Compromission ou déchéance morale des intellectuels africains ? Le cas du Rwanda
« Et d’ailleurs, pourquoi diable la limitation de mandats présidentiels ne concernerait-elle que les seuls pays africains ? Pourquoi, lorsque la Chancelière allemande Angela Merkel se présente pour un quatrième mandat, personne ne bronche ? » (Amb.O Nduhungirehe, DHR, 08/12/2016)
Olivier Nduhungirehe est actuellement ambassadeur du Rwanda en Belgique et au près de l’Union Européenne.
Voilà où peut conduire des ambitions politiques de certains « intellectuels » : vers leur abrutissement total et à la déchéance morale.
Voici un jeune homme que l’on voulait nous présenter comme un « diplomate dynamique et brillant » ayant reçu une solide formation « à la belge » dès l’école maternelle (Ecole belge de Kigali, Université Catholique de Louvain) et qu’en tant que juriste de formation son avis sur les aspects juridiques serait des plus avisés. Que nenni : il n’hésite pas à justifier les errements de son dictateur de président Paul Kagame qui visiblement l’a lavé le cerveau en essayant de semer la confusion dans l’opinion publique sur les notions de « régime parlementaire » dans une démocratie comme en Allemagne et de « régime présidentiel » dans une dictature comme celle du général Kagame du Rwanda.
Même si l’enfant de ministre qu’est Olivier Nduhungirehe pouvait brosser certains cours à la Facultés de droit de l’UCL notamment celui facultatif de « Sciences politiques » comme il apparaît, il devrait quand-même maintenant qu’il est « Ambassadeur » dans la même Belgique où il a étudié se garder d’étaler les conséquences des cours qu’il a séchés car il était de toute façon sûr d’avoir son diplôme.
Tout citoyen allemand sait qu’il ne vote jamais pour telle ou telle personne au poste de Chancelier ou Chancelière. Il vote pour un parti et c’est le parti (ou la coalition) qui a la majorité au parlement qui désigne le Chancelier. Si Angela Merkel peut exercer autant de mandats c’est à condition que son parti la désigne et que celui-ci puisse réunir la majorité au parlement (Bundestag). Par contre, si même un mois après sa réélection, elle ne disposerait plus de majorité au Bundestag, elle tomberait immédiatement. Ce qui est inconcevable dans un régime présidentiel où le chef de l’exécutif est élu directement par le peuple et doit terminer son mandat même sans majorité. Tout citoyen européen moyen pour peu qu’il s’intéresse aux affaires politiques de ce continent comprend parfaitement cet état de chose et ne serait confondre le régime allemand au régime français et encore moins à certains régimes africains.
Mais le rwando-belge Olivier Nduhungirehe, le plus « intelligent et le plus au fait des affaires européennes des diplomates rwandais » ose se déshonorer en justifiant les manœuvres du dictateur Paul Kagamé pour se maintenir indéfiniment au pouvoir par l’exemple allemand en citant Angela Merkel qui briguerait autant de mandat qu’elle souhaiterait. Quelle honte ! Comment expliquer cette dérive ou plutôt cette déchéance morale et intellectuelle ?
C’est ici qu’il faut souligner la nocivité du régime qui s’est abattu sur le Rwanda en 1994 . Non seulement il a physiquement tué plusieurs intellectuels hutu, mais surtout il s’est employé et s’emploie encore à tuer « moralement » des cadres hutu qui, même après la fin du cauchemar FPR, ne seront que des « zombies » comme le jeune Olivier Nduhungirehe ou des « loques humaines » comme les Pasteur Bizimungu ou Augustin Iyamuremeye .
Mais la nocivité du FPR ne s’arrête pas là. C’est en effet à ces « zombies et loques humaines » qu’il charge de déboussoler et de semer la confusion parmi les autres jeunes rwandais qui ont soif de connaitre la vérité sur leur pays. En Europe et en Belgique en particulier ils ne tombent que dans les mains des dévoyés comme Olivier Nduhungirehe qui a reçu tous les moyens ad hoc pour les égarer.
Rien ne devrait être épargné pour mettre en garde les cibles potentielles du FPR qui sont dans le collimateur des intellectuels dévoyés comme Olivier Nduhungirehe et qui ne reculent devant rien pour contenter leurs maîtres.
Emmanuel Neretse
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