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Togo : Quelle Afrique pour le centenaire ?

Les rideaux sont tombés depuis plus d’un an sur les podiums des pays africains ayant célébré le cinquantenaire de l’indépendance.L’histoire rappelle, contrairement à certains pays où l’indépendance a été octroyée sans attaque et sans riposte, que d’autres l’ont conquise au prix de mille sacrifices.Le désir passionné de liberté et d’indépendance ainsi que le désir de paix parmi les hommes, sont des idéaux qui ont inspiré l’homme au cours des âges.

Les premiers chefs d’Etat qui avaient lutté pour sortir leurs pays du joug colonial, avaient des objectifs précis, même s’il leur arrivait parfois, de voir une situation complètement à l’envers.

Les dirigeants africains s’intéressaient relativement peu aux aspects militaires de l’indépendance. Ils se préoccupaient surtout d’assurer les bases de leur pouvoir interne et de mettre en route des programmes de développement économique.

Malheureusement le continent allait rentrer avec des fortunes diverses, dans un processus de longue durée caractérisé par des coups d’Etat militaires.

La célébration du cinquantenaire pose un problème de conscience. La question pertinente et légitime qui doit interpeller tout africain est relative à la date de célébration de l’événement.

On peut se demander si une telle manifestation est possible dans la mesure où les dates d’indépendance de certains pays ont été mises sous scellés au profit des dates de prise de pouvoir par les armes. La gymnastique arithmétique, entre la date d’indépendance et celle de prise de pouvoir par la force, pour fixer la date du cinquantenaire, constituerait un grand défi pour tout esprit éveillé.

L’exercice exciterait la curiosité des uns et des autres pour la simple raison que les dates d’indépendance ont eu droit à un enterrement. Des historiens d’occasion appuyés par des consciences stipendiées, se sont mis à l’œuvre par des exercices d’affabulation.

Les générations présentes, celles qui ont moins de cinquante ans en 2010 connaissent peu ou pas du tout les événements que rappellent les dates

d’indépendance. Biffer cette partie du curriculum vitea des pays concernés, constitue un crime de lèse majesté historique au premier chef.

En effet, les hommes sont soit des acteurs volontaires ou involontaires, soit des témoins directs ou indirects de l’histoire. L’histoire ne s’écrit pas. Elle s’impose comme étant un ensemble de faits vécus dont les spécialistes ont l’obligation morale d’en rendre compte aux générations présentes et futures en procédant à une analyse honnête et objective.

Les faits étant têtus, le vent de la démocratisation qui a soufflé sur le continent dans les années 90 a remis les pendules à l’heure. C’est ainsi que les dates des indépendances ont fait leur résurrection.

I- LES DIRIGEANTS AFRICAINS DANS L’AMBIANCE DU CINQUANTENAIRE.

Pendant quarante neuf ans, les anniversaires soit d’indépendance soit de prises de pouvoir par les armes étaient célébrés par des défilés militaires et civils ainsi que par d’autres activités accessoires. Le cinquantenaire n’a pas dérogé à la routine. D’énormes sommes d’argent avec d’importantes pertes de temps ont été utilisées dans des manifestations qui n’ont rien apporté au continent.

Les dirigeants africains rivalisaient de défilés militaires et civils. Dans certains pays, ce sont des mouvements d’ensemble importés soit de Chine soit de Corée qui ont agrémenté les manifestations au détriment de la valorisation des diverses richesses culturelles.

Les chefs d’Etat des pays francophones ont eu l’honneur de se retrouver autour de leur maître pour célébrer le 14 juillet. Bon nombre de consciences éveillées avaient trouvé insolite ce rendez-vous de la France-Afrique. Il est intéressant de rappeler que les relations franco-africaines relèvent moins des rapports internationaux d’Etat à Etat que d’un mélange malsain de relations officielles et d’intérêts privés, de liens personnels et de réseaux parallèles, tout étroitement liés. C’est ainsi que par le jeu des mots, une politique du verbe garantit l’indépendance, pendant qu’un faisceau d’accords de coopération mis en œuvre par des réseaux de toute nature et des structures de dépendances construites et entretenues, assurent la présence culturelle, politique, économique et financière de la France.

Cette situation renforce davantage l’opposition historique entre le bloc francophone et le bloc anglophone, ce qui ne favorise aucunement les efforts de construction de l’unité africaine. C’est pour cette raison qu’il n’est pas superflu de dire qu’il faut décoloniser la mentalité des élites africaines qui croient dur comme fer, que toute possibilité d’évolution ne saurait se faire sans la France. Il appartient donc à ces élites de se débarrasser de certains comportements caricaturaux pour pouvoir s’imposer et obtenir de la France le respect pour les peuples africains.

II- QUEL DOIT ETRE LE SENS DU CINQUANTENAIRE ?

Au lendemain des indépendances, les cadres africains étaient en nombre réduit. Mais en cinquante ans, avec une population galopante dont la moitié est constituée de jeunes, le continent peut être fier d’avoir formé beaucoup de compétences.

L’Afrique, berceau de l’humanité très riche en ressources humaines et en ressources naturelles, est malheureusement devenue un continent « malade de ses dirigeants ».

L’Afrique est confrontée à des rivalités, à des intrigues de tout genre, à des formes d’esclavage et de colonisation.

L’Afrique vit au rythme des conférences. L’Organisation de l’Unité Africaines (OUA) d’abord et l’Union Africaine (UA) ensuite s’illustrent dans des conférences qui auraient dû apporter beaucoup d’espoir et beaucoup de solidarité aux peuples africains.

Pour le cinquantenaire d’indépendance, l’UA avait l’obligation d’organiser une conférence d’inventaire qui devrait permettre aux dirigeants, d’établir, par rapport aux conclusions et aux décisions des conférences antérieures, la ligne de conduite qui assurera la paix et la prospérité à tous les peuples africains.

Les défis auxquels est confronté le continent sont énormes. C’est la raison pour laquelle, la bonne stratégie commande la nécessité d’une réunion aux fins de discuter et de trouver des solutions aux problèmes posés. Il appartient à cet effet, aux dirigeants africains d’épauler leur tâche sans aucune ambition personnelle, mais seulement dans l’intérêt du plus grand bien au plus grand nombre. Il reste entendu qu’il faut formuler des principes de conduite réalistes, rationnels, et apporter une contribution effective à l’éradication progressive des maux qui assaillent les peuples.

Malheureusement les dirigeants africains n’ont pas fait preuve d’imagination. Beaucoup d’argent a été investi dans des divertissements qui n’ont rien apporté aux populations assujetties à la misère alors qu’ils avaient tout ce qu’il faut pour solliciter les différentes compétences aux fins d’interroger le passé.

III- AFRIQUE ET DEMOCRATIE

La démocratie est une affaire des démocrates

Depuis longtemps, le mot démocratie circule comme monnaie dévaluée sur la place du marché politique. Ce vocable éveille des résonances dans l’esprit des peuples et jaillit de leurs lèvres quand ils luttent pour la liberté ou pour l’amélioration de leur condition de vie.

Beaucoup d’intellectuels ont souvent essayé d’évaluer le meilleur système de gouvernement. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il n’y a pas encore de système parfait. Ce qui apparait clairement est que la démocratie est le système qui fonctionne mieux dans le long terme, comme on l’a souvent vu, quand des systèmes moins performants, ont montré leurs limites et parfois même, leur incapacité à apporter la prospérité à tous les citoyens ou à répondre aux aspirations de la majorité.

Qu’est-ce que la démocratie peut offrir aux Africains ? Disons qu’elle peut, mieux que les dictatures, offrir de meilleures chances pour la paix et la prospérité.

En général, les démocraties sont mieux disposées à éviter le désastre économique en permettant aux populations de vivre mieux et de choisir des gouvernements plus performants.

Si la démocratie est efficace, pourquoi existe-t-elle peu en Afrique ? La raison semble simple et de nature politique, car ce qui est bon pour les gouvernés, n’est pas forcément bon pour les gouvernants.

Les autocrates de la vieille école embrassent souvent l’idée peu judicieuse, que la démocratie est un luxe des pays riches, que les pauvres sont mieux gouvernés par une main de fer. Malheureusement, de tels politiciens oublient que la démocratie est une valeur universelle à laquelle chaque personne a un droit inaliénable.

Le lancement d’un processus démocratique passe nécessairement par des élections qui constituent le mode par excellence d’accession au pouvoir et de désignation des représentants du peuple. Sur le continent, l’organisation de ces élections est souvent source de violence, et parfois même, une cause de guerre, parce que les institutions intervenant dans le processus électoral, ne jouent pas leur rôle de façon responsable et efficiente car elles sont très souvent aux ordres des candidats sortants qui mettent tout en œuvre y compris tous les moyens de l’Etat (fonctionnaires, véhicules, deniers publics etc) pour truquer les élections et les résultats avec la complicité des réseaux étrangers. Deux catégories de dirigeants, trafiquants d’élections, émergent de cette situation dramatique pour la santé politique du continent à savoir :

• les dictateurs en démocratie de fantaisie qui sont des indigents de la pensée universelle,

• les sprinters de longue course, qui sont des athlètes de l’immortalité politique éphémère.

Mal élus, ils se considèrent comme des souverains providentiels qui n’ont de compte à rendre à personne. Durs à la détente, ils n’acceptent jamais les critiques, fussent- elles constructives.

Ces trafiquants, considèrent le fait de gagner les élections par tous les moyens comme une fin en soi, et non comme un moyen de mettre en application, des programmes visant la stabilité politique et le développement économique. Ce sont des dangers qui constituent des obstacles sérieux à l’émancipation de l’Afrique dans toutes ses dimensions intellectuelle, morale, politique, économique, sociale et environnementale.

IV- AFRIQUE ET DEVELOPPEMENT

Dans plusieurs pays africains, les populations ont de plus en plus faim, de plus en plus peur, et moins de chance d’atteindre une vieillesse saine.

Il y a l’idée générale selon laquelle l’Afrique ne se développe pas encore comme on l’aurait souhaité.

Des spécialistes et des partenaires en développement, débarquent sur le continent, avec des jeux de mots et des sigles, que la plupart des dirigeants, assistés par des élites à l’intelligence peu éveillée consomment régulièrement dans leur langage quotidien.

C’est ainsi que les PAS, PASR, Développement entretenu et autocentré, PPTE, DSRP, partenariat gagnant-gagnant, OMD, développement durable, démocratie apaisée, renforcement des capacités ont plutôt enrichi les prédateurs africains et leurs réseaux au détriment des populations entières en situation permanente de précarité.

La corruption, un mal contemporain, s’est enracinée pendant la période de la guerre froide, époque où la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption étaient absents des discours politiques. Du coup, elle a colonisé les habitudes des dirigeants et des cadres africains. Les institutions financières internationales qui exigent aujourd’hui la lutte contre ce fléau, l’avaient pendant longtemps négligé dans leurs programmes.

La corruption est ce qui est le plus développé sur le continent. Elle est devenue un cancer et a pris des formes diverses. Il y a :

• la corruption alimentaire,

• la corruption d’efficacité,

• la corruption industrielle,

• la corruption pré et post électorale.

Pourtant en 2005, trente cinq (35) pays avaient signé la Convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption et les infractions assimilées.

Dans ce désordre, il y a eu, entre temps quelques initiatives de développement  » Made in Africa » qui s’y sont intercalées sans rien apporter.

Il s’agit notamment du Plan d’Action de Lagos adopté en 1980 et du New Patnership for Africa’s Development (NEPAD) avec son ombre portée, le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP).

Où en sommes-nous par rapport à ces chantiers ? Au point de départ, puisque la communauté internationale n’a pas encore donné le signal.

Si les pays développés et ceux rangés sous l’appellation contrôlée de pays émergents sont à leurs étapes de développement respectives, c’est grâce à un certain nombre d’exigences notamment :

• la recherche du travail bien fait,

• la nécessité de compter sur ses propres forces,

• le respect de la dignité,

• le sens de la discipline,

• la culture du résultat et de la performance.

Indépendamment de ce qui précède, il convient de souligner que la situation de crise que vit l’Afrique et l’impasse dans laquelle elle se trouve, en termes de développement et d’intégration dans l’économie mondiale, se trouvent aggravées par des malheurs tels que la misère, la pauvreté, la corruption, les guerres, les violences pré et post électorales, les épidémies, l’insécurité alimentaire et les catastrophes naturelles.

En plus de cette situation, il faut malheureusement prendre en compte avec le sérieux que cela requiert, un cancer de type nouveau, qui commence à prendre de l’ampleur et à compliquer le vécu des Africains. Il s’agit bien des conséquences liées aux comportements importés à savoir le terrorisme, la drogue, les enlèvements et actes de piraterie maritime avec demandes de rançons.

Le déficit chronique de compétence dans la gestion de la chose publique, conjugué avec le manque de vision des dirigeants, assure l’entretien de la misère et la promotion de la pauvreté, mettant ainsi les Africains en position de l’âne de Buridan, autrement dit, de quelqu’un qui a tout pour se nourrir mais finit par mourir de faim.

L’Afrique doit surmonter les crises économiques et éliminer les injustices sociales, sources de conflit et de désespoir.  » Sans prospérité économique, sans partage équitable de l’assiette au beurre nationale, la démocratie et la stabilité ne peuvent pas durer »

V- PERPECTIVES D’AVENIR

En Afrique, les peuples aspirent à la démocratie et à l’Etat de droit, parce que indispensables au fonctionnement d’une société moderne et de progrès.

La démocratie est un apprentissage. Elle transmet des valeurs universelles. Elle permet de prévenir les conflits. Elle concourt à la formation, à la légitimité des institutions représentatives ainsi qu’au développement et à la promotion de la compétence dans la gestion de la chose publique.

La notion de l’Etat de droit évoque une organisation collective reposant non pas sur l’arbitraire du prince et la contrainte, mais plutôt sur des règles connues, hiérarchisées, stables et respectées aussi bien par les gouvernés que par les gouvernants.

L’Afrique centenaire doit être différente de l’Afrique cinquantenaire. Cela constitue un défi pour les Africains de bon aloi, et c’est la raison pour laquelle, la bonne dimension de leur intelligence doit permettre, à partir du présent, de faire l’autopsie du passé pour mieux bâtir l’avenir dans la fraternité et dans la solidarité.

L’exercice ne sera pas aisé parce que le continent doit faire face à la fois aux différents malheurs et aux comportements importés ci-dessus relevés.

Au dernier sommet de l’UA à Addis Abeba, des images ont montré des chefs d’Etat et de Gouvernement en train de visiter les locaux de l’imposant immeuble flambant neuf que le père Noel chinois leur a gratuitement donné.

S’agit-il, au-delà des images, d’un présage de nouveaux malheurs pour le continent ? Les Africains se posent des questions car un tel don ne saurait s’inscrire dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant. Pauvre Afrique aux immenses ressources naturelles ! Misérables populations africaines, victimes d’exploitation et de malversations locales et étrangères !

Tout est-il perdu pour autant ? La réponse dépend de ce que les Africains veulent faire de leur continent.

L’espoir reste cependant permis, car l’Afrique dispose de tous les atouts nécessaires pour relever les défis.

Les Etats africains individuellement et collectivement doivent pouvoir établir un nouveau système de comportement politique, basé sur des principes démocratiques qui permettront d’établir une nouvelle structure sociale consacrée à la paix et à la prospérité de tous les peuples.

Dans cette dynamique, l’Afrique a besoin de leadership. C’est pour cette raison, que déjà, à la conférence de Monrovia, du 8 au 12 mai 1961, le président du Libéria, William TUBMAN déclarait en substance

« … dans le même ordre d’idées, j’ai observé qu’il semble exister trois écoles de pensée à ce sujet. Il y a ceux qui pensent que le Libéria devait assurer le leadership parce qu’ils estiment qu’il est la plus ancienne République Africaine et a une grande expérience politique ; mais il faut plus que l’âge et l’expérience politique pour assurer le leadership de l’Afrique. Il existe d’autres qui soutiennent que le Ghana pourrait remplir ce rôle parce qu’il est physiquement plus développé et embrasse des territoires plus étendus. Il faut plus que le développement et un plus grand territoire pour assurer la paternité de l’Afrique. Il y a enfin ceux qui pensent que l’Egypte avec ses riches traditions datant de l’antiquité la plus reculée, pourrait le faire. Il faut plus que les riches traditions de l’Antiquité. Il faut à mon avis, l’ensemble de tout cela et même plus. Il faut l’ensemble de ce qu’il y a de mieux dans nous tous réunis de telle sorte qu’il représente la divisibilité d’une Afrique indivisible. »

L’Afrique centenaire doit être prouvée, par l’usage productif des forces dont elle dispose, pour résoudre les grands problèmes de notre époque, et assurer un nouvel ordre dans les présentes incertitudes. L’œuvre est immense, mais elle commande d’aller par priorités et par étapes.

Pour ce faire, cette noble entreprise doit pouvoir compter sur la valeur et les efforts conjugués des acteurs suivants :

• Les populations. C’est le capital humain par excellence. Les dirigeants et cadres africains doivent mettre les populations au centre de leurs préoccupations quotidiennes. Ils ont l’obligation de promouvoir leur dignité par l’alphabétisation et par l’éducation.

• Les gouvernants. Le continent a besoin de vrais hommes et femmes d’Etat qui respectent la vie humaine et qui sont soucieux du bien être des peuples. L’homme est une histoire sacrée.

• Les élites. Elles doivent utiliser la bonne dimension de leur intelligence pour permettre aux dirigeants d’opérer des choix qui puissent assurer le bonheur des peuples.

• Les responsables politiques. Ils doivent se former et former leurs militants à la citoyenneté. Ils doivent s’efforcer d’avoir une culture politique qui leur permet d’avoir des stratégies et des tactiques par rapport à leurs visions.

• Les membres des organisations de la société civile. Ils ont l’obligation de se former, de former leurs membres à la citoyenneté, et de créer une synergie aux fins d’établir des réseaux africains des organisations de la société civile.

 » L’existence d’une société civile vibrante, créatrice et libre, est essentielle pour parvenir à un gouvernement ouvert et démocratique du peuple par le peuple »

La société civile est par essence l’éveilleur de conscience qui doit faire, non seulement la contre politique mais également l’écho des souffrances silencieuses des populations auxquelles les gouvernants tournent le dos au nom d’intérêts personnels.

• Les autorités des confessions religieuses. La bible et le coran doivent servir non seulement à évangéliser mais également à éduquer les fidèles et les croyants au respect de la vie humaine, à la vérité, à la tolérance et à la solidarité.

• Les spécialistes des médias. Ils ont besoin de formation et ont aussi un grand rôle à jouer dans la formation des populations. Ce sont eux qui informent et pour qu’ils puissent faire œuvre utile, ils ont l’obligation d’accomplir leurs missions selon les règles de l’art.

• Les artistes de divers ordres. Leurs œuvres indépendamment des objectifs qu’ils poursuivent, peuvent véhiculer des messages qui concourent à l’éveil des consciences

• Les paysans. Ils ont besoin d’être assistés et soutenus dans leurs efforts quotidiens. Après cinquante ans d’indépendance, très peu sont ceux-là qui ont accès à l’eau potable qui pourtant fait partie des droits de l’homme. Les dirigeants africains doivent comprendre qu’ils ont l’obligation de tout mettre en œuvre pour créer des cadres qui permettent aux populations paysannes de travailler, dans de bonnes conditions et gagner ce qui leur est nécessaire pour vivre dans la dignité. Il est temps qu’ils comprennent qu’il faut utiliser l’agriculture comme moyen de développement pour assurer la sécurité alimentaire de leurs populations.

• Les jeunes. Ils représentent pratiquement 50% de la population africaine. Nombreux sont ceux qui sont diplômés et sans emploi. Les dirigeants doivent se pencher sérieusement sur la situation des jeunes qui n’ont ni repère ni référence.

– Relève de demain, certainement, à condition qu’ils soient encadrés et organisés.

– Bombes humaines du présent et du futur, assurément, s’ils ne sont pas pris en compte dans les programmes de développement.

• Les anciens chefs d’Etat. Ce sont les intimes de la démocratie. Dés lors qu’ils sont encore actifs, leur compétence et leur expérience peuvent accompagner tous les efforts allant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des populations africaines.

• La communauté internationale. L’Afrique est probablement le plus grand terrain de manœuvre dans la concurrence mondiale. La communauté internationale s’y intéresse et très active pour ses propres intérêts. Longtemps à l’écoute des dirigeants et des dictateurs, elle a été surprise par le printemps arabe. Il est intéressant de noter, depuis cette intempérie politique, qu’elle invite les dirigeants à écouter leurs peuples.

En privilégiant les aspirations légitimes des populations africaines, la communauté internationale pourrait mettre en mouvement une autre façon de penser qui alimente des actions permettant de réduire ou de maîtriser les injustices, les inégalités et les rancœurs, souvent sources incontestables et incontestées de surprises désagréables et d’instabilité politique.

L’Afrique n’est pas viable avec ses micros Etats. Son avenir réside dans la construction des espaces regroupés. C’est pour cette raison, que les regroupements sous régionaux qui existent sur le continent doivent être soutenus tout en évitant la duplication de certaines structures qui risquent de déstabiliser les mouvements d’intégration régionale.

Il doit être évident que l’idée de primus inter pares, le premier entre ses égaux, est nuisible à l’unité, à l’entente et à la tolérance, lesquelles permettent de créer un climat dans lequel les grands et les petits Etats pourront participer, sur un pied d’égalité à la construction de l’Afrique centenaire.

Par devoir de mémoire, le GRAD ne saurait conclure le présent article, sans saluer le courage et la détermination de toutes celles et de tous ceux qui, à des degrés divers, ont participé vaillamment à la lutte pour l’émancipation du continent, et sans avoir une pensée pour toutes celles et pour tous ceux qui, connus comme inconnus, ont sacrifié leur vie pour l’indépendance.

Le GRAD rend hommage aux anciens chefs d’Etat et de gouvernement, qui sont les intimes de la démocratie. Ils méritent d’être des références politiques pour avoir créé les conditions d’alternance. Acquis aux principes démocratiques, ils peuvent, grâce à leur compétence et à leur expérience, participer à l’évolution du continent. Source : letogolais.com

Lomé le 18 avril 2012

 

Des centaines de développeurs et entrepreneurs du web attendus à la rencontre du G-Sénégal 2012

Une rencontre dénommée « G-Sénégal 2012 » s’ouvre mercredi à Dakar avec la participation de plusieurs centaines de développeurs, entrepreneurs du web, spécialistes en marketing et journalistes.

D’une durée de deux jours, la manifestation qui sera axée autour du thème « Etablir des connexions » aura lieu à la Place du Souvenir dans la capitale sénégalaise, précise un communiqué.

L’événement vise à promouvoir le partage de connaissances et d’expériences entre développeurs et entreprises du secteur des technologies sur les nouveaux outils disponibles pour améliorer leur présence sur le web.

Selon la même source, Google s’est « engagée à soutenir les développeurs africains pour les encourager à lancer des produits et services locaux de qualité pour tous les Africains, y compris les Sénégalais ».

Le G-Sénégal vise également à pousser les entrepreneurs et opérateurs à se tourner vers le numérique pour profiter des opportunités offertes par l’Internet.

G-Sénégal 2012 verra la participation d’ingénieurs, de gestionnaires de produits et d’entrepreneurs ainsi que des responsables de Google, qui animeront des ateliers de formation sur les technologies Open Web, mobiles et autres produits et services développés par l’entreprise.

Source : APAnews

Le bilan des années Paul Biya : trente ans de régression généralisée au Cameroun

Paul Biya

Paul Biya/photo journalducameroun.com

LE BILAN DES ANNÉES PAUL BIYA: TRENTE ANS DE RÉGRESSION GÉNÉRALISÉE AU CAMEROUN — [UNE ANALYSE DE SERGE OLIVIER ATANGI]
LE BILAN DU REGIME BIYA
Voici comment se présente le bilan de Paul Biya après 30 ans à la tête du Cameroun.
-La corruption a projeté le Cameroun au rang de porteur du flambeau de tous les pays du monde, éloignant de lui tous les investisseurs étrangers créateurs d’emplois. Paul Biya a réussi de la sorte à faire du Cameroun un pays humilié, discrédité et ridiculisé.
– Les écoles et universités, délabrées, abandonnées à elles-mêmes et dont les équipements vétustes ne répondant plus aux normes logiques dispensent un enseignement d’une autre époque qui ne prépare plus les jeunes à être compétitifs sur le plan international ou à être utilisables localement.
Les recommandations des Etats Généraux de l’Education sur la révision et la refonte des programmes, remis au Gouvernement depuis 1995 ont été classées sans suite. Ainsi par exemple, le retrait de l’examen du Probatoire n’a jamais été fait et le Cameroun est le seul pays au monde où il existe encore et ne correspond plus à rien sur le plan international.
Les éminents enseignants de ce Comité proposaient la professionnalisation de l’éducation qu’exige le contexte économique actuel en spécifiant que le système éducatif camerounais est resté tributaire des orientations de l’époque coloniale qui formait des clercs pour les besoins de l’administration et des sociétés privées existantes. Et qu’aujourd’hui, il forme en grande partie des consommateurs, des demandeurs et non des créateurs d’emplois. Ils ont insisté sur le fait qu’il s’agissait, à travers les programmes scolaires d’assurer une pré-préparation à l’insertion socio-économique des produits de l’école. 17 ans après, rien n’a encore été fait dans ce sens et les écoles et universités continuent à donner un enseignement déconnecté de toute réalité sur le terrain. C’est sans surprise qu’aucune université du Cameroun ne figure parmi les 500 meilleures du monde ni les 100 d’Afrique. Une véritable honte.
Fallait-il s’attendre à autre chose avec des universités qui accueillent des étudiants ayant obtenu une moyenne de 6 sur 20 au Baccalauréat et dont les derniers approvisionnements en livres dans les bibliothèques datent de la période d’Ahmadou Ahidjo. Des universités qui ne connaissent pas d’internet, cet instrument de travail qui est devenu incontournable tant pour les étudiants que pour les enseignants. Des universités qui ne disposent pas de laboratoires équipés en appareils et en produits permettant aux étudiants des facultés scientifiques qui les ignorent complètement et aux professeurs de faire des expériences. Des universités où les enseignants, totalement démoralisés et démobilisés depuis la réduction drastique de leurs salaires ont vu en plus leurs primes de recherches supprimées, ce qui ne leur permet plus, comme par le passé, de se documenter ou de faire des missions d’études dans de grandes universités occidentales pour une mise à jour de leurs connaissances et de leurs enseignements. Ainsi, ils ont continué depuis plusieurs années à répéter les mêmes cours déjà dépassés et non actualisés dans un monde qui va déjà à une vitesse infernale. Des universités victimes de l’indisponibilité permanente de leur éternel ministre qui a déserté ses bureaux pour la politique, les meetings et les campagnes de maintien de Paul Biya au pouvoir.
– Malgré les nombreuses ressources naturelles que Dieu a mises à la disposition du Cameroun pour en faire une des nations les plus riches et des plus prospères de la planète, ce pays, dévasté comme par un tsunami et ruiné par Biya et un groupe de mafieux est devenu l’un des plus pauvres et des plus endettés du monde. Ils se sont partagés les terrains et les immeubles de l’Etat, certains confisquant tout simplement les maisons de fonction dans lesquelles ils étaient logés par l’Administration.
-Les détournements de la fortune publique se chiffrent, selon un expert de l’Administration de Biya à plus de 3000 milliards de Fcfa par mois depuis qu’il est au pouvoir, étude réalisée sur quelques ministères seulement.
– L’eau et l’électricité sont inaccessibles à la grande majorité des camerounais. Un reportage du journaliste Pierre Léger sous le titre: ‘’Cameroun: Humains et animaux se disputent les sources’’, paru dans le journal Quotidien Mutations du 07 Février 2012 est dramatiquement révélateur de la situation que vivent les camerounais. Il en ressort que dans la partie septentrionale du pays, Régions du Nord, Extrême-Nord et Adamaou, seulement 29% de la population de près de 8 millions d’habitants a accès à l’eau potable et que le reste se dispute les points d’eau avec les animaux, ce qui est à l’origine du choléra et des autres maladies liées à la pollution de l’eau qui déciment les populations depuis des années. Ce pourcentage est sensiblement le même sur l’ensemble du territoire national. Il ajoute que dans les villes, même dans la Capitale et dans les quartiers voisins de la Présidence de la République, les populations se ravitaillent dans des sources sans tenir compte des latrines creusées en amont et faute de mieux se contentent de la bouillir ou dans les puits, sources et marigots, points d’eau dont elles ignorent tout des techniques de traitement et, lorsqu’une épidémie survient, la propagation se fait en un temps éclair. C’est le cas de la ville de Douala où plus de 85.000 cas de choléra ont été recensés avec 2500 décès en 2011.
Il cite aussi un responsable chargé des problèmes de la santé publique qui dit qu’il y a 30 ans, toutes ces villes disposaient d’un réseau de bornes fontaines publiques. Cette période coïncide avec l’arrivée de Biya où plus rien n’a été fait, laissant le réseau existant se détériorer dangereusement, exposant ainsi la vie des millions de personnes.
– La gestion du téléphone et de l’électricité est abandonnée entre les mains des sociétés étrangères qui arnaquent les populations avec la complicité des membres de la famille, du parti et de l’administration de Biya qui en sont les principaux actionnaires sous des identités de couverture. AES Sonel, refoulé des autres pays d’Afrique et d’ailleurs à cause de son incompétence, n’a jamais pu résoudre le problème des coupures intempestives d’électricité qui, depuis des années paralysent des villes entières pendant des mois, portant un coup dur à une économie déjà comateuse.
-Les grandes banques, pillées, par Biya, sa famille et les cadres de son parti ont fait banqueroute et ont confisqué des milliards de Francs CFA de dépôts des épargnants, paralysé complètement l’économie et ont mis dans la rue des milliers d’employés. Les promesses de remboursement de leur argent n’ont jamais été tenues pour la plupart et beaucoup sont morts de rancœur et de misère laissant une famille sans revenus et désemparée.
-Une pléthore de généraux de l’Armée, séniles comme Biya, affairistes et corrompus, nommés par pour leur compétence mais pour rétribuer les villages qui font le plus allégeance à Biya, a pris le pays en otage Une bonne partie de l’énorme budget du Ministère de la Défense sert à leur entretien et paie leurs nombreuses prétendues évacuations sanitaires et leurs vacances dans les luxueux hôtels du monde entier avec leurs familles ou leurs maîtresses. Ils sont à la tête d’une grande armée dont les agents sont payés énormément et jouissant de gros privilèges pour garantir leur loyauté envers Biya.
-La criminalité a pris des proportions alarmantes et les gens ne savent plus à quels saints se confier. Même retranchés chez eux, ils sont assassinés, dépouillés de leurs biens et leurs femmes et filles sont violées devant eux. Cette insécurité est telle que le Cameroun est devenu, sur le plan international une destination à risques que beaucoup de pays déconseillent à leurs citoyens, éloignant ainsi de nombreux investisseurs étrangers et ces milliers de touristes qui déferlaient dans le pays et y laissaient beaucoup de devises. Tout ce drame se joue face à une Police corrompue, mal préparée, mal équipée et inefficace. La priorité de Biya est moins la protection du peuple que la création des milices suréquipées pour sa sécurité personnelle et dont les agents, presque tous de sa tribu, jouissent d’énormes privilèges y compris celui de l’impunité.
-Les frontières du territoire national, mal sécurisées permettent à des assaillants des pays voisins de venir prendre en otage toute une ville, d’opérer toute une nuit en toute quiétude et de s’en retourner sans la moindre résistance face à une armée pléthorique, mal utilisée et reconvertie à toutes sortes d’exactions sur le peuple et au vol à main armée.
-Les retombées du pétrole qui n’ont pratiquement jamais servi au développement du pays, permettent à Biya, comme son argent de poche, à financer des sectes, organiser ses séjours en Europe avec sa famille et de grandes délégations d’individus qui émargent sans qu’on sache pourquoi sur le Trésor public, faire ses campagnes électorales et organiser les fêtes. Rien qu’en 2011, la Fête des Armées et celle des 50 ans d’indépendance ont coûté au Cameroun la somme de 500 milliards de Fcfa chacune. 1000 milliards! de quoi fournir de l’eau potable et de l’électricité à des milliers de camerounais, équiper les hôpitaux et sauver des vies humaines, relancer l’économie, construire des écoles et acheter des bancs pour ces enfants de tout l’arrière pays qui suivent les cours assis à même le sol qu’ils se partagent avec les chiques, les scorpions et autres microbes vecteurs de maladies.
– Les hôpitaux, ainsi que les centres de santé des zones rurales, construits sous la digeance de l’ancien Président, abandonnés, manquent d’équipements, de remèdes de première urgence et de personnel et sont devenus de vrais mouroirs autour desquels se sont installés des fabricants de cercueils, une affaire florissante dans laquelle les agents des impôts ont depuis mis l’œil.
-La misère est devenue le lot quotidien des camerounais qui, résignés comme des condamnés à mort dans des cellules obscures et n’ayant plus de larmes pour pleurer, attendent le moment fatidique qui va les délivrer de l’enfer de ce monde. Les ressources du pays étant confisquées par la famille de Biya et une poignée d’individus et de généraux qui représente moins de 5% de la population mais qui détient les 80% de la richesse du pays face à une masse pauvre et totalement démunie ne pouvant ni se soigner ni payer l’école aux enfants ni s’offrir plus d’un repas par jour. Au fait, la famine est devenue un des rudes fléaux auxquels les populations font face depuis l’arrivée de Biya au pouvoir et la montée vertigineuse des produits de premières nécessités sur le marché est venue enfoncer le clou. L’abandon des paysans, le manque d’une bonne politique agricole et le détournement systématique de l’argent destiné aux projets agricoles a fait que le Cameroun a, depuis perdu cette autosuffisance alimentaire qui faisait sa force et une des grandes réalisations de son ancien Président.
– Le Cameroun est devenu l’un des pays d’Afrique ayant le plus grand nombre d’émigrants dans les pays du monde entier. Les gens de toutes les conditions, de toutes les professions et de tous les âges, fuyant la misère, désertent le pays tous les jours et par tous les moyens. Il faudra un jour, sous un autre régime, penser à déposer des gerbes de fleurs dans la déserts et océans de l’Afrique du Nord devenus le tombeau de beaucoup de camerounais sur leurs chemins vers les pays occidentaux pour honorer leurs mémoires.
-La fuite des cerveaux est telle que la plupart des jeunes formés dans les grandes écoles du pays désertent dès la première occasion et que ceux qui font leurs études à l’étranger ou tout simplement bénéficiaires d’un stage ou d’un séminaire ne reviennent plus. Ils fuient la misère, les salaires minables, l’insécurité, les affectations arbitraires, les mauvaises conditions de travail et l’extrême tribalisation des plans de carrières. Beaucoup de camerounais ont déjà rejoint des pays comme le Canada qui ont un programme de recrutement des cadres des autres pays. Avant l’arrivée de Biya, peu de camerounais quittaient le pays pour s’installer ailleurs et ceux qui faisaient des études à l’étranger programmaient leur retour le jour même ou les premières semaines qui suivaient l’obtention de leurs diplômes. Actuellement le Cameroun est le pays d’Afrique qui compte plus de la moitié de son élite intellectuelle à l’étranger.
Les Etats Unis d’Amérique par exemple comptent actuellement près de 1000 médecins camerounais, près de 3000 ingénieurs et des centaines d’enseignants et chercheurs qualifiés qui ont déjà, par amour pour leur pays tenté plus d’une fois un retour mais n’ont trouvé que des blocages et un refus systématique de les insérer dans le processus de développement.
-Une politique de division, et de promotion de la haine entre les tribus tellement poussée que n’eût été la maturité des populations, le pays serait entré depuis dans une guerre civile ou un génocide. Certaines tribus et groupes sociaux sont marginalisés, humiliés et écartés de tout développement et de tout avantage. Tel est le cas des Régions du Nord, Extrême-Nord et Adamaoua qui ont longtemps subi les effets de la rancune de Biya et des siens à l’encontre de Ahidjo. Les hauts postes de responsabilité dans le commandement, l’administration, la sécurité, les missions diplomatiques et les postes de gestion sont détenus à presque 75 % par les gens de la petite tribu de Biya. Les entrées dans les grandes écoles et dans les services administratifs sont dans le même pourcentage qui est un peu plus élevé en ce qui concerne les services de sécurité.
Biya a fait de la préservation de l’unité nationale un des thèmes favoris de ses campagnes électorales et s’en félicite comme s’il n’y croyait plus lui-même après tout ce qu’il a fait pour la détruire. Mais il faut reconnaître que cet équilibre n’a jusqu’ici été possible que par la seule volonté du peuple dont la plupart des tribus ont plus de choses qui les séparent que celles qui les lient et susceptibles de les conduire à des affrontements en permanence, ont malgré les frustrations du régime et les provocations, opté pour la tolérance et la paix. Certains ont encore en mémoire les périodes tristes du maquis et en ont raconté aux plus jeunes toujours prêts à en découdre pour les en dissuader. Tous ont suivi à travers les médias ce qui s’est passé dans des pays voisins et en ont recueilli les réfugiés avec leurs fardeaux de misères. Personne ne voudrait que Cameroun bascule dans une telle spirale de violences dont la fin est incertaine. Biya est malhonnête de voler cette victoire au peuple.
Après 30 ans à ne rien faire sauf à voler l’argent du pays et à concevoir ses Grandes ambitions qui jusqu’ici sont inconnues des camerounais, quand finalement il décide depuis quelques mois à les réaliser, il concentre tous les grands projets dans sa Région natale.
-Une politique d’intimidation permanente qui a contraint une bonne partie des Camerounais qui avaient d’abord cru à l’instauration d’une véritable démocratie et s’étaient inscrits dans un parti politique de leur choix, à regretter leurs erreurs. Etiquetés “d’opposants” et/ou “d’anglo-bamis’’,c’est-à-dire d’ennemis au régime, écartés des postes de responsabilités parce que objets d’une grande méfiance, ils ont malgré eux déserté les autres formations politiques pour revenir au Rdpc pour leur sécurité, celle de leurs familles et pour bénéficier eux-aussi des promotions sociales. Les Régions du pays qui ne votent pas pour Biya sont écartées de tout projets de développement et leurs ressortissants marginalisés dans les concours administratifs et promotions sociales. Les chefs des autres partis sont pourchassés, maltraités, détenus et interdits de toutes manifestations et mobilisations de leurs militants. Certaines Région!
s acquises à Biya leurs sont interdites lors des campagnes électorales ou pour toutes tournées pour rencontrer ceux qui, bravant les répressions sont restés leurs militants. L’intimidation et les frustrations sont si grandes que le Cameroun est depuis redevenu presqu’un pays à parti unique.
-80% des jeunes sont désœuvrés, désespérés et sans repères bien que titulaires, pour beaucoup d’entre eux, de diplômes universitaires. Après avoir attendu des années que l’Etat leur donne des opportunités de travail puisqu’il est le seul à en avoir encore, ou après voir tenté plusieurs concours administratifs aux frais de participations très élevés que leurs origines tribales ne leur permettaient pas de passer ou par manque d’argent pour les acheter car les places se vendent très cher et qu’il faut aussi connaître le réseau pour ne pas se faire arnaquer, se sont reconvertis, pour gagner leur pain quotidien dans les métiers de bendskineurs ou de callboxeurs ou de vendeurs de friperie, nouvelles professions créées sous Biya pour eux. Aucun projet à long ou à court terme n’est prévu pour préparer leur insertion sociale et pour leur donner du travail. Une jeunesse totalement ignorée, à qui le Président s’adresse une fois l’an de la Su!
ite d’un hôtel en Suisse pour ne pas la rencontrer et affronter ses yeux, livrée aux sectes et au sein de la quelle la dépravation s’est installée par manque d’éducation civique et morale.
-L’agriculture, l’élevage et la pêche artisanale ont été abandonnés, les ingénieurs et autres cadres d’encadrement des populations rappelés dans les bureaux des ministères à se tourner les pouces, condamnant ces braves gens des zones rurales qui représentent plus de 70% de la population à une vie misérable et précaire. Cette situation a poussé les plus jeunes de tous les sexes dans les villes où, désœuvrés, ils vivent de vol et de prostitution pour les filles dont certaines ont à peine 12 ans. L’exode rurale qui n’a jamais été aussi forte, a vidé les villages de leurs forces vives. En effet, l’arrière pays, totalement ignoré par l’administration de Biya qui n’y va que pour les campagnes électorales, ne bénéficie d’aucun plan de développement et ne connaît pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de centres de santé, pas de télévision et parfois pas de signal radio. Rien qui puisse retenir un jeune plein d’énergie et d!
’aspirations dans cet enfer.
-Le tissus industriel a été totalement détruit par la pression fiscale et les exactions des agents des impôts qui découragent toute initiative. Depuis que Biya est au pouvoir, toutes les grandes sociétés prospères, créées par Ahidjo ou par son encouragement et dont il en était très fier et qui ont fait le bonheur des camerounais ont fermé leurs portes. Les investisseurs expatriés, sont partis s’installer dans d’autres pays d’Afrique à un plus faible taux de corruption. Les sociétés parapubliques ont été privatisées et bradées à vils prix aux proches de Biya et de son épouse, laissant dans la rue des milliers d’employés sans ressources qui, depuis plus de 20 ans, revendiquent leurs droits sans le moindre espoir de les recevoir un jour. En plus, aucune entreprise ou usine d’envergure n’a été créée sous Biya, les opérateurs économiques ayant perdu toute confiance au régime.
-Une fonction publique pléthorique, indisciplinée, incompétente et corrompue que constitue une masse d’agents mal payés qui a vu son salaire amputé de sa moitié et qui ne survit que par la corruption et autres trafics car tous les services sont monnayés. Elle est au service de Biya seul et traite la population avec mépris et arrogance. Ces agents passent plus de temps dans leurs villages pour les meetings du parti, les campagnes électorales et les nombreuses fêtes du parti sans la moindre considération du service public pour lequel ils sont payés. Leur maintien en fonction et leurs promotions dépendent du nombre de voix que Biya obtient dans leurs villages. Ainsi ils s’y impliquent sans réserve et y investissent les moyens financiers et matériels de leurs services.
C’est le corps de métier où on peut entrer et prendre sa retraite des années après sans avoir été dans un recyclage ou une formation de mise à niveau, car aucune rubrique destinée à cet n’est prévu dans le budget des ministères sauf dans quelques structures telles que les services de sécurité.
-La création d’une nouvelle classe de riches constituée de fonctionnaires qui ont puisé énormément et impunément dans les caisses de l’Etat et sont devenus très riches et très puissants au détriment de cette classe traditionnelle d’hommes d’affaires qui, patiemment et laborieusement s’était constitué une fortune, avait créé des Entreprises qui offraient de nombreux emplois aux camerounais et qui ont fait faillite à cause de la pression fiscale et de l’arnaque de ses agents ou délocalisé leurs affaires pour d’autres pays de la sous- région. Cette nouvelle classe arrogante et insolente qui n’investit pas au pays et ne peut être créatrice d’emplois se distingue par des signes ostentatoires dont ils se targuent: gros cylindrés de luxe, châteaux au pays comme à l’étranger, comptes bancaires très fournis à l’étranger et au pays, train de vie démentiel, appartenance à une secte ou à un ordre ésotérique, perversion avec une attirance particulière par le sexe avec de nombreuses femmes et maîtresses (des 2 sexes!) qu’ils entretiennent à prix d’or. Mebe Ngo’o l’actuel ministre de la Défense et son prédécesseur Ze Meka en sont les prototypes. Tout leur est permis sauf de regarder du côté du pouvoir de Biya . Ceux qui, comme Titus Edzoa ou ceux qu’on a appelé le G11 ont trahi ce pacte secret et tenté le diable sont en prison pour le méditer.
Mendozé Gervais qui a vidé l’argent du compte public des redevances audio-visuelles dont il était le seul détenteur et signataire des chèques et qui a mis la CRTV en faillite et envers qui la Justice a établi un détournement de plusieurs milliards de Fcfa de l’argent du peuple est en liberté et n’a jamais été inquiété. D’autres hauts cadres de la République à qui il est reproché moins croupissent dans des prisons. Depuis plusieurs années, une Justice tatillonne, bouffonne et corrompue dans toute sa structure, cherche par toutes les acrobaties et incantations occultes des motifs d’incrimination et usent de tous les dilatoires pour les garder en ces lieux jusqu’au départ/mort de Biya. Leur crime est tout simplement d’avoir pensé qu’il est mortel et d’avoir envisagé un Cameroun après lui et sans lui et sa Chantoux. C’est cette Justice qui a toujours trahi le peuple en l’aidant chaque fois à tricher les élections, détournant ainsi la !
volonté du peuple qui la paie. Une Justice inféodée à Biya qui décide des poursuites judiciaires ou pas à l’encontre des personnes impliquées dans des actes criminels en fonction de ses humeurs et des services rendus dans le sens de la conservation son pouvoir. Le ridicule est tel que, pour la même procédure et à responsabilités égales, certains sont en prison et d’autres jamais inquiétés, sont en liberté et/ou en poste au gouvernement.
-Deux autres classes de riches, créées par Biya sont celles des Marchés publics et des Gestionnaires de crédits. La première est constituée d’une bande d’escrocs qui n’ont pas été à l’école pour la plupart et qui, par la corruption, le trafic d’influence, le faux et les marchés publics non exécutés ont sérieusement détourné l’argent du Trésor public. Grands contributeurs du Parti au pouvoir, Ils verseraient, non seulement leur sang comme le dit Cavaye Yégue Djibril, éternel Président rdépéciste de l’Assemblée Nationale, s’agissant de l’engagement des populations des Régions du Nord pour Biya, mais aussi ils y ajouteraient la tête de leur mère pour qu’il soit éternel au pouvoir. Cette activité est devenue pratiquement une profession et beaucoup d’entre eux se sont retrouvés députés à l’Assemblée Nationale à la recherche d’une immunité parlementaire pour leurs nombreux crimes économiques contre la Nation et pour joui!
r de ces importantes sommes qui leur sont versées chaque année pour des prétendus projets de développement dans leurs circonscriptions, projets jamais réalisés par beaucoup.
La deuxième catégorie est celle des Gestionnaires des crédits dans les diverses administrations publiques et qui, avec la complicité de leurs ministres avec qui ils se partagent les retombées, passent des marchés fictifs, exigent d’importantes rétro-commissions, falsifient les documents, procèdent à des surfacturations et transferts illicites des deniers publics pour détourner l’argent des caisses de l’Etat. Tous d’une même tribu, ils font la pluie et le beau temps dans le pays. Leurs détournements ont pour simple unité de valeur le milliard.
-Le réseau routier construit par Ahidjo, complètement détérioré ne permet plus aux populations de l’arrière pays de ravitailler les grands centres urbains et de se faire de l’argent alors que leurs produits pourrissent le long des pistes par manque de possibilité de les évacuer. Voyager dans le pays est devenu un danger permanent, compte tenu du grand nombre de personnes qui meurent tous les jours sur des routes endommagées et non entretenues. Les sommes énormes destinées chaque année à cet effet sont détournées par leurs gestionnaires. C’est à la tête de ce ministère que Jean Baptiste Bokam, ancien et modeste agent de la Caisse Nationale de la Prévoyance Sociale a fêté son premier milliard juste après un an en fonction et en a encore soutiré plusieurs avant d’en être écarté. Il est revenu vite à d’autres postes plus hauts pour continuer les mêmes opérations. Zang Ambassa qui y est passé aussi a tellement volé qu’il s’est exilé volontairement vers les pays où il a placé son argent. Au fait, on l’a aidé à prendre le large avant l’ouverture des enquêtes. Bernard Mesengue Avom vient d’en être débarqué avec un trou évalué en milliards de Fcfa pour lequel il n’est nullement inquiété. De la tribu de l’épouse de Biya comme le sont aussi les deux premiers, il attend sûrement une autre promotion.
-Le Cameroun a disparu de la scène internationale avec la politique de la chaise vide que pratique son Président depuis sa prise de pouvoir. Ce qui a pour conséquences la perte de l’influence et du prestige du pays dans le monde et des opportunités de postes de travail prestigieux sur le plan international alors que le pays dispose de nombreuses ressources humaines à compétences mondialement reconnues. Il s’est fait arracher la construction des sièges des grandes institutions régionales et sous-régionales alors qu’il était le premier favori.
-Le pilotage à vue du pays sans une vision à long terme et sans projection dans le future. Les plans quinquennaux qui faisaient prévoir les réalisations à venir ont été renvoyés aux calendes grecques et remplacés par une gestion quotidienne ne prévoyant ni perspective d’avenir ni une vision stratégique sur le développement. Alors que pour des questions aussi fondamentales que la lutte contre la pauvreté, les maladies, l’évolution démographique, le développement des ressources humaines, l’urbanisation ou la préservation de l’environnement il faut plusieurs années sinon des décennies d’efforts suivis.
Ce type de gestion savamment calculé favorise toutes sortes de détournements. Pour eux, il s’agit de gérer le présent convaincu que demain ils ne seront plus là. C’est le carpe diem des épicuriens qui entendent jouir le moment présent alors qu’on y est sans se casser la tête pour l’avenir. Du coup, le suivi des projets, qui ne sont exécutés chaque année qu’à près de 55% alors que les fonds prévus ont été détournés, n’est pas nécessaire puisque ce n’est pas leur réalisation qui intéresse.
Cette politique d’improvisation quotidienne fait que le Cameroun est toujours surpris par les évènements. Comment comprendre par exemple que pour des carnets de passeport par exemple, que l’administration achète à moins de 4000 frs l’unité et revend à presque 60.000 frs y compris les dépenses liées aux autres pièces à présenter pour son obtention, une vraie aubaine pour les caisses de l’Etat, il en vienne à manquer pendant plusieurs mois, généralement vers la fin d’année, juste parce qu’ils n’ont pas été commandés à temps comme si on ne savait pas que le stock allait s’épuiser. Et cela est récurrent.
Cette période correspondant à celle où des milliers d’étudiants inscrits dans des universités étrangères doivent quitter le pays, car c’est désormais en grands nombres qu’ils fuient les universités du Cameroun et les opérateurs économiques voyager pour conclure des contrats juteux ou s’approvisionner en produits pour les fêtes de fin d’année, il est facile d’imaginer le préjudice qu’une administration irresponsable occasionne au peuple et au pays.
Biya a promis faire du Cameroun un pays émergent en 2035. Il faut pourtant avouer que dans les conditions actuelles de travail et des mentalités que lui-même a mises en place et continue sponsorise par la nomination des personnes peu recommandables pour conduire ce processus et par le pillage systématique des ressources, le pays vole plutôt en sens inverse à l’allure d’un Boeing qui a atteint sa vitesse de croisière avec pour pilote un certain Biya Paul bi Mvondo Barthélémy.
– Le mensonge, l’arrogance et le mépris au service du peuple. Biya et son administration ne se sentent pas la moindre obligation de rendre compte au peuple de la gestion de leur pays et de leurs ressources. Si les camerounais connaissent par cœur les salaires, et avantages de Obama, Sarkozy et autres dirigeants du monde ou peuvent les lire sur internet, ils ignorent totalement combien ils payent leurs Président, ministres, députés et généraux, ni combien ils dépensent pour le fonctionnement de leurs hôtels particuliers. Entendre par hôtels particuliers une notion qui veut dire que le Trésor public prend en charge toutes leurs dépenses personnelles en plus de leurs faramineux salaires: les domestiques, les voitures des épouses, la nourriture, la boisson, les alcools, les frais médicaux, les papiers hygiéniques, les jouets des enfants et petits fils et autres garnitures de leurs épouses. Ils partent en retraite avec ces privilèges.
Tout cela est tabou et sans la moindre transparence comme l’est la santé du Président. Le journaliste Pius Jawé a purgé un an de prison ferme parce qu’il a eu le culot d’écrire que Biya a eu un malaise. N’allez pas leur demander de payer leurs impôts puisque c’est pour les engraisser que les autres camerounais le font. Les camerounais ne savent pas ce que leur rapportent leur pétrole ou leurs péages, ni comment cet argent est utilisé. C’est tabou, c’est un secret d’Etat et pourtant c’est leur argent.
Tout cela sans le moindre égard envers le peuple qui croupit dans une misère abjecte et sans nom. Pour un pays où les gens tirent le diable par la queue, c’est trop lui demander. C’est irresponsable, indécent et provoquant.
Quand, obligés de rendre compte d’une situation au peuple, ils dénaturent les faits, changent les données, donnent la version qui les arrange dans ce sens qu’il ne faut pas laisser croire que la responsabilité incombe à l’administration de Biya, version souvent arrogante, truffée d’incohérences et d’incongruités et dénuée de tout bon sens et de toute moralité.
Le Président qui ne passe que quelques mois de l’année dans son pays parce qu’il a fait de la Suisse sa première patrie est, contrairement aux autres dirigeants dans le monde, totalement indisponible et inaccessible (Dieu est plus accessible que lui). Il ne s’adresse au peuple qu’en de rares circonstances, n’accorde aucune interview, ne connaît du pays que les 10 chefs lieux des Régions qu’il a visités en de rares occasions et n’a aucun contact avec le peuple dont il ignore les problèmes et les souffrances.
– Les droits de l’Homme sont constamment violés par des arrestations et des détentions arbitraires des opposants et des journalistes dont certains ont trouvé la mort dans les prisons ou dans les cellules de la Police, de la Gendarmerie ou du CENER, cette Police secrète tant redoutée des populations parce qu’ils ont eu le courage de dénoncer le pillage des biens et le détournement des fonds publics par la bande à Biya ou tout simplement de parler de l’épouse du Président de la République en des termes qui ne lui plaisaient pas.
Les libertés fondamentales de réunions et de manifestations sont les plus férocement réprimées, parfois dans le sang comme dans le cas du massacre de près de 450 enfants en Février 2008.
-Une administration irresponsable, tatillonne, bouffonne, sclérosée, incompétente, trop lourde et trop compliquée qui manque d’initiatives et peine à trouver des solutions aux défis multiples qu’affronte le pays et aux moindres problèmes du peuple. Vraie catastrophe pour le développement dont elle est le frein principal, elle est prise en otage par une caste d’administrateurs civils tous du RDPC et formés dans une sorte d’Ecole du parti qui enseigne plus la répression servir Biya, le Parti et se servir que de servir le pays.
Une administration qui n’a jamais su intégrer la notion du temps et des urgences dans son programme et où cette notion de responsabilité n’existe pas et du coup celle d’assumer les conséquences de ses actes et de ses défaillances quel qu’en soit le préjudice pour le pays si on est d’une certaine tribu ou sous la protection d’un parrain du sérial. Les scandales ne sont pas un handicap à la nomination à un poste supérieur comme si s’en était la rétribution.
Une administration où des postes sont créés non pas parce qu’ils sont utiles pour le peuple. mais pour récompenser des individus ou des villages qui se s’illustrent dans l’exercice de faire maintenir Biya au pouvoir. Ainsi le Cameroun se retrouve avec une multitude de ministères et de structures à attributions imprécises dont les charges sont très Lourdes pour un peuple déjà aux abois et dont les titulaires passent leur temps dans les activités politiques au profit de Biya. Comment comprendre qu’un pays comme les Etats Unis d’Amérique qui a une population de 320 millions d’habitants, une superficie de près de 100 millions de km2 et des potentialités financières énormes fonctionne avec 15 ministères et un nombre correspondant de ministres et que le Cameroun, pays très pauvre et très endetté dont la population n’est que de 20 millions pour une superficie de 475 milles km2 se retrouve par la seule volonté de Biya avec 46 ministères , 10 secrétariats d’Etat et près de 70 ministres et assimilés, payés, lavés, nourris et blanchis par l’argent du peuple à ne rien faire, avec un budget en milliards à gérer/détourner chaque année pour chacun.
C’est trop demander au peuple pour le plaisir du prince qui dans cette logique, en 30 ans de pouvoir n’a pas nommé moins de 300 ministres, soit une moyenne de 10 par an. Chacun d’eux a copieusement trouvé dans les caisses de l’Etat la récompense à son soutien ou à celui de son village pour Biya. Certains y sont revenus plus d’une fois, cumulant plusieurs postes à la fois comme si le Cameroun manquait de cadres.
-Biya est un cynique manipulateur qui par la corruption et l’intimidation a su inféoder toutes les structures du pays. Même le clergé dont il utilise les plus hauts dignitaires pour valider son mécanisme de destruction du peuple a appris, au grand dam des populations qui comptaient sur sa protection à fermer la bouche et les oreilles sur toutes les misères qu’il fait vivre à ses compatriotes et même à pactiser avec lui. On en a vu dans une Commission électorale vomie par les camerounais et la communauté internationale sans que jamais il en dénonce les imperfections et les fraudes. Un autre nommé au Comité de la Communication alors que le temps d’antenne était refusé aux partis d’opposition et que Biya avait soutiré du Trésor public une somme de plus de 3 milliards de Fcfa pour imprimer ses affriches de champagne électorale y était à l’aise comme un poisson dans l’eau. Pour couronner tout cela, ces Eminences n’ont pas hésité d’organiser d!
es cultes interreligieux et des messes de soutien et d’action de grâce en l’honneur de ce bourreau du peuple. Complicité ou simple complaisance? Comment expliquer ce silence de l’Eglise qui, comme par un pacte occulte choisit d’appliquer cette philosophie des trois singes de la sagesse chinoise. Trois singes dont chacun se couvre une partie du visage avec les mains: les yeux pour dire que je ne vois rien, les oreilles pour dire que je n’entends rien et la bouche pour dire que je ne dis rien. Notre clergé a depuis, ajouté un autre singe avec ses mains sur son nez pour dire que je ne sens pas la pourriture de ce régime dont les odeurs nauséabondes étouffent le peuple. Mais déjà, au sein du clergé, des voix que Mrg Tonye Bakot, Président de la Conférence épiscopale des évêques du Cameroun qualifie en termes à peine voilés de brebis galeuses ou de transfuges, s’élèvent de plus en plus pour dénoncer cette coalition hors nature avec un régime corrompu, assassin et pilleur des biens du peuple qu’il a rendu misérable et qui a humilié le pays.
– En 1996 Biya a fait modifier la Constitution par l’Assemblée nationale et en 2008 les mêmes articles ont été re-modifiés pour permettre le renouvellement indéfinitif du mandat présidentiel et lui conférer une impunité à vie contre toute poursuite judiciaire à son encontre à la fin de son mandat. Conscient des crimes dont il est l’auteur sur le peuple et soucieux du sort que ses compatriotes vont lui réserver et à sa famille comme à certains autres présidents africains, il lui fallait cette disposition qui le met, selon lui à l’abri et le place au rang d’un irresponsable de ses actes, juste comme un fou. ce texte dont la stupidité et l’inconscience relèvent de la préhistoire et n’engagent que ceux qui en ont pris l’initiative stipule que :’’Les actes accomplis par le président de la République, sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat “.
C’était là une partie du bilan de Biya à la tête du Cameroun depuis 30 ans. A vous d’en juger.
CRY MY BELOVED COUNTRY!
Serge Olivier Atangi.
Thiesvision.com le Dimanche 4 Mars 2012 

Origines et histoire de la Journée de la femme

Journée de la femme/photo transparent.com

Journée de la femme/photo transparent.com

Kinshasa, 09/03/2012 / Société/Digitalcongo.net

Le 8 mars de chaque année est dédié exclusivement à la Journée internationale de la femme célébrée dans de nombreux pays à travers le monde entier. C’est une occasion de faire le point sur les luttes et les réalisations passées et surtout, de préparer l’avenir et les opportunités qui attendent les futures générations de femmes.

Voilà un siècle que les femmes sont à l’honneur, tous les ans, le 8 mars. Mais quelles sont les origines, l’histoire et la signification de la Journée de la femme ?

En ce 8 mars 2012 le monde entier célèbre les cent-deux ans de la Journée internationale de la femme. Cette journée de manifestation qui a débuté au Danemark en 1910 s’est peu à peu étendue au monde entier. Depuis sa création, elle a été l’occasion pour toutes les femmes de revendiquer certains droits (notamment le droit de vote et à l’avortement), d’améliorer leur condition et de fêter ensemble leurs victoires.

En République Démocratique du Congo, le thème retenu cette année est : « L’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’éradication de la pauvreté et de la faim, le développement et les défis actuels ».

Origines de la journée de la femme

Le 8 mars 1910, à Copenhague, l’internationale socialiste des femmes crée la Journée internationale de la femme sur proposition de la représentante du Parti socialiste d’Allemagne, Clara Zetkin. Le but de cette journée est d’instituer le droit de vote des femmes, de meilleures conditions de travail, et plus généralement une égalité entre hommes et femmes. Le mouvement féministe est lancé et va conquérir année après année tous les pays.

  • Le 8 mars 1914, les Allemandes réclament le droit de vote des femmes, qu’elles obtiendront quatre ans plus tard, en 1918, alors que les Françaises ne l’obtiendront qu’en 1944.
  • Le 8 mars 1915, à Oslo, les femmes manifestent pour défendre leurs droits et obtenir la paix.
  • Le 8 mars 1921, Lénine institue en URSS la journée du droit des femmes, et prône l’égalité entre hommes et femmes.
  • Le 8 mars 1924, la journée est fêtée en Chine.
  • Le 8 mars 1946, tous les pays de l’Est se mettent à célébrer la fête de l’émancipation de la femme.
  • Le 8 mars 1947, Léon Blum salue la place importante des femmes dans la Résistance.
  • Le 8 mars 1948, 100 000 Françaises défilent à Paris, de la République à la statue de Jeanne d’Arc, en l’honneur de la Journée de la femme. Cette manifestation est reprise dans quelques villes de province, et notamment à Lyon et Marseille.
  • Le 8 mars 1977, l’Organisation des Nations unies officialise la Journée internationale des droits des femmes.
  • Le 8 mars 1982, le gouvernement socialiste français présidé par François Mitterrand officialise la célébration nationale de la journée de la femme.
  • Le 8 mars 1986, 100 000 Américaines défilent à Washington contre les conservateurs qui veulent supprimer le droit à l’avortement.
  • Le 8 mars 1998, les Russes peuvent participer au premier concours de beauté en Russie.

Le 8 mars 2001 est lancé le site Web dédié exclusivement à la Journée de la femme. La Journée internationale de la femme est célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. C’est un jour où les femmes sont reconnues pour leurs réalisations, sans égard aux divisions, qu’elles soient nationales, ethniques, linguistiques, culturelles, économiques ou politiques. C’est une occasion de faire le point sur les luttes et les réalisations passées, et surtout, de préparer l’avenir et les opportunités qui attendent les futures générations de femmes.

Aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation des femmes du monde entier.

En 1975, lors de l’Année internationale de la femme, l’Organisation des Nations Unies a commencé à célébrer la Journée internationale de la femme le 8 mars. Deux ans plus tard, en décembre 1977, l’Assemblée générale a adopté une résolution proclamant la Journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale à observer n’importe quel jour de l’année par les États Membres, conformément à leurs traditions historiques et nationales. En adoptant sa résolution, l’Assemblée générale a reconnu le rôle des femmes dans les efforts de paix et de développement et a appelé à mettre fin aux discriminations et à renforcer le soutien à la pleine participation des femmes.

La Journée internationale de la femme est apparue dans le contexte des mouvements sociaux au tournant du XXe siècle en Amérique du Nord et en Europe.

Chronologie des événements les plus marquants

  • 1909 : Conformément à une déclaration du Parti socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.
  • 1910 : L’Internationale socialiste réunie à Copenhague a instauré une Journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. La proposition a été approuvée à l’unanimité par la conférence qui comprenait plus de 100 femmes venant de 17 pays, dont les trois premières femmes élues au Parlement finlandais. Aucune date précise n’a été fixée pour cette célébration.
  • 1911 : À la suite de la décision prise à Copenhague l’année précédente, la Journée internationale de la femme a été célébrée pour la première fois, le 19 mars, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes ont assisté à des rassemblements. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigeaient le droit au travail, à la formation professionnelle, et la cessation de la discrimination sur le lieu de travail. Moins d’une semaine après, le 25 mars, le tragique incendie de l’atelier Triangle à New York a coûté la vie à plus de 140 ouvrières, pour la plupart des immigrantes italiennes et juives. Cet événement a eu une forte influence sur la législation du travail aux États-Unis, et l’on a évoqué les conditions de travail qui avaient amené cette catastrophe au cours des célébrations subséquentes de la Journée internationale de la femme.
  • 1913-1914 : Dans le cadre du mouvement pacifiste qui fermentait à la veille de la Première Guerre mondiale, les femmes russes ont célébré leur première Journée internationale de la femme le dernier dimanche de février 1913. Dans les autres pays d’Europe, le 8 mars ou à un ou deux jours de cette date, les femmes ont tenu des rassemblements soit pour protester contre la guerre, soit pour exprimer leur solidarité avec leurs sœurs.
  • 1917 : Deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève pour obtenir « du pain et la paix. » Les dirigeants politiques se sont élevés contre la date choisie pour cette grève, mais les femmes ont passé outre. Le reste se trouve dans les livres d’histoire : quatre jours plus tard, le tsar a été obligé d’abdiquer et le gouvernement provisoire a accordé le droit de vote aux femmes. Ce dimanche historique tombait le 23 février dans le calendrier julien qui était alors en usage en Russie, mais le 8 mars dans le calendrier géorgien utilisé ailleurs.

Depuis ces premières années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. Le mouvement féministe en plein essor, qui avait été renforcé par quatre conférences mondiales sur les femmes organisées sous l’égide de l’ONU, a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.

Les Nations Unies et l’égalité des sexes

Rares sont les causes dont l’ONU assure la promotion qui aient suscité un appui plus intense et plus vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger l’égalité des droits des femmes. La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Depuis, l’Organisation a aidé à créer un patrimoine historique de stratégies, normes, programmes et objectifs convenus au plan international pour améliorer la condition de la femme dans le monde entier.

Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises :

  • promotion de mesures juridiques;
  • mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale;
  • formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe;
  • et assistance directe aux groupes désavantagés.

Gisèle Mbuyi/MMC

Le Sénégal n’extradera pas Habré

Hissène Habré-photo France24

Par Ariane Nkoma /Journalducameroun.com – 12/01/2012

La justice du Sénégal a rejeté le mercredi 11 janvier pour vice de forme, la demande d’extradition en Belgique de l’ancien chef d’Etat tchadien Hissène Habré, poursuivi pour crimes contre l’humanité

La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a rejeté la demande d’extradition de Hissène Habré, refugié au Sénégal depuis sa chute en 1990, en Belgique. Elle a estimé que la demande de la Belgique n’est pas conforme aux dispositions légales sénégalaises a affirmé un haut responsable du ministère. La Belgique n’a pas respecté la procédure, a-t-il indiqué sans plus de précision.

Un autre juge de la Cour d’appel de Dakar, a estimé qu’il y a vice de forme dans la demande formulée par la Belgique, sans non plus préciser lequel. Reed Brody, avocat membre de Human Rights Watch (HRW) et à la pointe des démarches pour faire juger Hissène Habré, a estimé que ce n’est pas un refus d’extradition en tant que tel. La justice sénégalaise a dit que les Belges n’avaient pas fourni l’original du mandat d’arrêt et d’autres documents. C’est un jugement purement technique qui laisse la porte ouverte à une nouvelle demande d’extradition belge, a affirmé M. Brody. Ce n’est pas un jugement définitif sur le bien-fondé de la demande, selon lui.

Avec cette situation, le Sénégal risque de perdre 50 millions de dollars d’aide des Etats-Unis en raison de son incapacité à juger ou extrader l’ex-chef d’Etat tchadien, Hissène Habré, a affirmé une ONG ouest-africaine. Plus de 25 milliards de francs CFA (50 millions de dollars) d’aide américaine du Sénégal risquent d’être totalement compromis par l’incapacité du Sénégal à juger ou extrader Hissène Habré conformément à ses obligations internationales, affirme cette ONG basée à Dakar, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho), dans un communiqué. Selon cette ONG, le Congrès américain avait décidé en décembre d’octroyer cette aide au Sénégal, mais des congressistes sont préoccupés par le fait que M. Habré n’a toujours pas été extradé pour être jugé pour crimes contre l’humanité. Ils ont demandé à la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, de soumettre avant le 6 février un rapport au Congrès sur les dispositions prises par le gouvernement sénégalais en faveur de la traduction de Hissène Habré en justice, selon la même source. La Raddho regrette qu’une aide aussi utile pour le Sénégal soit compromise à cause du manque de volonté des autorités sénégalaises de faire avancer le dossier Habré. Elle demande à Dakar de respecter ses obligations internationales en extradant Hissène Habré en Belgique dans les meilleurs délais.

Le 8 juillet, le gouvernement sénégalais avait annoncé qu’il allait expulser M. Habré au Tchad où il a été condamné à mort par contumace avant de revenir 48 heures plus tard sur sa décision, à la demande de l’ONU. Abdoulaye Wade a affirmé que le Sénégal n’avait pas refusé de juger Habré, mais ne disposait pas de juridiction ad hoc pour le faire et avait donc renoncé à tenir un procès à Dakar. La Belgique a lancé en septembre 2005 un mandat d’arrêt international contre Hissène Habré pour violations graves du droit humanitaire international et fait une demande d’extradition. Cette procédure se base sur une plainte déposée en 2000 par un Belge d’origine tchadienne, en vertu d’une loi belge dite de compétence universelle pour les crimes de droit international qui autorise les tribunaux à se saisir d’un tel dossier dès lors qu’un ou des citoyens de nationalité belge sont concernés ou que l’auteur présumé se trouve sur le territoire belge. Hissène Habré avait été renversé par l’actuel président tchadien Idriss Deby Itno qui, après avoir été un de ses proches était entré en rébellion avant de provoquer sa chute.

Sénégal : Le « mbarane » ou l’art de collectionner des amants

Le « mbarane » ou la collection d’amants pour survivre

Samedi 14/06/2008 | Posté par Ndeye Khady Lo

Ndèye Khady a enquêté sur une pratique en passe de devenir un fait de société: le « mbarane » (collection d’amants)

L’événement qui a bouleversé la France le 18 octobre 2007 (divorce du président français) a également défrayé la chronique en terre sénégalaise, principalement, du coté du sexe dit faible. Beaucoup de Sénégalaises ne comprennent ni ne cautionnent la décision de Cécilia María Sara Isabel Sarkozy. Cette brave dame a, selon elles, commis un acte lourd en choisissant de quitter le président du pays de Marianne, un homme riche et influent.

Cette incompréhension résulte du fait qu’au Sénégal, bon nombre de femmes ont inventé un artifice (le « mbarane » = collection d’amants) pour se faire entretenir par plusieurs amants à la fois. Astou B., jeune et belle étudiante de 25 ans témoigne « Pour ne pas rater le train de la mode et pour ressembler aux jeunes filles dites « branchées », je collectionne les copains que je choisis selon mes critère de richesses qui sont : compte en banque bien bourré, voiture, villa et femme. Il m’arrive de me retrouver dans des situations difficiles mais mes copines m’aident à me tirer d’affaires. Je m’en sors souvent très bien financièrement car il y en a qui me donne des chèques au porteur de 500 000 Francs CFA par mois (Ndlr: 760 euros). Pour l’étudiante, orpheline et non boursière que je suis, c’est la seule solution pour m’en sortir dans cette ville où tout coûte cher. »

Cette pratique enregistre plusieurs adeptes tout en se faisant, souvent, avec la complicité de parents satisfaits de recevoir leur part du butin qu’amassent leurs filles à la quête de l’argent facile. Si pour Astou B. c’est pour des raisons de survie, pour Zahra G., le « mbarane » est un legs familial venant de sa mère qui se targue d’être une ancienne gloire dans ce domaine. Zahra a pris le relais pour assurer la survie quotidienne. Sa mère Marie T. n’est pas consciente des risques qu’elle fait encourir à sa jeune fille de 17 ans qui fréquente des hommes qui ont souvent plus du double de son âge. « Je trouve normal que ma fille ait du succès. Elle tient sa beauté de moi. Elle ne prend aucun risque et je contrôle son état de santé fréquemment. Je sais qu’elle est consciente et qu’elle ne fera rien de mal avec ces hommes qui sortent avec elle. Il y en a un qui m’assure la ration alimentaire tous les mois. Pourquoi devrais-je me plaindre ? »

Moralement discutable, voire réprouvable, le « mbarane » ne gêne pourtant pas les filles qui le pratique au risque de voir leur réputation ternie, ainsi que les hommes qui y laisse une fortune. P. M. K., un cadre dans une banque locale avoue : « J’ai deux femmes et une copine que j’entretiens tout en sachant que je ne suis pas son seul amour. Je ne m’estime pas trompé car elle satisfait certains de mes désirs que mes femmes ne sont pas en mesure de satisfaire. »

Ce jeu du « aide-moi à gaspiller mais tu y laisseras des plumes » est en passe de devenir un véritable fait de société à Dakar avec, entre autres conséquences, une recrudescence des grossesses non désirées.

Ndèye Khady Lo

Source : dakar.bondyblog.fr

16 juin, Journée de l’enfant africain!

creuseurs de coltan

enfants creuseurs de coltan

Dans tous les pays d’Afrique, le 16 juin de chaque année, est célébrée la « Journée de l’Enfant Africain ». Cette journée commémore les tueries d’écoliers et de lycéens perpétrées par la police du régime de l’apartheid, en Afrique du Sud, la 16 juin 1976, lors de manifestations contre l’apprentissage de la langue afrikaner dans les établissements scolaires du pays. Il est facile de faire l’unanimité en s’indignant contre le racisme institutionnalisé. Il semble par contre plus difficile de dénoncer les pratiques ignobles perpétrées dans la plupart des pays d’Afrique, 17 années après la naissance de la nouvelle Afrique du Sud.

Le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats continuent en Somalie, en Centrafrique, en RD Congo, au Soudan et ailleurs. Des enfants sont quotidiennement accusés d’être des « sorciers » par des « pasteurs » autoproclamés, dans les banlieues pauvres des grandes villes de RD Congo et d’Angola. Ces enfants injustement accusés sont torturés et souvent tués lors d’épouvantables séances d’exorcisme, et les survivants sont jetés à la rue par leurs familles.

Au Burundi et en Tanzanie, des enfants albinos sont tués et mutilés, à la demande de « sorciers » qui s’enrichissent grâce à la crédulité d’adultes sans scrupules. En Égypte, au Soudan, au Tchad, en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie, au Niger, au Mali, au Sénégal, en Gambie, en Guinée et ailleurs des fillettes sont excisées au nom de pratiques « religieuses » millénaires qui n’ont en fait aucune base religieuse. Dans tous les pays sahéliens, des marabouts sans vergogne envoient les enfants dont ils ont la charge mendier dans les rues au lieu de les éduquer, et ils les battent s’ils ne ramènent pas suffisamment d’argent. En RD Congo, des milliers d’enfants risquent leur vie dans des mines illégales pour ramener quelques grammes d’or ou de cassitérite.

Sur l’ensemble du continent, beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école, à cause du manque de moyens de leurs familles pour payer les frais de scolarité ou l’uniforme obligatoire. Enfin, nombreux sont les enfants africains qui n’atteignent pas l’âge de cinq ans, du fait de lamalnutrition, du VIH/SIDA, et d’autres maladies.

Il est bon, en ce 16 juin, de célébrer l’enfant africain et de se rappeler les petites victimes de l’apartheid. Mais il conviendrait aussi de s’attaquer, de front, à tous les maux évoqués ci-dessus, afin que les enfants de ce continent aient le droit, comme tous les autres enfants du monde, à l’éducation, à la santé et, surtout, à un avenir digne.

Hervé Cheuzeville
(auteur de trois livres: « Kadogo, Enfants des guerres d’Afrique centrale« , L’Harmattan, 2003; « Chroniques africaines de guerre et d’espérance« , Éditions Persée, 2006; « Chroniques d’un ailleurs pas si lointain – Réflexions d’un humanitaire engagé« , Editions Persée, 2010)

Le Top 10 des tueurs de la fertilité masculine …

Notable au pays Balunda (Katanga-Dilolo)/Inforcongo 1958

Selon l’expert M. Craig Niederberger, professeur d’urologie à l’Université de l’Illinois et Rédacteur en chef du journal Fertility and Sterility.

Il ya beaucoup de choses – y compris les imprévus – qui font baisser la fertilité masculine.

Le Tabac ;

La nicotine ralentit « la vitesse de navigation des spermatozoïdes et occasionne de sérieux dommages de la précieuse cargaison, et l’ADN qui le combine en fin de compte avec des œufs » pour fabriquer les embryons. Pire encore, la nicotine bloque la circulation sanguine vers le pénis et cause les dommages à l’intérieur du tissu spongieux qui se développe pour provoquer une érection.
Vous voulez que votre sperme (et pénis) travaille? Ne pas fumer.

Le bisphénol A :

Les Médecins continuent de débattre les effets sanitaires du bisphénol A, un composé qui se trouve dans toutes sortes de biens de consommation, depuis des bouteilles plastiques jusqu’aux reçus de caisse. Une chose qu’il semble faire, c’est d’agir comme des œstrogènes dans le corps. Si ce dernier trouve un chemin dans le sang de l’homme, les spermatozoïdes sont susceptibles de diminuer en nombre et dans leur capacité de navigation aussi.

Alcool
En petites quantités, l’alcool est bien pour les spermatozoïdes. Mais si un ho

mme abuse de la boisson alcoolisée au risque d’empoisonner son foie, sa production de sperme en souffrirait également. Avec l’alcool comme beaucoup de choses dans la vie, la modération est la meilleure. Beaucoup de médecins conseillent deux verres par jour.

Certains lubrifiants
Les lubrifiants utilisés pendant les rapports sexuels peuvent réduire le sperme et même dégrader son ADN. Cela va de la salive ainsi que les lubrifiants achetés en magasin. Des recherches récentes suggèrent qu’un lubrifiant appelé PreSeed est moins susceptible de ruiner le sperme.

Stéroïdes
Abusant de la testostérone et autres stéroïdes anabolisants peuvent tromper les testicules à penser qu’ils n’ont pas besoin de fabriquer la testostérone. En conséquence, la production de sperme tombe, et les testicules se rétrécissent. La testostérone a même été étudiée comme contraceptif masculin.

Les phytoestrogènes

malefertility-300x240.jpgCertains aliments sont des plantes riches en composés d’œstrogène appelés phytoestrogènes. Soja, en particulier, contient beaucoup de cette substance. Consommé plus tard dans la vie, le soja peut aider à protéger contre le cancer de la prostate. Mais les jeunes hommes désireux de maximiser leur fécondité devrait limiter leur consommation de soja.

 

 

La mauvaise alimentation

Pour fabriquer le sperme, le corps a besoin d’un flux constant d’aliments nutritifs – en particulier des protéines, riches en acide folique légumes verts à feuilles et les légumes aux couleurs vives avec des antioxydants. Hamburgers et pizza et la bière ne suffiront pas à le faire.
Le cadmium
Le cadmium, un métal présent dans les batteries et les pigments de peinture, est un assassin de sperme. Soyez prudent si vous travaillez à proximité des batteries ou de la peinture jaune.

Drogues récréatives
Les spermatozoïdes ont besoin de testostérone pour se développer, or  la marijuana déstabilise les hormones males, en abaissant les niveaux de testostérone et en élevant  les niveaux d’œstrogène l’hormone féminine. L’utilisation à long terme de stupéfiants peut compromettre la capacité du corps à fabriquer la testostérone. Moins de testostérone signifie moins de spermatozoïdes.

Dioxines
Maintenir le poids normal ne doit pas être la seule raison pour qu’un homme réduise la consommation d’aliments gras. La Dioxine, une toxine qui se trouve dans les graisses animales et végétales, diminue le nombre de spermatozoïdes et interfère avec la capacité de navigation des spermatozoïdes.

Article en  anglais de Charlotte Evans ThyBlackMan.com

Traduction  Afrohistorama


 

Les Noirs et la religion : visions opposées de Mgr Lavigerie, fondateur des Pères Blancs, du Dr Mbuti, théologien kenyan

Cardinal Charles Martial Lavigerie:1825-1892 / photo Wikipédia

La société des Missionnaires d’Afrique fut fondée par Mgr Lavigerie en 1868, à la suite d’une épouvantable famine qui sévissait en Algérie dès 1867. Ce fléau et la peste qui s’y ajouta firent de nombreuses victimes parmi la population arabe. Plusieurs affamés furent recueillis par Lavigerie dans des asiles et orphelinats. Il lui fallait des hommes dévoués pouvant l’aider à soulager la misère tant matérielle que morale des orphelins, notamment. Trois séminaristes français, décidés à se consacrer totalement à la conversion des « infidèles », se mirent à sa disposition. Lavigerie estima alors le moment venu de réaliser l’occasion et s’attacha à multiplier les recrues. Le chemin à parcourir s’avérait long et jalonné de nombreuses difficultés, mais l’optimisme l’emporta. Il était sûr que la pensée de porter l’évangile et la civilisation jusqu’au centre de l’Afrique trouverait un écho puissant dans une foule d’âmes généreuses.

Dans sa propagande populaire, Chateaubriand définissait ainsi le but du missionnaire chrétien : « Aller au gré d’une impulsion sublime, humaniser le sauvage, instruire l’ignorant, guérir le malade, vêtir le pauvre, et semer la concorde et la paix parmi les nations. » C’est dans cette atmosphère romantique et du réveil du catholicisme que s’ouvrit, en octobre 1868, le premier noviciat des Pères Blancs. Les futurs missionnaires devaient, selon Lavigerie, être des hommes courageux, zélés, animés de l’esprit de foi et prêts à recevoir la palme du martyre. Appelés à dépasser le cadre étroit des orphelinats arabes où la Société avait pris naissance, les Pères Blancs étaient désormais conviés à déployer leurs énergies dans un champ apostolique plus vaste.

Selon Lavigerie, cette petite Société est une Société de Clercs Séculiers, vouée aux missions d’Afrique, vivant en communauté, pratiquant la même règle et liés entre eux et à l’œuvre commune par un serment semblable à celui que font les Missionnaires de la Propagande, de se consacrer aux missions de l’Afrique.

En 1874, Lavigerie convoqua le premier Chapitre général de la Société ; à cette occasion, il adressa aux Pères Blancs des recommandations ayant trait à l’esprit qui devait présider au Chapitre : « Elle est destinée aux infidèles de l’Afrique. Elle ne peut et ne doit rien entreprendre qui n’ait que cette fin pour objet. »

L’image que Lavigerie se faisait des Noirs.

Au sujet du caractère des Noirs et de leur situation culturelle, religieuse, sociale et politique, Lavigerie partageait les préjugés de son milieu et de son époque. Il s’agit de qualificatifs et expressions correspondant à des stéréotypes qui, au XIXè siècle, justifiait la sujétion des Noirs aux colonisateurs : les Noirs, barbares, sauvages et cruels.

En 1874, Lavigerie déclarait aux Pères Blancs qu’ils sont destinés par Dieu à être des instruments de ses miséricordes pour tant d’âmes plongées dans les ténèbres les plus affreuses de la barbarie. Il disait encore que « l’Afrique, dans ses profondeurs encore mal connues, est, on le sait néanmoins, le dernier asile des barbaries sans nom, de l’abrutissement en apparence incurable, de l’anthropophagie, du plus infâme esclavage ». Deux ans après, il rappelant aux Pères Blancs qu’ils ont pour mission de sauver ces Noirs qui sont sur « cette mer immense de l’infidélité et de la barbarie où ils sont comme engloutis et perdus ».

Tout heureux que les missionnaires avaient reçu un excellent accueil à la cour du Buganda, après avoir offert au monarque des cadeaux, constitués d’habits de sénateurs et ministres déchus lors de la révolution française, Lavigerie commenta à propos du roi Mutesa : « Il est vrai que je les avais chargés des présents qui devaient être magnifiques aux yeux d’un Majesté barbare. Le sauvage cherche surtout ce qui brille, sans trop se préoccuper de la forme et de la fraîcheur des objets !»

L’année suivante, Lavigerie réaffirma cette idée selon laquelle les Noirs sont plus féroces que les bêtes fauves. Que partir pour l’Afrique équatoriale, « c’est affronter la soif, la faim cruelle, tous les dangers, depuis ceux des bêtes fauves qui hurleront la nuit autour de vos tentes, jusqu’aux barbares plus cruels encore, qui viendront un jour vous assaillir. L’apostolat s’adresse à toute créature, sans excepter celles qui sont le plus profondément plongées dans les abominations et dans la barbarie. Sans doute, vous n’en ferez pas des anges, d’un seul coup, mais du moins, vous commencerez par en faire des hommes, en les tirant d’un abaissement si profond. »

A cela s’ajoute la fameuse malédiction des Noirs, dont la théorie suivant laquelle les Noirs étaient les descendants de Cham le maudit fils de Noé. En 1870, le Vatican souligna l’urgence et les voies de l’évangélisation de l’Afrique noire ainsi qu’à obtenir des Pères conciliaires une faveur : « Que la Sainte-Mère l’Eglise daigne lever le plus ancien anathème du monde, c’est-à-dire celui dont les malheureuses populations noires, issues de Cham et soumises à l’empire de Satan ressentaient durement les effets. »

Selon Lavigerie, l’un des effets de cette colère divine (la malédiction vient de Dieu) est l’esclavage des Noirs. Il ajoute : « J’espère que la lumière de la vérité va se lever sur cette terre autrefois maudite, et qu’après avoir si longtemps senti les effets de la colère divine, les enfants de Cham sentiront, par vous (les Pères missionnaires) ceux de la miséricorde ». [Les citations sont tirées de Gamaliel Mbonimana, L’instauration d’un royaume chrétien au Rwanda (1900-1931), UCL 1981].

John Mbiti rectifie le tir

Charles Martial

Mgr Léon Classe, Vicaire général du Rwanda depuis 1927 jusqu'à sa mort en 1945

Dr John Mbiti est un théologien d’origine kenyane. Il a écrit un livre : « Religions et philosophie africaines » (Editions CLE, Yaoundé 1969).qui donne des éclairages sur l’attitude des Noirs envers la religion. , dans son ouvrage. Nous en reproduisons de larges extraits :

Dans l’introduction de son ouvrage, Dr Mbiti nous dit qu’il est notoire que les Africains sont des êtres religieux : chaque peuple a son propre système composé d’un ensemble de croyances et de pratiques. La religion pénètre si intimement tous les domaines de la vie qu’il n’est pas facile ni même parfois possible de l’isoler. C’est pourquoi une étude de ces systèmes religieux est finalement une étude des hommes eux-mêmes dans toute la complexité de leur existence à la fois traditionnelle et moderne. Notre connaissance livresque des religions traditionnelles est relativement mince, bien qu’elle augmente peu à peu ; on la doit surtout aux anthropologues et sociologues. Rien, pratiquement n’a été écrit par des théologiens, personne n’a étudié ou interprété ces religions d’un point de vue théologique.

Nous parlons des religions traditionnelles africaines au pluriel car il existe environ un millier de peuples africains (tribus) qui, chacun, possède son propre système religieux .Alors que la religion peut être définie en termes de croyance, de cérémonies, de rites et d’officiants, il est plus malaisé de cerner la philosophie. Les religions traditionnelles pénètrent tous les domaines de la vie ; il n’existe pas de distinction formelle entre le sacré et le séculier, entre le religieux et le non-religieux, entre l’aspect spirituel et l’aspect matériel de l’existence.

Là où il y a un Africain, il y a sa religion : il l’emmène dans les champs où il sème son grain et où il récolte une nouvelle moisson ; elle est à ses côtés lorsqu’il assiste à une fête de la bière ou qu’il participe à une cérémonie funèbre ; s’il est instruit, elle l’accompagne dans la salle d’examens de son école ou à l’université ; s’il a des fonctions politiques, elle avec lui au Parlement. Bien que de nombreuses langues africaines ne possèdent pas de mot pour définir la religion comme telle, elle n’en accompagne pas moins l’individu dès longtemps avant sa naissance jusqu’à longtemps après sa mort physique. Ces religions traditionnelles se modifient forcément à travers les transformations du monde moderne, mais elles sont loin d’être éteintes.

Les religions traditionnelles ne s’adressent pas en premier lieu à l’individu, mais à la communauté dont il fait partie. Elles s’inscrivent tout au long de la vie de cette communauté, et la société traditionnelle ne compte aucun homme areligieux. Etre un homme, c’est appartenir à l’ensemble de la communauté. Cela implique la participation aux croyances, aux cérémonies, aux rites et aux festivités de cette communauté. Un individu ne peut se détacher lui-même de la religion du groupe auquel il appartient car, ce faisant, il trancherait ses racines, ses attaches avec ce qui constitue sa sécurité, sa parenté et l’ensemble du groupe formé par ceux qui lui révèlent sa propre existence. […]

Dieu s’exprime par des proverbes, de courts énoncés des chants, de prières, des noms, de mythes, des récits et de cérémonies. Il ne faut cependant pas s’attendre à trouver de longues dissertations sur Dieu. Cependant, Dieu n’est pas un étranger pour les Africains, et la société traditionnelle ne compte aucun athée.

Un certain nombre de peuples considèrent que Dieu connaît tout, qu’il est partout à la fois et qu’il est tout puissant. Ce sont des aspects essentiels de son être, ils font partie de sa nature unique et personne d’autre ne peut être défini de la même manière, et font de lui l’origine et le soutien de toutes choses.

Un grand nombre de peuples croient que Dieu existe par lui-même et qu’il est prééminent. Les Bambouti pensent que Dieu était le premier qui avait toujours existé et qu’il ne mourrait jamais. Les Kikuyu pensent que Dieu n’a ni père ni mère, ni épouse, ni enfant. Il est tout seul. Il n’est ni enfant ni un vieillard, il est le même aujourd’hui qu’il était hier. […]

Dans un hymne traditionnel des Shona, Dieu est nommé « le Grand géant Esprit » qui entasse les rochers pour faire des montagnes. Qui fait pousser les branches des arbres et qui donne la pluie aux hommes…

Quant aux attributs de Dieu, la majorité des Africains l’estime essentiellement bon, qu’il a fait du bien à son peuple. Les Akamba, les Bakongo, les Herero, les Igbo, les Ila, etc.., affirment catégoriquement que Dieu ne leur fait que ce qui est bon. Dieu veille sur les choses qu’il a créées…

Concluons, après Dr Mbuti, que dans toute l’Afrique, c’est la création qui est l’acte divin le plus connu. C’est pour cette raison que tous le nomment Créateur.

Antoine-Théophile NYETERA

 

L’inceste dans le Rwanda traditionnel

Emma- Bakayishonga, fille du roi Musinga,/Photo Grands Lacs-avril 1950

Emma Bakayishonga, fille du roi Musinga / Photo Grands Lacs-avril 1950

Au Rwanda, hier comme aujourd’hui, l’inceste est considéré comme un tabou. Examinons cette notion dans le Rwanda traditionnel.

Au Rwanda, depuis des temps immémoriaux, les rapports sexuels étaient interdits entre une fille et son père. Ce principe était régi par le proverbe : «Imfizi izira izayo ntigira inyishyu : Il est permis au taureau de monter les vaches données en remboursement, mais celles qu’il a engendrées lui sont interdites ». Ces relations étaient sévèrement condamnées par la coutume. On les désignait pour cela par «kwisubira ku mugongo ou kwisubira mu nda : faire un retour au dos ou au ventre », expressions traduisant un retournement anormal de la situation. Elles donnent l’image d’un père en train d’éventrer sa femme pour forniquer le fœtus ou un père en train d’enlever l’enfant sur le dos de sa mère pour satisfaire ses instincts sexuels avec ce bébé. Ça équivaut, ni plus ni moins à un infanticide (l’expresion « kwikora munda : se toucher dans le ‘‘ventre’’ » signifie provoquer, souvent par mégarde, la mort de son enfant).

Les relations sexuelles étaient également prohibées entre une mère et son fils. Le juron : « Urabe unyambuye : que tu me déshabilles (euphémisme pour dire ‘‘que tu fasses des rapports sexuels avec moi’’) était lancé par une mère dans une situation grave dans la quelle elle ne pouvait dissuader son fils autrement. Celui-ci ne pouvait en aucun cas passer outre. L’un des rares cas connus d’inceste entre un fils et sa mère est relaté dans les récits mythiques de Ryangombe qui aurait eu un enfant, du nom de Nyabirungu, avec sa mère Bigaragara.

Les rapports sexuels entre une sœur et son frère, et entre une nièce et ses oncles étaient incestueux et donc interdites. Les relations entre une nièce (umwishywa) et son oncle étaient caractérisées par une très grande susceptibilité. Un oncle ne pouvait rien refuser à sa nièce. Pour devancer, il devait lui donner un cadeau chaque fois que l’occasion de la rencontrer se présentait. Il ne devait jamais lui faire pleurer sous aucun prétexte. Le juron : « Ndakenda umwishywa : que j’aie des rapports sexuels avec une nièce » était le plus grave qu’un homme pouvait prononcer.

Cette interdiction était également de règle entre un neveu et ses tantes. Le proverbe : « Inkururarusya iswika nyirasenge. : le tireur des poils du pubis (le débauché) fait l’amour avec sa tante paternelle ». S’il arrivait à un neveu de transgresser ce tabou, il aurait tous les malheurs du monde.

Etaient également prohibées les relations sexuelles entre un homme et une fille, même majeure, d’un voisin ayant le même âge que lui. Celui-ci considérait la fille comme son enfant car ayant le même âge que ses ouailles. Une union quelconque avec elle équivaudrait donc à « déshabiller l’enfant » (kwambura umwana), c’est-à-dire avoir des relations sexuelles incestueuses avec sa fille. Cette ’’perversion’’ était admise par contre dans le cas des filles offertes (gutura umwana) aux représentants de Ryangombe (abagirwa), pratique en vigueur surtout dans les régions du Nord du Rwanda dans les préfectures actuelles de Ruhengeri et de Byumba. L’objectif de cette offrande était de solliciter la protection des dieux. Quel que soit l’âge de l’umugirwa, la fille devait lui ‘‘bourrer la pipe’’ (gutekera itabi). Les personnes âgées, une fois au lit, le soir, devaient fumer la pipe avant de s’endormir. C’était le rôle de la femme de chercher la pipe de son mari et de le lui apporter au lit. L’homme, après avoir tiré quelques bouffées, enlaçait sa femme et lui faisait l’amour. Il en était ainsi pour la fille offerte. Lui demander de « bourrer la pipe » était synonyme de l’inviter au lit. L’umugirwa couchait avec la fille sans autre considération, cérémonie religieuse oblige.

Les enfants nés des unions incestueuses avaient un nom spécial : ‘‘amacugane’’ (les intracroisés). Il s’agit en fait d’un mot emprunté chez les éleveurs qui, pour améliorer la race du bétail, évitait de croiser les animaux issus d’un même géniteur.

Cependant, à en croire les écrits de ceux qui ont observé les mœurs de l’époque ancienne, des cas d’inceste pouvaient s’observer dans la haute classe de l’ancien Rwanda. Ainsi Louis de Lacger a relevé chez les Rwandais des mœurs « païennes et barbares », mais aussi «le viol, les commerces illicites jusqu’à l’inceste ». Ce constat, il l’a fait dans la classe aristocratique : « Ce n’est pas dans la classe populaire que les mœurs sont le plus dissolues ni même le plus brutales. S’il était un milieu où la dépravation s’affichât naguère avec le plus de cynisme, c’était humainement le plus distingué, celui des riches et des puissants. C’est dans la noblesse surtout que sévissaient (…) les vices contre nature, la débauche, l’envie avec toutes les manœuvres perfides (…) qu’elle suggère (…). Quant au prince polygame, pas plus à lui qu’à eux, femmes et concubines ne suffisaient à apaiser sa lubricité (…). Les enfants, filles et garçons, n’essayaient pas de se dérober aux caresses voluptueuses de leur père » (Louis de Lacger, Le Ruanda, Kabgayi, 1939, pp.134-135).

La cour royale était réputée pour la dépravation des mœurs et le roi n’était pas souvent en reste. Selon A. Pagès : « Les mœurs des grands chefs étaient, certainement, fort dépravées. L’inceste n’était pas inconnu malheureusement ; il se pratiquait au vu et au su de familiers qui n’en parlaient qu’avec répugnance. L’exemple, d’ailleurs, partait du plus haut sommet de l’échelle sociale. Le ‘Mwami’ actuel, car c’est de Musinga que nous parlons, est d’une amoralité absolue. Pour lui aucune règle, aucune réserve, d’où le mot trop fréquent dans la bouche des dignitaires indigènes : ‘‘ Il nous fait honte !’’» (A. Pagès, Cérémonie de mariage au Rwanda (suite), Congo, Revue générale de la colonie belge, Tome II, n°1, Bruxelles, août 1932, p.67).

Anicet Kashamura relève, lui aussi, qu’il y a effectivement une corrélation entre la dépravation des mœurs et les classes sociales. Si les « tabous et interdits régissent les valeurs sociales, culturelles, morales, esthétiques des individus, établissent une certaine convergence entre leurs intérêts, garantissent l’ordre et la sécurité collective (…), c’est presque toujours sur les classes dominées, exploitées, que ces règles pèsent lourdement. Ainsi les seigneurs, s’ils ont leurs tabous particuliers, s’affranchissent d’un grand nombre d’interdits qui réglementent la vie de leurs vassaux hutu : l’inceste ne leur est pas défendu… » Anicet Kashamura, Famille, sexualité et culture. Essai sur les mœurs sexuelles et les cultures des peuples des Grands Lacs africains. Paris, Payot, p.140). Il souligne même que de nombreux mythes expriment le caractère sacré de l’inceste et son rôle aux origines de la monarchie tant au Rwanda que dans les autres royaumes de la région des Grands Lacs africains.

Maquet a recensé les différentes catégories de personnes qui ne pouvaient pas se marier entre elles à cause de leurs liens de consanguinité ou d’affinité. Braver cette interdiction était ni plus ni moins commettre une sorte d’inceste. Ainsi les descendants dans la lignée patrilinéaire d’un ancêtre commun ne pouvaient pas se marier entre eux. Ce tabou s’appliquait au groupe de parenté maternelle car ce serait horrible et contre nature d’envisager une relation conjugale entre une mère et ses descendants et à toutes les personnes assimilées à la mère comme ses sœurs et ses cousins parallèles.

Cette prohibition s’appliquait également aux beaux-parents : un homme ne pouvait pas avoir des relations sexuelles à la fois avec sa femme et avec la mère de celle-ci. Tous les parents assimilés à la belle-mère se trouvaient dans la catégorie prohibée. Rentrent dans cette dernière catégorie également les nièces et les petites-nièces sororales d’un homme, celui-ci devant se comporter vis-à-vis d’elles comme un oncle même si elles appartenaient à un autre patrilignage. Une extension de ce tabou concernait les époux des oncles et des tantes car le conjoint d’une tante était considéré comme un oncle et vice-versa. La conclusion à laquelle est arrivée Maquet est que les tabous de mariage et de relations sexuelles avaient parfois le but ou la fonction de garder une certaine cohésion à l’intérieur du groupe des parents par consanguinité et affinité, en empêchant que ne naissent des rivalités et conséquemment des éclatements des lignages (Jean-Jacques Maquet, Le système des relations sociales dans le Rwanda ancien, Tervuren, 1954, p.82)..

Quelques exceptions méritent cependant d’être signalées. Dans des familles pauvres où le jeune avait de la peine à trouver la dot, il lui était arrangé un mariage avec sa cousine croisée du côté maternel.

Il est à noter ici que la notion de ‘‘cousins croisés’’ est très étendue. Les cousins croisés peuvent être notamment, selon les peuples, les enfants d’un homme et ceux de sa sœur ou de son frère ; les enfants d’une femme et ceux de sa sœur ou de son frère. Par ailleurs la coutume du mariage entre cousins croisés n’est pas que rwandaise. Elle se retrouve dans plusieurs régions du globe : « Aux Indes dans la province d’Assam, dans plusieurs tribus d’Australie et de la Mélanésie ; (…) on la retrouverait même en Sibérie et en Amérique ; parmi les populations primitives on la rencontre chez les Vedda de Ceylon et les Naman (Hottentots) ; mais c’est peut-être en Afrique qu’elle est actuellement le plus largement répandue notamment parmi les populations soudanaises d’Ashanti et de Jibu (sous-tribu des Jukun) de la Nigérie ; Hamites Peuls de la Guinée Française et demi-Hamites du Ruanda et surtout parmi maintes tribus bantoues tant de l’Afrique du Sud que du Nyassaland et du Congo Belge ». (Jacques Delaere, A propos des cousins croisés, Bulletin des juridictions indigènes et du droit coutumier congolais, 14è année, n° 11, septembre-octobre 1946, p. 347).

Dans de tels mariages entre cousins, même si dot il y avait, il n’était pas élevé. En principe, la vie familiale était plus intime et plus harmonieuse dans de tels mariages et il y avait moins de difficultés de cohabitation entre la femme et sa belle-mère, celle-ci ayant pour bru sa propre nièce.

Le mariage entre les cousins relevait d’une certaine subtilité de la culture rwandaise. Ainsi, si un mariage était arrangé entre une cousine croisée du côté maternel comme nous l’avons souligné plus haut, il était tenu compte du principe qu’ une nièce peut « remettre le couvercle sur le petit panier de sa tante » (umwisengeneza ajya gupfundikira igiseke cya nyirasenge)  Autrement dit, une fille peut aller chercher le mari dans la famille dans laquelle s’est mariée la sœur de son père (nyirasenge). Le petit panier était symbole non seulement d’amitié mais aussi de confidentialité car il servait entre autres à garder ‘‘le trésor caché’’ de la femme (ses accessoires intimes, ses charmes…). Ce n’était pas n’importe qui qui pouvait accéder à ce panier, sauf la fille aînée de la mère ou la belle-fille choyée par sa belle-mère. Une fille pouvait donc épouser le fils de la sœur de son père, qui est son cousin croisé du côté maternel. L’nverse n’est pas faisable car « une fille ne peut revenir dans la maison » (nta mubokwa usubira mu rugo). Le mariage entre une fille et le fils du frère de son père ne pouvait pas être arrangé. Sinon, ce serait « un retour à la maison », dans la lignée paternelle, le système familial rwandais étant patriarcal.

Le mariage entre cousins croisés devait éviter de tomber dans une union considérée comme incestueuse par la coutume. Ainsi, le mariage entre des enfants d’une femme et ceux de sa sœur n’étaient pas possibles. Car cette dernière ne pouvait jamais, selon la coutume, se refuser au mari de sa sœur si l’occasion se présentait. L’un ou l’autre de ses enfants et ceux de sa sœur étaient donc considérés de ce fait, comme pouvant être éventuellement issu d’un même géniteur. Ils seraient alors plus des frères et des sœurs que des cousins. Le mariage entre eux était donc déconseillé. Par contre, le mariage était possible entre les enfants d’une femme et ceux de son frère. Les relations sexuelles entre un homme et sa sœur étant prohibées, il n’y avait aucune probabilité que certains de leurs enfants partagent un même géniteur. Ils appartenaient dans des clans et dans des lignées différentes. Le principe du « non retour de la fille à la maison » s’appliquait évidemment.

D’une manière générale cependant, des relations sexuelles entre un cousin et une cousine étaient tolérées. Une liberté sexuelle était même carrément reconnue par la tradition entre cousins croisés. On la désignait pudiquement par le terme « guterana ububyara » (se jeter le cousinage). L’expression signifie vulgairement «manifester sa familiarité, lors des blagues entre les personnes du même âge ». Le garçon, devenu jeune homme, était encouragé à fréquenter ses cousines croisées mariées afin qu’elles lui donnent des leçons sur la sexualité, théoriquement et pratiquement. Les proverbes suivants illustrent ce phénomène : «Utazi ko inshuti zashize agira ngo ejo azahura na mubyara we. : Celui qui ignore qu’il n’y a plus d’amis espère que demain il rencontrera sa cousine croisée ». Car elle était toujours disposée à aider son cousin notamment en matière sexuelle.

Dans le domaine des rapports sexuels, la consanguinité était, à tous les degrés de la lignée masculine, une cause d’empêchement au mariage. C’est peut-être pourquoi, exceptionnellement, des relations sexuelles entre un gendre et sa belle–mère, qui officiellement étaient considérées comme incestueuses, pouvaient quand même être tolérées si l’occasion se présentait. Les proverbes suivants sont éloquents à ce sujet : « Nyokobukwe si umuko : Une belle-mère n’est pas comme une erythrine » ; « Iyo nyokobukwe akunze ukurura ihururu : Si ta belle-mère est d’accord, tu tires son pagne de peau (tu la déshabilles pour faire l’amour avec elle) » ; « Umukwe w’isoni ahera mu mfuruka : Un gendre timide reste confiné dans un coin de la maison ; il n’ose pas rejoindre sa belle-mère au lit si l’occasion se présente ». De ces proverbes, il ressort que la belle-mère n’était pas à éviter comme l’érythrine qui a des épines. La réserve qu’il y avait dans les relations entre un gendre et sa belle-mère ne constituait pas un tabou sexuel. Un homme ayant réalisé l’exploit d’avoir des relations sexuelles avec sa belle-mère (kwenzuza) avait donc à la fois couché avec sa femme et avec la mère de sa femme (kwenda umwana na nyina). La coutume lui reconnaissait la capacité d’éloigner les fourmis qui envahissent les habitations (gutsirika intozi). Il était recherché pour la circonstance. Il suffisait qu’il crache sur ces insectes pour qu’elles prennent la fuite

En matière de consanguinité, il est établi qu’à partir de la troisième génération, toutes les barrières au mariage étaient de plus en plus levées ou n’étaient quasi pas prises en considération.

[Pour plus d’informations, procurez-vous le livre de Gaspard Musabyimana, Pratiques et rites sexuels au Rwanda, Paris, Editions L’Harmattan, 2006].