LU POUR VOUS : Carte de résidence contre stérilisation forcée en Israël

Carte de résidence contre stérilisation forcée en Israël

 

Des femmes juives d’Éthiopie se seraient vu imposer, à leur arrivée, l’injection d’un contraceptif de longue durée.
« Il nous disaient qu’il s’agissait d’un vaccin, que les gens qui ont beaucoup d’enfants souffrent. » Le témoignage de trente-cinq immigrées éthiopiennes en Israël a fait l’effet d’une bombe. Dans un reportage télévisé, diffusé en décembre, sur le déclin de 50 % de la natalité au sein de la communauté falasha, les migrantes éthiopiennes racontent comment elles se sont vu imposer l’injection d’un contraceptif de longue durée, le Depo-Provera, afin d’obtenir le précieux droit de résider en Israël. Le quotidien Haaretz précise que le Depo-Provera est « habituellement réservé aux femmes placées en institution ou souffrant de handicap ». L’immigration soumise à une forme de stérilisation ? C’est ce que rapporte l’une de ces femmes passées par les camps de transit : « Nous avons eu peur. Nous n’avions pas le choix. Sans eux (les Israéliens) et sans leur aide, nous ne pouvions pas vivre là-bas. » L’accès aux soins médicaux et à l’aide humanitaire de l’American Jewish Joint Distribution Committee aurait également été conditionné à ces injections.

 

 

Suite à ces révélations, l’Association pour les droits civiques en Israël (Acri) a ordonné une enquête qui a conduit, cette semaine, le directeur général du ministère de la Santé à demander aux gynécologues de mettre fin à cette pratique sur les migrantes éthiopiennes qui « pour toutes sortes de raisons, ne comprennent pas les implications de ce traitement ». La prescription ne pourrait désormais plus se faire « sans le consentement » des patientes. Pourtant, pour le ministère, ce document ne vaut pas reconnaissance des faits. « Un aveu important que ce phénomène a bien existé », selon l’Acri.

 
Cette stérilisation forcée, rappelle Haaretz, avait déjà été testée à la fin des années 1960 dans l’État de Géorgie, aux États-Unis, sur 13 000 femmes pauvres, dont la moitié étaient noires. Déjà, à l’époque, « la plupart d’entre elles n’avaient pas conscience que cette injection faisait partie d’une expérience faite sur leur corps. Certaines sont tombées malades et quelques-unes sont mêmes mortes au cours de l’expérience ». La révélation de cette affaire lève une nouvelle fois le voile sur le sort des 120 000 juifs éthiopiens présents en Israël, censés descendre de la reine de Saba et du roi Salomon.

 
Au début des années 1980, ces Éthiopiens ont migré via de grands ponts aériens et après être passés par des camps de transit dans leur pays d’origine ou au Soudan. Une fois en Israël, les Éthiopiens étaient envoyés dans des « centres de conversion » où ils devaient se plier au rituel du bain et de la circoncision symbolique. En 1996, le quotidien Maariv révélait déjà que les dons du sang faits par des Éthiopiens, venus d’une région où le sida fait des ravages, étaient systématiquement détruits. Régulièrement, les Falashas défilent pour dénoncer le racisme auquel ils font face.

 

Lina Sankari

 

Source :https://www.humanite.fr

 


Israël admet avoir « stérilisé » des immigrants juifs éthiopiens via une campagne de vaccination sans leur consentement

 

 

Israël a admis pour la première fois avoir administré des injections de contrôle des naissances aux immigrants juifs éthiopiens, souvent à leur insu et sans leur consentement.

 

Le gouvernement avait précédemment nié cette pratique, mais le directeur général du ministère israélien de la Santé a ordonné aux gynécologues de cesser d’administrer les médicaments. Selon un reportage à Haaretz, un journaliste d’investigation, Gal Gabbay, a interrogé pour la première fois plus de 30 femmes éthiopiennes afin de découvrir pourquoi le taux de natalité dans la communauté avait chuté de manière spectaculaire.

 

L’une des femmes éthiopiennes interviewées aurait déclaré: «Ils [le personnel médical] nous ont dit qu’il s’agissait de vaccinations. Nous l’avons pris tous les trois mois. Nous avons dit que nous ne voulions pas. »Certaines des femmes auraient été forcées  de prendre le médicament alors qu’elles se trouvaient dans des camps de transit en Éthiopie.

 

Le médicament en question serait du Depo-Provera, injecté tous les trois mois et considéré comme un contraceptif très efficace et durable.

 

Près de 100 000 Juifs d’Ethiopie sont allés en Israël sous la loi du retour depuis les années 1980, mais leur judéité a été mise en doute par certains rabbins. L’année dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui détient également le portefeuille de la santé, a averti que les immigrants clandestins d’Afrique « menacent notre existence en tant qu’État juif et démocratique ».

 

Haaretz a publié un extrait d’une lettre envoyée par le ministère de la Santé aux unités chargées d’administrer le médicament. On a dit aux médecins «de ne pas renouveler les ordonnances de Depo Provera pour les femmes d’origine éthiopienne si, pour une raison quelconque, on craignait qu’elles ne comprennent pas les conséquences du traitement».

 

Sharona Eliahu Chai, avocate à l’Association des droits civils en Israël (ACRI), a déclaré: «Les résultats des enquêtes sur l’utilisation de Depo Provera sont extrêmement inquiétants et soulèvent des inquiétudes quant aux politiques de santé néfastes ayant des implications racistes enfreignant les principes de l’éthique médicale. Le directeur général du ministère de la Santé a eu raison d’agir rapidement et de proposer de nouvelles directives. »

 

Camille Legaré

 

Source : https://news.reponserapide.com

 

 

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