Archives pour la catégorie Livres et revues

Vient de paraître : « Sexualité et rites en Afrique. Hier et aujourd’hui »

sexualité et rites _amazon - CopieL’Afrique a une multitude d’ethnies et conséquemment une pluralité de coutumes. Les rites d’initiation sexuelle ont une place de choix dans ce vaste champ de variétés culturelles.

Hier sujet tabou, la sexualité est aujourd’hui vulgarisée surtout avec l’apparition de nouveaux médias et d’Internet. Cependant, force est de constater qu’en Afrique, la sexualité garde encore une certaine spécificité faite de secrets, de croyances et d’interdits.

Souvent insolites, barbares, choquants, affreux voire cruels, les pratiques et les rites sexuels en Afrique jalonnent chaque stade de développement de la vie : de la procréation à l’accouchement et de la puberté au mariage. Même les deuils sont ponctués de pratiques ayant rapport à la sexualité.

La spécificité de la sexualité en Afrique a également trait aux méthodes sexuelles. Certaines sont tellement originales qu’elles ne sont trouvables ni en Occident ni en Orient, régions qui ont pourtant presque tout exploré en la matière.

•Format 14,8×21

•304 pages • 20€

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Vient de paraître : « Maneuvering for Ethnic Hegemony. A Thorny Issue in The North Kivu Peace Process (DR CONGO) », un livre du Prof. Stanislas B. Mararo

Au moment où l’on parle du désarmement des rebelles hutu rwandais des FDRL et de leur éventuel bombardement, le professeur Stanislas Bucyalimwe Mararo démontre que l’entrisme des Rwandais au Kivu est aujourd’hui la source de tous les malheurs que connaît cette région.

Le livre, écrit en anglais, a pour titre : « Maneuvering for Ethnic Hegemony. A Thorny Issue in The North Kivu Peace Process (DR CONGO) ». Il comporte deux tomes :
– Volume I : The 1959-1997 History of North Kivu
– Volume II : The 1996/1997Bucyalimwe1_17 Invasion of the « Tutsi Without Border » and the Remote Reconciliation in North Kivu.

« The motive behind the choice of the topic is threefold: to bring to the fore the discrepancy between the propaganda we were fed and the harmful situation we lived in for years, to discuss the impediments to peace and stability in the region today, and to show who did what in this twenty-one-year-old (March 1993-March 2014) and devastating war in North Kivu. In this last case, I will stress the leading role of the Tutsi who, paradoxically, present themselves as sheep and victims. I call it a strategy of self-sanctification. By doing so, I give credit to Guy Diomi Ndongala’s 2010 conclusion: “The creation of a Hima-Tutsi empire gravely jeopardizes the pacification of the DRC, they who surpassed their Judaeo-Christian masters in cynicism and cruelty”, the “coupeurs de tête modernes”/the most killers of the modern times (Manlio Dinucci). Today in March 2014, the DRC is, in principle, embarked on the path to post-conflict reconstruction and development; and yet, there is no good news to celebrate or to be proud of.  Therefore, one of the main findings is that, in this whole war and peace process, the DRC came out as the biggest loser because its future is being shaped violently by the American, British, and Israeli imperialists through the MONUC/MONUSCO and Hima-Tutsi mercenaries, their hunting and watchdogs in central Africa ».

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« Rwanda, 20 ans de pouvoir du FPR. Quel bilan ? » Recension de Nicaise Kibel’Bel Oka

Nicaise Kibel Bel'Oka, photo reveil-fm.com

Nicaise Kibel Bel’Oka, photo reveil-fm.com

Rwanda, 20 ans de pouvoir du FPR. Quel bilan ?
de Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse aux Editions Scribe

« Les autorités du FPR n’ont cessé de mener une campagne médiatique pour sensibiliser la communauté  nationale et internationale à collaborer à un projet de réconciliation nationale. Force est de constater 20 ans viennent de s’écouler  et que le FPR n’a jamais honnêtement créé des conditions pour une véritable réconciliation nationale ni même la réconciliation du Rwanda avec  l’étranger. Les initiatives prises actuellement par le FPR pour la réconciliation nationale paraissent inappropriées pour rapprocher les communautés rwandaises». Pages 137-38. Depuis 1994, le peuple rwandais croupit sous une dictature implacable instaurée par un groupe des Tutsi venus de l’Ouganda. Ainsi tous les leviers de tous les  pouvoirs (politique, militaire, judiciaire, économique…) sont tenus par les Tutsi venus de l’Ouganda. Cette situation catastrophique est vécue par le peuple rwandais au vu et au su de la « communauté internationale ». Aveuglement quand tu nous tiens!

Les 20 ans du génocide des Tutsi ont été célébrés avec faste au Rwanda. Avec faste car dans cette célébration, il y avait ceux qui, dans le douloureux souvenir, cherchaient comment panser les plaies d’une telle tragédie dans une réconciliation de tous les Rwandais, et d’autres, ceux qui versaient les larmes de crocodile, cherchant à travers des boucs émissaires à se faire une conscience tranquille. Ceux-là, peu nombreux, les hommes forts du régime actuel, construisent dans l’exclusion et dans la chasse aux Hutu. Lors de cette cérémonie à Kigali, et pour donner la preuve d’un pouvoir sans partager et aux abois, d’un pouvoir paranoîaque, 4 personnes ont été arrêtées et inculpées de terrorisme.  Voilà, hélas, le tableau apocalyptique du Rwanda que certains médias et spécialistes occidentaux de la région des Grands lacs africains ne perçoivent pas encore et qu’ils magnifient à longueur des journées, vingt ans après. Avec le régime Kagame, ils reviennent sans cesse à la théorie du « bon et du mauvais Rwandais », faisant que les « victimes des massacres de l’APR sont pour la plupart les gens d’une seule et même ethnie : les Hutu », page 274.

Le régime Kagame a instauré un programme politique  néfaste par nature  qui sape les fondements  même de la nation rwandaise. En effet, à travers  une campagne baptisée « Ndi umunyarwanda » consistant à la demande du pardon public des Hutu aux Tutsi pour le crime de génocide et qui considère tout hutu comme génocidaire, Paul Kagame établit une hiérarchisation entre les Rwandais faisant des Hutu des citoyens de seconde zone alors qu’ au Rwanda et dans les pays voisins du Rwanda se commet une sorte de « génocide rampant »dont l’ampleur des massacres étonne le silence de la communauté internationale. A force de parler du génocide des Tutsi excluant ceux des Hutu « modérés » qui y ont péri, on contribue à créer davantage un fossé car demain, si l’on prenait le temps de faire une comptabilité macabre pour les Hutu tués au Rwanda et en RDC, pour les Congolais massacrés par les sbires du régime, rien ne dit qu’on ne parlera pas de « génocide » d’autres ethnies et peuples commis par le régime FPR.

Deux Rwandais, Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse, ont le mérite d’y penser jusque dans les petits détails et dans tous les domaines de la vie au pays des Mille collines, sans faux-fuyant et avec objectivité et tout le sérieux possible dans le seul but de montrer à la face du monde la gangrène qui ronge le Rwanda et si possible, d’y réfléchir afin d’amener le peuple du Rwanda à une véritable réconciliation avec son histoire et avec soi-même. Au Rwanda, 20 ans après, la justice est minée par l’immixtion du FPR et par la délation à travers l’association Ibuka ; la magistrature est dans l’étau du pouvoir. La justice, on le sait bien, élève une nation. Or, Kagame a bâti son régime sur la  tutsisation de la justice et l’épuration ethnique dans la magistrature, faisant de l’exclusion des Hutu un système de gouvernement : « le kitchen cabinet » du président Kagame ne regroupe que des Tutsi, essentiellement d’origine ougandaise, présents à tous les niveaux de prise de décisions et de l’accaparement de richesses du Rwanda » à travers une armée hypertrophiée et monoethnique  dont la quasi-totalité des officiers supérieurs sont d’ethnie tutsi.  Kagame a anéanti, de ce fait, tous les opposants politiques et a banni toute critique d’où qu’elle vienne. Il a construit un Etat policier dont les services de sécurité sont impliqués dans des crimes politiques et crapuleux.

Du point de vue économique, on ne cesse de vanter les performances économiques extraordinaires réalisées par le régime Kagame jusqu’à parler du « miracle » rwandais. « Certains illuminés vont jusqu’à appeler le Rwanda de Paul Kagame le « Singapour des Grands Lacs », la capitale Kigali, seule vitrine à travers laquelle les étrangers sont autorisés à imaginer le Rwanda, est habitée en majorité par l’élitedes « returnees », les autres Rwandais en sont exclus sous divers prétextes». Les deux auteurs soulignent des performances économiques en demi-teinte qui ne mettent pas tout le monde d’accord. Car, « d’aucuns louent les progrès de ce pays en termes d’infrastructures, de développement économique, de sécurité sociale et même de politique de réconciliation ; d’autres dénoncent l’abandon des zones rurales, la corruption, l’absence de liberté et le climat de répression, ainsi que le fossé grandissant entre les riches et les pauvres . ( …) ce développement  relatif est accompagné de trop d’effets pervers importants… » pages 312-13

Le régime du FPR recourt à l’affichage d’une performance économique prétendument exceptionnelle. Cette situation d’illusion ne durera pas éternellement, écrivent les auteurs, car l’économie rwandaise est en effet marquée par une grande inégalité, des taux débiteurs très élevés( 16%),  des guerres contre des voisins qui entravent une véritable coopération régionale, une éducation discriminatoire et en grande partie de mauvaise qualité et une très forte dépendance de l’aide extérieure. Une telle économie ne peut garantir une croissance soutenue ni un développement endogène et durable. Une analyse à mi-parcours montre que «  la vision 2020 » est un leurre mal parti, concluent les auteurs de cette chirurgie du régime Kagame. La vision 2020 paraît plutôt comme un slogan. Sans la confiance entre les diverses composantes de la population, sans la liberté d’association et d’entreprise, sans la paix avec les voisins, sans politique appropriée, ce rêve demeurera imaginaire ou un autre moyen de manipuler l’opinion internationale. Page 328

Enfin, on ne peut pas parler du Rwanda sans faire allusion aux déplacés et/ou réfugiés, ce nouveau groupe social de sans terre. La spoliation des terres cultivables, l’absence d’une perspective de survie  cimentent la haine et la violence, l’envoi forcé d’une jeunesse pour se battre hors de ses territoires, la destruction délibérée des cultures par l’armée soi-disant à la recherche des infiltrés, l’institution de la monoculture etc,  contribue à la discrimination ethnique et donc, à l’exil forcé et/ou voulu  de nombreux Rwandais. Toutes ces irrégularités criantes cataloguées et dénoncées dans cet ouvrage contrastent avec la magnificence du régime Kagame durant ces 20 ans par  certains spécialistes auto proclamés de la région des Grands Lacs africains. Ce tableau ainsi peint pour un régime dictatorial qui cause autant de souffrances à son peuple qu’à ses voisins, on est en droit de se demander pourquoi la communauté internationale reste « aveuglée » face aux crimes qui se commettent sous sa barbe. Le livre de Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse doit être lu, consulté et enseigné afin que la vérité qu’on tente de cacher triomphe et que la justice, base d’une réconciliation véritable, amène la paix au Rwanda et dans la région. Ce livre, il faut le lire et le faire lire car il parle avec des mots simples et sans rancune. Vingt ans de pouvoir FPR, que d’opportunités gaspillées ? Vingt ans de pouvoir FPR, le bilan est en déça des attentes, et donc, cruellement négatif.

Nicaise Kibel’Bel Oka
Journaliste et écrivain

Journaliste congolais (RDC), Nicaise Kibel Bel’Oka est éditeur du bimensuel « Les Coulisses ». Il est Lauréat 2009 du prix CNN de la liberté de la presse en Afrique.

Vient de paraître : Rwanda. 20 ans de pouvoir du FPR. Quel bilan? par G. Musabyimana et E. Neretse

 

Porté à brabila FPR - Copies le corps par les superpuissances, le régime installé à Kigali en juillet 1994, une véritable greffe d’un corps étranger dans l’organisme qu’est le Rwanda, peine à prendre, même vingt ans après. Pourtant, rien ne lui a manqué : une transition anormalement longue (9 ans), le temps de tailler une Constitution à la mesure du dictateur en place et d’adopter des lois liberticides, une aide internationale surabondante, une impunité totale pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou contre la paix tant au Rwanda que dans les pays voisins, le pillage au grand jour des richesses d’un pays voisin, etc.

Malgré tout cela, le bilan des vingt ans de pouvoir du FPR est négatif pour ne pas dire catastrophique, et dans tous les domaines. Ni la propagande savamment orchestrée, ni l’encadrement à l’extrême de la population par les agents du parti au pouvoir, ni le chèque en blanc des super-puissances… ne pourront concilier l’ancienne rébellion du FPR avec le peuple rwandais tant que la démocratie, la liberté, l’égalité et la justice ne seront pas reconnues et garanties comme des valeurs fondamentales par les tenants du pouvoir dans ce pays.

372 pages
20 €

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ou envoyer un message à info@editions-scribe.com

Points de vente :

Libraire UOPC ;

Magasin Africa Style, Boulevard Léopold II; 1080 Bruxelles.

Taverne Umubano, Rue de Belgrade 134; 1060 Bruxelles.

 

Vient de paraître : RUANDA III. Ma vie d’Administrateur de Territoire de Louis Jaspers

Ruanda III

RUANDA
Ma vie d’Administrateur de Territoire
– Tome III : mars 1960 à novembre 1961
– Attaché Colonial dans l’Est Africain Britannique
– La marche douloureuse vers la démocratie et l’indépendance

Faisant suite à mes Mémoires Ruanda I et Ruanda II, je retrace dans ce Ruanda III, les objectifs et les avatars de ma mission dans les trois Territoires de l’Est Africain Britannique à savoir : le Protectorat de l’Uganda, la Kenya Crown Colony et le Tanganyika Territory. D’abord comme Attaché Colonial jusqu’à l’indépendance du Congo le 30 juin 1960, ensuite comme Vice-Consul chargé des Affaires Africaines pour nos Territoires sous Tutelle le Ruanda et le Burundi.

Les récits, groupés par chapitre, retracent les différentes étapes, les difficultés rencontrées, les efforts pour mieux faire connaître et défendre notre action de démocratisation et le nouveau régime Hutu. Mais aussi la lutte contre la désinformation et l’action subversive entreprise par les réactionnaires déterminés à rétablir l’Ancien Régime au Ruanda.

Sans haine ni esprit de polémique, je souhaite ainsi porter témoignage de ce que fut notre travail et notre engagement, complètement orienté vers le progrès et le bien-être des populations qui nous étaient confiées. Et ce, dans l’esprit même fixé par la SDN et ensuite l’ONU lesquelles, confiant le Ruanda et le Burundi à la Tutelle belge, ont précisé qu’elle avait « une mission sacrée de civilisation » et le devoir « de conduire ces pays à la démocratie et l’indépendance ».

Mon récit, en quelque sorte un rapport, est basé sur ma documentation personnelle et mes Journaux de Brousse qui m’ont permis de retracer les dates et lieux des évènements, parfois tragiques, ainsi évoqués. Il concerne aussi le Burundi dont je parlerai plus par la suite.

J’ai voulu éviter d’écrire ces mémoires à la lumière de ce que l’histoire récente nous apprend. Cette histoire d’après l’indépendance, dramatique, pour le Burundi et plus encore pour le Rwanda, trouve, en partie, sa source dans les faits et évènements évoqués dans ce récit.

 

Louis Jaspers est né le 20-2-1928. Etudes se­condaires à !’Athénée royal à Maaseik. Université Coloniale à Antwerpen de 1946 à 1950. Carrière colniale: Administrateur Territorial Kibungo au Ruan­ da (1952); Kibuye (1953) ; Nyanza (1956) ; Attaché colonial à l’Est africain britannique (Kampala-1960); Congo (1967). Diplomate de carrière : Conseiller Économique à Paris (1971) ; Conseiller Politique à Kinshasa (1974) ;Consul Général à Strasbourg (1976); Ambassadeur à Dar es Salaam (Tanzanie – 1980) ; à Islamabad (Pakistan – 1985) ;Consul honoraire à Per­ pignan (1991 à octobre 2004).

 

ISBN : 978-2-9601114-0-8
Prix : 20€

Points de vente :

Librairie UOPC
Avenue Gustave Demey 14-16
B-1160 Bruxelles
Tel: 02/648 9689
Métro : Ligne 1A station Herrmann-DebrouxBus,
Tram : 34 – 41 – 42 – 72 – 94
Bus Tec Lignes : C, E, 341, 343, 344, 345, 348, 349

Café Taverne Umubano
Rue de Belgrade 134
1060 BruxellesOu contactez l’éditeur :- info@editions-scribe.com
– tél 0477 488 449

RDC : Le festin des vautours

« Le festin des vautours. Mémoires d’un Ambassadeur congolais » de Jean-B. Murairi Mitima aux Editions Sources du Nil.

Histoire sociopolitique du Congo – Kinshasa depuis la naissance de Jean-B Murairi Mitima jusqu’à nos jours. Ce livre de 542 pages pourrait ainsi s’intituler sans gêner personne.

L’Ambassadeur Murairi Mitima revisite derrière le faux masque de son histoire personnelle le passé et le présent du Congo – Kinshasa, dans ses trahisons et dans ses contradictions mais surtout dans la responsabilité et la culpabilité de son élite dans le gaspillage et la déchéance de ce beau et riche pays : « la classe politique et les intellectuels seraient gravement coupables s’ils ne plaçaient pas ses intérêts au-dessus de tout autre » (page 469).

C’est eux les vautours, les charognards qui ont et continuent de festoyer autour d’une dépouille. Construit sur une simple mais riche histoire du parcours d’un individu, produit des collines du Kivu (territoire de Masisi) dans le royaume confédéral de Bahunde, le livre de Murairi Mitima embrasse tout sur son passage dans les moindres détails notamment « l’assaut de la colline inspirée » (pp. 139-183) mettant en exergue la vocation africaine et internationale de Lovanium actuellement université de Kinshasa qui gît dans un délabrement physique et intellectuel débridé.

De la politique à la diplomatie, l’auteur relate ce passage obligé avec beaucoup de dégoût par rapport à la nostalgie du départ : « nos recrutements ressemblèrent à un enrôlement dans une armée. Et les décideurs faisaient rarement cas des avis émis par l’administration et même par les conseillers. C’était des réquisitions » pp. 247-248.

Autour du président Mobutu, les vautours se régalaient du cadavre puant du Congo assommé par « l’opération zaïrianisation – étatisation (…) tellement désastreuse » p. 253 et qui sonna le glas de la dégringolade infernale du pays. Enfin vint la diplomatie qui est non seulement une école (p.283) mais également un monde des coups bas. L’image de marque d’un grand pays qui rayonnait finit par être ternie par une diplomatie parallèle encouragée et entretenue depuis la Centrale. Des honneurs à la honte, les diplomates congolais terminaient leur carrière en devenant des SDF (sans domicile fixe), refusant de mourir, survivant sans électricité ni gaz. Au demeurant et au-delà de la corruption et de la gabegie, l’auteur signale deux tares qui minent les politiques congolais : « la vantardise et l’auto satisfaction devant d’insignifiants et ridicules résultats face à l’immense fossé qui nous sépare du minimum exigé pour assurer l’honneur politique et le bien-être social de nos compatriotes » page 474.

L’Ambassadeur Murairi Mitima aborde enfin l’avenir du Congo – Kinshasa « locomotive de l’Afrique ou disparaîtra ».

Après le survol de la RDCongo depuis les collines verdoyantes du Masisi jusqu’au grand voyage à travers les continents, au nom de la république comme Ambassadeur du Grand Zaïre en déclin, l’auteur fait un atterrissage (pas en douceur) comme une sorte de chirurgie sur son pays.

Il rappelle un vieux principe « l’avidité des autres pays tant il est vrai que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » (p. 470) et réveille le peuple congolais de son sommeil « nul autre qu’eux ne peut protéger et valoriser ces trésors que le Créateur leur a donnés » (p. 470).

Jean-B. Murairi Mitima se pose une triple question sur la lamentable déconfiture actuelle de son pays se demandant « que peut-on encore espérer ? »

Il énumère les scandales du Congo, de la géologie au tourisme en passant par la surabondance de l’eau douce, l’énergie, les ressources humaines passant ainsi au peigne fin tout le système de l’enseignement congolais.

Il dénonce avec pincement au cœur la calamité et la honte du Congolais devant les autres peuples : « la caricature du Congolais réduit à la mendicité tout en étant assis sur la montagne de son or et de son diamant, constitue (…) l’achèvement du comportement erratique de la classe politique et d’une pseudo – élite qui ont trahi et détruit le pays » (p. 477). Et il le démontre avec des graphiques dans une étude comparative.

Les indices de la faim, de la pauvreté, de la corruption montrent que ce pays est réellement ruiné en termes d’énergies humaines et de mobilisation des ressources.

Au-delà de diagnostics mal faits, l’auteur met le doigt dans la plaie en prenant l’exemple du gouverneur de la Banque centrale du Congo, J-C Masangu qui propose deux priorités de développement : agriculture et infrastructures : « Hélas, il semble éviter de dénoncer la vraie cause de l’échec de la production : l’insécurité généralisée due à l’absence effective de l’Etat. Et donc, le facteur principal de la relance devra être la nécessaire sécurisation des producteurs et des habitants en général. Ainsi par exemple, une bonne route à l’est, sans la sécurité, serait une arme à double tranchant. (…) Les simples mesures techniques ne suffisent pas » pp. 447-98.

A tout seigneur, tout honneur. L’ambassadeur Murairi Mitima rappelle l’impératif de l’efficacité des missions diplomatiques et consulaires. Les nôtres, depuis les années 1985/1990, ne répondent plus aux exigences et aux conditions de rentabilité : « On devait passer la soixante autres au crible pour en voir la viabilité et l’extrême nécessité » (p. 506) tout en gardant les ambassades de la catégorie A, soit une dizaine, et leur accorder des moyens très appropriés et leur exiger un rendement maximal.

De la CEPGL (Communauté Economique des Pays des Grands Lacs), l’auteur croit dur comme fer que c’est une organisation nuisible pour le Congo – Kinshasa.

La CEPGL est plus dangereuse et reste un marché de dupe pour la RDC. « La CEPGL ne sert que de couverture à Kigali pour lui permettre de poursuivre sournoisement son plan d’annexion du Kivu, laquelle, on le sait, entraînera la balkanisation du Congo » p. 508.

L’auteur dénonce des coopérations nous imposées et le diktat que le Congo subit à cause de la faiblesse de ses dirigeants : le concept « Grands Lacs » ne sert qu’à isoler le Kivu par rapport à l’ensemble national. Il y a une grave erreur de voir le Kivu et même le Congo sous l’optique des Grands Lacs. Le Congo – Kinshasa et le Kivu sont d’abord membres de l’Afrique centrale. Aux décideurs et intellectuels du pays d’y penser » p. 508

A travers ces 542 pages, J-B Murairi Mitima passe en revue les faits qui ont conduit à la chute d’un géant et en appelle à la conscience du peuple congolais pour que cesse le festin des vautours afin que le Congo assume son rôle de locomotive de l’Afrique. Ce livre, écrit sous le voile de l’autobiographie, est un vrai pamphlet qui donne à penser dans un style de « charité missionnaire » qui relève et révèle le degré de trahison et de destruction de ce beau et grand pays par ses élites. Il faut le lire, le savourer pour en prendre conscience.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Dictionnaire de l’histoire politique du Rwanda, un livre de Gaspard Musabyimana

La bibliographie sur le Rwanda post-génocide est immense et variée. Dans la plupart des écrits, les faits y sont diversement rapportés suivant la source d’informations privilégiée. Ils sont également différemment interprétés selon le côté où se situe l’auteur par rapport à la nouvelle donne politique du Rwanda, sans chercher à les placer dans leur contexte ou dans la trame historique du pays.

Dans ces conditions, il devient très difficile de dégager la vérité sur la tragédie que vit le peuple rwandais depuis le 1er octobre 1990. L’objectif de ce dictionnaire est de permettre au lecteur, par un bref rappel historique des personnalités et des événements, de contextualiser les faits que les diverses publications parues sur le Rwanda rapportent et d’aborder, de façon critique, les arguments et les thèses avancés par les uns et par les autres.

En plongeant le lecteur dans les racines historico-politiques du Rwanda, le présent ouvrage amènera à mieux saisir la genèse de la violence politico-ethnique que connaît périodiquement le pays des milles collines.

Le livre est présenté sous la forme d’un dictionnaire dont les entrées reprennent les événements et les personnalités selon l’importance qu’ils représentent dans l’évolution politique du pays.

DICTIONNAIRE DE L’HISTOIRE POLITIQUE DU RWANDA, un livre de Gaspard MUSABYIMANA 

ISBN : 978-2-9601114-0-8
Format 16×24
270 pages
décembre 2011

Contact : editions.scribe@yahoo.com

Prix : 20€

 

Côte d’Ivoire : Souveraineté bafouée

Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo a été enlevé par l’armée française avant d’être livré à la rébellion ivoirienne et déporté à Korogho. Cet événement avait été précédé par d’intenses bombardements de l’armée française sur Abidjan. A l’instar de tous les peuples épris de justice et de liberté, les Ivoiriens, où qu’ils soient, sont entrés en résistance pour combattre cette forfaiture comme le firent naguère leurs parents face à l’esclavage et à la colonisation française.
Roger Gballou
Préface de Ahoua Don Mello
IREA (Institut de recherche et d’études africaines)
ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE
GÉOPOLITIQUE,
RELATIONS INTERNATIONALES,
DIPLOMATIE

AFRIQUE NOIRE
Côte d’Ivoire

Espoirs déçus en République démocratique du Congo

L’avènement de Laurent Désiré Kabila en mai 1997 en RDC aurait dû marquer le début d’une nouvelle ère, caractérisée non seulement par le changement des dirigeants, mais surtout par la fin de la corruption, du détournement de fonds, des trafics frauduleux, du népotisme, de l’impunité… Mais le pays n’a pas évolué comme les Congolais et les partenaires étrangers l’espéraient, et c’est dans ce climat d’inquiétude et de déception que survint l’assassinat de Laurent Désiré Kabila en 2001.

Ephrem Libatu La Mbonga
Etudes africaines
HISTOIRE POLITIQUE AFRIQUE NOIRE République Démocratique du Congo

Deux caïmans dans un marigot

Pouvoir, folie et désolation

Gbagbo et Ouattara

Roman. Ferdinand Ndinda Ndinda part de la crise ivoirienne pour mettre en exergue les dérapages de la démocratie dans une société africaine.

Tout est bien qui finit bien. C’est le sentiment du lecteur qui referme le roman « Deux caïmans dans un marigot » de Ferdinand Ndinda Ndinda, paru en octobre 2011 chez Afrédit à Yaoundé.

L’auteur, diplômé de l’Institut national supérieur de l’enseignement technique d’Abidjan en 1983, s’est inspiré du conflit post-électoral en Côte d’Ivoire pour nourrir son récit. Mais contrairement au dénouement ivoirien -Alassane Ouattara est installé au pouvoir, Laurent Gbagbo comparaît depuis le 5 décembre devant la Cour pénale internationale-, il lui a donné une fin honorable. Comme pour rectifier l’histoire.
Les candidats 
L’action du roman, déclenchée avec la mort d’un chef, se déroule dans un petit village camerounais, Ebeme. Le successeur naturel, le fils du chef, ne s’intéresse pas au pouvoir. Il laisse ainsi la porte ouverte aux convoitises de deux candidats : Ondo Lesseme est le petit frère du défunt. Il vit au village et a toujours assuré le secrétariat de la chefferie. Il bénéficie de l’appui du sous-préfet, des notables et, en tant qu’ancien d’église, de celui des paroissiens. Son discours est celui de la préservation des traditions. Hilé Ndinlam, quant à lui, est le cousin du défunt. Elite vivant à la capitale, il a toujours contribué financièrement aux projets de développement dans son village. Il bénéficie du financement d’un exploitant forestier, du soutien du fils du chef et des ressortissants d’Ebeme installés en ville. Son discours est celui de l’ouverture à la modernité.
Face à l’échec du scrutin électoral, chacun des candidats va s’autoproclamer chef du village. De feutrée, la bataille entre les deux va se transformer en guerre civile et diviser les villageois. Les chefs des villages voisins vont tenter une médiation qui va échouer, chacun des protagonistes campant sur sa convoitise. A la fin, les vieilles femmes du village vont puiser dans une vieille tradition, la solution pour faire entendre raison à leurs fils.
Innocentes victimes 
Dans ce roman, tous les ingrédients sont réunis pour aboutir au clash : des ambitions démesurées, une épouse cupide qui fait pression sur son mari, des populations corrompues et insensibles aux programmes politiques… Au final, l’élection, qui devait aboutir à un changement politique salutaire, devient un frein à l’épanouissement des populations. Au passage, Ferdinand Ndinda Ndinda évoque la question de l’autonomie des chefs traditionnels face au pouvoir administratif et interroge leur lieu de résidence.
L’ancien député Rdpc et auteur de « Député de brousse » (L’Harmattan, 2010) dédie ce premier ouvrage romanesque publié par Afrédit au « vaillant peuple de Côte d’Ivoire ». Ce roman d’actualité, plaisant à lire malgré des fautes et des coquilles, est né de son indignation de voir la majorité des Ivoiriens mourir de faim, tandis que le président sortant vivait des réserves stockées au palais, et le président reconnu par la communauté internationale était ravitaillé à l’hôtel du Golf par l’Onu. A ces innocentes victimes, l’auteur dit : « Yako ! »
Stéphanie Dongmo
Ferdinand Ndinda Ndinda
Deux caïmans dans un marigot (roman) 
Editions Afrédit
Yaoundé, octobre 2011
250 pages