Mali : Les vraies raisons du coup d’Etat
Exemple de démocratie en Afrique, le Mali a connu un coup d’Etat à l’approche des élections. Les militaires mutins, conduits par le capitaine Amadou Hawa Sanogo, justifient ce coup de force par le manque de matériel adéquat pour lutter contre le terrorisme exercé par des groupes islamistes armés tels que Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Le nord du pays connaît également une rébellion touarègue depuis le début de l’année avec un risque de scission du pays. Le président malien Amadou Toumani Touré, serait à Bamako, dans un camp militaire, entouré de soldats loyalistes de sa garde présidentielle, mais les ministres des Affaires étrangères Soumeylou Boubèye Maïga et de l’Administration du territoire, Kafougouna Koné, ainsi que d’autres hautes personnalités auraient été arrêtés.
Selon certains observateurs, ATT a été évincé pour d’autres raisons. Le blog Afrohistorama en donne trois:
1- Le refus du président ATT de l’installation d’une base militaire française au Mali ;
2- Le refus du président ATT de signer la convention de rapatriement des maliens au Mali moyennant des subventions ;
3- Le soutien du président ATT aux présidents Gbagbo et Kadhafi, la France n’avait pas déjà supporté son «manque de solidarité à ses actions» dans la déstabilisation de ces deux régimes sus-cites.
Voilà ce qui expliquerait ce coup d’état qui survient alors que les élections étaient prévues en avril prochain. Pour Afrohistorama, « simplement, parce que ces élections n’arrangent pas la France, qui a besoin de stabiliser la Libye à partir du Mali. Or un Mali stable et libre de toutes manœuvres ne céderait pas aussi facilement aux exigences de la France, à savoir la mise sur pied de leur base militaire ; qui est plus qu’une urgence pour elle ».
Pierre Boilley, spécialiste des conflits au Sahel et de la question touareg, semble aller dans les sens des putschistes. Il a déclaré à l’AFP : « Amadou Toumani Touré est clairement considéré par Paris comme un mauvais élève de la lutte contre Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Il a été plusieurs fois accusé de laxisme et son éviction n’était pas forcément une mauvaise nouvelle ».
Où se trouve la vérité? Quoiqu’il arrive, le coup d’Etat est condamnable car il constitue une entrave à la démocratie par le fait même qu’il procède au renversement des institutions légales issues des élections par le peuple.
EdA Press
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