Archives pour la catégorie Portraits

Victoire Ingabire : octobre 2010 – octobre 2014. Déjà 4 ans de captivité !

Victoire Ingabire Umuhoza. Déjà 4 ans de captivité.

Victoire Ingabire Umuhoza. Déjà 4 ans de captivité.

C’est en 2010, que l’opposante politique Victoire Ingabire est rentrée d’exil de son propre gré. Elle fut, après quelques mois, arrêtée et détenue dans la sinistre prison centrale de Kigali. Un simulacre de procès fut organisé à la Haute Cour de Kigali devant laquelle des faux témoins recrutés par les services secrets militaires (DMI) ont été présentés par le procureur comme des anciens collaborateurs de l’opposante. Pourtant elle ne les connaissait même pas. Ils sont venus plaider « coupables » et elle fut condamnée à 8 ans de prison.

Voulant aller au bout de la procédure, Victoire Ingabire a interjeté appel devant la Cour Suprême, mais sans se faire aucune illusion, car dans un de ses discours, le président Kagame lui-même avait publiquement déclaré, avant même le début du procès, que l’opposante était coupable et que donc elle devait être condamnée. Entre temps, ceux qui ont été  présentés comme des co-accusés de Victoire Ingabire et comme des officiers des FDLR et qui ont plaidé « coupables » de tous les chefs d’accusations portés contre l’opposante, ont été mis en liberté.

Les plus sceptiques ont accordé le bénéfice du doute à la « justice » rwandaise en espérant que la Cour Suprême réparerait l’injustice et laisserait partir libre l’opposante qui n’a commis d’autre délit que celui d’avoir une autre conviction pour l’exercice du pouvoir que celle de l’actuel Président Paul Kagame. Après plusieurs reports injustifiés, le verdict fut enfin prononcé le vendredi 13 décembre 2013. Sans surprise, la Cour Suprême  alourdit la peine infligée par la Haute Cour à l’opposante Victoire Ingabire et la condamna à 15 ans d’emprisonnement.

Ce samedi 11/10/2014, le Réseau International des femmes pour la démocratie et la Paix et la Fondation Victoire pour la Paix ont organisé, à

Daphy Nkundwa, Réseau International des femmes pour la démocratie et la Paix

Daphy Nkundwa, Réseau International des femmes pour la démocratie et la Paix

Bruxelles, un walking diner pour commémorer ce triste anniversaire (octobre 2010-octobre 2014) et pour soutenir le combat pacifique d’une femme d’exception, Victoire Ingabire Umuhoza.

Dans son mot de circonstance, Daphy Nkundwa, la coordinatrice du Réseau a demandé au public présent en nombre d’adresser leurs pensées à cette femme de conviction, cette mère d’un courage émouvant qui ne doit pas être brisé en plein vol. Elle a préféré perdre sa propre liberté et se battre pour celle de tout un peuple. Choisissant le combat des dignes sans canons ni épées, elle a choisi  de s’éloigner de la peur, de l’égoïsme qui habite l’être humain. Elle a choisis la résistance à l’autorité qui écrase, qui dénie le droit le plus élémentaire qu’est le droit à la vie.

La coordinatrice du réseau a rappelé que dans son discours à Montréal, Victoire Ingabire a dit qu’elle prenait le devant  et avait exhorté chacun (e) à occuper une place sur le terrain et de jouer son rôle dans le rétablissement de la justice et de la liberté au Rwanda, pour une paix durable dans la région des Grands Lacs . Et  bien pour ceux qui ne sont pas encore sur le terrain, le moment est venu! La coordinatrice a remercié le public d’avoir répondu à cet appel de Victoire Ingabire.

La coordinatrice a terminé son allocution en citant Martin Luther King qui a dit : « Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier ».

Gaspard Musabyimana
12/10/2014

 

France- Rwanda. L’escroc Richard Mugenzi reprend du service à…Paris !

Richard Mugenzi/photo RFI

Richard Mugenzi/photo RFI

Un article de RFI daté du 16 août 2014 et signé Véronique Gaymard sous le titre de : « Richard Mugenzi , témoin du génocide du côté des bourreaux », nous apprenait que ce célèbre « témoin professionnel » venait de reprendre du service mais cette fois-ci à Paris même car l’article précisait : « Le Mémorial de la Shoah à Paris accueille une série de manifestations sur la connaissance du génocide au Rwanda jusqu’au 5 octobre prochain. A cette occasion, plusieurs témoins sont venus raconter. Parmi eux, Richard Mugenzi, engagé par les Forces armées rwandaises comme espion dès octobre 1990. »

Mais qui est réellement Richard Mugenzi ?

Pour cerner la personnalité de Richard Mugenzi et pour savoir exactement ce qu’il a fait au profit des Forces Armées Rwandaises (FAR) quand il travaillait à Gisenyi, nous avons recueilli les témoignages de ceux qui furent ses « chefs hiérarchiques » de fait ou de droit pendant la période concernée entre 1990 et 1994. C’est ainsi que celui qui était préfet de Gisenyi à l’époque, celui qui était Chef d’Etat-major de l’armée, celui qui était G2 (chef des renseignements militaires) et celui qui était commandant du secteur opérationnel de Gisenyi nous ont fourni, chacun dans ses compétences, des informations sur Richard Mugenzi. Elles nous ont permis d’établir le profil professionnel de l’intéressé que nous exposons ci-après.

Qui est Mugenzi Richard?

Il s’agit d’un homme originaire de l’ancienne commune de Mukarange, dans l’ancienne préfecture de Byumba. Il était réfugié au Zaïre où il a terminé ses études secondaires. Il est entretemps entré dans les ordres et devenu « frère mariste ». En octobre 1990, quand le Front Patriotique Rwandais (FPR) a attaqué le Rwanda à partir de l’Ouganda, il venait de rentrer au Rwanda et a travaillé à Gisenyi en tant qu’inspecteur du travail. Il a bénéficié, dans le cadre de son travail, d’un stage de formation au Cameroun. De retour il a réintégré son poste.

Monsieur Mugenzi Richard est un Tutsi. Il l’a reconnu dans ses déclarations aux enquêteurs du Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) en mai-juin 1998. Il le reconnaît aussi dans l’entretien avec RFI dont le lien est indiqué en introduction de cet article. Mais quelques fois il le réfute, quand cela arrange ceux qui l’interrogent.

Selon tous ses anciens patrons, il s’acquittait très bien de sa tâche en tant que « opérateur d’occasion » au profit des FAR.

Comment Richard Mugenzi a travaillé pour les FAR et quel était son travail exact?

A un moment donné au début de la guerre, des opérateurs de la préfecture de Gisenyi ont tripoté sur un poste radio émetteur-récepteur et ont commencé à entendre des émissions en plusieurs langues – Anglais, Swahili, Gikiga – et ont également entendu des noms de lieux, qui apparemment étaient dans la région où les combats avaient lieu au Nord du Rwanda. Ils ont essayé de transcrire ces émissions et les ont remises au Préfet de Préfecture, qui était en ce moment-là, Monsieur Côme Bizimungu. Ce dernier a trouvé que ces messages captés étaient intéressants, et en a informé le Commandant du Secteur Opérationnel de Gisenyi, alors le Major Juvénal Bahufite, et le Commandant du Groupement de Gendarmerie, le Major André Bizimana. Il s’agissait en fait de messages radio du FPR. Ensemble, ils ont examiné la question, et ont décidé d’en informer l’Etat-Major de l’Armée. Monsieur Richard Mugenzi, l’inspecteur du travail, était connu comme parlant plusieurs langues, dont celles qui étaient utilisées dans les messages captés du FPR. C’est pourquoi les trois autorités ont jugé utile de le mettre à la disposition des opérateurs radio de la Préfecture, pour qu’ils les aident dans leur travail de capter ces messages. Les opérateurs captaient, et Richard Mugenzi traduisait.

Au début, ils travaillaient à partir des locaux de la Préfecture. Vers début 1991, il a fallu les déplacer et les installer sur le site de Butotori pour des questions de discrétion et de sécurité. Quand Monsieur Richard Mugenzi s’est habitué à ce travail d’interception et de traduction des messages, les opérateurs de la Préfecture ont regagné leur travail à la Préfecture, et Richard Mugenzi est resté seul à s’occuper des messages du FPR.

Au départ, les messages captés étaient remis au Préfet, au Commandant du Secteur Opérationnel de Gisenyi, au Commandant de Groupement de la Gendarmerie, et au responsable du Service de Renseignement Préfectoral. Mais quand il s’est avéré que ce travail était très délicat et très utile pour les FAR, seul le Major Bahufite, Commandant du secteur opérationnel de Gisenyi, l’a personnellement piloté, et les messages ainsi captés étaient envoyés au seul Chef d’Etat-Major, par le Commandant de Secteur Opérationnel de Gisenyi justement.

Richard Mugenzi est resté sur le site de Butotori de janvier 1991 ou vers cette date, jusque vers fin avril 1992. Il a été jugé que le site n’assurait pas assez de sécurité pour ce travail et pour Monsieur Richard Mugenzi. C’est pourquoi il a fallu le déplacer, et l’installer dans une maison sise juste à côté du camp militaire de Gisenyi, dans le périmètre défensif du camp militaire. Il occupait une chambrette dans cette maison, tandis que le Commandant de Secteur opérationnel occupait le reste de la maison.

C’est là-bas que Mugenzi est resté à faire son travail, jusqu’à la défaite des FAR en juillet 1994.

En quoi consistait le travail de Monsieur Richard Mugenzi ?

Il s’occupait de l’interception des messages dans le réseau des communications du FPR. Il les transcrivait, les traduisait, et les remettait au Commandant du Secteur Opérationnel de Gisenyi, qui, à son tour, les transmettait au Chef d’Etat-Major de l’Armée pour exploitation. Le premier Commandant du Secteur Opérationnel, comme indiqué ci-dessus, était le Major Juvénal Bahufite (devenu plus tard Lieutenant-Colonel), qui fut remplacé par le Lieutenant Colonel Anatole Nsengiyumva, en juin 1993. Il a exercé ce Commandement jusqu’en juin 1994, quand le même Lieutenant-Colonel Bahufite est revenu le remplacer, tandis que l’autre était nommé Officier de Liaison avec l’Opération Turquoise.

Monsieur Richard Mugenzi avait des heures d’écoute, et pendant ce temps, il était en permanence à son poste. A partir de la soirée du 6 avril 1994, juste après l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana, Monsieur Richard Mugenzi était pratiquement en permanence à son poste, pour qu’aucun message ne puisse lui échapper.

Revenons sur le travail de Monsieur Mugenzi Richard, juste après l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana. Quand la nouvelle de l’attentat fut annoncée dans la soirée du 6 avril 1994, le Commandant du Secteur Opérationnel de Gisenyi a envoyé chercher Monsieur Richard Mugenzi, pour qu’il vienne à son poste, afin que le commandement puisse savoir ce que dit le FPR à propos de cet acte criminel, car d’habitude, ce Front ne manquait pas de commenter les événements qui se produisaient au Rwanda. Richard Mugenzi s’est rendu à son poste, dans la maison qu’il partageait  avec le Commandant, mais il n’a capté aucun message. Le 7 avril 1994, Richard Mugenzi était à son poste, et il a commencé à intercepter des messages dans le réseau du FPR, dont des messages où le FPR se vantait d’avoir abattu l’avion du Président Habyarimana. Vers 9 heures du matin, il a amené au Commandant le célèbre message où le FPR félicitait son escadron qui avait abattu l’avion. Le Commandant l’a alors ordonné de retourner à son poste, et d’y rester en permanence, pour qu’aucun message ne lui échappe. C’est ce qui a été fait, et Richard Mugenzi l’a reconnu quand il est venu témoigner devant le TPIR, contre le Lieutenant Colonel Anatole Nsengiyumva.

Qu’est devenu Richard Mugenzi après juillet 1994?

Dans les milieux judiciaires tant nationaux qu’internationaux, Richard Mugenzi n’est plus un inconnu. Depuis 1994, il a été présenté comme un témoin à charge providentiel que ce soit dans les procès au Rwanda même ou devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) à Arusha. C’est ainsi qu’il fut appelé au secours du Procureur dans le procès dit « Miltaires I » qui regroupait quatre officiers des FAR dont le fameux colonel Bagosora. Richard Mugenzi devait alors charger le Lieutenant Colonel Anatole Nsengiyumva qui était depuis 1992 Commandantdu Secteur Opérationnel de Gisenyi. Malheureusement pour l’accusation, son témoignage fut déclaré « non crédible ». Mais ce n’était que partie remise. En date du 7 juin 2001, Monsieur Richard Mugenzi a témoigné devant l’équipe du Juge français Jean-Louis Bruguière. Il a confirmé qu’il avait capté des messages dans le réseau du FPR, qui affirmaient que c’est le FPR qui avait abattu l’avion du Président Habyarimana. C’est ce qu’il va confirmer quand il viendra témoigner contre le Lieutenant Colonel Anatole Nsengiyumva et contre d’autres, dans l’affaire Bagosora et consorts, et dans l’affaire Karemera et consorts, devant le TPIR.

Quand le Juge français Jean-Louis Bruguière a sorti son rapport, le Gouvernement Rwandais a paniqué. C’est pourquoi le « Comité Mutsinzi » a été mis en place, soi-disant pour faire une enquête sur l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana. Il fallait chercher la contribution de Monsieur Richard Mugenzi, pour qu’il retire ses anciennes déclarations, et dire plutôt que les messages qu’il captait dans le réseau du FPR étaient des faux, et qu’ils avaient été fabriqués par Anatole Nsengiyumva. C’est la première fois qu’il le disait.

Cela n’a pas suffi. Le FPR a cherché le concours de son inconditionnel, Monsieur Jean-François Dupaquier. Il a été mis en contact avec Monsieur Richard Mugenzi, pour qu’ils inventent beaucoup d’autres choses, pour la défense du FPR. Et ils ont écrit un livre à ce propos, qui porte le titre « L’Agenda du Génocide – le Témoignage de Richard Mugenzi, ex-espion rwandais ». Dans ce livre d’environ 350 pages, le nom du Lieutenant Colonel Anatole Nsengiyumva figure sur 117 pages. On dit tout et n’importe quoi, pour disculper le FPR dans l’attentat contre l’avion du Président, et pour noircir le renom d’Anatole Nsengiyumva, et incriminer les militaires français qui ont séjourné au Rwanda pendant la guerre.

Comment est-ce que Monsieur Richard Mugenzi a été mis en contact avec Monsieur Jean-François Dupaquier ?

En fait, quand Richard Mugenzi a accepté de témoigner pour le Procureur du TPIR contre le Lieutenant Colonel Anatole Nsengiyumva et quelques autres, il a été mis sous la protection du TPIR, et il est resté en Tanzanie pendant quelques 10 ans. Mais quand les choses se sont gâtées avec le rapport du Juge français Jean-Louis Bruguière, il fallait que le FPR se défende bec et ongles. Il a fallu donc faire intervenir Richard Mugenzi. Certainement que le Gouvernement rwandais qui l’avait mis entre les mains du TPIR, a négocié avec ce Tribunal pour récupérer « son Homme ». Ou bien, le Gouvernement rwandais a demandé à Richard Mugenzi de renoncer à la protection qui lui était assurée par le Tribunal, et de rentrer au Rwanda, pour aider Jean-François Dupaquier dans le travail qui lui était demandé par le Gouvernement rwandais. En tout cas, Richard Mugenzi a d’abord témoigné devant le Comité Mutsinzi, pour ensuite renoncer à la protection du Tribunal, et devenir un témoin ordinaire non protégé, pour pouvoir travailler avec Jean-François Dupaquier, et participer à la propagande du FPR et du Gouvernement rwandais.

Jean-François Dupaquier/photo France-inter

Jean-François Dupaquier/photo France-inter

Jean-François Dupaquier s’est alors occupé de Richard Mugenzi assez sérieusement. Il lui a fait dire des choses invraisemblables, et il l’a fait passer dans de nombreux medias. Objectif : montrer que le FPR n’a pas abattu l’avion du Président Habyarimana, et que ce sont les extrémistes hutu qui l’ont descendu. Il fallait aussi que Monsieur Richard Mugenzi fasse savoir qu’il renie ses déclarations devant l’équipe du Juge français Jean-Louis Bruguière, en alléguant qu’on l’a mal interprété. Il fallait ensuite charger Anatole Nsengiyumva, en disant qu’il fabriquait des messages captés dans le réseau du FPR, qu’ils n’étaient en fait pas authentiques. Il fallait associer les militaires français à ce travail allégué de fabrication de fausses interceptions. Jean-François Dupaquier a fait dire à Richard Mugenzi beaucoup d’autres choses, relatives à la politique, à la sécurité, à la stratégie militaire, à la propagande, à l’administration du territoire, à l’économie, à la tactique militaire, etc. En lisant le livre de Jean-François Dupaquier, on dirait que Richard Mugenzi était au courant de tout ce qui se passait dans le pays, y compris ce que pensaient le Président Habyarimana, son épouse, et les gens de son entourage.

Ricahrd Mugenzi otage de Jean François Dupaquier ?

Dans ses publications, Monsieur Jean-François Dupaquier ne peut pas oser contacter l’ancien patron de Richard Mugenzi qu’est le Lieutenant colonel Anatole Nsengiyumva pour vérifier les allégations de Richard Mugenzi. En effet, ce dont il a besoin, ce n’est pas de la vérité, car il la connaît. Il a tout simplement besoin de faire croire à l’opinion que c’est Richard Mugenzi qui dit la vérité. Les deux mentent volontairement, tout simplement pour essayer de défendre le FPR, et faire condamner ceux qui connaissent la vraie vérité, et en même temps faire occulter les crimes du FPR.

Dans le cadre de cette défense à outrance du FPR, Jean-François Dupaquier, utilisant Monsieur Richard Mugenzi, essaie d’incriminer les militaires français qui ont œuvré au Rwanda pendant la guerre, y compris pendant l’Opération Turquoise. Ceux qui ont vécu ces événements peuvent démentir ces accusations fantaisistes. Par exemple celui qui fit officier de liaison auprès de l’Opération Turquoise était le mieux indiqué pour démentir tout ce qui est allégué sur elle et confondre Messieurs Jean-François Dupaquier et Richard Mugenzi. Toutes les allégations que les deux compères ressassent dans les medias, ainsi que ce qu’ils ont écrit dans leur livre évoqué ci-haut, ne sont que de gros mensonges, visant à couvrir les crimes du FPR. Richard Mugenzi n’a jamais été formé par des militaires français comme il le prétend ; il n’y avait pas de militaires français à Gisenyi, sauf ceux qui formaient les militaires au camp Bigogwe, mais qui vivaient à Mukamira ; Richard Mugenzi a quitté le site de Butotori en avril 1992 et a rejoint la « Maison Lochy » près du camp militaire de Gisenyi qu’il n’a plus quittée.

En conclusion : qui trompe qui?

Voici donc un « témoin du génocide du côté des bourreaux » que Jean-François Dupaquier se vante d’avoir déniché quelque part et qu’il compte trimbaler devant la presse française et internationale pendant des mois pour essayer d’occulter les crimes du FPR de Paul Kagame notamment l’attentat terroriste du 6 avril 1994 ayant coûté la vie à deux chefs d’Etats africains et à trois citoyens français entre autres. Mais on est en droit de se poser la question de savoir qui trompe qui. Entre un Jean-François Dupaquier qui, dans son contrat de communication qu’il a passé avec Paul Kagame à savoir défendre à outrance le régime dictatorial du FPR, et Richard Mugenzi qui est condamné à vivre de ses mensonges et qui en est grassement payé (pour le moment), qui trompe qui? Dans ce jeu des dupes, les dindons de la farce resteront : l’opinion publique abusée, la justice ridiculisée, ainsi que l’honneur des Armées françaises bafoué pour une poignée de dollars déboursés par un régime dictatorial, au moment où un journaliste corrompu et un escroc malgré lui en tirent les plus gros bénéfices.

Ainsi va le monde!

Emmanuel Neretse
24/08/2014

Le Gouverneur Julien P. KAHONGYA : un drôle de génie !

Julien Paluku Kahongya, Gouverneur du Nord-Kivu/photo radiokivu1.com

Avril 2012. La saison des pluies bat son plein à Goma. La nuée de poussière jaune dans laquelle vit le million d’habitants de la capitale provinciale du Nord-Kivu depuis plus d’une année est momentanément remplacée par la boue, les marres d’eau, des milliers de nid-de-poule sur ce que nous appelons pudiquement des « routes », et des immondices que drainent les torrents d’eau à leur passage.

Notre Gouverneur se nomme Julien PALUKU KAHONGYA. Il est en place depuis 2007 comme premier gouverneur élu du Nord-Kivu, et naturellement, il a sa résidence officielle dans la ville. A Goma, tout le monde sait quand le Gouverneur passe : 4×4 aux vitres teintées roulant à 100km à l’heure, convoi de policiers armés jusqu’aux dents, phares allumées, klaxons à tue-tête, sirènes… Si vous avez le malheur de vous trouver sur la voie, vous vous trouvez enveloppé dans une nuée de poussière ou alors éclaboussé de boue et d’eau sale selon qu’il a plu ou que le temps est sec.
Ça doit lui faire un drôle de spectacle à lui, hein ! Tous ces gens qui s’arrêtent à son passage, la main collée au nez ou le dos tourné ; les motards qui chancellent sur leurs engins instables, les badauds qui accourent, les policiers de roulage au garde-à-vous, … Vous savez, la sensation d’un pilote professionnel zigzaguant dans le désert au volant de sa jeep 4×4 !
Attendez ! Il se peut que je me trompe. Notre Gouverneur a dû lire la constitution et connaît ses attributions et ses responsabilités au bout des doigts. Il a la mémoire fraiche et se rappelle sûrement les promesses faites à ses électeurs lorsqu’il demandait leur vote. Je suis sûr qu’il a un poste radio et un écran de télévision grâce auxquels il est quotidiennement au parfum de l’actualité de sa juridiction ; il a des services et des conseillers qui l’informent des humeurs et des attentes de sa population. Et puis il a voyagé. Il a beaucoup sillonné le monde, Monsieur Kahongya : Corée du Sud, Etats-Unis d’Amérique, France, Allemagne, Afrique du Sud, … Il a des éléments de comparaison entre la situation de ses administrés et celle des autres peuples à travers le monde.
Ainsi, il a lancé il y a de cela plus d’une année les « travaux de modernisation de la voirie urbaine de Goma », en grande pompe, à bord d’un bulldozer, devant caméras et curieux. Et depuis plus d’une année, les résultats sont là, flatteurs pour lui : Goma a les allures d’un véritable désert. Je crois que son ambition était de faire de la ville touristique une destination de premier choix pour les randonneurs du désert et, avec quelque chance, de ravir l’organisation du rallye Paris-Dakar à Buenos-Aires. Pas mal !
Une idée saugrenue : des passerelles au-dessus de la boue

En attendant l’arrivée des compétiteurs internationaux, notre lutin de Gouverneur vient d’imaginer une astuce pour « épargner les piétons de Goma d’accidents et autres inconvénients d’une circulation intense » : la construction de passerelles pour piétons sur les principaux carrefours de la ville. Il s’agirait d’une espèce de pont métallique, à 6 mètres de hauteur, dont le coût serait de quarante mille dollars (chez nous tout se compte en dollars, hein !).
Bon ! Je vais m’arrêter là de faire le Mamman. Je déteste les ironies. En fait, notre Gouverneur est incapable de mener au bout le « chantier » des routes de la ville, lui qui a rasé sans réfléchir le vieux et maigre héritage des années Mobutu. Comme s’il ne connaissait pas la constitution, il attribue la responsabilité au gouvernement central. Ce dernier garde un silence de mort sur la question. Peu avant les dernières élections, l’entreprise chinoise qui est censée exécuter les travaux avait asphalté en toute hâte quelque 2km de route, à partir de la frontière rwandaise jusqu’au centre ville, sans doute pour apaiser la population. Depuis, plus rien. Ou presque.
De nombreuses fois des franges de la population se sont levées pour réclamer la poursuite ces travaux, dénonçant les conséquences du mauvais état des routes de Goma sur la santé des personnes, la marche des affaires, et même l’image de la ville et du pays, mais soit on les a réprimé violemment, soit on s’est empressé de les traiter d’ennemis de la paix et de leur coller des étiquettes politiques ou ethniques de toute sorte.
L’Union Européenne a récemment déclaré qu’elle était prête à financer la construction de 30km de routes à Goma, à condition que les autorités congolaises mettent de l’ordre dans les choses (il y a des choses que les diplomates ne disent pas en public, et des mots qu’ils évitent tout simplement !). Au lieu de cela ; au lieu de « mettre de l’ordre », d’éclairer la population sur les raisons de l’arrêt des travaux confiés aux Chinois, de faire ce qui est en son pouvoir pour que les routes de Goma soient construites rapidement, Monsieur KAHONGYA opte pour des parades et des échappatoires « en l’air ». Une passerelle, c’est bien beau. Mais pas au-dessus de la boue ! Encore qu’à l’endroit où il va faire construire cette passerelle, il est de l’avis de nombreuses personnes qu’un rond-point conviendrait mieux et suffirait.
Je ne sais pas ce qu’il en est de la responsabilité du gouvernement central. Ce qui est sûr c’est que la construction des routes d’intérêt provincial et local est de la compétence exclusive des exécutifs provinciaux, d’après l’article 204 Points 11 et 24 de la constitution. Les provinces ont le droit de retenir à la source 40% des recettes réalisées dans leur ressort, justement pour la conduite de tels projets. Si cela n’est pas fait, il est de mon avis que la responsabilité incombe avant tout au Gouverneur, et il ne peut pas tirer des excuses de sa propre incompétence ou son irrespect de la constitution. Il peut à tout le moins démissionner pour montrer qu’il n’est pas d’accord avec ceux qui, au niveau central, violent la constitution et l’empêchent de mener à bien sa politique.
Mais le fait est qu’ils sont tous les mêmes, gouvernement central et gouvernement provincial. Ils ont d’autres préoccupations que le bien-être de la population. La loyauté du gouverneur vis-à-vis du Président de la République est nettement plus importante à ses yeux que celle, dérisoire, vis-à-vis de ses gouvernés. En conséquence, ces derniers sont sacrifiés, à l’autel des intérêts et des calculs individuels, des alliances politiques et des influences transcendantes.
On aura tout vu…
Dans son discours à l’occasion du lancement en grande pompe (comme toujours) de ce projet aussi fou qu’irréfléchi, notre génie de Gouverneur n’a pas manqué de souligner que l’idée lui avait été inspirée lors de ses voyages à l’étranger. Pathétique, vous ne trouvez pas ! Où a-t-il vu une passerelle au-dessus d’une piste qui ressemble plus à une carrière de mines qu’à une route ? A Séoul, à Washington, à Durban ? Ah ! Peut-être bien à Kinshasa, chez ses mentors…
J’espère seulement que les Congolais comprennent ce que tout ceci signifie : on se moque de nous.  Cher compatriote, pire que de ne pas dénoncer ce genre de politiciens, c’est de les reconduire au pouvoir ou de flatter leur ego en applaudissant leurs discours. N’attendez pas que Son Excellence se confesse : ne vous a-t-on pas dit que le ridicule ne tue pas ! Surtout lorsqu’il s’agit de politiciens Congolais…

Biographie d’Ali Bongo Ondimba, Président de la République Gabonaise

Ali Bongo Ondimba entre dans la vie politique gabonaise en 1981. Ministre des Affaires Etrangères de 1989 à 1991 puis député à l’Assemblée Nationale, il occupe ensuite le poste de Ministre de la Défense de 1999 à 2009. En juillet 2009, il est désigné candidat officiel du Parti Démocratique Gabonais (PDG) pour l’élection présidentielle anticipée à la suite du décès du Chef de l’Etat. Elu Président de la République Gabonaise le 30 août 2009, il prête serment le 16 octobre 2009.

Fils du défunt Président Omar Bongo Ondimba et de Patience Dabany, Ali Bongo Ondimba est né à Brazzaville le 9 février 1959. En 1965, il quitte le Gabon pour poursuivre ses études primaires et secondaires en France. Après son baccalauréat, il étudie le droit à l’université de Paris Panthéon-Sorbonne et obtient un doctorat en droit sur le sujet du domaine public.
Après ses études, il entre au Cabinet présidentiel et devient Représentant personnel puis Haut Représentant du Chef de l’Etat. Il milite activement au PDG dès 1981, dont il est élu d’abord au Comité Central avant d’entrer en 1984 au Bureau Politique en qualité de Représentant du Secrétaire Général fondateur. Il y sera confirmé en 1986 à l’issue d’un congrès du Parti où il conduit l’aile réformiste.
En 1989, il est nommé Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération. Il se présente ensuite comme candidat du PDG lors des élections parlementaires de 1990, le premier scrutin organisé après le retour au multipartisme au Gabon. Il est élu dans la province du Haut-Ogooué et devient député à l’Assemblée Nationale.
Parallèlement, le Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon (CSAIG) le porte à sa tête en 1996 et en décembre de la même année, il est réélu député pour la province du Haut-Ogooué.
Après avoir siégé plus de sept ans, Ali Bongo Ondimba retourne au gouvernement en 1999 en qualité de Ministre de la Défense Nationale. Il prend alors l’initiative de multiples projets : la création du Prytanée militaire destiné à l’éducation des futures recrues, la réalisation de l’hôpital d’instruction des armées, structure de performance dans le secteur de la santé publique également ouverte aux populations civiles, de nombreuses dispositions pour revaloriser la condition militaire telles que le renouvellement des équipements, le renforcement des capacités de Défense, la construction de nouveaux casernements et l’amélioration de la vie quotidienne des militaires.
Candidat du PDG pour les élections présidentielles du 30 août 2009, Ali Bongo Ondimba est élu Président du Gabon et prête serment le 16 octobre suivant. Depuis son investiture, il a lancé plusieurs grands projets économiques et d’infrastructures, ainsi qu’une série de réformes administratives et politiques, avec l’ambition de faire du Gabon un pays émergent.
Le Président Ali Bongo Ondimba est marié à Sylvia Bongo Ondimba, et est père de quatre enfants : une fille, Malika, et trois fils Noureddine, Jalil et Bilal, adopté par le couple. Féru d’histoire, il cultive deux passions, le football et la musique, et affectionne particulièrement la musique classique, le jazz et la bossa nova, au point d’être lui-même compositeur de créations musicales comme la bande annonce du film « Orega », du réalisateur Marcel Sanja.Tiré de : http://www.presidentalibongo.com
Ahoussou-Jeannotimg/photo lepays.bf

La Côte d’Ivoire a un nouveau Premier ministre

Ahoussou-Jeannotimg/photo lepays.bf

Ahoussou-Jeannotimg/photo lepays.bf

Le parcours de Maître Jeannot Ahoussou Kouadio/Publié le mercredi 14 mars 2012   |  L’intelligent d’Abidjan

Juriste de formation, Me Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO est titulaire du Certificat d`Aptitude à la Profession d`Avocat (CAPA) depuis Novembre 1980, après des études universitaires sanctionnées par une Maîtrise en Droit, option carrières des Affaires, à l`Université d`Abidjan en 1977.

Cette formation juridique est complétée par un Diplôme d`Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en Gestion des Entreprises obtenu à RENNES en 1978.

Consultant-Formateur à l`INPP (Institut National du Perfectionnement Permanent) de 1979 à 1980, il exerce au Barreau d`Abidjan depuis 1981.

Sa carrière politique débute dès 1970 où il est membre du bureau du MEECI du Lycée Classique de Bouaké. Il sera par la suite, Président de l`Association des Elèves et Etudiants de la Sous-préfecture de DIDIEVI de 1975 à 1977.

Membre du bureau du MEECI de la Faculté de Droit de 1975 à 1977, il est Président du Comité de base du PDCI-RDA de la Cité Fairmont de 1990 à 1995.

Rapporteur Général Adjoint de la Commission de politique Générale au IXème Congrès du PDCI-RDA, Me Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO est Président de la Cellule des Juristes militants du PDCI-RDA depuis 1990.

uMembre du Bureau de la Coordination Régionale du PDCI YAMOUSSOUKRO, chargé des Affaires Juridiques, Membre du Bureau Politique du PDCI-RDA, il est depuis le Xlème Congrès du PDCI-RDA, Secrétaire Général Adjoint de ce Parti, chargé des Affaires Juridiques.

Conseiller Economique et Social en 1999, Maître AHOUSSOU-KOUADIO est Député de la Circonscription électorale de DIDIEVI et TIE-N`DIEKRO (département de DIDIEVI) depuis 2000, après avoir été successivement, Conseiller Municipal de la Commune de DIDIEVI de 1985 à 1990, Maire Adjoint d`Attécoubé de 1990 à 1995 et Grand Conseiller de la Ville d`Abidjan.

En Janvier 2002 à Yamoussoukro, il participe à la rencontre des quatre grands leaders politiques ivoiriens. Nommé Ministre de l`Industrie et de la Promotion du Secteur Privé le 05 août 2002, Maitre Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO participe aux négociations inter-ivoiriennes de Lomé, au titre de la délégation ivoirienne et fait partie du Comité des personnes-ressources du PDCI-RDA aux négociations de LlNASMARCOUSSIS.

uAprès son départ du Gouvernement en décembre 2005, il se consacre pleinement aux activités du PDCI-RDA et assiste le Président Henri Konan BEDIE au cours des principales rencontres politiques sur la crise ivoirienne aussi bien en Côte d`Ivoire qu`à l`étranger.

A ce titre, il participe régulièrement aux réunions du Cadre Permanent de Concertation (CPC) dans le cadre du suivi des Accords de OUAGADOUGOU, aussi bien à Ouagadougou, Abidjan et Yamoussoukro.

Elu à la tête de l`Association des Cadres et Elus PDCI-RDA du GrandCentre (AEC-GC) en 2010, il est désigné comme Directeur National de Campagne du Candidat du RHDP, SEM Alassane Ouattara pour l`élection présidentielle du 28 novembre 2010.

Maitre Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO était depuis le 05 décembre 2010, Ministre d`Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice.

Marié, père de six (6) enfants, le Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio est né le 6 mars 1951 à Raviart, Sous-préfecture de Tiendiekro.
Depuis le mardi 13 mars 2012
il est le nouveau Premier ministre de la Côte d’Ivoire

Fatou Bensouda/photo Wikipédia

Fatou Bensouda

Fatou Bensouda/photo Wikipédia

Fatou Bensouda/photo Wikipédia

De nationalité gambienne, Fatou  Bensouda est  née le 31 janvier 1961 à Banjul. Diplômée de droit après des études dans des universités du Nigéria, elle embrasse la carrière d’avocat.

Après avoir exercé le poste de Procureur général en Gambie en 1987,  elle est nommée ministre de la justice en 1988. En mai 2002, elle commence sa carrière internationale comme conseillère juridique et substitut du procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha en Tanzanie, puis comme procureur adjointe de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye depuis 2004.

Début décembre 2011, elle est nommée procureur général de la CPI en remplacement de Luis Moreno-Ocampo. Elle prendra effectivement son poste en juin 2012. Elle aura la lourde tâche de redorer l’image de la CPI qui donne l’impression d’être une institution instrumentalisée par le monde occidental pour se débarrasser des Africains qui ne veulent pas sauver leurs intérêts. Son test commencera par le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo, l’audience de confirmation de ses charges devant débuter le 18 juin 2012, pour aboutir à son inculpation éventuelle.

Fatou B. Bensouda est mariée et mère de deux enfants.

Visite d’Hillary Clinton en Côte d’Ivoire

Hillary Clinton/wikipédia

Visite d’Hillary Clinton en Côte d’Ivoire : 25 ans après Houphouët, Ado reçoit un secrétaire d’Etat américain.

Le 14 janvier 1987, le secrétaire d’Etat américain d’alors Georges Pratt Shults rencontrait le président Félix Houphouët-Boigny. 25 ans plus tard, c’est Alassane Ouattara qui reçoit Hillary Clinton, l’actuelle secrétaire d’Etat américaine. Qui est cette personnalité politique de premier plan qui foulera le 16 janvier 2012 le sol ivoirien. Portrait.

Une riche carrière

Hillary Diane Rodham Clinton, née le jour le 26 octobre 1947 à Chicago (Illinois), est actuellement la secrétaire d’État des États-Unis, au sein de l’administration du quarante-quatrième président des États-Unis, Barack Obama. De 2001 à 2009, elle était sénatrice démocrate de l’État de New York. Elle fut également la première dame des États-Unis d’Amérique de 1993 à 2001 en tant qu’épouse du quarante-deuxième président, Bill Clinton.
Dans « La puissance et la gloire », Graham Grenne dit qu’il ya toujours dans notre vie, un moment où la porte s’ouvre sur l’avenir. Pour la jeune Hillary Rodham c’est en 1969, quand elle intègre la prestigieuse Yale Law School, où elle fera la rencontre de son futur époux Bill Clinton. Pour elle, tout allait changer. Elle rentre aux comités éditoriaux de la Yale Law Review et de Social Action et s’investit dans les quartiers déshérités de New Haven. En 1971, elle effectue un stage au cabinet d’avocats Walker-Treuhaft et Burnstein. À sa sortie de Yale, Hillary Rodham devient une avocate brillante, conseillant le Fonds de défense des enfants de Cambridge avant de rejoindre l’équipe de juristes qui conseillait la commission judiciaire (Judiciary Committee) des représentants lors de la procédure d’impeachment du président Richard Nixon dans l’affaire du Watergate. Elle déménage en Arkansas pour suivre Bill Clinton qui commence sa carrière politique à Little Rock. Ils se marient en 1975 et ont une fille, Chelsea Clinton, en 1980. Hillary Clinton devient professeure à l’école de droit de l’université de l’Arkansas. Elle fait alors la connaissance de Vince Foster qui est responsable du comité de l’association des avocats de l’Arkansas, lequel gère l’assistance juridique. Foster travaille ainsi avec Hillary Rodham Clinton, avocate stagiaire chargée de l’aide juridique. Foster favorise l’entrée de Hillary Rodham Clinton au « cabinet juridique Rose », où elle devient peu de temps après, la première femme associée. Foster et son collègue, Webster Hubbell, contribuent à surmonter la réticence des autres associés à embaucher une femme. En 1978, le président Jimmy Carter la nomme au conseil de la Legal Services Corporation, alors que Bill Clinton devient gouverneur de l’État de l’Arkansas.

Première dame

Lorsque son époux est élu à la Maison Blanche en 1992, Hillary Clinton devient la première dame des États-Unis et probablement, parmi celles-ci, la plus impliquée dans la vie politique fédérale. Le couple Clinton est aussi le premier couple présidentiel issu du baby-boom. Clinton nomme son épouse dans le groupe de conseillers de la Maison Blanche chargés de réfléchir aux réformes du système de santé. Le groupe de travail adopte un plan de réforme compliqué qui n’arrive d’ailleurs jamais devant les instances législatives et est définitivement abandonné en septembre 1994.
Hillary Clinton obtient de nombreux soutiens en raison de sa défense incessante du droit des femmes à travers le monde et de son engagement pour les enfants. Elle défend toujours son projet d’extension du régime d’assurance maladie, les campagnes de vaccinations obligatoires pour les enfants et une sensibilisation plus forte de la population aux problèmes de santé. Elle travaille aussi sur d’autres projets moins renommés tels le CHIP, Children’s Health Insurance Program ou Programme d’Assurance Maladie pour les Enfants, et un financement pour le dépistage du cancer du sein.

Une femme influente

Hillary Clinton se présente pour le siège de sénatrice de New York aux élections de 2000, et prête serment au Capitole dans la chambre de l’ancien Sénat en tant que sénatrice de New York le 3 janvier 2001. En gagnant son siège, elle devient la première Première dame des États-Unis à être élue à un poste officiel et la première femme, élue sénatrice de l’État. Le 1er décembre 2008, le président élu Barack Obama nomme Hillary Clinton, secrétaire d’État des États-Unis de son futur cabinet présidentiel. Le 15 janvier 2009, la nomination d’Hillary Rodham Clinton est validée par la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, dirigé par John Kerry. Le 22 janvier 2009, Hillary Rodham Clinton devient officiellement secrétaire d’État des États-Unis. Lors de son discours d’entrée en fonction, elle rappelle que l’une des priorités de la politique étrangère américaine est la paix entre Israël, la Palestine et les voisins arabes d’Israël. Elle est choisie cinq fois par le Time pour figurer sur la liste des cent personnes les plus influentes au monde. En 2011, Forbes la classe au deuxième rang de la liste des femmes les plus puissantes du monde.

Publié le 15-01-2012    Source : Lebanco.net     Auteur : Sery Pouamon à Washington ,DC

Ce qu’un Sud-Soudanais a à dire d’Israël

Simon Deng

Qui souffre (le plus) de la politique anti-israélienne de l’ONU ?

Ce sont les paroles de Simon Deng, qui a été un esclave soudanais. Il s’est adressé à la conférence de « Durban III » à New York sur «Les périls de l’intolérance globale» le 22 septembre 2011. Il dit, avec raison, que le procès démesuré fait à Israël se fait au détriment de toutes les victimes du racisme arabo-musulman.

Je tiens à remercier les organisateurs de cette conférence, les Périls de l’Intolérance Mondiale. C’est un grand honneur pour moi et c’est vraiment un privilège d’être parmi les distingués conférenciers aujourd’hui. Je suis venu ici en tant qu’ami de l’Etat d’Israël et du peuple juif.

Je suis venu pour protester contre cette conférence de Durban qui est basée sur un ensemble de mensonges. Elle est organisée par des nations qui sont-elles-mêmes coupables des pires sortes d’oppression. Elle n’aidera pas les victimes du racisme. Elle isolera seulement et visera l’Etat juif. C’est un outil des ennemis d’Israël. L’ONU est devenue un outil contre Israël. Depuis plus de 50 ans, 82 pour cent des réunions d’urgence de l’Assemblée générale de l’ONU n’ont fait que condamner un Etat – Israël. Hitler en serait très heureux.

La Conférence de Durban est un outrage. Tous les honnêtes gens le savent. Mais les amis, je viens ici aujourd’hui avec une idée radicale. Je viens vous dire qu’il y a des peuples qui souffrent de l’anti-israélisme de l’ONU, bien plus que les Israéliens. J’appartiens à l’un de ces peuples. S’il vous plaît écoutez-moi.

En exagérant la souffrance des Palestiniens, et en blâmant les Juifs, l’ONU a étouffé les cris de ceux qui souffrent à une bien plus grande échelle. Depuis plus de cinquante ans, la population indigène noire du Soudan – Chrétiens et Musulmans — ont été les victimes de la brutalité, des régimes racistes arabo-musulmans à Khartoum. Au Sud Soudan, mon pays natal, environ 4 millions d’hommes innocents, de femmes et d’enfants ont été massacrés de 1955 à 2005. Sept millions ont été victimes d’un nettoyage ethnique et ils sont devenus le plus grand groupe de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’ONU est préoccupée par les soi-disant réfugiés palestiniens. Elle a dédié un organisme distinct rien que pour eux. Et ils bénéficient d’un privilège spécial. Pendant ce temps, mon peuple, ethniquement nettoyé, assassiné et asservi, est relativement ignoré. L’ONU refuse de dire au monde la vérité sur les causes réelles des conflits au Soudan. Qui sait vraiment ce qui se passe au Darfour ?

Ce n’est pas un « conflit tribal ». Il s’agit d’un conflit enraciné dans le colonialisme arabe bien connu en Afrique du Nord. Au Darfour, une région dans le Soudan occidental, tout le monde est musulman. Tout le monde est musulman parce que les Arabes ont envahi l’Afrique du Nord pour convertir les peuples autochtones à l’islam. Aux yeux des islamistes à Khartoum, les habitants du Darfour ne sont pas assez musulmans. Et les habitants du Darfour ne veulent pas être arabisés. Ils aiment leurs propres langues africaines, leurs vêtements et leurs coutumes. La réponse arabe est un génocide ! Mais personne à l’ONU dit la vérité au sujet du Darfour.

Dans les monts Nuba, une autre région du Soudan, le génocide a pris place alors que je vous parle. Le régime islamiste de Khartoum cible les noirs Africains – Musulmans et Chrétiens. Personne à l’ONU ne dit la vérité au sujet des monts Nuba.

Entendez-vous l’ONU condamner le racisme arabe contre les Noirs ?

 Qu’est-ce que vous trouvez sur les pages du New York Times, ou dans le dossier des condamnations de l’ONU ? Seulement « les crimes israéliens » et la souffrance palestinienne. Mon peuple a été évincé des Unes des journaux au profit d’une exagération de la souffrance palestinienne. Ce que fait Israël est dépeint comme un péché en Occident. Mais la vérité est que le vrai péché arrive lorsque l’Occident nous abandonne : nous, les victimes de l’apartheid arabe/islamique.

L’esclavage a été pratiqué pendant des siècles au Soudan. Il a été réanimé comme un outil de guerre dans les années 90. Khartoum a déclaré le djihad contre mon peuple et pour le légitimer ils ont pris des esclaves comme butin de guerre. Les milices arabes ont été envoyées pour détruire les villages du Sud et ont été encouragées à prendre les femmes africaines et les enfants comme esclaves. Nous pensons qu’environ 200.000 ont été enlevés, transportés au Nord et vendus comme esclaves.

Je suis une preuve vivante de ce crime contre l’humanité.

 Je n’aime pas parler de mon expérience en tant qu’esclave, mais je le fais car il est important que le monde sache que l’esclavage existe encore aujourd’hui.

Je n’avais que neuf ans quand un voisin arabe nommé Abdullahi m’a amené par ruse avec lui sur un bateau. Le bateau s’est arrêté dans le Nord Soudan où il m’a donné en cadeau à sa famille. Pendant trois ans et demi j’ai été leur esclave subissant les choses qu’aucun enfant ne devrait subir : brutalité, humiliation, coups, travaillant sans relâche ; dormant à même le sol avec les animaux, mangeant les restes de la famille. Pendant ces trois ans, j’ai été incapable de dire le mot « non ». Tout ce que je pouvais dire était « oui », « oui », « oui ».

Les Nations Unies connaissaient l’asservissement du Sud Soudan par les Arabes. Leur propre personnel l’a signalé. Il y a eu l’UNICEF – sous la pression d’un groupe juif américain anti-esclavage – seize ans pour reconnaître ce qui se passait. Je tiens à remercier mon ami le Dr Charles Jacobs pour mener la lutte anti-esclavagiste.

Mais le gouvernement soudanais et la Ligue arabe ont fait pression sur l’UNICEF, et l’UNICEF a fait marche arrière, et a commencé à critiquer ceux qui ont travaillé à la libération des esclaves soudanais. En 1998, le Dr Gaspar Biro, les courageux rapporteurs spéciaux de l’ONU pour les Droits de l’homme qui ont signalé l’esclavage au Soudan, ont démissionné pour protester contre les actions de l’ONU.

Mes amis, aujourd’hui, des dizaines de milliers de noirs Sud-Soudanais servent encore leurs maîtres dans le Nord et l’ONU est silencieuse à ce sujet. Elle offenserait l’OCI et la Ligue arabe.

En tant qu’ancien esclave et victime de la pire espèce de racisme, permettez-moi d’expliquer pourquoi je pense que dire qu’Israël est un Etat raciste est absolument absurde et immoral.

J’ai été en Israël à cinq reprises pour visiter les réfugiés soudanais. Laissez-moi vous dire ce qu’ils sont devenus là-bas. Ce sont des Soudanais qui ont fui le racisme arabe, en espérant trouver un abri en Egypte. Ils ont eu tort. Lorsque les Forces de sécurité égyptiennes ont abattu 26 réfugiés noirs au Caire, qui protestaient contre le racisme égyptien, les Soudanais se sont rendus compte que le racisme arabe au Caire est le même que celui de Khartoum. Ils avaient besoin d’un abri et ils l’ont trouvé en Israël. Tout en esquivant les balles des patrouilles égyptiennes frontalières, ils ont marché de très longues distances, l’espoir des réfugiés était d’atteindre le côté israélien de la barrière où ils savaient qu’ils seraient en sécurité.

Les Musulmans noirs du Darfour ont choisi Israël à tout autres pays arabo-musulmans de la région. Savez-vous ce que cela signifie !!!?? Et les Arabes disent qu’Israël est raciste !?

En Israël, les Soudanais noirs, Chrétiens et Musulmans ont été accueillis et traités comme des êtres humains. Il suffit d’y aller et leur demander, comme je l’ai fait. Ils m’ont dit que par rapport à la situation en Egypte, Israël est le « Paradis ».

Israël, un Etat raciste ? Pour mon peuple, des gens qui connaissent ce qu’est le racisme – la réponse est absolument, non ! Israël est un Etat composé de personnes aux couleurs de l‘arc-en-ciel. Les Juifs eux-mêmes sont de toutes les couleurs, même noir. J’ai rencontré des Juifs Ethiopiens en Israël. De beaux Juifs noirs.

Donc oui… Je suis venu ici aujourd’hui pour vous dire que les gens qui souffrent le plus de la politique anti-israélienne de l’ONU ce ne sont pas les Israéliens, mais tous ces peuples que l’ONU ignore au profit de son grand mensonge contre Israël : nous, les victimes d’abus arabo-musulmans ; les femmes, les minorités ethniques, les minorités religieuses, les homosexuels, dans le monde arabo-musulman. Ceux-ci sont les plus grandes victimes de la haine contre Israël de l’ONU.

Regardez la situation des Coptes en Egypte, celle des Chrétiens en Irak, au Nigeria et en Iran, les hindous et les Bahaïs qui souffrent de l’oppression islamique. Les Sikhs. Nous – Une coalition arc-en-ciel de victimes, cibles des djihadistes – tous en souffrance ! Nous sommes ignorés, nous sommes abandonnés. Alors que le gros mensonge contre les Juifs peut aller de l’avant.

En 2005, j’ai visité un des camps de réfugiés au Sud Soudan. J’ai rencontré une jeune fille âgée de douze ans qui m’a parlé de son rêve. Dans son rêve elle voulait aller à l’école pour devenir médecin. Et puis, elle voulait visiter Israël. J’ai été choqué. Comment une fille de réfugiés qui a passé la plupart de sa vie dans le Nord connaissait Israël ? Quand je lui ai demandé pourquoi elle voulait se rendre en Israël, elle m’a dit « C’est notre peuple ». Je n’ai jamais été capable de trouver une réponse à ma question.

Le 9 janvier 2011 le Sud-Soudan est devenu un Etat indépendant. Pour le Sud-Soudan, cela signifie la fin de l’oppression, de la brutalité, de la diabolisation, de l’islamisation, de l’arabisation et de l’asservissement.

De la même façon, les Arabes continuent de nier aux Juifs leur droit souverain à leur patrie et la conférence de Durban III se poursuit en niant la légitimité d’Israël.

En tant qu’ami d’Israël, je vous fais part d’une nouvelle de mon Président, le Président de la République du Sud-Soudan, Salva Kiir – a publiquement déclaré qu’une ambassade sera construite en Israël — pas à Tel-Aviv, mais à Jérusalem, capitale éternelle du peuple juif.

Je tiens également à vous assurer que ma propre nouvelle nation, et l’ensemble de ses gens, s’opposeront aux forums racistes comme Durban III. Nous nous opposerons tout simplement en disant la vérité. Notre vérité.

Mes amis juifs m’ont appris quelque chose que je veux vous dire maintenant.

AM YISRAEL CHAI !

Le Peuple d’Israël est Vivant ! Merci

Simon Deng

Source JForum.fr, 22 novembre 2011 ; postedeveille.ca

Lire les textes de Hervé Chezeuville et de ses contradicteurs sur le même sujet :
*Pourquoi un Etat palestinien ne devrait pas être reconnu en septembre
*Réaction à l’article d’Hervé Cheuzeville : «Pourquoi un Etat palestinien ne devrait pas être reconnu en septembre»
*Réaction d’Hervé Cheuzeville aux attaques de Jérémy Loisse
*Indépendance du Sud-Soudan

 

 

Yahya Jammeh, dictateur et thaumaturge

Yahya Jammeh/photo wikipédia

L’Afrique a longtemps souffert de l’image déplorable donnée d’elle-même par les clowns sanglants qui, durant les années 70, occupèrent le devant de la scène : les Idi Amin Dada, Bokassa et autres Macias Nguema[1]. Ces sinistres bouffons continuent malheureusement, bien après leur disparition, à « incarner » le continent noir dans l’esprit de nombre d’Occidentaux. Ces derniers oublient trop souvent que ces tyrans ridicules n’ont pu accéder au pouvoir et y demeurer – trop longtemps – que grâce à la bienveillante complicité de cet Occident, français ou britannique. J’ai vécu plusieurs années en Ouganda. Je me souviens encore des questions qui revenaient le plus souvent, lors de mes congés européens : chaque fois, on me demandait des nouvelles d’Amin Dada, alors que ce dernier avait fui le pays trois décennies avant ma venue dans ce pays.

L’Afrique est riche en hommes et en femmes talentueux, bien loin de l’image déplorable donnée par ces tyrans qui – du moins l’espérais-je – appartenaient à un passé révolu. Malheureusement, tel n’est pas le cas. Il existe encore des dirigeants subsahariens qui semblent se  complaire à entretenir ces images caricaturales du chef africain. De tels dictateurs ne peuvent que perpétuer le mythe de la supposée incapacité africaine à gérer de manière rationnelle les affaires d’un Etat et à instaurer des régimes démocratiques qui ne le soient pas uniquement de façade.

En octobre dernier, dans mon article intitulé « Vive la Zambie ! », je saluais l’exemple positif donné par ce pays d’Afrique australe au continent tout entier et même au-delà (à la Russie, par exemple !) Depuis ces élections exemplaires, d’autres ont lieu sur le continent africain. Elles furent, il faut bien l’avouer, moins brillantes que celles de Zambie.

Je souhaiterais en particulier mentionner celles qui se sont tenues le 24 novembre dernier dans le plus petit pays d’Afrique continentale. Ce pays, on en parle peu, dans nos grands médias. Il est surtout connu par ces Anglaises d’un âge certain qui y arpentent les jolies plages, à la recherche du bel et athlétique éphèbe africain de leurs rêves plus ou moins avoués. Il s’agit de la Gambie. Ce pays méconnu du grand public a la mauvaise fortune d’être dirigé par l’un de ces dictateurs burlesques, comme on en avait connu durant les tristes années 70.

Avant de décrire son président, brillamment réélu, pour un quatrième mandat de cinq ans, il convient d’abord de dire quelques mots de la Gambie. Elle constitue le meilleur exemple d’absurdité coloniale que l’on puisse donner. Il s’agit en effet de la vallée d’un fleuve – ce dernier ayant donné son nom au pays – située au beau milieu du Sénégal, mais qui, à cause des hasards de l’histoire, n’en fait pas partie. Avant même la naissance de Vasco de Gama, le premier navigateur à avoir accompli le tour des côtes africaines, les Portugais avaient installé, dès 1455, des comptoirs le long du fleuve Gambie.

Puis, à partir de 1816, la vallée fut occupée par les Britanniques, alors que les Français s’étaient depuis le règne de Louis XIV installés plus nord, dans un comptoir qu’ils nommèrent Saint-Louis, en l’honneur de leur souverain. Ils devaient d’ailleurs s’établir, plus tard, en Casamance, au sud de cette vallée du fleuve Gambie. La possession britannique se retrouvait donc entourée, au nord et au sud, par des territoires français. Les disputes issues de cette situation furent réglées grâce à une canonnière. Les deux puissances rivales s’accordèrent pour tracer la frontière entre leurs territoires respectifs là où tomberaient les projectiles tirés à intervalles réguliers, vers le nord et vers le sud, par le canon d’un navire anglais remontant le fleuve Gambie.

La frontière orientale du territoire britannique serait, quant à elle, établie à l’endroit où la profondeur ne permettrait plus à la canonnière de poursuivre son voyage vers la source. C’est ainsi que naquit un pays étroit aux contours étranges, suivant toujours le cours du fleuve, jusqu’à 320 kilomètres de son embouchure. La largeur du territoire gambien varie entre 20 et 50 kilomètres, et son altitude n’excède pas 55 mètres au-dessus du niveau de l’océan. Tout autour de cette vallée, c’est le Sénégal. Pour aller de Dakar à Ziguinchor, le chef-lieu de la Casamance, il faut obligatoirement traverser le territoire gambien sur une vingtaine de kilomètres (à moins de faire un détour vers l’est de près de mille kilomètres !) La superficie totale de la Gambie n’excède pas 11 300 km²  (à peine plus que celle de la Corse), ce qui en fait le plus petit pays d’Afrique, en excluant les Etats insulaires que sont l’archipel du Cap Vert ou São Tome e Principe. La population actuelle du pays s’élève à 1,8 million. Pour compléter cette description d’un héritage colonial aberrant, il convient d’ajouter que les Wolof, les Diola et les Toucouleur sont des peuples que cette frontière a divisés, entre Sénégal et Gambie.

Ces deux pays ont donc quasiment la même composition ethnique, les mêmes langues et la même religion majoritaire, l’islam. Seule la langue officielle, celle de l’éducation, diffère : au Sénégal, c’est le français qui s’est imposé, tandis que c’est l’anglais qui est utilisé sur les rives du fleuve Gambie ! Le Sénégal, comme la plupart des pays de l’ancienne Afrique Occidentale Française, a obtenu son indépendance en 1960, tandis le voisin gambien n’y a accédé qu’en 1965, sous l’impulsion de Sir Dawda Jawara[2], son premier président. Le Sénégal est l’un des Etats qui jouent un rôle important au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie[3], alors que la Gambie est membre du Commonwealth.

Fort heureusement, les deux pays appartiennent tous deux à l’ensemble régional, la CEDEAO[4]. Depuis les années 80, le Sénégal a poursuivi son expérience démocratique, s’offrant même le luxe trop rare d’une alternance politique, en l’an 2000, lorsque le sortant Diouf fut battu par l’opposant Abdoulaye Wade. La Gambie quant à elle a pris la direction opposée.  Les trois décennies qui suivirent l’indépendance furent marquées par la personnalité de son père fondateur, Dawda Jawara, et par l’omniprésence de son parti, le PPP (Parti Progressiste du Peuple). Leur pouvoir fut cependant ébréché en 1981, lors d’une première tentative de coup d’État militaire, alors que le président se trouvait à Londres pour assister au mariage du prince Charles et de Lady Di.

Il put cependant rentrer à Banjul[5], la capitale gambienne, grâce à l’intervention des troupes sénégalaises. Lui ayant permis de demeurer président, c’est ce sauvetage sénégalais qui poussa Jawara à accepter la création de la confédération de Sénégambie, quelques semaines après le putsch avorté.  Au vu de la géographie et de la population de ces  deux voisins, cette confédération constituait une étape logique vers une plus grande intégration. Le président gambien en devint le vice-président, tandis qu’Abdou Diouf en assumait la présidence. Malheureusement, l’expérience échoua et la confédération disparut en 1989.

Le second coup d’État eut cependant raison du régime paternaliste de Sir Dawda Jawara.

Quel contraste entre le patriarche vieillissant, diplômé des universités britanniques, converti au christianisme afin de pouvoir épouser une Anglaise, et son successeur, un jeune lieutenant de 29 ans, Yahya Jammeh. C’est cet homme peu instruit qui, depuis son coup d’État réussi du 22 juillet 1994, incarne, parfois pour le meilleur mais trop souvent pour le pire, la petite Gambie. Sous la pression de la communauté internationale, il dut se résoudre à organiser des élections et à tolérer le multipartisme. Mais la démocratie telle que la conçoit Jammeh n’est qu’une démocratie de façade. Il dirige le pays d’une main de fer, n’hésitant à faire disparaître, assassiner ou torturer toute personne pouvant menacer son emprise sur le pouvoir.

Selon un rapport d’Amnesty International, paru en juillet dernier,  ce sont des centaines de Gambiens qui ont connu un tel sort, depuis son arrivée au pouvoir. Dans une allocution télévisée, Yahya Jammeh a d’ailleurs été on ne peut plus clair : « Si vous pensez que vous pouvez collaborer avec les prétendues organisations de droits de l’Homme et vous en sortir comme ça, vous devez vivre dans un monde de rêves. Je vais vous tuer et rien d’autre ne va se passer. » Là encore, le contraste est grand avec son prédécesseur, qui savait, au moment opportun, faire preuve de magnanimité à l’égard de ses opposants.

La situation de la presse gambienne est caractérisée par la peur et l’autocensure. En 2004, Deyda Haidarra, patron du journal « The Point » et correspondant de l’Agence France Presse et de Reporters Sans Frontières, fut tué par balles. Ce meurtre ne fut jamais élucidé. Que peut-on attendre, d’ailleurs, d’une justice aux ordres! Il est  intéressant de noter que c’est un magistrat gambien, Hassan Bubacar Jallow, qui fut nommé en 2003, pour remplacer la trop indépendante Carla del Ponte à la tête du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), avec l’accord bienveillant de Paul Kagame. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jallow ne fait pas preuve de plus de témérité à l’égard du maître de Kigali qu’il n’en fit envers celui de Banjul.

Afin de légitimer sa mainmise sur le pouvoir, Jammeh a créé son parti politique, l’Alliance Patriotique pour la Réorientation et la Construction. Il a aussi organisé des élections tous les cinq ans depuis celles tenues en 1996, après son coup d’ État. Il les a bien sûr toutes remportées haut la main. Les dernières ont eu lieu, on l’a vu, le 24 novembre dernier.  Pour lui faire face, il y a avait bien deux candidats, déjà présents lors des précédents scrutins. Mais, comme au Rwanda, il s’agissait là surtout de candidatures servant de faire valoir au président sortant. Ce dernier, aujourd’hui âgé de 46 ans, ne s’est d’ailleurs même pas donné la peine de faire campagne. Il s’est contenté d’une une tournée dans le pays, afin de remercier ses compatriotes d’avoir bien voulu le réélire, cinq années plus tôt. La CEDEAO ne s’y est d’ailleurs pas trompée, ne jugeant même pas nécessaire d’envoyer des observateurs lors de ces élections. Jammeh fut confortablement reconduit dans ses fonctions, avec 71,5% des suffrages.

Le pire a sans doute été atteint lorsque que Yahya Jammeh fut pris d’une sinistre lubie. Fils d’un guérisseur renommé, il annonça qu’il avait la capacité de guérir le SIDA, l’asthme, le diabète,  l’hypertension et l’impuissance. Tout cela grâce à ses prétendus pouvoirs mystiques et à l’usage de plantes, avec lesquelles il a confectionné une sorte d’onguent verdâtre, dont il garde la composition jalousement secrète. Gare à ceux qui mettraient en doute ses capacités de thaumaturge ! En 2007, il n’a pas hésité à faire expulser le Dr Fadzai Gwaradzimba, représentante coordinatrice du système des Nations Unies en Gambie : elle avait osé exprimer des réserves quant au traitement présidentiel du SIDA. Il devait en faire de même avec le représentant de l’UNICEF. Lors d’un discours, le chef de l’Etat a d’ailleurs dit : « Je guéris le SIDA et je n’ai aucune explication à donner à ceux qui ne croient pas à ce que je fais, et encore moins à l’Occident. » Le président gambien est la vedette d’une émission de la télévision gambienne, au cours de laquelle il prétend guérir du SIDA à l’aide de moult incantations, libations et autres formules magiques.

Dans son édition du 7 décembre dernier, le « Canard enchaîné » a fait l’honneur à Yahya Jammeh de lui consacrer tout un article, en première page ! Cet article, intitulé « Dictateur ? Et Gambien même ! », se faisait l’écho, à la manière sarcastique habituelle du journal, de la récente réélection du président gambien.  Le journal évoquait, entre autres, la récente édification d’un imposant arc de triomphe, haut de 35 mètres, à l’entrée de Banjul, afin de commémorer l’arrivée au pouvoir de Jammeh. Pourtant, comme l’a d’ailleurs souligné l’hebdomadaire parisien, le dictateur gambien ne devrait pas faire rire, pas même sourire. Par ses atteintes aux libertés fondamentales et aux droits de l’Homme, par ses trafics en tous genres (armes et cocaïne, entre autres), par ses relations avec l’Iran d’Ahmadinejad (et, il y a encore peu de temps, avec la Libye de Kadhafi), l’homme fort de Banjul est un personnage dangereux, tant pour son pays que pour la stabilité de la région. Les autorités sénégalaises, qui ne sont toujours pas venues à bout de l’interminable rébellion de Casamance (région méridionale du Sénégal, frontalière de la Gambie) en savent quelque chose.

D’une manière plus générale et au-delà de la personnalité controversée de l’actuel dirigeant gambien, la question de la viabilité de certaines frontières héritées du colonialisme devra tout ou tard être sérieusement abordée. Quelles perspectives de développement véritable peuvent donc s’offrir à la petite Gambie, ce pays enclavé et déshérité où la majorité de la population vit avec moins d’un Euro et demi par jour ? Les Sénégalais et les Gambiens n’auraient-ils pas tout à gagner si leurs pays formaient enfin une véritable confédération ? Cet Etat confédéral aurait le français et l’anglais comme langues officielles, atout non négligeable, à l’heure de la mondialisation.

Le départ du pouvoir de Yahya Jammeh ne semble pas être pour demain. Sans sombrer dans un néocolonialisme qui n’a plus lieu d’être, il est pourtant à souhaiter. Il en va de la dignité de l’Afrique et de la fierté des Africains. Espérons donc que les Gambiens parviennent à se débarrasser de leur président thaumaturge afin de pouvoir s’exclamer, en parodiant le style du « Canard » : plus jamais Jammeh !

Hervé Cheuzeville, 11 décembre 2011.

(Auteur de trois livres: « Kadogo, Enfants des guerres d’Afrique centrale« , l’Harmattan, 2003; « Chroniques africaines de guerres et d’espérance« , Editions Persée, 2006; « Chroniques d’un ailleurs pas si lointain – Réflexions d’un humanitaire engagé« , Éditions Persée, 2010).


[1] Ce sanglant dictateur fut moins connu internationalement que ses « collègues » ougandais et centrafricain : il martyrisa cependant son pays, la Guinée Équatoriale, de 1968 à 1979, année où il fut renversé et exécuté par son neveu, l’actuel président Teodoro Obiang Nguema.

[2] Dawda Jawara, vétérinaire de formation, né en 1924, fut premier ministre de Gambie de 1962 à 1970. Il conduisit son pays à l’indépendance en 1965, proclama la république en 1970 et en devint le président, jusqu’en 1994.

[3] Depuis 2002, l’OIF est d’ailleurs dirigée par l’ancien président sénégalais Abdou Diouf.

[4] Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

[5] Fondée par les Britanniques en 1816, sur l’île Sainte-Marie, dans l’estuaire du fleuve Gambie, la capitale gambienne porta le nom de Bathurst jusqu’en 1973, lorsqu’elle fut renommée Banjul.

Honneur et fidélité : le sacrifice du colonel Robert Jambon

Colonel Robert Jambon/chezeuville.net

Le 27 décembre 2009, commençait le rapatriement de plusieurs milliers de réfugiés Hmong du Laos. Ils vivaient depuis des années entourés de barbelés, dans un camp du nord de la Thaïlande. Cette action concertée des gouvernements thaïlandais et laotien avait, à l’époque, suscité bien peu de réprobation internationale. Les grands médias évoquèrent à peine cette malheureuse affaire.   Quelques jours plus tard, émus par ces affligeantes nouvelles, je consacrai un article à cet évènement. Je tentai ensuite de le faire circuler, via internet. Mon papier était intitulé « La tragédie des Hmong du Laos ». Depuis, je l’ai intégré à mon dernier livre, « Chroniques d’un ailleurs pas si lointain – Réflexions d’un humanitaire engagé », paru aux Éditions Persée en décembre 2010, tout juste un an après ce discret rapatriement.

Que sont devenus, depuis, ces milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ? J’avoue ne pas le savoir. Souvenons-nous cependant que c’est les armes à la main que nombre de ces hommes avaient combattu le régime communiste et l’occupation vietnamienne de leur pays.

Ce matin, cette tragédie m’a rattrapé. En effet, quelqu’un a bien voulu me transmettre la dernière lettre d’un officier français, le colonel Robert Jambon, 86 ans, commandeur de la Légion d’Honneur. Au début des années 50, cet homme avait passé plusieurs années dans les maquis Hmong, dans les montagnes du Nord Laos. A l’époque, lui et ses camarades hmong se battaient, au nom de la France, contre l’invasion vietminh du Laos. Le 27 octobre 2011, à Dinan, le colonel Jambon s’est tiré une balle dans la tête devant le monument aux morts d’Indochine. J’avoue ne pas avoir entendu parler de ce drame, lorsqu’il s’est produit. Cet homme d’honneur a été inhumé le 3 novembre dernier à Riols, dans l’Hérault. Le colonel Jambon ne s’était jamais remis d’avoir vu la France abandonner les Laotiens à leur triste sort. La tragédie du rapatriement des derniers réfugiés hmong semble avoir exacerbé en lui une vielle souffrance, qui ne l’avait quittée depuis 1954.

Aujourd’hui, je ne vais pas épiloguer sur la tragédie laotienne. Je l’ai déjà fait par le passé et encore tout récemment dans mon article intitulé « 2 décembre, triste date ». Je préfère céder la parole au colonel Robert Jambon dont je reproduis, ci-dessous et in extenso la dernière lettre. Ce nouvel article lui est dédié, en respectueux hommage à sa mémoire.

 

Hervé Cheuzeville, 5 décembre 2011

 

MA DERNIERE CARTOUCHE

                                    ULTIME COMBAT POUR UNE CAUSE ORPHELINE

 

Non ! Le Laos n’était pas une « colonie » comme les autres. Nous ne l’avions pas pris de force : il s’était donné à nous librement à la suite d’une sorte d’attirance réciproque nouée à l’occasion d’évènements dramatiques. « A la conquête des cœurs ! » écrivait Auguste PAVIE dont la personnalité attachante avait séduit le vieux Roi Oun KHAM qui avait placé son royaume sous la protection de la France pour échapper à la cruelle tutelle du voisin Siamois.

Non ! Les Laotiens ne sont pas un peuple comme les autres. Leur art de vivre, leur façon d’être heureux malgré, ou peut-être à cause, d’une extrême pauvreté ; leur aménité, leur nonchalance (parfois stigmatisée par leur laborieux voisin vietnamien), la bouleversante douceur de leurs femmes, la gentillesse de leurs enfants en font un peuple à part dans un monde dominé par la loi du profit. A l’exception notable de Hmong, victimes depuis 1975 d’un véritable génocide, ce ne sont pas de farouches guerriers mais ils savent, sans se plaindre, mourir au combat et ont le courage de se faire tuer en se portant au secours d’un frère d’armes.  C’est ainsi que, le 17 juillet 1950 vers 14 h, près de Ban Saka, le chasseur Ba LAN, mortellement frappé à mes côtés, ne prononce qu’un mot, thièp, pour me signaler qu’il est blessé ; il s’éteint, 10 heures plus tard, sans avoir une seule fois crié sa souffrance ! Et lorsque, le 7 juillet 1954, je me débats dans la Nam Hin Boun en crue sous les tirs d’une cinquantaine de Viêts, le sergent LIENE, qui a déjà traversé la rivière, fait demi-tour et se jette à l’eau pour me secourir ; il est tué d’une balle dans la tête à quelques brasses de moi ! Et le lendemain (8 juillet), alors que, blessé, j’étais dans l’incapacité de franchir une barre calcaire de plusieurs centaines de mètres de haut pour rejoindre les miens, de braves paysans lao m’ont littéralement porté par-dessus l’obstacle, et cela au péril de leur propre existence !

Non ! Les Laotiens n’étaient pas des amis comme les autres, ceux qui vous oublient lorsque viennent les épreuves et les dangers : quand les Japonais exécutèrent leur « coup de force » du 9 mai 1945 avec une traîtrise peu en rapport avec les principes du « bushido », il y eut, en de nombreux endroits, et notamment à Thakkek, une véritable chasse à l’homme blanc. Ceux qui étaient pris étaient souvent décapités. Monsieur Henri FRAISSE, sous-préfet à Mortagne-au-Perche en 1991, se souvient : petit garçon habitant Thakkek avec ses parents, lui et sa famille ont été sauvés par des laotiens qui, au péril de leur vie, les ont emmenés, cachés et nourris jusqu’à ce que tout danger soit écarté. Et dans tout le pays, les Laotiens ont agi de même, au secours des Français menacés.

C’est dans ce contexte d’amitié partagée que la France, du temps de sa grandeur, a signé, après Dien Bien Phu dont le choix avait été dicté par le souci de protéger le Laos, trois traités garantissant la liberté et l’indépendance du Royaume du Million d’Eléphants et du Parasol Blanc. D’abord le traité de Genève de 1954 mettant fin à notre guerre d’Indochine. Ensuite, les Accords de Genève de 1962 garantissant la neutralité du Laos. Enfin le Traité de Paris de 1973 pour le respect et la reconnaissance de l’indépendance, de la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume du Laos. Or, ces accords ont été violés, sans réaction notable des signataires, par la République Démocratique du Viêt Nam (devenue depuis République Socialiste du Viêt Nam) : dès le retrait précipité des Américains fin 1975, d’importantes forces armées nord-vietnamiennes ont envahi le Laos et permis aux maigres effectifs communistes lao de s’emparer du pouvoir par la force lors du « coup d’Etat » du 2 décembre 1975. Il faut savoir que les effectifs vietnamiens engagés à cette occasion ont été (officiellement) démobilisés sur place et convertis en ouvriers travaillant dans le cadre d’un projet de développement rural financé par les aides internationales. En réalité, ces aides ne font qu’entretenir une armée d’occupation vietnamienne abritée dans la Zone Spéciale Stratégique de Xay Somboun (au sud-ouest de Xieng Khouang), véritable Base de regroupement de soldats et cache d’armes lourdes (artillerie et blindés). Ces importantes forces vietnamiennes sont toujours prêtes à intervenir sans délai en cas de soulèvement populaire ou de coup d’Etat contre le gouvernement actuel, mis en place par Hanoï. C’est d’ailleurs dans cette zone qu’ont eu lieu les répressions les plus féroces contre les résistants Hmong désespérément accrochés au fameux massif du Phou BIA. En outre, il m’a été confirmé par différentes sources (dont certaines sont implantées au sein même du pseudo Gouvernement laotien), que le Viêt Nam avait procédé, depuis des années, à une massive colonisation de peuplement  en installant au Laos, sur les meilleures terres, 3 millions de Vietnamiens communistes bénéficiant d’avantages exceptionnels. De surcroît, on constate une mainmise des Vietnamiens sur les différents services artisanaux (coiffeur, menuisier, épicier, boucher etc.) au détriment des Laotiens.

Lorsque, fin 1975, les Américains se sont « désengagés » du conflit vietnamien, je n’ai pas compris que le Laos allait perdre son indépendance et qu’une inhumaine dictature communiste allait  lui être imposée par la force des armes. Nos gouvernants ont feint de croire qu’il s’agissait d’une affaire intérieure laotienne, ce qui les dispensait d’agir dans le cadre de nos engagements. Et lorsque le Père Jean-Marie OLLIVIER, oblat de Marie Immaculée, a voulu dénoncer, pour en avoir été témoin, cette ingérence d’une puissance étrangère dans les affaires intérieures d’un Etat indépendant, on lui a répondu… qu’on « ne voulait pas le savoir » ! J’ai d’ailleurs écrit à ce sujet un article contenant le récit détaillé du Père OLLIVIER sous le titre « Les lépreux de SOMSANOUK et le Missionnaire qui en savait trop ».

Par suite du mutisme complice des autorités françaises, je n’ai appris l’asservissement du Laos qu’en 1999, en lisant le témoignage terrifiant du colonel Khamphan THAMMAKHANTI, l’un des rares rescapés de ces goulags qui font partie de la « culture » communiste. Ce récit, intitulé « La vérité sur le camp-prison n° 01 ou camp de la mort au point 438-745 », m’a été transmis par SAR le Général Tiao SAYAVONG, ancien commandant de la 1° Région Militaire (Luang Prabang) et demi-frère du Roi Sri Savang VATTHANA. Ce Général, que j’avais connu lieutenant à Thakkek en 1954, avait lui-même passé 16 ans en « camp de rééducation ». Quelques temps après avoir témoigné, lui et le Colonel THAMMAKHANTI sont morts des suites des mauvais traitements qu’ils avaient endurés…

Avec une grande naïveté, j’ai pensé que nos « média » et nos gouvernants n’étaient pas « au courant ».  Il m’appartenait donc de dénoncer le crime. Ce que j’ai fait en m’adressant aux grands journaux, aux mouvements de défense des peuples opprimés, aux politiciens, à Mr CHIRAC puis à son épouse, à certaine vedette de la chanson, à Mr KOUCHNER, à Mr MENARD, à Mr d’ORMESSON, à Mr DEVEDJIAN, au candidat puis au Président SARKOZY et à son épouse. Les réponses sont allées du silence méprisant aux justifications minables ou mensongères. Et j’ai fini par comprendre qu’ils étaient tous « au parfum », un parfum de cadavres, et que tous participaient à cette conspiration du silence qui entoure les crimes communistes.

Et puis, au début de 2010, est arrivé l’inacceptable : 4200 Hmong enfermés depuis des décennies dans un « camp de regroupement » thaïlandais ont été livrés à leurs bourreaux lao-viêts afin d’améliorer les bonnes relations (commerciales) entre la République Démocratique Populaire Lao et le Royaume Thaïlandais. Survenant au moment où l’on « commémorait » la sinistre « rafle du Vel. d’Hiv. » commise pour des raisons ethniques sur des effectifs comparables, ce crime (connu avant d’être consommé) aurait dû  soulever une énorme vague d’indignation. C’était compter sans le pouvoir discrétionnaire des journalistes de tous bords qui ont littéralement escamoté l’évènement. A part deux ou trois brefs communiqués, que personne n’a repris mais qui pourront, plus tard, servir d’alibi et ce sont toutes « les belles consciences brevetées » qui sont restées muettes, enveloppant dans un linceul de silence les 4200 Hmong partis pour leur dernier voyage…

Après une période de découragement, j’ai décidé de jouer ma dernière carte, ou plus exactement de tirer ma dernière cartouche. Dans ma tête. En d’autres termes, je vais me faire « sauter le caisson » pour expier ma part de honte et protester contre la lâche indifférence de nos responsables face au terrible malheur qui frappe nos amis Lao. Ce n’est pas un suicide mais un acte de guerre visant à secourir nos frères d’armes en danger de mort. Quant à vous, les gouvernants sans honneur, vous, les grands « média » sans courage et vous, les « collabos » sans vergogne, je vous crache mon sang et mon mépris à la gueule !

Je demande pardon à tous ceux qui m’aiment pour le chagrin que je vais leur causer.  

 

                                                               Le Colonel Robert JAMBON

                                                              Retraité des Troupes de Marine