est un secret de polichinelle.</p>
<p>Que vont devenir ces dizaines de jeunes enrôlés entraînés malgré eux dans une guerre qui ne les concerne pas ? En toute logique, ils devraient être rapatriés. C’est d’ailleurs leur souhait. « <em>Mais nous avons peur</em> », déclarent-ils aux enquêteurs. « <em>Ceux qui nous ont recrutés et qui ont confisqué nos papiers pourraient se venger, après tout ce que nous avons révélé à la Monusco</em> ».</p>
<p>Le recruteur-gardien de vaches de Mudende aurait beaucoup travaillé, si l’on en croit les témoignages. Il aurait enrôlé une centaine de jeunes. Ces derniers révèlent aussi que le propriétaire du troupeau est un gradé de l’armée rwandaise.</p>
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