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Géopolitique  de l’Afrique des Grands Lacs.  Etapes dans la réalisation du « modèle rwandais » 

modele-rwandais-imageIntroduction

Comme nous l’indiquions dans un article précédent (Echos d’Afrique du 08/08/2016) :

« Nous appelons « modèle rwandais », un régime qui serait installé dans un autre quelconque  pays du monde et qui aurait les caractéristiques du régime installé au Rwanda depuis 1994. ».  

Nous avions alors indiqué les principales caractéristiques du « modèle rwandais  à savoir :

  • Un régime dictatorial d’après les normes généralement reconnues en science  politique ;
  • Un régime qui ne peut être critiqué ni dans la presse ni dans les institutions internationales, mais au contraire qui ravit ses thuriféraires en les rémunérant grassement ;
  • Un régime pour lequel même les institutions internationales sont promptes à mentir ou à falsifier les statistiques quand il faut le défendre. »

Dans l’étude de la Géopolitique dans la région des Grands Lacs en Afrique, il est intéressant de se pencher sur les étapes qui ont abouti à imposer un régime clanique et dictatorial dans un des pays les plus surpeuplés et les plus pauvres du monde, dictature qui risque de passer dans l’Histoire comme le « modèle rwandais » car elle est en passe d’être implantée dans toute la région des Grands Lacs.

Le présent article a pour but de faire découvrir les étapes de la conquête du Rwanda, d’abord pour y essayer un « modèle rwandais », ce qui fut atteint  en 1994,  et par la suite, tenter  d’y instaurer une nouvelle dynastie tutsi qui étendra son influence dans toute la région dans un avenir plus au moins proche.

Etapes

[1]  1986-1988 : Prise de conscience que la reconquête du Rwanda par le armes, par les Tutsi, était désormais possible.

Après près de 27 ans d’exil dans les pays voisins et plusieurs tentatives infructueuses de reconquérir par les armes le pouvoir au Rwanda, les féodo-monarchiques peuvent se consoler. En ce début de 1986, leurs descendants nés ou en ayant grandi en Ouganda viennent de prendre le pouvoir dans ce pays à la faveur d’une rébellion  dirigée par Yoweri Kaguta Museveni, un ougandais de la tribu hima affiliée aux Tutsi, et dans laquelle ils s’étaient engagés en masse. Désormais, quasi maîtres de l’Ouganda dans l’armée dans laquelle ils étaient dominants (vice-ministre de la Défense, chef des  Renseignements militaires, chef des Services logistiques, chef du Service médical, plusieurs commandants des grandes unités…), les ex-réfugiés tutsi rwandais ( car  entretemps  naturalisés ougandais ), même les plus sceptiques, prirent alors conscience que s’ils sont parvenus à conquérir l’Ouganda, s’emparer militairement du modeste Rwanda de leurs ancêtres n’était qu’un jeu d’enfant. Il suffit d’être déterminé et de s’en donner les moyens.

[2]  1988-1990 : Cette période fut mise à profit pour l’élaboration des plans stratégiques en vue de la reconquête. C’est à cette époque que l’organisation dénommée « Rwandese Welfare Foundation » (RRWF), qui se présentait comme culturelle et qui regroupait les réfugiés rwandais en Ouganda, se transforma en une organisation politico-militaire, le Front Patriotique Rwandais (FPR). La lutte armée, comme moyen de conquête du pouvoir au Rwanda, fut adoptée lors du congrès des réfugiés rwandais tenu  à Washington aux USA du 17 au 20 août 1988. Le FPR deviendra ainsi une structure politique accompagnatrice de la conquête militaire et entreprendra des recrutements.

[3]  1990-1992 : Le caractère international de la guerre déclenchée le 01 octobre 1990  étant évident, les Tutsi et leurs souteneurs vont très vite s’atteler à légitimer cette  guerre d’agression.  Fort de la complicité des grandes puissances  occidentales, et constatant la naïveté du régime de Juvénal Habyarimana qui croyait en la bonne foi de ses anciens alliés français et belges alors qu’ils se moquaient de lui, l’Ouganda de Yoweri Museveni s’employa à faire occuper par les éléments tutsi de son armée, une portion du territoire rwandais . Cet objectif fut atteint dès juin 1992. Ainsi, les éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda pouvaient désormais être reconnus  comme une alternative au régime démocratique hutu en place depuis 1961. Ce qui fut vite acquis, ouvrant ainsi la voie aux négociations.

[4]  1992-1993 : Parallèlement à l’occupation d’une portion du territoire rwandais, le FPR occupa aussi le terrain politique en manipulant les opposants internes pour en faire ses alliés objectifs notamment par la signature d’un pacte à Bruxelles en juin 1992 par l’entremise des puissances occidentales.  Ces opposants à Habyarimana se retrouveront  comme des « dindons de la farce »après la conquête militaire du Rwanda par le FPR en 1994 comme nous allons l’indiquer plus loin.

[5]  1994 : L’assaut final pour la prise du pouvoir par les armes au Rwanda par la minorité tutsi fut déclenché le 06 avril 1994. Ce jour-là, un commando du FPR parvint à abattre l’avion dans lequel se trouvait le président Juvénal Habyarimana qui revenait d’un sommet régional tenu en Tanzanie. Il fut tué avec toute sa suite tout comme le président du Burundi Cyprien Ntaryamira qui voyageait avec lui. Le lendemain, Paul Kagame, qui commandait l’armée tutsi du FPR, ordonna une offensive générale sur tout le front  à savoir le long de la frontière avec l’Ouganda, sa base arrière, et dans Kigali où il disposait des milliers de combattants acheminés par la force des Nations Unies « la MINUAR » commandée par un général canadien au nom de Roméo Dallaire, Kagame refusera tout cessez-le-feu et même exigera le départ des troupes des Nations Unies qui ne seront plus appelées qu’après juillet 1994 quand il aura conquis tout le pays. Il va alors prétendre avoir « arrêté un génocide », ce qui constituera par la suite la seule source de légitimité de son pouvoir et de jouir de l’impunité totale pour ses crimes de guerre et contre l’humanité commis au Rwanda-même et dans les pays voisins.

[6]  1994-1995 : Début des désillusions des « dindons de la farce »

Les Hutu, qui ont aveuglément accompagné les Tutsi venus d’Ouganda dans leur conquête mais  sont, aujourd’hui, soit morts assassinés par leurs anciens alliés tutsi ou se retrouvent en exil ou en prison ou bien alors ils rasent les murs au Rwanda comme « Hutu de service » car considérés comme des « génocidaires » de père en fils. En effet, ils étaient nombreux à avoir œuvré à ce que le FPR gagne du terrain tant politique que militaire, à avoir même trahi les institutions du pays au profit d’un ennemi qui l’attaquait de l’extérieur et à avoir démoralisé les forces armées qui, pourtant les défendaient ainsi que leurs biens. Tout cela dans l’espoir d’être associé au régime qui allait remplacer celui de Habyarimana. Cette catégorie était si confiante et fière de son jeu politique qu’elle était adoubée par la Communauté internationale à travers la presse des mêmes puissances qui avaient décidé d’offrir le Rwanda aux Tutsi et qualifiaient ces opposants de  « Hutu modérés », d’opposants « démocrates ». Ils étaient encouragés, par divers moyens, à accompagner (les yeux fermés) les conquérants tutsi qui, eux,  avaient leur  agenda caché.

Effectivement après la conquête en juillet 1994, ces « Hutu modérés » seront associés à un soi-disant « Gouvernement d’Union Nationale » et occupèrent même des postes apparents au plus haut niveau (président de la République, Premier ministre, Vice-Premier ministre, etc.) mais dont les  vrais patrons étaient des Tutsi venus d’Ouganda (Vice-président avec  son propre Cabinet doublant celui qui était  présenté comme effectif). Ces Tutsi  les utilisaient pour se donner le temps de s’adapter à leur nouveau pays conquis et surtout pour la consommation externe pour faire prévaloir que ces Hutu avaient été récompensés pour leur appui à la conquête.

Une année après leur aventure, les « Hutu modérés » commencèrent à se rendre à l’évidence qu’ils s’étaient trompés mais il était trop tard  pour eux mêmes et malheureusement pour tout le peuple. Ils furent alors éliminés un à un. Ceux qui n’étaient pas assassinés étaient jetés en prison ou trouvaient la mort dans des conditions mystérieuses.  Les rares plus chanceux parvinrent à s’exiler et depuis plus de 20 ans, ils broient du noir.


 

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A l’époque (1991-1994), ces Hutu étaient très courtisés et médiatisés par la presse occidentale qui les présentait comme « des vrais patriotes, le salut du Rwanda après Habyarimana, les garants de l’unité et de la sécurité des Rwandais  etc… ». Hélas, aujourd’hui, la même presse ne parle plus de ces politiciens hutu dits « modérés » des années 1991-1994 et quand elle en parle, c’est pour évoquer leur naïveté et pour vanter l’habileté politique des Tutsi qui les ont utilisés. En effet, qui entend encore parler des personnalités comme Pasteur Bizimungu, Seth Sendashonga, , Dismas Nsengiyaremye, Théoneste Lizinde ou encore Anastase Gasana ?

[7]  1995-1998 : Le FPR commence à honorer sa part du contrat avec les superpuissances. En effet, la soldatesque tutsi de Kagame est mise en avant pour  conquérir le Zaïre pour le compte des Superpuissances occidentales qui, désormais, dominent le monde. Ce sera l’occasion de jauger le degré de l’impunité dont jouira désormais le régime tutsi au Rwanda et dans la région: les massacres dont furent victimes les réfugiés hutu en RDC, que d’aucuns qualifieront de « génocide » seront tout simplement occultés et même les quelques rapports qui en parlent seront aussitôt mis sous le boisseau.

[8]  1996-2000 : Toujours pour honorer sa part du contrat, le FPR contribue à rendre l’Est de la RDC un territoire qui échappe au pouvoir central à défaut de faire sécession mais exploité par les multinationales. Désormais, depuis 1996, le Rwanda est devenu le principal pays de la région exportateur de minerais jadis introuvables sur son territoire comme le coltan, l’or, le diamant,…

[9]  2000-2003 : Paul Kagame est jugé assez mûr et assez sûr pour apparaître au grand jour comme le « délégué », le « bras armé »  des superpuissances dans la région. Il est appelé alors  à mettre fin à la longue période dite de transition instaurée au Rwanda depuis sa conquête militaire du Rwanda en 1994 et d’organiser un semblant d’élections pour légitimer sa prise du pouvoir par les urnes.

[10]  2003-2010 : Consolidation du « modèle rwandais »tant sur le plan interne que régional. Désormais présenté comme un président élu à presque 100% des voix par les Rwandais, Kagame va être présenté comme un modèle en Afrique  et ce modèle est mis à l’essai pour son imposition dans les Etats voisins. Une fausse image d’un Rwanda en plein « boom économique » grâce à un « homme providentiel » qu’est Paul Kagame est véhiculée par les plus grands médias du monde qui n’hésitent même pas à manipuler les statistiques ou à occulter les rapports les plus réalistes.

[11]  2010-2017 : Préparation de l’opinion à la fondation d’une nouvelle dynastie « tutsi-ega ». Kagame étant un tutsi du clan « bega », son clan fonderait une nouvelle dynastie qui remplacerait celle de « tutsi-nyiginya » qui a régné sur le Rwanda jusqu’en 1959.  Les Rwandais sont amenés à crier haut et fort que personne d’autre n’est capable de régner sur le Rwanda sauf Paul Kagame ou celui qu’il désignerait. Des millions de pétitions sont signées parfois par des analphabètes, et acheminées au Parlement avec une forte médiatisation internationale   pour prouver que les Rwandais souhaitent que Kagame soit leur « président à vie ». Il s’en suivra un amendement de la Constitution, suivi d’un référendum pour l’adopter et tout fut joué avant fin 2016.

Pour la suite, après 2017, mais en tout cas avant 2034, Kagame se proclamera « roi du Rwanda » sous le nom de règne de Kagame Ier  ou alors il aura déjà installé son fils Ivan Cyomoro au trône. Il en a eu le feu vert de la part de ses créateurs.

Ce rapide passage en revue des étapes de la conquête du pouvoir au Rwanda par un groupe de Tutsi venus d’Ouganda montre que tout est piloté de l’extérieur. Autrement dit, que le peuple rwandais subit les événements conçus et pilotés par les puissances étrangères, ayant comme bras armé Paul Kagame et sa clique.

Perspectives d’avenir

2017 : L’année marquera de toute évidence le début du règne de Kagame Ier, dont le royaume devrait englober à terme l’actuel Rwanda, le Burundi,  les deux Kivu, l’Ouest de la Tanzanie et l’Ouest si pas l’entièreté de l’Ouganda. Cela pourrait prendre du temps pour faire prendre forme à ce royaume ou cet empire. Mais les Tutsi et leurs commanditaires sont connus pour être très patients. Il suffira de semer le chaos partout autour du Rwanda de Paul Kagamé (Burundi, Est de la RDC, Tanzanie et pourquoi pas en Ouganda), ce qui rendrait aux yeux du monde ce royaume moyenâgeux de Paul Kagame   comme le seul « havre de paix et de postérité » dans la région mais surtout ferait occulter le contentieux causé par la conquête et le servage de la majorité du peuple rwandais ( Hutu, Twa  et Tutsi de l’intérieur) par une bande de Tutsi armés venus d’Ouganda en 1994. Un peu comme ce que l’on observe ailleurs. Depuis le démembrement de l’Irak, le chaos provoqué en Libye, la disparition de l’Etat au Yemen, la campagne en cours visant la disparition de la Syrie en tant qu’Etat…il ne reste au Moyen Orient qu’un seul Etat sans problème car stable, organisé et prospère : c’est l’Etat d’Israël. Qui ose encore parler, dans les instances internationales, du conflit israélo-palestinien ? Qui peut encore oser proposer une solution définitive à ce conflit ? Personne, car ce n’est plus prioritaire ni d’actualité compte tenu de la situation dans la région. C’est ce rôle que l’on veut  faire jouer le Rwanda de Paul Kagame dans la région des Grands Lacs.

Le peuple rwandais, mais aussi les autres peuples de la région des Grands Lacs, devraient se préparer à affronter ce que les maîtres du monde leur préparent avec Paul Kagame comme bras armé dans un avenir proche et tirer des leçons du chaos et de la désolation semés au Moyen Orient et au Maghreb qui profitent aux mêmes maîtres du monde parrains de Paul Kagame  et à leurs supplétifs locaux au mépris des peuples concernés.

Emmanuel Neretse
22/09/2016

Autopsie du « modèle rwandais » que les superpuissances entendent étendre à toute l’Afrique

Paul Kagame et Pierre Nkurunziza

Paul Kagame et Pierre Nkurunziza

Nous appelons « modèle rwandais », un régime qui serait installé dans un autre quelconque  pays du monde et qui aurait les caractéristiques du régime installé au Rwanda depuis 1994. L’installation d’un tel régime doit se faire sous certaines conditions qui, pour le cas du Rwanda, furent toutes remplies en 1994. Une fois installé, ce que nous appelons  « péri-modèle politique rwandais », dans ce sens qu’il faut intégrer tous ses contours, se caractérise par certains aspects qui, dans des modèles classiques, étaient considérés comme négatifs voire carrément immoraux, mais qui, pour la pérennisation du « péri-modèle rwandais », doivent être promus en idéaux politiques à favoriser.

Les conditions pour l’installation d’un « péri-modèle rwandais » dans un pays donné

Ces conditions sont aussi cyniques dans leur conception que brutales dans leur réalisation :

  • Le « modèle rwandais » doit être installé dans un pays après sa totale destruction. Celle-ci peut être délibérément provoquée ou encouragée dès qu’elle apparaît à l’horizon ;
  • Le modèle doit trouver un acte fondateur fort sur lequel s’appuyer pour trouver une certaine légitimité mais surtout pour jouir de l’impunité. Cet acte  peut être inventé de toutes pièces et imposé à l’opinion ou alors en s’employant à travestir les faits historiques en leur collant des qualificatifs  allant dans ce sens par exemple en qualifiant les massacres interethniques de « génocide ».
  • Confier la gestion locale du modèle à un petit groupe marginal et sans aucune assise populaire qui, de ce fait, se retrouve dans un pays donné avec un pouvoir dont il ne pouvait même pas rêver et qui restera toujours redevable et dépendant des puissances qui l’ont créé et promu.

Les principaux caractéristiques du «modèle rwandais »

  • Un régime dictatorial d’après les normes généralement reconnues en science  politique ;
  • Un régime qui ne peut être critiqué ni dans la presse ni dans les institutions internationales, mais au contraire qui ravit se thuriféraires en les rémunérant grassement ;
  • Un régime pour lequel même les institutions internationales sont promptes à mentir ou à falsifier les statistiques quand il faut le défendre ;

Ce modèle est donc d’abord caractérisé par l’illégitimité politique des détenteurs du pouvoir. Il s’agit généralement d’une clique d’aventuriers ou d’un groupe social marginal sur l’échiquier politique du pays concerné, mais dans tous les cas, un groupe qui ne pourrait jamais  prétendre à l’accaparement du pouvoir dans ce pays par des voies démocratiques n’eut été sa  promotion par les superpuissances . 

Ensuite, le « péri-modèle rwandais » est caractérisé par une militarisation à outrance du pays où il est instauré. En fait, le groupe marginal choisi par les superpuissances doit se considérer et , avec raison, comme «  une armée possédant un pays » que comme « un pays possédant une armée » comme le veut la théorie politique classique. Si au sein de ce groupe (forcément minoritaire et à volonté) toutes le nombre de personnes aptes à porter les armes s’avéreraient insuffisant pour quadrier et  soumettre le pays, le recours aux mercenaires serait de  mise avec l’aide et l’expertise des superpuissances.

La gouvernance dans un pays où ce « modèle rwandais » a été installé est assurée par un « Gouvernement Mondial » agissant sous la couverture d’un gouvernement visible formé par la clique promue par les superpuissances. Ce « Gouvernement Mondial », un concept toujours en essai mais qui espère prendre de l’envol grâce au cas du Rwanda, est composé d’anciens leaders politiques, de grands managers de l’industrie et de la finance mondiale, des magnats de la presse internationale… mais qui, tous, sont animés de ce même projet : celui de diriger le monde en se passant des peuples et surtout des principes classiques de la politique et de la diplomatie qui ont prévalu au XX° siècle.

Ainsi les valeurs comme la démocratie, les droits de l’homme, la liberté de parole, l’indépendance de la justice, la justice sociale…sont rejetées et remplacées dans ce pays devenu une entreprise commerciale appartenant aux actionnaires , par le profit, agrandir le fossé entre possédants qui doivent gagner chaque jour davantage  et les démunis qui doivent continuer à être exploités. Des mécanismes mis en place pour faire taire toute critique au modèle, le culte de la personnalité envers l’Administrateur Délégué désigné par les grands actionnaires (les multinationales des grandes puissances) de cette entreprise et qui s’appelle ailleurs, pour la forme, «  Chef d’Etat ».

Implémentation du « modèle rwandais » au Rwanda-même puis dans toute la région

Pour le Rwanda, pays martyr qui devait servir de laboratoire pour le « modèle  rwandais », il fut difficile de remplir certaines conditions comme évoqué ci-haut. Il a fallu près de quatre ans pour que le Rwanda soit complètement détruit afin d’y installer ce modèle.

Depuis le 01 octobre 1990, l’armée régulière ougandaise lâcha ses éléments d’origine tutsi sur le Rwanda. Ceux-ci se révéleront efficaces pour hâter la mise en place de ce modèle. Ces soldats tutsis commandés à l’époque par le Chef des Renseignements Militaires de l’Armée ougandaise, un certain… Paul Kagamé  vont se montrer particulièrement  inhumains. Ils tuaient tout sur leur passage dès le franchissement de la frontière entre l’Ouganda et le Rwanda. Lorsqu’en 1993, ils parvinrent à occuper une petite partie de la préfecture de Byumba frontalière  avec l’Ouganda, le monde fut stupéfait de constater que près d’un million de paysans hutu avaient été chassés de leurs terres et venus s’entasser dans les faubourgs de Kigali. Ceux qui n’avaient pas eu la chance de fuir avaient tout simplement été exterminés par  les soldats tutsi de l’armée régulière ougandaise commandés par Paul Kagamé. Celui-ci  avait pour se  mission, reçue des superpuissances, d’instaurer au Rwanda un modèle qui devait être répandu sur toute l’Afrique.

Tony Blair, Paul Kagame, Rick Warren

Tony Blair, Rick Warren, Paul Kagame

Pour remplir la condition qui devrait permettre à la clique marginale, cruelle et surtout honnie du peuple rwandais de se faire prévaloir d’une certaine  légitimité et surtout de jouir d’une impunité juridique pour ses crimes, il a fallu que les commanditaires de Paul Kagamé lui fasse commettre l’irréparable à savoir l’assassinat du président hutu Juvénal Habyarimana pour provoquer la colère des Hutu,  ce qui serait alors qualifié de « génocide contre les Tutsi ». Le 6 avril 1994, Paul Kagame a non seulement pas abattu le président hutu rwandais Juvénal Habyarimana, mais il aussi tué le président hutu burundais Cyprien Ntaryamira. Ainsi il venait de se débarrasser de trois président hutu en moins de six mois d’intervalle mais au final, il venait d’obtenir son « génocide ». Il lança une offensive sur tous les fronts, bénéficiant des renseignements militaires des USA (photo aériennes, communications captées…) et appuyés cette fois-ci ouvertement par les troupes des pays voisins comme la Tanzanie , le Burundi, l’Ethiopie, …et s’empara du pays en juillet 1994 en clamant qu’il venait « d’arrêter un génocide » ! Depuis, le monde ne jure que par cette supercherie et l’ancien garçon de rue de Kampala qui avait rejoint le maquis de Museveni en 1983 pour échapper aux rafles de la police qui visaient les vagabonds est actuellement présenté au monde comme un « visionnaire, un homme exceptionnel, d’une intelligence supérieure à la normale etc… » , alors qu’il n’a été créé et n’est là que pour implémenter un modèle de gouvernance conçu par les superpuissances et dont il ignore les tenants et les aboutissants.

Le régime rwandais actuel remplit parfaitement les conditions sine qua non du « péri-régime rwandais » tel que conçu pas les superpuissances. La clique tutsi venue d’Ouganda a d’abord militarisé tout le pays. Tout tutsi en âge de porter les armes est militaire ou l’a été. C’est une évidence. Mais comme cette clique ultra-minoritaire qui a accaparé tous les rouages du pouvoir ne peut pas  occuper tous les  postes, elle recourt aux étrangers  plutôt que de risquer de donner des postes stratégiques aux Hutu non sûrs. A ce sujet, ce sont les USA et la Grande Bretagne qui proposent les cadres à nommer souvent ayant une double ou triple nationalité dont la dernière qu’ils défendraient à outrance est la rwandaise. Pour les cadres subalternes dans les services de sécurité, un « Munyamulenge » congolais, un Somalien, un Ougandais munyankole, un Burundais tutsi, un Tanzanien muha…,tous ceux-là passent avant un Rwandais perçu comme « Hutu » ou « Twa », car selon les initiateurs de ce « modèle rwandais », ces étrangers seraient plus sûrs car, croient-ils, plus proches de la clique tutsi venue d’Ouganda que du reste de  la population rwandaise! Et curieusement Paul Kagame semble y croire ou est obligé de le croire.

Pour les superpuissances,  le « modèle rwandais » laborieusement mis en place à partir de 1994 sur un territoire appelé « Rwanda » qui, pour elles n’est qu’un « cluster » ou pôle de compétitivité de 26 338 km², le gouvernement mondialiste qui le dirige est officiellement appelé : « Presidential Advisery Council » (PAC ). Celui-ci constitue en fait le Conseil d’Administration (CA) de cette entreprise commerciale qu’est devenu le Rwanda. Ce CA comprend des personnalités politiques aussi controversées que Tony Blair ou Bernard Kouchner, des magnats de l’industrie et de la finance comme Warren Buffet, Kaia Miller  ou Sorros, des nouveaux milliardaires générés par les nouvelles technologies comme Bill Gate ou Michael Fairbank, des administrateurs des fondations louches destinées à couvrir des opérations mafieuses à travers le monde comme la «  Fondation Clinton », des chercheurs et théoriciens de la nouvelle économie mondialisée comme Michael Porter ou encore des gourous télévangélistes devenus milliardaires et stars médiatiques comme Joe Ritchie. Ils ont imposé Paul Kagamé comme Chef Executive Officer (CEO) ou Administrateur Délégué de cette entreprise commerciale appelée Rwanda. Ceux qui sont présentés comme des ministres d’un gouvernement d’un Etat rwandais  souverain ne sont que des « collaborateurs » du chef de l’entreprise  commerciale. Voilà pourquoi ce qui fait office de « gouvernement rwandais » n’est jamais critiqué pour ses violations des Droits de l’homme, son verrouillage de l’espace démocratique pour empêcher toute revendication démocratique de se faire entendre, son mépris et l’asservissement de la population. Ces préoccupations et exigences ne sont pas sur la feuille de route de ceux qui ont reçu pour mission de transformer ce qui était un pays souverain en un espace économique ( cluster) à occuper par une entreprise commerciale mondialisée à qui il ne faut surtout pas parler des exigences morales en termes politiques.

Le « malheur » du Burundi

Le Rwanda et le Burundi  sont souvent appelés des « jumeaux de l’Afrique centrale ». En effet, ces deux petits pays partagent presque tout : une même langue appelée kinyarwanda ou kirundi selon que l’on se trouve au nord ou au sud de l’Akanyaru , rivière faisant frontière ; une même composition ethnique de la population et dans les mêmes proportions ( 85% de Hutu, 14 % de Tutsi et 1 % de Twa) avant qu’au Rwanda il ne soit entrepris un rééquilibrage depuis 1994 par le seul levier possible : réduire la majorité par élimination physique. « Vider un fut rempli à l’aide d’une capsule de bouteille » comme l’avait promis Paul Kagame après  1994 ; un même passé colonial d’abord comme colonie allemande avant de passer à la tutelle belge après la défaite de l’Allemagne en 1918 ; une domination des monarchies féodales tutsies favorisées et encouragées par le pouvoir de tutelle pour maintenir la majorité hutu en servitude ; le recouvrement à la même date, le 01 juillet 1962, de l’indépendance.

Mais toute similitude s’arrête là. A l’indépendance, le Rwanda devint une République démocratique dans laquelle la majorité hutu tenue jusque là en servitude par la féodalité tutsi accéda au pouvoir . Tandis qu’au Burundi, le pays devint souverain sous un régime monarchique tutsi. La monarchie tutsi fut renversée le 28 novembre 1966 par des jeunes officiers tutsi encore plus extrémistes que leurs congénères  féodaux. Pour se prémunir de la contagion rwandaise, à savoir une probable prise du pouvoir par la majorité hutu, des pogroms récurrents eurent lieu au Burundi dans lesquelles des milliers de hutu périrent .Ce fut le cas en 1965, 1968, 1972 qui, cette année là, prirent l’allure d’un génocide car pas moins de 300.000 hutus « instruits » furent massacrés par l’armée tutsi.

Louis Michel et Paul Kagame

Louis Michel et Paul Kagame

En 1993, contre toute attente, un président hutu  du nom de Melchior Ndadaye fut élu démocratiquement. Ce qui fut considéré dans les milieux tutsi comme une provocation et une humiliation. Et à peine trois mois après son investiture, soit le 22 octobre 1993, il fut sorti de son palais, humilié au mess des officier et massacré par des soldats tutsi dans l’enceinte de l’Etat major de l’armée, une armée qui ,  il faut le rappeler,  était mono ethnique tutsi. Il s’en suivra des massacres à travers tout le pays et surtout dans la capitale Bujumbura. Les jeunes hutu principalement des étudiants hutus de l’université du Burundi qui étaient visés par ces massacres prirent alors le maquis et déclenchèrent une guerre civile qui allait durer 10 ans. Finalement un accord de paix fut signé garantissant notamment l’entrée des Hutu dans les services de sécurité (armée et police) dans une proportion de 50%, ce qui jusqu’ici était inimaginable. Les rebelles furent alors intégrés dans l’armée régulière.

Après une période de transition, en 2005, le leader de la rébellion hutu Pierre Nkurunziza fut élu par l’Assemblée comme président de la République, un autre fait inimaginable quelques années auparavant. En 2010, il sera pour la première fois élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Entretemps, au Rwanda voisin, une clique de Tutsi venue d’Ouganda s’était emparée du pouvoir en juillet 1994. Il s’avérera plus tard que cette clique conduite par Paul Kagamé n’était qu’un instrument des puissances qui avaient décidé d’essayer en Afrique un modèle de domination des peuples basé non sur des considérations politiques ou sur des principes du droit international, mais basée seulement sur des principes de l’économie mondialisée, qui considèrent des États classiques comme des « pôles économiques » et des principes démocratiques comme des entraves au profit. En bref le « modèle rwandais ».

Le régime démocratique burundais issu des négociations pour mettre fin à la guerre civile déclenchée en 1995 et légitimé par les élections successives selon la Constitution adoptée après la période de transition, constitue un contre-modèle au « modèle rwandais » que les superpuissances entendent étendre à toute la région. En toute logique, pour ces superpuissances, il faudrait d’abord renverser le contre-modèle burundais  pour espérer installer le « modèle rwandais ».

Et pour faciliter les choses, il se fait qu’au Burundi, certaines personnalités (Hutu comme Tutsi) se présentent en face du monde occidental comme des politiciens mais sans aucune assise populaire et donc n’ayant aucune chance n’accéder au pouvoir démocratiquement. Ces personnalités ayant gouté au pouvoir  pendant la transition ne rêvent que de faire régner au Burundi une période perpétuelle de transition qui les associerait au pouvoir sans élections. Depuis 2010, personnalités  refusent d’aller aux élections et mais exigent un régime de transition…mais vers quoi ?Les superpuissances qui doivent implémenter le « modèle rwandais » dans la région  les ont remarquées et les utilisent  à bon escients.

Ceci explique l’acharnement des tenants du « modèle rwandais » contre le contre-modèle burundais auquel nous assistons depuis 2015. Tenez :

  • L’Union Européenne, dont on sait que sa position sur le Burundi est dictée par l’eurodéputé et ancien commissaire au développement Louis Michel, est en première ligne pour le renversement du régime démocratique burundais. Le puissant lobby de Louis Michel a vite fait de faire suspendre les aides de l’Union Européenne destinées au Burundi en les réorientant vers des officines qui financent les opposants radicaux repliés à Bruxelles sous le sigle de CNARED en attente d’aller prendre le pouvoir à Bujumbura.
  • L’Union Africaine (UA) a été instrumentalisée par l’Union Européenne qui lui fournit 3/4 de son budget de fonctionnement pour s’impliquer dans le renversement du régime démocratique burundais et y installer un « modèle rwandais ». C’est ainsi que la Commission de l’UA sur proposition du Commissaire à la paix et à la sécurité de cette organisation, bien connu comme un agent occidental, avait, en décembre 2015, décidé en catimini d’envoyer une force de 5000 hommes au Burundi. N’eut été la vigilance des Chefs d’Etats africains, le Burundi serait, depuis décembre 2015, occupé par une force décidée par l’UE et couverte par l’UA ayant pour mission de renverser les institutions démocratiques de ce pays en vue de l’installation d’un « modèle rwandais » dans ce pays.
  • L’Organisation des Nations Unies (ONU) s’est soudainement souciée de paix et de sécurité dans ce pays après une indifférence de plus de 30 ans. En effet on peut se demander comment l’ONU qui, depuis l’indépendance du Burundi en 1962, s’est toujours désintéressée de la situation au Burundi,  soit depuis quelques années aussi  fébrile au sujet de la situation dans ce pays. Mais force est de reconnaître que cet intérêt soudain pour le Burundi n’est pas motivé par un soucis de la paix et de la sécurité des Burundais. En effet depuis 1962, date de son indépendance, le Burundi a été le théâtre des massacres ethniques menés par l’armée tutsi en 1965, 1968 , 1972 , 1988, et 1993. Mais durant cette longue période de la domination tutsi  caractérisée par des massacres quelquefois génocidaires (1972 et 1993),  le
    J Kabila, Ban Ki Moon, Paul Kagame

    J Kabila, Ban Ki Moon, Paul Kagame

    Conseil de Sécurité n’a pris que DEUX résolutions en rapport à la situation au Burundi. Paradoxalement après l’avènement d’un régime démocratique en 2005, le même Conseil de Sécurité vient de prendre pas moins de  SEIZE résolutions. Et pour la seule période de 2015 à 2016, le même Conseil de Sécurité vient de prendre TROIS résolutions  toutes stigmatisant le régime démocratique qualifié de « hutu ».

  • La presse internationale étant un acteur majeur dans l’installation du « modèle rwandais » au Burundi, n’a pas failli à sa mission. Ainsi RFI n’a pas cherché loin. Tous les opposants radicaux repliés en Europe ou au Rwanda pour peu qu’ils savent parler devant u micro pour pourfendre le régime, sont présentés par RFI comme « ses correspondants » ou «  des spécialistes du Burundi ». RFI pousse le bouchon plus loin jusqu’à saper le travail des médiateur et facilitateur dans le dialogue burundais en publiant les points de vue des opposants radicaux comme les seules valables au grand dam des Chefs d’Etats qui pilotent cette initiative. Exemple : RFI a titré que le second round des pourparlers d’Arusha (12-13 août 2016) était un échec avant le communiqué final du facilitateur. D’autres médias français comme France 24 n’hésitent pas à lancer des énormités dès lors qu’il s’agit de charger à tort le régime démocratique du Burundi que l’on voudrait remplacer par un « modèle rwandais » : diffusion de faux documents, donner la parole aux criminels recherchés par la justice de leur pays comme Pacifique Nininahazwe ou Gratien Rukindikiza etc…
  • Tandis qu’en Belgique où vit la majorité de ceux qui devraient aider à l’installation au Burundi du « modèle rwandais », ce sont les « futurs maîtres du Burundi » ( ils sont présentés comme tels dans les chancelleries occidentales) lorsque ce pays sera réduit au « modèle rwandais »  ainsi que les marionnettes qui leur serviront de caution populaire, qui ont droit à la parole.

Le dilemme des Africains  face au « modèle rwandais » 

Les Africains, surtout les leaders politiques ou les aspirants, sont happés par l’attirance au « modèle rwandais » qu’exercent sur eux ceux là même qui ont conçu et décidé d’implémenter ce modèle. Tous les médias, toutes les institutions financières (contrôlées par les mêmes milieux) quitte à trafiquer les statistiques, vantent le « modèle rwandais ». Il est donc tentant pour plusieurs de ces dirigeants africains de

Bernard Kouchner et paul Kagame

Bernard Kouchner et paul Kagame

souhaiter que ce modèle s’applique chez-eux.  Ce qu’ils devraient savoir, c’est qu’à l’état actuel des choses, ils n’ont pas de choix ou s’ils en ont, il est cornélien. En effet, les superpuissances ont conclu qu’à l’état actuel, les pays n’ont d’autres choix qu’entre : le « Chaos » ou «  le « modèle rwandais ». Selon elles, les Africains ne devraient plus vivre sous des régimes démocratiques stables. Il doit donc être créée une situation politique chaotique comme c’est le cas au Proche Orient et au Maghreb, ce qui arrange formidablement les multinationales qui ne doivent plus passer par des gouvernements forts pour exploiter les pays. Ou alors  vivre sous un « modèle rwandais » quand l’institution étatique est remplacée par une institution commerciale qui s’accapare de tous les attributs d’un Etat sans en être un. Les Africains n’ont donc d’autres choix qu’entre « les Etats  soumis au chaos politique » ou des Etats réduits à des espaces économiques (cluster) gérés par les multinationales (modèle rwandais).

Pièges tendus et manipulation des leaders politiques africains :

Les pièges tendus aux dirigeants africains sont nombreux et sont disséminés sur tous leurs parcours. La presse internationale contrôlée par les inventeurs du « modèle rwandais » ne cesse de faire miroiter les « bienfaits » de ce modèle. Ceux du pré carré français qui souhaiteraient prendre un peu de liberté tomberont par  « la realpolitik » qui veut que la France est partie prenante de cette instrumentalisation de l’Afrique  (chaos ou modèle rwandais) que les superpuissances (dont la France) qui sont appelées à implémenter ces modèles sont en parfaite harmonie.  Seul le calendrier, la géographie  et le rythme des événements pour la provocation du chaos ou l’installation d’un «  modèle rwandais » dans tel ou tel pays, peuvent sembler contradictoires par rapport à ces puissances mais ce n’est qu’en apparence.

L’intérêt pour ces superpuissances de promouvoir en Afrique le « modèle rwandais » est évident. En transformant des anciens Etats souverains en « zones économiques » (cluster) contrôlées par leurs multinationales, ces superpuissances cassent le mythe des Etats souverains étant en principe  sur le même pied d’égalité qu’elles sur le plan du droit international. Les acteurs locaux qui, dans le système classique, sont considérés comme des « chefs d’Etats » et traités comme tels, deviennent des « Administrateurs délégués » qui gèrent leurs espaces économiques, comme Paul Kagame est le CEO de « Rwanda Inc. ». De ce fait, ces superpuissances s’affranchissent des contraintes morales comme le respect des Droits de l’homme, la démocratie, la justice équitable… car ces principes ne sont pas exigibles à une entreprise commerciale qu’est devenu un Etat soumis au « modèle rwandais ».

Quand et comment en finir avec «  le modèle rwandais » ?

On ne peut imaginer une probable fin ou échec du « modèle rwandais » sans d’abord bien analyser son essence, autrement dit son « ADN ». Pour peu qu’on s’ y adonne on s’aperçoit que sa fin est inscrite dans ses gênes.

  1. L’injustice sociale, les inégalités criantes, promues en principes moraux, l’arrogance de la clique au pouvoir, en fait des fonctionnaires des multinationales qui ont acheté le Rwanda,.. tout cela ne peut conduire qu’à une explosion sociale.
  2. La frustration de plusieurs intellectuels qui continueront d’assister à une chosification de la société en l’écartant de la chose politique peut leur faire prendre conscience que le Rwanda mérite mieux queKagame réfugiés d’être vendu aux capitalistes sauvages du monde ;
  3. La clique, à qui a été donnée la mission de rendre le Rwanda un « cluster » aux mains des entreprises des superpuissances, a aussi reçu des missions qui peuvent devenir impossibles à accomplir, ce qui occasionnerait son rejet. La mission d’exporter le « modèle rwandais »  dans la région peut être une mission impossible au CEO Paul Kagamé, même avec l’assurance de ses créateurs. L’effet « boomerang » de ses tentatives d’exporter le modèle à l’étranger serait catastrophiques que même ses créateurs le renieraient et le lâcheraient illico. Alors tous les frustrés et les laisser-pour compte (Rwandais ou autres Africains) prendraient leur revanche.

Donc, dans tous les cas de figure, l’éradication du « modèle rwandais » se fera dans la violence. C’est donc avec intérêt que l’on devrait suivre  la première tentative d’exportation du « modèle rwandais ». Ceci est en cours pour le Burundi et le Général Paul Kagamé en a reçu toutes la latitude de la part des superpuissances qui l’ont créé et mandaté. Reste à voir comment le « Général Impondérable » va lui aussi réadapter ses propres plans.

Emmanuel Neretse
08/08/2016

Depuis 1990, le Rwanda est un laboratoire de la nouvelle forme de colonisation de l’Afrique. Quelles leçons peut-on en tirer?

Bill Clinton - Paul Kagame -Tony Blair

Bill Clinton – Paul Kagame -Tony Blair

En 1885, les puissances européennes se sont partagées  l’Afrique rendant les territoires de ce continent leurs colonies. La Grande Bretagne, la France se sont alors approprié la part du lion. Mais l’Allemagne de Bismarck fut aussi servie tout comme le Portugal et l’Espagne dont les anciens comptoirs sur le continent noir  étaient reconnus comme colonies. Les Etats unis d’Amérique qui, à l’époque,  n’étaient qu’une jeune nation et une puissance moyenne, ne prit pas part au festin.

Après la Première guerre mondiale, l’Allemagne fut dépossédée de ses colonies au profit des puissances qui venaient de la vaincre. La fin de la Deuxième guerre mondiale consacrera les Etats Unis d’Amérique comme l’une des superpuissances du monde en compétition avec l’URSS elle aussi sortie victorieuse de la guerre mais aussi curieusement n’ayant aucune colonie en Afrique.

Il s’en suivra alors une période de bras de fer politique entre les deux nouvelles superpuissances qui sera qualifiée par les historiens de « guerre froide ». Les vielles puissances européennes se rangèrent politiquement, diplomatiquement et surtout militairement derrière la nouvelle puissance américaine à qui elles demandèrent sa protection militaire à travers les alliances militaires comme l’OTAN.  C’est durant cette période que le  courant indépendantiste traversera les anciennes colonies européennes.

Autour de l’année 1960, la majorité de ces colonies ont acquis l’indépendance et sont devenues des Etats souverains. Paradoxalement, ces nouveaux Etats qui se prévalaient de s’être libérés de la colonisation des puissances européennes,  se devaient de se ranger dans l’un des deux blocs : le bloc pro-occidental ou le bloc  pro- soviétique.

Cette période de « guerre froide » va durer jusqu’ en 1989 à la dislocation de l’empire soviétique. Les Etats unis se retrouvèrent donc comme la seule Superpuissance qui, désormais, allait régenter le monde selon sa volonté.

En ce qui concerne l’Afrique, pour dicter sa loi dans ce qui était jadis considéré comme des pré-carrés européens, le Superpuissance va user d’une stratégie au cynisme sans égard dans le but de rendre certains pays plus des territoires contrôlés par des multinationales et des lobbies financiers américains que des Etats souverains. Cette stratégie consiste à : détruire les structures étatiques classiques léguées par la colonisation ; jouer sur les rivalités ancestrales pour confier le pouvoir militaires et politiques à un groupe marginal qui ne peut l’acquérir démocratiquement ; assurer l’impunité totale aux membres de ce groupe qui, alors, agiront dans ce pays conquis comme des fonctionnaires détachés par les multinationales américaines chargés de rentabiliser l’espace conquis et faire fructifier les capitaux investis, que comme des dirigeants d’un Etat souverain soucieux du bien-être de la population. Cette nouvelle colonisation de l’Afrique par la Superpuissance est illustrée par le cas du Rwanda conquis en 1994. Cet article montre comment le Rwanda fut sacrifié pour devenir un laboratoire de cette stratégie de la Superpuissance en ce qui concerne l’Afrique et quelles en sont les conséquences pour les peuples.

Principes du droit international à briser

Pour détruire la République Rwandaise née du territoire du Ruanda qui était sous tutelle belge et qui  avait obtenu son indépendance le 01 juillet 1962 et en faire un territoire aux mains des multinationales, rien ne fut épargné dans la violation du droit international. Les troupes de l’armée de l’Ouganda voisin ont envahi le Rwanda le 01 octobre 1990. Au lieu de condamner cette agression injuste et contraire à la Charte de l’ONU, celle-ci fut présentée comme une « guerre civile » au prétexte que les soldats ougandais engagés dans cette conquête avaient des origines rwandaises car ils étaient tutsis ! En effet, tout sera fait pour que la minorité tutsi soit installée au pouvoir au Rwanda même au prix  d’une guerre meurtrière qui dura  près de quatre ans et ayant fait des milliers de morts  dans les efforts de ses superpuissances de soumettre la composante majoritaire du peuple rwandais à la minorité et de chasser ses dirigeants légitimes pour les remplacer par une clique tutsi venue d’Ouganda.

Démystification des principes politiques généralement admises

Dès qu’elle fut installée à la tête du Rwanda en 1994, la clique tutsi venue d’Ouganda bénéficiera de la part de la presse et de la diplomatie du monde contrôlées par la Superpuissance, d’un traitement de faveur qui frise l’indécence. Les principes démocratiques et moraux tant chantés par ces puissances sont purement et simplement foulés au pied quand il s’agit de parler du territoire des multinationales qu’est le Rwanda et dont le CEO est Paul Kagame. Ainsi, dans ce Rwanda, le principe même de la majorité qui devait prévaloir notamment à travers les élections et autres consultations est tout simplement honni.

De même les principes de la « méritocratie » ou de la popularité qui devraient servir d’indicateurs pour se hisser au sommet de l’Etat sont battus en brèche et c’est leurs contraires qui sont érigés en modèles. Ainsi, c’est un  individu semi-illettré et physiquement inapte que la propagande occidentale impose aux Rwandais en le présentant comme un « leader de la conquête militaire de 1990-1994 », alors qu’en réalité, depuis le maquis ougandais,  il a subi les événements comme n’importe quel enfant-soldat engagé dans une guerre dont il ignore les tenants et les aboutissants. Paul Kagamé, qui était inconnu des Rwandais et qui n’a mis les pieds à Kigali la capitale du Rwanda pour la première fois que pour en devenir le CEO délégué par les multinationales, est depuis lors présenté comme étant « populaire », « adoré par les Rwandais » etc…alors que la majorité de ces Rwandais porte un deuil de leurs proches à cause de lui.

Jouer sur la cécité et le manque de vision et d’idéaux politiques des africains

Cette nouvelle  forme de colonisation de l’Afrique est tellement sournoise qu’elle séduit certains politiciens africains à qui les médias et la propagande occidentales présentent le cas du Rwanda comme « un véritable miracle » et un modèle à suivre. Certains crédules sont d’ailleurs prêts à précipiter leurs pays et donc leurs peuples dans cet abîme sans fond  croyant  suivre l’exemple de Paul Kagame, alors que ce dernier ne fut qu’un pion ! Les Guinéens (Conakry), les Congolais (Brazzaville), les Sénégalais…devraient tenir leurs dirigeants à l’œil avant qu’il ne soit trop tard car à trop vouloir suivre l’exemple de Paul Kagame dans la vente du Rwanda aux multinationales, ils regretteront leur démocratie, leur indépendance mais surtout leur dignité. Ironie de l’histoire : le nouveau maître du monde (le bloc anglo-saxon) ne fait que mimer la . En effet, c’est la France qui, dans son pré-carré africain, faisait et défaisait les régimes. Que ce soit en Côte d’Ivoire pour punir l’insolent Laurent Gbagbo ou en Centrafrique pour le casting dans le choix des tombeurs de François Bozizé ou au Burkina pour remercier en douce  l’ami Blaise Compaoré  devenu autiste, c’est Paris qui prenait l’initiative et balisait la suite des événements.

Modus operandi

Pourtant aucune personne avisée ne devrait tomber dans ce piège car le mode opératoire est toujours le même. Le régime installé à l’image de celui de Paul Kagamé au Rwanda possède tout d’un mirage : il est entouré de fausses informations fabriquées et diffusées par les puissants médias ; les statistiques sont truquées et les institutions internationales contrôlées ou financées par la superpuissance ne peuvent oser démentir ; la culte de la personnalité est poussée à l’extrême pour divertir l’opinion interne. Pensez que les fils de Paul Kagamé sont présentés dans les médias d’état comme des stars du football, du volley-ball, du Basketball car tous titulaires dans l’équipe  nationale pour chaque discipline. Même chez les Kim sud-coréens, le ridicule n’a jamais été poussé aussi loin.  Au même moment, la population croupit dans la misère, la famine décime les populations spoliées de leurs terres pour laisser place aux projets farfelus et inadaptés des multinationales. Mais aucun média occidental n’osera dénoncer cet état de chose ni même simplement le signaler.

Une bombe à retardement?

La nouvelle forme de colonisation à l’image du Rwanda confié au CEO Paul Kagame constitue une bombe à retardement pour non seulement le peuple rwandais qui n’a plus de pays mais également pour toute la région. Partout où des régimes fantoches ont été installés, que ce soit en Amérique latine ou en Indochine,  ils ont fini par être incontrôlables et finalement lâchés par leur parrain dans un chaos généralisé ou sans état d’âme, la superpuissance s’adaptant à la Realpolitik.

Le Rwanda, comme un cas caricatural de cette nouvelle forme de colonisation, est tombé dans cet abîme voici plus de deux décennies. Le peuple rwandais prendra beaucoup de temps à s’en sortir. Et même, après une longue et laborieuse période de transition, qui sera nécessaire d’abord pour rétablir la souveraineté nationale et pour convaincre la clique tutsi regroupé dans l’organisation semi-terroriste du FPR, de se convaincre que la situation qu’aura vécu la population rwandaise sous sa ferrure avait été décidée fin des années 80 par les Anglo-saxons, sans demander l’avis des Tutsi et sans tenir compte  des intérêts des Rwandais. Le FPR aura-t-il le courage d’en demander pardon ?

Emmanuel Neretse
25/07/2016

 

La France est-elle prise au piège du génocide rwandais ?

gauthier dafroza - CopieDepuis quelques années, les instances judiciaires françaises se sont laissées embarquer dans un courant politico-médiatico-judiciaire animé par le régime dictatorial de Kigali dominé par les Tutsi. Sous le prétexte de faire la chasse aux « génocidaires » hutu qui l’ont échappé après sa conquête militaire du pays en 1994, le régime tutsi du FPR s’emploie méthodiquement à faire chanter certaines puissances qui, autrement, pourraient dénoncer sa nature criminelle. Au premier rang de ces puissances qui sont devenues les «  punching-balls » du  dictateur Kagame se retrouve la France.

Le contentieux entre le régime tutsi du FPR et la France date du temps où cette rébellion tutsi dénommée Front Patriotique Rwandais, aujourd’hui devenu parti unique au pouvoir au Rwanda et qui était constituée des éléments tutsi rwandais de l’armée régulière de l’Ouganda, était engagée à envahir militairement le Rwanda pour y renverser les institutions républicaines et légitimes et installer à la place une dictature implacable dirigée par la minorité tutsi. C’était entre  1990 et 1994. La France était alors liée au gouvernement légitime du Rwanda par des accords de coopération, même en matière militaire.

Face à cette agression caractérisée dont était l’objet le Rwanda comme pays membre des Nations Unies et de l’Organisation de l’Unité Africaine, la France, agissant en tant qu’un pays respectueux de ses engagements en matière internationale, a essayé de remplir sa part du contrat en aidant le gouvernement légitime alors agressé à résister et à défendre sa population et ses acquis.

La rébellion tutsi du FPR, forte du soutien des puissances anglo-saxonnes, a dès lors pris cet engagement de la France aux côtés du Rwanda comme une tentative de Paris pour l’empêcher de conquérir le pays par les armes, la seule façon possible qu’avait cette minorité venue de l’extérieure et abhorrée par les populations locales, pour s’assurer le pouvoir au Rwanda.

Même après le retrait total de la France en 1993 au moment où la rébellion tutsi montait en puissance, renforcée par les puissances anglo-saxonnes et les pays de la région agissant sous leurs ordres, le FPR de Paul Kagamé n’a jamais digéré ce qu’il appelle un « soutien de la France au régime hutu de Juvénal Habyarimana ». Depuis lors, même plus de 22 ans après sa conquête militaire du pays, le dictateur Paul Kagame garde une dent contre la France et fait tout pour l’en punir ou l’amener à faire profil-bas lorsqu’il s’agit de parler de sa dictature dans des instances internationales.

Objectif ultime du régime de Paul Kagame : culpabiliser la France pour le « génocide rwandais »

Aussi terrible que simple à énoncer, le régime du FPR issu de la conquête militaire du Rwanda par la minorité tutsi conduite par Paul Kagame, conquête présentée à l’opinion internationale comme « une opération menée pour arrêter le génocide », entend faire endosser à la France officielle la responsabilité de ce « génocide », en l’amenant d’abord à le reconnaître, à en demander pardon et enfin à payer des réparations financières. Si cet objectif peut sembler trop ambitieux, le régime du FPR étant bien conseillé, il est quant à lui convaincu que le but sera atteint surtout que certains milieux français eux-mêmes œuvrent pour cette issue.

Manœuvres de contournement pour atteindre cet objectif

Pour amener le France à plaider coupable pour avoir commis « un génocide » au Rwanda et pour qu’elle s’engage à indemniser les victimes et à verser des réparations au régime qui prétend avoir arrêté ce génocide, le régime ne passe pas par les voix diplomatiques ou judiciaires classiques (plainte contre la France devant les juridictions internationales…), mais passe par des voies détournées mais qui, toutes, selon les analystes, pourraient aboutir au même objectif. Des organisations dites de défense des droits de l’homme opérant en France mais qui sont en fait des vitrines du parti au pouvoir au Rwanda, intentent des poursuites judicaires en France contre des personnalités françaises (des officiers de l’armée, des anciens politiciens…) et même des institutions en tant que telles (l’armée, certaines opérations militaires…) pour tenter de les faire condamner et à travers elles, la République Française. Parallèlement certains français liés au régime tutsi du FPR et surtout massivement financés par celui-ci, créent des officines qui se spécialisent à repérer des Hutus vivant en France, à aller leur trouver des fausses accusations au Rwanda auprès des « syndicats de délateurs »  mis en place par le régime, et à revenir porter plainte et exiger des procès pour « génocide ».

Le cas du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) d’Alain et Daphrosa Gauthier

Un cas illustratif de ces ramifications politico-mafieuses qui sont en train de phagocyter le système judicaire français en rapport au génocide, est celui du « Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda » (CPCR) créé et présidé par un certain Alain Gauthier.

Alain Gauthier est un français « de souche » et qui a récemment obtenu la nationalité rwandaise. Ayant épousé une femme tutsi rwandaise Daphroza, il est devenu de ce fait un proche parent par alliance du Numéro 2 du régime militaire tutsi, le général James Kabarebe le redoutable et inamovible ministre de la Défense du Rwanda et qui fut un moment « Chef d’Etat major » de l’Armée de la République Démocratique du Congo entre 1997 et 1999.


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C’est donc à ce titre et bénéficiant des moyens et des facilités que lui offrent son statut de proche parent des dignitaires du régime tutsi que son officine dite CPCR défraie la chronique judicaire en France où le couple Alain-Daphroza Gauthier, hier des retraités modestes et inconnues, sont devenus actuellement des stars médiatiques et qui font trembler les Cours d’Assises en France.

Deux procès déjà tenus 

Le couple Alain-Daphroza Gauthier vient, à moins de deux ans, de faire tenir deux procès en assises et chaque fois de faire condamner lourdement ceux qu’il accusait. En 2014, il a fait condamner Pascal Simbikangwa à 25 ans d’emprisonnement et en juillet 2016, il a fait condamner Octavien Ngenzi et Tito Barahira à la réclusion à perpétuité. On a noté, au cours de ces procès, quelques constantes révélatrices. Deux des accusés avaient été arrêtés dans un département français d’Outre Mer pour faux papiers et étaient détenus au-delà des  délais de détention préventive. Ils ont tous passé plus de cinq ans en détention pour faux papiers et sans jugement. Alain Gauthier n’est pas allé au Rwanda pour recueillir les témoignages à charge pour « génocide » qu’après avoir appris que ces Hutu risquaient d’être libérés et même indemnisés pour cette longue détention illégale. Il en est revenu avec un troisième nom qu’il a joint au dossier. En les accusant de « génocide » et en parvenant à trouver des témoins au Rwanda, Alain Gauthier a donc collaboré avec le système judiciaire de son premier pays (la France) tout en servant son deuxième pays (le Rwanda) et en évitant un scandale   qui pourrait coûter cher même en termes financiers. De là à penser que lors du jugement, le principe du « retour de l’ascenseur » peut être envisagé n’est pas du tout hors propos.

Procès en Assises

Le procès en Assises en France se caractérise par la présence d’un jury populaire qui doit se joindre aux juges professionnels lors de la délibération pour juger de la culpabilité ou non et pour déterminer la peine.

Compte tenu de la présence d’un jury populaire, les débats devant la cour d’assises sont intégralement oraux : en effet, seul le président a accès au dossier, les autres membres de la cour et du jury n’en prenant connaissance qu’au travers des interrogatoires et dépositions organisés à l’audience. Ceux qui remettent en cause le rôle des jurys populaires affirment notamment que ceux-ci peuvent être manipulés par un contexte extérieur (médias, télévisions, ou professionnels du droit).

Ceci s’est particulièrement fait remarquer lors des deux procès de Paris où il est apparu que les débats étaient plutôt destinés à faire vibrer la corde sentimentale des jurés que de présenter les faits avérés. Les vidéos choisies pour être visionnées comme les témoignages des « rescapés » racontant l’horreur ont dominé les débats et visaient à noyer la réalité des faits à juger dans ce flot d’évocations sentimentales. Bref, l’Avocat Général, et surtout les parties civiles, n’avaient qu’à s’entourer des comédiens professionnels qui savent faire le casting pour déterminer quel témoin pouvait impressionner le plus les jurés. Ils y ont réussi au delà de toute espérance. Dans ces procès éminemment politiques, les magistrats professionnels étant déjà dans la poche, les jurés ont été instrumentalisés du début à la fin.

Multiplication des condamnations pour « génocide » en France : quel sera le sort des instances ou personnalités françaises inculpées ?

Le régime de Kigali, à travers son officine tenue par Alain Gauthier en France, compte multiplier des condamnations à tout vent pour « génocide ». L’opinion française non avertie ne s’émeut pas et même n’est pas intéressée par ces manœuvres politico-judiciaires. Mais ce que cette opinion devrait savoir, c’est que sous peu, certaines personnalités françaises plus ou moins connues tomberont aussi dans l’escarcelle de Paul Kagamé en utilisant des français comme Alain Gauthier à qui il a offert un gagne-pain et la nationalité. Bien plus grave, si cette entreprise n’est pas dénoncée par les décideurs politiques et si l’appareil judiciaire ne se remet pas en cause pour cesser d’être instrumentalisé, c’est la France toute entière qui en payera le prix et plus concrètement le contribuable qui mettra la main dans sa poche lorsqu’il sera question d’indemniser le régime tutsi du Rwanda pour un génocide de 1994 voulu et commis par des Rwandais mais qui sera alors mis sous le dos de la France.

En conclusion, on ne peut que se poser des questions : la France peut-elle échapper à payer pour le « génocide des tutsi » dès lors que sa justice, soumise aux pressions politiques et corporatistes, lesquelles sont noyautées par les lobbies pro-tutsi en France-même, se laisse facilement manipuler par ce même pouvoir tutsi ?

Emmanuel Neretse

Le « modèle rwandais » en passe d’être généralisé dans la région des Grands Lacs africains

Stratégie-du-Chaos-890x395_cDéfinition et  contours du modèle

Il s’agit d’un régime imposé par la force à la population d’un pays donné et qui doit se maintenir en instituant un état policier comme système de gouvernement. Cela est possible sous quelques conditions : la clique au pouvoir ne doit bénéficier d’aucune légitimité sauf celle des armes ; d’où la nécessité d’être surarmée et perpétuellement en état de guerre.

Le régime doit bénéficier d’une impunité totale due à une désinformation de l’opinion internationale qui doit brandir le caractère « exceptionnel » de ce régime, chaque fois que ses crimes sont soulevés. Enfin, les puissances initiatrices de ce modèle doivent assurer à tout moment la publicité de ce régime en vendant son image auprès des médias, qu’elles contrôlent par ailleurs, et auprès des organisations internationales.

En contrepartie, les superpuissances qui initient ce genre de régime en tirent de grands profits en termes de géopolitique. En effet, un tel régime installé, dans un quelconque pays, est lourdement redevable à la puissance qui l’a créé. Sans aucune légitimité populaire, s’il doit se maintenir par les armes, c’est la superpuissance qui doit assurer sa survie dans ce domaine.

Une moindre campagne médiatique ou même une mise au grand jour de ses crimes afin de maintenir la main mise sur une population qui l’abhorre, risquerait de le mettre à nu et de le faire tomber à tout moment. La superpuissance doit donc veiller au grain et constamment contrôler et orienter ce qui doit être dit concernant le régime fantoche qu’elle a installé. C’est pourquoi un tel régime ou plus exactement sa quintessence, à savoir la force armée, n’est en réalité qu’un appendice de l’armée de la superpuissance qui l’a installé et qui compte lui confier des missions dans la région et au monde où la même superpuissance ne compte plus envoyer ses propres soldats.

Initiateurs

Les initiateurs de ce modèle sont les puissances anglo-saxonnes qui, depuis la chute du mur de Berlin, sont devenues le seul chef à bord du vaisseau mondial. Elles ont alors redessiné la carte du monde tel qu’elle devait se présenter à moyen terme, c’est-à-dire dans les 25-50 ans à venir, à compter de la fin des années 80.

En ce qui concerne la région des Grands Lacs africains, il fut décidé qu’il en était fini que les pays soient dirigés par des leaders issus des majorités populaires ou des personnalités charismatiques. Ce sont désormais des groupes minoritaires dans leurs pays respectifs ou mêmes des étrangers qui sont successivement hissés au sommet du pouvoir dans ces pays depuis la fin des années 80.

Expertise

Pour réaliser ce plan, le leader de ces superpuissances occidentales, à savoir les Etats Unis d’Amérique, ont eu recours aux pays européens qui ont colonisé ces pays et qui fournissent leurs expertises permettant aux Américains de choisir les acteurs locaux et de jouer sur les antagonismes traditionnels.

Pour l’Afrique de l’Est et la Corne de l’Afrique, c’est la Grande Bretagne qui s’en occupe, tandis que pour la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi, c’est évidemment l’ancienne puissance coloniale qu’est la Belgique qui est sollicitée.

Exécutants et acteurs locaux

Les acteurs locaux sont clairement identifiés et sont conditionnés pour jouer leurs rôles respectifs afin d’accompagner l’exécution de ce plan. Un groupe minoritaire visible et soudé qui aspire accéder au pouvoir mais qui n’aurait jamais eu l’occasion d’y accéder  démocratiquement est d’abord identifié. Il est médiatisé à outrance, financé et armé sans réserve jusqu’à ce qu’il apparaisse comme une force incontournable sur la scène politique et militaire.

Parallèlement, une autre  force politique est vite mise en place et fortement soutenue.  Celle-ci est constituée des ennemis des personnalités au pouvoir souvent pour des raisons sans rapport avec la politique, ou des présumés délinquants ou criminels qui ont tout intérêt à voir le régime en place tomber. Mais, le plus souvent, les antagonismes ancestraux entre les composantes de la population sont alors exacerbés pour servir de paravent au petit groupe choisi par les superpuissances pour prendre le pouvoir. Le processus est alors présenté comme une lutte interne des forces politiques et sociales dont les unes sont présentées comme négatives et d’autres progressistes.

Prétexte et couverture

Quel que soit le régime en place dans le pays-cible, il sera accusé de violations massives des droits de l’homme, de discrimination envers la minorité ethnique…Une rébellion sera alors lancée à partir d’un pays voisin qui aura pour devoir de lui servir de base arrière et de le soutenir en hommes et en matériels. Si d’aventure le régime agressé tente de résister en se défendant bec et ongles, il sera alors accusé de commettre un « génocide », ce qui légitimerait alors son renversement et la diabolisation  de la majorité de la population vouée désormais à se soumettre au nouveaux maîtres.

Modus operandi

Pour imposer le modèle défini par la super-puissance et à implanter dans les pays ou régions concernés, celle-ci use d’une stratégie globale que certains analystes ont déjà qualifié de : « Désinformation et stratégie du chaos ».

L’analyste politique Patrick Mbeko a développé ce sujet dans un article paru le 10 juin 2012 en l’illustrant par le cas du Rwanda . Il disait alors : « Les similitudes entre ce qui se passe en Syrie et ce qui s’est passé au Rwanda dans les années 90 sont frappantes. Au Rwanda, une commission d’enquête internationale, après avoir passé deux semaines dans le pays (dont deux heures seulement dans la zone contrôlée par le FPR/APR de Kagame), avait statué que le gouvernement du président hutu Juvénal Habyarimana menait une politique de génocide contre la minorité tutsie. Le problème, et c’est ce qui est renversant, c’est que certains membres de la Commission se sont retrouvés au service du FPR après sa prise du pouvoir en juillet 1994! De quoi s’interroger sur l’impartialité de la Commission durant les enquêtes (…).

Pendant la guerre civile qui a complètement ravagé le pays des collines, les grands médias occidentaux n’avaient de cesse de louanger Paul Kagame, le bras exécutant des puissances anglo-saxonnes (plus la Belgique), le décrivant comme un « démocrate » qui se bat pour la liberté et la démocratisation du Rwanda. La plupart des crimes contre les civils commis par les cellules clandestines de l’Armée patriotique rwandaise (APR) disséminées un peu partout sur le territoire rwandais furent attribués au gouvernement Habyarimana. Comme l’a si bien relevé Roland Hureaux, « il est même arrivé à Kagame de massacrer tous les habitants d’une région et d’inviter ensuite la presse internationale, toujours naïve, à contempler des méfaits qu’il imputait à son adversaire. » La presse était-elle naïve? Pas si sûr. Elle savait très bien ce qu’elle faisait, un peu comme dans le cas syrien aujourd’hui.

Que se passe-t-il dans ce pays? Nous assistons là à une opération de déstabilisation fomentée par des stratèges occidentaux en tête desquels les Américains. Les enjeux sont énormes.

 Je n’entrerais pas dans les détails. Mais comme moi, vous avez tous constaté que la plupart des massacres, si pas tous, sont systématiquement attribués au président Bachard El-Assad. Or, ces massacres bien calculés sont l’œuvre de la nébuleuse Armée Syrienne Libre (ASL) composée des terroristes de tout acabit soutenus par les Occidentaux et les pétromonarchies du Golfe (…).

Pourquoi ce modèle fascine les USA et leurs alliés européens ?

kagame clinctonLe modèle fascine la Superpuissance dans ce sens qu’il rencontre toutes ses conceptions de comment l’Afrique d’après la Guerre Froide devrait être gérée. En effet, avec ce modèle, les Etats Unis n’ont plus à composer « diplomatiquement »  avec des régimes des pays africains qui, même pauvres et faibles, sont quand même des pays souverains ayant un siège aux Nations Unies.

Un pays dirigé par une minorité impopulaire, qui impose sa loi sur la majorité de la population  par la terreur et qui ne survit que par l’impunité et le black-out dans les médias sur ses crimes que lui garantissent les même Etats Unis, consacrera le pays aux mêmes Etats Unis et se sentira comme sa colonie. Son armée  ne sera qu’un supplétif des forces américaines destinées à intervenir dans les régions et dans les conflits que les USA doivent mener mais sans vouloir y envoyer directement ses GI’s.

Coups réussis :

  1. Ouganda : 1986

Profitant de l’instabilité consécutive à la chute du dictateur Idi Amin Dada et de l’incapacité de Milton Obote d’imposer son autorité, les puissances anglo-saxonnes ont alors opté pour un régime militaire fort dominé par la minorité hima du sud-ouest de l’Ouganda et apparentée aux Tutsi. Elles ont alors armé et soutenu la rébellion dite de NRM dirigé par Yoweri Museveni, un Hima ougandais, dont les combattants étaient essentiellement des Rwandais d’ethnie tutsi. Ceux- ci s’empareront du pouvoir en janvier 1986 et depuis lors, ils ont soumis les autres peuples d’Ouganda et de toute la région qui ne leur sont pas apparentés et cela en toute impunité et avec le soutien des puissances qui les ont promus et dont ils servent de supplétifs dans la région. L’éradication de l’influence francophone dans la région des Grands Lacs à commencer par le Rwanda, le contrôle des richesses du Zaïre (RDC) surtout de sa partie Est en attendant sa sécession, le démembrement du Soudan, constitueront  la « feuille de route »  tracée à Yoweri Museveni et à ses combattants tutsi ou affiliés de la région. Il va s’en acquitter presque à la perfection.

  1. Ethiopie : 1991

En 1991, profitant de l’image désastreuse que reflétait le régime de Mengistu Hailé Mariam surnommé le « Négus rouge », la superpuissance a conçu, formé, équipé et financé une rébellion issue de la minorité ethnique tigréenne et  qui s’est vite emparée du pouvoir à Addis Abeba sous la houlette de Melès Zenawi. Cette minorité, qui constitue moins de 10 % de la population de l’Ethiopie, fut donc promue pour dominer les ethnies majoritaires que sont les Oromo et les Amhariques. Parallèlement, l’armée tigréenne, devenue l’armée éthiopienne équipée et entrainée par les USA, recevait pour mission d’intervenir dans la corne de l’Afrique pour y remplir les missions définies par Washington. Il lui sera alors assigné principalement la tâche de contenir le chaos en Somalie sans que les USA ne soient encore obligés d’y envoyer directement leurs soldats réguliers.

  1. Rwanda : 1994

Dès 1990, les combattants tutsi qui avaient pris le pouvoir à Kampala en 1986 se lancèrent à la conquête du petit Rwanda beaucoup moins défendu  que l’Ouganda dont ils s’étaient rendus maîtres avec la bénédiction de la Superpuissance. Après près de quatre ans de résistance acharnée de la population hutu rwandaise, la milice de la minorité tutsi soutenue par l’Occident et ayant sa base arrière en Ouganda se rendra maître du Rwanda en juillet 1994. Depuis lors, la minorité tutsi qui avait été chassée du pouvoir en 1959 par la Révolution populaire, règne de nouveau sur la majorité hutu qu’elle a de nouveau réduite en servitude de façon sournoise. Mais dès sa conquête du Rwanda, la milice tutsi venue d’Ouganda et alors connue sous l’appellation de APR (Armée Patriotique Rwandaise) a entamé ses missions de servir de supplétif aux forces américaines dans la région sous la couverture de « Armée Rwandaise » ou de «  Rwanda Defense  Forces ».

  1. RDC, ex-Zaire : 1997

Continuant sur leur lancée, les combattants tutsi qui avaient conquis l’Ouganda une décennie plutôt et puis le Rwanda depuis 2 ans, ont alors, en 1996, entrepris la conquête du Zaïre, l’actuelle République Démocratique du Congo, dont ils se sont emparés après une guerre éclaire qui n’a duré que six mois.

Les moyens de renseignements sophistiqués mis à leur disposition par la superpuissance leur avaient permis de localiser et de massacrer les milliers de Hutu partout où ils se trouvaient dans la jungle équatoriale où ils avaient trouvé refuge et  qu’ils croyaient impénétrables.

Depuis cette époque, la minorité tutsi contrôle indirectement le pouvoir dans cet immense pays qu’est la RDC avec une population de plus de 50 millions d’âmes de plus de 200 ethnies.

A cet effet, des « rébellions tutsi » successives sont créées à partir de l’Est frontalier avec le Rwanda qui leur sert de base arrière.

N’ayant aucune force et surtout aucune volonté de les mater, le régime installé à Kinshasa se tourne vers  la Communauté internationale donc vers la Superpuissance et celle-ci  impose chaque fois l’intégration de ses éléments dans les hautes instances militaires et politiques du pouvoir. Résultats des courses :  « les Tutsi congolais » qui ne représentent même pas 1 % de la population totale et que même d’aucuns ne considèrent pas comme réellement des Congolais, sont plus représentés dans le commandement de l’armée et de la police, dans les services de renseignement, dans l’administration centrale… que le reste des ressortissants des deux cents ethnies composant la population congolaise.

Après cette consécration, l’armée de la minorité tutsi du Rwanda sera élevée au rang de « gardien de la paix » dans la région et dans toute l’Afrique et recevra pour cela des moyens pour aller imposer la « Pax Americana » au Soudan (Darfour), au Sud Soudan et tout ceci sous la bannière des Nations Unies et donc aux frais des contribuables du monde entier.

En cours de réalisation

John Kerry, secrétaire d'Etat américain, avec Pierre Nkurunziza, président du Burundi, le 4 août 2014 à Washington/rfi.com.

John Kerry, secrétaire d’Etat américain, avec Pierre Nkurunziza, président du Burundi, le 4 août 2014 à Washington/rfi.com.

Dans un article publié le 21 avril 2015, la journaliste Marie Laure Cimpaye se posait la question de savoir si le modèle rwandais n’était pas en train d’être imposé au Burundi.

Quelques mois plus tard, force est de réaliser qu’elle avait vu juste. En effet le Burundi, entre avril et mai 2015, a été victime d’une Révolution de Couleur ou tentative de changement de régime, orchestrée par les USA, la France et la Belgique, qui devait aboutir à un Coup d’Etat, celui du mercredi 13 mai 2015, qui a échoué. Depuis le mois d’août 2015, des assassinats ciblés contre les hautes personnalités burundaises sont organisés depuis Kigali.

Des bataillons de l’armée rwandaise ont été préparés pour intervenir directement au Burundi afin de renforcer les militaires burundais qui sont gagnés au plan du putsch. Ils ont déjà un plan d’occupation du pays et de neutralisation des Imbonerakure et des policiers. Le CNARED se retrouve en Europe et prépare son déploiement au pays comme gouvernement de transition qui serait spontanément reconnu par les USA, la Belgique, la France et Londres. C’est le sujet central des réunions en cours à Bruxelles, Paris et Luxembourg.

Selon nos informations, il ne fait aucun doute qu’un plan d’assassinat du président Nkurunziza a été finalisé. Des experts israéliens en attentats et des tireurs d’élites burundais et rwandais reçoivent les derniers réglages! Une somme de deux millions de dollars américains a été investie dans le plan. C’est désormais le Mossad qui pilote et coordonne depuis Kigali!

Nous avons posé la question à notre informateur de savoir si les Américains, après ce qui s’est passé au Rwanda en 1994, sont prêts à provoquer d’autres massacres. Il nous a été rétorqué : »Vous êtes naïfs! Le massacre viserait les Hutus présentés comme des Imbonerakure. Ils ont été suffisamment diabolisés que l’opinion internationale mettrait des décennies avant de découvrir l’imposture! Avec l’attentat manqué contre le chef d’état major, le SNR dispose des pistes sur les commanditaires des attentats. Les puissances occidentales doivent passer à la vitesse supérieure. C’est déjà décidé. C’est pourquoi tous les membres du gouvernement du CNARED ont été appelés en Europe. Le camp Radjabu a été exclu car proche des Islamistes!

Pour brouiller les pistes, le Secrétaire d’État Adjoint des USA chargé de la sécurité en Afrique Centrale a été dépêché à Bujumbura pour faire croire que le gouvernement de Nkurunziza est sollicité pour faire cesser les violences et dialoguer avec l’opposition. L’ambassadeur des Pays Bas au Burundi vient d’effectuer une visite de courtoisie auprès du Ministre des Relations Extérieures pour dire que l’enveloppe destinée à la bonne gouvernance a été maintenue. A vrai dire, c’est un code pour financer l’opposition et appuyer le plan de renversement des institutions considérées comme contraires à l’Accord d’Arusha! La bonne gouvernance est synonyme de réorganisation des élections même par une minorité au service des intérêts des Occidentaux! ».

Que faire?

 
Selon notre informateur, la garde présidentielle est très sollicitée. L’ancien vice-président de la Cour constitutionnelle vient de sortir un témoignage par la plume d’un journaliste belge. Le récit vise à montrer qu’il a fait le bon choix et qu’il est heureux et non point hanté par ses mensonges! C’est une stratégie de séduire certains proches de Nkurunziza surtout après avoir constaté qu’il a renforcé la sécurité autour de lui.

Soit le commando doit réussir à dénicher un groupe qui acceptera de l’assassiner et dont le gros des éléments sera par après vite éliminé. C’est le scénario de Laurent Désiré Kabila. Soit les satellites vont continuer à traquer le chef de l’Etat et permettre une attaque éclair par un drone à partir du Rwanda. Comme le président aime rester à Ngozi, la tâche serait facile pour un drone venant de Nyamata ou Huye (Butare). Une fois le président assassiné, les militaires burundais gagnés au complot s’empresseraient de prendre la RTNB et un général (ancien du CNDD FDD maintenant en exil) s’exprimerait de même qu’un autre général ex–FAB pour appeler l’armée au calme tandis que la neutralisation de la police et des Imbonerakure battrait son plein. Les putschistes sortiraient de la prison sous les acclamations des habitants de Bujumbura comme lors de la tentative du 13 mai dernier!

Les USA et Israël croient dans le plan. Londres et Paris soutiennent timidement. La Belgique est 100% partante même si elle aurait préféré que Nkurunziza soit capturé et envoyer à La Haye. Le scénario Laurent Gbagbo. Pour ce qui a été retenu par les Américains, c’est une fin tragique de Nkurunziza comme Kadhafi.

Conclusion partielle

L’actuel président burundais Pierre Nkurunziza est un martyr qui a le malheur de se retrouver au mauvais endroit et au mauvais moment ; n’importe quel président non issu de la minorité choisi par les USA et leurs sous-traitants dans la région, subirait le sort qu’il est en train de subir et finirait comme il va finir, c’est-à-dire assassiné.

Objectifs à moyens terme

pax-americana21. Kenya

Le sort réservé à ce pays naguère la plus grande puissance économique de l’Afrique de l’Est et un creuset culturel inestimable est qu’elle soit soumise, un jour elle aussi, à une bande armée issue d’une minorité ethnique et donc ayant constamment besoin de l’appui financier et diplomatique de la superpuissance pour se maintenir et jouir de l’impunité comme c’est le cas au Rwanda depuis 1994.

2. Tanzanie

Pour avoir pu asseoir une réelle démocratie dans la région, la Tanzanie constitue la bête noire du dictateur installé à Kigali par les puissances anglo-saxonnes. Aussi, la minorité a-t-elle reçu le feu vert de ces puissances pour la déstabiliser et si possible y installer un régime semblable à celui installé à Kigali en 1994.

Pour les stratèges des puissances anglo-saxonnes qui imaginent des schémas pour les pays de la région, la Tanzanie est à la merci de la puissance militaire de la minorité tutsi d’autant plus que ses services de sécurité (armée, police, services des renseignements) sont truffés des agents tutsi qui y ont été introduits à la faveur de la généreuse  naturalisation que le pays a offert aux Tutsi depuis les années 60.

Conclusion générale

La Superpuissance qui s’est retrouvée seule maître du monde après la chute du mur de Berlin avec ses alliés, s’en foutent éperdument du bonheur et du bien-être des autres peuples du monde.

Dans chaque région du monde, ils ont élaboré des stratégies pour y défendre leurs intérêts et y faire régner leur loi sans état d’âme et sans aucune considération des peuples concernés.

Au Moyen Orient et au Maghreb, il s’agit de casser les États aux structures fortes et d’y laisser régner le chaos politique pourvu que les multinationales continuent à puiser le pétrole à vil prix et sans risque de pénurie. Pourvu que l’État d’Israël continue d’être la seule puissance de la région dont les orientations dicteront la diplomatie internationale en ce qui concerne cette région.

En Afrique centrale, il s’agit de promouvoir des régimes minoritaires qui ne pouvaient espérer jouir d’aucune légitimité et de les surarmer et les laisser intimider et asservir les habitants et en échange être utilisés comme bras armé des superpuissances dans la région sans qu’elles y interviennent ouvertement.

Ainsi donc, sauf accident de parcours, le « modèle rwandais », à savoir un régime minoritaire impopulaire et illégitime, mais surarmé et suréquipé par la Superpuissance jouissant de l’impunité pour ses crimes, promu dans les médias par les services de propagande de la même puissance, en échange de sa soumission totale aux desiderata de la Superpuissance dans son plan de redessiner une  région donnée, a encore devant lui une vingtaine d’années pour se généraliser en Afrique.

Malheurs aux peuples  qui se sont retrouvés ou se retrouveront sur la trajectoire de cet ouragan « made in America » et qui traverse la région des Grands Lacs depuis les années 80. Tels fut le cas pour les Amhariques et les Oromos en Ethiopie, les Baganda et Acholi en Ouganda, les Hutu au Rwanda, les Bakongo, Gbandi, Baluba, Batetela, Nande, Hunde, Bashi… en RDC.

Le même sort est en train d’être scellé pour les Hutu au Burundi. Ce sort sera aussi scellé  pour les peuples majoritaires du Kenya et de Tanzanie selon les plans géopolitiques à moyen terme (50 ans) initiaux tels qu’établis dans les années 80. Certains ont parlé ou parlerons encore « d’Empire Hima-Tutsi » mais en pratique et plus terre à terre, c’est le modèle rwandais pensé dès la fin des années 1980, institué en 1994, qui aura été imposé à tous les  peuples  de la région.

Quel salut pour ces peuples ? La trajectoire de l’outil lancé à leur conquête et à leur soumission peut-elle être infléchie ? Si oui, par qui et comment ? Réfléchir à cette problématique et tenter de trouver des réponses à ces interrogations, c’est déjà faire signe d’une volonté de survie.

Emmanuel Neretse
07/10/2015

La mort des politiciens de la première république est-elle à la base de l’antagonisme Kiga-Nduga?

En réaction au document publié par un certain Dr Seth Naza,  le Colonel Laurent Serubuga qui, à l’époque, était Chef d’Etat-major adjoint de l’armée, a tenu à réagir et à faire quelques mises au point. Nous vous en offrons l’intégralité.

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« La lecture de ce document du Dr Seth Naza appelle les commentaires suivants :

D’abord le souhait de connaitre les circonstances de la mort des anciens politiciens de la première République est légitime. Je le partage et le soutiens totalement.

Je pense toutefois que ce souhait peut être satisfait par l’obtention et la diffusion des résultats d’enquête du magistrat instructeur qui a traduit les coupables devant les juges. Le contenu de cette enquête connue permettrait au lecteur de réaliser ainsi s’il y a des zones d’ombres dans cette affaire. Sinon dans l’ignorance du contenu de l’enquête on risque de verser dans des suspicions risquant de desservir la mémoire des victimes.

En effet, face à ce drame qui a endeuillé les familles des victimes et blessé profondément l’Etat, celles-ci ont droit de connaître la vérité.

Ce drame est donc, sauf récupérations idéologiques ou politiques, national même si la douleur est plus cruellement ressentie par les familles éprouvées. L’Etat qui a été ainsi rabaissé aussi bas a été meurtri.

Devant la loi, seule la douleur physique distingue les victimes en l’occurrence. L’Etat dont la responsabilité est incontestable par les actes commis par ses agents, devait combler voire suppléer pour accompagner et assister les survivants afin qu’ils connaissent la vérité et conséquemment ne cèdent pas au découragement et surtout pour leur permettre de surmonter l’épreuve.

C’était probablement le sens de l’indemnisation dont parle Dr Seth Sara, peut être insuffisamment conçue.

L’Armée mon corps d’attache n’étant pas concernée je n’en ai pas été informé. Par conséquent, Je n’ai pas de commentaires à faire.

Toutefois, à titre de contribution au souhait d’informer des circonstances qui ont entouré la mort des politiciens de la Première République et en complément des éléments révélés en août 2014, j’ajoute la précision suivante relative au scénario de l’organisation des prestations de l’Armée Rwandaise au près de ces personnes telles que prescrites par le ministre de la Défense Nationale après concertation avec son collègue de la justice.

Dès les premières arrestations, le Procureur de la République a réparti les prisonniers en deux groupes: l’un dans la prison de Gisenyi et l’autre, le plus gros, dans celle de Ruhengeri.

Après plus ou moins trois semaines, décéda le regretté Kalisa ancien secrétaire général au Ministère de l’information. L’information fut communiquée par télégramme radio au réseau de l’Armée. L’information fut orientée pour suite appropriée aux autorités compétentes.

A peine une semaine après décédèrent les regrettés Jean Gakire ancien secrétaire général au ministère des Affaires Etrangères et le regretté Ferdinand Gasamunyiga, journaliste à Radio Rwanda.

L’information fut de nouveau communiquée également par message radio via le réseau radio de l’Armée par le commandant de la compagnie de Gisenyi. L’information est arrivée après les heures normales de service quand le commandement est assuré par l’Officier de permanence à l’Etat Major de l’Armée, comme le prévoyait le règlement en la matière. Le capitaine Nyamwasa de permanence ce jour sollicita une réponse à réserver à de tels messages.

Le chef d’Etat Major lui ordonna de convoquer une réunion d’Etat Major pour étudier cette question de la sécurité des transmissions que dénonce le capitaine Nyamwasa G2 de l’Etat Major responsable de la sécurité de l’Armée.

La réunion convoquée se tint le lendemain. Il fut décidé d’interdire aux commandants des compagnies Gisenyi et Ruhengeri de transmettre de tels messages par le réseau de l’Armée. Le chef d’Etat Major en même temps ministre de la Défense nationale et Président de la République promit lors de la réunion qu’il allait actionner son cabinet pour se concerter avec le Ministre de la justice afin d’édicter des directives claires devant régir les missions des militaires au près de ces prisonniers.

Dans les trois jours suivants, le Ministère de la Défense Nationale communiqua les directives devant régir ces missions aux près de ces prisonniers.

En résumé ces directives répartissent les tâches en deux catégories :

  1. les prisons : des gardes aux entrées et de la défense physique (pourtour des bâtiments) et contrôles aux entrées (enregistrer les sorties et entrées).
  2. Les escortes: fournir les escortes et les moyens logistiques requis.

Les hommes affectés aux gardes et aux escortes doivent établir des rapports de mission à l’issue de leur faction.

Les commandants d’unités concernées en rendent compte conformément au règlement 21 (CRS ou CROS).

L’Etat Major répercute les informations des CRS( Compte-rendu de Sécurité) et CROS( Compte-rendu Occasionnel de Sécurité) au Ministre de la Défense.

Ainsi étaient précisément circonscrites les missions des membres de l’Armée, tout autre militaire de l’Armée, même membre de famille, voulant accéder à ces prisonniers devait se munir d’une autorisation écrite du procureur de la République.

Cela facilita le travail du magistrat instructeur lors de son enquête.

Son enquête a, en fait, consisté en trois étapes :

1-Saisie des documents d’une période estimée couvrir la période où ont disparu ces prisonniers.
Il saisit les copies des télégrammes IN et OUT à l’Etat Major et dans les 2 unités concernées (Gisenyi et Ruhengeri) ainsi que les registres du courrier IN et OUT aux mêmes échelons.

  1. Il saisit ensuite les copies des rapports de garde et d’escortes dans les deux unités. Il saisit également les comptes rendus de sécurité (CRS)et (CROS).
  2. En troisième lieu, en compagnie de l’officier d’ordonnance détaché feu Major Mugemana pour l’accompagner, il analysa ces documents saisis pour détecter les éléments intéressant son enquête.

Le magistrat instructeur examina aussi les CRS et CROS où il nota qu’aux rubriques ad hoc le commandant de la compagnie Ruhengeri avait pris l’habitude d’utiliser les mentions de la routine tactique « RAS (Rien à signaler) ou situation inchangée » au lieu de répercuter chaque fois les éléments repris dans les rapports de garde ou d’escortes (différence des entrées et sorties) ,ce qui aurait permis à l’Etat Major de répercuter ces éléments aux échelons supérieurs pour compétence.

Son enquête situa et retint à ce stade les seuls manquements graves au niveau de la compagnie Ruhengeri où les éléments signalés par les chefs de poste à la garde de la prison et par les chefs d’escortes n’ont pas été répercutés à l’échelon supérieur (Etat Major) pour exploitation, il retint également à charge de certains hommes de garde ou d’escorte l’absence de rapports de mission. Ils seront déferrés devant les juges. Ici se situe le goulot d’étranglement de l’information qui empêcha que quiconque d’autres que les responsables des services pénitentiaires ne sache ce qui se passait.

C’est ce scénario diabolique que Mr Eugène Ndahayo décrit dans son manifeste du 16 août 2014 et qui a été révélé par les anciens directeurs et surveillants de la prison de Ruhengeri aux juges.

La mort de ces personnes aurait été facilitée par ce black out de l’information sur leur situation.

Comment en en est-on arrivé à ce scénario ?

Ce que l’on sait est que quand le procureur de la République a demandé et obtenu que les enquêtes de ces prisonniers soient confiées, sous sa supervision, aux enquêteurs du service central de renseignements, il a été question de savoir si ce n’est pas en violation de la loi, le ministre de la justice fut d’avis d’aménager la loi mais le procureur principal intéressé de l’affaire intervint en assurant qu’il n’y a lieu de changer la loi mais qu’il suffira qu’il accorde au directeur du service central de renseignements la qualité d’OPJ à compétence générale et celle d’OPJ à compétence restreinte aux enquêteurs. Qu’ainsi il supervisera personnellement l’exécution.

La question posée est celle de savoir quand, pourquoi et comment les directeurs des prisons se sont trouvés sous l’autorité directe du directeur du service central de renseignements alors que c’était le rôle du Procureur. Quand ce dernier a-t-il délégué ce rôle et qu’a-t-il fait exactement?

Mon opinion sur l’affirmation selon laquelle la mort des politiciens de la première République est à l’origine de l’antagonisme entre Nduga-Kiga est regrettablement une affirmation inexacte due à cette absence d’informations précises sur les circonstances et les raisons réelles de la mort de ces prisonniers.

Je suis d’avis que moyennant la disponibilité des informations contenues dans l’enquête comme souligné plus haut et après que les gens auront pris connaissance des responsabilités retenues contre les coupables et quand ils seront à même de porter sereinement un jugement objectif sur des zones d’ombres éventuelles remarquées dans l’enquête ou dans le procès, ils pourront alors faire une appréciation plus objective.

Les familles des Victimes sont fondés quant à la recherche de la vérité. Et nul doute que la gravité de ce drame impactera longtemps et défavorablement les relations ordinairement sans frontières géographiques dans la vie de tous les jours. Mais, l’enjeu majeur est la capacité de dépasser ce stade pour canaliser les esprits vers un avenir commun prometteur.

Que l’on ne s’y trompe pas ! Seuls ceux qui sauront transcender les passions et les pesanteurs du passé pourront faire émerger de ce sombre bourbier de notre passé récent des énergies capables de faire converger des forces pour la conquête de l’objectif principal avant de rêver de l’au-delà.

Laurent Serubuga »

 

BBC « Rwanda’s Untold Story » : Le « mythe Kagame » serait-il en train de s’écrouler ?

Paul Kagame/photo rfi

Paul Kagame/photo rfi

A peine quelques jours après la diffusion par la BBC d’un documentaire titré : « Rwanda : The Untold Story », le régime de Paul Kagame , ses sponsors et ses obligés déploient leur artillerie lourde sur le terrain médiatique où leurs positions risquent de tomber une à une. Signe que le documentaire de la BBC a fait mouche !

– Il y eut d’abord la fameuse association « IBUKA » qui, forte de sa jouissance de  « non contestabilité », a appelé à une manifestation devant le siège de la BBC à Londres. Une trentaine de militants se sont donc retrouvés samedi le 10 octobre devant l’immeuble de la BBC en brandissant des pancartes chantant les louanges à Paul Kagame et accusant la BBC de « négationniste ».

– Il y eut ensuite cette lettre de protestation du 12 octobre adressée au Directeur de la BBC et signée par une trentaine de soi-disant « professeurs, chercheurs, journalistes, historiens… ». Comme nous le verrons plus loin, les signataires sont pour la plupart des complices de Paul Kagame dans les crimes qu’il a commis ou sont ses obligés car travaillant pour lui d’une façon ou d’une autre.

– Il y eut aussi la sortie de Paul Kagame le 14 octobre lors de l’installation de son cousin Bernard Makuza comme président du Sénat et donc officiellement n°2 du régime. Il a pratiquement mis le pays en état d’alerte en prétendant qu’il s’apprête à donner une leçon de comment faire la guerre à ceux qui vont l’attaquer ! Dans son discours, il voit donc en la diffusion du documentaire de la BBC une déclaration de guerre et n’a pas manqué de souligner que c’est trop tard car depuis vingt ans il aurait accumulé des moyens de guerre « invincibles » (si jamais il en existe comme il le croit!).

-Il y eut encore la sortie d’un article sur le blog pro-Kagame par un certain Alain Gauthier le 15 octobre. Cet enseignant retraité reconverti sur le tard dans le showbiz a fait fortune dans le commerce du génocide rwandais en France de sorte qu’il est actuellement une star médiatique et un « people », rien qu’en vendant le génocide rwandais en France. C’est donc de bonne guerre qu’il soit parmi les plus acharnés à défendre son gagne-pain qui s’évanouira avec la chute du régime dictatorial de Paul Kagame. Donc, il fait tout pour repousser l’échéance le plus loin possible dans le temps.

– Il y a enfin cette sortie du journaliste ougandais Andrew Mwenda dans le quotidien du FPR « The NewTimes »  de ce 15 octobre. Ce journaliste d’origine ougandaise, qui fait partie du fameux panel des conseillers étrangers de Paul Kagame et chargé spécialement de la communication en Afrique de l’Est, défend son « boss » en fustigeant la BBC et au passage dévoile la haine qu’il nourrit envers tous ceux qu’il perçoit comme hutu. Il conclut en effet son article en prétendant que même s’il s’avérait que  Paul Kagame aurait tué le hutu Habyarimana, il serait dans son droit car le président hutu était son ennemi naturel !

Des constantes

Tous ces défenseurs de la dictature de Paul Kagame qui intentent à la BBC un procès d’intention se rejoignent sur certains points essentiels. Pour eux :

1. Il faut cultiver et maintenir l’amalgame entre la critique légitime de la dictature de Paul Kagame en l’assimilant à une « négation du génocide ». Le documentaire de la BBC, qui en aucun moment ne nie le génocide,est qualifié de « négationniste » parce qu’il a osé évoquer timidement les crimes commis par le dictateur Kagame tout au long de sa conquête militaire du Rwanda. C’est sous ce prétexte que les témoignages des acteurs de premier plan dans les événements qui ont secoué le Rwanda entre 1990 et 1994, sont, selon eux, à disqualifier dès qu’ils proviennent des opposants politiques à Paul Kagame même quand ils sont des témoins oculaires des faits. Aux yeux des milieux qui portent  la dictature à bras le corps, seuls les aveux de Paul Kagame lui-même et de ses sujets, aveux qui ne viendront certainement jamais, constituent des preuves tangibles de sa culpabilité. Rien n’est plus naïf !

2. Les faits qui contredisent les thèses du régime, surtout les mythes qui fondent sa légitimité, doivent systématiquement être occultés, quitte à se contredire ou à nier ses anciennes déclarations. Ainsi, pour asseoir le « dogme » comme quoi Paul Kagame aurait arrêté le génocide, ses admirateurs oublient ou ne veulent pas réentendre qu’en avril 1994, il avait refusé l’intervention des troupes de l’ONU quand il a envoyé une délégation au Conseil de Sécurité des Nations Unies qui débattait de la question. La délégation, qui  était composée de Claude Dusaidi et de Charles Muligande, a dissuadé l’ONU d’intervenir. Mais les lobbies de Paul Kagame occultent ce fait et continuent de clamer qu’il aurait arrêté le génocide alors que lui-même s’en est défendu.

Ceux qui sont commis pour blanchir Kagame en arrivent à désinformer l’opinion, à mentir et même jusqu’à faire dire aux magistrats ce qu’ils n’ont jamais ou encore dit. L’affaire de l’attentat du 6 avril 1994 en donne une illustration caricaturale. Selon Ibuka, le groupe des professeurs chercheurs, journalistes, historiens dont on a parlé et Alain Gauthier, le juge anti-terroriste français Marc Trévidic aurait déjà innocenté Kagame et prononcé un non lieu général ! Ce qui est faux car la décision du juge n’est pas encore connue. Ces enfumeurs de l’opinion ajoutent qu’il aurait conclu que le départ des missiles qui ont abattu l’avion ont été tirés à partir du camp Kanombe qui était gardé par la Garde présidentielle. Ce qui est encore faux, car même l’expertise du « deus ex-machina d’acousticien » appelé à la rescousse et qui a fait ses simulations dans un domaine militaire du centre de la France, n’a pas parlé du camp Kanombe mais du « domaine militaire » de Kanombe, une zone plus large et non habitée. Son intervention a été sollicitée après la visite, sur le terrain au Rwanda,  des balisticiens et géomètres mais dont le rapport concluait pas dans le sens disculpant Kagame. L’expertise qu’on voudrait présenter comme décisive, ne désigne même pas de façon formelle l’endroit du départ des tirs. Il indique seulement que le domaine militaire de Kanombe est l’un des sites possibles mais parmi les six autres hypothèses, dont la colline de Masaka. Enfin, ils se gardent de dire que l’expertise acoustique contestable n’est pas le seul élément et encore le plus déterminant pour fonder la conviction du juge. Mais dans leurs manœuvres de désinformation et de faire pression, ils tentent de convaincre le monde et surtout influencer le juge qu’il en est ainsi. Il faut encore préciser que que même le camp Kanombe n’était pas sous le contrôle de la Garde présidentielle qui avait ses quartiers à Kimihurura en face de l’immeuble du Parlement où avaient été admis des milliers de combattants du FPR.

La lettre des 37 intellectuels au Directeur Général de la BBC

La lettre reprend le même credo que doivent répéter les défenseurs du dictateur Kagame en reprenant les mêmes arguments : critiquer Kagame c’est nier le génocide ; les opposants sont des génocidaires ; l’histoire du Rwanda doit se réduire aux thèses du parti au pouvoir, le FPR de Paul Kagame,…

Mais le plus frappant est le panel des signataires. La liste est constituées de ceux-là même qui ont accompagné Paul Kagame dans sa conquête du Rwanda ou qui ont participé ( ou participent encore) à la promotion de son image dans les médias. A ces inconditionnels, il faut ajouter des opportunistes devenus ses obligés et pudiquement appelés des consultants ou des « spécialistes du Rwanda » le temps de produire un article ou de publier un livre commandé et financé par le dictateur.

Un bref aperçu de cette liste permet de distinguer des catégories parmi les signataires.

On y trouve  d’abord les traumatisés, les déçus à qui on avait donné des missions qui les dépassaient mais qui aujourd’hui doivent accompagner le FPR dans sa chute. C’est le cas du général Dallaire qui a commandé les forces de la mission des Nations Unies pour l’Assistance au Rwanda (MINUAR) de 1993 à 1994. Cet officiel canadien a débarqué au Rwanda avec un mauvais entendement de sa mission. Il croyait venir aider le FPR de Paul Kagame à prendre le pouvoir et il s’en est employé corps et âme , mais par après, comme il ne peut se prévaloir ouvertement de cette action (avoir installer Paul Kagame au pouvoir au Rwanda),  dans sa frustration, il est obligé de défendre mordicus le dictateur pour qui il a tout fait afin qu’il accède au pouvoir alors que l’ONU lui avait «  officiellement » envoyé pour aider à la mise en place d’une solution négociée entre belligérants. Il en sera marqué à jamais. C’est dans la même catégorie qu’il faudrait classer Mme Barabara Mulvaney, qui fut procureur dans le procès phare dit « Bagosora et al. ». Et où il était prévu qu’il serait spectaculaire car les preuves de planification du génocide allaient éclater mais qui a fini en queue de poisson avec l’acquittement de tous les accusés du chef « d’entente en vue de commettre le génocide ». Elle se mord les doigts et en est aussi marquée à jamais.

On distingue ensuite des individus opportunistes qui avaient découvert qu’ils pouvaient se rendre célèbres (et riches) en renversant les rôles de la France, surprise de se faire évincer de la région  par des puissances anglo-saxonnes qui, après une longue préparation, venaient de se rendre maître de la région. Ils ont alors publiés des thèses fantaisistes mais très prisées par le régime de Paul Kagame, et par les puissances qui venaient de l’installer. Dans cette catégorie, on trouve Linda Melvern, celle-là même qui n’avait pas hésité à produire de grossiers faux documents pour accréditer la thèse que l’avion de Habyarimana avait été abattu par des éléments de sa propre armée épaulés par la France. Il y a encore l’aventurier Andrew Wallis qui a publié « Silent Accomplice: The Untold Story of France’s Role in the Rwandan Genocide »

Sur cette liste des signataires figurent aussi des Français qui ont voulu se rendre célèbres (et riches) en surfant sur la vague de la réputation des « Français contestataires contre leurs institutions » où n’importe quel quidam qui défie l’ordre établi est perçu comme un héros. Ceux-ci n’ont pas hésité à salir l’honneur des armées françaises par des mensonges et des calomnies dans le seul but de s’attirer les sympathies du nouveau régime installé au Rwanda par les puissances anglo-saxonnes et en même temps apparaître en France comme des «  mousquetaires, héros »…qui osent dénoncer la politique française en Afrique.  C’est dans cette catégorie qu’on peut ranger un Patrick de Saint Expéry ou un Jacques Morel.

Sur la liste des signataires, on y trouve aussi, hélas !, des « journalistes du ventre » comme il en est le cas dans de telles situations. Aucun pays n’a le monopole de produire des « journalistes du ventre ». Ils sont partout. Dans le cas qui nous concerne, les sénégalais Mehdi Bâ et Boubacar Boris Diop, côtoient allègrement le français Jean-François Dupaquier. Ce denier n’hésite pas à se prévaloir des spécialités selon les circonstances. Il devient « journaliste d’investigation » quand il doit déposer devant le TPIR, mais se réclame de la qualité d’historien pour pouvoir déposer des faux documents ou des documents falsifiés. Devant la Cour d’Assises de Paris, il se présente comme anthropologue pour obtenir l’occasion d’affirmer que « selon ses recherches, les jeunes hutu subiraient un rite initiatique avant d’être admis dans le monde des adultes et qui consisterait à violer des jeunes filles tutsi » ! Plus scandaleux, tu meurs !

Il y a enfin le cas des personnes sous influence qui se doivent de suivre aveuglement leurs maîtres. C’est le cas de Hélène Dumas qui vient de recevoir un doctorat de l’Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHEES) de Paris. L’un de ses maîtres n’est autre que José Kagabo, un membre éminent du FPR, professeur à l’EHSS mais aussi …Sénateur au Parlement de Kigali ! Hélène Dumas se devait donc de signer la pétition dénonçant la BBC pour faire cause commune avec  son maître.

In fine, nous conclurons en abondant dans l’idée du Dr Rudasingwa qui, dans sa lettre adressée au Directeur Général de la BBC termine en proposant que la même BBC organise un débat contradictoire sur le même thème qui opposerait les représentants du gouvernement rwandais, les personnalités de l’opposition et de la société civile, les chercheurs et spécialistes du Rwanda de tous bords. Ceci enlèverait au régime de Paul Kagame le prétexte que le documentaire n’avait  reproduit que les avis de l’opposition, donc des négationnistes, mais aussi permettrait à la BBC de réfuter, preuves à l’appui, que sa recherche de vérité ne doit pas être assimilée au négationnisme. Au cas où le FPR refuserait ce débat, qu’il se taise pour toujours et que ses sbires cessent d’intimider ceux qui, comme la BBC, cherchent à percer les secrets qui ont été à la base de l’installation, contre toute logique, de la dictature de Paul Kagame au Rwanda

Jane Mugeni
16/10/2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-François Dupaquier, un journaliste «indépendant» ou un militant du FPR ?

Jean-François Dupaquier/photo France-inter

Jean-François Dupaquier/photo France-inter

 

 

 

 

En réaction à l’article que j’ai publié en août 2014 sur le site http://www.musabyimana.net/, et dans lequel je pointais du doigt la connivence d’un certain Richard Mugenzi souvent requis pour charger les opposants au régime de Paul Kagame devant diverses instances judiciaires, avec le journaliste français Jean François Dupaquier, ce denier a demandé et obtenu un droit de réponse qui vient d’être publié sur le même site. Son droit de réponse appelle cependant quelques observations de ma part et que moi aussi j’ai le droit d’exprimer.

D’abord on notera que :

1. Monsieur Dupaquier se considère au dessus de tous les autres humains surtout les Hutu rwandais. En effet il a le « culot » de verser des larmes de crocodile en prétendant que l’on aurait sali son honneur en soupçonnant qu’il serait au service de la dictature de Paul Kagame et de son parti FPR. Il oublie que cette même année 2014 lors du procès de Pascal Simbikagwa devant la Cour d’Assises de Paris, il avait scandalisé plusieurs rwandais et s’était ridiculisé quand il a passé des heures à clamer que les jeunes hutu rwandais «  subissaient un rite initiatique qui consistait à violer des jeunes filles tutsi ». Certains en ont été tellement choqués qu’ils ont constitués des collectifs pour porter plainte contre cette diabolisation de tout un peuple par un journaliste mû par on sait quelles visées. Et c’est au moment où toutes ces procédures engagées sont encore en cours que le même Dupaquier crie que « l’on s’en prend à son honneur », alors que lui n’avait pas hésité à s’en prendre à l’honneur de toute une ethnie (les Hutu) qualifiées par lui-même de « violeurs par tradition ».

2. En reconnaissant qu’il a écrit un livre grâce aux dires de Richard  Mugenzi, il devrait admettre ainsi que l’on puisse au moins l’assimiler à un escroc notoirement connu qu’est le même Mugenzi.  Si Monsieur Dupaquier ne participe pas aux escroqueries de Mugenzi, il reconnaît au moins qu’il est son acolyte notamment pour la rédaction de son livre plein de mensonges mais dont il recommande la lecture. Or, Richard Mugenzi répond parfaitement à la définition d’un escroc comme même la propose Monsieur Duapquier dans son droit de réponse :  le nom « escroc » caractérise « une personne qui escroque », ce qui renvoie au verbe « escroquer » ainsi défini : « Tirer profit par fourberie, par manœuvre frauduleuse ». Le Petit Robert précise que « l’escroquerie est un délit qui consiste à s’approprier  le bien d’autrui en usant de moyens frauduleux ». En effet Richard Mugenzi parcourt le monde depuis 1994 en se présentant comme « un ancien agent des services secret rwandais du régime de Habyrimana ». Or, c’est totalement faux car il était un simple fonctionnaire « civil » à la préfecture de Gisenyi. Comme il est payé pour ces fonctions usurpées, il s’agit donc bien d’un escroc. Il prétend avoir été un opérateur radio qui était intégré dans le réseau de commandement des FAR. Or, il n’en est rien. Comme il en tire des bénéfices financiers, c’est un escroc. Monsieur Dupaquier lui-même indique qu’outre lui avoir aidé à écrire son livre, il est venu en France pour continuer à raconter ces mensonges et en être rémunéré. Si Monsieur Dupaquier ne peut pas être qualifié d’escroc sur ces faits – ce qui par ailleurs n’a jamais été le cas – il peut tout au moins apparaître comme un complice d’un escroc et affabulateur qu’est Richard Mugenzi ou alors son « caïd ».

3. Il est vrai que les agissements de Jean François Dupaquier amènent à se poser la question de savoir s’il s’agit d’un journaliste corrompu ou d’un militant du parti FPR du dictateur Paul Kagame. Sinon comment oserait-il désinformer aussi maladroitement l’opinion ? Il persiste à crier qu’une expertise balistique aurait conclu à la désignation de l’endroit du départ des missiles qui ont abattu l’avion présidentiel comme étant le camp de Kanombe alors tenu par les militaires des FAR. Or, seul une soi-disant expertise acoustique a prétendu que le départ des missiles pouvait se situer dans le domaine militaire de Kanombe sur base des simulations effectuées en… 2011 dans un domaine militaire situé… au centre de la France! Quand le Petit Robert nous dit que «  la balistique est la science du mouvement des projectiles » ; tandis que l’acoustique « est une partie de la physique qui traite des sons et des ondes »,  on se demande pourquoi le « journaliste » Dupaquier confond ces deux notions. Mais surtout on se pose la question de savoir comment peut-il croire que tous ses lecteurs entretiendront aussi cette confusion dans leur esprit.

4. Monsieur Dupaquier étonne également quand il se montre « plus catholique que le Pape » ou quand il se mue en voyant.  Il continue en effet à affirmer que le FPR de Paul Kagame n’est pas responsable de l’attentat du 6 avril 1994, alors que les preuves et les témoignages à charge se sont accumulés malgré les tentatives du dictateur de les faire taire (assassinats, arrestations, corruptions,…). M. Dupaquier oublie même que son idole Paul Kagame a lui-même un jour admis avoir commis ce forfait quand il a lancé : « Cet avion transportait des chefs militaires avec qui j’étais en guerre, donc je devais l’abattre comme eux aussi pouvaient m’abattre s’ils le pouvaient ». Notre ancien maquisard devenu chef d’Etat oublie que l’avion était un aéronef civil même si parmi les passagers il y avait des militaires. Selon sa logique, tous les avions qui sillonnent le ciel seraient à abattre car l’on pourrait trouver à bord de chacun d’un au moins un militaire ou un ancien militaire ! De plus, Paul Kagame n’a jamais su qu’en avril 1994, au Rwanda on était en temps de paix car la guerre avait été déclarée finie en août 1993 avec la signature de l’accord d’Arusha.  Quand Monsieur Dupaquier affirme qu’il sait que le juge Trévidic va prononcer un non lieu général pour les proches de Kagame, ou bien il se mue en voyant ou alors il est dans le secret de l’instruction (ce qui n’est pas plus rassurant) mais en tout cas il n’est plus dans le rôle de journaliste.

Bref, le droit de réponse qu’a exigé et obtenu Monsieur Dupaquier nous laisse sur notre faim  car il ne répond pas aux questions que nous nous sommes toujours posés sur lui : est-il un journaliste corrompu à la solde de Paul Kagame ou un militant de son parti FPR ?

Emmanuel Neretse
07/10/2014

France-Rwanda. Attentat du 6 avril 1994 : Affaire judiciaire ou affaire diplomatique ?

Un Dassault Falcon 50 semblable au jet présidentiel de Juvénal Habyarimana/wikipedia

Un Dassault Falcon 50 semblable au jet présidentiel de Juvénal Habyarimana/wikipedia

Le juge anti-terroriste français Marc Trévidic qui avait repris à son compatriote Jean-Louis Bruguière l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 dans lequel ont péri les chefs d’Etats rwandais et burundais ainsi que trois citoyens français,  a annoncé avoir bouclé le dossier et s’apprête à rendre publiques ses conclusions.

Pour rappel, l’on se souviendra que cette affaire avait connu des rebondissements politico médiatiques dès l’émission de mandats d’arrêt par le juge Bruguière contre neuf proches du président rwandais Paul Kagame en 2006.

Kigali avait alors brutalement rompu les relations diplomatiques avec Paris. Le régime du FPR avait, dans la foulée, produit un rapport sur l’attentat du 6 avril 1994 (alors que jusque là il avait toujours déclaré que cette enquête n’était pas dans ses priorités) connu sous l’appellation de « Rapport Mutsinzi » qui, après des mensonges et des manipulations dont le ridicule se dispute à la naïveté, avait conclu que « l’avion avait été abattu par les proches du président Habyarimana » sans toutefois en donner l’identification précise. Parallèlement,comme pour faire chanter Paris, le régime du FPR de Paul Kagame a produit un autre rapport dit « Rapport Mucyo » dans lequel il accusait nommément des hauts responsables politiques français ainsi que plusieurs officiers des Armées Françaises  « d’avoir pris part au génocide », pas moins !

Entre-temps, en 2007, la droite avait accédé au pouvoir à Paris avec l’élection de Nicolas Sarkozy qui choisit comme ministre des Affaires Etrangères un des amis et soutiens de longue date du dictateur rwandais Paul Kagame, un certain Bernard Kouchner.

C’est alors que la magie de la diplomatie va s’opérer pour essayer d’évacuer un dossier judiciaire encombrant. Sur conseil de Bernard Kouchner, comme il l’a lui-même reconnu ultérieurement, une des inculpés, le Major Rose Kabuye, va venir se faire arrêter en Allemagne et se faire déporter à Paris. Le but était de permettre aux puissants et coûteux avocats mandatés par Paul Kagame d’avoir accès au dossier, ce qui va leur permettre de lancer une contre-offensive tous azimut. Un nouveau juge d’instruction avait déjà été désigné en la personne de Marc Trévidic secondé par Nathalie Poux. Les relations diplomatiques entre Kigali et Paris furent, comme par enchantement rétablies et, cerise sur le gâteaux, le président de la République Française lui-même effectua une visite au Rwanda en compagnie de Bernard Kouchner et au cours de laquelle il a reconnu en le regrettant « un certain aveuglément de la France » pour avoir à un moment de l’histoire, soutenu le régime hutu.

La route ayant ainsi été balisée, la feuille de route tracée par l’autorité politique, il ne restait qu’au juge d’instruction d’accomplir les formalités administratives et procédurales nécessaires pour qu’il évacue ce dossier gênant pour les relations entre la France et le Rwanda de Paul Kagame que certains politiciens français croit incontournable dans la région et donc que le fait de l’amadouer vaut le coup de sacrifier quelques principes comme celui de poursuivre partout tout terroriste qui s’en est pris à la vie des officiers français. Or Paul Kagame en a au moins six à son  actif qu’il a tués entre  le 6 et le 8 avril 1994, et la France officielle en est au courant. Marc Trévidic et Nathalie Poux se rendront donc au Rwanda accompagnés d’experts en balistique et des géomètres. Dès leur retour en France, ils se rendront compte que les seules expertises balistiques et géomètres ne suffiraient pas à offrir une fenêtre de sortie à travers laquelle le FPR de Paul Kagame pourrait échapper. C’est alors qu’ils ont eu recours à un « acousticien » qui, après une retraite dans un domaine militaire au centre de la France, produisit « un rapport d’expertise » qui enfin pouvait servir de base pour disculper le FPR de Paul Kagame. En effet notre « magicien-accousticien » affirmait que d’après le bruit qu’il avait perçu lors des simulations, il pouvait affirmer que les missiles qui ont descendu l’avion présidentiel avaient été tirés à partir du domaine militaire de Kanombe et non de la colline de Masaka.

Les juges Trévidic et Poux approuvèrent ces conclusions et l’expertise de l’acousticien qui a été recruté sur le tard et en catimini et qui a effectué ses simulations au centre de la France supplanta ceux des balisticiens et géomètres qui eux s’étaient rendus au Rwanda. Il n’en fallait pas plus que la presse du monde entier ameutée par les lobbys de Paul Kagame crie victoire et assène derechef que le Falcon 50 avait bel et bien été abattu par les extrémistes hutu de l’entourage du président Habyarimana.

C’est à la suite de cette euphorie que le juge Trévidic a annoncé triomphalement qu’il venait de boucler l’enquête et qu’il allait bientôt donner ses conclusions définitives. Par la voix des avocats de Paul Kagame, on saura que sans aucun doute le Juge Trévidic s’apprêtait à annoncer « un non-lieu » et que les proches de Paul Kagame seront entièrement blanchis dans ce dossier qui sera ensuite classé sans suite au grand soulagement d’une certaine classe politique et de  la diplomatie française.

Seulement voilà : on dirait que le mauvais sort s’acharne sur le juge Trévidic. Avant même qu’il n’annonce son non-lieu attendu, la BBC Two vient de diffuser un documentaire qui donne, avec force détails, les preuves de la responsabilité de Kagame dans cet attentat. Même parmi les personnes inculpées et contre qui les mandats d’arrêt avaient été lancés, certains affirment savoir que c’est le FPR de Paul Kagame qui a commandité l’attentat. Curieusement, le juge, qui les connaissait et qui savait comment il pouvait les toucher n’a pas cherché à les entendre mais s’est empressé de déclarer que le dossier était clos. C’est le cas du général Kayumba Nyamwasa, une des personnalités qui avaient été inculpées par le juge Bruguière et  qui vit en Afrique du Sud d’où il déclare à qui veut l’entendre qu’il est prêt à témoigner et montrer comment c’est Paul Kagame qui a commandité l’attentat, mais que personne ne veut venir l’entendre ou ne veut le convoquer ! En clôturant le dossier, le juge Trévidic osera prétendre qu’il ne connaissait pas un potentiel témoin au nom de Kayumba Nyamwasa ?

Quels sont les intérêts en jeu pour que ces énormités soient tolérées ?

Dans le cas d’espèce, il est évident que le régime du FPR de Paul Kagame tire sa légitimité du mensonge qui consiste à dire qu’il est venu pour arrêter le génocide ! Il serait alors catastrophique pour lui s’il était admis qu’en réalité c’est lui qui a déclenché le génocide en assassinant l’homme qui constituait « une digue » qui retenait les passions et la haine ethniques latentes exacerbées par la guerre initiée par le même FPR de Paul Kagame en 1990 .

En ce qui concerne la France, la visibilité est moins évidente. Les intérêts de certaines corporations locales  viennent se greffer à ceux des lobbies mondialistes pour qui l’honneur ou la voix de la France sont le dernier de leurs soucis pour offrir ce spectacle incompréhensible quand il s’agit de la position de la France en ce qui concerne le Rwanda depuis 1994.

Emmanuel Neretse
07/10/2014

France-Rwanda. Droit de réponse de Jean-François Dupaquier

Jean-François Dupaquier/photo France-inter

Jean-François Dupaquier/photo France-inter

Je suis mis en cause sur ce site dans un article intitulé « France-Rwanda.  L’escroc Richard Mugenzi reprend du service à Paris ! », signé de M. Emmanuel Neretse. Ce dernier m’associe au portrait et à l’itinéraire d’un tiers, M. Richard Mugenzi, dont il prétend « cerner la personnalité », et qu’il qualifie d’escroc. Je me vois traité de « journaliste corrompu », sans que M. Neretse apporte la moindre preuve de cette allégation. Pour faire bonne mesure, M. Neretse affirme que « le FPR a cherché le concours de son inconditionnel, Monsieur Jean-François  Dupaquier ». Selon M. Neretse, dans des conditions qu’il ne se donne pas la peine de préciser (comment le pourrait-il ?…), j’aurais été « mis en contact » avec cet « escroc » pour « inventer » des « choses » (?) « pour la défense du FPR ». C’est plutôt M. Neretse qui se montre très inventif. Par ce procédé polémique qui s’appelle l’amalgame, il associe les épithètes « d’escroc » et de « journaliste  corrompu » à deux personnes qu’il cherche à discréditer.

L’auteur de l’article aurait trouvé profit à s’interroger sur le sens des termes péjoratifs qu’il se permet d’utiliser contre Richard Mugenzi et moi-même, alors qu’il nous présente insidieusement comme des complices, dans un objectif de stigmatisation.

Des termes péjoratifs

Selon le dictionnaire Le Petit Robert, le nom « escroc » caractérise « une personne qui escroque », ce qui renvoie au verbe « escroquer » ainsi défini : « Tirer profit par fourberie, par manœuvre frauduleuse ». Le Petit Robert précise que « l’escroquerie est un délit qui consiste à s’approprier  le bien d’autrui en usant de moyens frauduleux ».

Je vois mal quel bien j’aurais cherché à m’approprier. A l’évidence, le mot escroquerie a été employé de façon erronée par l’auteur de l’article, car il parle un peu plus loin d’un « escroc malgré lui ». Or l’escroquerie est un délit intentionnel, marqué par la volonté sournoise de nuire à autrui pour en tirer bénéfice. Parler « d’escroc malgré lui » est donc une expression aberrante, même si l’on voit bien que M. Neretse tente, par cet artifice, d’établir une gradation de culpabilité. Je serais un « corrompu » et mon complice un « escroc malgré lui ». D’une certaine façon, ma victime.

A l’évidence, le mot « escroquerie » a été employé de façon erronée

Que veut donc dire l’auteur de l’article en me qualifiant de « journaliste  corrompu » ? Selon le « Dictionnaire culturel de la langue française » des Ed. Robert, l’adjectif « corrompu » désigne quelque chose ou quelqu’un « altéré, en décomposition », synonyme de « dépravé, dissolu, vénal, vendu », etc. Journaliste viscéralement attaché à l’indépendance et à la qualité de l’information, je ne peux que m’élever contre une accusation aussi grave, portée sans la moindre preuve. Je m’interroge sur ses motivations.

L’adjectif employé par M. Neretse mériterait un minimum d’explications. Faute de quoi cette formulation peut apparaître comme un procédé littéraire dissimulant une vacuité  d’argumentation.

Lire attentivement  l’article de M. Neretse permet de comprendre l’intention insidieuse de discréditer le livre que j’ai écrit et publié en 2010 avec le concours de M. Richard Mugenzi : « L’Agenda du génocide. Le témoignage de Richard Mugenzi, ex-espion rwandais ». J’y ai longuement évoqué le parcours professionnel de Richard Mugenzi en m’appuyant non seulement sur ses déclarations,  mais aussi sur les témoignages d’officiers supérieurs rwandais et français dans différentes instances judiciaires,  et sur des comptes-rendus d’audiences devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). M. Neretse, prétend « avoir recueilli (sur M. Richard Mugenzi) les témoignages de ceux qui furent ses chefs hiérarchiques ». Or il ne fait que paraphraser plusieurs pages de mon livre, en y ajoutant des commentaires personnels que je me contenterai de qualifier d’erronés et orientés. La narration par M. Neretse des événements des 6 et 7 avril est particulièrement biaisée. Ici encore, les lecteurs pourront se référer à mon livre.

L’intention insidieuse de nuire à mon livre « L’Agenda du génocide »

Quoi que prétende M. Neretse, l’analyse documentée que j’apporte des désinformations opérées depuis Gisenyi les 6 et 7 avril pour faire croire à la responsabilité du FPR dans l’attentat, a été confirmée par les juges d’instruction Nathalie Poux et Marc Trévidic, aussi bien à travers leur audition de Richard Mugenzi que par les autres investigations menées sous la direction de ces deux magistrats impartiaux et expérimentés du pôle antiterroriste du Tribunal de Grande Instance de Paris. Chacun peut se référer à l’expertise balistique de l’attentat qu’ils ont ordonnée et qui est accessible sur internet.

Il n’est nul besoin de « reniement », ni de devoir avancer « des choses invraisemblables » pour faire comprendre que le FPR n’a pas abattu l’avion du président Habyarimana. En 2014, vingt ans plus tard, toute personne de bonne foi et informée a dorénavant compris que l’attentat du 6 avril fut commis à l’instigation d’extrémistes hutu partisans de la « solution finale du problème tutsi ». Cet attentat servit de signal pour déclencher le génocide des Tutsi du Rwanda et le massacre politique des Hutu démocrates, complot ourdi au Rwanda depuis fin 1992 ou début 1993.

L’attentat du 6 avril 1994 fut commis à l’instigation d’extrémistes hutu de la « solution finale du problème tutsi »

Comme l’enquête balistique (que refusait d’effectuer le juge Bruguière) l’a définitivement démontré, les missiles ayant abattu l’avion sont partis du camp militaire Kanombe, tenu par des extrémistes hutu, ou de ses abords immédiats, que contrôlaient les mêmes individus. On ignore toujours l’identité des tireurs.

Cependant, il existe aujourd’hui un lourd faisceau d’indices conduisant à penser que des politiques, des militaires et/ou des mercenaires français sont compromis dans cet attentat.

Après de nombreuses enquêtes sur le terrain, je partage avec l’immense majorité des journalistes la conclusion que l’Elysée a commandité au Rwanda une intervention anachronique, politiquement aberrante, impliquant des unités militaires françaises, dépêchées dans ce pays entre 1990 et 1994 dans une complicité de fait avec la préparation puis la perpétration du génocide des Tutsi.

J’ajoute qu’après la quasi destruction des Tutsi du Rwanda, la prise en otage de la population restante, poussée de force au Zaïre, par l’armée et les milices génocidaires mises en déroutes par le FPR, a été la cause d’immenses souffrances pour une masse de Hutu qui n’étaient pas « génocidaires » et que certains continuent à vouloir manipuler.

D’immenses souffrances pour une masse de Hutu qui n’étaient pas « génocidaires »

S’ajoutant au génocide des Tutsi, au massacre politique des Hutu démocrates, cette tragédie devrait inciter tout observateur à faire preuve de prudence dans ses commentaires, et à éviter de remplacer l’argumentation par l’invective. Argumenter, c’est avancer à pas prudents dans la recherche de la vérité en posant de véritables preuves, susceptibles d’emporter la conviction (l’expression « pièces à conviction » me semble assez claire), et non pas remplacer la construction de la vérité par des attaques ad hominem.

Les « gros mensonges » allégués par M. Neretse ne sont pas ceux qu’il prétend. En ce mois de septembre 2014, je comprends que certains soient inquiets du fait que les juges Nathalie Poux et Marc Trévidic s’apprêtent à clôturer leur instruction. Cet ultime épisode pourrait conduire le Parquet de Paris à requérir une ordonnance de non-lieu au bénéfice des proches du président Kagame qui ont été mis en cause dans l’attentat du 6 avril 1994 au terme d’une manipulation du juge Bruguière. Il y a de solides raisons de penser que les juges Nathalie Poux et Marc Trévidic signeront bientôt cette ordonnance de non lieu général. C’est un véritable château de cartes qui devrait s’effondrer sous le souffle de la vérité. Me qualifier de « journaliste corrompu » et traiter mon témoin d’ « escroc » pour occulter le fait que j’écris la vérité, est un artifice polémique qui ne peut convaincre personne.
Comment tirer des leçons du passé pour pouvoir se rassurer : « Plus jamais ça » ? Interrogée par l’écrivain Jean Hatzfeld, une agricultrice de Nyamata énonce : « L’intention est plus forte que le meurtre car l’intention survit quand le génocide est fini ».
Puisse chacun y réfléchir.

Jean-François  DUPAQUIER
Ecrivain, journaliste, témoin expert auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda

 

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Lire également l’article mis en cause :

France-Rwanda. L’escroc Richard Mugenzi reprend du service à…Paris !

 

Source : musabyimana.net